Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Thursday, April 27, 2017

Cinq prix Nobel exigent de l’ONU le paiement de ses dettes envers Haïti


C’est un pays de Nègres, il est pauvre et sans voix. C’est un moins que rien. Nous n’en avons que foutre! Plions bagages et puis bye-bye! C’est l’impression qui nous reste du jugement et de la pensée à l'intérieure de l’ONU face à Haïti.

Un soldat népalais de la Minustha déverse son choléra
endémique dans l'une de nos rivières...                    
Treize années de bêtises, treize années d’échec sur tous les plans. L’île était naturellement protégée contre le choléra depuis des temps immémoriaux. La Minustha a violé cette virginité et un cortège de morts est venu hanter sa mémoire. Les pédophiles, les pédés de la cohorte s'en sont donnés à coeur joie sur les enfants de la nation. Plusieurs petits sont laissés à des mères monoparentales souvent très jeunes, à peine sorties de l’adolescence. Sans coeur, sans souci, sans fard, la MINUSTAH retourne toute voile déployée vers leur pays respectif avec le sentiment d’avoir, non pas rempli leur devoir de soldats, mais leur devoir d’hommes en augmentant la population de l’île. Aucune responsabilité, aucun dédommagement pour ce mal incurable laissé en partage à ce pays meurtri. Étant les puissants de la terre, étant la force triomphante, nul Haïtien n’oserait réclamer quoique ce soit à la Mission. C’est vrai. Et c’était bien leur rêve, sauf que, cinq âmes charitables se sont mises debout pour dire: « Basta! ». Ce sont les cinq Prix Nobel qui réclament réparation pour Haïti en déclarant ceci:  « La MINUSTAH est plutôt une continuité de l'occupation centenaire américaine. « Avec l'échec de la MINUSTAH, […], nous dénonçons que fermer la Mission sans réparer les dommages provoqués en Haïti n'est qu'une annonce de pires désastres » Même au sein de l’enfer, il y a parfois un démon qui pleure pour le bonheur d’un plus mal pris.

Max Dorismond.


Cinq prix Nobel exigent de l’ONU le paiement de ses dettes envers Haïti 
Adolfo Pérez Esquivel, prix Nobel de la paix en 1980, Jody Williams, prix Nobel de la paix en 1997, Betty Williams, prix Nobel de la paix en 1976, Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix en 2003, et Rigoberta Menchû Tum, prix Nobel de la paix en 1992, ont tenu à exprimer leur « profonde préoccupation devant le manque total de justice et d'une réponse réparatrice contondante et intégrale pour les personnes, les familles et les communautés en Haïti ». Selon ces militants de la paix dans le monde, « ces Haïtiens ont été les victimes directes du bilan catastrophique de la MINUSTAH dans le domaine des droits de l'homme ». 

Ce sont des milliers de femmes, des enfants et des petites filles violées ou exploitées sexuellement, plusieurs d'entre elles abandonnées avec des enfants sur les bras sans que les soldats de la Mission reconnaissent leur responsabilité, écrivent les cinq anciens prix Nobel de la paix dans cette correspondance qui date du 11 avril dernier. « Même le rapport de l'ONU sur « le nouveau point de vue en face du choléra » reconnaît que le nombre de personnes mortes, après l'introduction de cette maladie par les troupes de la MINUSTAH, est très probablement trois fois plus grand que le chiffre officiel de 9 483, jusqu'à janvier 2017 », poursuivent-ils, fustigeant au passage l'impunité de ces violations des droits de l'homme, ainsi que la négation de la responsabilité de l'ONU pendant six longues années qui, selon eux, continuent de provoquer des ravages au sein du peuple haïtien. 

« Avant de partir, votre prédécesseur [Ban Ki-moon, ndlr] a fait une reconnaissance publique importante, bien que tardive et partielle, de la responsabilité de l'ONU », rappellent-ils, soulignant le programme ambitieux lancé par le Sud-Coréen pour indemniser les victimes, pour éradiquer le choléra et pour obtenir de l'eau potable et l'assainissement pour 80 % de la population d'Haïti qui manque aujourd'hui d'accès à ces droits fondamentaux.

«Vous-même avez dénoncé, cependant, dans le récent rapport sur la MINUSTAH, le manque d'engagement sur le financement requis », font remarquer les signataires de cette lettre, estimant qu’il « est urgent donc de changer cette situation où conformément à leurs propres intérêts, une poignée de pays puissants poussent à la création de missions dénommées de paix, ils couvrent les frais de la même mission avec des quotas obligatoires mais ils laissent que la réparation de ces dommages soit prise en compte par des apports volontaires éventuels. 

» S’ils applaudissent la recommandation formulée par Antonio Guterres pour mettre fin à la MINUSTAH, arguant ce dont Haïti a besoin, c'est d'une coopération et non d'une tutelle ni encore moins d'une occupation, par contre, ils dénoncent « ce que l'on affirmait moqueusement qu'Haïti constituait une menace pour la sécurité hémisphérique, pour justifier le déploiement d'une mission qui se montrait plutôt comme un vrai danger pour la sécurité du peuple haïtien». 

Selon ces cinq prix Nobel, la MINUSTAH est plutôt une continuité de l'occupation centenaire américaine. « Avec l'échec de la MINUSTAH, […], nous dénonçons que fermer la Mission sans réparer les dommages provoqués n'est qu'une annonce de pires désastres », soutiennent-ils dans leur correspondance. 

« Nous repoussons la proposition qui s'applique au budget rémanent de la mission pour prolonger durant six mois la période de fermeture, au lieu de couvrir l'obligation prioritaire de réparer les violations massives des droits de l'homme par elle commises. Monsieur le Secrétaire général, il est urgent et indispensable que l'ONU solde cette dette envers le peuple haïtien, surtout dans un contexte d'aggravation de la crise systémique que ce pays vit », écrivent les prix Nobel de la paix. 

En s'acquittant du vrai devoir de l'organisation et en résolvant une partie importante du tort causé en Haïti, spécialement à sa population la plus vulnérable, concluent-ils, il sera possible de récupérer les principes et les valeurs qui donnent une raison d'être à l'ONU et d'ouvrir des chemins de justice et de paix.   

Source:  Le Nouvelliste