Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Thursday, February 2, 2017

Raquel Pélissier, de miraculée à Miss Univers

Raquel Pélissier, première dauphine du concours Miss Univers

Dimanche soir, alors que le pays était accroché à la télévision et branché sur le Net pour suivre la retransmission de la 65e édition du concours Miss Univers, sans qu'on s’attende à un miracle, Magalie Pélissier, la mère de Raquel Pélissier, trouvait, elle, une bonne raison pour échapper à la pression qui pesait sur elle. «J’ai pris un livre et je me suis mise à la lecture. Je n’ai pas allumé la télé», dit celle qui probablement ne s’attendait pas à un tel exploit de sa fille, qui a été consacrée première dauphine du plus grand concours international de beauté. Les quatre-vingt-six postulantes étaient, aux yeux de Magalie Pélissier, les unes plus performantes que les autres. « C’est à partir du moment qu’elle est entrée dans le top 13 que j’ai commencé à regarder», témoigne-t-elle. À ce stade, Magalie Pélissier qui est connue comme écrivaine et comme peintre, était déjà satisfaite. « C’est une bonne visibilité pour Haïti», estime-t-elle, soulignant qu’il y à longtemps qu’on n’est pas arrivé à ce stade du concours. On doit remonter à 1975 pour voir une postulante haïtienne remporte le titre de première dauphine d'un concours mondialement reconnu.

Du pouvoir de sa détermination
Belle, intelligente et humble, Raquel Pélissier n’avait pas un chemin tout tracé devant elle. Au contraire. Si elle s’était laissé faire par les mésaventures de sa vie, elle n’en serait pas là aujourd’hui. « Raquel a de la détermination», confie sa mère avant de partager la triste et poignante histoire de la deuxième dauphine du concours Miss Univers. Raquel Pélissier a flirté avec la mort en passant par le coma et la paralysie. Elle est tombée dans un coma pendant vingt et un jours à l’âge de trois ans, raconte sa mère. Quand elle est revenue, elle était paralysée pendant une semaine».

Magalie Pélissier n’a jamais été trop dure avec sa fille en ce qui a trait à ses performances à l’école. Son médecin avait prédit qu’elle ne pourrait jamais apprendre à l’école. Son cerveau avait diminué de volume. «Elle s’est surpassée», se réjouit Magalie Pélissier dont la fille est aujourd’hui détentrice d’une licence en recherche scientifique qu’elle a décrochée à Universidad Complutense à Madrid, en Espagne, fait un Master en Optométrie. Raquel parle couramment l’espagnol et l’anglais à côté du français et du créole. Elle était plus fière que tout le monde et reconnaissante envers Dieu quand sa fille ramenait des carnets avec des étoiles à la maison. «Raquel Pélissier ne voulait pas avoir de limite», soutient sa mère.

Les trois finalistes au concours
Avant d’être sacrée première dauphine du concours Miss Univers, Raquel Pélissier avait été couronnée Miss Haïti Univers en août dernier. Au moment de quitter l’Espagne pour venir participer au concours pendant tout l’été, elle était sûre qu’elle allait le remporter. « Je rentre en Haïti pas seulement pour te voir mais pour mon couronnement, m’avait-elle dit», rapporte sa mère, qui avait été surprise par son niveau de positivité.



Participer au concours Miss Univers n’a pas été son idée. Mais Magalie Pélissier ne s’est pas non plus opposée à la volonté de sa fille. « Quand elle m’a fait part de son intention, je lui ai dit que je n’ai pas d’objection dans la mesure où cela n’allait pas nuire à ses études». La jeune fille avait bénéficié de tous les supports de ses parents pour partir recevoir les formations requises en Colombie, à New York et en Bolivie. « Le talent est un art mais le succès ne s’obtient que par le travail», argumente Magalie Pélissier, auteure à succès de la série " Dis-moi comment recevoir ".. Elle invite au passage les organisateurs des concours de beauté à s’assurer de la formation des postulantes avant de les envoyer au concours Miss Univers qu’elle surnomme «l’abattoir» dans la mesure où seules les plus justes seront sauvées.

«Raquel Pélissier est vice-reine, c’est pour moi tout le principe éducatif que son père et moi lui avons inculqué», se félicite la maman de la première dauphine qui se trouve encore aux Philippines en attendant son contrat avec les organisateurs de la compétition.

Source: Le Nouvelliste
Auteur:Danio Darius
Illustrations:HCC

Raquel Pélissier répondant à la dernière question