Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Monday, November 11, 2019

Réflexions d’une lectrice après lecture « Des mots pour conjurer nos maux » de Max Dorismond


« Sans la patrie, l’homme est un point perdu dans les hasards du temps et de l’espace1».

Sommes-nous des sans patrie ?

Par Janine-Renaud Murat

Mme J,R Murat
L’auteurDes mots pour conjurer nos maux nous invite sans doute à cette réflexion. L’exil apprend à ses victimes à mieux aimer leur patrie. Tous ceux qui ont dû partir pour des raisons différentes ne cessent de penser à ce pays qu’ils ont dû quitter malgré eux : Haïti.

Après avoir lu avec beaucoup d’intérêt, les articles de nombreux chroniqueurs de la Diaspora haïtienne, sur la politique boiteuse des différents gouvernements qui se sont succédé depuis plus de 60 ans, voici que monsieur Max Dorismond retrace pour le lecteur les problèmes cruciaux de la nation haïtienne où se joue la plus grande tragédie dans la mer des Caraïbes.

C’est un cri du cœur que lance l’auteur dans un style parfois acerbe et bouleversant par Des mots pour conjurer nos maux. Ce titre accrocheur ne laisse aucun lecteur indifférent. Ne pouvant lutter à main nue contre une telle tragédie, monsieur Dorismond se joint par ses écrits à ceux qui luttent et dénoncent les faits par leur plume. L’auteur connait la force des mots qu’il utilise de façon claire et concise pour dénoncer la bêtise de ses gens qui portent des œillères pour ne pas voir et des bouchons pour ne pas entendre. Essayez donc de briser le béton armé qui plombe un cœur.

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux / Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots2, a écrit A. de Musset. Pour notre peuple, ces chants sont ceux de la misère toujours tragiques et tellement tristes, sanglots d’un peuple fatigué de souffrir. Si l’expérience est la somme des erreurs, la somme des bêtises des hommes de ce pays est devenue une montagne infranchissable avec le temps. Le lecteur qui parcourt ces pages le fait avec la même passion, la même lucidité que celui qui nous plonge dans l’histoire et dénonce les dérives humaines de ces incompétents qui nous mènent : les dérives vaticanes, la colonisation, la libération, l’illusion du bonheur, la dictature et toutes les tragédies qui en découlent…

Certes, il y a les inconscients, les insouciants qui trouvent parfois que l’herbe est plus verte et plus accueillante là où les mène le destin. Ce sont ceux qui se sentent bien partout où ils n’ont aucun ennui, là où ils mangent et dorment sans s’inquiéter des ravages d’un cyclone, d’un tremblement de terre, en un mot, pour qui seule compte leur sécurité psychologique ou matérielle.         Mais à côté d’eux, se trouvent des gens qui n’oublient pas leur terre natale et souffrent d’entendre ce genre de réflexion : Avec tout ce qui se passe chez vous, vous êtes chanceux de vivre ici.

Quelle gifle ! Comment peut-on se sentir bien alors que nos frères et sœurs, des enfants innocents souffrent le martyr? Pas de nourriture, pas d’eau potable, pas de médicaments, absence de soins de santé, pas d’électricité, pas de sécurité… Une Somalie dans la Mer des Antilles !

Mais les exilés, ne l’entendent pas ainsi. Bien-être ou pas ils refusent de fermer les yeux, de baisser les bras et n’acceptent pas de voir mourir leur patrie si chère à leur cœur, à leurs âmes. Le lecteur est parfois impressionné devant l’exposé que lui fait l’auteur sur la situation dramatique du pays. La négligence des gouvernements est une des causes des plus grandes qui gangrènent ce pays, car comme l’a souligné l’auteur, de nombreux membres de la diaspora seraient en mesure de mettre leurs connaissances au service de leur patrie.

Les gouvernants, les corrupteurs manquent de confiance envers les exilés haïtiens. Ils craignent de perdre leur prépondérance sur le pays, préférant le voir périr que de le sauver. Aussi les exilés s’acharnent-ils par les moyens en leur possession, de crier leur douleur, leur indignation contre la tragédie qui se joue sous le regard impassible de la Communauté internationale supposée protéger les pays dits en voie de développement.

Monsieur Dorismond se fait dans son ouvrage, le chantre du petit peuple qui ne vit que de malnutrition et d’analphabétisme. La Diaspora haïtienne très sensible à cette lamentable situation, s’efforce de palier à cette carence en faisant parvenir à leurs proches ou aux différentes Fondations qui soutiennent ce pays, leurs contributions financières.

On comprend donc les révoltes de ceux qui n’ont qu’une plume pour baïonnette, seule arme à leur disposition. Les mots confiés au papier peuvent être très percutants. Il faudrait parfois s’en méfier.

Nous disons merci à l’auteur pour ces pages très inspirantes remplies de mots qui aideront sans doute, à conjurer nos maux.

J-RM

Note – 1 : Henri de Lacordaire : Le discours sur le droit et le devoir de la propriété (1958)
Note – 2 : Alfred de Musset dans « La nuit de mai ».



Wednesday, October 2, 2019

Un MERCI très spécial

Par Max Dorismond


Max Dorismond
Voguant dans l’euphorie du lancement de mon livre, « Des mots pour conjurer nos maux », je n’ai pas vu le temps passer. Me re-voilà ! Je reviens sur terre pour vous dire mille fois : « M-E-R-C-I » à vous, lecteurs et amis.

Merci, c’est un simple mot dépouillé d’artifice, presque nu. Par convention nous l’avons accepté dans sa petitesse. Mais, il incarne tout un paradoxe pour décrire le bouillonnement de gratitude au tréfonds de l’âme en regard du service reçu.  Pour moi, ce mot tout simple revêt une dimension sans équivalence.

Chers amis, chers lecteurs, vous m’avez exhorté à publier ce livre. Vous m’avez poussé dans le dos. Après mille hésitations, j’ai plongé pour émerger avec cet ouvrage, qui a été décrit par Dr. Mathurin, un commentateur prolifique, comme « le bestseller des livres haïtiens de l’année 2019 ».

Ce fut en effet une vraie révélation, une divine surprise. Je ne m’y attendais point! Des textes-phares d’écrivains renommés de la communauté, tels que Eddy Cavé,  Mérès Wèche, Lemarec Destin, sont venus corroborer l’assertion du Dr. Mathurin. Que demander de plus! L’engouement du public fut tel que l’édition initiale s’est épuisée au cours du mois de juillet écoulé. Un heureux dilemme qui m’a amené à réclamer une nouvelle édition de mon fournisseur, PIGM1, pour satisfaire la demande. Des lecteurs de partout réclament leur exemplaire : Canada, USA, France, Afrique, Haïti. Comment ne pas leur enlever mon chapeau!

Le succès de cette publication repose sur plusieurs parents, amis, camarades et connaissances, d’ici ou d’ailleurs. Je suis particulièrement redevable à Hervé Gilbert, de Haïti Connexion, qui m’a fait l’honneur de voyager à Montréal pour venir me supporter, lors du lancement initial. Il en est de même pour plusieurs amis d’Ottawa. Je dois un Abrazo spécial à ma sœur Danielle et à son mari Joël qui ont réuni chez-eux, à Atlanta, un nombre considérable de professionnels de la place, pour un lancement privé. Je ne saurais, non plus, passer sous silence le geste combien noble de Carl Fombrun, de Miami, qui publie à chaque quinzaine sur son Blogue,  Le Coin de Carl, un extrait du livre.

Je dois encore exprimer ma gratitude à tous mes camarades et lecteurs, trop nombreux pour être cités individuellement, qui ont participé au lancement, ou qui ont recommandé l’ouvrage à des connaissances. Qu’ils sachent que leur soutien a largement contribué à la concrétisation et au succès de ce projet. Ils appartiennent tous à cette élite qui croit dans la capacité de l’Homme à poursuivre ses rêves. 

Comme la reconnaissance est la mémoire du cœur, « nous devons, pour parodier Marcel Proust, être toujours reconnaissants envers ceux qui nous apportent du bonheur. Ils sont les charmants jardiniers, par qui nos âmes sont fleuries ».


Mille fois, MERCI!
Cell. : 514 241- 8383



Note – 1 : PIGM : Presse Internationale GRAHN-MONDE

Friday, August 16, 2019

Max Dorismond ou la passion dans l’écriture (Part-2)

Par Lemarec Destin

La passion de l’auteur
Max Dorismond
On n’a pas besoin d’engager une trop grande dépense de perspicacité pour constater que la « passion » constitue l’ingrédient le plus actif dans l’écriture de ses textes. Elle traverse d’ailleurs tout l’ouvrage d’un bout à l’autre. Cette brûlante passion, semble lui forger une sorte de cuirasse qui lui donne l’assurance qu’il peut «foncer dans le tas», et s’attaquer à des sujets passablement sensibles, graves parfois, sans complexe et sans trop de crainte, là où --- j’en suis sûr --- peu de chroniqueurs oseraient s’aventurer ou s’y engouffrer. L’auteur « Des mots pour conjurer nos maux » est plutôt du genre à vouloir plus renseigner que persuader. Il ne se gêne donc pas pour proposer des solutions, donner des conseils ou parfois même interpeler directement certains chefs de gouvernement dont en particulier Donald Trump et Jovenel Moïse, pour ne citer que ces deux-là. Il a même adressé une « Lettre ouverte à l'ambassadeur des États-Unis en Haïti », l’Ambassadeur Peter F. Mulrean (voir p. 128) pour plaider le cas des Haïtiens demandeurs de visa face à une sorte de «barrière à l’entrée». Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres. Il n’est donc pas rare de voir Max revenir deux, trois ou même quatre fois sur un sujet, tellement il a à cœur de le décortiquer. C’est-à-dire le creuser, l’analyser de différents angles afin de faire comprendre tous les enjeux de société qu’il recèle. Son plaidoyer incessant pour les pays africains, aux prises avec cette monnaie néocoloniale dénommée le franc FCA, en est l’exemple le plus achevé. Ce désir de bien renseigner son lectorat participe de cette passion dont nous parlons précédemment. Une passion qui le motive et le porte à « traquer l’information », à l’étayer par des données réputées crédibles, le plus  souvent datées et chiffrées. Ses lecteurs en sont ravis.

Max Dorismond entouré de sa belle famille  lors de la vente
signature à la Maison d'Haïti. (Photo Hervé.Gilbert)             
Max dégaine vite. Un évènement d’intérêt survient ici ou ailleurs dans le monde, et le surlendemain ou le week-end suivant, on découvre sur le site d’Haïti-Connexion Culture un long article dans lequel il analyse le fait ou la nouvelle avec ses principaux enjeux, ses conséquences et, le cas échéant, débouche sur un parallèle, une comparaison avec le cas d’Haïti ou des leçons à en tirer. Ou bien souvent, il s’agit de ses réflexions sur un sujet brûlant de l’actualité. C’est un feu roulant de textes écrits à ce rythme ininterrompu, dans cet esprit. C’est aussi ce qui explique, du reste, le caractère prolifique de sa production. Il importe de préciser qu’il effectue tout ce travail---la qualité des textes le prouve--- sans jamais se départir du souci de l’élégance du propos, de la clarté et de la valeur littéraire de tous ses articles. Qu’il traite de questions touchant Montréal, le Québec, le Canada, la France, la Belgique, la Chine, le Vietnam, le Brésil, les Antilles, les pays africains, etc., il y trouve toujours des exemples pertinents de solutions pouvant aider Haïti à sortir du marasme dans lequel il s’enlise depuis longtemps, moyennant avance-t-il un autre modèle de gouvernance. Il importe pour finir d’indiquer que  les textes de Max Dorismond sont truffés  de dures dénonciations des structures archaïques qui, malheureusement,  maintiennent le pays dans le désoeuvrement socio-économique, politique, culturel et environnemental qui le caractérise aux yeux du monde.

En guise de conclusion
Eddy Cavé & Méres Weche
Deux écrivains prolifiques
(Maison d'Haïti 07-13-19)
Conclure sur un ouvrage qui traite de faits de société, de comportements répréhensibles, d’évènements et de politiques publiques dont la caractéristique essentielle est leur quasi permanence ou leur retour périodique dans le temps, n’est pas une tâche aisée. Les maux, nos maux dont parle l’auteur ne vont pas disparaître avec la parution du livre et ne vont pas l’être non plus de si tôt, dans le court terme. Mais l’auteur a le mérite de les mettre sous le projecteur à travers ses textes et de nous faire découvrir leurs enjeux délétères et souvent sous-jacents. Ces faits et conditions vivent avec leur récurrence. C’est ce qui rallonge la projection des analyses de l’auteur et explique en même temps l’utilité de son travail. C’est pour toutes ces raisons que la venue du deuxième tome ne serait pas vaine Max, telle que te la suggère aussi ton ami Eddy Cavé. Il te demandait de te mettre au travail dès le surlendemain. Si ma mémoire est bonne,  l’autre ami, Mérès Wèche te l’a aussi suggéré. Alors Max…

Un vif désir de partage, né de la satisfaction que me procure sa lecture, m’incite à  recommander fortement au public lecteur« Les mots pour conjurer nos maux». Croyez-moi, on y découvrira beaucoup d’articles «coup de cœur» et de bonne facture. Je ne terminerai pas sans souligner au passage l’excellent travail d’édition réalisé par les Presses internationales GRAHN-Monde(PIGM). Cela n’est pas passé inaperçu. Félicitations!

FIN



Lemarec Destin
Laval, ce 11 août 2019

Tuesday, August 13, 2019

Max Dorismond ou la passion dans l’écriture (Part-1)

Par Lemarec Destin

Max Dorismond, auteur:
Des mots pour conjurer nos maux
Les astres semblent avoir été alignés pour que la fête soit belle en cet après-midi du 13 juillet dernier : ciel bleu d’un horizon à l’autre, soleil radieux, pas agressif pour un sou, petit vent léger qui rafraîchit l’air, aucune menace de pluie ou d’orage, météo parfaite. Comme l’a écrit très justement l’auteur dans un de ses textes : « …c’est le temps béni pour faire le plein en capitalisant sur ce désir fou de revoir l’autre que l’hibernation avait écarté de la route », (p.155). Bref, c’est ce temps-là qu’il faisait à Montréal le jour où, dans l’après-midi de la date prévue, l’auteur avait convié le public, ses lecteurs montréalais d’Haïti-Connexion, ses amis, ses parents et connaissances au lancement de son livre au titre assez chargé merci : « Des mots pour conjurer nos maux ». Il fallait voir ça. Ils étaient nombreux à se présenter au local de la Maison d'Haïti où, le moment venu, après les présentations d’usage et une prestation du saxophoniste Marcel Cost sur des airs connus, un Max tout en verve expliquait à l’assistance, avec moult détails, les raisons qui l’ont conduit à produire finalement cet ouvrage.

Dans la salle, chacun avait un, deux et parfois trois livres en main pour fins de signature : un cadeau peut-être ou pour des amis retenus ailleurs qui demandaient de leur rendre ce petit service. Du même souffle, est-il superflu de souligner la présence remarquée de plusieurs Jérémiens et Jérémiennes très connus de Montréal, d’Ottawa et même des États-Unis à cette vente signature. À ce propos, nous ne pouvons passer sous silence celle d’un autre Jérémien,  Hervé Gilbert, Directeur général adjoint d’Haïti-Connexion Network, venu d’Orlando pour la circonstance. Cette nombreuse présence, entre autres, de tant de fils et filles de la ville de la Cité des poètes, avait sans doute ravi l’auteur, connaissant son attachement quasi maladif pour ce coin de terre qui l’a vu naître et à tout ce qui s’y fait. Cette particularité manifeste me faisait penser qu’il n’y manquait cet après-midi-là que Ti Amélie!

Max Dorismond 
(Maison d'Haïti, 13 mai 2019)
Revenons maintenant à l’ouvrage proprement dit et à l’accueil que lui a réservé le public. Enthousiaste! C’est, à mon avis, le maître-mot qui traduit le mieux ce que nous avions vu cet après-midi du 13 juillet au local de la Maison d’Haïti de Montréal. À la réception du livre, les premières minutes sont généralement consacrées à l’exploration du produit, à son « épluchage », à un survol rapide, question d’avoir une idée sommaire de son contenu. On feuillette les pages avec empressement ou par simple curiosité, s’arrêtant parfois sur un ou deux titres qui accrochent la vue au passage ou encore sur tel autre présentant un quelconque intérêt pour ces « lecteurs pressés ». Entretemps, un coup d’œil circulaire dans la salle m’avait permis de constater que rares étaient ceux qui ne se prêtaient pas à cet exercice, ce qui dénote, ma foi, la faveur de l’assistance à la toute nouvelle parution de Max Dorismond. Pendant ce temps, en avant de la salle l’auteur accélérait la cadence des signatures afin de satisfaire la longue file d’invités qui, livres en main, attendaient leur dédicace.

Le couple Lemarec Destin
(Maison d'Haïti, 13 mai 2019)
Par ailleurs, la lecture complète « Des mots pour conjurer nos maux » nous révèle des dimensions insoupçonnées de la structure du livre et la qualité du travail qui y est investi. Au premier abord, on est littéralement frappé par l’abondance de textes d’une très grande richesse qui composent le contenu de l’œuvre. Ils sont au nombre de soixante-quinze, s’étendant sur plus de trois cents pages. C’est du stock, s’écrierait l’autre. En même temps, on se demande, non sans un certain étonnement, comment l’auteur a-t-il pu réussir un tel tour de force de colliger cet ensemble disparate d’articles en le dotant d’une structure intelligible. À cet égard, il est sans doute utile de faire remarquer que pour aérer le livre et faciliter la lecture, l’auteur a eu l’intelligence de séquencer les articles en blocs de textes qui sont d’ailleurs d’une grande richesse de contenus, de clarté dans les propos et des phrases qui s’adaptent au type de narration appropriée.  Ce travail minutieux de composition et d’organisation de la matière transforme en un tout cohérent ce qui aurait pu être dans la réalité une longue suite d’articles. C’est véritablement un ouvrage préparé de longue main.

 Lire (Part 2)  

Sunday, July 14, 2019

Max Dorismond défie la saison des barbecues

Max posant avec les groupes GRAHN et Bien-Être Santé

Par Eddy Cavé

Ottawa, le dimanche 14 juillet 2019
C’est un fait bien connu que le temps qu’il fait dehors, avec ses caprices et ses sautes d’humeur, peut être  ici le pire ennemi comme le meilleur allié des organisateurs des activités littéraires. En particulier les lancements de livres. La météo promet-elle un froid de canard, des pluies abondantes  ou une tempête de neige, les gens s’enferment chez eux et font autre chose. L’été, c’est la saison des barbecues, des piscines, des promenades au lac,  et il est toujours risqué de programmer un lancement de livres pour un samedi après-midi. James Féthière, le directeur de la plus récente série des publications du GRAHN, et Samuel Pierre ont pris ce risque hier avec Max Dorismond et ils ont gagné.

Max lors de la signature des livres
Il faisait un temps superbe, idéal pour les barbecues de l’été et la baignade. De surcroît, il y avait,  comme d’habitude, des funérailles dans la diaspora haïtienne de Montréal et d’Ottawa. Cela a causé des retards inquiétants, mais les gens ont tout de même fait le déplacement, et c’est dans une salle comble que s’est finalement déroulé le lancement des «  Mots pour conjurer nos maux ».  Bravo Max, Bravo James, Merci Samuel!

Dans la salle, une présence que je ne saurais passer sous silence, celle d’Hervé Gilbert, co-fondateur de Haïti Connexion Network, venu spécialement d’Orlando pour soutenir Max, son collaborateur vedette, et  pour filmer personnellement l’événement. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas été déçu. J'étais moi-même assis à côté de Mérès Weche, un autre contributeur grand’anselais et Jérémien  de Haïti Connexion, et nous avons tous été ravis du déroulement de l’activité.
Le lancement à la Maison d'Haïti de Montréal


J’étais rentré d’Ottawa avec le couple Gertha et Michel Décoste et nous avions été immobilisés pendant près d’une heure à l’entrée de Montréal par un de ces embouteillages bien connus de l’été québécois. On eut dit que le tout Montréal était sur les routes et nous avons craint, un court instant, « d’arriver après la consécration », comme on disait à Jérémie autrefois en pensant à la messe du dimanche. Malgré le retard ainsi causé, nous étions parmi les premiers arrivés. Un peu inquiets aussi, comme Max d’ailleurs et son épouse Jacqueline. Finalement, nos compatriotes sont arrivés en masse, et le lancement a été incontestablement une grande réussite.

Eddy Cavé, Mérès Weche et Hervé Gilbert
(de la gauche vers la droite)
À la lumière du contenu profondément jérémien de notre inspiration et de nos textes à tous, on nous a souvent, taxés Max, Hervé, Mérès et moi, de régionalistes. Mais je n’y ai  jamais vu une véritable critique, car je me suis toujours dit que si toutes les villes d’Haïti produisaient des régionalistes, ce ne pourrait être que  pour le  bien de l’ensemble du pays. Soit dit en passant, j’ai découvert que Max était le plus régionaliste de nous quatre, ce qui n’a nui en rien. En fait, les Jérémiens présents  au lancement d’hier constituaient à peine le tiers ou le quart de l’assistance de sorte que les plus gros soutiens à la cause que défend Max sont venus des autres villes du pays. Du Cap-Haïtien, de Saint-Marc, des Cayes, des Gonaïves, de Port-au-Prince naturellement, etc.

Vue partielle de la salle à la Maison d'Haïti
Au sujet de  Port-au-Prince, je prends le temps de mentionner que Georges Corvington, qui a retracé l’histoire de sa ville dans la  série de huit volumes intitulée Port-au-Prince au fil des ans, n’a jamais été taxé de régionaliste. Il m’a lui-même téléphoné à la sortie du premier tome de « De mémoire de Jérémien » pour me dire qu’il commençait à être  tourmenté par l’idée que son œuvre aurait pu laisser l’impression que, pour lui,  Port-au-Prince, c’était Haïti. Dans son jugement, mon livre sur Jérémie apportait la preuve qu’il existait en dehors de Port-au-Prince une vie sociale et  intellectuelle intense qu’il fallait faire connaître du grand public. Du même souffle, il préconisait la création d’une littérature de la province, d’un volet de la production littéraire haïtienne  alimenté précisément par cette catégorie d’auteurs souvent qualifiés abusivement de régionalistes.

Les gens faisaient tranquillement la queue à la table de Max
pour avoir sa signature.                                                          
Soulignons pour revenir au lancement des « Mots pour conjurer nos maux » qu’il n’a pas seulement été une activité littéraire ni une rencontre ordinaire avec un auteur qui publiait son premier livre. Cela a été un événement  qui, durant une des plus belles journées de l’été 2019, aura rempli au-delà de sa capacité l’auditorium de 120 places assises de la Maison d’Haïti. La  preuve éloquente et évidente  que le livre papier a encore de beaux jours devant lui. En effet, il  fallait voir les gens faire tranquillement la queue à la table de Jacqueline pour acheter leur exemplaire, puis à celle de Max pour obtenir la dédicace. Un beau spectacle! Une belle réussite en vérité!
Marcel et Gladys Cost
En revenant sous la pluie à Ottawa à la tombée de la nuit, je n’ai pas cessé de penser aux magistrales interprétations jazzées que Marcel Cost a offertes au saxophone, sous le regard attendri et admiratif de son épouse Gladys, à un auditoire attentif et  qui en voulait encore davantage. Une autre image qui m’est revenue avec insistance  à l’esprit est celle de l’atmosphère chaleureuse et enthousiaste dans laquelle s’est déroulée la rencontre. Celle des visages familiers du  cercle, actuellement menacé d’attrition,  des habitués des rencontres littéraires de la diaspora haïtienne de Montréal.

À chacune des rencontres de ce  genre, je me retrouve, en faisant le décompte des amis présents, à penser aux disparus et à me dire que nous devons absolument associer la cohorte des 20 à 40 ans à ce type d’activités. Ce segment de la population est malheureusement absent de nos activités, sauf à Sherbrooke où le pique-nique annuel a toujours associé les plus jeunes.  Je pense ainsi à un tas d’amis qui auraient été de la partie hier s’ils n’avaient pas été fauchés ces dernières années, notamment à Malou, le chantre jérémien à qui Max a rendu un chaleureux hommage. Je pense aussi à la grande  Ghislaine Charlier et à son fils Maxon, à Solon Baltazar, à Ricot Labrousse, à Serge Legagneur. Je m’arrête pour ne pas sombrer dans la tristesse et pour redire à Max et au GRAHN un grand merci et BRAVO pour cette réussite spectaculaire.

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Friday, July 12, 2019

MAX DORISMOND SE RÉSIGNE ENFIN!

Par Eddy Cavé





Ottawa, le mercredi 10 juillet 2019

Cliquer pour agrandir la photo
Cela faisait des lunes que, dans son entourage immédiat et dans le cercle des internautes éparpillés d’un bout à l’autre de la planète, on demandait désespérément à Max Dorismond une compilation de ses réflexions sur les soubresauts de l’actualité. Il s’est finalement décidé. Pour en avoir discuté avec lui pendant des mois, je n’hésite pas à dire qu’il s’est enfin résigné. Devant son refus constant de commencer à publier ses œuvres, je me suis plus d’une fois surpris à me demander si cet amateur de jeux de mots  ne refusait pas de céder aux demandes de ses amis et lecteurs en se disant : « Veulent-ils que je fasse le saut ou le sot? » 

L’invitation du GRAHN au lancement des Mots pour conjurer nos maux a suscité un tel enthousiasme que je me permets aujourd’hui de dire à Max qu’il aurait été bien  sot de ne pas faire ce beau saut. En effet, le travail de réflexion avait déjà été fait, l’accouchement avait été graduel et  échelonné sur plusieurs années, donc beaucoup moins douloureux. Le village s’était ainsi déjà habitué aux balbutiements du nouveau-né, et il lui restait seulement  à le voir franchir le seuil de la porte pour pouvoir dire : « C’est fait.  Le bébé est là. Il était grand temps!»

Effectivement, l’œuvre était déjà là, en pièces détachées d’abord, puis en un tout  patiemment rassemblé. Mais le constructeur avait décidé de la soumettre à ce que mon ami Serge Legagneur appelait l’épreuve du tiroir et des disques durs des ordinateurs. Elle y a non seulement survécu, mais elle a  vaincu toutes les réticences de l’auteur au moment où il était prêt pour cette belle aventure.

Les hésitations de Max et l’enthousiasme que suscite ce premier livre me rappellent avec force l’expérience, palpitante je dois le dire, de mon entrée dans le monde des lettres. J’ai fait un cheminement comparable au sien, résistant dans un premier temps à l’appel des sirènes, puis me jetant résolument dans l’eau. Et c’est vraiment Max qui m’y a poussé : «Vas-y me disait-il sans relâche. Cesse de nous servir au compte-gouttes ces agréables souvenirs de notre jeunesse et de  Jérémie et donne-nous un livre. » Ce sera le premier tome de « De mémoire de Jérémien ». Une fois de plus, mon cher Max, je te dis publiquement un grand merci.

Des mots pour conjurer nos maux est certes le premier livre de Max, mais l’auteur a déjà ses lettres de créance et a une réputation solidement implantée d’analyste perspicace, d’observateur éclairé et attentif, d’écrivain chevronné. Le rythme auquel arrivent les commandes et les premiers commentaires, notamment celui de Mérès Weche, nous disent déjà que le succès aux tiroirs caisses  est garanti. Il est à souhaiter que l’auteur continue sur sa lancée et qu’il se remette au travail dès lundi pour notre plus grand bonheur.

Après avoir surtout écrit pour les internautes et publié dans les médias sociaux, Max s’adresse aujourd’hui, avec une réputation établie et un préjugé favorable,  au volet du marché resté attaché au livre papier traditionnel. Aux lecteurs qui vibrent en tenant fermement entre leurs mains  le dernier livre qu’ils viennent d’acheter, en tournent fébrilement les pages,  hument avec appétit l’odeur du papier et ne s’endorment pas, la nuit tombée, sans avoir lu ou relu un passage particulièrement accrocheur.

Quant aux lecteurs déjà convertis au livre électronique, ils ne seront certainement pas en reste, car Max est depuis longtemps un adepte de ce médium et sait tout ce qu’il faut faire pour leur plaire, les séduire et les convaincre.

Bonne chance encore, vieux frère, et longue vie sur le marché capricieux du livre.



Eddy Cavé

Monday, July 8, 2019

Cette conjuration des Maux confiée aux Mots

Par Mérès Weche

Max Dorismond (1983)
C’est loin d’être un jeu, ce dynamique jeu de mots de Max Dorismond  pour contrer les hasards malheureux qui se sont conjurés contre nous, les humains, à l’échelle planétaire. Des Mots pour conjurer nos Maux, un livre-phare qui éclaire nos chemins à travers les méandres de l’histoire.

D’entrée de jeu, ce chroniqueur-poète, reconnu pour sa perspicacité en matière d’écriture, observateur  impénitent des bonheurs et malheurs de ce temps, a vu ses   talents se développer depuis des années en arrière quand, ensemble, nous menions corps et âme ces colonies de vacances à Beaumont en Grand-Anse pour faire de cet inoubliable « Foyer des étudiants » créé par feu le séminariste de Maznod à Camp-Perrin, Luc Pierre, un vrai cénacle où prenait corps une poésie empreinte de fraicheur matinale, « entre le thym et la rosée », pour reprendre une expression de Jean de La Fontaine, dans sa fable La belette et le petit lapin.

Il me vient à la mémoire ce très beau poème de Max Dorismond, Martha, fabuleux aujourd’hui, mais plus que vraisemblable à  l’époque où nous comptions fleurette aux jeunes filles éprises d’une poésie de fraicheur et d’amour. Cette ode à une payse de très grande beauté, ma cousine de surcroȋt, portée en musique par le superbe orchestre Dulon Papillon de Beaumont, constituait l’un des plus beaux aveux d’amour qui faisaient rêver jeunes et vieux sur la piste de Versailles à Jérémie un soir de la Saint-Louis; Radio Grand-Anse d’Alix Félix s’empiffrait de ces dédicaces à tout rompre. 

Des Mots pour conjurer nos Maux, un prétexte d’écriture pour partir comme Marcel Proust « à la recherche du temps perdu », dans une perspective de paradis à retrouver, contre vents et marées. Un joyeux retour à ces belles années de jonglerie avec la plume pour fortifier en soi des dons naturels qui ne demandaient pas mieux que de mûrir avec le temps.

Aujourd’hui, à travers ce livre, je retrouve un Max Dorismond qui invective jusqu’à la fameuse « fumée noire » du Vatican et qui, sans vaticiner, y décèle maints détours pour asseoir dogmatiquement une religiosité qui a longtemps berné  les plus fins esprits de ce monde. Il me plait de reprendre cette citation rapportée par Max dans son livre, relative à la condition vaticane sous Benoit XVI։ « Mais, j’ai toujours cru que la barque de l’Église n’est pas mienne, n’est pas nôtre… ». Quoi de plus applicable à la compréhension de Max vis-à-vis de cette communauté ecclésiale vieille comme le monde.   Sacré Max ǃ 

Cette église faite d’abus sexuels et de pédophilie ne le laisse pas indifférent, car il en parle avec prodigalité pour ne point absoudre ceux-là qui doivent endosser leurs responsabilités devant l’histoire.

Dans ce livre très captivant par la justesse de ses analyses, Max Dorismond dénonce avec véhémence la « sainte hypocrisie » des papes qui se sont toujours érigés  en « encombreurs » de la porte déjà très étroite du Ciel.  

En revenant sur  Terre, Max Dorismond se souvient de ce barde jérémien, Parnel Clédanor dit Malou, mon condisciple en classes primaires chez Caze, qui berçait notre jeunesse, au sein de Les Fantaisistes de Jérémie, de sa prenante voix  décrite dans ce livre comme étant « une phrasée sonore qui venait te chercher dans tes rêves les plus secrets ». En adressant son dernier message à ce chanteur de charme qui a fait la grande culbute, Max Dorismond laisse s’égrener ces pétales embaumés d’une poésie  de joie et de peines amères։ « Malou, aujourd’hui, malgré les sanglots qui affluent dans nos gorges, malgré les larmes qui déboulent en cascade sur nos visages et nos cœurs qui sont en lambeaux, nous avons l’insigne devoir de décrire au monde la place que tu occupais dans notre album de famille ».
Toujours animé de cet élan de célébration de la sensibilité jérémienne, Max Dorismond rend hommage à l’œuvre d’Eddy Cavé, dans deux de ses publications, sans m’oublier au passage comme Grand-Anselais de Beaumont dans Le Songe d'une nuit de carnage, publié en 2013. 

Son regard profond s’est arrêté particulièrement sur ces trois célèbres écrivains et poète jérémiens, Jean-Claude Fignolé, Serge Legagneur et Claude Clément Pierre, partis, dit-il, à la conquête de « l’inaccessible étoile ». Se souvenant d’eux, il écrit։ « Voila maintenant, le trio sur le chemin du ciel. Avec un rictus au coin des lèvres, ils vont faire rapport au bon Dieu, tout en sachant déjà que la récolte ne fut pas abondante… »; un clin d’œil à la parabole des talents de la Sainte Bible.

Tout compte fait, Max vogue entre ciel et terre dans ce livre qui touche de nombreuses questions qui exigeraient un travail plus approfondi. Par contrainte d’espace, je m’en tiens pour le moment à ces quelques lignes. Quitte à y revenir.  

Mérès Weche