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Wednesday, October 26, 2016

La France n’entend pas lâcher l’Afrique (Part-1)

Par Max Dorismond Mx20005@yahoo.ca



Dates d'indépendance des pays africains
Pour saisir la portée de ce mariage imposé, il vous faut un résumé de la relation France-Afrique. Après la seconde guerre mondiale, les colonies ne veulent plus rester sous les crocs de leurs carnassiers. Profitant d’un programme de L’ONU prônant la paix dans le monde, bien des pays d’Afrique ont pu découvrir à partir des années 60 les bienfaits de l’indépendance. En 1960 précisément, 18 pays l’ont obtenue d’un coup1. Pour d’autres ce fut plus tard. Toutefois, pour certains, ce ne fut pas des lendemains heureux, surtout sous la férule des maîtres français et belges, la coupure ne s’est pas opérée en criant « ciseaux ». Quelques exemples des exactions et malversations méritent d’être commentés. 

Au départ, certaines conditions drastiques ont été dictées aux cessionnaires. Plusieurs évènements malheureux ont été enregistrés. La frilosité avait enveloppé l’Hexagone à l’idée de perdre ses poules aux œufs d’or. 

Ahmed Sekou Touré
premier président de la
république de la Guinée 
Sekou Touré de la Guinée opta en 1958 pour l’indépendance. L’administration française ne l’entendit pas de cette oreille, décida de tout saccager, de tout détruire dans le pays, ce qui « représentait à ses yeux les avantages de la colonisation ». Dans un semblant de dégoût, 3000 Français laissèrent la Guinée et emportèrent « tout ce qui pouvait être déplacé », avec l’intention d’effrayer la population. Mais le président, fort de sa décision, maintenait que «  nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence de l’esclavage », le fameux et cher « pito nou lèd nou la » dans le créole haïtien.

Quatre ans plus tard, pour se libérer à son tour, le prudent Sylvanus Olympio président de la République du Togo, trouva une solution moins honorable en acceptant de conserver le système monétaire, le FCFA2, décidé par la France, de  payer une dette annuelle pour les « soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation ». Le Togo ne sera pas détruit, mais, en 1963, la dette coloniale grevait son budget de près de 40%. Étranglé, Condamné à la pauvreté, le pauvre Togo se récusa et décida en dernier lieu de créer sa propre monnaie pour sa survie. Le 13 janvier 1963, à la sortie des premiers billets, Sylvanus fut assassiné. Il fut exécuté par Étienne Gnassingbé, un sergent de l’armée, ex-légionnaire français qui reçut au passage 612,00$ de l’ambassade française locale.

Patrice Lumumba: un héros pour
l'Afrique.                                     
Ce fut le même scénario pour Modibo Kéïta du Mali en 1962. L’Élysé trouva en la personne de Moussa Traoré, un autre ancien légionnaire de l’Académie de Fréjus au sud de la France, l’exécuteur du coup d’état fatal, le 19 novembre 68. De coups d’état en assassinats le continent n’a jamais bénéficié d’une interruption. Souvenons-nous de Patrice Lumumba du Congo-Belge, de Laurent Bagbo de la Côte-d’Ivoire, de David Dacko de la République Centre-Africaine, Thomas Sankara du Burkina-Faso..., s’il ne faut citer que ceux-là. Depuis 1958 l’Afrique a connu 89 coups d’état et 22 présidents assassinés. Faut ajouter un 90ème, en 2004, celui de Jean Bertrand Aristide, pour avoir osé réclamer à la France les 21 milliards (Valeur actuelle) qu’elle nous avait volés après notre indépendance. Ainsi se termina la vie ou la carrière de tous ceux qui s’avisèrent de gouverner indépendamment du plan dessiné par les « vrais »  propriétaires de l’Afrique.

Une indépendance sur papier:
Thomas Sankara
Les conditions d’acceptation de l’indépendance par la France ne se font pas dans les dentelles. Désespérée, après le déluge d’indépendances de la décennie 60, cette dernière a enclenché un dernier frein. C’est ainsi que, jusqu’à aujourd’hui, 14 pays africains sont obligés de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France, sous le contrôle du ministère des finances. La langue et le système éducatif français doivent être maintenus. Les ententes militaires et les préférences commerciales ne peuvent être annulées. À propos de la langue française, il a été démontré qu’elle est « un vecteur de pauvreté » assuré. Sur le continent africain, toutes les anciennes colonies francophones ont la misère en héritage. A travers le monde, plusieurs en ont fait le constat et s’arrangent pour se dédouaner de ce maudit véhicule. Tel est présentement le cas du Rwanda, du Vietnam et de plusieurs autres pays qui ont opté pour la langue de Shakespeare.

Le président Sassou Nguesso dépense un million de Fcfa
sur les vêtements qu'il ne porte qu'une fois.                    
Le colon francophone suit naturellement son instinct  et n’applique qu’un seul postulat : exploiter, piller et transporter le magot chez lui pour transformation. Aucun retour sur exploitation. Aucune retombée ne sera prise en compte pour les locaux. L’avenir de l’autre n’ébranle jamais leur conscience. La France conserve un droit de priorité ou droit de premier refus  sur toute ressource brute ou naturelle découverte dans un pays. Les réserves monétaires nationales des pays africains ont été maintenues par la France depuis 1961, sans droit de regard sur le contrôle. « Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenue par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement ».


Les réserves de l'Afrique en France
L’Union Européenne, malgré leur muette complicité, ne cesse de crier au scandale. Les Africains peuvent emprunter seulement 20% de cette réserve. S’ils en veulent plus, la France a un droit de véto. Ils doivent emprunter de leur propre réserve à des taux commerciaux. Les entreprises françaises avaient la priorité dans la construction des marchés publics et des infrastructures. Les officiers supérieurs des armées des ex-colonies devaient être formés en France. D’où l’épidémie des coups d’état. Selon une autre annotation, « Accords de défense attachés », la France a le droit d’intervenir militairement dans le pays.  L’on estime que cette dernière détient 500 milliards de dollars de l’argent des pays africains dans sa trésorerie au point que Jacques Chirac3 aurait déclaré en 2008 : « Une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément depuis des siècles de l’exploitation de l’Afrique». Et son prédécesseur, François Mitterrand avait déjà prophétisé : « Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’histoire au 21ème siècle ». 

Le FCA: Franc des colonies françaises d’Afrique
En réalité, avec arrogance et sans vergogne, les Européens se conduisent en Afrique comme dans leur fief et les Africains s’étaient résignés à subir ce revers du destin. Le choix était très mince, car les dirigeants qui ne s’y conformaient pas étaient déstabilisés ou assassinés. Les anciens maîtres se montraient complaisants pour les plus coopératifs. Ces handicapés visuels sont soutenus et récompensés, grâce à un style de vie somptueux, tandis que leur population endurait la misère et le désespoir, au point où certains lucides  se posent cette outrageuse question : « La fin du colonialisme français a-t-elle réellement eu lieu ? »

Pour votre édification, voir ci-dessous, à la note 4, un lien relatif à une vidéo à propos d’un discours, en 1883, du Roi Belge, Léopold II, s’adressant à ses évangélistes et missionnaires avant leur départ pour l’Afrique. (A suivre).

Par Max Dorismond Mx20005@yahoo.ca

Chronologie de la décolonisation de l'Afrique — Wikipédia
FCFA : franc des colonies françaises d’Afrique
Jacques Chirac - l'argent de l’Afrique 
4- Le fameux : Discours ignoble du Roi LEOPOLD II au Congo Belge en 1883 - Durée : 7:23. AfriQue-Afro 59 064 vues