Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Thursday, September 3, 2026

UNE TRAGÉDIE QUI INTERROGE LA POLITIQUE D’EXPULSION DE TRUMP

Pierre Damas Bel 
Le coût humain de la politique de Trump

Un jeune immigré haïtien de 20 ans, qui venait tout juste d’obtenir son diplôme d’études secondaires et de s’inscrire à l’université, est mort après s’être engagé sur une autoroute et avoir été heurté par un camion. Selon sa famille et ses défenseurs, la perspective d’une expulsion vers une Haïti ravagée par la violence, ainsi que le traumatisme lié à son placement sous surveillance électronique, avaient profondément affecté le jeune homme.

Son histoire est bouleversante. Mais au-delà du drame personnel, elle soulève une question plus vaste et douloureuse : que devient le rêve américain lorsqu’un jeune homme qui a fait tout ce qu’on attendait de lui finit par vivre dans la peur d’être expulsé ?

Un jeune homme qui avait tout pour réussir

Pierre Damas Bel avait 20 ans. Il était haïtien, immigré aux États-Unis, étudiant et, surtout, un jeune homme qui semblait avoir devant lui un avenir prometteur.

Pierre avait obtenu son diplôme de Springfield High School avec une moyenne de 3,8. Membre de la National Honor Society, il jouait au soccer au niveau universitaire et avait atteint le grade de lieutenant au sein du programme Marine Corps JROTC.

Il travaillait également au Texas Roadhouse, faisait du bénévolat et aidait d’autres élèves à apprendre l’anglais. Il avait obtenu plusieurs bourses d’études et venait tout juste d’intégrer Wright State University, où il devait étudier les neurosciences.

Ses enseignants, son employeur et ses collègues croyaient en lui au point d’adresser des lettres à la cour de l’immigration pour la supplier de lui permettre de rester aux États-Unis.

Un capitaine des Marines à la retraite lui avait même accordé sa « plus haute recommandation », saluant chez lui les valeurs d’« Honneur, Courage et Engagement ».

Pierre avait donc fait tout ce que l’Amérique demande aux immigrants de faire : apprendre l’anglais, travailler, étudier, servir, faire du bénévolat, respecter les lois, aller à l’université et construire son avenir. Et pourtant, son avenir allait brutalement basculer.

Du rêve à l’angoisse

En juillet, son statut de protection temporaire — le TPS — lui a été retiré dans le contexte des décisions prises par l’administration Trump et de l’intervention de la Cour suprême concernant les protections accordées aux Haïtiens.

Pierre s’est alors retrouvé sous la surveillance de l’ICE, avec un dispositif électronique fixé à la cheville, en prévision de son éventuel retour vers Haïti.

Pour ce jeune homme qui avait consacré tant d’efforts à ses études, à son travail et à son intégration dans la société américaine, cette surveillance représentait bien plus qu’un simple dispositif administratif. C’était, à ses yeux, le symbole brutal d’une suspicion dont il ne comprenait pas la raison.

Pierre Damas Bel une vie sapée par l'angoisse
 « Je suis venu dans ce pays pour poursuivre mon éducation, je ne suis pas venu ici pour commettre un crime ou faire du mal à qui que ce soit », avait écrit Bel en juillet. « Et pourtant, aujourd’hui, je marche dans les rues des États-Unis avec un dispositif GPS à la cheville, portant en moi un sentiment de honte et d’humiliation que je n’aurais jamais imaginé devoir vivre. »

Selon son père, Pierre s’est rendu à deux reprises à Cincinnati et à Westerville pour demander aux agents de lui retirer le bracelet. Il était joueur de soccer et se sentait profondément gêné et humilié de devoir porter ce dispositif.

La perspective d’une expulsion vers une Haïti plongée dans la violence l’angoissait également profondément. Puis, le drame est survenu.

À 8 h 03, Pierre a appelé son père en visioconférence. Sa voix et ses propos traduisaient son inquiétude: “Papa, je ne vais pas bien. Je ne réfléchis pas normalement.” Et son père lui a alors dit: “Viens, rentre à la maison pour qu’on puisse parler.” »

Pierre n’est jamais rentré chez lui. Vers 23 heures, la police s’est présentée à la porte de son père pour lui annoncer que son fils avait été mortellement heurté par un camion après s’être engagé sur la chaussée.

Un jeune homme de 20 ans venait de perdre la vie. Un étudiant qui s’apprêtait à commencer des études en neurosciences. Un jeune homme que ses enseignants, ses collègues et même un ancien officier supérieur des Marines considéraient comme quelqu’un ayant un avenir exceptionnel.

La perte de son statut de protection, la menace d’une expulsion et le fait d’avoir été placé sous surveillance électronique ont profondément marqué Pierre. Après sa mort, son père a résumé sa douleur en une phrase d’une terrible brutalité :

« Le gouvernement a traité mon fils comme un animal. »

Cette phrase résonne d’autant plus douloureusement que Pierre avait précisément consacré sa jeune vie à démontrer qu’il voulait appartenir à cette société.

Il avait appris l’anglais. Il travaillait. Il étudiait. Il faisait du bénévolat. Il aidait d’autres jeunes. Il jouait au soccer. Il se préparait à entrer à l’université. Il respectait les lois et rêvait de construire son avenir.

Il avait fait tout ce que l’on demande à un jeune immigré qui veut réussir en Amérique. Et malgré tout, il s’est retrouvé confronté à la peur, à l’humiliation et à la perspective de devoir quitter le pays où il avait construit ses espoirs.

Une tragédie qui dépasse le destin d’un seul homme

« C’est notre pire peur et notre pire cauchemar qui deviennent réalité », a déclaré Guerline Jozef, directrice exécutive de l’organisation à but non lucratif Haitian Bridge Alliance. « Notre gouvernement, notre système, notre Cour suprême — ils sont tous complices de la mort de ce jeune homme. »

Pour ses proches et ses défenseurs, la mort de Pierre constitue le symbole tragique des conséquences humaines d’une politique migratoire qu’ils jugent particulièrement sévère.

Une vie pleine de promesses s’est arrêtée brutalement. Pierre ne connaîtra pas les amphithéâtres de Wright State University. Il ne poursuivra pas ses études en neurosciences. Il ne jouera pas les prochaines saisons de soccer. Il ne connaîtra pas la carrière dont il rêvait, ni les possibilités que son travail et ses études semblaient lui ouvrir.

À 20 ans, son avenir venait à peine de commencer. Et pourtant, il est aujourd’hui réduit à une histoire tragique, à un nom dans les archives et à une question qui restera longtemps sans réponse.

Au-delà de la colère et de l’émotion, cette histoire oblige à s’interroger sur le coût humain des politiques migratoires : que se passe-t-il lorsque la peur de perdre son avenir devient plus forte que l’espoir qui avait conduit un jeune homme à traverser les frontières pour se construire une nouvelle vie ?

La mort de Pierre Damas Bel ne peut être réduite à un simple fait divers. Elle rappelle les conséquences parfois dramatiques d’un harcèlement qui, souvent, demeure invisible jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Derrière les silences et les apparences, combien de jeunes vivent-ils encore une souffrance que leur entourage ne soupçonne pas ?

L’histoire de Pierre laisse ainsi une question essentielle : sommes-nous réellement à l’écoute de ceux qui, autour de nous, demandent de l’aide sans toujours trouver les mots pour le dire.

Sources combinées


 


Friday, August 7, 2026

Enquête Petro Caribe… Du dessert pour les imbéciles heureux

 

Par Max Dorismond

Petro-Caribe,

C’est quoi ça? Un jeune de vingt ans aujourd’hui, a-t’il déjà entendu ce refrain: Petro-Caribe? Non, il a déjà virevolté sur d’autres rythmes, mais pas sur ce « compas indirect ». À l’heure où tous les journaux d’Haïti nous parlent des prochaines  élections avec plus de 384 partis, il est de bon ton de fredonner le refrain qui a bien fait « rire les oiseaux d’Haïti ». Pour comprendre de quoi il est question, il faut lire cet article écrit en juillet 2017, en rapport à mes prémonitions sur ce sujet sensible qui avait animé la place de 2008 à 2017, il y a de cela 9 années (2017-2027). Comme on n’en entend plus parler, allons dans les souvenirs comme si vous venez de tomber sur une nouvelle planète.

         Bonne lecture.

MaxD.

 

HAITI CONNEXION CULTURE: Enquête Petro Caribe… Du dessert pour les imbéciles heureux

Tuesday, July 28, 2026

Historique : Edwin Raymond devient le premier shérif haïtiano-américain de la ville de New York

Edwin Raymond
Shérif de la ville de New-York

Par Hervé Gilbert

La ville de New York a été le théâtre d'un moment historique le lundi 27 juillet 2026. Dans une cérémonie empreinte de solennité, présidée par le maire Zohran Kwame Mamdani, Edwin Raymond a officiellement prêté serment comme shérif de la ville, inscrivant son nom dans l'histoire comme le premier Américain d'origine haïtienne à accéder à cette prestigieuse fonction.

Cette prestation de serment vient confirmer une nomination annoncée à la fin du mois de mai, après la révocation du précédent shérif, Anthony Miranda. Depuis cette date, Edwin Raymond assumait déjà les responsabilités du poste. Son investiture officielle marque désormais le début d'un mandat qui dépasse la simple portée administrative : il incarne un symbole de mérite, d'intégrité et de représentation pour toute une communauté.


Né à Brooklyn et élevé à East Flatbush, quartier où la diaspora haïtienne est profondément enracinée, Edwin Raymond est le fils d'immigrants haïtiens venus aux États-Unis avec l'espoir d'offrir un avenir meilleur à leurs enfants. Diplômé en justice pénale du John Jay College, il rejoint le Département de police de la ville de New York (NYPD) à seulement 22 ans. Son parcours exemplaire lui permet de gravir progressivement les échelons jusqu'au grade d'officier commandant.


Mais c'est surtout par son courage que Raymond s'impose sur la scène nationale. Refusant le silence face à ce qu'il considérait comme des dérives institutionnelles, il devient l'un des lanceurs d'alerte les plus connus du NYPD en dénonçant les présumés quotas de contraventions et d'autres pratiques controversées. Son engagement en faveur de l'éthique et de la transparence lui vaut une reconnaissance qui le conduira également à servir au sein du bureau de la procureure générale de l'État de New York.


Dans ses nouvelles fonctions, Edwin Raymond dirigera le bureau du shérif, chargé notamment de l'exécution des décisions civiles, de l'application des mandats judiciaires, du recouvrement de certaines taxes, des saisies de biens ainsi que des opérations visant les commerces de cannabis non autorisés, sous l'autorité du Département des finances de la ville de New York.


Lors de sa nomination, il avait résumé avec émotion ce qui nourrit son engagement :« Ayant grandi à East Flatbush en tant que fils d'immigrants haïtiens, j'ai été témoin à la fois des défis en matière de sécurité publique auxquels sont confrontées les communautés ouvrières et des inégalités qui, trop souvent, ébranlent la confiance envers les institutions gouvernementales. »


Le maire Mamdani salue le 
nouveau shérif Raymond lors
de son investiture.                  

Le maire Zohran Kwame Mamdani a salué en lui un homme « intègre, courageux et profondément attaché à la justice ». Profitant de cette cérémonie, il a également lancé un message fort à la communauté haïtienne. Face aux discours hostiles visant les immigrants, il a affirmé que toute tentative de chasser les Haïtiens de New York ou des États-Unis rencontrerait une opposition ferme. « La seule direction que les Haïtiens doivent prendre, c'est vers le sommet », a-t-il déclaré sous les applaudissements.

Au-delà de la portée institutionnelle de cette nomination, l'accession d'Edwin Raymond à la tête du bureau du shérif constitue une victoire symbolique. Elle rappelle que le courage, la compétence et la fidélité à ses principes peuvent ouvrir les plus hautes portes du service public. Pour la communauté haïtienne, souvent confrontée aux préjugés mais riche d'un héritage de résilience et de détermination, cette réussite est une source de fierté et d'espérance.


L'histoire retiendra qu'en ce 27 juillet, un fils d'immigrants haïtiens n'a pas seulement prêté serment. Il a envoyé un message à toute une génération : les origines ne limitent pas les ambitions; elles peuvent en être la plus grande force.


Toutes nos plus chaleureuses félicitations au shérif Edwin Raymond, pour cette nomination historique et pleinement méritée. Puisse son parcours continuer d'inspirer les générations présentes et futures, tant au sein de la diaspora haïtienne qu'au-delà.


Hervé Gilbert


Friday, July 24, 2026

Marie Gilianne Alexis, partie trop tôt, aimée pour toujours

Marie Gilianne Alexis
17 novembre 1961 - 12 juillet 2026


Par: Renée Alexis


Chère famille, chers amis,


C'est avec une profonde tristesse que nous faisons nos adieux à notre chère cousine, Joujou, dont la vie s'est éteinte beaucoup trop tôt. 💔


Au cours des cinq dernières années, Joujou a affronté un cancer du côlon avec un courage remarquable, une résilience admirable et une foi inébranlable. Après deux longues années de traitements et de chimiothérapie, elle a connu ce qui semblait être un véritable miracle : sa santé s'était rétablie et elle avait pu reprendre la vie qu'elle aimait tant. Hélas, tout récemment, son état s'est brusquement détérioré et, le 12 juillet 2026, elle s'est paisiblement endormie dans la mort.


Aussi souvent que nous y soyons confrontés, la mort demeure l'une des plus profondes épreuves de l'existence. Elle laisse dans nos cœurs un vide que les mots ne sauraient pleinement décrire. Tôt ou tard, chacun de nous sera appelé à pleurer un être cher, et viendra également le jour où nous devrons faire face à notre propre condition mortelle. Pourtant, au cœur même de notre chagrin, nous puisons réconfort et espérance dans cette magnifique promesse de Jéhovah : « Il fera disparaître la mort pour toujours, et le Souverain Seigneur Jéhovah essuiera les larmes de tous les visages. » (Isaïe 25:8).


En pleurant le départ de Joujou, célébrons également la beauté de sa vie. Profitons de cette épreuve pour serrer un peu plus fort ceux que nous aimons, chérir chaque instant passé à leurs côtés et continuer à nous soutenir mutuellement avec amour, bienveillance et compassion.


Je partage aujourd'hui sur ma page Facebook, ces photographies , prises à différentes étapes de sa vie, en hommage à la femme exceptionnelle qu'elle était. Puissent-elles raviver de précieux souvenirs, réchauffer nos cœurs et nous rappeler les innombrables moments de bonheur, de tendresse et d'amour que nous avons eu le privilège de vivre à ses côtés.


Au revoir, chère Joujou. Bien que tu ne sois plus parmi nous, ta bonté, ton sourire lumineux et l'amour que tu as si généreusement semé continueront de vivre dans nos cœurs. Jusqu'au jour où nous aurons la joie de te revoir, tu demeureras profondément aimée, tendrement regrettée et à jamais inoubliable. 🙏❤️


Renée Alexis




Adrien Jean - La fin du voyage

Adrien Jean
décédé le 14 Juillet 2026 à Boucherville,Canada

Par : Max Dorismond

Plusieurs métaphores ont été élaborées, expérimentées, pour illustrer notre passage éphémère sur terre. Tantôt on nous parle d’un train de voyageurs, d’un bateau de croisière où un parent, un ami descend à chaque arrêt, à chaque escale, etc. En résumé, ici-bas, nous ne faisons que passer, et à la dernière heure, nul examen de fin de session, nul concours n’est nécessaire pour nous adjuger une certaine place. C’est inéluctable, tout est joué à l’avance, il n’y aura point de recyclage. Nous sommes destinés à être, tous, un de ces quatre, un premier de classe, ô paradoxe, qu’on regrettera, qu’on pleurera

C’est ainsi que le jour «J» de Adrien est arrivé après une longue maladie, laissant sur le carreau, ses garçons : Mac-Arthur, Roudy et leurs épouses respectives, ses petits-enfants, dont Allison son adorée, son frère Otello, ses sœurs : Alourdes et Manina, ses nièces et surtout sa conjointe éplorée, Marie Josée, dont il m’avait chanté, la douce attention qui lui faisait chaud au cœur, tout au long de sa lutte acharnée contre la fatalité. 

Devant cet incommensurable chagrin, pour y apporter un peu de baume, j’ai l’insigne honneur de vous parler en peu de mots de ce grand ami, de cet intellectuel de belle eau, que la ville de Pétion-Ville (Haïti), pourrait s’enorgueillir d’avoir mis au monde. 

Adrien avait étudié le droit en Haïti et les sciences financières à l’Université du Québec à Montréal, pour couronner une carrière au gouvernement de la Belle Province.

Brillant causeur, très bien articulé, doté d’une mémoire phénoménale, il pouvait vous entretenir des sujets extrêmement complexes et laborieux au point que ses interlocuteurs s’interrogeaient, à savoir, s’il ne manquait pas une ou deux virgules à leur propre culture. Au bureau, c’était le même scénario. À midi, tout le monde voudrait aller dîner avec Driang. À l’hôpital, sa conjointe Marie-José en fut témoin. Tous les médecins et infirmières du Protocol de Recherche étaient en pamoison devant le côté charmeur du malade. Avec regret ils ont déploré son départ prématuré. Adrien appartenait à cette race d’hommes qui ne laissent que des sentiments favorables dans le cœur de tous ceux qui le fréquentaient.

À propos du Protocole de Recherche du CHUM (Centre Hospitalier de l’Université de Montréal), quand il m’avait annoncé que cette institution allait mettre fin à la recherche, car, sa maladie était incurable, j’étais en état de choc et je cherchais mes mots pour lui dire que ce n’est pas la fin. Il m’avait brusquement coupé la parole, pour me dire « Ti mal, c’est un terme qu’il adore, pour clore une conversation… Ti mal, va doucement, le cas de l’un n’est point celui de l’autre. Pour moi, c’est fini, point-bar. Stoïquement, il avait accepté sa fin.

Depuis lors, je ne pouvais plus retenir mes larmes. Et c’est dans ce contexte qu’il avait décidé plus tard, d’envoyer à José, à ses enfants, à ses amis proches et à moi, ce texte élogieux au plan éducatif : « L’école de la vie », dont je vous laisse un paragraphe annonciateur : Confucius disait : « veux-tu apprendre à vivre pleinement, apprends d’abord par accepter la mort ». Cette phrase peut sembler rude, mais au fond, elle remet tout à sa place. Accepter que nous allions partir, ce n’est pas renoncer à vivre, c’est au contraire comprendre que le temps est précieux, que chaque présence compte, que chaque parole peut laisser une trace, que chaque geste peut consoler et qu’une vie n’est pas grande parce qu’elle impressionne, mais parce qu’elle aime.

Aujourd’hui, mon cher frère et grand ami, tu nous as dit au revoir pour passer de l’autre côté du mystère. Alors, je ramasse tout ce qui me reste de courage et de force pour demander à la famille de ne pas faillir à la perte de ce «Poto mitan» que tu fus. Les yeux levés vers le ciel, nous conserverons encore l’espoir de vivre pas trop loin de toi. L’hommage que nous te rendons aujourd’hui, malgré son parfum de regret, demeure à n’en pas douter, un hymne à l’amitié la plus sincère et la plus virile.  C’est le rejet du défaitisme et le triomphe du condamné qui regarde dans les yeux les faiseurs de destin.  Il s’agit d’un témoignage qui confond dans un même élan de respect et d’amitié tous ceux qui ont eu le privilège de te connaitre.  Ton image agitera pendant longtemps nos jours chaque fois que nous aurons à penser à nos dialogues, de même qu’à la précocité de ta disparition.  Tu resteras dans nos souvenirs un virtuose de l’authenticité.  

Bonne route vers cette Éternité qui te tend les bras avec l’empressement d’une mère attentionnée et miséricordieuse.  Toutes mes sympathies à ta famille que tu as tant aimée.

Max Dorismond

Thursday, July 23, 2026

Adieu Fanny : la femme qui a fait rire, réfléchir et grandir toute une génération d'Haïtiens

Monique Souvenir (Fanny), la voix, le sourire et les conseils
 

Par: Hervé Gilbert

Il est des voix qui traversent les époques sans jamais s'éteindre. Il est des visages qui deviennent des repères et des êtres qui marquent profondément la mémoire d'un peuple. Avec le départ de Monique Souvenir, affectueusement connue sous le nom de Fanny, Haïti perd bien plus qu'une grande artiste : elle perd une femme qui a su divertir, éduquer et inspirer toute une génération.

Pendant des décennies, Fanny a fait rire, réfléchir et rêver des générations de téléspectateurs et d'auditeurs. Comédienne de grand talent, femme de télévision et de radio exceptionnelle, elle a marqué l'histoire du paysage audiovisuel haïtien par son authenticité, son charisme et son profond amour de la communication.

Bien avant que l'éducation à la santé et le bien-être des femmes ne deviennent des sujets largement abordés, Fanny jouait déjà un rôle de pionnière. À travers ses émissions et ses causeries, elle a contribué à améliorer la vie de nombreuses femmes haïtiennes en les sensibilisant à la santé, au bien-être familial et à la planification familiale, avec une approche à la fois simple, respectueuse et accessible à tous.

Fanny,
une étoile d'Haïti s'en va 

Qui, parmi ceux qui ont vécu en Haïti dans les années 70 et 80, ne se souvient pas de ses conseils empreints d'humour, de sagesse et de bienveillance? Qui n'a jamais souri en l'écoutant parler de la vie quotidienne, tout en transmettant, avec une étonnante simplicité, des leçons qui demeurent encore aujourd'hui d'une grande actualité? Son talent consistait à instruire sans jamais ennuyer, à faire rire tout en éveillant les consciences.

Aux côtés de son fidèle compagnon de scène, Ti Djo, elle a formé l'un des duos les plus emblématiques de l'histoire de la télévision et de la radio haïtiennes. Ensemble, ils ont offert au peuple haïtien des moments inoubliables où l'humour, l'émotion et la sagesse populaire se mêlaient avec une rare authenticité. Leur complicité a transcendé les écrans et les ondes pour devenir un véritable patrimoine culturel.

Aujourd'hui, une étoile s'est éteinte, mais sa lumière continuera d'illuminer le firmament de la culture haïtienne. Son héritage demeure vivant dans chacune de ses prestations, dans les souvenirs qu'elle nous laisse et dans l'inspiration qu'elle continuera d'offrir aux générations présentes et futures.

Merci, Fanny, pour les sourires, les éclats de rire, les précieux conseils et les émotions que tu as semés dans le cœur de tout un peuple. Tu quittes la scène, mais tu ne quitteras jamais nos mémoires.

Repose en paix, grande dame. Que la terre te soit légère et que ton âme repose dans la paix éternelle. Nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu'à tous ceux qui ont eu le privilège de l'aimer et de l'admirer. Ton nom demeurera à jamais gravé parmi les plus grandes figures de la culture haïtienne.

Herve Gilbert