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Tuesday, July 31, 2018

Les raisons de la reconnaissance d'Haiti par les USA.

 Par Jacques Casimir ( Pasteur D'Amoulio)
 majac14@hotmail.com

Avant -Propos : Les Historiens des États-Unis, repris par les autres historiens dans le monde ont clamé qu'Abraham Lincoln a aboli l'esclavage aux États-Unis, a milité pour l'émancipation des noirs et a finalement reconnu l'indépendance d'Haïti 60 ans après que Jean Jacques Dessalines ait proclamé l'indépendance unilatérale de pays. Pourquoi il a posé ces actes ? Qu'elles étaient ses motivations ? Quel était l'avantage, le prix politique de ces décisions ? Dans une série de cours, nous allons répondre à ces questions non soulevées par les Historiens.

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Abraham Lincoln 
Les peuples noirs anciennement colonisés ne sont ni victime de leur race, ni de leurs langues, ni de leur culture, ni de leurs religions, ni de leurs croyances, ni de leur histoire. Ils sont plus tôt esclaves de leur ferme certitude dans leur Histoire écrite et falsifiée pour eux par les colons, leurs anciens maîtres.

Nous avons déjà dit que la rumeur ancestrale n'est pas l'histoire. La rumeur ancestrale, c'est l'histoire écoutée aux portes de la légende. Nous ne pouvons pas toujours rester les bras croisés à croire tout ce qui a été dit, sans jamais requestionner l'histoire. Le chercheur historien conséquent se doit d'apporter des preuves, de citer ses sources ses références afin de rétablir les faits. La reconnaissance d'Haïti par le gouvernement américain et l'abolition de l'esclavage aux États-Unis sont deux faits indissociables dans les desseins machiavéliques  d'Abraham Lincoln et de son gouvernement.

Pourquoi les deux faits sont indissociables ? 
Faire le commerce non-officiel, (la contre-bande) au lieu d’officialiser la reconnaissance d'Haïti, a fragilisé l’indépendance de la jeune nation, il a été hors de question pour les États-Unis de signer un accord commercial avec cet important partenaire, ce qui lui aurait octroyé une reconnaissance internationale. La concurrence, la part grandissante du marché haïtien occupée par La France, l'Angleterre, l'Italie et la pression des hommes d'affaires américains sur le gouvernement de Lincoln l'a contraint à céder. Comment reconnaître un pays né d'une révolte d'esclaves en maintenant l'esclavage aux USA ? Le plan de Lincoln était beaucoup plus fourbe. C'était là le dilemme!

Les esclaves ne pouvaient pas voyager sans l'accord de leurs maîtres, il faut donc leslibérer massivement pour pouvoir après s'en débarrasser. Au-delà de toute considération humanitaire et des droits de l'homme de ce président qu'on nous a fait avaler depuis1862, c'est la possibilité de coloniser les noirs libres en Haïti qui poussa Abraham Lincoln à demander au congrès des États-Unis à reconnaître Haïti, ne soyons pas dupe.

Preuves : la rencontre d'Abraham Lincoln en août 1862 avec une délégation de Washingtoniens noirs a toujours été cruciale pour les personnes intéressées à évaluer les points de vue de Lincoln sur la race et sur l'avenir des Afro-américains aux États-Unis. Lors de cette réunion, le président a déclaré aux cinq délégués que : « Vous et nous sommes des races différentes » et qu'il était « préférable pour nous deux . d'être séparés ». Lincoln espérait que la région de Chiriquí de ce qui est aujourd'hui le Panama serait une destination propice pour les Afro-américains, dont il doutait qu'il soit en mesure de jouir de la prospérité et de la paix aux États-Unis. La réponse des abolitionnistes noirs à la proposition de colonisation de Lincoln est également bien connue. Des hommes comme Robert Purvis et Frederick Douglass l'ont dénoncé, accusant Abraham Lincoln de racisme en insistant pour que les Afro-américains exigent des droits et de l'égalité dans la nation de leur naissance. Les mois à venir renforceraient la logique de leur position. Lincoln n'avait pas le choix de publier la Proclamation d'émancipation des noirs américains pour ensuite reconnaître à contre-cœur l'indépendance d’Haïti. Ce sont les preuves qui démontrent que les deux faits sont indissociables et le rôle d'Haïti dans la libération des noirs américains. 

1) RÉF : Auteur Kate Masur Titre : The African American Delegation to Abraham Lincoln: a reappraisal (la délégation Afro-américaine et Abraham Lincoln, une réevaluation) Indices de recherche :complete work of Abraham Lincoln 1809-1865 (publication de 1905 Georgetown University USA).2) RÉF: Auteur : Claire Bourhis-Mariotti Titre : Les Nois américains et Haïti 1804-1893.

Ne s'avouant pas vaincu, il voulait vraiment débarrasser les États-Unis des noirs. Le 30 septembre 1862 à la demande du président Abraham Lincoln, son secrétaire d'État,William Henry Seward rédigea et envoya plusieurs lettres à l’attention des puissances européennes notamment : l'Angleterre, la France, les Pays-Bas, le Danemark et les nouvelles Républiques d'Amérique centrale et du sud, leur signalant que le président Lincoln était prêt à entrer en négociation avec toute nation se déclarant intéressée à accueillir des noirs américains en leur sein ou dans leurs colonies tropicales le cas échéant, sans grand succès.

1) Sources The Lincoln Heritage (bibliothèque du Congrès des Etats Unis) indices de recherche: diplomatic correspondance 1861-1865 2) Sources : The destiny of America. Speech of William H. Seward, at the dedication of Capital University, at Colombus, Ohio, September 14, 1853 3) Sources: Papers relating to the foreign relations of the United States / transmitted to Congress with the annual message of the President. 1863, part 1. Washington Government printing Office 1864 (ces documents se trouvent aussi à la New-York public Library pour consultation)

Impossible pour Lincoln de suivre l'exemple du président Monroe de 1822 pour la création du Liberia, l'Afrique étant déjà occupé par les autres puissances coloniales et pour se débarrasser des noirs américains et occuper Haïti par procuration, Abraham Lincoln à fait la tentative d'installer dans un premier temps les Afro-américains sur l'île haïtienne de l'Île à Vache pour pouvoir plus tard occuper complètement Haïti en installant une élite noire américaine au service des USA à l'exemple du Liberia et de la Sierra Leone pro britannique. Mené par des spéculateurs et des financiers de Wall Street sous l'égide de l'administration Lincoln, une première vague de 453 colon noirs ont quitté la Virginie en avril 1863 avec l'espoir d'une nouvelle vie prospère en Haïti, en juin de cette même année plus de 800 autres ont fait le voyage. L'objectif était d'installer 5000 noirs américains sur cette île et ensuite déterminer des points de chute à travers Haïti pour installer le reste de la population Afro-américaine. L'aventure s'avéra désastreuse, car la colonie était ternie par la maladie, sans soutien administratif des USA et la rébellion farouche des Haïtiens contre cette occupation. En deux ans, 350 des émigrés sont retournés au États-Unis, en lambeaux, marqués par l'expérience. Alors que les récits historiques dominants entourant la colonisation ont largement mis l'accent sur les mots de Lincoln à l'appui de tels projets, l'échec tangible de l'Île à Vache fournit un exemple de la colonisation américaine et le non-respect de l'indépendance d'Haïti.

1)RÉF :Auteur Graham D. Welch Titre : Île à Vache et Colonisation : la fin tragique de la "folie suicidaire" de Lincoln (Université de Georgetown) 2) RÉF : Auteur James D. Lockett,Titre : Abraham Lincoln and Colonization: An Episode That Ends in Tragedy at L'Île à Vache, Hayti, 1863-1864,)
Qui a aidé Lincoln dans son plan d'expulser les noirs Américains en Haïti pour ensuite coloniser ce pays ?

Nous avons cité le pasteur noir Américains James Théodore Holly dans notre cours : le chemin des origines 3ème partie comme un traître potentiel à la cause Haïtienne. Les archives déclassifiés du département d'État des USA et les écrits de ce dernier apportent les preuves.

Dans ses écrits, le pasteur James Theodore Holly, déclara, citons le :« Haïti a besoin des qualités spécifiques des noirs américains, ils doivent guider le peuple haïtien vers la civilisation.» De fait, il comparait souvent les noirs des États-Unis aux noirs d'Afrique et d'Haïti soulignant la position inférieure de ces derniers, en utilisant des termes très fortement péjoratifs.Thomas Jefferson, président des USA de 1801-1805 et de1805-1809, figure de la liberté et propriétaire d'esclaves, signalait que d'Haïti provenait le mauvais exemple; et il disait qu'il fallait "confiner la peste dans cette île". Son pays l'a écouté. Les États-Unis ont mis soixante ans pour accorder la reconnaissance diplomatique.(Donald Trump n'est pas le premier à Humilier les Haïtiens et les Africains,Thomas Jefferson a été l'initiateur. le pasteur James Theodore Hollya continué, il a laissé des preuves écrites. Donald Trump a suivi les pas de ses prédécesseurs).Voir notre cours Titre- Où est la malédiction.

Dans un rapport qu'il avait remis au gouvernement américain, indiquant qu'Haïti pouvaitaccueillir 10 millions d'habitants et pressait les Afro-américains à immigrer vers ce pays, Holly minimisait l'importance des droits civiques pour les noirs aux États-Unis, il poursuit en disant ceci : « Considérant que l'obtention de ces droits sur le sol américain n'apporterait rien aux noirs. Au contraire la mission des noirs américains d'aller civiliser Haïti avait une portée universelle.»

Le pasteur Holly nègre de service conclut dans son troisième rapport sur Haïti, citons l'auteur : « Si les américains blancs anglo-saxons étaient bien les peuples élus de Dieu d'une mission civilisatrice dans l'hémisphère ouest, les noirs américains quant à eux sont également investis d'une mission civilisatrice auprès leurs frères de couleur, haïtiens et africains.»

1) RÉF : Auteur : James Theodore Holly Titre : Toughts on Hayti Number IV ( The Anglo-African Magazine vol 1 No 9, September 1859) 2) RÉF : Auteur : James Theodore Holly Titre : Toughts on Hayti Number VI June 1861. 3) RÉF: Auteur :Quarles B Titre : Lincoln and the Negro (New-york Oxford University Press 1962) 4) Sources The Lincoln Heritage 1861-1865 (ces documents sont disponibles à la bibliothèque du congrès de USA et en copie au département d'histoire de l'Université Columbia New-York pour consultation gratuite)

Qu'est-ce qui a empêché Abraham Lincoln et son gouvernement d'occuper militairement Haïti ? 

Bien qu’Haïti fût en rapport avec toutes les puissances coloniales, les esclavagistes des États-Unis continuaient à lui garder rancune. En 1863, le Président Géffrard, reprenant la politique de Dessalines, entreprit de faire reconnaître la neutralité de l'île d’Haïti. Ses démarches, accueillies avec bienveillance par les principales puissances de l’Europe, n’aboutirent pourtant pas : les États-Unis et le gouvernement d’Abraham Lincoln refusèrent de participer à ce traité. Reconnaître la neutralité d’Haïti le rendrait inattaquable. Lincoln voulait attaquer militairement Haïti et le soumettre malgré qu’il ait reconnu l’indépendance de ce pays.

Le président Lincoln et le Pasteur Holly avaient un adversaire de taille, l'Honorable Sénateur du Massachusetts Charles Sumner, l'homme qui s'était assuré de la reconnaissance d'Haïti par le Sénat américain en 1862. En tant que président du comité des relations étrangères du Sénat de 1861 à 1871, il s'opposa avec sa coalition à toutes les tentatives de Lincoln pour occuper Haïti. Battu et menacé de mort par ses adversaires, il n'abandonna pas sa lutte contre l'esclavage. Les impérialistes ont la suite dans les idées et n'abandonnent pas facilement. Un des successeurs de Lincoln, le Président Ulysse S. Grant, changea de tac-tic, il proposa d'occuper la république Dominicaine en conflit avec l'Espagne, mais le but visé était d'occuper militairement Haïti. Dans un vote de 1871, la coalition de Charles Sumner s'opposa et gagna le vote au Sénat, il déclara :« L'annexion de Santo-Domingo par les États-Unis menace la liberté et l'indépendance d'Haiti.»

Il poursuit en disant ceci :« l’Union devait se recueillir, se corriger, panser ses plaies plutôt que de songer à étendre indéfiniment ses limites, laissons Haïti vivre en paix et dans la liberté.»

Suite à ce vote du Sénat US contre l'occupation militaire d'Haiti, le parlementhaïtien dans une loi du 27 juillet 1871, le portrait de Charles Sumner fut placé à la chambre des députés d'Haïti et une avenue de la capitale haïtienne porte encore aujourd'hui son nom. À sa mort, le 11 mars 1874, le drapeau haïtien sur les édifices publics resta trois jours à mi-mât en signe de deuil.

1) Sources: bibliothèque du congrès des États-Unis, Charles Sumner Speeches (Indices de recherche : les votes année 1871)2) RÉF: Anne-Marie Taylor Titre: Charles Summer and the Legacy of the American enlightenment 3) RÉF: Auteur Ralph Waldo Emerson Titre The Assault on Mr Sumner (Washinton DC Usa 1904) 4) RÉF : Auteur : l'historien Jacques Nicolas LégerTitre : Haïti et la révision ( Port-au-Prince, Paris, publication de 1885, document des archives nationales d'Haïti)

Il va sans dire que la non-reconnaissance des États-Unis de cette jeune nation pendant 60 ans a ralenti son insertion dans le système international et son acceptation dans le concert des nations. Pris de peur de la contagion de la liberté des noirs, les États-Unis et les autres puissances coloniales ont isolé Haïti, ce qui est un des facteurs du sous-développement du pays. Contrairement à ce que l'on nous a fait croire depuis 1861, la guerre de sécession aux États-Unis n’a pas été entreprise pour détruire l’esclavage, elle a été entreprise pour vaincre la rébellion du sud; mais il se trouvait que cette rébellion ne pouvait être vaincue, si l’esclavage ne l’était pas. 

L'assassinat de Lincoln et le vote perdu au Sénat par le président Ulysse S.Grant ont reporté de quelques décennies l'intervention militaire sanglant et génocidaire de l'armée américaine en Haïti. On nous a toujours fait croire qu'Abraham Lincoln était un champion de la liberté. De quelle liberté et pour qui ? Ce sera à vous d'en juger.

Le Pasteur James Theodore Holly, de par ses écrits et avec des documents et des archives à l'appui était le noir de service, le père et l'instigateur de l'intervention militaire américaine en Haïti. Il a toujours rêvé de soumettre Haïti pour devenir gouverneur de ce pays, mais l'histoire et les faits ont décidé autrement.

Thursday, August 24, 2017

Il y a 53 ans : les Vêpres de Jérémie

PAGES SOMBRES DE L’HISTOIRE D’HAITI.

Tout bon citoyen doit  bien comprendre son passé pour mieux aborder l’avenir. Surtout pour nous, Haitiens qui cherchons notre voie après bien des soubresauts et des violences de notre histoire. Haïti Connexion Culture continue ses reportages historiques  sur les pages sombres de notre histoire.

Le régime Duvalier (Père et fils)
Après qu’il se fit autoproclamer président à vie, le 14 juin 1964, l’ex-dictateur François Duvalier entreprit une véritable chasse aux sorcières dans plusieurs régions du pays, notamment le Sud-Est et la Grand'Anse. Des massacres ont été commis par les sbires de Duvalier pour asseoir sa dictature. Les plus célèbres ont été ceux de Mapou, Thiotte, Grand-Gosier, Belle-Anse et les Vêpres de Jérémie à partir du 5 Août 1964. Ce 5 Août 2017 ramène le 53e anniversaire de ces massacres. On s’en souvient ! Pour les commettre, François Duvalier utilisa les membres des Forces Armées d’Haïti (FAD’H) et les Tontons macoutes, une autre force paramilitaire établie à cette fin. Voici donc la chronologie des faits pour l’édification du grand public.

Du mois de juin au septembre 1964, à la suite d’une infiltration, le 24 juin 1964, dans la région du Sud-Est, d’une guérilla anti-Duvaliériste basée en République Dominicaine, les macoutes et l’armée déclenchent une vaste opération de répression et exécutent environ 600 personnes dans les localités de Mapou, Thiotte, Grand-Gosier et Belle-Anse. L’une de ces tueries est passée dans la mémoire populaire comme le « massacre des paysans de Thiotte ». Les macoutes exécutent hommes, femmes, enfants, nouveaux-nés et vieillards soupçonnés d’avoir aidé les rebelles ou de ne pas leur avoir résisté. Plusieurs familles comptant des dizaines de membres sont entièrement exterminées. Un enfant, âgé de neuf ans, réussit à s’échapper, mais arrêté quelques jours plus tard puis conduit au Palais National, il aurait été tué personnellement par François Duvalier.

Trois des 27 personnes tuées lors des Vêpres
En août 1964, un autre événement est connu sous le nom de «Vêpres de Jérémie ». À Jérémie, sud-ouest du pays, des soldats de l’ex- Forces Armées d’Haïti menés par l’officier William Regala, les Lieutenants Abel Jérôme et Sony Borges et par les macoutes Sanette Balmir et St.Ange Bontemps tuent 27 personnes (hommes, femmes et enfants), appartenant toutes à des familles de mulâtres éduqués ; alors que tous les exécuteurs sont des proches des personnes tuées. Plusieurs familles de Jérémie dont Sansaricq, Drouin et Villedrouin sont exterminées. Un enfant de quatre ans, Stéphane Sansaricq, est torturé devant sa mère avant d’être tué. Les macoutes Sony Borges et Gérard Brunache éteignent leurs cigarettes dans les yeux d’enfants en pleurs.

Les 13 membres du groupe Jeune Haïti
Le 5 août 1964, à la suite de l'entrée sur le territoire haïtien de treize membres (un noir et douze mulâtres) du groupe « Jeune Haïti » dans le sud du pays, François Duvalier, dans le cadre de sa politique noiriste, va ordonner des représailles contre les mulâtres de la ville de Jérémie. Les haines et rancœurs accumulées au cours des décennies contre ces derniers servent de prétexte aux ordres donnés par Williams Regala aux agents militaires et aux Tontons macoutes de tuer. Vingt-sept personnes, issues de deux familles des membres de Jeunes Haïti, sont massacrées dans la ville de Jérémie. Les treize membres du groupe Jeune Haïti sont traqués, tués sur place ou emmenés et exécutés en public dont deux devant le cimetière de Port-au-Prince. Aux mois d'août, septembre et octobre de nombreuses mulâtresses, femmes, vieillards et enfants sont torturées puis tuées. En récompense, Williams Regala est promu général. En 1986, après le départ de Jean-Claude Duvalier, il est devenu membre de la junte au pouvoir  du général Henri Namphy.

A l’occasion du 50e anniversaire des Vêpres jérémiennes, au début mois d’Août 1964, un comité de devoir de mémoire a été institué par des proches des victimes. Ce Comité a annoncé un ensemble de manifestations pour commémorer cette date sombre dans l’histoire du peuple de Jérémie. Le lundi 4 août 2014, une veillée de prières était organisée à la Cathédrale Saint-Louis à Jérémie. Une messe du souvenir a été aussi célébrée au même endroit, ce mardi 5 août 2014, suivie d’un pèlerinage vers le mausolée des victimes. Une conférence-débats, suivie de l’inauguration d’une exposition-souvenir sur les 13 membres de « Jeune Haïti » et les Vêpres de Jérémie de 1964, est annoncée pour le mercredi 6 août 2014 à la bibliothèque Carl Edward Peters de Jérémie.


Des films documentaires comme « L’homme sur les quais » de Raoul Peck, « Le règne de l’impunité » d’Arnold Antonin et « Wòch nan solèy » de Patricia Benoit ont été projetés à cette bibliothèque, respectivement les 7, 8 et 9 août 2014. Des représailles ont été orchestrées par François Duvalier contre treize membres du groupe « Jeune Haïti », dont des mulâtres, après leur entrée dans la ville de Jérémie, en août 1964.

Lors des massacres, des stylets et des cigarettes ont même été utilisés comme instruments de torture à l’encontre des enfants par des macoutes avides de sang. Capturés par les macoutes, Marcel Numa et Louis Drouin sont torturés et fusillés à Port-au-Prince, en pleine rue, devant le cimetière, en novembre 1964. Duvalier exigea la présence des employés de l’État, du secteur privé, des élèves de toutes les écoles (préscolaire, primaire, secondaire) et des étudiants de différentes facultés sur le lieu de l’exécution pour qu’ils en furent témoins. Quelle horreur ! Des orchestres populaires furent contraints de s’y rendre pour jouer de la musique. Des boissons gratuites furent distribuées en la circonstance. Les cadavres tombés en putréfaction au vu et au su de tous furent détachés des poteaux après seulement plusieurs jours. Ce sont donc là les atrocités commises par des membres des ex-forces Armées d'Haïti sous l’ordre du dictateur François Duvalier.

Auteur Isabelle L Papillon
Illustrations : HCC