Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Monday, October 10, 2022

Editorial - La stratégie du Core Group suit sa partition musicale en Haïti

Les pays membres du Core  Group 

Personne n’est dupe. Même le plus idiot parmi les idiots comprend le jeu de ces néo-colonialistes. Telle à travers une barrière trouée, les armes de tout calibre laissent les USA pour rentrer en Haïti en toute liberté, dans toutes les conditions possibles et imaginaires.

Dans un pays où les terroristes arabes ne peuvent bouger sans être inquiétés, car tout est strictement contrôlé électroniquement aux doigts et à l’oeil, on remarque que le commerce des armes se fait au p’tit bonheur sur les quais de Miami. C’est la liberté délibérée. Tout peut s’embarquer en chantant vers Haïti. En veux-tu, en voilà! En crise perpétuelle. C’est une île bordélique.

 Au pied du mur, avec un connard de Premier ministre à sa tête qui n’a de premier que la lettre « P », pour un être vidé de sa substance, sans envergure, sans compétence, Haïti a perdu le nord et entraîne le peuple sur son chemin de Damas. Se sentant la potence déjà installée, appréhendant sa fin prochaine, en panique, Ariel se retourne vers son maître et lui réclame assistance. Qui l’aurait cru? 

Washington s’y attendait depuis des mois. Il avait créé le chaos dans ce but. Fier de sa stratégie, il va rentrer en habituel maître, pour continuer son oeuvre de sape. Il ne manquait que ses sangsues pour tirer la dernière substance de ce peuple à genoux. Le choléra est déjà de retour.

HCC         

Profitant de la crise du carburant en Haïti, les États-Unis envisagent une intervention internationale.

Source :  Miami Herald - Traduction  HCC

L'administration Biden étudie les appels à la création d'un corridor humanitaire en Haïti pour briser le blocus du carburant par des bandes armées et protéger l'acheminement de l'aide alors que le pays est confronté à l'une de ses pires crises sanitaires, énergétiques et sécuritaires depuis une génération.

Dr Ariel Henry 
Premier Ministre de facto
Des responsables de la Maison Blanche et du Département d'État ont reconnu vendredi qu'une multitude de conversations avaient eu lieu au cours de la semaine écoulée sur la détérioration de la situation en Haïti. La confirmation d'une épidémie mortelle de choléra dans un contexte de troubles civils généralisés et le blocage pendant des mois par des gangs puissants des ports du pays et du principal terminal pétrolier, Varreux, ont suscité des appels à une action internationale.

Jeudi, le Bureau intégré des Nations unies à Port-au-Prince a lancé un appel à la création d'un "couloir humanitaire" et, vendredi, le Premier ministre par intérim, Ariel Henry, a publié officiellement dans le journal officiel du gouvernement, Le Moniteur, que son gouvernement avait pris une décision l'autorisant à demander et à obtenir l'aide des partenaires internationaux du pays pour "le déploiement immédiat d'une force armée spécialisée".


Saturday, September 17, 2022

HAÏTI : L'ABOUTISSEMENT D'UN MAUVAIS COMPORTEMENT

Les manifestants protestent contre le coût de la vie et la violence en Haïti 


Par :Me Maurice CELESTIN-NOEL 

LE CHAPEAUTEUR

 

Pour expliquer ce qui se passe actuellement en Haïti, il y a lieu de chercher à comprendre le sens de plusieurs proverbes qui rendent à merveille ce qui s'applique à la situation à laquelle nous assistons, ces jours-ci, dans notre pays. Nous pouvons, par exemple, faire l'expérience de ce mot qui dit: " qui sème le vent récolte la tempête." de même que : on récolte ce qu'on a semé." Et, dans un contexte beaucoup plus approprié, on pourrait s'appuyer sur ce dicton qui veut que: " qui compte aller bien loin ménage sa monture." Mais, toujours est-il que ces trois citations suffisent bien amplement à expliquer la cause,  l'origine de la commotion sociale qui secoue Haïti dans tous ses compartiments. Du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest. Une levée de boucliers qui s'apparente à une guerre civile en gestation. Le mot d'ordre de 1804 est repris. Il est entendu partout. Sur toutes les colonnes. Dans tous les coins on entend allègrement : COUPÉ TÈT BOULÉ KAY. Non seulement le bruit du slogan effraie mais sa mise à exécution fait peur. Brise les cœurs. La mise à sac des petits commerces ne représente absolument rien devant les pertes en vie humaine que l'on compte déjà et celles qui s'annoncent pour les prochaines heures. 

Dr Ariel Henry
Premier ministre de facto  

Le pays debout, les principales villes en effervescence tiennent le même langage : le Premier ministre de facto doit partir. Pourtant ce dernier s'accroche au pouvoir comme une puce à la peau. "Pas question de faire même une ronde derrière la porte." L'aboiement des chiens, croit-il, ne pourra pas bloquer le passage de la caravane. Pour preuve, le docteur Ariel HENRY, au fort de la crise, comme pour ironiser les manifestants s'est envolé vers l'étranger pour revenir tranquillement chez lui et s'enfermer dans son silence de glace. Non, il a, pour une rare fois pris la parole aux fins de délivrer un discours provocateur de nature à embraser les nerfs de la foule sortie de ses gonds. Des gens qui enragent. Qui se sentent traités en dadais par un Premier ministre qui veut faire comprendre qu'il a été rencontrer des investisseurs. Quels investisseurs ? Sans doute ceux qui sont attirés par la violence. Qui aiment travailler dans un climat chaotique... Malheureusement, en réaction, les énervés ont déversé leur lot de frustrations sur les petits détaillants qui sont pour rien dans le malheur du pays. Loin d'être l'objet de la destruction du corps social haïtien. La situation peut être décrite comme étant celle "des dents cariées qui exhibent leur force sur la faiblesse et la molesse de la banane mâture." Toujours ainsi. "Nihil novi" dit le latin. Rien de nouveau. Les membres de l'oligarchie, les vrais responsables de la misère des pauvres, les corrompus-corrupteurs qui pillent les ressources nationales, qui appauvrissent le peuple en prenant tout pour eux sans rien laisser aux autres, les maîtres de la contrebande, au dessus de la loi, qui refusent de payer les taxes se la coulent douce, sont protégés et ne sont jamais victimes. La police est payée pour empêcher l'accès à leurs domaines et garantir leur intégrité physique. Ils ne meurent jamais. Même quand les événements sont des plus meurtriers. On dirait que la mort n'est pas faite pour eux. La grande faucheuse semble recevoir l'ordre d'aller frapper uniquement à la porte de la populace, des hors pays que François DUVALIER dénommait, sans se gêner, les gens de l'arrière pays. Les gens du "shit hole" que Michel MARTELLY se plaît à traiter de laids, de noirs, de sales à odeur sui generis proche de celle des latrines sinon des porcs.

Les gangs devenus plus puissants sèment la terreur

Voilà... voilà ce qui de tout temps est réservé à nos frères et sœurs dont les pères et mères sont en Afrique. Dont les pères et mères avaient rudement combattu pour nous léguer cette nation devenue la terre des nantis et l'enfer des anéantis que sont leurs petits enfants. Des néo-esclaves subissant les pires humiliations de la part de ces soi-disants haïtiens sans cœur, sans état d'âme qui se croient les seuls maîtres du pays qu'ils  partagent au centième: 99% pour eux et 1% pour les dénaturés de la classe moyenne inconditionnellement à leur service. Ces "dangereux" rêvant sans cesse d'un transfert de classe ont un  comportement pire que celui du commandeur d'au temps de l'esclavage. Ils caressent tous le même rêve, à peu près celui du Black american : une femme claire, une belle voiture. C'est tout. Non, ce n'est pas tout. En plus, les nôtres, nos "tardvenus" ont une autre marotte : fréquenter des hommes et surtout des femmes à la peau claire. 

Ces deux catégories, les hommes et les femmes de la classe des affaires et leurs laquais de la classe moyenne en association avec certains étrangers règnant en maîtres et seigneurs sur la terre de Jean-Jacques DESSALINES traitent les autres en parias, en vrais esclaves. La domesticité chez eux est du pur esclavage. On se plaint du comportement raciste de certains peuples. À établir une juste comparaison, on verra qu'il n'y a pas de catégorie plus raciste que nos faux blancs, nos mulâtres qui ne trouvent rien d'anormal à ce qu'ils soient appelés mulâtres synonyme de "mulet," produit du cheval et de la bourrique. Ils sont nombreux des haïtiens de cet acabit qui, ces jours-ci, fuient l'insécurité et se réfugient en République dominicaine. En terre voisine, ils s'accompagnent de leurs mêmes vieilles habitudes. ils maltraitent leurs servantes et leurs garçons de service de la pire façon. Ils n'ont même pas honte. Ceux et celles qui malmènent davantage leur personnel sont ceux et celles qui, paradoxalement, ont travaillé comme domestiques à l'étranger. C'est curieux. 

Une levée de boucliers qui s'apparente à une guerre civile en gestation

Ce à quoi nous assistons aujourd'hui était à prévoir. Ce n'est que l'aboutissement de notre mauvais comportement. Un comportement irritable. Inhumain, insociable. L'haïtien doit apprendre à se comporter en homme intelligent, qui prend du temps pour réfléchir. Il doit chercher à comprendre, par exemple :"qui veut aller bien loin ménage sa monture". On a un long voyage à faire, on doit prendre bon et grand soin de son cheval. Pas question de ne pas le nourrir à sa faim. Pas question, non plus, de l'éperonner sans raison ni le forcer à emprunter des sentiers abruts et périlleux. Même l'animal: il ne faut pas l'irriter. Ses réactions peuvent être brutales voire mortelles. Il en est de même de votre personnel. De vos aides. Traitez les avec respect et dignité. Comme de vrais humains. Qu'ils mangent à leur faim. Qu'ils soient bien logés. Ne brisez pas leur estime de soi. Ne les poussez pas à la révolte. À être méchants envers vous. À vous faire manger et boire "l'impensable."  Ils et elles peuvent facilement le faire. Ils et elles ont la garde de ce que vous consommez. Ne l'oubliez pas. Réfléchissez. Aviez-vous été corrects envers eux? Leur aviez-vous  donné les moyens d'envoyer leurs enfants à l'école? Non. En complicité avec l'État, vous leur aviez refusé un salaire minimum descent. L'écart entre vous et eux était toujours trop grand.  Vous aviez voulu tout pour vous et rien pour eux. Le "bêchons joyeux pour vous et l'éternel mourir est beau pour eux." Voilà la somme des abus, des incohérences,   qui nous a conduit à ce carrefour où nous attendent des jours insoupçonnés. Des jours à faire pleurer. Ceux qui souffrent en silence ne sont pas forcément des imbéciles. Ils finissent par comprendre : LE VOIR, LE SAVOIR ET LE VOULOIR. C'est ce qui est arrivé aujourd'hui. C'est un cri de ralliement. Un appel pressant au changement dans l'ordre des choses. Ils réclament un nouveau contrat social. Vous devez vous mettre à leur écoute sinon vous aurez à vous mordre les doigts. Vous aurez à le regretter. D'ailleurs, dites vous bien que ce cri n'est pas poussé seulement par l'haïtien. C'est un cri qui fait trembler le monde. Un cri qui réclame un nouvel ordre mondial. La France sans l'Afrique : terrible tout simplement!!! La technologie moderne dérange. Elle met même les plus incrédules  au parfum.

Les informations circulent, vont à la "vitesse de la lumière".

Messieurs et dames les nantis, vous avez semé le vent, la tempête sera à sa dimension car, ne l'oubliez pas:  “tout corps plongé dans un liquide subit une poussée verticale vers le haut égale au poids du volume de liquide déplacé”. C'est une loi de la nature. Ce principe d'ARCHIMEDE peut également trouver son application au niveau comportemental. Surtout chez nous où la justice est muette. On doit s'attendre à recevoir proportionnellement le contrecoup de ses actes. La loi du talion est bridée, certes, mais elle existe encore bel et bien. L'œil pour œil, dent pour dent, avec le temps a cessé de sévir contre l'autre, cependant il est d'une tendance naturelle à se faire justice quand les juges se taisent. 

Tôt ou tard Jean aura trouvé ce qu'il aura cherché.

Que Dieu protège Haïti 

Me Maurice CELESTIN-NOEL LECHAPEAUTEUR rmaurice.celestin@gmail.com




Wednesday, January 12, 2022

L'approche de Biden en Haïti est une "recette pour le désastre" selon l'ancien émissaire Daniel Foote.

Daniel Foote lors de sa désigantion comme émissaire spécial  d'Haïti

Un article de “THE HILL” traduit par HCC

L'ancien émissaire spécial de l'administration Biden prévoit que l'approche du président à l'égard d'Haïti pourrait déstabiliser davantage cette nation caribéenne déjà fragile.

Sous l'administration  de Joe Biden, les États-Unis ont expulsé plus de 14 000 Haïtiens depuis septembre, tout en évitant  de faire des déclarations politiques majeures concernant ce pays.

Alors que de hauts responsables du département d'État et de la Maison Blanche se sont rendus dans le pays pour consolider la stabilité politique, la méthode d'expulsions a conduit à la démission de l'ex envoyé spécial pour Haïti Daniel Foote en septembre de l'année dernière.

Des gens désespérés et dépourvus de rien sont réintroduits dans une ville où se trouvent déjà des dizaines de milliers de personnes déplacées par les gangs - recette pour un désastre -  a déclaré Foote à "The Hill" lundi, en faisant référence à la capitale d'Haïti, Port-au-Prince.

Au cours de l'année écoulée, Haïti a connu un tremblement de terre dévastateur, une crise constitutionnelle, l'assassinat d'un président en exercice, une tentative d'assassinat du premier ministre en exercice et le retour forcé de nombreux Haïtiens des États-Unis.

En septembre, environ 15 000 Haïtiens se sont rassemblés sous un pont à Del Rio, au Texas, après avoir traversé le Rio Grande.

Le scandale politique qui s'en est suivi a poussé  l'administration Biden à apposer la mention "Titre 42" sur les Haïtiens à la frontière, permettant ainsi aux autorités fédérales d'expulser rapidement les Haïtiens sous couvert de protections sanitaires liées à la pandémie.

Ces expulsions se sont poursuivies sous forme de vols quasi quotidiens vers Haïti - 131 depuis l'incident de Del Rio, selon les statistiques distribuées par l'Institut pour la justice et la démocratie en Haïti.

M. Foote, dont la mission était de conseiller le département d'État sur la paix et la stabilité en Haïti, a appris au sujet des rapatriements en regardant les informations télévisées. Il a annoncé sa démission peu de temps après, frustré à la fois par l'effet déstabilisant des rapatriements et par son incapacité à influencer les politiques de l'administration Biden sur le paysage politique en évolution d'Haïti.

En juillet, le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné au milieu d'une crise constitutionnelle qu'il avait en partie créée, peu après avoir nommé Ariel Henry au poste de premier ministre.

Après un court intermède sous la direction du premier ministre intérimaire de l'époque, Claude Joseph, Henry est devenu le nouveau leader intérimaire avec le soutien de ce que l'on appelle le Core Group, une association de diplomates étrangers dont l'ambassadeur des États-Unis.

Le soutien des États-Unis à Henry a irrité de nombreux observateurs d'Haïti, y compris Foote, qui a vu dans cette décision le reflet des échecs passés de la diplomatie américaine dans le pays.

"Il m'est apparu clairement que les États-Unis allaient soutenir Ariel Henry, à moins qu'il ne meure ou autre chose. Ils étaient tout simplement derrière lui et ils avaient mis tous leurs atouts dans son jeu", a déclaré Foote.

"Et donc je me suis dit, vous savez quoi, je ne vais pas changer ça de l'intérieur. Personne n'écoute. La seule façon - et probablement même cela ne le changera pas - mais je peux garder le rêve en vie. La seule façon de le garder en vie, ce rêve, est de devenir nucléaire. Vous savez, faire en sorte que le monde voie ce qui se passe", a-t-il ajouté.

En octobre, Foote a témoigné devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, déclarant aux législateurs que les groupes de la société civile haïtienne sont prêts à reconstruire les institutions politiques d'Haïti, mais que les Haïtiens sont peu susceptibles d'accepter une voie qui inclut Henry.

Compte tenu du vide constitutionnel en Haïti, l'avenir politique du pays dépend de larges accords entre la société civile et les acteurs politiques afin de créer une voie à suivre pour reconstruire les institutions politiques de base.

Foote et de nombreux autres observateurs d'Haïti considèrent que l'accord Montana est une solution viable, même si elle n'est pas sans obstacles.

L'accord de Montana prévoit  un conseil de transition pour reconstruire les institutions,  incluant de nombreux acteurs de la société civile et des acteurs politiques, mais excluant ceux qui ont des liens clairs avec les gangs criminels et les secteurs du parti au pouvoir qui soutiennent Henry.

M. Henry, qui n'a pas encore annoncé de date officielle pour les élections, a proposé son accord politique concurrent.

"La plus grande erreur que fait l'administration en ce moment est qu'elle exige une solution unanime en Haïti. Elle exige que tout le monde fusionne ses accords, y compris - et elle a été explicite à ce sujet - l'accord d'Ariel Henry", a déclaré Foote à The Hill.

Le témoignage de Foote a été salué par les principaux démocrates de la commission, dont le président, le représentant Gregory Meeks (N.Y.), le représentant Andy Levin (Mich.) et le représentant Juan Vargas (Californie).

Ces membres n'ont pas hésité à critiquer le traitement réservé par l'administration Biden aux Haïtiens de Del Rio.

"Je dois dire que j'ai été horrifié par ce que j'ai vu notre pays faire aux migrants haïtiens, aux immigrants qui sont arrivés à Del Rio, au Texas", a déclaré M. Vargas.

"J'ai trouvé que c'était une terrible réaction excessive de la part de l'administration, et franchement, je ne vois pas d'autre façon de décrire cela que le racisme", a-t-il ajouté

Les observateurs politiques ont assisté, déconcertés, au sabordage par l'administration Biden de ses relations avec la diaspora haïtienne. Avant l'incident de Del Rio, Biden avait marqué des points avec cette démographie en élargissant le programme de statut de protection temporaire, permettant à tous les Haïtiens présents aux États-Unis avant le 29 juillet de rester et de travailler dans le pays.

Cette mesure a permis de protéger plus de 150 000 Haïtiens de l'expulsion et de réduire la pression potentielle sur le pays des Caraïbes, qui n'a démontré que peu ou pas de capacité à rapatrier sa diaspora

Le fossé entre l'administration et les communautés haïtiennes pourrait avoir des conséquences électorales, notamment en Floride, où une grande partie de la communauté haïtienne américaine s'est installée.

Ce fossé s'élargit également au fur et à mesure que les expulsions de l'administration continuent d'exercer une pression sur les maigres, voire inexistants, services humanitaires d'Haïti, perturbant davantage le potentiel de solution politique dans le pays.

"Haïti commence à ressembler à des endroits comme la Somalie, sauf qu'il n'y a pas d'[extrémisme] religieux", a déclaré Foote. 

"Le contrôle exercé par les gangs sur Haïti à Port-au-Prince rivalise avec le contrôle exercé par [le groupe insurgé islamiste al-] Shabaab sur une grande partie de la Somalie", a-t-il ajouté.

Source : The Hill

Tuesday, February 23, 2021

Haiti: la fabrique des "shitholes"

Happée par la spirale de l’indigence, Haïti vient d’accélérer sa chute dans le gouffre de cette indicible médiocrité politique qui s’est déconfinée depuis le tremblement de terre 2010. 35 ans après l’éclaircie du 7 février 1986, c’est un sombre crépuscule qui a ressurgi à l’horizon.

Jeudi 18 février 2021 

Par Erno Renoncourt
Putride, enfumée, la nuit se couche sur Haïti sans que le soleil de la justice ait pu briller. On dirait que le tremblement de terre de janvier 2010 a fait remonter des entrailles de la terre toutes les ordures qui y étaient enfouies. Dans un lieu ayant connu quelque 5 siècles de barbarie en servant comme territoire d’expérimentation des atrocités des puissances occidentales, il ne peut émaner de ces ordures que des effluves répugnants et écœurants. C’est donc logique que les vautours prennent possession de ce lieu déshumanisé. Là où passe l’occident, il ne reste que tribulations et désolation.

Et comme il devait en advenir, le 7 février 2021, d’un tour de main, dictatorialement orienté et diplomatiquement soutenu, l’indigence, prédite depuis longtemps, a foudroyé Haïti. Un seul homme, à lui tout seul, concentre désormais entre ses mains tous les pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire et criminel. En conséquence, les transplants artificiels de la démocratie, dont on nous a vanté les vertus par des projets de restauration de l’État de droit, financés à coup de milliards de dollars, volent en mille fragments pulvérisés. Du seul fait de sa totale servilité aux réseaux financiers mafieux nationaux et internationaux, le « nègre banane », de son nom de code, est investi, de manière absolue, des pleins pouvoirs pour assurer la refondation des institutions totalitaires. Les greffons démocratiques n’ont pas fait long feu.

Ainsi l’ont décidé les diplomates occidentaux, ces éternels fossoyeurs de la dignité des peuples qui ne pensent pas qu’un peuple noir, pauvre et descendant d’esclaves africains puisse être véritablement titulaire de droits humains et disposer d’institutions démocratiques de qualité. Conséquemment, plus besoin de faux semblants, de système judiciaire indépendant, d’organes administratifs transparents, d’institutions de bonne gouvernance. Fini le temps des transplants institutionnels. C’est le temps déconfiné des passe-droits ! Sentant son heure venue, la dictature laisse tomber ses masques. Victoire pour l’indigence !

Et enfin prend forme le rêve du PHTK de garder le pouvoir pour les 50 prochaines années. Plus de doute, la destination finale est enfin connue : retour à la case dictatoriale ! Une percutante reculade dont l’onde de choc violente foudroie comme une hécatombe la communauté ‘‘droit de l’hommiste’’ et les réseaux culturels haïtiens. Une communauté de pleureuses qui, à force de vivre aux dépends de la communauté internationale, n’a plus aucune marge d’autonomie et de dignité pour organiser une riposte intelligente contre cette indigence déconfinée. De fait, la victoire de l’indigence en Haïti n’est que le résultat des failles culturelles et des médiocrités collectives qui ont érodé les fondations de la démocratie. Si la dictature a ressurgi, c’est parce qu’elle a su se frayer un chemin dans le vide laissé par ces failles qui relient les deux piliers de l’édifice national. Au sommet, il y a l’insignifiance et l’indignité des groupes dominants ; et à la base, il y a l’impuissance et la débrouillardise adaptative des masses.

De l’indignité à l’impuissance

En effet, désarmés et pris au piège de leur insignifiance et de leur indignité, les réseaux haïtiens de la culture et de l’intelligence disent leur incompréhension. C’est avec incrédulité que le brillant écrivain Lyonel Trouillot demande : « Comment la représentante du secrétaire général des Nations unies a-t-elle pu avaliser la folie dictatoriale de Jovenel Moïse ? Comment les ambassades et les institutions internationales ont-elles pu accorder leur soutien à cette folie meurtrière[1] ? ».

Violemment secouées par l’onde de choc de la résurgence de la dictature, les élites culturelles haïtiennes, en particulier celles qui se veulent théoriquement progressistes et virtuellement de gauche, se réveillent de leur tranquille inertie. Comme d’étonnants voyageurs, ayant perdus le nord démocratique, ces élites se découvrent orientées dans le sens de l’effondrement. Apeurées, elles lancent des SOS qui résonnent comme des cris d’agonie et des chants de détresse vers un monde[2], pourtant, sinon, méprisant, du moins, indifférent envers la cause haïtienne.

Et comme toujours, c’est la base qui encaisse le plus violemment le choc. Impuissante face à un destin continûment défaillant, toute une population, majoritairement noire et pauvre, se retrouve désespérée, désengagée et spectatrice de son effondrement. Pour cause, on ne lui a pas appris à exiger mieux. On a même encouragé sa débrouillardise adaptative comme une résilience alors qu’elle tue son intelligence collective. Et au final, aveuglée par l’enfumage de ceux qui sont au-dessus d’elle dans la hiérarchie sociale, empêtrée dans une chute vertigineuse, la population haïtienne bascule insouciante vers sa déshumanisation. Puisque l’obscurité aveuglante empêche ceux qui tiennent les projecteurs de repérer les nœuds des fils qui forment le boulet plombant l’évolution de la population, une grande partie de celle-ci se résigne à danser sur le thème de son agonie plutôt que de comprendre ce qu’il lui arrive. Mpa konn kilè la fin du mond, kitem pran plezi mwen[3].
De la culture en folie à la folie dictatoriale
Comment pourrait-il en être autrement ? On a tant vanté la patience du peuple haïtien qu’on a inventé pour lui la résilience comme intelligence adaptative. Ainsi, la talentueuse écrivaine Yanick Lahens pense que l’adaptation du peuple haïtien à ses malheurs est due à son « infinie patience[4] ». Énoncé avec un tel lyrisme, difficile de ne pas voir dans ce postulat une vertu à magnifier. Une célébration d’autant plus irresponsable et dangereuse qu’elle se greffe sur une immense faille culturelle profondément ancrée dans la mémoire collective et portée comme un hymne à la survie, même au péril de la dignité : Pito nou lèd nou la[5]. Et c’est cette indolente tranquillité dans la laideur que les stratèges de la défaillance ont transformé en porte dérobée pour entretenir l’errance du collectif haïtien. C’est donc, sous le poids de sa propre errance et de son auto-aveuglément qu’Haïti maintient sa trajectoire de défaillance.

D’une pierre, les malins ont fait deux coups : Enfumer la conscience des élites locales par les subventions, les gratifications et la corruption et pervertir le leadership national. En livrant le pays à une économie criminalisée, en amadouant les élites culturelles avec des prix littéraires, en transformant les élites socioprofessionnelles en portefaix des agences internationales et laquais des ONG, les stratèges du chaos ont réduit les capacités cognitives du peuple haïtien en augmentant son inertie. Il en résulte cette impuissance qui a permis à la médiocrité politique de triompher.

N’est-ce pas l’inertie qui explique la chute des corps ? N’est-ce pas la lenteur (lourdeur) de la pensée qui empêche à l’esprit d’être suffisamment vif et tranchant pour déjouer les pièges de la gravité ? N’est-ce pas la tranquillité de la conscience qui fossilise les supports mémoriels (capacité de s’indigner) de l’intelligence collective et empêche à un peuple de libérer la charge « enthalpique » (énergie interne) de sa dignité ?
Pour alerter sur ces faiblesses culturelles, certains ont tenté depuis des années de mettre l’errance haïtienne en équation. Des centaines de réflexions et d’analyses ont été produites et partagées pour faire ressortir les variables qu’il fallait surveiller et sur lesquelles il fallait agir pour inverser la trajectoire de la défaillance. Mais, on a préféré étouffer les mots de cette insolence qui rappelaient la pesanteur des maux de l’indigence. Ici, les gens de culture sont des gens de voyage. Ils n’ont de disponibilité que pour voguer dans les contrées peuplées d’errances et de légendes d’ailleurs pour mieux dire « les contes de la folie ordinaire ». Ils ne vivent que d’évasion, d’abstraction, d’aliénation et de subventions. Leur monde ne connait pas les revendications pour la justice, les coups de gueule contre les médiatisations irresponsables des projets douteux d’innovation technologique, les colères contre les arnaques des projets foireux en éducation.

Quand les colères de la rue montent en contre bas pour dénoncer les tourments d’un quotidien miséreux, il y a toujours la chorale, constituée des intellectuels faussaires, des éditorialistes subventionnés, des voix centenaires, des génies littéraires, qui répond en contre haut, dans les salons culturels, avec leurs mots heureux, mais combien creux : PAP Jazz, Festival des fleurs, Carnaval, TechSummit, Livres en folie, Rara en folie, Tafia en folie, Rabòday en folie.

Ici, les gens cultivés n’ont pas de déboires. Ce sont des gens de bien, heureux ils vivent toutes les saisons en transit. Entre ambivalence et jouissance, ils n’ont pas le temps pour les engagements sociétaux, politiques et éthiques. Ils sont trop couverts de subventions étrangères pour s’intéresser pleinement aux institutions haïtiennes. Massifs et ‘‘pansifs’’ par le soutien de leurs réseaux d’accointances, ils ne peuvent plus penser dans la dignité ni même militer pour une effective efficacité. D’ailleurs chacun trouvant son intérêt dans ce système inégalitaire, il n’y a pas lieu de le remettre en question. Et tant qu’à faire, mieux vaut disséminer l’aliénation pour mieux augmenter l’impuissance. Une aliénation qui a pleinement transpiré dans les aberrations des diners en blanc où le beau monde d’Haiti sortait ses habits blancs de laine ou de soie pour se restaurer en plein air, au coude à coude avec les ordures.

N’en déplaise à monsieur Trouillot, il est temps de faire le bilan de ce que ces activités culturelles ont apporté à l’apprentissage démocratique haïtien. En quoi ont-elles rendu plus exigeant le peuple haïtien dans la défense de ses droits et de sa dignité ?  En quoi la culture, si expressivement épanouie, pendant ces 34 dernières années, a-t-elle renforcé les institutions démocratiques haïtiennes ?  Avons-nous appris à travailler avec plus de rigueur et de méthode ? Avons-nous fait une plus grande place pour la vérité, le courage et l’intégrité ? Avons-nous veillé sur les intérêts nationaux en sachant résister aux financements internationaux qui ont permis à certains de réussir si bien leur progression sociale ?

N’est-il pas malencontreux de ne pas pouvoir trouver, pendant cette même période, où toute la culture a été en folie, une seule faculté de droit, un seul organisme de droits humains, une seule association socioprofessionnelle, une seule association culturelle, un seul parti politique qui s’est mis debout pour exiger un audit indépendant sur les projets d’assistance internationale ? notamment ceux du renforcement de l’État de droit qui ont si bien fait errer la stratégie nationale de gouvernance. Pourtant des citoyens compétents et intègres ont cherché à mobiliser une partie de la société sur les dysfonctionnements judiciaires haitiens. Hélas, leurs alertes ont été ignorées, puisque leur démarche n’a pas été subventionnée et dictée par le blanc.

Qu’il est douloureux de voir monsieur Trouillot s’embourber dans une lecture romanesque de la démocratie haïtienne en demandant comment les étrangers ont-ils pu avaliser une telle folie dictatoriale ? Une question d’une puérilité déconcertante. Puisqu’en 2015 déjà, un article paru sous le titre Haïti a besoin de nouvelles élites laissait voir l’issue fatale que monsieur Trouillot dénonce aujourd’hui. L’auteur de l’article écrivait « qu’en imposant à Haïti Michel J. Martelly en 2010, les tuteurs et les élites économiques d’Haïti ont envoyé un message facilement décodable à Haïti : si les conditions économiques le permettent et le rendent nécessaires, ils seront prêts à rétablir l‘esclavage pour maintenir […] leurs intérêts[6] ». 

Hélas, cette alerte n’avait pas été prise au sérieux. Pour cause, en Haïti c’est la parole du blanc ou celle qu’elle subventionne, pour ses succès, qui est médiatisée et qui est relayée. En effet, tandis que monsieur Trouillot déversait, dans les colonnes du Nouvelliste, son lyrisme touchant, certes à fleur d’indignation contre les velléités dictatoriales du PHTK, le même journal, dans lequel il est un des rédacteurs, ne ratait pas une occasion pour célébrer l’idolâtrie que voue la jeunesse haïtienne à Martelly[7], louer les talents managériaux de Jovenel[8]. Et pis encore, le journal a eu le culot de célébrer en 2015 le succès de 29 ans de démocratie par la seule tenue des élections[9]. Si l’ONU ordonne aujourd’hui qu’il faut aller aux élections sous le contrôle des gangs, avec un conseil électoral de vendus et de malfrats, avec une justice corrompue et sous tutelle, c’est parce que les grands médias haitiens ont réduit l’exercice de la démocratie à son minimum indigent : changer le personnel politique sans rien changer.

C’est bien un patron de presse qui avait écrit sur Twitter que si les médias haitiens ne sont pas aussi critiques envers le PHTK en 2018 qu’ils l’étaient avec Lavalas en 2004, c’est parce que le contexte n’est pas le même et que chaque média se réserve l’opportunité de critiquer ou pas un gouvernement. Entre les lignes, vous aurez compris le message : la presse haïtienne ne défend réellement aucune valeur démocratique. C’est seulement dans les contextes politiques effervescents et de déstabilisation créés par le blanc que les médias puisent la tonalité critique de leur stratégie éditoriale. Une critique qui, du reste, n’est jamais gratuite puisqu’elle s’inscrit comme opportunité d’affaires. Voilà qui nous pousse à la question qui fâche : comment les gens de gauche et les progressistes qui ont occupé, de 1987 à 2020, presque toutes les avenues de la culture, de l’éducation, des organismes de droits humains, des médias, des associations de médias, ont-ils pu laisser ressurgir la dictature sous sa forme la plus médiocre ?

Ensemencer la dignité pour reconquérir la souveraineté
Sans avoir la prétention de détenir toutes les réponses à cette question, je peux néanmoins proposer des pistes en lien avec la culture. De toute évidence, l’effectivité des valeurs démocratiques dans un pays ne dépend pas de la bonne volonté de l’assistance et de la diplomatie étrangères. Un pays ne peut atteindre son rayonnement démocratique que si ses réseaux éducatifs et ses foyers culturels, dans leur rayonnement, font une large place à la promotion de ces valeurs. Or, le rayonnement culturel haïtien a été obscurci par une lourde indigence pendant ces 34 dernières années. Sous le leadership des gens de gauche et des progressistes, dans les universités, dans les réseaux culturels, dans les organismes de droits humains, dans les médias, dans les projets de développement, il n’y a pas eu de grande disponibilité pour l’intelligence, le courage, l’intégrité et la vérité. Tout a été dévoyé par un clientélisme malsain, lequel a favorisé copinage, coquinage, accointances, allégeances, redevances, opportunisme et marronage. Autant de ferments culturels corrosifs incompatibles avec la démocratie. Autant de vecteurs d’indigence qui ont nourri la corruption et servi de passerelles pour refonder cet Etat de passe-droit aujourd’hui triomphant.

Tous ceux et toutes celles qui ont essayé de faire vivre la dissidence de la pensée critique ont été désignés comme des hérétiques à abattre. On les a traités de conflictuels, on a vu en eux des gens qui voulaient paraitre, on a pris ombrage de leurs efforts de production, on les a traités d’aigris parce qu’ils ont dénoncé les succès précaires qui menacent la cohésion nationale, on a accueilli leurs analyses avec mépris et indifférence, leurs réflexions ont été désignées comme  « intellectualistes » parce qu’intégrant l’intelligence et l’humanisme comme supports d’une PoÉthique capable de remettre sur pied la dignité par la provocation.

Voilà le contexte culturel qu’Haïti doit, avec courage, diagnostiquer, restructurer, pour faire germer l’écologie des valeurs démocratiques sans avoir à suppléer la communauté internationale. Voilà qui nous permet de dire à Monsieur Frederic Thomas qu’il y a d’autres moyens de faire partir Jovenel Moise que par la pression de la communauté internationale : Si Haïti, dans cette majorité écrasante, qui semble rejeter la dictature, se met debout pour résister, désobéir, s’insoumettre et enflammer de colères intelligentes les foyers obscurs qui soutiennent l’indigence, ce n’est pas seulement Jovenel Moise qui partira. Car, pour peu que cette flamme allumée continue d’irradier l’horizon du shithole, ce sera l’aube d’une saison de dignité ensemencée pour reconquérir la souveraineté nationale. Et c’est sans doute ce que craignent et veulent empêcher ceux qui veulent que ce soit le blanc qui intervienne pour faire partir Jovenel Moise et imposer du même coup un autre nègre de service plus sympathique sur les mêmes structures indigentes.

N’en déplaisent aux talents haïtiens qui vivent dans les paradis occidentaux et se contentent d’utiliser leur aura d’immortel pour vendre l’exil comme unique utopie du succès dans un shithole, Haïti n’est pas un pays sans chapeau. Ce n’est qu’un pays où les têtes qui portent les chapeaux n’ont ni la verticalité pour se tenir debout ni la dignité pour bien les porter.
Erno Renoncourt

17/02/201

Wednesday, February 10, 2021

Après le 7 février, vaut mieux en pleurer que d’en rire

Le ridicule, ça fait grandir les cons. À preuve, nous avons trois présidents

 Par Max Dorismond           

Qui a gagné, qui a perdu? Ce célèbre refrain de notre barde national, Guy Durosier, vous révèle-t-il quelques souvenirs dans la vie d’un couple séparé en phase de réconciliation. Justement, qui a gagné, qui a perdu aujourd’hui ? Mon frère, mon cousin, mon voisin ! Mais voyons, il me ressemble. Donc, c’est axiomatique : c’est encore moi, c’est encore nous, c’est encore Haïti. Cette terre de rêve qui hante notre sommeil a reculé d’un quart de siècle. 

Ici, comme je l’avais écrit antérieurement, il n’est plus question de président, de X ou Y. Faut transcender la politique partisane, refroidir nos envies pour nous dépasser et aller plus loin encore, plus loin que l’histoire, pour redessiner la Nation espérée, en toute priorité. Il nous reste seulement cinq minutes avant la frontière du désespoir. Cinq minutes pour éviter la folie collective. Commençons par la refondation du pays en remaniant la « Loi Mère », objet de toutes les dérives. D’ailleurs, rien ne nous empêche de rebattre les cartes et repartir à neuf. 

Nous avons le devoir de regarder, d’analyser, de soupeser toutes les propositions de sortie de crise déposées sur la table pour défier le diable. Ce ne sont nullement des fous qui les ont pondues, mais bien des consanguins, doués de jugement. Des humains, qui rêvent de rédemption, de paix, de progrès, pour un pays souffreteux, qui ne vit que d’espoir et d’assistances. 

Nous sommes tous d’une Nation, qui devient la risée du monde, un symbole d’exemple universel à éviter, imposé sciemment par l’exploiteur à la conscience de tous les déshérités de la terre, en guise d’insigne, à titre d’avertissements, pour bloquer, miner, annihiler leurs rêves de délivrance. On les culpabilise avec l’image d’une Haïti dépendante, squelettique, rabougrie, sous-développée, idiote et niaiseuse. Une Nation qui s’entredévore. Quelle honte! Quelle déchéance, pour un peuple qui a chamboulé le sinistre objectif du capitalisme naissant. 

À titre de métaphore, utilisons, pour converser entre nous, la voix de Guy Durosier, dans sa célèbre interprétation de  « Je reviens te chercher ». C’est exactement ça la réalité : « Qui a gagné, qui a perdu/ On ne sait rien, on ne sait plus / On se retrouve les mains nues/ Mais après la guerre…/ Il nous reste à faire la paix... »

Quoi de plus éloquent que la paix des braves! Tout est sur la table. Ne soyez pas vindicatifs. Le courroux est ingrat et ne tue que son maître. Plusieurs ont fanfaronné pour faire peur à l’autre. Que de bruits, que de vociférations! Et après, c’est le silence mortifère d’une nation en déroute. La queue entre les jambes, on retourne dans son coin, les couilles molles, pour ronger son frein. 

Bousculons la routine, dialoguons, trouvons la clé de notre irrévérence. Ne cherchons nul coupable, sinon on finirait avec le pays en prison. Enlevons le zipper devant le voile qui nous obscurcit la conscience. Prenons place à la table. Soupesons chaque détail en frères de sang, et non en compétiteurs. 

Aliénés mentalement sous les coups de boutoir des ennemis de la nation depuis 215 ans1, victimes du syndrome colonial, nous ne nous rendons pas compte de notre glissade vers la déchéance. Étant aveugles par destination, nous nous sommes trompés d’adversaires en nous en prenant à nous-mêmes. 

Allons, réveillons-nous, sa2pristi ! Il est encore temps. Assoyons-nous et détaillons ou analysons les raisons, les causes de nos déchirements, pour y installer des garde-fous, aux fins d’éviter de tels débordements, de tels esclandres, de tels énervements, à doubler le profit de ceux qui ont investi dans notre immaturité. 

Bousillons leur programme. Nous ne sommes point des incompétents. Des preuves sonores habillent encore l’histoire. C’est un sophisme. Ils prêchent le faux pour obtenir le vrai. Ne leur offrons plus ces délices. Laissons-les rêver en couleur. Ressaisissons-nous. Donnons une dernière chance à la chance. Il reste une lueur d’espoir : c’est nous ! 

Réservons-nous ce droit et ce devoir de retoucher la Constitution, une fois pour toutes, en utilisant les conseils les plus pertinents, glanés à droite et à gauche, par écrit, à l’oral. C’est un besoin viscéral. Nos frères, éparpillés partout autour du globe, en ont vu du pays et sont prêts à partager leurs voix et leur mémoire. Nos paysans ou campagnards, qui ont vécu loin de nos tumultes citadins, ne sont pas sans ressources, et peuvent apporter leur grain de sel dans la recette nationale. Tous ou presque tous, doivent contribuer de leurs expériences et réflexions sur 215 années d’échecs pour relancer la machine. 

Point n’est besoin de détailler ici le programme à venir. Les propositions fleurissent là, sous « l’arbre à palabre ». Il nous suffit de cueillir les fruits pour préparer un cocktail de passion et de raison avant de déguster le plat de résistance de la Constitution, qui sera digéré sans crainte de constipation. Car, nous ne voulons plus revivre ces « déchouquages2 » décapants, ces pays-lock déroutants, cette dualité asphyxiante, ces chantages de parlementaires, ces dictatures infamantes, ces siphonnages du trésor public, cette corruption endémique, cette insécurité déstabilisante, ces déchirements fraternels perturbants, ces fuites de notre jeunesse vers des ailleurs hypothétiques. 

Attelons-nous vite à la tâche ! Pour maintenir la flamme, gardons simplement à l’esprit que les grandes décisions naissent souvent dans le fracas des dissensions ! 

Max Dorismond  


NOTE

1 – 215 ans : Date calculée à partir de la mort du libérateur, J-Jacques Dessalines en oct. 1806.

2 – Déchouquage : terme créole emprunter des bucherons. Il vient du mot « dessoucher », c’est-à-dire, enlever la partie basique de l’arbre qui reste dans la terre. Dans notre créole, c’est une allégorie, une expression métaphorique violente, utilisée pour déstabiliser un adversaire, surtout en politique

Friday, February 5, 2021

Une proposition intelligente pour refonder la nation


S.O.S – Haïti - Un pays à la dérive depuis 215 ans, à rebâtir

Par Max Dorismond

Un pays aux abois où les voleurs, les kidnappeurs, les corrompus règnent en maîtres. Une jeunesse affolée devant le vide sidéral d’un avenir sombre qui définit son horizon. Une diaspora responsable, laissée derrière la barricade de la mesquinerie, par des « intelligents avertis » . Voici le cadre qui supporte le tableau de la banalisation du mal absolu qui gangrène cette nation que plusieurs artistes ont maintes fois dessinée à l’eau forte.

Ne voulant pas prôner une guerre fratricide entre frères de sang pour faire le jeu des prédateurs pour une place autour de la jarre à dollars, plusieurs se sont dépassés pour trouver une solution aux fins de calmer le jeu qui semble être déjà fait, tant les intérêts divergent.

Pendant qu’on fourbit les armes et qu’on piaffe dans le décor à l’écho des tambours de guerre, alors que certains sages appellent au calme et que le peuple aux abois interpelle Legba et Gran’Saint-Anne1 dans ses supplications, pour une certaine rédemption, aux fins de sauver ce qui peut l’être, je suis tombé sur cette proposition de la dernière chance du Dr. Jean Fils-Aimé , pasteur évangélique de son état, dans une bande audio en ligne, avec l’animateur de Vision-2000, Valéry Numa. (Cliquer sur le lien en bleu pour l’entendre).

C’est un document d’une clarté invitante et d’une intelligence à toute épreuve, qu’Haïti aurait tout intérêt à honorer si elle veut corriger les tares des instincts primaires et rectifier les erreurs ancestrales inscrites dans l’ADN de la Nation depuis 1806, lors de l’assassinat de l’Empereur J-J. Dessalines par les pires voyous, les pires scélérats sans scrupules, que le monde ait connus.

De crise en crise, le pays a toujours vogué entre les flots du diable et de ses diablotins. Pourquoi ne pas profiter, une fois pour toutes, pour redresser le mât de la caravelle avec le plan de ce visionnaire, qui ne rêve que de servir et non de diriger le pays un jour ?

Ce n’est pas une question de Jovenel Moïse, de X ou de Y. Nous ne sommes plus là. Le pays gît au fond de l’abîme. Si vraiment, chaque soir, au retour à la maison, nous remercions Dieu pour chaque journée récupérée dans notre vie, comme une petite victoire personnelle, c’est la preuve que tous, nous avons baissé les bras, nous avons abandonné notre vie, dans le tremblement, dans l’agenouillement et dans le désespoir, entre les mains des bandits légaux qui rient aux éclats de notre lâcheté. 

Nous avons écumé toutes les mers du monde pour fuir les malfrats de chez-nous. Nous avons épousseté les rues de tous les pays sur la terre, pour aller mourir, comme Georges Floyd, sous les genoux d’un écervelé. Cette fuite en avant, nous est-elle bénéfique ? Pourquoi ne pas prendre notre courage à deux mains et créer un État de droit, à protéger, qu’il pleuve ou qu’il tonne, par les fibres de nos poitrines et mourir dans la dignité ? 

Les bandits, les pleutres, ne résistent jamais devant la détermination. Demandez-le aux soldats de Napoléon Bonaparte. Beaucoup de désenchantés de l’exil, qui s’étaient bercés d’illusion hier, se mordent le pouce aujourd’hui. « There’s no place like home », comme le dit le poète. Lakay se lakay. Quoi qu’on en dise ! Quoi qu’on en pense !

Pensez une seconde à nos ancêtres qui s’étaient mis debout devant l’adversité. Pensez à maître Monferrier Dorval qui, tout frais, hier encore, a préféré se faire brûler la cervelle au lieu d’abdiquer. Il est des situations invivables, parfois, où la Nation entière devrait se sacrifier pour permettre à nos descendants ou nos survivants de jouir du droit à la vie comme tout être humain, digne de cette appellation. 

Dans la proposition de Fils-Aimé, c’est une voix qui nous invite à la rédemption, à la reconstruction totale d’une nouvelle nation. Elle nous propose de trouver des Haïtiens crédibles, de l’intérieur comme de la diaspora. Et pourtant, au pays, nous en avons des dizaines qui rasent les murs. Même si 60% de nos parlementaires seraient des repris de justice, des hommes de sac et de corde, les 40% restants, peuvent être utiles à quelque chose. Dussent-ils se sacrifier, ils seront nos héros, malgré eux. Ils seront les médiateurs de l’impossible. 

Selon la proposition du pasteur qui recèle un programme de reconstitution à élaborer sur trois longues années, nous avons le devoir de reconfigurer et de réparer tout ce qui a été détruit depuis 215 ans, sur le plan moral, éthique, social et financier.

L’analyste est allé très loin dans sa réflexion. C’est une bande audio à écouter et à analyser. Mais, il en existe d’autres. Le temps est venu de brasser la cage pour en extirper le meilleur du meilleur. Le nivellement par le bas n’a rien apporté en termes de positivité. Il est grand temps de changer de stratégie. Cette dernière ne nous a apporté qu’une caravane d’Alibabas à donner le tournis. Nous avons tout essayé pour nous extirper du trou; et nous avons récolté que le chaos. 

Ces propositions clairvoyantes de la dernière chance, nous interpellent pour refaire le chemin à l’envers de l’inconscience. Nous sommes donc condamnés à réparer les outrages du temps, sinon, vaut mieux attacher un zipper à l’entrée du voile opaque qui recouvre ce théâtre d’insultes, d’envies et d’exclusions, car l’absurdité aura une ahurissante longévité pour défier l’intelligence et la détermination.

Max Dorismond





NOTE (1) : Croisement des divinités dans le syncrétisme religieux haïtien.

Tuesday, January 29, 2019

Venezuela : une présidence à deux têtes qui divise la communauté internationale

Juan Guaido salue ses partisans lors d'un rassemblement contre
 le gouvernement du président vénézuélien Nicolas Maduro, à 
Caracas, le 23 janvier 2019.                                                      
La crise politique vénézuélienne, où deux présidents se disputent désormais la légitimité du pouvoir, se propage au sein de la communauté internationale. Alors que la majorité des pays occidentaux, dont les États-Unis, le Canada et ceux de l'Union européenne (UE), ont rapidement reconnu le président autoproclamé Juan Guaido, d'autres pays, comme la Russie et la Chine, appuient le président en exercice Nicolas Maduro.

La crise a pris une tournure internationale mercredi lorsque le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, Juan Guaido, s’est déclaré président par intérim du pays à la place du socialiste Nicolas Maduro devant des dizaines de milliers de ses partisans en liesse à Caracas.

Le politicien de 35 ans a ensuite disparu dans un lieu tenu secret, craignant une arrestation prochaine.

L'opposition considère que le mandat de Nicolas Maduro, qui dirige le pays depuis la mort d'Hugo Chavez, est illégitime, puisqu'il a été élu à la suite d'un scrutin boycotté par ses adversaires et jugé frauduleux par ces derniers.

C'est le seul moyen de sauver le pays de la dictature, a soutenu le leader de l'opposition Juan Guaido, défiant ainsi le président Maduro, dont la réélection est également contestée par la communauté internationale.

De son côté, le président Maduro a dénoncé mercredi un coup d’État de l’opposition et a appelé l'armée à maintenir « la discipline ». Il a aussi annoncé la rupture des relations diplomatiques avec les États-Unis et a ordonné à tous les diplomates américains de quitter le pays dans les 72 heures.

Accusant Washington d'inciter Juan Guaido à perpétrer ce putsch, il a précisé jeudi devant la Cour suprême que le Venezuela va fermer son ambassade et tous ses consulats aux États-Unis et rappeler tout le personnel diplomatique qui y était déployé.

Le vice-président américain Mike Pence a fait savoir plus tôt dans la journée que Washington n'a pas l'intention d'obtempérer à l'ordre d'expulsion des diplomates américains, puisqu'il ne reconnaît plus la légitimité de M. Maduro.

Dans une alerte de sécurité publiée en fin de journée sur un site du département d'État américain, les États-Unis ont cependant ordonné le départ du personnel « non essentiel » de leurs missions diplomatiques au Venezuela.

Les mises en garde de Pompeo

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a mis en garde M. Maduro contre la tentation de recourir à la force pour réprimer l’opposition au cours d’une réunion extraordinaire de l’Organisation des États américains (OEA).

Il a prévenu le « régime illégitime » de Nicolas Maduro contre « toute décision d'utiliser la violence pour réprimer la transition démocratique pacifique », demandant aux forces de sécurité vénézuéliennes de « protéger » Juan Guaido.

« Le temps du débat est terminé. Le régime de l'ancien président Nicolas Maduro est illégitime. Son régime est en état de faillite morale, incompétent en matière économique et profondément corrompu et non démocratique. »

 Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo

M. Pompeo a également demandé à l’OEA de lui emboîter le pas en reconnaissant M. Guaido comme le président légitime du Venezuela.

De nombreux pays d’Amérique latine, dont les voisins du Venezuela, appuient eux aussi ouvertement le geste du président de l’Assemblée nationale Juan Guaido.

Le Brésil, la Colombie, l'Argentine, le Paraguay, le Pérou, le Chili, le Guatemala, le Costa Rica, le Honduras et le Panama réclament tous de nouvelles élections « dans les plus brefs délais, avec la participation de tous les acteurs politiques et avec les garanties et les normes internationales nécessaires à un processus démocratique ».

Ces 10 pays demandent également que soient garantis « le respect de la règle de droit, les droits fondamentaux de la population et la paix sociale ».

Tous ces pays sont membres, avec le Canada et le Mexique, du groupe de Lima, dont la prochaine rencontre aura lieu au Canada, a confirmé jeudi Affaires mondiales Canada.
Le Mexique, la Bolivie et Cuba ont exprimé leur soutien à Nicolas Maduro. Le ministre mexicain des Affaires étrangères a toutefois exhorté, ce matin, les deux parties à tenir des pourparlers afin d’éviter une escalade de la violence.

L'ambassade canadienne fermée
Le personnel diplomatique canadien demeure en place pour le moment à Caracas, mais l’ambassade est fermée pour la journée. Les conditions de sécurité sont continuellement réévaluées afin de décider d’une éventuelle réouverture.

Contrairement au personnel diplomatique américain, dont le président Maduro a réclamé le départ hier, les diplomates canadiens ont été épargnés par les mesures de représailles du gouvernement vénézuélien.

Des créanciers inquiets
Nicolas Maduro en costume cravate fait un signe de paix avec sa main droite. Il arbore un dossard aux couleurs du drapeau vénézuélien: le jaune, le bleu et le rouge.
Nicolas Maduro lors de la cérémonie d’investiture de son
deuxième mandat le 10 janvier dernier à Caracas.               
Moscou et Pékin – les deux premiers créanciers du Venezuela, ravagé par une crise économique qui a conduit le pays au seuil de la faillite – ont prévenu les pays occidentaux que le président Nicolas Maduro demeurait, à leurs yeux, le président légitime du pays.

La Russie dénonce « l'usurpation de pouvoir » de l’opposition et « l'ingérence étrangère » au Venezuela.

Le Kremlin prévient les États-Unis qu’une intervention militaire – que le président américain n’a pas exclue dans l’éventualité où le président Maduro écraserait la contestation par la force – serait « très dangereuse ».

C'est une voie directe vers l'arbitraire et le bain de sang.

 Le ministère russe des Affaires étrangères

« Nous appelons les hommes politiques vénézuéliens sains d'esprit, opposés au gouvernement légitime de Nicolas Maduro, à ne pas devenir les pions d'une partie d'échecs étrangère », poursuit le communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

De son côté, Pékin appuie implicitement le président Maduro en se déclarant hostile à toute ingérence étrangère dans les affaires du Venezuela. La Chine affirme également soutenir les efforts de Caracas pour préserver son indépendance et sa stabilité.

L’ONU appelle au dialogue
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, appelle les Vénézuéliens au « dialogue » afin d’éviter un « désastre », en marge du Forum économique mondial de Davos.
« Nous espérons que le dialogue sera possible pour éviter une escalade menant à un conflit qui serait un désastre pour la population du pays et pour la région », a dit M. Guterres au cours d'une entrevue diffusée via Facebook.

« Des gouvernements souverains ont la possibilité de décider ce qu'ils veulent sur la question de la légitimité entre les deux présidents vénézuéliens », a dit le chef de l'ONU.

La mission diplomatique des États-Unis à l'ONU a officiellement demandé au Conseil de sécurité de tenir une réunion d'urgence samedi afin de « discuter de la crise en cours au Venezuela »

Washington doit obtenir l'approbation de 9 des 15 membres du Conseil pour que cette rencontre se concrétise.

Le chef de l'armée derrière Maduro
Le ministre vénézuélien de la Défense Vladimir Padrino Lopez
 a réaffirmé la loyauté de l'armée envers le président Nicolas 
Maduro.                                                                                   
La déclaration télévisée du ministre Padrino Lopez, jeudi, constitue une démonstration de soutien militaire à Maduro face à la reconnaissance internationale obtenue par son opposant, Juan Guaido.

M. Padrino Lopez a déclaré que d’obscurs intérêts travaillent en marge de la constitution vénézuélienne, enhardissant ainsi la montée de l'opposition. Il ajoute que ses soldats seraient indignes de leur uniforme s'ils ne défendaient pas la Constitution. Un groupe de 27 militaires s'est brièvement soulevé lundi dans une caserne située au nord de Caracas, en lançant des appels à l'insurrection. Ils ont été arrêtés.

Présidence à deux têtes
L'autoproclamation de M. Guaido, élu président de l'Assemblée nationale vénézuélienne au début du mois de janvier, était écrite dans le ciel.

Au lendemain de l'assermentation de Nicolas Maduro pour un second mandat de six ans, il avait dit être prêt à remplacer M. Maduro à titre de président du pays, ouvrant la voie à une nouvelle confrontation entre le pouvoir et l'opposition. Il avait été brièvement détenudeux jours plus tard.

M. Guaido avait toutefois prévenu qu'il lui fallait obtenir l'appui du peuple vénézuélien, de l'armée et de la communauté internationale pour réussir.

Composée de fidèles du président Maduro, la Cour suprême du Venezuela a ordonné une enquête pénale contre les membres de l'Assemblée nationale, en les accusant d'usurper les prérogatives du président vénézuélien. Dominée par l’opposition, elle a été dépouillée de tous ses pouvoirs par une Assemblée constituante contrôlée par des partisans du président Maduro, élu à l’été 2017 au terme d’un vote discrédité.

Le Venezuela est aujourd'hui un pays exsangue que ses citoyens fuient par centaines de milliers, en raison de la situation politique, mais aussi des conditions économiques désastreuses, marquées par des pénuries de produits de base.

Cette spirale a été accélérée par l'effondrement des cours du pétrole, qui compte pour 95 % des revenus du pays.

Selon le Fonds monétaire international, le PIB du Venezuela a chuté de 18 % l'an dernier et l'inflation atteindra 10 000 000 % en 2019.

Sources combinées : avec les informations de  Radio Canada, Agence France-Presse, Reuters et Associated Press