Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Thursday, August 10, 2023

France – Fini le temps de la prédation aveugle!

L'Afrique - le cauchemar qui enlève le sommeil à Macron
 


Par Max Dorismond


 



France ! Ô France ! Le temps passe et s’efface mais, pour toi, c’est le statu quo. Rien n’a changé. Pour vivre au-dessus de tes moyens, tu pilles, tu voles, tu assassines surtout les plus faibles. Je sais bien que tu fais partie de l’Europe, qui fut, par le passé, le continent le plus sauvage par ses prédations et ses pillages. Mais, s’il te plaît, dépose le marteau, l’Afrique n’est plus un clou, la victoire de la force ne saurait être toujours au rendez-vous. Ne sois pas le dernier des Mohicans ! 

Le Mali, la Guinée, le Burkina Faso et, maintenant, le Niger te défient, en dégommant, sans coup férir, tes marionnettes. Le monde, nullement étonné, appréhende une réaction violente de ta part, vu la perte de tous les avantages qui t’échappent, l’espace d’un cillement. Réfléchis avant d’envoyer tes bombardiers. L’exploitation de l’autre ne saurait être éternelle. Il doit y avoir une fin. Et c’est maintenant. L’Afrique n’entend pas rire ! 

Par ricochet, plusieurs nations ne te voient point dans leur plan, pour avoir chambardé l’ordre établi en escroquant les plus faibles sans remords, en amplifiant une immigration hors de contrôle, résultant de ta couardise en Libye, ayant conduit à l’assassinat du colonel Kadhafi et à la déstabilisation du Sahel. Au moment venu, malgré leur hypocrisie, elles te laisseront tomber. 

Nous l’avons perçu aujourd’hui dans les commentaires cinglants de la première ministre italienne, Giorgia Meloni à propos du Niger. (voir la vidéo). Tu as franchi les limites de l’acceptable au point de vue humanitaire. Ne vous êtes-vous jamais posé la question à savoir : pourquoi les djihadistes avaient-ils surtout ciblé l’Hexagone ? 

La conférence: où est de Gaulle ? Absent !

Eh France! Chère France, la victoire ne te sourit plus depuis belle lurette! En faisant le tour de l’histoire, nous avons la preuve, dans les temps moderne, que tu as perdu plus de guerres que tu en as gagnées. La France héroïque, dont parle la rue, réside dans la littérature et dans le rêve des poètes. Souviens-toi de la débandade à Waterloo le 15 juin 1815, de la déculottée reçue aux mains des esclaves d’Haïti en 1803, de ta déroute surprenante en un mois devant l’armée d’Hitler en mai 1940, de l’obstination humiliante des trois puissances alliées qui refusaient de voir figurer De Gaulle dans la photo de la Conférence de Yalta, en février 1945, le portrait mythique des vainqueurs de la seconde grande guerre1, évoquant le destin des vaincus. Nous n’avons pas oublié la dégelée que tu as reçue à la guerre d’Indochine, les Vietcongs déterminés t’ayant foutu une raclée historique à la bataille de Diên Biên Phu, qui consolida ta défaite totale le 13 mai 1954 et, plus récemment, la résistance hors norme de la Syrie de Bachar el-Assad, face à tes ambitions, etc… 

En un mot, cette France, qui effarouchait et menaçait les plus faibles de l’Afrique, n’impressionne plus grand monde aujourd’hui. Face à une jeunesse instruite, bien imbue de l’exploitation démesurée de son continent, des abus sans commune mesure, des assassinats de 21 des présidents qui avaient osé s’opposer à tes desiderata, le temps est venu pour toi de choisir entre une guerre contre un continent entier et le risque de te retrouver sur le banc des renégats. 

Tous les autres colons d’autrefois avaient accepté de mettre bas les masques depuis les années 60 pour octroyer leur indépendance aux damnés de la terre. Toi, tu utilises les techniques les plus déroutantes pour arnaquer tes anciens sujets avec des astuces malhonnêtes, comme les oreilles de singe dénommées Franc CFA, le support militaire bidon, le droit de préemption ou droit de premier refus sur toute nouvelle matière première découverte, le remboursement pour Bienfaits coloniaux reçus, une réminiscence de l’indemnité qu’ Haïti avait dû payer durant plus de 100 ans. 

Hier encore, L’Allemagne dédommageait la Namibie, son ancienne colonie, pour exactions subies, en s’excusant au passage. France ! Ô France ! as-tu déjà pensé un jour à épeler ces deux simples mots : réparation et regret ? 

À titre d’exemple contraire, je me permets de rapporter le cas du Botswana, une colonie britannique, très pauvre, qui avait découvert sur son territoire, une mine de diamant, quelques mois avant de signer son acte d’indépendance en septembre 1966. L’Angleterre la laissa partir, sans imposer quoi que ce soit sur sa nouvelle richesse. Dans ton cas, tu aurais sauté à la gorge de cette minuscule nation ! 

Aujourd’hui, le Botswana demeure un exemple de réussite aux yeux de tous. Il exploite et contrôle ses pierres précieuses, sans interférence étrangère. Il n’est chapeauté par personne et se développe sans contrainte, sans armée anglaise dans ses talons, sans intrusion néocoloniale dans ses affaires. Aucun terroriste, aucun assassinat de président, aucun coup d’État ne colorent son horizon. Un film « A United Kingdom » a été réalisé en 2016 pour magnifier cette réussite. On peut le visionner en français sur Youtube. 

Dans le cas de la France, qui contrôle encore ses anciennes colonies, c’est le dénuement assuré. Si vous avez la chance, comme moi, de visiter ces places, vous allez tomber des nues. À part la Martinique qui demeure une contrée chanceuse avec un air d’opulence, en raison des Français qui s’y incrustent en masse, toutes les autres incarnent une vision tiers-mondiste où la misère crasse a élu domicile. La France vit au-dessus de ses moyens et rêve en couleur. Elle possède des territoires d’outre-mer, juste par folie de grandeur. 

En conclusion, ce triste constat m’autorise à penser que les anciennes colonies françaises sont condamnées à la précarité, à moins de l’émergence de nouveaux Spartacus, à l’instar de Toussaint Louverture ou de Dessalines. On peut toujours rêver! 

Max Dorismond

  – NOTE —

1 — La France n’a tout simplement pas été invitée à Yalta. Symboliquement, le pays n’est donc pas considéré comme un vainqueur. Un revers cinglant pour le général de Gaulle, qui espérait redonner à la France son rang de grande puissance en se plaçant en position d’arbitre entre les Alliés américains et britanniques d’une part, et les Soviétiques d’autre part. Amer, il ruminera, dans ses "Mémoires de guerre": Qu’on s’abstint de nous inviter me désobligeait sans nul doute, mais ne m’étonnait aucunement." (Src. : Journal L’OBS du 16 juillet 2015 par Renaud Février).

Friday, April 22, 2016

Quand la corruption déstabilise une nation (Part-1)

Par Max Dorismond
Max Dorismond
Un sage chinois, il y a de cela plusieurs siècles, conseiller de son Empereur, confia à ce dernier, « si vous voulez détruire un pays, inutile de lui faire une guerre sanglante qui pourrait durer des décennies et coûter cher en vies humaines. Il suffit de détruire son système d’éducation et d’y généraliser la corruption. Ensuite, il faut attendre vingt ans et vous aurez un pays constitué d’ignorants et dirigé par des voleurs. Il vous sera très facile de les vaincre ».

A méditer cet oracle, on se sent interpellé  en contemplant le tableau national  aujourd’hui : un morceau de l’enfer surpeuplé voguant à la dérive dans la mer des Antilles. La seule île de la zone, invisible la nuit, à vol d’oiseau, faute d’électricité. Une terre fossilisée, retournée à l’âge de pierre. Un sous-développement chronique sans équivalence dans le coin. Un peuple affamé qui ne produit presque rien et commande même son riz, son sucre et son café à l’extérieur… La liste est non-exhaustive.

La corruption, comme la prostitution, est un des travers de toute société en général, pauvre ou riche. Elle s’avère être une des tares du genre humain, c’est une évidence. Elle conduit des États fragiles tout droit à la déliquescence. Mais en Haïti, c’est à nul autre pareil. Elle est érigée en système, du privé au public. De tout temps, depuis la naissance du nouvel État, ce schème de malversation a toujours habillé le décor. D’ailleurs, c’est ce qui a coûté la vie à J.J. Desssalines, pour avoir osé réclamer des kidnappeurs de la nation quelques lopins de terre pour les frères nègres dont les pères sont restés en Afrique.
  
Une affaire de famille
Dans les lettres d’un ingénieur polonais, Josef A. Grekowicz, envoyé par une compagnie  française en Haïti en 1881 pour effectuer une étude sur une éventuelle installation de chemins de fer, on note ce sempiternel constat : « Ils (les haïtiens) sont insouciants au plus haut degré... Ainsi, par exemple, aujourd’hui il est haut fonctionnaire bien rétribué, il a l’occasion de s’approprier quelque fond public ou privé (c‘est ce qu’ils ne manquent jamais de faire)... Ils sont, sauf quelques exceptions, menteurs, voleurs et mendiants... Sur le rapport politique, ils se divisent en deux partis : les gouvernements et les aspirants à gouverner, ce qui signifie tout simplement : avoir la douane à sa disposition… Tous les généraux rêvent de devenir président et le reste veut devenir général ou employé de la douane. Et il paraît que  c’est le véritable motif de toutes les révolutions qu’ils font…  Je n’ai pas la prétention de connaître le pays, mais en jugeant par les choses qui me sont connues, je suis arrivé à la conviction qu’il est condamné à périr ». Triste annotation! En 1881 ou en 2016, rien n'a changé sous le ciel d'Haïti.

Cette mentalité de prédateurs puise sans doute son origine dans la culture du marronnage, corollaire de l’esclavage. En fait, l’esclave marron ou en fuite ne comptait que sur lui-même et sur son clan pour subsister. Il vivait de rapines et d’expédients, d’où sa propension à s’accaparer de tout, car son lendemain est hypothétique. Malgré tout, dans le marronnage sévissait un paradoxe : ce fut la solidarité, le partage et le sens du caractère. Ce qui est loin d’être l’apanage des pilleurs d’aujourd’hui. En dépit de tout, faut prendre en compte que l’esclave-soldat a fondé un pays neuf dans lequel il ne possédait rien. La paix venue, les meilleures propriétés ont été accaparées ou plutôt kidnappées par les généraux et les anciens libres, parfois avec de faux documents… etc. Les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Donc, l'Haïtien a été à bonne école depuis le début. Il n’a pas su se délester de l’instinct du nègre marron. Il en est tributaire. Cette tendance s’est perpétuée dans le temps et le vice s’est fait chair. Est-ce vraiment la raison à l’origine de cet état de fait? Face à la démence, l’esprit se berce d’illusion. On ne sait à quelle logique se référer pour en déterminer la relation de cause à effet.

Quand, dans la vidéo, « Femmes de dictateurs - les grandes dépensières femmes », l’avocat  Jacques Salès expose, entre mille exemples, le chèque de 21 millions $ transféré à Michèle Bennett, quand, selon Radio Zénith et d’autres médias de chez-nous, les dribbles de Martelly et compagnie sur les terrains de foot rénovés leur permettent de sacrifier l’essentiel à l’insignifiant pour mieux empocher des dizaines de millions US, on est en droit de s’interroger sur la viabilité de ce pays. Et pourtant, ce même Martelly, en mai 2011, lors d’un dîner officiel avec Mme Clinton, alors secrétaire d’État des USA, avait juré que : « Sous mon gouvernement la corruption ne sera pas de mise… Je vous garantis les résultats ». (Lire mon texte de l’époque : « Corruption - Martelly a-t-il les moyens de ses ambitions »).  Personne n’ose interroger les contrevenants. A l’inverse, ces nombreux coups fumants et électrisants s’inscrivent au palmarès des braconniers comme une preuve de leur haute « intelligence ». Ils se congratulent et se félicitent de leurs superbes passes. Ils remuent ciel et terre, torpillent les élections, achètent le CEP au comptant pour que le nouvel élu soit l’un des leurs, question de garantir leur immunité. Les futurs présidents ou les futurs fonctionnaires  se voient déjà dans le coup. Ils se frottent  les mains. La recette du pasé pran-m, ma pasé pran- w a droit de cité. C’est un défi à relever. La concurrence oblige, ils sont condamnés à prouver plus tard qu’ils sont les meilleurs champions en empochant beaucoup plus que leurs devanciers. Cette mentalité de pharaons nous porte à penser que ces gens évoluent avec l’éternelle idée ou la secrète pensée qu’ils auront, le moment crucial venu, deux cercueils, l’un pour leur dépouille et l’autre pour leurs millions. Comme tel, ils érigeront une pyramide à la bêtise pour enfouir la fausse monnaie de leurs rêves. D’ailleurs, plusieurs de ces détrousseurs s’imaginent revenir un jour au pouvoir, car, ils  se voient déjà réincarnés.

Correction chez les autres
Pour répéter Robert Klitgaard, « la corruption commence dans une société, quand ce sont les gens sans vergogne qui triomphent,  lorsqu’on admire les méchants, lorsque les principes disparaissent et que seul règne l’opportunisme, lorsque les insolents gouvernent et que le peuple accepte cela,  quand tout se corrompt mais que la majorité se tait parce qu’elle attend sa part de gâteau ». Avec les médias sociaux le statu quo change de camp. De plus en plus de voix se réveillent. Plus près de nous, en Amérique latine, au Pérou, l’ex-président Fujimori est en prison pour corruption. Au Brésil, idem, l'ex président Lula risque d’être enfermé, la présidente actuelle Dilma Rousseff s’énerve. Elle est sur une pente descendante… Au Canada, en 2016, des ministres, des maires et d’autres ex-officiels piaffent d’inquiétude dans l’antichambre du cachot…etc. En Haïti, c’est le calme plat. On se la coule douce. Tout le monde roupille. Vive l’indifférence, c’est l’insouciance personnifiée. Très compréhensible, les nouveaux cleptomanes n’ont aucun intérêt à brasser la cage.  Qui adore  se tirer dans les pattes ? Ils sont condamnés à protéger leur futur. Nul ne peut compter sur eux pour enrayer ce fléau des mentalités.  (Lire la suite ici...)

Max Dorismond mx20005@yahoo.ca
20 Avril 2016