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Thursday, November 28, 2013

Edito : UN NOUVEAU « BRAND » POUR HAITI

Par: Emmanuelle Gilles manugi28@yahoo.fr   
Emmanuelle Gilles
Récemment j’ai participé à une conférence regroupant les pays de l’Europe de l’Est, sur l’importance de la Coopération régionale. Le présentateur principal était un représentant du gouvernement de la Bosnie et Herzégovine. Tous les pays des Balkans étaient représentés aussi bien que certains pays du Sud comme le Rwanda, le Vietnam, le Liban et la Turquie.
Le Ministre des Affaires Etrangères de la Bosnie, dans un anglais impeccable a confirmé que l'intégration régionale peut être une puissante source de croissance inclusive et durable. Partout dans le monde, il est constaté que la coopération régionale a contribué à renforcer la stabilité régionale et la croissance dans le commerce, dans les revenus et au niveau de l’emploi. En outre, la coopération dans cette région a permis de faire des avancées dans le dialogue politique et aussi au niveau des relations de voisinage entre les pays, ce qui favorise la réconciliation, la stabilité et une plus grande tolérance. 
D’après le représentant, la coopération régionale a contribué aux efforts des pays à s'attaquer aux problèmes de développement – soit par la promotion d’une croissance partagée et une augmentation du niveau de vie ou par l’amélioration de la sécurité des citoyens et des communautés à travers l’observance d’un état de droit. J’ai remarqué plus particulièrement en Bosnie-Herzégovine, que la coopération régionale est fondamentale pour reconstruire les liens sociaux, culturels, politiques et économiques, qui étaient souvent fragmentés par l'éclatement de l'ex-Yougoslavie.En Haïti, nous faisons une expérience de cette fragmentation au niveau national donc avant même de considérer une coopération régionale, nous devons favoriser une entente nationale. Le Représentant de la Bosnie a précisé qu’après 20 ans de confrontation régionale, ils ont appris des enseignements de leur passé et font savoir qu’il est temps de se trouver un nouveau « Brand » qui commence par la paix et la stabilité au niveau national et régional. Notez bien que la Bosnie est partie d’un pays sous l’influence de la communauté internationale vers un Etat ayant fait le choix de la paix et de la stabilité. Des 60,000 soldats qui constituaient les effectifs totaux de la mission de maintien de paix, ils sont maintenant réduits à 600 soldats. C’est une région ou on trouve autant d’atrocités que de « success stories».  
Nous qui avons eu un passé teinté d’assassinats politiques, de coups d’Etat, d’instabilité et de dictatures féroces, ne devrions-nous pas chercher un nouveau « Brand », ouvrir une nouvelle page ? 
Lorsque sur mon passage, je me frotte à des concepts aussi grands et nobles, lorsque je vois que des pays aplatis par la guerre remontent leur pente et réussissent, comment alors espérez-vous que je me joigne à des soulèvements improductifs, bêtes, égoïstes que nous affichons comme comportement depuis Dessalines quand je connais l’importance de la paix et la stabilité nationale et régionale dans le développement d’un pays.  
Pendant que nous gaspillons notre temps à nous entredéchirer, à nous fustiger les uns contre les autres dans d’éternelles luttes partisanes et destructives, d'autres peuples avancent à grand pas. Les Dominicains désormais profiteront des mines d'or d'Haïti dans notre partie de l’ile où reposent des gisements d’or massifs pendant que nous perdons du temps à nous déballer. Au regard de notre situation, nous sommes à une croisée de chemin ou notre seule issue salvatrice demeure l’union et la cohésion. Nous ne pouvons plus continuer à regarder l’un et l’autre en chiens de faïence. Quand la moutarde nous monte au nez en voulant un miracle en toute vitesse dans une démocratie utopique, on devient impatient, et on se laisse emporter par une colère insensée. Sauver Haïti ne saurait se faire dans un contexte de déraison, de partisannerie et de polarisation, on doit consentir des sacrifices pour la sauvegarde. Notre devise devrait être notre guide « L’UNION FAIT LA FORCE ». Ce noble pari ne saurait être réalisé dans cette constante inimitié qui caractérise notre vie de peuple. Nous devrions nous ranger autour d’une vision commune en dépit de nos désaccords et de nos divergences.  
A quand ce réveil ou nous mettrons nos talents et nos expériences au service du bien commun, en l'occurrence notre pays et notre peuple? A quand le moment où nous mettrons les intérêts de notre pays avant les nôtres ? Force est de constater qu’à l’heure actuelle, en dépit des nombreux cerveaux bien formés, à l’intérieur comme à l’extérieur, le pays souffre de l'absence d'un vrai « think tank » éclairé. Nous nous retrouvons malheureusement avec des partis politiques sans base, sans valeurs avec comme force la destruction sous des prétextes de revendications bidons. Leurs objectifs sont loin de se rendre utile au peuple et au pays quand ils claironnent le départ de chaque gouvernement comme l’unique alternative aux problèmes auxquels nous sommes jadis confrontés. Mais en fait, nul ne demande pour le remplacer par quoi ou par qui? – encore du déjà-vu car le prochain serait soumis au même sort. On penserait qu’ils tireraient les enseignements de ces pratiques, malheureusement, ils passent leur temps à détruire au lieu de se préparer à participer aux urnes et prendre le pouvoir par le mérite de leur slogan et de leur vision comme l’avait fait Daniel Eustache Fignole.  
Cette politique de « Ote toi que je m’y mette » qui date de Dessalines et de Pétion ne nous ont pas appris que tour à tour, ils ont laissé leur peau laissant un pays en flambeau de décennies en décennies. Je comprends que les études d’histoires par cœur n’avaient jamais pénétré notre conscience et notre compréhension, sinon on aurait remarqué qu’Haïti a besoin d’une chance, un « Re-branding ». Ce nouveau « brand » commence d’abord par l’union, la paix, la stabilité et la coopération afin d’avancer.  
Emmanuelle Gilles manugi28@yahoo.fr
 
 
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