Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Tuesday, July 20, 2021

La diaspora haïtienne victime de son désir de sauver Haïti

Elle est interpellée sur toutes les tribunes. Et certains filous n’ont pas hésité à exploiter ce désir secret qui sommeille au fond de son âme : sauver la terre natale du déluge. C’est un rêve de tous les instants. Pour sortir du cauchemar, elle s’agrippe à toutes les bouées. Flairant le pactole, certains filous en profitent pour la rançonner et abuser de leur faiblesse.

Et voilà, aujourd’hui, la presse canadienne relie certains noms connus de notre communauté aux bandits de grand chemin, présumément trempés dans le crime du siècle. C’est très malheureux. La diaspora, naïve et imprudente, étant une vache à lait, est la première poire à purger pour obtenir le fric et faire la fête sur le dos d’Haïti. Mais, connaissant quelques-unes des victimes, je suis sûr qu’elles ont fait les frais, malgré elles, d’une arnaque sans commune mesure.

Max Dorismond


HAÏTI
L’enquête sur l’assassinat du président fait un détour par le Québec

Voici le lien : https://lp.ca/eP7tbp?sharing=true

Par  Vincent Larouche
LA PRESSE


Christian Emmanuel Sanon, l’homme accusé d’avoir recruté le commando qui a tué le président d’Haïti, promouvait sa propre candidature à la présidence à l'aide des noms de nombreux résidants du Québec, a appris La Presse. Cependant, il aurait utilisé l’identité de ces membres de la diaspora haïtienne sans leur autorisation, à leur grande surprise.
Un ex-candidat à une élection provinciale. Une ancienne militante du Parti conservateur du Canada. Des enseignants, des entrepreneurs, des artistes et de nombreux professionnels de la santé. La liste des appuis dont se vantait Christian Emmanuel Sanon dans la diaspora haïtienne au Québec, alors qu’il faisait la promotion de sa candidature pour devenir président d’Haïti, est impressionnante. Elle est aussi fausse, en grande partie ou même en totalité, affirment de nombreuses personnes jointes par La Presse. 

Christian Emmanuel Sanon, qui se dit médecin et pasteur, a été arrêté la semaine dernière par la Police nationale d’Haïti en lien avec l’assassinat de Jovenel Moïse. Selon le chef de police, il avait des « objectifs politiques » et aurait recruté les mercenaires colombiens qui ont mené l’attaque. 

M. Sanon était peu connu, mais il ne cachait pas son ambition de devenir président d’Haïti depuis des années. Sur un site web maintenant inaccessible, ses photos apparaissaient accompagnées d’explications sur sa candidature. 
La Presse a obtenu un document daté de mai dernier qui était accessible sur le site faisant la promotion de la candidature de M. Sanon. Le texte dénonce la récente dérive autoritaire du président Moïse, qui avait « volé la démocratie pour laquelle les Haïtiens ont donné leur vie », selon les auteurs. 
Président pour trois ans
Le document propose de nommer Christian Emmanuel Sanon chef d’un gouvernement de transition pour trois ans, afin de rétablir les fonctions de base de l’État et d’organiser un scrutin fiable. 
« Il s’est engagé à avoir un gouvernement qui sert le peuple, et non pas un gouvernement où le peuple sert le gouvernement », poursuit le texte. 
Un autre document, daté du 7 février et rattaché en annexe au premier, propose qu’à la place du Parlement en crise, M. Sanon soit épaulé par un conseil consultatif qui comprendrait un représentant de la diaspora au Canada. 
Suit une liste de noms censés appuyer la déclaration. Le premier signataire est Phénil Gordon Désir, représentant d’un parti politique d’opposition haïtien qui est actuellement recherché par la police nationale pour sa participation à l’assassinat du président. 
La majorité des noms qui suivent sont ceux de membres de la diaspora haïtienne au Québec. Certains sont accompagnés d’une signature, mais la plupart n’ont pu signer en raison de la pandémie et ont plutôt donné leur appui par téléphone, précise une note manuscrite sur la feuille. 
Surprise et incompréhension
La note précise que plusieurs des confirmations ont été obtenues par Mercedes Durosel. 
Mme Durosel est morte à l’hôpital Santa Cabrini, à Montréal, le 6 avril dernier. Elle avait siégé dans une foule d’organismes au Québec. Militante au Parti conservateur dans la circonscription de Bourassa à l’époque de Brian Mulroney, elle s’était liée avec plusieurs politiciens québécois. 
Au fil des années, elle avait été nommée au Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme et au Comité aviseur sur les relations interculturelles de Montréal. Elle a présidé l’Association économico-féminine multiethnique. 
Son fils Luc-Adim Jeanty, dont le nom figure aussi sur la liste, affirme n’avoir jamais entendu parler de Christian Emmanuel Sanon. Sa mère ne lui a jamais parlé d’appuyer un candidat à la présidence. 
« Je lui parlais chaque jour, et elle n’a jamais dit ce nom. Elle m’a dit que des gens à l’ambassade d’Haïti voulaient la faire entrer dans un poste quelconque. Peut-être que des gens essayaient de profiter d’elle et de son bon cœur. En politique, les gens appellent comme ça pour prendre tes contacts dans la communauté », dit-il. 
Ralph Anglade, mécanicien du Grand Montréal dont le nom apparaît sur la liste avec son numéro de téléphone, affirme, lui aussi, ne jamais avoir entendu parler d’un quelconque appui à un candidat pour la présidence. 
« Si je suis ici, c’est parce que j’ai été victime de la politique là-bas, en Haïti. Je ne donne pas mon appui facilement à un politicien. Je n’aurais jamais accepté d’appuyer ce monsieur que je ne connais pas. »
— Ralph Anglade, résidant du Québec dont le nom apparaît sur la liste
« Mme Mercedes m’a dit qu’elle avait été choisie pour quelque chose, et elle m’a dit : “Peux-tu me donner ton appui, Ralph ?” J’ai dit oui, mais c’était seulement pour elle », ajoute-t-il.
Badiona Bazin, comédien, comptable, animateur de radio et ancien candidat du Parti québécois dans la circonscription de Laurier-Dorion, a été surpris, lui aussi, de découvrir que son nom figurait sur la liste des appuis à M. Sanon. 
« Mercedes Durosel était une amie d’enfance. Une femme de théâtre, d’art et de culture. Elle m’a parlé de quelqu’un à Miami qui voulait se présenter. Elle voulait faire partie d’un comité. Je lui ai donné mon appui à elle, pour qu’elle puisse organiser des choses avec ce monsieur. Mais c’était elle que j’appuyais. Pas ce monsieur, que je ne connais pas », relate-t-il. 
Quatre autres membres de la diaspora au Québec dont les noms et les numéros de téléphone personnels apparaissent sur la liste affirment ne rien comprendre à cette histoire et n’avoir jamais entendu parler du candidat à la présidence Christian Emmanuel Sanon avant son arrestation. Ils disent tous avoir ignoré jusqu’à lundi que leur nom était utilisé dans un document à l’appui de son mouvement politique. 
Ancien collaborateur « armé et dangereux » 
La Presse a révélé la semaine dernière que Christian Emmanuel Sanon, qui partageait son temps entre Haïti et la Floride, avait déjà agi comme vice-président d’un organisme québécois d’aide internationale fondé en 2018, à Laval. 
L’organisme, baptisé d’abord UNIHA puis FEDICCHA à partir de 2019, n’avait pas réussi à faire décoller ses projets en santé et en éducation en Haïti. Dimanche, la police nationale haïtienne a diffusé un avis de recherche contre l’un de ses anciens dirigeants montréalais, Pierre Joseph Ashkard, sans préciser dans quel pays il se trouverait à l’heure actuelle. Il est recherché pour « assassinat » et « vol à main armée », et les policiers le considèrent comme armé et dangereux. 
L’homme, qui donnait autrefois une adresse à Montréal-Nord, a déjà travaillé comme contractuel au consulat d’Haïti à Montréal. 
Le consulat a précisé lundi que l’homme n’y travaillait plus depuis le 30 septembre 2017 et qu’il avait obtenu un poste la même année de conseiller à l’ambassade d’Haïti aux Bahamas.

Saturday, July 17, 2021

Le brûlant dossier d’un Haïtiano-Américain derrière l'assassinat du président d’Haïti

Photo Washington Post

Une traduction de HCC d’un article de Washington Post

Le 12 mai 2021, dans une grande salle de réunion surplombant le palais de justice de Fort Lauderdale, en Floride, prend naissance, un rêve, une vision pour « sauver Haïti ». Au départ, une mise de fonds de 83 milliards de dollars serait nécessaire pour rebâtir à neuf la nation la plus pauvre de l'hémisphère occidental en la dotant de routes, de réseaux électriques, de ports maritimes et d'aéroports, etc. 

La nouvelle Haïti, a-t-on annoncé aux participants à la réunion du 12 mai, aurait comme président : Christian Emmanuel Sanon - un Américain d'origine haïtienne de 63 ans, qui se décrit comme un pasteur et un médecin. Il est actuellement détenu en Haïti dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat crapuleux du président haïtien, Jovenel Moïse. 

Christian Emmanuel Sanon

L’objectif visé par Sanon, lors de cette réunion, c’est de transformer "Haïti en une société libre et ouverte", a déclaré Parnell Duverger, 70 ans, un professeur à la retraite qui a assisté à la présentation de Fort Lauderdale et qui a rédigé le plan de réaménagement présenté par le futur président. 

Parmi les personnes qui entouraient Sanon, figurait Walter Veintemilla, un financier de Floride qui investit dans des projets d'infrastructure, et Antonio "Tony" Intriago, propriétaire d'une société de sécurité locale, également en Floride, selon Duverger et une autre personne au courant de la réunion. Cette rencontre était pratiquement un prétexte pour consolider un document, une proposition écrite, un type de contrat de partage ambitieux entre Sanon et les deux propriétaires d'entreprise le mois suivant. Ce document a été obtenu par le Washington Post. 

Une société appartenant à Veintemilla, Worldwide Investment Development Group, et CTU Security d'Intriago recruteraient et assembleraient une force de sécurité privée pour protéger Sanon jusqu'à ce qu'il devienne président d'Haïti, selon les détails d'un projet d'accord de consultation non signé obtenu par le Post. Sanon devait finalement les rembourser pour leurs services en utilisant les actifs du pays, selon le projet de contrat diffusé le 22 juin. Haïti était vendue d’avance (NDLR). 

Un document distinct obtenu par le Post montre les prêts proposés à Sanon, d'un montant total de plus de 860 000 dollars, pour l'achat de munitions, d'équipements, de moyens de transport et d'hébergement pour le personnel, et indique les dates des dépenses enregistrées en mai et juin. Les trois quarts des 860 000 dollars seraient couverts par Worldwide, selon la répartition, et le solde par la CTU.

Les révélations sur le grand plan de reconstruction d'Haïti soutenu par Sanon et d'autres personnes - ainsi que le projet de contrat et la liste des coûts obtenus par le Post - ajoutent une nouvelle dimension financière à l'enquête sur le meurtre du président qui a bouleversé le fragile État des Caraïbes, le laissant sans direction dans une querelle de leadership. Les autorités haïtiennes et colombiennes, ainsi que le FBI et Interpol, s'efforcent de démêler un groupe de suspects qui, selon eux, comprend un ancien informateur de la Drug Enforcement Administration, surnommé « Whiskey », un politicien de l'opposition, des mercenaires colombiens et des Haïtiano-Américains du sud de la Floride. 

Un avocat de Veintemilla, Robert N. Nicholson, a déclaré que, « Sanon avait approché son client pour le financement d'infrastructures et avait exprimé son intention de contribuer à un changement pacifique dans la direction d'Haïti afin d'améliorer les conditions de vie des Haïtiens ». En un mot, il pensait simplement à un coup d’État (NDLR). 

Toujours, selon le document, l'une des sociétés de Veintemilla, Worldwide Capital Lending Group, "a contribué à l'octroi d'un prêt à la CTU" pour soutenir les efforts de Sanon, notamment en assurant sa sécurité privée.

 La police haïtienne arrête le cerveau présumé de l'assassinat du président

La police haïtienne a arrêté le 11 juillet Christian Emmanuel Sanon, qu'elle soupçonne d'être le cerveau de l'assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet. (Reuters). Selon M. Nicholson : « À aucun moment au cours d'une réunion ou d'une conversation avec M. Sanon ou avec l'un de ses représentants, il n'a été question, ni discuté, ni suggéré, d'un complot d'assassinat contre le président Moise ou de l'intention d'utiliser la force pour provoquer un changement de leadership en Haïti. » 

Nicholson a également déclaré que le document obtenu par le Post montrant plus de 865 000 dollars de prêts à Sanon était une "demande de financement". "Je ne dis pas qu'aucun de ces montants n'a été payé. Mais il comprend des centaines de milliers de dollars qui n'ont pas été fournis", a-t-il déclaré. 

Le Post a pu corroborer certaines des transactions financières figurant dans la liste des coûts grâce à des entretiens avec des vendeurs, ainsi qu'aux détails fournis par les autorités chargées de l'application de la loi concernant les déplacements des anciens militaires colombiens qui auraient été recrutés pour le complot et qui sont maintenant, soit arrêtés, soit morts, soit en fuite. 

Intriago n'a pas répondu aux appels et aux messages laissés à son entreprise et à deux adresses résidentielles. Le Post n'a pas pu identifier un autre avocat de Sanon et les proches n'ont pas répondu aux messages vocaux et textuels. 

Rien dans le contrat obtenu par le Post, ou par les personnes interrogées pour ce rapport, n'indique que l'objectif était de tuer le président. La personne au courant de la réunion et du contrat, ainsi que Duverger ont déclaré que les participants à la réunion s'attendaient à ce que les protestations croissantes et la pression publique finissent par forcer le président haïtien à démissionner. 

Le président colombien Iván Duque a déclaré jeudi à une station de radio locale que la plupart des ressortissants colombiens impliqués dans l'opération avaient été informés qu'ils allaient servir de gardes du corps, mais qu'un petit groupe d'entre eux avait une connaissance détaillée du projet d'assassinat. Il a précisé que ces informations reposaient sur les témoignages d'hommes qui avaient été recrutés, mais n'étaient finalement pas partis, et ensuite de quelqu’un qui était parti en Haïti et était retourné en Colombie avant l'assassinat, ainsi que des membres de la famille des hommes impliqués. 

Source : Washington Post

Traduit par HCC.


Wednesday, July 14, 2021

Le panafricaniste Kemi Seba et l'assassinat du Président Jovenel Moïse


Communicateur doué, Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, est né à Strasbourg en 1981. C’est un activiste, anticolonialiste, et chroniqueur politique à la télévision en Afrique. Chef d’entreprise et essayiste Franco-Béninois, il est une figure du radicalisme noir et du Panafricanisme contemporain. (Src.: Wikipédia)

En fait Kemi Seba, par son discours électrisant redonne confiance au peuple Noir et donne du fil à retordre à certains dirigeants corrompus de l’Afrique. Son langage énerve au point d’être mis à l’index dans son propre pays en Europe. Il n’est pas le bienvenu en France. Son radicalisme effraie et ne passe pas inaperçu. Sa dialectique attire les foules et surtout les jeunes qui veulent reconstruire le monde. En posant les pieds en Haïti, il avait déclaré : lorsqu’un chrétien veut se ressourcer, il va à Jérusalem. Pour un musulman c’est à la Mecque. Pour tout Noir qui devrait être en communion avec l’âme des ancêtres, devrait fouler la terre de Dessalines et de Toussaint Louverture. 

L’assassinat de Jovenel Moïse l’a ému. Il profita de cette tribune pour exposer les raisons de ce crime innommable. Bonne écoute!

Max Dorismond

Tuesday, July 13, 2021

Le singulier destin de Jovenel Moïse

 

Par Max Dorismond           

Ce qui est arrivé à cette famille, je ne le souhaite pas à mes pires ennemis. C’est très dur, c’est très humiliant et pour le peuple et pour l’image d’Haïti. 

Quand le hasard du destin avait introduit Jovenel, malgré lui, dans la jungle des Ali Baba de la capitale haïtienne, j’avais rédigé un texte subliminal et prémonitoire, en 2017, « De Zéro à Héros... Le dilemme d'un président». J’avais interpellé le côté humain du nouveau chef d’État, pour l’inviter à comprendre le jeu des coquins qui lui avaient confié le pouvoir, avec une arrière-pensée bien arrêtée. Il s’est retrouvé coincé dans les couloirs de la corruption. Dans mon livre, «Des mots pour conjurer nos maux», vous verrez ce texte à la page 218. J’avais exposé le scénario du film, avec deux conclusions possibles : soit qu’il finisse en ZÉRO ou qu’il meure en HÉROS. Il a opté pour le second. Que le ciel ait pitié de son âme et que son nom soit honoré aux frontispices de l’Histoire. 

Président Jovenel et  sa femme Martine Moïse
(7 février 2017)

Arrivé au timon des affaires, le jeune président se croyait dans une cour de récréation où jouaient des enfants de chœur. Oh non! Son constat fut effarant. Le lac immense de la dilapidation était infesté de crocodiles affamés qui gobent tout sur leur passage. Sa première pensée fut pour ses parents et la masse silencieuse du peuple exploité sans vergogne, comme de véritables esclaves s’échinant pour remplir les coffres des prédateurs. Il s’est alors mis en tête de réparer le sacrilège du temps .5 nettoyant Haïti, de la cave au grenier. 

Faisant acte de désobéissance, et pour désarçonner ses commanditaires, il monta au créneau en dénonçant les cinq plaies d’Égypte, soit la corruption, la corruption… Il reçut des avertissements. Certains des oligarques prirent le large, le tapis se rapetissant sous leurs pas. Et les réactions ne se firent point attendre. Les sabotages se multiplièrent sur les chantiers. Les médias complices l’attaquèrent de tous bords. La camarilla de l’opposition fit flèche de tout bois pour le décourager. Les invitations à la prudence ne cessèrent de pleuvoir. Jovenel, tête droite, fonça dans le tas. Il voulait en finir avec ce marché de dupes. 

Néophyte dans cette guerre d’usure, il a commis l’erreur de simplement menacer les renards au lieu de les coincer, en exprimant ses émotions sans faire l’économie de ses avertissements. Ainsi, a-t-il signé son arrêt de mort ! 

Étant riches à millions, ses adversaires, tel que décrit dans le texte témoin, étaient en mesure d’acheter le pays en son entier pour lui fermer le caquet. En réalité, c’est ce qui arriva. Des exécutants se présentèrent chez Jojo avec leur clé, sans invitation, ouvrirent la porte, pénétrèrent dans la demeure comme dans un moulin, et placèrent 12 balles dans le corps du 1ercitoyen de la cité. Le job signé, terminé, ils rentrèrent au bercail pour boire une bonne tasse de café chaud. 

Le message des signataires s’adresse aux futurs présidents d’Haïti

Sans ambages, ce meurtre, signé du sceau de la mafia, laisse une note claire et indiscutable aux éventuels candidats au fauteuil présidentiel et aux postes de ministres, à savoir que lorsque vous êtes choisis par les maîtres du sérail, vous n’aurez droit à aucune fanfaronnade. Keep it quiet ! Tu t’exécutes ou tu crèves ! Tel sera le contrat du futur. Sinon, comme Jovenel, vous passerez au «Blender1». 

Et voilà, la table est mise. Pensez-vous que la clientèle sera au rendez-vous de demain? Suivez mon regard, chers lecteurs. Entre le pouvoir et l’avoir, en Haïti, il n’y a qu’un trait d’union à titre de chemin. Cette piste est et sera toujours encombrée de prospects, de p’tits vicieux qui se voient déjà au nirvana, qui rêvent de la grande vie. Ils seront tous prosternés, les fesses à l'air, au pied des marionnettistes pour être les heureux élus. La mafia locale le sait bien. L’International qui tire toutes les ficelles à son avantage ne l’ignore pas, non plus. 

D’ailleurs, ces faiseurs de rois ont pour habitude de choisir les cabochons les plus bêtes, les plus cancres, les plus dévergondés pour conduire la nation. Et l’élite en général les accepte sans broncher. Cependant, en 2016, pour perpétuer l’impunité, ils ont erré en embauchant, à titre de gardien, Jovenel Moïse, un p’tit gars du Nord qui serait trop heureux, dans leur optique, de franchir le mur de verre. Mais, ils se sont fourré le doigt dans l’œil. Ce fut un colis surprenant. Par conséquent, il leur a fallu tracer un exemple mortifère, une fois pour toutes, pour éviter ce type de dérive. Car, quand on jouit de certains privilèges, on doit être prêt à tuer pour les conserver, sinon, la fin est proche. C’est leur loi. 

À partir de cet échec, ils ont juré de remplir le vide avec un nouveau poulain en vertu de l’habituelle tradition. C’est une formule connue, au point que Erno Renoncourt, un journaliste vedette du blog Médiapart (France) eut à écrire : «Haïti a atteint un tel niveau d’insignifiance, par le déracinement culturel et la déshumanisation des élites qui s’y sont constituées, que la communauté internationale peut, délibérément à sa guise, mettre un chien à la tête de ce pays, qu’il n’y aura aucune indignation collective. Et même qu’il y aura des universitaires, des hommes d’affaires, des journalistes, des professionnels, des ONG pour continuer de vaquer à leur aubaine et à leur petite réussite en se mettant à disposition du nouveau pouvoir pour se rendre utile». (Mediapart).(09-07-21). 

Le monde entier a déjà lu notre romance. Rien de chez nous ne lui est étranger.

Max Dorismond







Note – 1 : Blender : un extracteur à jus. Métaphore définissant la désarticulation du corps du président : crâne écrabouillé, membres brisés, cou éclaté, l’œil perforé, éclats d’os éparpillés, etc

Monday, July 12, 2021

Le commando devait arrêter Jovenel Moïse, non le tuer

Au total, 19 suspects ont été interpellés par la police haïtienne

Des membres du commando soupçonné d'avoir assassiné le président haïtien Jovenel Moïse le 7 juillet à Port-au-Prince ont affirmé aux enquêteurs qu'ils avaient pour mission de l'arrêter, pas de le tuer, rapportent dimanche une source proche de l'enquête et le Miami Herald.

Un commando de 28 tueurs, 26 Colombiens et deux Américains d'origine haïtienne, est soupçonné d'être à l'origine de l'exécution du chef de l'État, un crime qui a plongé dans le chaos institutionnel et sécuritaire un pays déjà fortement déstabilisé.

Les commanditaires et les mobiles de l'assassinat restent à ce stade un mystère pour les enquêteurs, qui ont reçu l'appui des services de police et de renseignement américains et colombiens.

Au total, 19 suspects ont été interpellés par la police haïtienne. Trois ont été tués mercredi au terme d'une fusillade nourrie à Pétion-Ville, banlieue de Port-au-Prince où résidait Jovenel Moïse.

Parmi les suspects, deux Américains d'origine haïtienne, James Solages, 35 ans, et Joseph Vincent, 55 ans, originaires de Floride.

Selon des sources policières et militaires colombiennes, 17 des 28 suspects étaient d'ex-militaires de l'armée colombienne, partis à la retraite entre 2018 et 2020.

L'emmener au palais

Citant des sources ayant parlé à certains des suspects, le Miami Herald rapporte que leur mission était d'arrêter Jovenel Moïse et de l'emmener au palais présidentiel.

James Solages et Joseph Vincent ont dit aux enquêteurs qu'ils officiaient comme traducteurs du commando colombien en possession d'un mandat d'arrêt, selon une source proche de l'enquête. Ils ont affirmé avoir découvert le président haïtien mort à leur arrivée.

La police haïtienne n'avait pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.

Équipe technique américaine sur place

Les États-Unis ont dépêché dimanche une équipe technique en Haïti pour déterminer les besoins des autorités locales en matière de sécurité, notamment, a déclaré à Reuters un responsable de l'administration américaine.

L'équipe informera à son retour le président Joe Biden, qui prendra des décisions pour la suite, a-t-il dit.

Les autorités haïtiennes, qui ont demandé aux États-Unis et à l'ONU l'envoi de troupes pour sécuriser les infrastructures nationales, ont essuyé vendredi un refus de Washington.

Source:Reuters


Sunday, July 11, 2021

Nicolas Maduro du Venezuela se prononce sur le meurtre de Jovenel Moïse

Les présidents Jovenel Moïse et Nicolas Maduro
(Photo Archive)

« Le gouvernement colombien le savait et doit le reconnaître »

Le président du Venezuela, Nicolás Maduro, a affirmé  lors d’un point de presse ce vendredi ,que le gouvernement colombien était au courant du groupe de mercenaires qui a assassiné le président d'Haïti, Jovenel Moise. Dans son discours, Maduro condamne le fait qu'il ait été mentionné de  la participation de Vénézuéliens dans l'assassinat de Moïse.

Le président affirme que le gouvernement colombien « devait être au courant de la préparation du groupe de mercenaires à commettre ce crime en Haïti, le gouvernement colombien le savait et doit le reconnaître »

En ce sens, il assure qu'il n'est pas possible qu'un groupe de 26 soldats colombiens partis avec leurs passeports pour une opération dans les Caraïbes « sans  que les agences de renseignement colombiennes n'en aient pas eu connaissance. 

En outre, Maduro a indiqué que l'une des personnes impliquées, Leopoldo López, est  un ami personnel de l'opposant Juan Guaidó et un fugitif de la justice.

Une équipe de la police colombienne est arrivée à Port-au-Prince ce samedi pour soutenir les enquêtes sur l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, qui aurait été commis par un commando composé majoritairement de Colombiens.

Le porte-parole du gouvernement haïtien, Frantz Exantus, a annoncé l'arrivée d'une unité spéciale d'enquête criminelle colombienne, sans fournir plus de détails.

Selon les autorités haïtiennes, le commando était composé de 28 personnes, dont 26 Colombiens et deux autres Américains d'origine haïtienne.

Vendredi dernier, 20 personnes avaient été arrêtées et 3 autres sont mortes lors de fusillades avec les forces de sécurité, laissant 5 suspects qui sont portés disparus.

Au moins treize des personnes arrêtées pour leur participation présumée à l'assassinat sont des militaires retraités de l'armée colombienne entre 2018 et 2020.

Source: ElPais.cr

Traduction: HCC


Saturday, July 10, 2021

Martine Moïse appelle la population à poursuivre la « bataille »

Martine Moïse  ( photo archive)

  La première dame d’Haïti, Martine Moïse, blessée mercredi par des assaillants qui ont tué le président haïtien Jovenel Moïse, a appelé samedi la population à poursuivre la « bataille » menée par son mari, dans un message audio sur Twitter. 

 « Je suis vivante mais j’ai perdu mon mari, Jovenel », ajoute-t-elle dans cet enregistrement authentifié pour l’AFP par le ministre haïtien de la Culture et de la Communication, Pradel Henriquez.  

Jovenel Moïse a été criblé de balles dans sa résidence mercredi vers 1 h du matin (5 h GMT), par un commando armé composé de 28 hommes (26 Colombiens et deux Américains d’origine haïtienne), dont 17 ont été arrêtés par la police d’Haïti et trois tués.

Blessée, la première dame a d’abord été soignée dans un hôpital local avant d’être évacuée par avion vers Miami.

En un clin d’œil, les mercenaires sont entrés dans ma maison et ils ont criblé mon mari de balles […] sans même lui donner la chance de dire un seul mot.       

Le président se battait, dit-elle, pour « les routes, l’eau et l’électricité, le référendum et les élections prévues en fin d’année ».

« C’est une bataille qu’il menait pour nous, il faut continuer », a-t-elle assuré.

L’assassinat de Jovenel Moïse menace de plonger Haïti dans le chaos et la communauté internationale a appelé le pays caribéen à maintenir les élections présidentielles et législatives prévues en septembre et novembre.

« Je ne vous abandonnerai pas », dit aussi Martine Moïse, qui promet de participer bientôt à un échange en direct sur Facebook.

Sources combinées