Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Saturday, December 28, 2013

Dr. Exama – Déconstruisons le mythe du Nègre (Part 1)


Je vous dis merci de nous avoir dessillé les yeux. Merci d’avoir converti votre colère en un programme utilitaire aux victimes et aux adeptes du racisme malgré eux. Merci d’être l’artiste qui a déconstruit avec sagacité et une patience infinie, à travers votre livre," la couleur de la peau - Entre le mythe et la réalité", ce faux sentiment de supériorité qui biaise la vérité autour de mensonges qui ont contribué à la somme des malheurs de l’humanité.
Face au drame – la stigmatisation
Dr.Aroll Exama
Foudroyé par la désobligeante remarque du nouvel administrateur de son Centre de recherches, à propos de sa couleur de peau, le Dr. Aroll Exama enclenche de sérieuses et exhaustives recherches pour ériger un monument littéraire déstructurant une supercherie érigée en système. Ne cassant pas sa chaîne pour grimper dans les rideaux, entre deux maux, il a choisi le moindre, en entreprenant un travail d’éducation et de démystification d’un comportement malhonnête, non dénué d’intérêts à priori. Chaussant les bottes des plus grands humanistes  du 19e et 20e siècle qui ont combattu ce mythe ravageur, tels Anténor Firmin (De l’égalité des races humaines - 1885), Albert Jacquard (Éloge de la différence - La génétique et les hommes - 1978)(Tous différents, tous pareils – 1991), Cheikh Anta Diop (Nations Nègres et culture – 1955), il a façonné et matérialisé sa vision avec lucidité dans l'essai  sus-mentionné.
Le malencontreux  rendez-vous – L’ostracisme
Docteur en Biotechnologie alimentaire, dirigeant un groupe de recherches au Nouveau-Brunswick, (Canada), Exama se voyait déjà au paradis, adoré par ses pairs et apprécié par ses collègues, quand un matin, il voit disparaître sous ses yeux le rêve de sa vie : présider l’institut qu’il dirige par intérim. Dans un discours d’un autre siècle, le gestionnaire, fraîchement embauché, lui fit savoir qu’il ne peut pas présider le centre à cause de la couleur de sa peau, comme si être noir était un délit ou un crime en soi. « Pour le bien du Centre, ajouta le ridicule personnage, il ne concevait pas qu’un Haïtien puisse diriger des Acadiens1  et occuper le poste le plus élevé d’une telle institution, ne serait-ce que temporairement ».
Métamorphoser son échec en un cadeau du ciel
Sur les rives du lac gelé de Témiscamingue le soir de Noël.
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Il ne faut jamais considérer certains échecs comme un mal incontournable. Au contraire, c’est le moment ou jamais de jeter un regard rétrospectif sur le film de la situation, d’analyser les causes  du revers, de les répertorier, de les inventorier pour répartir à neuf au lieu de se laisser morfondre dans la dépression. Sur cette dimension, l’œuvre du docteur m’accroche. Face à la déception,  Exama a plongé tête baissée dans les bibliothèques à la recherche des causes fondamentales de cette bêtise collective qu’est le racisme. Il a eu le flair de réaliser un travail journalistique en vérifiant si certaines idées admises aveuglément correspondent à la réalité. L’ample bibliographie visitée pour annihiler cette contradictoire conviction ne laisse aucun doute sur le sérieux de sa démarche. Il a démonté pièce par pièce la complexité de la fausse doctrine de la hiérarchie des races, à l’avantage supposé de certains « faux supérieurs2 » qui ignorent jusqu’à la raison de ce comportement contre-nature et au bénéfice assuré des « faux inférieurs2 » qui feraient table rase de leur doute  à la lecture de cette manne providentielle mise à leur disposition.
Le scientifique condamné à retrouver la lumière
D’entrée de jeu, après avoir répertorié une liste anecdotique d’incidents raciaux à titre de mythes au premier chapitre, Aroll Exama se rabat sur la Constitution écrite spécialement pour le monde moderne : La Bible. Il l’a épluchée avec délectation pour découvrir que les exégètes, (ce que l’auteur définit comme les promoteurs chrétiens de la suprématie raciale), de tout poil s’en sont servis à tout vent pour mettre les plus faibles au service des plus forts, au nom de la sacro-sainte infériorité des races. La célèbre métaphore de la Genèse 9 : 24-25, en l’occurrence, la Malédiction de Cham qui n’a jamais parlé des Noirs en a eu pour son rhume. Elle n’a pas résisté à ses analyses. Selon l’auteur, « Bien que le pape et l’Église catholique aient autorisé l’esclavage des noirs, les marchands et propriétaires d’esclaves ont été parmi les premiers à évoquer ce passage pour justifier (le besoin) d’avoir réduit les Africains en esclavage pour des raisons autres qu’économiques ». (Page 32).
Une encyclopédie d'erreurs

La famille Exama
Face à cette litanie d’erreurs découvertes sur cette pseudo supériorité, l’excursion de l’auteur l’entraîne vers la filière scientifique où il démontre que la fameuse Théorie de l’Évolution des espèces de Charles Darwin a été utilisée à des fins contraires auxquelles elle était destinée. Les Nazis s’en étaient servis en partie pour promouvoir leur triste formulation de la hiérarchie de la race aryenne pour étayer leur domination en commençant par l’élimination systématique  des juifs, des noirs, des tziganes, des handicapés….etc. Ce qui entraîna en Allemagne, dès 1933,  la promulgation des textes de lois promouvant la stérilisation de certains sujets, l’orientation des mariages, la mise à l’écart de certaines ethnies….entre autres.

Soirée de Noël de Max Dorismond et famille
  à Témiscamingue. Cliquez  pour l'agrandir.    
En se tournant vers la sociopolitique, l’auteur a savamment démontré ce que beaucoup savaient déjà : que les Égyptiens de l’époque des pharaons étaient des noirs  africains venus du sud de la région de l’Éthiopie. Mais au nom de la théorie de l’intelligence innée, « les maîtres » du monde moderne ne sauraient acceptés que l’Afrique noir soit le berceau d’une civilisation évoluée.  Sauf les « ignares » l’auraient acceptée au détriment de leurs intérêts propres. Les raisons économiques commandent un énoncé tout autre. Au début, tout savant ou archéologue osant dire le contraire fut banni ou emprisonné.
Aujourd’hui, la démocratie a hérité d’un autre nom. Grâce à la science moderne, nul ne peut emprisonner les contredisants. Les résultats concluant du carbone 14 et de l’ADN ne laissent aucun doute. La thèse de l’origine noire et africaine des Égyptiens a été prouvée. Parmi plusieurs exemples, le 24 avril 2004, une sommité, John Hunwick, un américain blanc, de surcroît, présenta dans le New York Times une étude sous le titre « When Timbuktu was Paris of islamic intellectual in Africa ». Il démontra sans ambages, comment la ville de Tombouctou, au 14e  siècle a été un centre de littérature et de commerces avec 80 librairies abritant des manuscrits d’Afrique du Nord, d’Arabie et de Perse entre autres. Les faux spécialistes de l’Afrique ne l’ont jamais démentie. (A suivre)
Max Dorismond  mx20005@yahoo.ca
Témiscamingue (Qc.) (sur les rives du lac gelé)
25 Décembre 2013
Note
1-   Les Acadiens forment une minorité importante dans la province canadienne du New-Brunswick. Ils sont présents sur le territoire depuis le XVIIe  siècle.
2-   Faux supérieur, Faux inférieur : expression utilisé par J. Anténor Firmin dans son « Essai sur l’Égalité de la race humaine – 1885 », en réplique à J. Arthur Gobineau dans sa croisade raciste « De l’inégalité des races humaines - 1835 ». Elle a été utilisée aussi par Martin L. King.

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