Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Saturday, November 16, 2013

Jérémie, son hôpital et la Floride sur une lancée prometteuse

Première partie
 Par Max Dorismond mx20005@yahoo.ca
L’ambiance
Monty Blooms Ensemble
Dans la fraîcheur d’automne de la nuit floridienne, la Mercédès filait sous une pluie fine en longeant le Pines Blvd pour s’arrêter au chic Grand Palms Hotel, brillant dans toute sa splendeur de ses mille et un feux. Un cortège de voitures de grand luxe, à la queue leu leu, attendait patiemment leur tour au « Valet parking ». Les Jérémiens et autres invités de toutes races et de toutes les couleurs, tirés à quatre épingles, au bras de leur dame fière et altière, suivaient le guide vers leur table respective au rythme doucereux d’un quatuor de musique classique, le Monty Blooms Ensemble.


Jean-Marie Florestal

C’était une ambiance de rêve. Jean Marie Florestal, à titre de maître d’œuvre et de cérémonie, dans les deux langues, entouré d’une flopée de bénévoles dévoués, en a mis le paquet: Petites crevettes enrobées, des croutons de poulet, de la rissole de saumon aux fines herbes, du vin blanc frais ….etc. Un cocktail de bienvenue des plus réussis à la recherche d’une ultime solution pour concrétiser le rêve collectif de toute une région oubliée : la réhabilitation de l'Hôpital St-Antoire   de Jérémie âgé de 90 ans et presqu’en ruine, la revitalisation d’une institution nonagénaire ou la majorité d’entre nous avaient poussé leur premier cri, leur vagissement en guise de bonjour à la vie.
Revoir les amis
Max & Jacqueline Dorismond
En recevant l’invitation annuelle, j’ai téléphoné à Jean-Marie pour jaser de la festivité, en lui promettant avec un « peut-être » de lui faire une surprise. En fait, inspiré par le courage des organisateurs, impressionné par leur détermination, j’étais assuré de tenir promesse, de rayer le « peut-être » pour être avec des amis que je n’ai pas rencontrés depuis belle lurette. Citons, entre autres, le docteur Gold Smith Dorval, mon grand ami, le Pédopsychiatre, l’intellectuel, le pianiste, l’écrivain, le professeur, le conférencier, le touche-à-tout de génie sous l’égide de qui la soirée fut naturellement placée pour la session de 2013.
Dr Dorval, Ketly Glémaud, Dr  Déjean, Jacqueline & Max
Dorismond (De la Gauche vers la Droite)                    
Me voilà dans cette ambiance feutrée où tout était prévu au quart de tour pour une soirée motivante. Un excellent souper, Le rêve s’est fait chair. La directrice générale de l’Hôpital St-Antoine, Dr. Marie-Lise Déjean, a effectué expressément le voyage en Floride. Imitant cette Jérémienne de cœur,  plusieurs congénères de partout, dont l’auteur, ont entrepris le même trajet pour remplir leur devoir filial, comme pour aller à la Mecque. D’autres, retenus par certaines obligations et la distance, ne pouvant rehausser l’éclat de la soirée par leur présence, ont choisi, la mort dans l’âme, de faire parvenir leur don. Leurs noms ont été cités et honorés tout au long du Gala. Les organisateurs et la ville en leur sont grée.
Autour des 90 ans de l'Hôpital Saint-Antoine de Jérémie
A la dernière minute, mon ami Eddy Cavé, l’écrivain prolifique qui me lance à chaque occasion le doux reproche de l’avoir incité à écrire, m’avait remis six livres, fraîchement sortis de l’imprimerie, à distribuer aux promoteurs de l’évènement. Cet ouvrage au titre évocateur, « Autour des 90 ans de l’Hôpital Saint-Antoine de Jérémie » a été officiellement lancés par l’écrivain à Ottawa, la capitale du Canada, dans le cadre d’une semblable manifestation très réussie sous la direction de notre camarade Michel Paisible, brûlant du même désir de servir le patelin. En réalité, cette réhabilitation est une façon de dire MERCI à la Cité. En effet, si envers nous, Jérémie s’était acquittée de ses charges sans rechigner, sans se plaindre,nous ne saurions, aujourd’hui, faire la sourde d'oreille et nous dérober devant nos responsabilités. A la frontière des obligations  s'érige toujours la porte des devoirs; nous en sommes conscients et nous l'avons ouverte volontiers.  
Les causeries :A tout seigneur, tout honneur. Le Dr Dorval, dans une prestation digne des intellectuels jérémiens de jadis, parle au cœur de ces concitoyens présents, les invitant à croire dans la mission, dans la noble tâche de revitaliser cette institution qui n’a jamais été le souci d’aucun gouvernement passé ou présent. D’une voix feutrée et convaincante, une main dans la poche et le micro dans l’autre, il a fait mouche en touchant une corde sensible au tréfonds de notre être, nous incitant à ne pas nous laisser berner par le spectre du découragement.
Le Docteur Gold Smith Dorval lors de  son intervention.
Connaissant la passion de Dorval pour l’alma mater, je ne suis pas surpris de la chaleur communicative de sa causerie. Quand on laisse parler son âme, point n’est besoin de choisir ses mots et ses gestes. Le cœur entend bien mieux que les oreilles. A la fin de son monologue, l’assistance se lève  et remercie, par une ovation monstre, le célèbre médecin pour cette magistrale prestation qui est loin de sortir de l’ordinaire. C’est un conférencier surdoué, très recherché aux États-Unis, dans les trois langues, français-anglais-espagnol.
Lise-Marie Déjean
Vient le tour du Dr Lise-Marie Déjean. Elle n’est pas de Jérémie, mais elle l’a dans le sang. Depuis toute petite, elle a le goût de la comparette dans son subconscient. Une levée de soleil à Jérémie lui offre chaque matin un avant-goût du paradis, au point de flirter avec la muse. « Il existe, dit-elle, deux coins en Haïti, ou l’on palpe la beauté du soleil levant sur la mer, c’est au Cap et à Jérémie ». Ah! On était riche, et on l’ignorait. Heureusement, ces reflets du bonheur matinal n’avaient jamais échappé à l’œil fureteur de nos poètes et artistes. Dr. Déjean, à petite dose anecdotique nous a dessiné un état des lieux des plus sincères sur l’urgence de l’heure. 
A l’entendre, nous découvrons que nous avons une montagne à grimper. A l’Hôpital St-Antoine, la vie n’est pas rose. Notre aide est primordiale. Fermons nos yeux, jetons un regard rétrospectif sur le passé. Imaginons notre mère, l’unique  source de vie,  en train de nous mettre au monde, dans une chaleur suffocante, une salle béate, sans fard et sans nul décor, sur un lit défraîchi.
Quelques segments de l'intervention du Dr Lise-Marie Déjean
Refaisons le parcours dans le temps et nous voilà sur terre pour de vrai. Oui, c’était hier, nous n’en disconvenons point. Aujourd’hui, nous voilà riches et convainquant. Mais, la vénérable institution n’est pas  convaincue. Elle a besoin de nous, de vous, de tous. Écoutons le récit du Dr. Déjean selon le reportage d’un autre jérémien convaincu, l’élégant Hervé Gilbert de Haïti Connexion, accompagné de son fils pour la circonstance. Il ne manquait que Carlo, le Dr. Carl Gilbert, l’autre proprio, retenu par ses devoirs professionnels. Il m’a fait part de sa déception. Ce sera pour l’année prochaine, mon Carl!
A suivre ...
Max Dorismond   mx20005@yahoo.ca
Pembroke Pines (Florida)
12 novembre 2013.  


Note : dans la seconde partie à venir, je vous parlerai de ces riches diasporas qui courent le risque de mourir millionnaires dans leur village appauvri et démuni.

Quelques photos de l'assistance



Plus de photos dans la deuxième partie
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