Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Sunday, February 18, 2018

Haïti : L'incendie du Marché Hyppolite, une Diversion Nauséabonde du Pouvoir Fasciste

" Les calomniateurs sont comme le feu qui noircit le bois vert,
ne pouvant le brûler " (Voltaire)                                            

Par Joël Léon
L'histoire nous rappelle que dans la nuit du 18 juillet 64, l'empereur Néron avait incendié la ville de Rome qu'il trouvait trop laide à son goût. Pendant 7 jours, Rome brûla sans cesse. Les villes telles que: Oppius, Palatin et Circus maximus furent totalement brûlées et disparurent. Des milliers de morts furent enregistrées, plus de 200.000 sans abris, les dégâts matériels restent jusqu'à présent incalculables, mais énormes.

Néron accusa innocemment les chrétiens comme responsables de l'incendie. Des milliers d'entre eux furent arrêtés, ligotés et jetés en prison comme des animaux, des années après le montage. Néron avait fait école.

Un ancien prêtre qui a été ministre sous François Duvalier, me raconta que quand Port-au-Prince n'était pas mouvementé par des évènements politiques et sociaux, cela troublait énormément le dictateur. Il fit appel à ses sbires pour les créer, allant de rumeurs (boxeur rébellion, chalan...) à l'incendie criminelle de marchés publics, ayant pour objectif d'occuper les esprits de la population. L'américain l'appelle « Psychology warfare», le français l'appelle «la guerre des nerfs», mais avec la même sinistre conclusion, le contrôle total. Duvalier savait accuser ses opposants politiques d'être les responsables directs de ces « événements créés sur mesure», en particulier l'incendie criminel, dans le but de les arrêter massivement, en un mot se débarrasser de toute forme de contestation dans le pays.

Le mardi 12 février 2018, on avait constaté, dans l'impuissance, la répétition d'une tranche sombre de l'histoire nationale récente. Duvalier avait fait école, ses disciples réitéraient son esprit malade de créer la diversion en incendiant le marché.

Les sbires du pouvoir brûlèrent le marché Hyppolite tôt dans la matinée, un édifice qui coûta plus de 18 millions de dollars. Comme concocté auparavant, ils accusèrent l'honorable sénateur de la république, Antonio Cheramy, dit Don Kato, comme responsable de l'incendie.

Celui-ci, Antonio Cheramy, constitue en lui-même, le dernier rempart de défense contre les corrupteurs et «drug dealers» parachutés au pouvoir par les Clintons. Sénateur Cheramy se bat constamment contre le budget criminel qui pénalise les masses populaires tout en bénéficiant aux riches, il supporte la lutte de la classe ouvrière pour l'augmentation du salaire minimum, il déclare la guerre à la corruption qui gangrène l'état haïtien, il exige des mesures améliorant la condition des jeunes dans le pays pour un meilleur futur, différent de celui de l'émigration étrangère. Il est perçu comme une menace directe au pouvoir, pour cela il faut l'éliminer politiquement ou physiquement. Voila les raisons qui portent le pouvoir à le rendre responsable de l'incendie du marché Hyppolite.

Sans aucune enquête préalable, les partisans de la réaction au pouvoir, accusent les éléments de la classe des pauvres et ses dirigeants, dans un souci de conserver le pouvoir politique et économique indéfiniment. Heureusement, il y a des combattants déterminés pour les dénoncer par devant la nation et l'opinion internationale. Ainsi, dans ce combat, je ne peux m'empêcher de citer le nom d'une femme vaillante du pays, Tina Lorquet, qui jour et nuit, se bat pour le triomphe de la lumière et de la vérité.

Du mardi au vendredi, les persécutions politiques s'accentuent au niveau national. Hier vendredi, les sbires ont liquidé par balles, Mr Paul Bastien, un inspecteur de police, cousin du sénateur Évalière Beauplan, l'un des 4 sénateurs de l'opposition dans une assemblée de 30.

Amatas Jean Philippe, le bras droit d'un autre sénateur de l'opposition, Nenel Cassy, a été victime ce jeudi 15 février d'acte criminel de motivation politique dans le département des Nippes. Au cours de l'attaque sur la maison, un jeune garçon de 16 ans a été tué de plusieurs balles et une petite fille de 6 ans fut grièvement blessée du même coup, maintenant elle lutte pour sa vie à l'hôpital.

Sans oublier la bastonnade sanglante des partisans du sénateur Don Kato au deuxième jour du carnaval. À rappeler, que celui-ci était contraint à ne pas prendre part au dernier jour du carnaval parce que la pression était tellement forte. C'était dans le but d'éviter de perdre de potentiels partisans.

En conclusion, le spectre de la dictature hante encore Haïti. Les jours à venir s'annoncent difficiles pour ceux qui aspirent à l'établissement d'un état de droit dans le pays.

Aux peuples d'Haïti et du monde, la marche historique vers le changement ne peut être arrêtée, certainement on peut la ralentir, mais le rendez-vous avec la victoire est constant et irréversible!



Par Joël Léon

Tuesday, February 13, 2018

Incendie du marché historique de Port-au-Prince

En plein Carnaval, le plus emblématique marché de Port-au-

Prince consume sous le feu.

18 millions de dollars avait permis la reconstruction à
l'identique de ce monument historique disparu après le
seisme du 12 janvier 2010.                                           

Le plus célèbre marché de la capitale haïtienne a été ravagé par un incendie dans la nuit de lundi à mardi, détruisant les denrées de dizaines de marchandes de Port-au-Prince plongées aujourd’hui dans l’incertitude à cause de l’absence de système d’assurance. Port-au-Prince brillait de toutes ses couleurs féeriques et de ses feux d’artifce au  deuxième jour du carnaval quand le feu  consummait  le plus beau marché  d’Haïti situé à quelques pas d’un commissariat de police à Port-au-Prince.

Le marché Hyppolite sous le poids des
flammes même mardi dans la matinée
Construit à la fin du 19e siècle, ce marché avait été inauguré en 1891 par le président Florvil Hyppolite. le Marché en Fer avait été une première fois ravagé par un incendie en 2008. Détruit par le séisme en 2010, sa reconstruction avait été financée par la compagnie de télécommunications Digicel, sous la supervision de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN), organisme haïtien de protection des bâtiments historiques. . Depuis toujours sa beauté de carte postale en avait fait une icône de la ville capitale. Le Marché en fer, est aussi dénommé Marché en fer, Marché Vallières  ou Marché Hyppolite.

Les sapeur-pompiers quoique n’étant pas bien équipés et d’autres  citoyens volontaires travaillaient encore, à la mi-journée de mardi, à l’extinction de l’incendie qui a totalement consumé l’une des deux halles du Marché en Fer.

Regroupées sur la cour du marché, les commerçantes qui ont tout perdu s’inquiétaient pour leur avenir.

Une marchande qui rentre en crise
et pleure sa rage à gorge déployée 
«Je venais de refaire mon stock, 10 marmites de djondjon (variété de champignons haïtiens) mais tout a brûlé», raconte Jacqueline Innocent qui estime sa perte à une valeur d’environ 100 dollars américains.

Les quantités et montants évoqués dans les conversations autour du marché incendié pouvaient paraître négligeables mais pour ces femmes qui travaillent sans aucune assurance et qui, pour la grande majorité, n’ont pas de compte bancaire sur lequel placer de l’épargne, l’incendie signe la perte de leur maigre fortune.

Les dames-sara sont aux abois 
«Sans aide pour relancer mon commerce, je vais mourir sur mes deux pieds parce que je n’avais rien d’autre et, à mon âge, je ne peux pas faire un autre travail», a assuré Mme Innocent, qui, à 75 ans, a passé toute sa vie à travailler au Marché en Fer.

Devant les camions d’eau envoyés par des compagnies privées pour éteindre l’incendie, Marie-Yousselande Rémy ne parvenait pas à sécher ses larmes.

Une autre victime désespérée ayant
la bouche-bée devant ses pertes.    
«Le petit bénéfice que je faisais ici au marché me permettait de payer l’université de mon fils aîné en République dominicaine. Aujourd’hui que vais-je lui dire? D’arrêter ses études et de rentrer ici pour finir sans travail comme moi?» s’interrogeait cette quinquagénaire.

Selon les riverains, l’incendie a débuté vers 02H00 du matin, depuis un tas d’ordures accumulé sur un terrain vague jouxtant l’édifice historique.

Les poutres métalliques renversées sous le feu ardent 
Construit à la fin du 19e siècle, le Marché en Fer avait été une première fois ravagé par un incendie en 2008. Détruit par le séisme en 2010, sa reconstruction avait été financée par la compagnie de télécommunications Digicel, sous la supervision de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN), organisme haïtien de protection des bâtiments historiques.

Très attristé, le président Jovenel évoque le mot de « drame » pour qualifier cet incendie dont ses origines demeurent encore inconnues. « Je pense à tous ceux qui ont perdu leur gagne-pain », réagit-il, ajoutant que « les instances policières travaillent déjà pour faire la lumière sur ce drame ».

L’investissement de 18 millions de dollars avait permis la reconstruction à l’identique du monument historique en moins d’un an. 

Sources combinées : AFP, Le Nouvelliste


Port-au-Prince danse, son célèbre Marché en fer brûle

Saturday, February 10, 2018

Exposition de portraits de grandes figures de la musique haitienne durant le carnaval 2018

Sous Comité Artistique du Carnaval National 2018
Installation dans les grillages du Palais national des œuvres de l’exposition « Je me souviens… »

L’exposition de portraits de quelques  grandes figures et groupes ayant marqué la musique haïtienne de 1940 à nos jours a été installée ce mercredi  7 février 2018 après-midi dans les périmètres du Palais national et se poursuit jusqu’au 28 février.  
Tout le public ainsi que la presse sont invités à visiter, à visionner cette exposition publique qui a été accueillie par la Présidence.
Dodof Le Gros
(En peinture)
Coupé Cloué
De Dodof Le Gros à Baricad Crew en passant par Coupé Cloué et Ti Manno, l’exposition « Je me souviens », réunit une quarantaine de tableaux et plus de cinquante portraits (figuratifs, classiques reproduits) de ces grands compositeurs et formations musicales. Il s’agit des œuvres de huit peintres issus des quartiers précaires de l’aire métropolitaine regroupés au sein  du mouvement Kalfou Richès Ayiti.

C’est un devoir de mémoire pour informer et éduquer, celui de permettre à la génération montante de découvrir quelques-uns de ces grands compositeurs, chanteurs, arrangeurs, orchestrateurs qui ont enrichi notre patrimoine musical durant ces 75 dernières années; la naissance du konpa dirèk  et son évolution jusque dans les années quatre-vingt; les apports des mouvements racine/folklorique/troubadour/Afro-jazz et hip hop au patrimoine musical haïtien.
L'exposition des grandes figures de la musique haïtienne
(Voir les peintres à l'oeuvre)
L’exposition rend aussi hommage à de grands compositeurs, interprètes disparus durant ces deux dernières années. Elle est aussi et surtout la rencontre de plusieurs générations de musiciens qui se sont imposés dans le paysage musical et qui ont fait la gloire et la fierté de notre pays à travers le monde. Elle témoigne de notre reconnaissance à ces créateurs, ces musiciens qui ont fait danser, chanter Haïti et le monde. 

Joyeux Carnaval à tous ! 
"Aprè dans tanbou lou"... . Après le bal, c'est la fatigue
 Alors messieurs, protégeons nos femmes et fillettes durant les jours gras.


Roody Roodboy, l'une des meilleures méringues carnavalesques de l'année 2018

Haïti - On ne piétine pas deux fois les couilles de l’aveugle

Par Max Dorismond


Plusieurs personnes de partout dans le monde ont une petite idée d’Haïti. Et les mots pour la décrire prennent inconsciemment ou sciemment la dimension de son auteur. Tantôt ils sont enrobés de miel, tantôt de sel ou de fiel avant leur métamorphose qui viendra flatter ou heurter ses fils. Ainsi dans mes écrits, j’ai déjà introduit un sage chinois, un ingénieur polonais, Aimé Césaire, etc… Aujourd’hui, je vous cite Frédérick Douglass, un ancien esclave affranchi et ex-ambassadeur américain en Haïti, de 1891 à 1892. Témoin privilégié des révolutions à répétition de l’époque, à la fois fasciné par la beauté de l’île et exaspéré par l’idiotie des plus éclairés de ses habitants, il eut à déclarer ceci, en 1893 :

« Les gens ordinaires en Haïti sont assez pacifiques. Ils n’ont aucun goût pour les révolutions. La faute ne revient pas au grand nombre d’ignorants mais au petit nombre des éduqués ambitieux. Trop fiers pour travailler et pas disposés à faire du commerce, ils font de la politique l’affaire de leur pays. Gouvernés ni par amour ni par compassion pour leur pays, ils ne se soucient pas des abîmes où ils peuvent plonger. Aucun président, quel que soit son degré de vertu, de sagesse et de patriotisme ne leur convient quand il arrive qu’eux-mêmes n’ont pas le pouvoir 2 ».

Cet extrait d’un très long discours sur Haïti, prononcé par F. Douglass deux ans avant sa mort, traite de tout l’aspect général de l’île, sans omettre certaines tares, tels la corruption, le népotisme, l’égoïsme des gouvernants et la couardise aussi des étrangers qui manipulaient certains perfides et provoquaient les esclandres en soufflant sur la braise de l’intolérance des deux côtés de la palissade, à l’aune de leurs intérêts.

Ce paragraphe prémonitoire, ne le revivons-nous pas aujourd’hui? Où en sommes-nous vraiment? Au fond de l’abîme prophétisé! Si le despotisme est casé dans le compartiment des souvenirs, un autre danger nous guette : la gouvernance à l’aveugle, sans planification, cible la sphère de la subjectivité pendant que la dépravation et la collusion lézardent la confiance des citoyens. 

En effet, pour conforter Frederick Douglass, la politique dans ce pays, est un business. Au XIXèm siècle, c’étaient les plus instruits, 3% sur 1,5 million d’habitants, qui hantaient la nation. De nos jours, c’est la moitié du pays, soit 5,5 millions d’individus qui se prétendent présidentiables. C’en est trop pour cette petite île. Les quelques barons qui, avaient la main sur le gouvernail depuis la deuxième moitié du XXème siècle et jusqu’à présent, nous ont fait voir de toutes les couleurs. Qu’en serait-il de cette masse grouillante de candidats qui piaffe ces jours-ci devant les portes du paradis avec l’élan de l’avidité?

d'universitaires haïtiens                                               
Cuba et Venezuela se sont empressés d’apporter leur pierre à la renaissance de l’ Haïti post-duvaliériste. De 2000 à 2016, Fidel Castro a formé 15400 professionnels de tous les niveaux, dont 1000 médecins, avec la promesse qu’ils seraient tous embauchés à leur retour au pays. Promesse futile! C’est le Chili, le Brésil et le Canada qui ont bénéficié du service de leurs bras et non de leur cerveau. Feu président Chavez, reconnaissant et empathique, avait consenti un prêt de 4,5 milliards de dollars à la nation à 1% d’intérêt3.
Que sont devenus les étudiants haïtiens au Sénégal,
six ans après leur arrivée au lendemain du seime de
2010
 ?
                                                         
L’aide internationale du côté des USA et de l’Europe a été généreuse et assurait sans compter un vrai soutien financier. Devant l’échec de cet assistanat, résultant de la corruption débridée qui régnait sans partage entre les larrons et leurs associés, les donateurs ont choisi d’infantiliser les gouvernements successifs en dérivant la soi-disant aide internationale vers une pléthore d’ONG. Parmi ces bons samaritains, se glissèrent aussi quelques bandits internationaux qui avaient mis le cap sur Haïti, où l’eau  coulait plus frais, dans une cascade de dollars verts.    

Ému et attristé, lors du terrible seisme de 2010, le monde entier a ouvert ses portefeuilles et les milliards pleuvaient sur l’île estropiée. Au niveau des pays membres des Nation-Unies, 9,9 milliards de dollars ont été promis. Seulement 5,3 ont été dégagés et remis au pays 2 ans après4. Face aux résultats décevants de la reconstruction, après 4 années d’hésitation et d’améliorations bâtardes, la moitié des pays signataires ont enlevé leurs billes, et les promesses se sont converties en courant d’air. Faut souligner aussi que les ONG étrangers en avaient profité pour beurrer épais.

Vue partielle de Malecon à Saint-Domingue
Jamais, le mot milliard de dollars US n’avait figuré dans les budgets de la République. Ce simple mot a donné le tournis aux gouvernants et, le gaspillage, la concupiscence, le vol organisé, la non-transparence, la convoitise étaient un buffet d’options offertes aux petits amis. Les comptes off-shore dans les paradis fiscaux s’ouvraient comme par enchantement. Les acquisitions de biens immobiliers en cash à Saint-Domingue et ailleurs fleurissaient à vue d’œil. Des châteaux, de nouveaux hôtels, des pavillons secondaires s’élevaient dans le ciel comme par magie, etc... Ainsi, pendant que la corruption, ce cancer dont les métastases sont passées à la vitesse grand V, fleurissait, les sinistrés du séisme dévastateur ne savaient à quel saint se vouer pour sortir sous les tentes où ils étaient confinés. Les hôpitaux criaient famine. Par carence de soins, les malades remis à leurs parents sont abandonnés à leur sort dans la cour des institutions. Les prisons débordaient. Le chacun pour soi, Dieu pour tous faisait office de loi. L’insécurité galopante était devenue la norme. La prévarication systémique avait fini par gruger la résilience du petit peuple.

Au niveau des dirigeants, les résidents du Parlement, sénateurs, députés avaient la part belle. Étant les contrôleurs légaux de l’exécutif, remarquant le bel appétit de ce dernier, qui mangeait goulûment, ils le faisaient chanter à hauteur de carnaval. Chaque élu avait ses propres ministères ou organismes dédiés et rançonnait les directeurs ou ministres nommés. Parlementaires aujourd’hui, millionnaires demain, c’était le rite de passage, le serment d’office. Sans faire preuve de sensibilité et de jugement, ils se sont votés des salaires astronomiques, des frais de fonction mirobolants, des privilèges de roi qui attisent l’envie de la nation entière. Ignorants et analphabètes, ces abrutis viennent de prouver aux plus instruits leur erreur d’avoir emprunté le chemin du savoir. Et l’histoire a parfois un curieux sens de l’ironie. La formule « Nou pa egare » a été propulsée dans le milieu pour satisfaire leur ego et prouver que la formule des plus bêtes est toujours la meilleure. L’ignorance triomphale opère à visière levée. Ainsi va la médiocratie.  

Dans cet orchestre de virtuoses, cet état de fait, confirmé par le « Rapport Petro Caribe », ne tarda pas à apporter de l’eau au moulin des prédateurs invétérés, et galvaniser les paresseux patentés. Plus personne ne veut travailler. C’est trop dur, trop lent, trop impersonnel pour atteindre l’Eldorado. La voie politicienne mène tout droit au paradis. Quatre ou cinq années de pouvoir, c’est la vie de château assurée pour une certaine éternité, c’est vivre par procuration une vie fabuleuse.

Ainsi, au dernier décompte de l’élection 2014-2016, 107 organisations politiques étaient opérationnelles dans le pays. 58 d’entre elles ont été habilités, fin 2017, à recevoir la part du lion du budget alloué, soit 572 millions de gourdes ou 10 millions US, pour éponger les dettes encourues5.

Les 56 Candidats à la présidence de 2016
Gaspillage de fonds publics. Ce mot est naturellement faible pour décrire cette gabegie. 58 partis politiques. Y-a-t-il quelqu’un à la barre? Aucun intelligent ne se lève pour réclamer une forme de coalition souveraine pour simplifier la mise et ramener ces pugilistes au nombre de 3, 4, ou au maximum 5 partis officiels seulement? Mais non! Qui oserait enlever l’os de la bouche du carnassier?

Au rythme où cela se déroule, demain, nous aurons en face, un million de partis. Après une éventuelle élection, il nous faudra un ordinateur ultra-puissant pour départager les gagnants et 25 années pour aplanir les contestations, tant les récalcitrants ne voudront point lâcher l’os si près de leur gueule.

Et l’aide internationale dans tout cela? Déjà, l’aide se raréfie. La vanne est presque fermée. Haïti roule à crédit. C’est le cadet des soucis des magouilleurs. Pour eux, il y aura toujours, toujours et toujours des dollars verts à voler.

58 étudiants haïtiens gradués en médecine
à l'université ELAM de Venezuela en 2017. 
Le Venezuela est en quasi faillite. Le moindrement, si le gouvernement Moïse était doté d’un certain sens moral, il aurait envoyé ces 10 millions de dollars à Maduro, le successeur de Chavez, pour honorer la dette, même symboliquement. Sur 4,5 milliards, ce n’est rien. Mais en terme de marketing, c’est beaucoup. Le monde entier serait ravi du geste. Et plusieurs auraient dit qu’Haïti n’est pas vraiment le pays de merde chanté par l’autre. Elle a du cœur au ventre! Hélas! « Pito ou lèd, nou riche! ».

Voilà l’état de la situation. Le monde entier, du coin de l’œil, nous regarde aller et nous épie. Les chevaliers aux doigts longs sont dans la mire des enquêteurs internationaux. Ils ne paient rien pour attendre. « Nou pa egaré, se vre ». Mais s’il devait survenir, demain, un autre séisme majeur, ce que nul ne souhaite, c’est à ce moment qu’on verra de quel bois se chauffe la compassion humaine. Au rythme où se déroule la course de la corruption, chez-nous, je pense qu’aucun « aveugle ne laissera personne piétiner ses couilles une deuxième fois ». Le monde, troublé dans son âme et conscience, a déjà fait sa part, qui s’est convertie en rapines. Il réfléchira profondément avant de se laisser encore embarquer dans cette galère de vampires assoiffés de dollars verts. 

Souhaitons bonne chance à Haïti.

Max Dorismond
 Timeline

Note 1 – Proverbe africain originant du Burkina-Faso
Note 2- Discours prononcé le 2 janvier 1893, par Frédéric Douglas, à l’occasion de l’inauguration du pavillon haïtien à la Foire Internationale de Chicago 1. Ceremonies delivered at the World’s fair, in Jackson Park, Chicago, Jan. 2d, 1893. : By the Hon. Frederick Douglass. Introductory by Prof. David Swing. Response of the Director-General Geo. R. Davis, Chicago.
Note 3 - Sources Le National : « Petro Caribe : trois milliards de dollars gaspillés »
Note 4 – Sources : Le Figaro.fr du 1-4-2010 « Dix milliards de dollars pour la reconstruction d’Haïti ».

Note 5 – Sources : Le Nouvelliste du 29 janv 2018.

Thursday, February 8, 2018

2 février 2018 : centenaire de la naissance de Nemours Jean-Baptiste

 HOMMAGE DE TRIBUNE DE LIBRE OPINION
Né le 2 février 1918 à Port-au-Prince et mort le 18 mai 1985,
Nemours Jean-Baptiste aurait eu 100 ans ce 2 février 2018.  
C'est une date qui rappelle la naissance d'un homme qui a apporté un changement capital dans la musique haitienne. Le rythme qu'il y a introduit a fait école en devenant le rythme national du pays et aussi en se propageant plusieurs années après sa mort à travers les Antilles et l'Amérique. Il était à la fois un novateur et un créateur et dans son domaine, il a apporté un changement phénoménal dans le rythme musical  haitien.

En ce mois de février 2018, mois de l'histoire des noirs, il n'est pas dérisoire d'inscrire dans notre pensée, Nemours Jean-Baptiste, cet homme sorti de nulle part, mais qui nous a laissé quelque chose qui représente aujourd'hui un joyau pour le pays.



JM
Biographie de Nemours Jean-Baptiste
Troisième d’une famille de quatre enfants, Nemours Jean-Baptiste est né le 2 février 1918 à Port-au-Prince. Ses parents Lucia Labissière, couturière et Clément Jean-Baptiste, cordonnier ont décédé prématurément. Nemours et ses frères et soeur André, Monfort et Altagrace furent confiés à des proches parents. Il fit de brèves études à Jean Marie Guilloux et chez les Frères de Saint Louis de Gonzague et a dû faire très tôt aux affres de la vie occupant de menus emplois pour survenir à ses besoins. Devenu coiffeur, Nemours a pu trouver, sans nul doute, en ses clients et le salon de coiffure, l’auditoire et l’endroit idéal pour discuter de son amour et don pour la musique. Ce don a reçu par hasard sa première sponsorisation à travers un ami, Antoine Duverger. Joueur et propriétaire de banjo, Duverger a décidé de confier son instrument à Nemours pour éviter les réprimandes parentales : « l’enfant de famille » des années 50 ne faisait pas de la musique. 
Nemours en a profité pour apprendre tout seul le banjo. La chance lui a sourit lorsque Duverger n’a pas pu respecter un de ses engagements auprès des frères Guignard. Nemours l’a remplacé. La performance fut un succès et lui a rapporté $30.00 et son recrutement par les frères Guignard. De cette date, Nemours s’était adonné complètement à la musique; une carrière qui allait durer environ vingt-cinq ans. Au cours d’une de ses performances, il a rencontré Marie Félicité C. Olivier. Ils se sont mariés le 28 Septembre 1946 et eurent trois enfants Marie Denise qui a vécut jusqu’à l’âge de deux (2) ans, Yvrose et Yves Nemours Jr.


Les débuts de Nemours consistaient surtout de tournées à travers le pays animant les fêtes patronales. C’est d’ailleurs un jour de la Sainte Anne, le 26 juillet 1955, qu’il a créé le rythme qui allait devenir le compas et son propre groupe musical, Conjunto International avec pour Membres fondateurs Julien Paul, Monfort Jean-Baptiste, frère de Nemours, Anilus Cadet, Mozart et Krutzer Duroseau et pour une courte durée Webert Sicot qui sera remplacé par Frank Brignol. Mais, ce n’était pas son premier coup d’essai de maestro. Il a dirigé auparavant, des groupes de l’époque tels que Anacaona, Jazz Atomique, Jazz atomique Junior.


En 1956, la carrière de l’artiste devait prendre une nouvelle direction lorsqu’il rencontra son premier promoteur, Jean Lumarque, propriétaire d’un Club à la mode, « Calebasses ». Ce dernier organisa la première tournée à l’étranger de Nemours et son groupe les accompagnant aux États Unis d’Amérique et au Mexique. Cependant, peu de temps après, Nemours devait quitter Lumarque pour Senatus Lafleur, propriétaire d’un autre Club, « Palladium ». Pourtant, c’était encore Jean Lumarque qui, en 1961, emmena aux États-unis le groupe et le 5 juillet, au cours d’une cérémonie au siège des Nations Unies, Nemours a reçu une plaque d’honneur. Après un autre aller-retour du Palladium au Calebasses, Nemours et son groupe successivement nommé « Ensemble aux Calebasses » et « Ensemble Nemours Jean Baptiste » ont été embauchés par René Martini, propriétaire de « Cabane Choucoune » où ils ont joué de 1962 à 1970. Au cours de cette période, en 1963, l’artiste a participé à son premier défilé carnavalesque, sur demande du public. A noter qu’il souffrait de glaucome. En juillet 1967, les médecins d’un hôpital de Port-au-Paix ont dû lui enlever son œil (droit ou gauche) au cours d’une intervention chirurgicale.

Nemours a également séjourné deux ans (1970-1972) aux États Unis d’Amérique et performé dans des clubs tels que Château Caribe (Manhattan) et Canne-à-Sucre (Corona, Queens). De retour sur la terre natale en 1972, il a pris en charge un dernier groupe, le Top Compas, rebaptisé « Super Combo de Nemours Jean-Baptiste » et a été en tournée en Guadeloupe de mai à Décembre 1973. En mai 1974, un promoteur de la Guadeloupe, Hubert Romain leur fit faire une tournée passant par la Guadeloupe, la Martinique, la France et la Guadeloupe pour revenir au pays en Novembre 1974. Leur passage en France, au mois de septembre, a été un immense succès provoqué par la chanson « Ti Carole », en tête du hit parade sur « Radio Télévision France Inter » pendant six mois. De retour au pays en Novembre 1974, le groupe élut domicile à « Cabane Choucoune » jusqu’à sa dissolution en 1979 avec le départ pour les États Unis de son fondateur, Wagner Lalane.

En 1980, environ un quart de siècle après le lancement de sa grande carrière, Nemours s’est retrouvé en musicien solitaire. Heureusement, Eddy Zamor, animateur de radio et présentateur durant les années 60 en Haïti, devenu promoteur de musique aux États-Unis, a pu venir à sa rescousse. Il sponsorisa une soirée de vingt-cinq ans d’anniversaire du compas et l’évènement a été célébré en grande pompe de concert avec le Skah Shah au club « Olympia Palace », New York. Cette soirée a été, en quelque sorte, un hommage couronnant la grande carrière de Nemours Jean-Baptiste. Sa prochaine tentative de jouer aux Etats-Unis en 1981, cette fois-ci accompagné de son rival musical de longue date, Webert Sicot, devait avorter. Nemours est tombé gravement malade et subit une intervention chirurgicale à New York (« Elmhurst Hospital », Queens). Il passera les quatre dernières années de sa vie en Haïti, luttant contre le cancer de la prostate et la cécité. En dépit de l’insistance de sa femme et enfants, il a préféré mourir dans son pays disant qu’à sa mort on reconnaîtra sa valeur.

*Nemours et le Compact Direct*
Jusqu’à la moitié du 20ième siècle, les besoins du public haïtien en animation musicale avaient été principalement satisfaits par les troubadours, et la cadence « tipico » venue de la République voisine et de Cuba. Cette cadence et/ou les groupes espagnols dominaient la majeure partie de nos festivités publiques ou/et privées. Les débuts de Nemours ont été marqués par cette cadence qui lui a permis de gagner le cœur du public. Cependant, Nemours n’a jamais apprécié cette colonisation du marché musical haïtien. Du côté haïtien de la frontière, le Dominicain et le Cubain vivaient de leur musique, de l’autre côté nos frères étaient humiliés par ces mêmes gens.
Nemours Jean-Baptiste,
Les 3 dangers


Inspiré en quelque sorte par ce nationalisme et aidé de son génie, Nemours a donné aux haïtiens leur propre cadence : le compas. Après le lancement de sa carrière, il ne s’était pas arrêté à l’apprentissage du banjo, il a su maîtriser le saxophone et la guitare.

Une autre facette attrayante du personnage Nemours a été sa verve prompte et légère. À l’apogée de sa carrière, il choyait son public régulièrement avec une nouvelle composition. Tous les samedis, ses fanatiques l’attendaient au Rex Théâtre et ils n’étaient jamais déçus ni par le fond ni par la forme. Les femmes haïtiennes, régulièrement l’objet de satyre de nos musiciens, étaient les chouchous de Nemours. En témoignent, les tubes « aprann renmen », « ròb antrav », « Solange » pour ne citer que cela. Quant au compas, son enfant chéri qu’il a mis au jour, il n’avait jamais cessé de prédire sa réussite et longévité. Des tubes comme : « Universal compas », « Vivre Compas », « La joie de vivre » en sont la preuve. Pour Nemours, la clé de ce succès ou cette longévité a été de garder la cadence aussi simple que possible.

Joueur de banjo, guitariste, saxophoniste, compositeur et chef d’orchestre, Nemours Jean-Baptiste, a été un artiste complet. Il a été pour la musique haïtienne ce que furent les Pères de la Patrie pour Haïti. A sa mort le 18 Mai 1985, il a légué un riche héritage au marché musical haïtien. Les premières bases posées par Nemours constituent une source inépuisable qui a inspiré et continue à guider les jeunes générations. Aujourd’hui encore, plus d'un demi-siècle siècle après la création du compas, le public haïtien ne s’est jamais lassé de danser et la musique de Nemours et le compas.

Contributeur: Jean Mathurin


Wednesday, February 7, 2018

Francophonie:Michaëlle Jean est une erreur de casting

Michaëlle Jean, Secrétaire générale de l'OIF

par:  Aza Boukhris

L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) n'est plus vraiment opérationnelle pour le président français, Emmanuel Macron. Sur fond d'isolement de Michaëlle Jean, sa secrétaire générale, devenue inaudible.

La Conférence de refinancement du Global Partnership for Education (Partenariat mondial de l'éducation) qui s'est tenue à Dakar du 1er au 3 février 2018  a réuni plusieurs centaines de hauts responsables du secteur public, de la société civile et des entreprises mondialisées, venant d'une soixantaine de pays. La Secrétaire générale de l'Organisation Internationale de la Francophonie, la Canadienne Michaëlle Jean, faisait évidemment partie de cet  aréopage, mais sa présence est passée quasiment inaperçue.

Des déclarations convenues
Le séjour à Dakar de Michaëlle Jean, accompagnée de l'Administrateur de l'OIF, le Malien Adama Ouane, a été totalement éclipsée par la présence d'Emmanuel Macron et de son épouse, accueillis avec beaucoup d'attention et d'attentes. La directrice générale de l'Unesco, la Française Audrey Azoulay, a également eu beaucoup plus de considération que les représentants de l'OIF.

Les déclarations convenues et sans grandes perspectives de Michaëlle Jean ont été peu reprises dans les médias et il a fallu un communiqué de presse de l'OIF pour faire entendre sa voix. Les entretiens de la Secrétaire générale de l'OIF sont restées confidentiels, même la rencontre avec l'américaine Alice Albright, la directrice générale du Partenariat mondial pour l'éducation.

Dakar est pourtant une ville appréciée de Michaëlle Jean, car c'est dans cette ville qu'elle fut élue à la tête de l'OIF, lors du  XV ème Sommet de la Francophonie. Elle avait aussi été reçue avec les honneurs lors de l'inauguration de l'Institut de la Francophonie pour l'Education et la Formation (IFEF), le 14 octobre 2017.

Chute de popularité
Michaëlle Jean a été reçue à Paris le 31 juillet 2017
par le président français Emmanuel Macron.          
Le XVII ème Sommet de la Francophonie, prévu en Arménie fin 2018, se prononcera sur la réélection ou non de Michaëlle Jean. Si le président Hollande s'était finalement rangé à la candidature de la native de Port-au-Prince, la position de la France suivie par de nombreux États est désormais beaucoup moins favorable à une nouvelle candidature.

Culte de la personnalité, recherche exacerbée des honneurs, quête permanente de décorations étrangères et de titres de docteur honoris causa,onéreux déplacements improductifs et son train de vie fastueux...N'en jetez plus.  La Canadienne présente beaucoup de caractéristiques de l'erreur de casting.

L'OIF, pourquoi faire?
Au-delà de la personne de Michaëlle Jean, c'est bien l'OIF qui est remise en cause. La France a longtemps cru en l'OIF pour prolonger son influence, avec les éminentes personnalités francophiles à sa tête, comme l'étaient l'ancien Secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros-Ghali, et l'ancien président du Sénégal, Abdou Diouf. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. L'OIF est transparente dans les crises africaines et dans les grands débats mondiaux. Elle est devenue une sinécure pour des protégés de nombreux États membres.

L'OIF ne correspond pas à la vision macronienne du multilatéralisme. Pour la première fois, le gouvernement français ne comporte pas de ministère dédié à la Francophonie. Le Président Macron a préféré nommer une représentante personnelle, Leïla Slimani, particulièrement active dans le domaine culturel et dans la promotion des valeurs francophones.

La vieille francophonie
L'heure n'est plus à une organisation purement politique et finalement hors sol pour protéger la langue française. La co-présidence d'Emmanuel Macron de la réunion de Dakar est significative. C'est bien par l'éducation et la formation que la Francophonie progressera et non pas par une organisation bureaucratique et budgétivore. Le Partenariat mondial de l'éducation offre l'exemple du multilatéralisme souhaité par le président Macron. L'influence de la France passe désormais aussi par la participation à des partenariats publics/privés comme le Fonds Mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et la paludisme ou l'Alliance pour les vaccins et la vaccination (GAVI), même si l'anglais est leur langue de travail.

Le développement de la francophonie se fera-t-il encore de manière plutôt défensive, avec le concours de l'OIF? Ou de manière a offensive par la participation plus active à des fonds fiduciaires, comme le Global Partnership for Education? En co-présidant la réunion de Dakar, Emmanuel Macron a clairement confirmé sa préférence.


Lettre D’un Haïtien à Donald Trump


À Donald J. Trump, Président des États-Unis d’Amérique

Monsieur le Président,

En tant qu’Haïtien, je vous écris au nom de Jean-Jacques Dessalines, de Capois-la-mort et de Toussaint Louverture. Et en tant qu’amoureux des mots, je profite de l’occasion pour définir avec vous le sens des mots « trou » et « merde », et peut-être même jongler un peu avec ceux-ci.

Donc, selon vous, Monsieur le Président, Haïti et les États africains sont des pays de trou à merde ? De quel trou faites-vous allusion exactement? S’agirait-il du trou que vos ancêtres européens ont creusé durant l’esclavage? Et parlez-vous de la merde amenée par votre oncle, l’Oncle Sam, lorsqu’il a indûment envahi Haïti en 1915?

De toute évidence, je doute fort que vous soyez au fait de ces moments historiques, car vous êtes frappé par des trous de mémoire. Une amnésie possiblement due à votre inculture.

Pour vous sortir de votre « trou noir », je vous fais part de quelques faits de cette injustice « made in USA » sur la terre de Dessalines.

L'occupation américaine de 1915 en Haïti
Durant l’occupation américaine, Monsieur le Président, plus de 9 000 Haïtiens ont été tués, dont 5 475 dans le camp de concentration de Chabert, dans le Nord, et 4 000 prisonniers dans les prisons du Cap-Haïtien. Des faits qui ont été relatés par le journal Le Courrier haïtien, le 26 février 1921.

Encore pire, au cours des 19 années de belligérance étatsunienne, les paysans haïtiens ont été dépossédés de près de 30 mille hectares des meilleures terres du pays, ce qui a provoqué l’exode de plus de 300 000 paysans vers la République dominicaine et Cuba.

Non, Haïti n’est pas un trou à merde! Elle est perturbée par des siècles de néocolonialisme occidental. Et elle est victime des turpitudes de ses chefs d’État qui ont été formés par les États-Unis

Monsieur le Président, votre arrogance et votre ignorance interfèrent avec les compétences requises pour votre poste. Vous êtes si incompétent et imprévisible que le peuple américain suppute les probabilités d’une procédure de destitution contre vous.

Effectivement, ils constatent que vous êtes la plus grande menace pour leur patrie : plus vous ouvrez la bouche, plus l’empire américain se dirige vers son déclin.

Puisqu’il est question de trou, de merde et de vous-même, alors je vous pose cette question, Président : existe-t-il une différence entre un trou à merde et votre personnage qui est vide de sens? J’ai bien peur qu’il n’en existe aucune, Son Excellence. Sauf qu’il est plus réaliste de croire qu’Haïti et les pays africains auront plus de chance de se débarrasser de leur merde et boucher leur trou que vous de combler votre vide.

Voyez-vous, à votre âge…

Ironiquement, j’ai beaucoup pensé à vous au cours des dernières semaines.

En lisant pour la énième fois Gouverneurs de la rosée du brillant écrivain Jacques Roumain, qui est issu de ce que vous appelez « pays de merde », le titre de ce chef-d’œuvre littéraire m’a drôlement rappelé votre gouvernement de la risée.

Pas plus tard qu’hier, en analysant la misère haïtienne, j’ai fini par philosopher sur votre misère intellectuelle.

Tout un paradoxe, direz-vous.

Malheureusement, l’argent ne peut tout acheter, Monsieur le Président.

Toutefois, dans une de ses chansons, Ti-Manno, l’un des plus grands chanteurs haïtiens, établit le lien entre l’argent et la bêtise. Oui oui, Président. Dans ce succès musical des années 80, Antoine Rossini Jean-Baptiste a prohétisé votre ascension vers la Maison Blanche et vous traite d’idiot.
D’ailleurs, il n’est pas le seul à détecter votre ineptie.

Dans mon article « Kaepernick, Trump et les États désunis », je vous ai décrit comme étant un gwo soulye, c’est-à-dire… en fait, au lieu de vous définir le sens de ce mot haïtien, je vous aligne deux de ses synonymes : bouki et gwayil. Voilà ce que les Haïtiens pensent de vous.

D’autres qui se souviennent de votre célèbre « vous pouvez les attraper par la chatte » diront que vous êtes un « Cadet Jacques », ce sombre personnage du roman « Zoune chez sa ninnaine », de l’Haïtien Justin Lherisson.

Monsieur le Président, veuillez plutôt trouver des qualificatifs à votre peuple qui a exterminé des millions d’Amérindiens pour avoir mainmise sur leur terre.

Des esclaves cultivant une plantation
Pensez également à ces millions d’Africains qui passaient des journées entières sous le soleil chaud des plantations de votre pays dont vous êtes si fier. Ne croyez-vous pas que le problème de ces « shithole countries » résulte principalement de ce fait?

Au final, à la rédaction de cette lettre, j’étais indécis, voire confus quant au ton je devais m’adresser à vous vu votre statut de dignitaire.

Cependant, en révisant le texte, M. Trump, je me suis rendu compte que vous n’êtes aucunement digne d’un tel respect. Votre stature est plutôt télé-réelle que présidentielle.

Avec vous, tout est théâtralisé.

Après tout, M. Trump, vous n’êtes qu’un trou du c…

Source:Selon Walter
Walter Innocent Jr