Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Wednesday, March 5, 2025

Donald Trump face au Congrès : un premier État de l'Union sous haute tension

Président Donald Trump
délivrant son discours devant le Congrès américain


Par Hervé Gilbert

Le président Donald Trump s'est adressé au Congrès le mardi 4 mars 2025 lors d'un discours marquant, abordant des sujets majeurs allant de la politique étrangère à l'économie, en passant par la sécurité nationale et les initiatives de son administration. Ce discours, d'une durée record d'1 heure et 40 minutes, a été ponctué d'annonces fortes et de réactions contrastées.

Politique étrangère et sécurité nationale

Sur la scène internationale, Trump a évoqué le conflit en Ukraine, affirmant avoir reçu une lettre du président Volodymyr Zelensky exprimant une volonté de reprendre les négociations de paix avec la Russie. Il a également annoncé une avancée significative dans la lutte contre le terrorisme avec l'arrestation et l'extradition de Muhammed Sharifullah, suspect clé dans l'attentat d'Abbey Gate en Afghanistan en 2021.

Après avoir abordé ces sujets, le président Trump a exprimé des ambitions territoriales notables. Il a reaffirmé son intention de reprendre le contrôle du canal de Panama et d'annexer le Groenland aux États-Unis. Il a déclaré que son administration "récupérerait le canal de Panama" et que des actions avaient "déjà commencé" en ce sens. Il a également affirmé que les États-Unis avaient besoin du Groenland pour leur "sécurité nationale" et qu'ils travaillaient avec toutes les parties concernées pour l'acquérir "d'une manière ou d'une autre".

Ces déclarations ont suscité des réactions vives de la part des pays concernés. Le président du Panama, José Raúl Mulino, a rejeté les propos de Trump, affirmant que le canal est sous le contrôle total du Panama et qu'aucune nation n'interfère avec son administration. De même, le Danemark, dont le Groenland est un territoire autonome, a déjà rejeté par le passé l'idée d'une vente de l'île, affirmant que le Groenland n'est pas à vendre.

Ces ambitions expansionnistes de Donald Trump ont provoqué des tensions diplomatiques et des critiques internationales, les nations concernées réaffirmant leur souveraineté et rejetant fermement toute tentative d'ingérence.

Économie et commerce

Sur le plan économique, Trump a défendu l'imposition de nouveaux tarifs douaniers de 25 % sur les importations en provenance du Mexique, du Canada et de la Chine, les présentant comme une solution pour équilibrer le budget fédéral. En parallèle, il a annoncé des réductions d'impôts pour les citoyens américains ainsi que des incitations fiscales pour relancer la construction navale nationale.

Initiatives nationales

Le président a ensuite mis l'accent sur la santé publique, affirmant que la réduction des taux de cancer chez les enfants et l’étude des causes de l’autisme figureraient parmi les priorités de son administration. En matière de défense, il a révélé un ambitieux projet de système antimissile inspiré du "Dôme de Fer" israélien, baptisé "Golden Dome", destiné à renforcer la sécurité nationale.

Réactions politiques et conclusion

Le discours a suscité de vives réactions au sein du Congrès. Des interruptions et des protestations ont éclaté, notamment de la part du représentant Al Green, qui a été escorté hors de la chambre. La sénatrice démocrate Elissa Slotkin a vivement critiqué les politiques économiques du président et son ton jugé clivant, tout en exprimant sa confiance dans la résilience du pays face aux défis à venir.

Par ce discours offensif et ambitieux, Trump a réaffirmé sa vision pour l'Amérique, entre protectionnisme économique, renforcement de la défense et politique nationale tournée vers la sécurité et la santé. Mais alors que ses annonces séduisent ses partisans, elles continuent de diviser profondément le paysage politique américain.

Hervé Gilbert


Tuesday, September 24, 2019

Les démocrates annoncent une enquête en vue d'une destitution de Trump

La cheffe des démocrates au Congrès américain Nancy Pelosi a annoncé ce mardi 24 septembre l'ouverture d'une mise en accusation solennelle de Donald Trump. Le président américain est soupçonné d'avoir demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur son rival politique Joe Biden.

« Les actes du président jusqu'à ce jour ont violé la Constitution, a accusé la présidente démocrate de la Chambre des représentants. Aujourd'hui, j'annonce que la Chambre des représentants ouvre une enquête officielle en vue d'une procédure de destitution. »

Il s'agit de la première étape d'une procédure d'impeachment contre le président des États-Unis, que la Chambre des représentants accuse d'abus de pouvoir.  La cheffe de la majorité démocrate à la Chambre, qui pendant des mois a refusé de s’engager sur cette voie, a finalement cédé.

L'affaire ukrainienne en question

C’est l’affaire du coup de fil entre Donald Trump et son homologue ukrainien, dont on connaitra la teneur exacte mercredi, qui a achevé de la convaincre. Elle exige aussi de connaitre le contenu de la plainte déposée par un lanceur d’alerte inquiet des agissements du président.

La Chambre va examiner si Donald Trump a cherché à obtenir l'aide de l'Ukraine pour acquérir des informations susceptibles de nuire à Joe Biden, favori dans la course à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020. « Le président doit rendre des comptes. Personne n'est au-dessus de la loi », a souligné Nancy Pelosi.

Quelques heures avant, Joe Biden avait pris soin de se positionner sur une destitution du président. « Il est temps que l’administration cesse de faire blocage et procure au Congrès tous les faits nécessaires, y compris la copie de la plainte du lanceur d’alerte, a ainsi déclaré le candidat favori de la primaire démocrate. Et il est temps que le Congrès enquête de manière exhaustive sur la conduite de ce président. Le président devrait cesser de faire obstruction à cette enquête et à toutes les autres enquêtes sur ses supposés dysfonctionnements. »

Une « chasse aux sorcières » pour Trump

Le pari est risqué pour les démocrates qui n’ont pas la majorité au Sénat. La procédure n’a qu’une chance infime d’aller à son terme. Et elle risque de galvaniser les électeurs de Donald Trump qui s’estime victime d’une nouvelle « chasse aux sorcières de caniveau ».

Peu après l’annonce de Nancy Pelosi, l’équipe du président a envoyé une rafale de messages appelant à verser des dons pour financer la défense de Donald Trump, rapporte notre correspondante à Wahsington, Anne Corpet.

Thursday, January 3, 2019

LE CONGRÈS AMÉRICAIN ENTRE DANS UNE NOUVELLE ÈRE D'OPPOSITION À TRUMP


Nancy Pelosi reprend à nouveau le perchoir  de Speaker 
La démocrate Nancy Pelosi a repris jeudi la tête de la Chambre des représentants en appelant au "respect" dans une Amérique divisée, son retour historique au perchoir marquant le début d'une nouvelle ère d'opposition à Donald Trump.

Alors qu'il affronte deux dernières années de mandat difficiles face au nouveau pouvoir des démocrates, le président républicain a rapidement félicité son opposante en chef.

"J'espère que nous pourrons travailler ensemble", notamment sur des grands projets d'infrastructures qu'ils "veulent vraiment", a-t-il déclaré lors d'un point de presse improvisé.

Les ennuis de Trump pourraient  réellement commencer ce
jeudi 3 janvier...                                                                   
Les deux élus auront l'occasion de mettre à l'épreuve de la réalité ces déclarations dès vendredi, lorsqu'ils devront justement se revoir à la Maison Blanche pour tenter de trouver une sortie à l'impasse budgétaire qui paralyse 25% des administrations fédérales depuis bientôt deux semaines.

Depuis jeudi, midi le 116e Congrès américain est officiellement en session: 435 nouveaux élus à la Chambre des représentants, désormais contrôlée par les démocrates, et 100 sénateurs au Sénat, qui reste sous contrôle républicain.

"Nous ne nous faisons pas d'illusions, notre travail ne sera pas facile", a déclaré Nancy Pelosi après avoir repris le marteau de "speaker", qu'elle avait déjà tenu entre 2007 et 2011 lorsqu'elle était devenue la première femme de l'Histoire américaine à accéder à ce poste crucial.

Les nouveaux membres  élus du 116ème Congrès américain  posant  pour une photo historique sur les perrons  du Capitole à Washington, le 14 novembre 2018.                                                                                                                                               
Mais promettons que lorsque nous ne serons pas d'accord, nous nous respecterons".
Nancy Pelosi entourée de ses petits enfants
Après une joyeuse cacophonie rythmée par les pleurs d'un bébé, entourée de ses petits-enfants et des enfants d'autres élus venus assister à la cérémonie, Nancy Pelosi, élue à 78 ans par 220 voix, a prêté serment.

Nombre record de femmes et d'élus issus de minorités: devant une nouvelle Chambre qui multiplie les "premières", elle a salué l'arrivée de nouveaux membres dont "l'optimisme, Mais promettons que lorsque nous ne serons pas d'accord, nous nous respecterons".

Dans l'hémicycle, la nouvelle élue progressiste Alexandria Ocasio-Cortez avait choisi un tailleur pantalon blanc, comme en hommage aux suffragettes qui se sont battues pour le droit de vote des femmes.

- "Crise climatique" -
Affirmant reprendre ce poste avec "grand espoir et confiance en l'avenir", Nancy Pelosi a reconnu les "défis" qui l'attendent.

Elle a dit vouloir protéger la classe moyenne, alors que Donald Trump avait su, en 2016, séduire certains des déçus du "rêve américain".

Mais elle a aussi eu un message d'ouverture envers les migrants.

Sur l'environnement, Nancy Pelosi a eu des mots très forts alors que Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l'accord de Paris.

"Nous devons aussi adresser la menace existentielle de notre époque: la crise climatique", a déclaré la démocrate.

Au Sénat, le vice-président républicain Mike Pence a présidé, sous les applaudissements, aux prestations de serment.

- 13e jour de "shutdown" -

C'est avec un défi à Donald Trump que Nancy Pelosi reprend le perchoir.

Elle soumettra à un vote, dès la fin de journée, des mesures budgétaires temporaires censées mettre fin au "shutdown" des administrations.

Or Donald Trump n'en veut pas, car elles n'incluent pas cinq milliards de dollars pour financer le mur qu'il compte construire à la frontière avec le Mexique, afin de lutter contre l'immigration clandestine.

Il a encore martelé la nécessité de ce mur, ou "barrière, ou peu importe comment vous voulez" l'appeler, lors de son briefing surprise jeudi, avant de laisser des responsables de la sécurité aux frontières défendre le projet.

Au 13e jour du "shutdown", il reste ainsi difficile d'entrevoir une sortie de crise.

- Enquêtes et déclarations d’impôts -

Ce bras de fer annonce les féroces batailles à venir entre les démocrates et la Maison Blanche, avec la promesse de multiples enquêtes parlementaires.

En première ligne: les soupçons de collusion entre Moscou et son équipe de campagne électorale en 2016, alors que le mandat du républicain est, pratiquement depuis ses débuts, déjà empoisonné par l'enquête du procureur spécial Robert Mueller.

Avec leur nouveau contrôle de la Chambre, les démocrates décrochent en effet la tête de commissions parlementaires dotées de puissants pouvoirs d'investigation, notamment ceux d'assigner les témoins à comparaître et d'ordonner la présentation de documents.
Ils ont d'ailleurs promis d'exiger du milliardaire qu'il présente enfin ses déclarations d'impôts.

Derrière ces turbulences, la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", pourrait se dessiner plus nettement.

Mais Nancy Pelosi a pour l'instant écarté cette idée, affirmant vouloir d'abord attendre les conclusions des enquêtes.

Célèbre pour son sens tactique, elle devra le mettre à l'épreuve des tiraillements à ce sujet entre les jeunes pousses fraîchement élues qui se réclament de la "résistance" contre le président et les élus démocrates plus modérés qui ont gagné dans des circonscriptions pro-Trump.

Thursday, April 26, 2018

Président Emmanuel Macron exprime sa vision du monde au Congrès américain

Emmanuel Macron s'exprime devant le Congrès américain

Au dernier jour de son voyage aux États-Unis, Emmanuel Macron s'est exprimé mercredi devant un Congrès visiblement conquis. L'occasion d'aborder, sans Donald Trump, des sujets tels que le climat, le commerce international ou l'Iran.
L'ESSENTIEL
Dix-neuf standing-ovations. C'est peu dire qu'Emmanuel Macron   a été chaudement reçu par les 535 membres du Congrès américain, mercredi. En l'absence de son homologue américain, séparation des pouvoirs oblige, le président français a exposé sa vision du monde et de l'avenir dans un discours en anglais d'une cinquantaine de minutes, durant lequel il a notamment pu aborder des sujets tels que l'Iran, le climat ou le spectre d'une guerre commerciale avec les États-Unis. Comme la veille lors de sa conférence de presse commune avec son "ami" Donald Trump, Emmanuel Macron a aussi souligné la coopération historique, et plus nécessaire que jamais selon lui, entre les deux pays. Avec, à chaque fois, quelques formules prêtes à l'emploi.
"L'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire"
Une bruyante standing ovation de la part des membres
du Congrès lors de sa déclaration sur l'Iran.                  
C'est l'un des gros dossiers qui agitent la communauté international ces derniers jours. Plus encore depuis que le duo Trump-Macron a annoncé mardi leur intention de “travailler” ensemble sur ce nouveau texte censé, à plus ou moins long terme, remplacer l'actuel accord sur le nucléaire iranien.
"Notre objectif est clair : l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire. Pas maintenant, pas dans cinq ans, pas dans dix ans. Jamais", a martelé le chef de l'État français, qui s'exprimait au Capitole 58 ans jour pour jour après le général de Gaulle. "Mais cette politique ne devrait jamais nous mener à la guerre au Moyen-Orient. Nous devons garantir la stabilité, respecter la souveraineté des États, y compris celle de l'Iran, qui est une grande civilisation. Ne produisons pas les erreurs du passé dans la région. Ne créons pas nous-mêmes de nouvelles guerres", a-t-il averti, alors que le président américain a déjà posé la date du 12 mai comme ultimatum à ses alliés européens pour qu'ils "remédient aux terribles lacunes" du texte de l'accord. 
"Nous ne pouvons pas nous en débarrasser, pour autant, il est juste de dire qu'il ne couvre pas la totalité des préoccupations. Il ne faut pas l'abandonner si nous n'avons rien de plus solide à proposer en remplacement. La France ne se retirera pas de l'accord, car nous l'avons signé", a encore répété Emmanuel Macron. 
"Un jour, les États-Unis rejoindront l'accord de Paris"
Là encore, la dissension est profonde entre les deux chefs d'État. Regrettant le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le réchauffement climatique,Emmanuel Macron s'est cependant dit certain que Washington finira par le ratifier."Il n'y a pas de planète B", a-t-il notamment affirmé en répétant son désormais célèbre slogan "Make our planet great again", détournement du slogan de campagne de Donald Trump.
« Il n’y a pas de planète B » : ce qu’il faut retenir du discours de Macron devant le Congrès américain
"Certains considèrent qu’il est plus important de protéger l’industrie que de relever le défi du changement climatique. Il faut trouver une transition douce pour aller vers une économie plus respectueuse de l’environnement", a-t-il encore prôné devant les applaudissement nourris du Congrès, et plus particulièrement des élus démocrates, debout à chaque allusion au climat.
'Une guerre commerciale entre alliés n'est pas cohérente"
Décidément adepte des effets de style, le locataire de l'Élysée s'est aussi lancé dans une longue anaphore en "je crois" - "Je crois à ces droits, à ces valeurs, je crois que nous pouvons lutter contre l’ignorance par l’éducation, (…) Je crois à l’action concrète (…), Je crois à la libération de l'individu (…) Je crois à l’utilité à et la force des marchés… Une façon d'avertir à nouveau les États-Unis sur les risques de guerre commerciale si Donald Trump décide effectivement d'imposer de Nouvelles taxes douanières sur l’acier er l’aluminium. 
"Nous avons besoin d'échanges commerciaux équitables et libres. Une guerre commerciale qui opposerait des alliés ne serait pas cohérente (...) Cela ne mènera qu’à la destruction des emplois, à l’augmentation des prix et c’est la classe moyenne qui paiera au bout du compte... Nous réglerons nos différends par la négociation à l’OMC (Organisation mondiale du commerce, ndlr) et par des solutions coopératives. Nous avons nous-même écrit ces règles, nous pouvons les compléter", a-t-il plaidé devant les 100 Sénateurs et les 435 Représentants réunis. Sur ce point, la France et l'Europe seront fixés le 1er mai, date de l'exemption de ces taxes pour l'UE.
Et Emmanuel Macron de multiplier, comme à la tribune des Nation-Unies en septembre dernier, les appels à "un multilatéralisme fort" plutôt qu'à l'isolationnisme et le protectionnisme.
"En 1778, Voltaire et Benjamin Franklin se sont embrassés sur les joues. Cela vous rappellera peut-être quelque chose…"
Alors même que les discussions entre Emmanuel Macron et Donald Trump ont parfois été difficiles, à l'image de ces points de désaccords évoqués plus haut, le président français s'est aussi attaché à détendre l'atmosphère à plusieurs reprises. "En 1778, Voltaire et Benjamin Franklin se sont rencontrés à Paris", a-t-il notamment lancé au début de son discours. "Ils se sont enlacés en se prenant dans les bras et se sont embrassés sur les joues... Cela vous rappellera peut-être quelque chose…", a-t-il glissé sourire aux lèvres, en référence aux nombreux gestes amicaux - et physiques - échangés avec le président américain, qui ont tant surprise outre=Atlantique , autant qu'ils ont fait rire l'assemblée mercredi.
Puis Emmanuel Macron, quelques dizaines de minutes plus tard, d'adresser un nouveau clin d'œil au président américain : "Nous devrons lutter contre le virus des “fake news”. Vous savez à qui je dois cette expression “fake news”, n’est-ce pas ?", a-t-il lâché devant un Congrès riard.
Revivez le discours (en anglais) de Macron devant le Congrès américain
"Ce sont nos valeurs que les terroristes détestent"
Accueilli par une bruyante standing ovation de plus de trois minutes, certains élus criant même "Vive la France !", Emmanuel Macron a par ailleurs longuement insisté sur les liens tissés entre les deux pays au cours de l'Histoire, comme Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy l'avaient fait avant lui devant le Congrès.
Du marquis de La Fayette au poète américain Alan Seeger, engagé au service de la France en 1914 et mort en juillet 2016, en passant par Franklin Roosevelt, Simone de Beauvoir, Charles Hemingway ou encore François-René de Chateaubriand, Emmanuel Macron n'a cessé d'afficher les valeurs et l'Histoire communes entre la France et les États-Unis qui ont connu "plusieurs tragédies ces dernières années". "Ce sont nos valeurs que les terroristes détestent". "Le 11 septembre 2001, de nombreux Américains ont perdu la vie tragiquement. Depuis cinq ans, notre pays a souffert d’attentats terroristes. Nous n’oublierons jamais ces victimes innocentes. C’est un prix atroce à payer pour la liberté, pour la démocratie. Et c’est pourquoi nous sommes ensemble en Syrie et au Sahel pour lutter ensemble contre ces groupes terroristes, et pour détruire ces terroristes. "
Et de conclure en français, avant de filer pour débattre devant des étudiants : "Vive les États-Unis d’Amérique, longue vie à l’amitié entre la France et les États-Unis, vive la France, et vive notre amitié". De quoi s'offrir, sans surprise, une dernière standing-ovation.
Sources : Europe 1, C-Span

Wednesday, March 1, 2017

Les cinq points essentiels du discours de Donald Trump face au Congrès

Le président américain Donald Trump lors de son premier discours de politique générale devant le Congrès, au Capitole à Washington, le 28 février 2017.                                                                                                                                                           
Plus présidentiel que jamais, Donald Trump a tenté de livrer mardi soir devant le Congrès un message d’espoir et d’optimisme. Sans pour autant lever les inquiétudes et l’imprécision autour de son agenda politique.

1) Son meilleur discours

«J’ai le sentiment que ce soir, Donald Trump est devenu président des Etats-Unis». La réaction de Chris Wallace, l’une des figures de la chaîne conservatrice Fox News, quelques minutes après le discours du président, illustre la performance réalisée par ce dernier devant le Congrès. Républicains comme démocrates, Donald Trump a pour une fois mis tout le monde d’accord : ce discours est sans conteste le meilleur de sa présidence. Sans doute aussi le meilleur depuis son entrée dans la course à la Maison Blanche, il y a près de deux ans.

Melania Trump, la première dame des Etats-Unis
Sur la forme d’abord : voix calme, regard déterminé mais apaisé, Donald Trump n’a que très rarement dévié du discours préparé et lu sur téléprompteur. Un discours très présidentiel, sans dérapage, expurgé de ses attaques récurrentes contre les médias et de ses fanfaronnades sur sa victoire contre Hillary Clinton. Sur le fond ensuite : le ton très sombre de son discours d’investiture, au cours de laquelle il avait dépeint une Amérique en plein «carnage», a laissé place à une vision plus optimiste. «Je suis ici ce soir pour délivrer un message d’unité et de force, et c’est un message délivré du fond du coeur. Un nouveau chapitre de la grandeur américaine débute. Une nouvelle fierté nationale déferle sur notre pays», a-t-il lancé dès les premières secondes de son intervention.

Yvanka et son époux Jared Kushner
Avec un lyrisme très inhabituel, Donald Trump a prononcé quelques phrases que Barack Obama «l’intello» n’aurait pas reniées. A l’image de cette tirade de fin : «Nous avons besoin de trouver le courage de partager les rêves qui emplissent nos coeurs. La bravoure pour exprimer les espoirs qui agitent nos âmes. Et la confiance pour transformer ces espoirs et ces rêves en action. A partir de maintenant, l’Amérique sera portée par nos aspirations et non accablée par nos peurs. Inspirée par le futur et non soumise aux échecs du passé. Guidée par notre vision et non aveuglée par nos doutes».

2) Main tendue… sans succès

A plusieurs reprises, Donald Trump a tendu la main vers les élus démocrates. «Pourquoi ne pas joindre nos forces ? Démocrates et républicains devraient travailler ensemble et s’unir pour le bien de notre pays, et pour le bien du peuple américain», a-t-il lancé. «Le temps des combats futiles est derrière nous», a-t-il ajouté un peu plus tard, dans une volonté de rassembler une nation profondément divisée, notamment sur sa personne. Dans la salle, les démocrates lui ont pourtant réservé un accueil glacial.
A quelques rares exceptions près, les élus du parti d’opposition sont restés assis, visages fermés, bras croisés, pendant que l’autre moitié de l’hémicycle, occupée par les élus républicains, applaudissait à tout rompre. Pour marquer leur désaccord profond avec le président, une quarantaine d’élues démocrates étaient vêtues de blanc, couleur symbolisant la défense des droits des femmes. Dans un ultime désaveu, la plupart des démocrates ont quitté les bancs du Congrès sans applaudir aussitôt après la fin du discours, laissant les républicains offrir au président une dernière «standing ovation». Cette rupture avec la tradition, symbole de la profondeur des divisions, n’a pas échappé à Donald Trump.

3) Un moment poignant

Cela restera comme le moment fort de ce discours, le seul où démocrates et républicains ont affiché leur unité. Comme le veut le tradition, le président avait invité plusieurs personnes à assister à son discours. Parmi elles : Carry Owens, la veuve de Ryan Owens, soldat des forces spéciales tué fin janvier dans une opération américaine contre Al-Qaïda au Yémen. «Ryan est mort comme il a vécu : un guerrier et un héros, combattant le terrorisme et protégeant notre nation», a d’abord lancé Donald Trump. L’assistance s’est levée pour applaudir Carry Owens, assise à la droite d’Ivanka Trump, la fille du président.

Carryn Owens (à gauche de Yvanka Trump)
Alors que le raid suscite la controverse en raison de la mort de Ryan Owens mais aussi de nombreux civils, dont des enfants, le président a assuré ensuite que l’opération avait été, selon le Pentagone, «une grande réussite ayant fourni de grandes quantités de renseignements vitaux». Puis Donald Trump a ajouté : «l’histoire de Ryan est gravée dans l’éternité». La salle s’est à nouveau levée pour rendre un hommage appuyé à Carryn Owens. Les yeux parfois levés vers le ciel, la jeune femme blonde a été submergée par l’émotion. L’ovation a duré près de deux minutes. Un moment touchant conclu par une étonnante remarque improvisée du président : «Ryan regarde depuis là-haut, vous le savez, et il est très content car je crois qu’un record vient d’être battu», a-t-il dit en référence à la longueur des applaudissements. Chez Donald Trump, l’ancien animateur de télé-réalité obsédé par la gagne et les audiences n’est jamais bien loin.

4) Le diable se cache dans les détails

Quelques heures avant son discours, Donald Trump avait confié à des journalistes qu’il était prêt au «compromis» sur le sujet sensible de l’immigration. D’après CNN, le président américain aurait laissé entendre qu’il n’était pas opposé à la régularisation d’une partie des quelques onze millions de personnes vivant aux Etats-Unis en situation irrégulière. Cette apparente inflexion politique avait été accueillie avec scepticisme par les démocrates, avec attention par les républicains modérés et avec une certaine consternation chez les plus conservateurs, catégoriquement opposés à toute régularisation.
Ceux qui espéraient des détails lors du discours au Congrès ont été déçus. Certes, Donald Trump a esquissé les contours d’un système d’immigration «basé sur le mérite», prenant l’exemple du Canada et de l’Australie. Les Etats-Unis doivent «abandonner le système actuel d’une immigration peu-qualifiée», a-t-il lancé. Certes, il a dit croire qu’une «réelle réforme positive de l’immigration» était possible, à condition de se concentrer sur l’emploi des Américains, la sécurité et le respect des lois. Confiant, il a même appelé démocrates et républicains à «travailler ensemble» sur ce sujet. L’hypothèse semble toutefois très peu probable. Et hormis ses promesses répétées de construire «un grand mur» avec le Mexique et d’expulser les «membres de gangs, les trafiquants de drogue et les criminels», il a été plutôt avare en détails.

Pour le reste, Donald Trump a réitéré ses engagements de campagne : remplacer Obamacare par quelque chose de «moins cher» et «meilleur», réduire massivement les impôts, renforcer l’armée, éradiquer l’Etat islamique, investir 1000 milliards de dollars dans un vaste plan de rénovation des infrastructures. Tout cela a un coût et sur la question du financement, Donald Trump est toujours resté discret. La bataille s’annonce rude avec un Congrès républicain largement allergique à la dépense publique.

5) Rassurer les alliés

Donald Trump a peu parlé de politique étrangère. Mais il a prévenu : sur la scène diplomatique, aussi, ce sera l’Amérique d’abord. «Mon travail, ce n’est pas de représenter le monde. Mon travail, c’est de représenter les Etats-Unis d’Amérique». Une phrase sortie tout droit du manuel nationaliste et protectionniste de son conseiller Steve Bannon. Alors qu’il avait qualifié l’Otan «d’obsolète», loué le Brexit et prédit la désintégration de l’Union européenne, Donald Trump a cherché à rassurer. «Nous soutenons fortement l’Otan», a-t-il dit, tout en répétant que les alliés des Etats-Unis «au sein de l’Otan, au Moyen-Orient ou dans le Pacifique» devaient «remplir leurs obligations financières» et «payer leur juste part du coût» des opérations militaires.

Après avoir soufflé le chaud et le froid ces derniers mois, critiquant l’interventionnisme militaire américain tout en s’entourant de militaires et en proposant une hausse historique de près de 10% du budget du Pentagone, Donald Trump a tenu à répéter qu’il n’était pas belliciste. «Nous savons que l’Amérique se porte mieux lorsqu’il y a moins de conflits», a-t-il insisté. «L’Amérique est disposée à trouver de nouveaux amis, à forger de nouveaux partenariats, lorsque nos intérêts partagés s’alignent. Nous voulons l’harmonie et la stabilité, pas la guerre et le conflit. Nous voulons la paix, partout où elle peut être trouvée», a conclu Donald Trump.


Source: Liberation.fr