Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Monday, March 11, 2013

A travers la fumée noire sur le Vatican
  (1ère partie)

Par : Max Dorismond mx20005@yahoo.ca
Primat de Rome : voilà un job qu'aucun homme sensé ne saurait accepter. Être choisi pontife n'est pas une sinécure. Je suis sûre qu'il existe certains papes qui ont versé une larme furtive et sincère, ponctuée d'hésitations à l'annonce de leur nom par le Conclave, comme étant l'élu de Dieu. 

 Se faire piéger par des psychopathes et des forbans à chaque détour, n'est pas annonciateur d'une gestion de tout repos. Toutefois, Benoît XVI l'a appris à ses dépens. Le rapport sur la situation de la divine institution élaboré par les cardinaux Julián Herranz, Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi a failli bloquer son cœur. Face au naufrage de la barque sur les eaux troubles du Vatican, il préféra abandonner le gouvernail, accepta le céleste verdict et déclara dans son discours d'adieu : "Il y a eu aussi des moments pas faciles, dans lesquels les eaux étaient agitées et le vent contraire, comme dans toute l'histoire de l'Eglise, et le Seigneur semblait dormir [...] Mais j'ai toujours su que la barque de l'Eglise n'est pas mienne, n'est pas nôtre mais qu'elle est Sa barque et qu'Il ne la laisse pas couler". Gardons l'espoir.
 "Le Seigneur semblait dormir"Comment en est-on arrivé là?
C'est là toute la question! Malgré les fastes, les splendeurs, le côté contemplatif et sacré de cette cité médiévale qui inspire la paix, la grâce et le mystique, son histoire passée et récente est truffée de connivences, de magouilles et d'erreurs. Elle est jonchée de scandales qui dépassent l'entendement humain. De ses situations loufoques, bizarres, qui échappent parfois à la compréhension d'un esprit ordonné, une culture du crime, de frivolité, du laxisme s'est développée, d'où la naissance de clans d'un côté à l'assaut de tout ce qui brille : argent, pouvoir et titres, de l'autre, des hommes pieux laissés pour compte en serviteurs inutiles qu'on peut écraser comme des punaises s'ils persistent à dénoncer l'ambiance régnante. C'est ce qui explique certaines démissions fracassantes et parfois, pire encore, quelques assassinats. Au début de notre ère, des drames ont émaillé le mur de cette cité gardienne de la conduite spirituelle du monde occidental cherchant le triomphe de la vérité et non son auscultation.
 En titre, nous pouvons énumérer certaines de ces crises récurrentes, tel, l'inénarrable jugement du cadavre du


pape Formose 1er en l'an 896, ou, des situations infamantes tissées de corruptions, de sexes, de trahisons, de médisances, d'assassinats, de drogues, d'homosexualité, de pédophilie, de misogynie, de prostitution, de perfidie, d'injustices, de mafia, de blanchiment d'argent, de finances occultes, de guerres fratricides pour le pouvoir, de luttes entre fractions .… etc; un cocktail savamment dosé et camouflé au fil du temps, au détriment de sa clientèle captive ou zombifiée, car la devise : «Crois ou meurs» n'est pas une simple présomption du ciel; elle est absolue. Bien des têtes intelligentes ont été coupées dans l'antiquité pour avoir osé ou excommuniées ou déclarées athée dans le monde moderne. Dans l'histoire parfois sombre et tragique de l'humanité, le Vatican a joué certains rôles qui ne réclament pas toujours une main d'applaudissements. Pensons à sa responsabilité dans l'établissement de l'esclavage des noirs en Amérique, au côté sombre de Pie XII, appelé le "pape de Hitler "  par des juifs new-yorkais à cause de son silence pendant la seconde guerre mondiale, à l'arrivée des régiments de soldats noirs à Rome en 1945, dont l'entrée sur le territoire du Vatican leur fut refusée à cause de la couleur de leur peau, à la tiédeur de l'Église lors des élucubrations du système pour déterminer la place des noirs dans la société des hommes dans l'interprétation fantaisiste, fantasmagorique et pornographique de «la malédiction de Cham» dans la Bible….pour ne citer que ceux-là.
De l'origine du Catholicisme :
Au début, bien longtemps avant notre ère, l'homme se vautraient dans l'animisme, système de pensée qui considère que la nature est animée et que chaque chose y est gouvernée par une entité spirituelle ou âme; en principe, un dieu pour chaque chose. Il en résulta que la religion naturelle de l'homme s'avérait être le polythéisme. Cet état de fait n'a pas totalement disparu. L'inde est toujours polythéiste. De là à adorer le soleil, les animaux (le veau d'or), le feu, il n'y a qu'un pas. Mais, un de ces quatre, « les juifs inventèrent le monothéisme, un seul Dieu2 », un Dieu unique. Ce qui ne se fit pas sans heurt. De nombreuses conséquences idéologiques en découlèrent. Disons, en passant, pour respecter la vérité historique, les Égyptiens y avaient pensé avant eux, la notion du Dieu unique. Il a été évoqué par le pharaon égyptien Akhenaton3(-1374/-1354), mais sans suite. Quand le grand roi Nabuchodonosor, maudit par la Bible, déporta les juifs (la 1ère) en 587 av. J.C, hors de la Palestine4, les évènements prirent une autre tournure. Le Psaume 137 résume bien cet exode : « Au bord des fleuves de Babylone, / nous étions assis et nous pleurions, / nous souvenant de Sion;/ aux peupliers d'alentour, / nous avions pendu nos harpes/» Ce Psaume est chanté et bien interprété en disco par le groupe Boney M. Je vous invite à l'entendre, ça vaut le coup.
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Plus tard, de la venue de Jésus à son départ, le judaïsme régnait. Les païens pouvaient se convertir dans cette nouvelle religion, mais la circoncision les effraie. On finit par trouver un accommodement sous l'initiative d'un rabbin juif et aussi citoyen romain. Les disciples de Jésus étant tous des juifs, prirent le nom de «chrétiens» dans la ville d'Antioche à cause du Christ. (Christ signifiant «béni, Messie»). Les nouveaux convertis, étant plus nombreux, ce qui devrait arriver, arriva, c'est le schisme : division entre juifs chrétiens et judaïques. En 67, après l'incendie de Rome, Néron voulant trouver des boucs émissaire pour faire porter la responsabilité de l'incendie, s'en prend à tous les deux sans distinction. C'est là que Pierre et Paul furent crucifiés. A partir des années 50, le christianisme commença par diverger totalement du judaïsme. Cette tendance fut accentuée par la destruction de Jérusalem par Titus en l'an 70.

Or cette ville était à la fois, le centre du judaïsme et du judéo-christianisme. Comme Jérusalem fut détruite, la capitale de l'empire où Pierre et Paul furent assassinés devinrent naturellement le centre de la chrétienté. L'évêque de Rome devint le chef de l'Église qui est partiellement différente de la synagogue. Donc, pendant que le judaïsme inventé pour et par les juifs vivotent en Palestine et ses environs, le judéo-christianisme rêvait déjà de conquérir le monde. Nous devons nous rappeler que le monde de cette époque, dont Rome était le centre se cantonnait à la méditerranée, l'Europe, une partie de l'Afrique et pas plus. Schisme aidant, entre concurrents, il faut toujours un vainqueur, l'Église s'arrangea pour éliminer les juifs de la course en accusant ce dernier de «Déicide», ou assassin de Jésus par les mains de Juda Iscariote. Depuis lors, les jours des juifs étaient comptés. Le pogrom était écrit dans le ciel.

Ce n'est pas de gaieté de cœur que le Pape Jean-Paul II dans le cycle des mea culpa de l'Église a demandé pardon aux juifs, en même temps aux Noirs d'Afrique et aux Indiens d'Amérique en 199210. Nous y reviendrons. Voilà pour l'histoire. Plus tard, d'autres schismes firent exploser les bases de l'institution pour donner naissance à d'autres groupes, telles les églises luthériennes (Martin Luther), protestantes, orthodoxes…tutti-quanti….etc.
Des scandales au Vatican, en veux-tu en voilà : Le synode des cadavres : la culture du crime.

Des esclandres les plus tonitruants les uns les autres ont toujours animé le fond de scène au Vatican en la personne de certains pontifes occupant le siège de Saint-Pierre et une partie du personnel complice y évoluant depuis le début jusqu'à nos jours. De 882 à 1048, 37 papes se sont succédé. Plusieurs ont été purement et simplement liquidés, assassinés par leurs successeurs. «La papauté s'achetait, se vendait et s'exploitait». Le début de cette sombre période fut dénommé «le synode des cadavres».
Une femme, Algiltrude, une aristocrate de la maison de Spolète en Italie en veut à mort au pape Formose 1er. A la mort de ce dernier, après avoir acheté l'élection du nouveau pape Étienne VI, elle le force à déterrer le cadavre de son prédécesseur enterré depuis neuf mois pour lui faire faire un procès en bonne et due forme. Le cadavre en état de putréfaction avancée est revêtu de ses habits pontificaux pour être jugé. Trouvé coupable, Formose 1er est amputé de trois doigts et enterré. Algiltrude obligea encore le pape Étienne VI à le déterrer et son cadavre est traîné dans la rue et jeté dans le Tibre (le fleuve). Cet abominable outrage consterne les italiens qui se révoltèrent, s'emparent du pape Étienne VI le déshabille et l'étrangla. Depuis lors, un Concile interdit le procès des morts5.
Le pouvoir des femmes sur les papes :
Sous l'instigation des femmes de la famille Théophylacte, Théodora l'ancienne et ses deux filles, Théodora la jeune et Marosie, le pape Léon V est déposé suite à une révolution de palais deux mois après sa nomination. Un de ses prêtres, Christophore, se proclame pape et le fait jeter en prison. Ne se considérant pas doublée, la famille renverse l'anti-pape et fait élire un de ses protégés, l'évêque de Cère sous le nom de Serge III (911-913). L'anti-pape va trouver Léon V en prison. Ils seront tous les deux assassinés sous les ordres du nouveau pontife, l'amant de Marosie, la fille de Théodora. Elle aura de Serge III un fils illégitime qui sera à son tour pape. Et la roue infernale continue sur la route du népotisme pontifical.
Théodora, ne restant pas inactive fait, défait les papes à sa convenance. Plus tard, elle place sur le siège de Pierre, son amant, l'archevêque de Bologne, sous le nom de Jean X (914-928). Quand ce dernier pense s'émanciper des femmes de Théophylacte, il est jeté en prison puis étouffé sous un oreiller. Après avoir nommé d'autres papes, dont Léon VI (928-929), Étienne VII (929-931), Marosie nomme son propre fils adultérin de Serge III, comme pape au nom de Jean XI.
Un pape adolescent :
Plus tard, Albéric, un autre fils de Marosie, Consul de Rome, malade, pressentant sa mort prochaine, pour protéger sa famille décide d'acheter la papauté pour son fils et petit-fils de Marosie, Octavien. Ce dernier est nommé primat de Rome à 18 ans sous le nom de Jean XII. Il fut le seul pape adolescent de l'histoire de l'Église. En dernier lieu, il est remplacé par le pape Léon VIII. Il passe à l'action, reprend Rome à la tête d'une armée, assassine Léon VIII et ses partisans dans un terrible bain de sang et se coiffe de la tiare papale.
Aussitôt sur le siège sacré, la ronde des femmes recommence. Alors qu'il est en train de baiser une femme du nom de Stefaneta, il est surpris par son mari. Jean XII, selon le chroniqueur de l'époque, reçoit une raclée qui l'envoie directement ad patres, sans recevoir le dernier sacrement.
Les papes de la Renaissance :

A la Renaissance, les arts fleurissent, mais Rome dégringole. Des gredins et des fripouilles se trouvent sur le siège pontifical. Ils ont pour titre Paul II, un homosexuel notoire (1464). Son successeur, Sixte IV, (1471-1484), surnommé le «pape proxénète»pour avoir instauré un impôt sur les prostitués, est aussi un pédéraste bisexuel qui nomme cardinaux, deux de ses amants adolescents et un barbier, le fils d'un de ses partenaires. La papauté de son successeur, Innocent VIII, est surnommée «l'âge d'or des bâtards» Il avait eût huit fils illégitime. Sur son lit de mort, il exige qu'une nourrice satisfasse son dernier caprice : un allaitement au sein.    

Bienvenue chez les Borgia :
Qui d'entre vous n'a pas entendu une fois le nom des Borgia. Cette famille, par les assassinats, les empoisonnements, l'inceste a fait trembler Rome et le siège de Pierre. Leur histoire est portée à l'écran sous plusieurs titres dont les plus célèbres : César Borgia, Lucrèce Borgia. Une série télévisée existe aussi. En 2012, je l'ai suivie à satiété.
Rodrigo, un laïc débauché, membre de la redoutable famille Borgia, succéde à Innocent VII sous le nom d'Alexandre VI. Son oncle, le pape Calixte III le fait cardinal à 24 ans, même s'il n'a jamais été prêtre. Le jour même de son élection, il nomme son fils, le sanguinaire César Borgia, archevêque et l'élève ensuite au titre de cardinalat. On lui attribue aussi des rapports incestueux avec sa fille, l'empoisonneuse notoire, Lucrèce Borgia….
Un pape qui ne croit pas à l'existence de Dieu :

Pape Paul lll qui
croit pas en Dieu
Rien ne nous surprend dans cette galère de retrouver un pape non croyant. En effet, le pape Paul III (1534-1549), confie au duc Mendoza, ambassadeur d'Espagne au Vatican, qu'il ne croit pas à l'existence de Jésus-Christ. Au début, pour grimper dans la hiérarchie, il oblige ses sœurs à coucher avec le pape Alexandre VI, en l'occurrence Rodrigo Borgia. Ce dernier pour le récompenser, le fait cardinal. Enfin, il (Paul III) commande à un Michel-Ange vieillissant la fameuse fresque«Le jugement dernier» qui orne la Chapelle Sixtine.
Perçue comme homoérotique, l'œuvre provoque un immense scandale. Ses quelque 400 personnages, dont le Christ lui-même, sont complètement nus. Un cardinal, en le voyant propose qu'elle doive figurer dans un bordel plutôt que dans une église. Michel-Ange, lui-même, a regretté dans une lettre à saint Charles Borromée qu'il « se faisait un cas de conscience de laisser après lui une pareille chose ».Après le décès de Paul III, son successeur, le pape Paul IV a chargé le peintre Daniel de Volterra de recouvrir le sexe des nus et de modifier les positions obscènes de certains personnages. Depuis lors, le nom de «braghettone» ou«poseur de culottes» est accolé au nom de Volterra dans l'histoire de la peinture.

Jules III
Au pape Jules III (1550-1555), qui sodomise des garçons, nomme plusieurs beaux adolescents cardinaux, le fameux poème, « Éloge à la sodomie » du cardinal Della Casa lui est dédié.
Voilà en gros, un résumé d'une époque dans les coulisses du Vatican. Tout y passe, tout ce qui caractérise le dessein de l'homme avec ses ambitions, ses tendances et ses mœurs ont apporté leur touche sur un
tableau digne des descriptions de l'enfer de Dante.
En effet, si nous analysons les dates fatidiques de la déviance papale, de 882 à 1600 de notre ère, nous pourrons apercevoir en corollaire que c'est à l'époque de ces gredins, ces papes de sac et de corde, moyennant un retour d'ascenseur bien monnayé, que fut signé les édits qui déculpabilisent les Européens dans l'acheminement des esclaves noirs d'Afrique vers l'Amérique. A bien y penser!

Max Dorismond mx20005@yahoo.ca
A suivre.
Bibliographie
1 – Cf. : «Et si Dieu n'aimait pas les noirs?» - de Serge Bilé et Audilac Ignace (Voir aussi le Télégramme du Vatican à l'ambassadeur de Grande Bretagne pour signifier cet interdit en Annexe).
1a – Cette controverse a été démentie par d'autres juifs qui ont apporté un démenti sur le silence du pape pendant la 2em guerre. Voir : «Pie XII et la Shoah - Le choix du silence» de P.Chenaux, S.Klarsfield….
2 - Cf. : «Toute l'histoire du monde »– De la préhistoire à nos jours - de J.C. Barreau et G. Bigot.
3 – idem
4 – Le groupe Boney M. http://www.youtube.com/watch?v=f0CnYWCWAeA .
5 – Cf. :« La série noire du Vatican» – N. Lester.
10 – Cf. : «Quand le pape demande pardon». De Luigi Accatoli.
 
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