Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Friday, March 8, 2013

Le président Hugo Chávez a marqué les esprits dans son pays et bien au-delà...

Le président Hugo Chávez a marqué les esprits dans son pays et bien au-delà...
 
28 juillet 1954 - 5 Mars 2013
 
Vainqueur des quatre élections auxquelles il a participé depuis son arrivée au pouvoir, Hugo Chávez est mort le mardi 5 Mars 2013. La maladie ne lui aura pas laissé le temps de profiter de son triomphe électoral, alors qu’il avait été réélu pour un nouveau mandat de six ans, le 7 octobre 2012. Réduit au silence au cours des trois mois qu’a duré son agonie, Il n’avait pas été en mesure de prêter serment et son investiture du 10 janvier avait été repoussée sine die par le gouvernement; une décision avalisée par le Tribunal suprême de justice (TSJ), mais contestée par l’opposition. Victime d’un cancer dans la région pelvienne, découvert en juin 2011, pour lequel il avait été opéré 4 fois , le président Hugo Frias Chávez a rendu l’âme dans un Hôpital militaire de Caracas, le  mardi 5 Mars à l’âge de 58 ans.



 
Un bref rappel de sa biographie : né d'une famille très modeste  dans les basses terres  de Sabaneta près de la cordillère des Andes,   Il est le second fils d'une famille de sept enfants.  Hugo Chávez Frías a vécu une enfance difficile, « mais heureuse », selon ses propres mots. Il vendait des sucreries caramélisées dans la rue pour aider sa famille et, comme des milliers d'autres jeunes, il s'amusait au base-ball et au softball  en sortant de l'école, tout en espérant de devenir un joueur professionnel. Dès son jeune âge, Hugo Chávez s'intéressait à la vie, à l'idéologie, ainsi qu'aux écrits de Simón Bolívar.   Plus tard, à l'âge de 17 ans, il rejoignait l'armée vénézuélienne. En 1974, Chávez faisait partie d'une délégation de jeunes cadets et soldats  qui se rendirent  à Ayacucho, au Pérou afin de commémorer le 150e anniversaire de la bataille de Ayacucho. Là-bas, ils furent personnellement accueillis par Juan Velasco Alvarado, radical de gauche ainsi que le président péruvien  d'alors . Velasco  remit à chacun d'eux comme cadeau, une édition de poche  en miniature de "La Revolución Nacional Peruana" (La Révolution nationale péruvienne) .

Chavez à sa sortie de prison en 1994
Chávez s’attacha à ce livre et aurait à la fois étudié son contenu,  lequel bouquin qu'il gardait constamment sur lui. Cependant, il perdit le livre après son arrestation lors du coup d'État  raté de 1992 au Vénézuela contre le président Carlos Andrès Péres. Pour en finir, rappelons qu'au  moment  de son arrestation , Chávez  était au grade de lieutenant colonel; il fut jeté en prison pendant deux ans . A sa sortie de prison au bout de deux ans, il fonda un parti politique d’orientation socialiste, le Mouvement Cinquième République, et est élu président du Vénézuéla en 1998.
Charismatique, hyperactif, fervent catholique et admirateur du libérateur Simon Bolivar, le président Chávez a continuellement bénéficié de forts taux de popularité, malgré l’hostilité farouche que lui vouaient ses opposants, qualifiés de «traîtres» depuis la tentative de coup d’Etat de 2002.
Pourfendeur de «l’impérialisme yankee», même s’il n’a jamais cessé ses livraisons de pétrole aux Etats-Unis, Hugo Chávez se présentait en héritier du leader cubain Fidel Castro et cultivait une image iconoclaste en prenant régulièrement la défense de dirigeants controversés, tels que le Libyen Mouammar Kadhafi, l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad ou le Syrien Bachar al-Assad.

La nouvelle de sa mort a été rapidement commentée sur toute la planète. Sur la scène internationale, les réactions n’ont pas tardé. Les pays d’Amérique du Sud ont été les premiers à s’exprimer. De nombreux journaux à travers le monde ont mis la mort de Chavez à la Une de leurs éditions.
L'onde de choc a été plus forte sur le continent sud-américain, au Vénézuéla bien sûr, mais aussi chez ses voisins proches. Les quotidiens américains rappellent souvent dans  leurs titres que c'est un des pourfendeurs de l'Amérique qui disparaît.  Les principaux  alliés latino-américains du Vénézuéla ont salué la mémoire du président Hugo Chávez, qualifié d'«homme exceptionnel» dont «la perte est irréparable» pour l'Amérique latine et les Caraibes, tandis que le président américain Barack Obama a estimé que le Vénézuéla «entame un nouveau chapitre de son histoire».

En Haiti, dans un communiqué de presse , le président Martelly « a exprimé sa consternation suite au décès du chef de l'Etat du Vénézuéla, Mr Hugo Chávez , ce mardi 5 mars 2013, après une longue maladie courageusement supportée». le chef de l'Etat a rendu un vibrant hommage  à ce grand ami qui n'a raté aucune occasion pour exprimer sa solidarité en faveur du peuple haitien dans ses moments les plus difficiles. A travers le programme PetroCaribe, le président Chávez a contribué grandement à l'exécution de grands chantiers à travers le territoire national. La mort du président Hugo Chavez est certainement une très grande perte pour le Vénézuéla et pour Haiti . «Nous transmettons nos sympathies au peuple et au gouvernement vénézuéliens ». Nous avons perdu un frère et un grand ami d'Haiti a t’il poursuivi . Et nous avons appris que le gouvernement d’Haiti a décrété trois jours de deuils en mémoire de ce grand leader.

Ouvrons  ici une hypothèse  en cette circonstance pour souligner la grande admiration de Chavez à l’endroit d’Haiti. Dans une de ses allocutions annuelles face à la nation, le 16 Janvier 2010, et suite au tremblement de terre qui a dévasté Haiti, il a repeint la situation d’Haiti face à ce qu’il qualifie d’impérialisme …. Il nous a révélé pourquoi Haiti est si pauvre ?  Alors,  nous vous invitons à l’entendre jusqu’à la fin en cliquant sur la fenêtre suivante : la traduction française est sous-titrée pour ceux parlant le français.

 
Haiti est le produit net du colonialisme, de l'impérialisme et des interventions militaires

Le régime communiste cubain a décrété un deuil national de trois jours en hommage à son principal allié politique et économique qui avait été hospitalisé durant deux mois à Cuba, avant son retour à Caracas à la mi-février. «Chávez est aussi Cubain ! Il a senti dans sa chair nos difficultés et nos problèmes et a fait tout ce qu'il a pu, avec une extrême générosité, Il a accompagné Fidel (Castro) comme un véritable fils et son amitié avec Raul (Castro) est profonde», a indiqué le gouvernement dans un communiqué.
Le président Barack Obama a affirmé que les Etats-Unis soutenaient les Vénézuéliens après la mort de leur dirigeant, et espéré des «relations constructives» avec le futur gouvernement de ce pays. «Au moment où le Vénézuéla entame un nouveau chapitre de son histoire, les Etats-Unis continuent à soutenir des politiques qui soutiennent les principes démocratiques, l'Etat de droit et le respect des droits de l'homme», a conclu le dirigeant américain.

Oliver Stone
Pourtant  aux Etats-Unis, Hugo Chávez avait  ses fans aussi. L’acteur engagé Sean Penn a rendu un hommage à Chávez, estimant que les personnes pauvres de la planète avaient «perdu un champion» et les Etats-Unis eux-mêmes ont perdu un ami qu’ils ont toujours ignoré. A Hollywood, le réalisateur américain Oliver Stone, supporteur de longue date d'Hugo Chávez, a affirmé qu'il «restera à jamais dans l'Histoire».

L’ancien président Jimmy Carter de son côté, a fait  également l’éloge du défunt, pour sa « courageuse affirmation de l’autonomie et l’indépendance des gouvernements d’Amérique latine », ses « formidables talents de communication » ou encore la « réduction de moitié du taux de pauvreté au Vénézuéla, ». Tout cela, en reconnaissant tout de même « les divisions créées dans l’élan pour le changement au Vénézuéla et le besoin de guérison nationale ».

Au Congrès même, Chavez s’est trouvé quelques rares  admirateurs, comme le représentant démocrate de New York Jose Serrano : Le Président Chavez était un leader controversé. Mais au fond, il était un homme parti de très peu qui a utilisé ses talents et dons uniques pour essayer d’aider les gens et les communautés pauvres.
 
«C'était un homme hors du commun et fort, qui regardait vers l'avenir et qui était toujours extrêmement exigeant envers lui-même», a de son côté déclaré le président russe Vladimir Poutine.
La Chine a affirmé mercredi qu'elle considérait Hugo Chávez comme un «grand ami», les deux pays ayant tissé ces dernières années de fortes relations commerciales. «Le président Chávez a été un grand leader du Vénézuela ainsi qu'un grand ami du peuple chinois». Il a contribué de façon importante aux relations amicales et fructueuses entre la Chine et le Vénézuéla», a déclaré Hua Chunying, la porte-parole de la diplomatie chinoise.
Le président bolivien Evo Morales , au bord des larmes, s'est dit lui «anéanti par le décès du frère Hugo Chávez», depuis le palais présidentiel à La Paz. Il a indiqué qu'il se rendrait au Vénézuéla dans les prochaines heures.
«Quand les passions s'apaiseront , il ne fait aucun doute que le monde entier reconnaîtra la grandeur d'un homme extraordinaire, courageux, plein d'amour et d'héroïsme», a déclaré le président équatorien Rafael Correa, la voix brisée, lors d'une allocution.
 
Le gouvernement du Nicaragua, également membre comme la Bolivie et l'Equateur de l'Alliance bolivarienne des Amériques (Alba), inspirée par le président vénézuélien, a estimé que «les hommes exceptionnels et formidables comme Hugo Chávez ne meurent jamais».
«Le gouvernement brésilien n'a pas toujours été intégralement d'accord avec le président Chávez mais sa disparition représente une perte irréparable. Il était un ami du Brésil et du peuple brésilien», a pour sa part affirmé la présidente de gauche Dilma Rousseff .

«Avenir meilleur et plus prometteur» .«J'ai confiance dans le fait que son amour de la patrie et son engagement pour la cause des plus défavorisés continuera d'illuminer le futur du Vénézuéla», a de son côté déclaré son prédécesseur à la tête du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva.
En Colombie, le président Juan Manuel Santos a exprimé son «profond regret» pour la mort de Hugo Chávez, rappelant qu'il avait apporté un soutien important pour le processus de paix avec la guérilla marxiste des Farc.
Le président français François Hollande souligne qu'il a «profondément marqué l'histoire de son pays». «Il «exprimait, au-delà de son tempérament et de ses orientations que tous ne partageaient pas, une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement» .
Au Chili, le président Sebastian Pinera a notamment souligné le rôle joué par son homologue vénézuélien dans la création de la Celac (Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes), l'entité régionale fondée lors du Sommet de Caracas en décembre 2011 et dont le premier sommet s'est déroulé à Santiago le 28 janvier, en son absence. «Nous avions des différences mais j'ai toujours su apprécier la force, l'engagement avec lequel le président Chávez luttait pour ses idées», a-t-il conclu.
En Iran, le président Mahmoud Ahmadinejad a vu en Chávez un «martyr pour avoir servi son peuple et protégé les valeurs humaines et révolutionnaires», affirmant que le président vénézuélien avait succombé à «une maladie suspecte». «Je n'ai pas de doute qu'il reviendra, aux côtés du vertueux Jésus et de l'Homme parfait», ajoute-t-il, en référence à la croyance des chiites duodécimains sur le retour de leur douzième imam, le «Mahdi», disparu au VIIe siècle et qui doit réapparaître avec le Christ pour sauver le monde et apporter la paix sur Terre.
 
Le régime syrien a rendu hommage à l'un des seuls dirigeants dans le monde à avoir apporté son soutien à Bachar al-Assad face au soulèvement en Syrie qui s'est transformé en rébellion armée. «Chavez a toujours soutenu les droits légitimes arabes, y compris face au complot contre la Syrie et il avait à maintes reprises exprimé sa solidarité avec la direction et le peuple syriens face à l'attaque impérialiste sauvage», indique l'agence officielle syrienne Sana en annonçant son décès. Sana souligne que Chavez «avait dénoncé les pressions américaines sur la Syrie» et rappelle que sous sa direction les relations entre les deux pays avaient évolué «dans tous les domaines, au service des intérêts des peuples des deux pays sur la base d'une coopération constructive».
Au Canada, le Premier ministre Stephen Harper a estimé que le décès du président Chávez ouvre une période de transition qui doit permettre aux Vénézuéliens d'accéder à «un avenir meilleur et plus prometteur».
«Je compte sur le fait que le Vénézuéla prenne un nouveau départ après ces jours de deuil», a réagi le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle. «Le Vénézuéla a un fort potentiel et la démocratie et la liberté sont les bons moyens pour concrétiser ce potentiel». «La mort d'Hugo Chávez est une césure profonde pour le Vénézuéla», a-t-il également jugé. «Nous nous associons à la douleur de la famille du défunt et au deuil du peuple vénézuélien», a-t-il ajouté                                              
«En tant que président du Vénézuéla pendant 14 ans, il a marqué les esprits dans son pays et bien au-delà», a pour sa part réagi le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague.
«La Palestine dit adieu à un ami loyal qui a défendu passionnément notre droit à la liberté et à l'autodétermination», a déclaré Nabil Shaath, en charge des relations extérieures du mouvement palestinien Fatah. «Le président Chávez a sans cesse travaillé non seulement pour la dignité et la gloire de son Amérique latine bien aimée, mais aussi pour tous les peuples opprimés, y compris la Palestine, un pays qu'il gardait dans son cœur», a-t-il ajouté.
A New York, le Conseil de sécurité de l’ONU a observé mercredi une minute de silence avant de commencer ses travaux en hommage au chef de file de la gauche radicale latino-américaine dont les provocations et les traits d’humour ont souvent franchi les frontières de son pays.

La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles: On a beau la prier, la cruelle qu'elle est se bouche les oreilles. Et nous laisse crier... Rarement un chef d'Etat aura suscité autant de passion. Chávez a fait exister le Vénézuéla sur le plan mondial. Remplacer Chávez en tant que personnage est impossible. Nouveau Bolivar, défenseur du petit peuple et des valeurs de gauche pour certains, dictateur adepte du culte de la personnalité pour d'autres, Hugo Chávez restera un personnage marquant de l'histoire du Vénézuéla. Le chavisme peut-il survivre après Chávez ? Il est trop tôt pour le savoir, mais il est sûr qu'il ne disparaîtra pas du jour au lendemain.

par Hervé Gilbert herve.gilbert@gmail.com  

Sources de référence : AFP, Libération

Dans la même rubrique :
La réaction mondiale à la mort Hugo Chavez mort en vidéo : http://www.bbc.co.uk/news/world-latin-america-21680571

Les moments mémorables de Hugo Chávez :
http://www.bbc.co.uk/news/world-latin-america-20712033

La viste de Chavez en Haiti : http://cggilb.wix.com/haiticonnexionnetwork#!news-nouvelles