Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Monday, January 23, 2017

Donald Trump devient le 45e président des États-Unis



  
Sur le Mall, une foule clairsemée mais acquise à Donald Trump est venue écouter et soutenir le 45e président des Etats-Unis lors de son investiture. La dimension religieuse de l’installation de Donald Trump comme 45e président des Etats-Unis était frappante. « Le président élu »  prête serment  sur la bible, sous le regard de sa femme, Melania Trump, dont la tenue bleu ciel et l’élégance professionnelle ravissent les spectateurs. Sous une averse, le discours antisystème qu’il tient dans la foulée comble d’aise ses supporteurs.

Donald J. Trump prête serment sur la bible, sous le re
gard de sa femme, Melania Trump.                              
Certains espéraient un discours rassembleur pour soigner les divisions. Il n’en a rien été. Le discours d'investiture de Donald Trump a eu un ton prophétique digne de Savonarole. Le réformateur Jérôme Savonarole à Florence, qui  au XVe siècle, dénonçait la richesse, l’accaparement du pouvoir, la culture exclusive de l’oligarchie entourant les Médicis, et réclamait plus de participation du peuple dans le gouvernement de la République. Donald Trump a promis de   « transférer le pouvoir au peuple » et de faire passer « l’Amérique d’abord ». Mais il a également attaqué ses prédécesseurs et Washington, sans tendre la main à tous ceux qui n’ont pas voté pour lui. Et sans surprise, les réactions sont diamétralement opposées, dans un pays plus divisé que jamais.
Mais c’est du côté de la sphère de l’ultra-droite américaine (alt-right) qu’on trouve le plus d’enthousiasme. Le polémiste Mike Cernovich trépigne devant « une nouvelle ère ». Et Richard Spencer, qui avait fait un salut nazi après la victoire de Trump, a apprécié « un discours populiste et identitaire ».

Donald J. Trump a prêté serment devant le Capitole de
Washington devenant officiellement le 45e president des
Etats-Unis.                                                                        
Les applaudissements éclatent à chaque fois que le président promet « de ramener les emplois » dans le pays, « d’embaucher et d’acheter américain », de « redonner sa grandeur au pays ». Mais l’enthousiasme, mesuré, semble loin de la ferveur des meetings de campagne. Comme si la réalité de l’élection avait déjà un peu douché les rêves de révolution, soulevés par le candidat.
Dans la foule, presque exclusivement blanche – à l’image du nouveau gouvernement, qui ne comporte qu’un Afro-Américain et aucun Hispanique –, les profils les plus extrémistes côtoient les républicains traditionnels en quête de « changement ».


Venus spécialement de San Diego, en Californie, un groupe d’adolescents rétifs semble incarner la frange la plus radicale du « mouvement trumpiste ». Sans un sourire, Chris, 18 ans, la casquette « Make America Great Again » largement baissée sur les yeux, résume en trois mots le programme qu’il attend du président : « Populisme, nationalisme, constitutionnalisme. » Sa copine, Johanna, 16 ans, même casquette, ajoute qu’il faut « une vraie frontière avec le Mexique  pour stopper les illégaux et les délinquants ».

A peine plus âgés, mais venus de Pennsylvanie, Kody Sitch et Eric Miller sont intarissables sur les dégâts de l’assurance-santé mise en place par Barack Obama. Les deux jeunes hommes attendent une abrogation rapide de « cette loi qui oblige le citoyen à acheter quelque chose même s’il n’en veut pas, sous peine de payer une amende ». Quelques heures plus tard, le président Trump accède à leur demande : sous les caméras, il signe un premier décret présidentiel permettant la déréglementation de certains aspects de l’Obamacare, dont les pénalités.

Discours inaugural de Donald Trump  (DISCOURS COMPLET)
Une courtoisie de  (C-SPAN


Mais parmi ceux qui ont fait le déplacement en famille ou entre amis, certains dépassent la caricature du « redneck », l’électeur rural et peu éduqué qui a permis la victoire de M. Trump. « Qu’on arrête de nous prendre pour des illettrés de la campagne. Avec Internet, on lit les mêmes journaux qu’à Washington ou New York, désormais », s’insurge Kathleen, conservatrice issue d’une famille libérale. Sur un coup de tête, cette infirmière de 65 ans et sa fille Jessica, employée dans l’agriculture, ont sauté dans un avion la veille pour venir du Minnesota :
« On est là pour dire aussi qu’on en avait assez qu’Obama nous parle comme à des gosses sur un ton condescendant, nous expliquant ce qui est bien pour nous. »

Donald Trump et sa femme Melania arrivent à la
Maison Blanche le 20 janvier
Même énervement pour Tim Ebersoli, retraité de l’armée, venu de Pennsylvanie. « Trump a gagné car les gens en avaient assez du système, pas parce que l’Union soviétique les a influencés », lance-t-il en référence aux interférences dans la campagne, attribuées à la Russie.
Au fil de la journée, quelques heurts ont éclaté dans la ville entre trumpistes et contestataires, mais les rencontres fortuites entre les deux camps se sont généralement soldées par des ricanements et des doigts levés.
Dès l’aube, des dizaines de petits groupes, sortis en silence de nulle part, s’étaient engouffrés en plein cœur de Washington vers les points de contrôle donnant accès aux festivités. Une coalition hétéroclite de militants anti-Trump s’était rassemblée derrière un collectif baptisé « Disrupt J20 » (« Désorganiser le 20 janvier »).
Les manifestants anti-Trump sur la Pennsylvania Avenue
Devant les grillages de la 10e Rue, les premiers gaz lacrymogènes ont été lancés par les forces de l’ordre, lorsqu’un groupe du collectif The Future is Feminist a tenté de bloquer la rue pour empêcher les badauds d’entrer sur le Mall. Au total, quelque 200 personnes ont été interpellées, une limousine brûlée et quelques vitrines brisées.
Noel Schroeder, 30 ans, tenue noire et bandeau de la même couleur sur la tête, est une des fondatrices de ce groupe d’activistes, créé quelques jours après la victoire du candidat républicain. « Nous avions une telle rage qu’il fallait faire quelque chose, explique-t-elle. La victoire de ce type remet en question notre société tout entière. Qu’il s’agisse de la démocratie, du droit des femmes, des minorités… Nous voulons montrer que nous sommes là dès le premier jour d’entrée en fonctions du président. »
Une même envie de prendre date a incité Nicolas Doulos, 27 ans, d’origine grecque, à faire le voyage depuis San Francisco. Il était venu en 2009 pour Barack Obama. De son portefeuille, il sort un ticket de métro de Washington avec l’effigie de l’ancien président imprimé, à l’époque, pour l’occasion. « Je voulais être  ici, simplement protester. C’est une satisfaction passagère, mais on a l’impression d’être un peu moins seul. »
Cedric et Monique, couple afro-américain venu du Maryland pour voir défiler  leur fils Cedric II, qui joue dans la fanfare, ne sont pas là pour manifester contre Donald Trump. Ils sont calmes mais « inquiets pour l’avenir ». « Il va falloir repenser  notre investissement politique. Je travaille dans la santé et suis effarée par les propositions de Trump, qui veut supprimer l’Obamacare. Les gens qui ont voté pour lui ne se rendent pas compte. La casse va être énorme », prédit Monique, qui n’a pu retenir une larme au moment de la prestation de serment de M. Trump. « Voir partir Obama est quelque chose que j’ai du mal à avaler », glisse-t-elle.

Melania et Donald Trump accompagnent Michelle et Ba
rack Obama jusqu'à l'hélicoptère qui va les emmener sur
la base aérienne d'Andrews, avant que le couple s'envole
pour des vacances à Palm Springs (Californie).               
Avant de se rendre en Californie, l'ancien président a prononcé un dernier court discours sur la base aérienne d'Andrews, où il a remercié les personnes qui l'ont soutenu. « A tous ceux qui ont lutté pas selon pour améliorer les écoles », qui ont aidé les vétérans, « vous tous qui avez fait un travail remarquable, souvent dans l'ombre (...) nous ne pourrions pas être plus fiers de vous. (...) Je serai là avec vous pour poursuivre l'aventure", a-t-il déclaré.
Dans son discours lors d’un déjeuner au Congrès après la prestation de serment, Donald Trump a rendu respect à son prédécesseur et, contre toute attente, a rendu également un hommage appuyé  à Hillary Clinton, sa rivale battue à la présidentielle,   Bill et Hillary Clinton, ont assisté aux cérémonies d'investiture du 45e président des Etats-Unis. Donald Trump  a offert une standing ovation à son ancienne adversaire, qu’il promettait, dans sa fin de campagne électorale, de jeter en prison. "J'ai été honoré d'apprendre que l'ancien président Bill Clinton et Hillary Clinton étaient venus aujourd'hui et je voudrais que vous vous leviez", a déclaré Donald Trump devant des invités debout qui ont applaudi le couple Clinton, à la fin du déjeuner de parlementaires du Congrès organisé après la prestation de serment du nouveau chef de l'exécutif américain.

Par Herve Gilbert

Sources de référence : leMonde.fr, Lefigaro.fr


Quelques photos historiques du 20 Janvier 2017

Les Obama quittent le Capitole






La salle, dans le Capitole.AFP
L'assiette de Donald TrumpAFP


Barack Obama a quitté le Bureau ovale, pour la dernière fois.