Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Tuesday, January 12, 2016

Barack Obama : un dernier discours sur l'état de l'Union qui appelle au changement



À un an de la fin de son dernier mandat, le 44e président des États-Unis a repris dans son septième et ultime discours sur l'état de l'Union, prononcé mardi, le thème qui l'avait mené à la Maison-Blanche : le changement et l'espoir. Appelant à la fin de la politique partisane, Barack Obama a livré une allocution au ton optimiste, parfois moqueur, ponctuée de critiques à l'endroit de certains candidats républicains à la présidence.

Contrairement à l'habitude, le président n'a pas axé son discours sur ses priorités de la prochaine année, mais « sur l'avenir » et les changements « extraordinaires » qu'il réserve.

« Ce changement peut élargir l'éventail des possibilités ou élargir le fossé des inégalités. Que nous l'acceptions ou non, le rythme de ce changement n'ira qu'en s'accélérant », a-t-il dit, offrant un contraste avec certains républicains qui aspirent à lui succéder - Donald Trump en tête, qui vante la gloire passée de l'Amérique.

Souvent ovationné par les démocrates, le président Obama a rappelé que les Américains, à d'autres moments de leur histoire, avaient pu gérer le changement, notamment les vagues d'immigration successives, en surmontant leurs craintes.

« L'avenir que nous voulons - des possibilités économiques et la sécurité pour nos familles, l'amélioration des conditions de vie et une planète où le développement durable et la paix sont envisageables - tout cela est à portée de main », mais seulement si le pays peut revenir à des débats constructifs rationnels », a-t-il dit, appelant les élus des deux partis à « réparer [la] politique » américaine.

Dans un geste inusité, le président Obama a d'ailleurs admis devant les élus des deux Chambres réunies du Congrès qu'il « regrettait » de ne pas avoir été capable de changer le ton de la politique à Washington, ajoutant qu'il tenterait de « faire mieux » d'ici son départ.


Le dernier discours de Barack Obama  sur l’état de l’Union

« C'est l'un des quelques regrets de ma présidence : que la rancœur et la méfiance entre les partis se soient amplifiées au lieu de s'être atténuées. »— Le président Barack Obama

Dans ce qui a été sa critique la plus acerbe des prétendants républicains, Barack Obama a mis en garde contre ceux qui font « des concitoyens qui ne nous ressemblent pas, ne prient pas comme nous, ne votent pas comme nous le faisons ou n'avons pas le même parcours des boucs émissaires ». 

« L'Amérique se doit d'être exemplaire et cela passe par le rejet de toute politique fondée sur la stigmatisation de la race ou de la religion », une critique visant visiblement Donald Trump, qui a tenu des propos controversés sur les Mexicains et les musulmans.

Présentant la protection des Américains et lutte antiterroriste comme « la priorité », il a mis en garde contre les « affirmations farfelues » qui présentent la lutte contre le groupe armé État islamique (EI) comme « la Troisième Guerre mondiale ». « Elles font le jeu » des djihadistes, a-t-il affirmé.

« Il faut les appeler par leurs noms : des assassins et des fanatiques qui doivent être débusqués, traqués et éliminés », a-t-il insisté, évoquant sa lutte contre l'EI, jugée trop timorée par ses adversaires.

« Si vous doutez de la détermination de l'Amérique, demandez à Oussama ben Laden ce qu'il en pense », a ajouté Barack Obama, sous lequel l'ancien chef d'Al-Qaïda a été tué, dix ans après les attentats du 11 septembre 2001.
Dénonçant la rhétorique de certains de ses adversaires qui critiquent la supposée faiblesse des États-Unis, il a répliqué qu'ils étaient « la nation la plus puissante du monde ».

Des projets à réaliser
Pour l'année qu'il lui reste à la tête de la Maison-Blanche, il a répété son espoir de voir aboutir certains de ses grands projets et livré un plaidoyer pour l'égalité des chances.

Se posant en défenseur des énergies propres et renouvelables, il s'est moqué des détracteurs des changements climatiques.

Michelle Obama  a une nouvelle fois attiré toute l'attention des médias  lors du dernier discours sur l’état de l’union 
     de son époux. À cette occasion, la Première dame des Etats-Unis  avait opté pour une robe couleur marigold de la      .
       maison Narciso Rodriguez, l'une de ses marques fétiches.                                                                                                    
« Quand, en 1957, les Soviétiques ont envoyé Spoutnik dans l'espace, nous n'avons pas nié son existence. Nous avons bâti pratiquement du jour au lendemain un programme spatial et, 12 ans plus tard, nous marchions sur la Lune », a-t-il ironisé.
Il a également plaidé en faveur d'un contrôle accru des armes à feu, de la fermeture de la prison de Guantanamo, « dispendieuse et inutile », ou encore la levée de l'embargo contre Cuba et a appelé le Congrès à ratifier le Partenariat transpacifique (PTP).

« Admettez que la guerre froide est finie. Levez l'embargo! »— Barack Obama
Il a aussi annoncé un « nouvel effort national » pour faire de l'Amérique le pays qui éradique le cancer « une fois pour toutes », une initiative qu'il a confiée au vice-président Joe Biden.

Le président Obama a également vanté le bilan de ses deux mandats, insistant notamment sur les progrès accomplis par le pays depuis la crise économique dont il a hérité lors de son accession au pouvoir. Il a rappelé que 14 millions d'emplois avaient été créés depuis son élection et que le taux de chômage avait été divisé par deux.

Il a également souligné que la réforme de la santé avait permis à 18 millions d'Américains d'avoir un accès à une couverture médicale et a salué l'accord sur le nucléaire iranien.

Une vue de la Chambre du Congrès américain lors de l'adresse
du président Obama sur l'état de l'Union.                                    
Ce rendez-vous était pour Barack Obama la dernière grande occasion de s'adresser aux Américains avant que le pays ne bascule complètement dans la frénésie électorale des primaires, le mois prochain.

Un seul des trois candidats à l'investiture républicaine qui siègent au Congrès était présent, le sénateur de la Floride Marco Rubio.

Un seul candidat démocrate, le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, lui aussi sur place, fait partie des élus du Congrès.

Vingt-trois personnes ont été invitées par la première dame, Michelle Obama, dont un réfugié syrien, une des premières Américaines diplômées de l'école militaire d'élite des Rangers et l'un des plaignants à l'origine de la légalisation du mariage gai.
De leur côté, les républicains ont notamment invité Kim Davis, la greffière du Kentucky qui a refusé de délivrer des certificats de mariage à des couples homosexuels.

À l'issue du discours, c'est la gouverneure de la Caroline du Sud, Nikki Haley, qui a officiellement réagi au nom du camp républicain.

Le meneur de la course républicaine, Donald Trump, n'a pas attendu la fin de l'allocution pour la critiquer sur Twitter : « ennuyante, lente, léthargique - difficile à regarder.

Barack Obama a livré un autre de ses discours magistrales. Un dernier discours sur l'état de l'Union rempli d'humanisme et d'espoirs tant pour les Etats-Unis que pour le monde. 


Il n'y a que ce Président exceptionnel, sans doute le plus grand de l'histoire américaine moderne, qui peut prononcer, sans étonner personne, des mots comme "vérité désarmée" et "amour inconditionnel". 



Sources : Radio-Canada avec Reuters, Agence France-Presse et Maison Blanche