HAITI CONNEXION CULTURE
HCC- Une trilogie de lettres destinée à élever la réflexion de nos lecteurs à son plus haut niveau. Au fil des rubriques de HCC, nous faisons de notre mieux pour gâter nos lecteurs avec des textes fouillés, bien équilibrés et soigneusement illustrés. HCC - Une érudition immense dans les domaines : « de la politique, de l'histoire, des religions, de la culture et des arts en général. »
Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte...
Friday, July 3, 2026
Friday, June 12, 2026
Mes souvenirs de Munich 1974
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| La sélection nationale au moment d'affronter l'Italie |
Par
Eddy Cavé,
Ottawa,
le 8 juin 2026
PREMIÈRE PARTIE : L'envers
du décor de l'équipe Cendrillon
Lorsque le quotidien sportif français
L'Équipe surnomma la sélection haïtienne « l'équipe Cendrillon » de la Coupe du
monde de 1974, il semblait faire allusion à un petit pays admis par erreur ou
par accident à la table des géants. Plus d'un demi-siècle plus tard, je souris
encore en repensant à cette formule.
J'ai eu le privilège d'assister de près à
cette aventure extraordinaire et, contrairement à ce que l'on pourrait croire,
mes souvenirs les plus vivaces et les plus chers à ma mémoire de nostalgique diffèrent
sur bien des points de ceux que retient l'histoire officielle.
À l'époque, je vivais au Canada depuis
quatre ans. Si mes années d’études au Chili avaient grandement stimulé mon
amour du football, elles m'avaient surtout donné la passion du style
sud-américain : offensif, spectaculaire, passes courtes au sol, le tout joué
devant des foules immenses, passionnées et bruyantes. C'est donc avec
enthousiasme que je me rendis à Munich pour assister à cette grand’messe du
football et voir de près évoluer la première équipe haïtienne qualifiée pour
une Coupe du monde.
Ma première surprise fut l’atmosphère
d’enthousiasme modéré qui semblait régner, au cœur de l’action, à Munich même.
Pas de musique sur les trottoirs ou les places publiques, pas d’embouteillages
non plus dans les grandes avenues comme les petites rues les plus achalandées.
Même l’atmosphère des pubs et des tavernes me semblait un peu maussade. Habitué
au flegme britannique, j’étais porté à attribuer ces apparences d’indifférence
à des traits de culture. Mais, ici, le malaise était réel et beaucoup plus profond.
Munich 1974, c’était moins de deux ans après
la tragédie des Jeux olympiques de 1972 où un commando de l’organisation
palestinienne Septembre noir avait envahi le village Olympique, tuant deux athlètes
israéliens et prenant neuf otages. Le but de l’opération était d’échanger ces personnes
contre des militants arabes emprisonnés en Israël. Le groupe entier fut conduit
à l’aéroport de la ville d’où un jet, déjà sur place, devait le transporter au
Caire. Au beau milieu des négociations, une opération de police tourna à la
catastrophe, tuant tous les otages et cinq des huit attaquants. Les Jeux furent
suspendus pendant 24 heures et reprirent dans le deuil le surlendemain.
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| Eddy et Hakime Altiné dans un stade presque vide |
Ce drame ne manqua pas d’éveiller dans
toute l’Allemagne du chancelier Willy Brandt un double sentiment de culpabilité :
d’abord en raison de l’échec de la tentative ultime de règlement de la prise
d’otages; ensuite, en raison du souvenir des atrocités du génocide des Juifs
par le régime nazi. Munich perdit ainsi la joie et l’enthousiasme des villes
hôtes des événements internationaux de cette envergure. Elle était demeurée une
ville accueillante, mais on sentait, par moments, planer le souvenir douloureux
de ce drame récent. J’en étais, moi-même, d’autant plus conscient que je passai
toute la période du premier tour avec mon ami le Dr Jean Verly qui avait fait
partie de la délégation haïtienne aux Jeux Olympiques de 1972. Il m’aida
beaucoup à interpréter les silences, la modération et l’indifférence apparente
de nombreux Munichois.
Dans un premier temps, le secteur commercial de Munich refusa de modifier les heures d’ouverture des magasins comme cela se fait dans toutes les villes du monde qui accueillent un tel événement. Il finira par le faire seulement pendant le dernier week-end des compétitions, celui du match de classement, aussi appelé match pour la troisième place, et de la finale qui opposera l’Allemagne à la Hollande.
Contrairement à l'image que l'on se fait aujourd'hui d'une Coupe du monde, l'effervescence populaire n'était pas partout au rendez-vous à Munich. Avec ses quelque 50 000 spectateurs, l’ancien stade olympique lui-même me parut presque vide lors du match d’Haïti contre l'Italie. Trois semaines plus tard, la finale Allemagne-Hollande allait le remplir attirer avec une foule bruyante. Il fallut d’ailleurs réaménager les abords de la pelouse pour créer une dizaine de milliers de places de plus. Mais même ce jour-là, les gradins comportaient un certain nombre de places vides et on pouvait encore acheter des billets d’entrée à des prix très abordables sur le marché parallèle.
L'autre surprise fut de découvrir les
coulisses de la délégation haïtienne. J’y retrouvai un grand nombre d’amis très
proches, dont Frantz Touillot, le trésorier de la Fédération haïtienne, et Mora Moreau,
qui était directeur du personnel de la BNRH au moment de mon départ pour le
Canada. En les visitant un après-midi au Sheraton de Munich, un prestigieux
cinq étoiles des beaux quartiers de la ville, je me retrouvai en plein dans une
sorte de manufacture artisanale de drapeaux haïtiens.
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| Frantz Trouillot & Eddy Cavé |
Les entreprises associées à l’aspect commercial de la Coupe avaient produit par milliers des drapeaux brésiliens, italiens, allemands, hollandais ou argentins. Pour Haïti, presque rien. Notre pays représentait un acteur tellement marginal dans cet univers dominé par les puissances du football qu’elles l’oublièrent ou presque. Donc, on ne trouvait pas de drapeaux haïtiens, ni de tee-shirts ou autres souvenirs d’Haiti dans les boutiques et les magasins à rayons de Munich. Sous les conseils d'amis allemands et d’étudiants haïtiens connaissant bien le milieu, les membres de la délégation décidèrent de confectionner leurs propres drapeaux.
Ils achetèrent à cette fin de gros rouleaux de tissu noir et rouge, des centaines de baguettes de bois et louèrent un certain nombre de machines à coudre. Les épouses, les amies et toutes les bonnes volontés disponibles furent mises à contribution dans une sorte de course à la montre. L’enjeu : distribuer gratuitement le plus grand nombre possible de drapeaux haïtiens pour encourager nos joueurs et promouvoir l’image d’Haïti déjà mise à mal par une Italie qui avait pour elle les avantages du nombre et de la proximité du terrain des opérations.
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| Mora Moreau |
Munich me réservait cependant d'autres
surprises. À l'entrée du stade olympique, le jour du match Haïti-Italie, je me
retrouve soudain nez à nez avec l'un des personnages les plus pittoresques de
mon jeune âge : Ducham César, Dika tèt long pour les uns, Dika 2 tèt pour
d’autres. Les Port-au-Princiens de ma génération se souviennent sans doute de
ce passionné de carnaval qui, de sa propre initiative, parcourait les rues de la
Capitale sur un bruyant side-car, un sayéka comme on disait alors en créole,
afin de dégager la chaussée lors du passage des groupes carnavalesques.
Éberlué, je m’approche de lui en
disant :
— Nèg sayéka yo ! Kanaval
! Titato !
Il me regarda quelques secondes avant de
répondre avec les yeux pleins de joie :
— Ou konnen m ? Ou se vrè nèg Pòtoprins !
Non, mwen se nèg lakòt. Nég Jérémi… Mwen
te lékòl Pòtoprins ! Lisé Pétyon.
À partir de cette rencontre, nous étions presque
devenus des amis et nous nous rencontrions presque tous les jours dans les rues
de Munich. Lui, transportant inlassablement une grande valise, moi intrigué et
fasciné par le personnage. Au point que je ne puis résister à la tentation de lui
demander un jour pourquoi il avait constamment l’air d’être en voyage. La
réponse qu’il me donna était aussi colorée et surprenante que l’image
qu’il projetait.
Comme il y avait énormément de choses à
découvrir dans cette ville, m’expliqua-t-il, il avait décidé de ne jamais
rester deux nuits dans le même hôtel. Chaque matin, il réglait sa note,
récupérait quelques vêtements déposés en consigne à la gare centrale et
repartait explorer Munich. Sa journée terminée, il prenait une
chambre à l’endroit le plus proche de son dernier arrêt et y passait la nuit. Je
n'ai jamais oublié cette leçon de liberté d’un passionné de foot et de carnaval.
À la fin de la première mitan, rien ne semblait
devoir troubler cet ennuyeux équilibre. Score nul : zéro de part et
d’autre. Depuis sept ans que j’avais quitté Santiago du Chili, je n’avais
jamais remémoré avec autant de nostalgie les compétions sud-américaines de
foot, en particulier le tournoi quadrangulaire de 1966 opposant le Santos de
Pele, le Peñarol d’Alberto Spencer, le Colo Clo et la Universidad Catholica du
Chili. Les soirs de match, toutes les rues de la ville raisonnaient du vacarme
provenant du Stade national. Les embouteillages arrivaient jusqu’aux abords du
centre-ville et l’on sentait vibrer presque
tout le cœur du continent. Ici à Munich, c’était business as usual ! Quelle tristesse! À
la mi-temps, l'entraîneur Zoupim, de son vrai nom Antoine Tassy, réunit ses
joueurs dans le vestiaire et leur dit sans ambages : inutile de tirer de loin sur
Zoff. Il faut absolument pénétrer dans la surface de réparation et le dribbler
carrément.
À la reprise des hostilités, avant même
que les Italiens se rendent compte de la nouvelle tactique adoptée, Emmanuel
Sanon appliquait à la lettre la consigne de son entraineur. Sur une passe impeccable
de Philipe Vorbe, il fonce à toute allure en direction du cerbère italien. À la
vitesse de l’éclair, il dépasse le défenseur Luciano Spinosi, esquive Zoff qui
vient de sortir imprudemment de sa cage et glisse le ballon dans un filet non
protégé. Ce qui suivit appartient désormais à l'histoire.
Le cœur de l’Italie tout entière arrêta
momentanément de battre. Éberlués, les reporters de toutes les nations
retiennent leur souffle et interrogent leurs dossiers en quête de données sur
l’auteur de cet exploit. Cendrillon venait de sortir de l’ombre.
Pour les centaines de milliers de
téléspectateurs éparpillés dans le monde entier, ce fut un but. Mais, pour les
milliers de spectateurs rassemblés dans le stade, ce fut plutôt un moment de
stupéfaction. L'impensable venait de se produire. Haïti menait contre l'Italie
et Manno Sanon venait de mettre un terme au record d’invincibilité de
1142 minutes de jeu qui faisait la gloire de Dino Zoff.
Ragaillardis par cette gifle, les Italiens se sentent obligés de sortir de leur zone de confort et de prendre des risques. Coup sur coup, ils marquent deux buts et ramènent Cendrillon à sa place.
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| La poignée de main historique Zoff-Manno |
Comme toutes les grandes aventures,
celle-ci produisit rapidement ses légendes. Le gardien de but haïtien
Francillon aurait été approché tout de suite par le Bayern de Munich, Mannon
Sanon aurait reçu des offres mirobolantes qu’il refusa... Dans les faits,
Francillon passera un certain temps dans la deuxième division de TSV 1860 de
Munich, retournera au pays où il deviendra député de Bainet, sa ville natale.
Ce match mémorable fut pour moi l’occasion
de retrouver plusieurs amis avec qui j’allais passer un mois merveilleux :
Harry Loiseau, qui habitait toutefois à Ottawa, mais dont le voyage n’avait pas
été planifié; Serge Pierre, que je croyais à Londres, mais qui vivait à Munich;
Pierre-Michel Smith qui découvrait comme moi l’Europe et ses merveilles; Jean Verly et Jacques
Joachim, deux vieux routiers des compétitions sportives internationales; Frantz
Trouillot, le trésorier de la Fédération, qui pleura comme une madone, le soir
de la défaite face à l’Italie; Hakime Altiné, rentré de New York avec un
immense drapeau noir et rouge. Mon ami d’enfance et frère de combat Valère
Cécil Philantrope arrivera à Munich la veille seulement de la finale. Il ne
connaîtra ainsi de cette période que les folies auxquelles les Allemands se
laissèrent aller après avoir arraché la coupe en or massif des mains de la
sélection hollandaise de Johan Cruyff qui la méritait autant qu’eux!
Le match Haïti-Pologne étant programmé
pour le mercredi suivant, j’avais un répit de quatre jours. J’en profitai pour aller
visiter Vienne, Innsbruck et une partie de la Bavière.
FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE
Wednesday, April 22, 2026
Hommage à Louis Marcel Laviolette : Un cœur sans frontières et un Bienfaiteur
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| Louis Marcel Laviolette |
Aujourd’hui, nous prenons le temps pour honorer la
mémoire de Louis Marcel Laviolette, un pionnier, un homme dont sa vie fut une
véritable leçon d’altruisme, de solidarité humaine et d’engagement envers sa
communauté. Pour beaucoup d'entre nous, Marcel n'était pas seulement un ami ;
il était le patriarche de notre groupe des "just come" des années 70.
Grâce à sa générosité, de nombreux Grandanselais ont pu trouver un point
d’encrage pour s’établir et s’épanouir au Canada.
Un Phare pour les Nouveaux Arrivants
L'appartement du 2072 St Hubert reste, dans nos
souvenirs, le symbole de cet accueil inconditionnel. Nous gardons en mémoire
son courage et sa détermination, notamment lors de ses discussions houleuses
avec M. Dupont, le propriétaire du 2072 St Hubert pour défendre le droit des
nouveaux arrivants à trouver un refuge.
Le Sacrifice d'un "Bon Samaritain"
Marcel incarnait véritablement la figure du Bon
Samaritain. Sa bienveillance ne connaissait pas de limites : il n'a pas hésité
à encaisser son propre fonds de retraite d’enseignant pour venir en aide à un
compatriote dont l'école de conduite était en péril. Ce geste de sacrifice pur
illustre parfaitement son bon cœur et sa prédisposition naturelle à porter le
fardeau des autres.
Une Vie de Foi et de Combat
Bien que le chemin n'ait pas toujours été facile et
que la chance n'ait pas toujours souri à ses décisions, Marcel a mené "le
bon combat" avec une intégrité exemplaire et une bienveillance éternelle.
Son dévouement était le reflet d'une foi chrétienne profonde qui l'a guidé tout
au long de son existence.
Nous sommes à jamais reconnaissants envers Marcel pour
sa bienveillance et son âme généreuse. Son héritage de fraternité continuera de
briller dans le cœur de tous ceux qu’il a aidés.
Aujourd'hui, alors que Marcel, le bras droit, entame
son dernier voyage, nous trouvons du réconfort dans l'idée qu'il obtiendra
enfin le salut de son âme, cet aboutissement spirituel qu'il a tant mérité.
Repose en paix, cher ami et bienfaiteur. Ton héritage de solidarité continuera
de vivre à travers nous tous.
Michel Decoste
Ottawa
Friday, April 17, 2026
Risque de répétition de l’accident mortel à la Citadelle du Roi Henri
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| « Un cri de granit hurlé au sommet des monts... : « Jamais plus l’esclavage » |
Par Max Dorismond
Harry Dorismond Ing.
Partout sur la terre, les jeunes rêvent de refaire le monde, de défier l’interdit, en un mot, de tenter le diable. Aller danser tout près des étoiles à 1000 mètres d’altitude, qui n’aimerait pas capter dans son cellulaire cet exploit insolite d’avoir caressé la lune.
Ce serait fantastique, en guise de souvenirs, de partager avec leurs multiples correspondants sur les réseaux sociaux, la sensation de vibrer en chœur au rythme lascif d’un Konpa Direct, dans les nuages parfumés d’essence d’arbres au sommet de la Citadelle Laferrière, à Milot en Haïti.
Hélas, l’intention ou le rêve était sensas, mais la mort a coupé court à cette agape fraternelle : plus d’une vingtaine de jeunes ont laissé leur peau, suite à un regrettable accident dû à l’incompétence des autorités.
Personne ne le souhaite,
mais à écouter les réseaux sociaux avec leur cortège d’inepties nous conter les
causes de l’accident imputé à la vengeance des esprits des morts dans les
catacombes de la Citadelle, on se revoit déjà devant une deuxième hécatombe. Cela
donne froid au dos. Plusieurs invoquent le dérangement des esprits des « lwa Ginen », enterrés dans ce lieu historique, et leur vengeance
pour avoir été troublés dans leur éternité. Divers supposés « Hougans »,
sur les réseaux sociaux, ont même proposé de refaire le chemin à l’envers en invitant
le public à retourner là-haut et présenter ses excuses aux esprits froissés ou
détournés pour calmer leurs courroux.
Le manque d’instruction ou le désir de gagner une certaine notoriété a invité ces chevaliers de l’apocalypse à induire tout un pays en erreur, surtout de jeunes esprits, à réitérer l’évènement pour demander pardon.
C’est vraiment triste! Pourtant, une simple recherche sur Google, mon dieu, pourrait nous rassurer sur les causes de ce fatal accident!
Réunir approximativement 1000 personnes dans un espace partiellement fermé, à 1000 mètres d’altitude, constitue au départ un facteur de risque majeur. À cette hauteur, l’air contient déjà moins d’oxygène, (soit 11%). Sans ventilation adéquate, le CO2 ou dioxyde de carbone expiré par la foule s’accumule tandis que l’oxygène disponible diminue. C’est ce manque d’oxygène, combiné à l’excès de CO2 qui a provoqué une hypoxie, soit l’asphyxie de plusieurs personnes, et la panique acheva le tableau : C’est le sauve qui peut! Voilà l’explication de l’accident. Ce n’est l’œuvre ni d’Agwe, ni de Bawon Lakwa, etc…
En effet, un adulte au repos expire 0,3 litre de CO2 par minute. Donc, 1000 personnes expirent 300 Ltr de CO2 pour la même durée ou 18000 Ltr à l’heure. D’où l’accumulation rapide du dioxyde de carbone dans cet espace partiellement fermé. Ce phénomène entraîne : somnolence, mal de tête, respiration plus rapide, nausée, vertige, essoufflement sévère, confusion, perte de conscience et… la mort.
Afin de prévenir de tels drames, nul besoin de faire intercéder les loas. Il est impératif de respecter les normes de ventilation de 30m3/h d’air neuf par personne pour tout rassemblement en milieu confiné.
Au-delà de 800 mètres
d’altitude, un calcul de capacité adapté et la présence de détecteurs de CO2
sont fortement recommandés. Tout évènement doit faire l’objet d’une évaluation
préalable des risques liés à la qualité de l’air.
Haïti étant ce qu’elle est, « un Koté », un lieu où tout le monde rêve de devenir président sans programme. Tous, indistinctement, se voient déjà! Les Hougans cités ci-haut ne sont pas en reste. En quête de visibilité, Ils prétendent pouvoir calmer les malins esprits de la Citadelle.
Toutefois, trêve de comédie, nous suggérons ardemment à l’ISPHAN (Institut de Sauvegarde du Patrimoine Historique et Artistique National) de remédier à cet état de fait en faisant respecter les spécifications scientifiques, car, les imbéciles ne sont pas loin. Il (ISPHAN) ne saurait si bien servir!
Harry
Dorismond Ing.
Wednesday, February 11, 2026
Adieu à Serge FOUCAND
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| Serge Fourcand |
Je ne peux me retenir d’ajouter ma voix à celle de la
famille même si je ne sais vraiment quel hommage rendre à ce professeur dont l’amitié
magistrale m’a encouragé et orienté depuis les Hautes Études Internationales d’Haiti
jusqu’au terme de sa vie à Montréal.
Serge, esprit vif et perçant, d’un charisme indéniable,
a donné son temps et son savoir à la jeunesse de son pays avec une immense générosité.
Un prof qui se sentait responsable de demain et comptable devant les générations
à venir. Cet homme du monde des idées avait aussi une enviable puissance de
travail.
Enfin, un Haïtien tout court, un homme du peuple
haïtien en familiarité avec tout ce qui a trait aux mœurs populaires, aux
traditions du pays, au folklore. Serge Foucand une source inépuisable d’émerveillement,
une source irremplaçable de connaissance. Ce me fut un inestimable privilège de
l’avoir rencontré.
Nous avons vécu de bonnes années d’amitié. On a eu de joyeuses parties de rire. J’ai été témoin de moments splendides de sa vie dont la famille est le centre de gravité. Je le savais qu’il n’allait pas bien, allongé sur un lit, soumis au déclin et à la maladie mais l’annonce de son décès m’a atteint avec une effroyable soudaineté. Depuis, le temps me parait pesant. Je ne cesse de penser à cet homme qui a une essence, une histoire, une structure, une humanité. De tels hommes s’épanouissent, s’évanouissent. Ils ne disparaissent pas, ils continuent. Adieu Serge et merci pour tant de marques d’affection.
PIERRE M. Smith
Montréal 7 février
2026
Wednesday, January 28, 2026
Dieudonné Larose : hommage à une voix majeure de la musique haïtienne
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| Dieudonné Larose |
Dieudonné Larose s’en est allé. Avec lui disparaît une voix, mais demeure une présence : celle d’un artiste dont le timbre, la sensibilité et la conscience résonneront encore longtemps dans la mémoire collective haïtienne. Figure majeure de la musique populaire haïtienne, il sut transformer le quotidien en poésie et les blessures collectives en mélodies porteuses d’espérance.
Sa voix, immédiatement reconnaissable, portait l’âme d’Haïti. Elle chantait l’amour et l’absence, la lutte et la dignité, la nostalgie et l’espoir. À travers ses chansons, Dieudonné Larose accompagna des générations — dans les festivals, les bals populaires — jusqu’à la diaspora, lors de soirées festives où sa musique demeure un lien vivant entre l’exil et la terre natale.
Il fit ses débuts au sein du Shoogar Combo,
notamment lors du carnaval Pigeon, avec entre autres une chanson à succès
dédiée à « maman », avant de rejoindre le DP Express, où il marqua durablement
les esprits avec Gran Nana. Ces expériences forgèrent son identité artistique
et affirmèrent une présence scénique déjà remarquable.
C’est toutefois au Canada, avec le groupe Missile 727, qu’il s’imposa pleinement. Des titres comme Mandela, Guerre mondiale, Jolie Minou, Rasanble ou Limbé s’inscrivirent durablement dans le paysage musical. Accessibles et profonds, ces morceaux révélèrent un artiste engagé, capable de rassembler sans jamais renoncer à la lucidité.
Au-delà de la voix et de l’engagement, Dieudonné Larose imposait aussi une signature visuelle rare. Styliste de fait, il était son propre couturier, dessinant lui-même ses costumes de gala avec un sens aigu du détail et du protocole. Sur scène, son élégance n’était jamais ostentatoire : elle relevait d’une discipline, d’un respect du public et de l’art. Il demeure l’un des rares artistes haïtiens à avoir élevé l’habillement au rang de langage scénique, toujours impeccablement vêtu, maîtrisant l’allure comme la posture. Cette rigueur vestimentaire accompagnait une présence magnétique : dès qu’il apparaissait, la salle s’animait, et les refrains de ses chansons, connus de tous, étaient repris en chœur. À cet instant précis, Dieudonné Larose cessait d’être un simple interprète pour devenir une véritable icône de la musique haïtienne, à la fois élégante, populaire et profondément respectée.
Avec Mandela, chanson devenue un hit à une époque où Nelson Mandela était encore emprisonné, Dieudonné Larose inscrivit la musique populaire haïtienne dans une dimension historique et panafricaine. L’œuvre dépassa le simple divertissement pour devenir un acte de solidarité internationale, rappelant qu’Haïti demeure attentive aux combats pour la liberté et la justice à travers le monde. Ce message fort lui valut plusieurs distinctions et plaques d’honneur sur le continent africain.
C’est dans cette continuité mémorielle que s’inscrit la vidéo de Mandela, publiée il y a dix-sept ans sur ma chaîne YouTube, où l’on voit Dieudonné Larose, aux côtés du groupe Top Vice, lors d’une prestation en Martinique. Plus qu’une simple archive, ce document témoigne de la portée caribéenne et universelle de son œuvre, ainsi que de la force intacte de l’artiste sur scène.
Au-delà du chanteur, c’est une conscience culturelle que nous perdons. Sur scène comme dans ses textes, Dieudonné Larose captivait son public tout en dénonçant, avec courage et éloquence, les inégalités sociales. Il fut bien plus qu’un interprète : une voix de contestation, un messager, à l’instar de Bob Marley.
Haïti et sa diaspora pleurent l’un de leurs fils les plus sensibles. Mais son départ n’est pas un silence. Ses chansons demeurent comme des repères et des archives vivantes, témoins d’un peuple qui continue de se raconter à travers la musique.
À sa famille, à ses nombreux enfants et petits-enfants à travers le monde, à ses proches, à ses compagnons de scène et à tous ceux que sa voix a touchés, nous adressons nos plus sincères condoléances. Dieudonné Larose n’est plus parmi nous, mais il ne nous quitte pas. Par son art, il entre dans l’éternité.
Sunday, December 21, 2025
Quand le « konpa » haïtien devient patrimoine de l’humanité
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| Le rythme du konpa, désormais patrimoine mondial |
Par Herve Gilbert
Le konpa, désormais reconnu par l’UNESCO comme patrimoine
culturel immatériel de l’humanité, dépasse largement les frontières d’Haïti.
Plus qu’un genre musical, cette reconnaissance célèbre une mémoire collective,
un art de vivre et une manière unique pour un peuple de transformer son
histoire — parfois douloureuse — en rythme, en élégance et en partage.
Né au milieu du XXᵉ siècle sous l’impulsion du maestro
Nemours Jean-Baptiste, tissant avec virtuosité les rythmes africains et
latino-américains, le konpa, autrefois orthographié compas, s’est imposé comme
la colonne vertébrale de l’identité musicale haïtienne. Danse et langage, lien
social et célébration, expression populaire et émancipation, il unit les
Haïtiens, ici comme à l’autre bout du monde, par le pouvoir universel de la
musique.
Des confins d’Haïti aux grandes métropoles de sa
diaspora, le konpa a accompagné les joies collectives, témoigné des crises,
porté les élans amoureux et transmis, de génération en génération, une idée
profonde de la dignité par la musique. En l’inscrivant à son patrimoine,
l’UNESCO célèbre cette continuité vivante et la formidable capacité du konpa à
se réinventer sans jamais renier ses racines.
Cette reconnaissance a des retombées multiples et
profondes. Sur le plan culturel, elle protège et valorise le konpa, favorise sa
transmission aux jeunes générations et offre une visibilité internationale
accrue aux musiciens, compositeurs, danseurs et chercheurs haïtiens, longtemps
marginalisés malgré leur influence sur les musiques caribéennes et
afro-diasporiques.
Économiquement et touristiquement, elle ouvre de
nouvelles perspectives : festivals, circuits culturels, industries créatives,
initiatives éducatives et projets d’archivage musical bénéficient d’un regain
d’intérêt mondial. Musicalement, le konpa s’inscrit formellement dans les
banques de rythmes, les productions de séquences électroniques et
contemporaines, renforçant sa présence dans les musiques actuelles et créant
des opportunités tout en valorisant un savoir-faire local authentique.
Dans un contexte où Haïti est trop souvent réduite à ses
crises et à l’instabilité politique, cette consécration agit comme un
contre-récit puissant. Elle rappelle que le pays demeure une terre de création,
de raffinement et d’innovation culturelle. Le konpa s’érige en ambassadeur de
cette vitalité : il raconte Haïti autrement, par le mouvement, la mémoire et
l’harmonie.
Reconnaître le konpa, c’est reconnaître la voix d’un
peuple qui, malgré les épreuves, continue de faire danser le monde avec un
rythme joyeux et cadencé. En cette fin d’année 2025, Haïti peut inscrire deux
notes positives à son palmarès : la qualification des Grenadiers pour la Coupe
du monde 2026 et la consécration du konpa comme patrimoine culturel immatériel
de l’humanité.
Au-delà de la célébration, l’inscription du konpa au
patrimoine mondial fédère la diaspora et les communautés locales, illustrant
que la culture haïtienne peut générer influence, cohésion et développement.
Elle constitue un levier stratégique pour projeter une image de résilience et
de créativité sur la scène globale, et affirme que la musique reste l’un des
plus puissants vecteurs d’identité et de dialogue interculturel.
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| Hervé Gilbert |













