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Friday, May 17, 2013

L’homosexualité, parlons en...

leurs droits.                                              
Sujet dérangeant, sujet surprenant, les écrits sur l’homosexualité révèlent un indice trompeur de la connaissance réelle. Ils ne font que masquer des zones déjà nébuleuses, tout en nous plongeant dans des rayons d’incertitudes, à n’en plus finir. Ils ne nous ont pas fournis jusqu’a présent des données exactes ou une définition uniforme de ce phénomène. Souvent on a l’impression que les auteurs avant-gardistes comme les psychanalistes nous embrouillent l’esprit avec leurs théories qui, en apparence, marchent la tête en bas. Quant aux observations scientifiques sur ce sujet elles échappent souvent à la réalité dynamique de ce processus qui a rapport avec la partie la plus intime de l’être humain sur la planète. Ainsi de par son caractère atypique, l’homosexualité a l’aspect d’un élément qui, tout en étant tout –à-fait social tend à déranger le meilleur des mondes. Serait-ce parce qu’il menace le destin même de la société qui est la procréation?

Cependant l’Ethnologie nous renseigne que l’homosexualité ne fonctionne pas au détriment de l’hétérosexualité. D’après Ford et Beach-1951, beaucoup de sociétés ont plutôt montré une attitude permissive face à l’homosexualité. Certaines sont arrivées à même prétendre que l’homosexualité peut servir de tremplin à l’héterosexualité. C’est ce qui est constaté en Sambie, société guerrière de Nouvelle –Guinée où les garçons doivent obligatoirement passer par des pratiques homosexuels jusqu’à l’adolescence, avant de parvenir au niveau de l’hétérosexualité (Herdt 1981-1985). Le résultat a démontré que l’homosexualité adulte est presqu’inexistant dans cette communauté. Dans la civilisation judéo-chrétienne, toute pratique sexuelle qui ne concorde pas avec la procréation, comme la masturbation et l’homosexualité sont systématiquement prohibés et condamnés. Ces interdits sont à jamais gravés dans notre inconscient collectif. Les tenants de cette culture ont même réussi à en faire un péché, une aberration, et même un dérangement mental à proprement parler. Cependant en tant qu’hétérosexuel, notre regard sur le monde de l’homosexualité ne saurait s’enkyster dans l’univers de la  neutralité.


Elton John, chanteur,pianiste et
compositeur britannique de Rock

Ainsi devons-nous poser la question systématiquement: Qu’est-ce que l’homosexualité? Est-ce un état d’esprit, une préférence, une attirance? Serait-elle alors l’échange corporel et le fait d’être érotisé par une personne du même sexe? Il faut alors distinguer l’homosexualité manifeste ou agie de l’homosexualité fantasmique. Dans la première il y a un comportement visible tandis que dans la dernière l’investissement est plutôt intrapsychique. D’où le concept d’homosexualité latente qui désignent les tendances homosexelles qui ne prennent pas corps dans la réalité. Plus frappante encore est l’homosexualité manifeste et fantasmique par opposition à l’homosexualité inconsciente pouvant être décodé dans les activités oniriques, symboliques de l’agir hétérosexuel.

L’homosexuel en général est considéré comme quelqu’un qui a une attirance érotique préférentielle pour les individus de même sexe. C’est là toute la spécificité. Par contre l’individu qui aurait une préférence érotique pour les personnes de sexe opposé, tout en ayant des incidences d’homosexualité devrait être classé comme un hétérosexuel non exclusif. Cependant si l’attrait érotique porte également sur les personnes des deux sexes, l’individu est passible d’être classé comme étant bisexuel. Envisager de devenir homosexuel peut provoquer un état de terreur, lorsque l’identité même de la personne est mise en question. Il s’ensuit une situation de panique avec des effets égodystoniques.
De prime abord le phénomene de l’homosexualité était considéré comme une aberration pathologique dans le concept médical. Mais au fur-et- à- mesure de l’évolution de la pensée humaine les concepts ont subi d’heureuses transformations. La position de Freud(1905) recélait de l’ambiguité à ce sujet, tout en situant l’homosexualité dans le champs des perversions, mais reconnaissant qu’elle n’était pas une maladie mentale. Parce qu’on la retrouve chez des individus “dont l’activité générale n’est pas troublée et dont le développement moral et intellectuel peut même avoir atteint un très haut degré”. Ce point de vue était partagé par d’éminents sexologues de son époque, comme Ellis-1915 et Hirschfeld- 1938. Cependant en 1952 quand apparût la première Classification des Maladies Mentales par l’Association Américaine de Psychiatrie(DSMI), l’homosexualité était classifiée sous l’enseigne générale de “Troubles de la personnalité sociopathique”et sous la rubrique particulière des déviation sexuelles(perversion sexuelle comme terme supplémentaire).


Rosie O'Donnell,actrice humoriste
animatrice de Télévision et
productrice américaine
La deuxième version(DSMII), en 1968 n’ajouta pas beaucoup: en tant que déviation sexuelle, l’homosexualité était placé sous le titre de “Troubles de la personnalité et autres troubles mentaux non psychotiques”. En Décembre 1973, après avoir éliminé l’homosexualité du champs des troubles mentaux par excellence, le Board of Trustee de l’Association Psychiatrique Américaine crée une nouvelle catégorie dénommée “Perturbation de l’orientation sexuelle”réservé aux homosexuels perturbés par leur orientation sexuelle et avec le souhait de changer ce statut. Cette modification fut insérée dans la septième impression de DSMII. En 1980 dans le DSMIII, la catégorie “homosexualité égodystonique”fit son apparition sous une section distincte des paraphilies. En 1987, le DSMIII-R élimina tout bonnement l’homosexalité égodystonique. On n’y retrouve qu’une vague allusion à l’orientation sexuelle sous le titre “Autres Désordres Sexuels”.

En 1994 le DSM-IV n’a pas apporté d’autres modifications. Il demeure certain que cette décision de ne plus considérer l’homosexualité comme un trouble mental a été influencée par des facteurs d’ordre idéologique et politique. Plusieurs recherches importantes comme celle de Bell et Weinberg(1978) montrent que certains homosexuels satisfaits de leur orientation sexuelle ne présentent pas de symptômes psychopathologiques manifestes. L’égodystonie que l’on retrouve chez environ 25% des homosexuels peut être interprétée davantage comme une conséquence de l’ostracisme et de la marginalisation dont ils ont soufferts a cause du manque de sensibilité et de compassion de la part de la population générale. Il semble que l’homosexualité, à proprement parler, loin d’être un choix préférentiel, un caprice hédonique ou un hasard de l’existence, serait plutôt le produit d’une transformation du processus d’individuation sexuelle, comme l’avait formulé Crepault en 1986.
Massissi en Haïti

Certains parlent plutôt de phénomène d’ordre biologique. Jusqu’à présent personne n’a l’explication absolue de ce phénomene. Beaucoup de recherches sont en cours en vue de faire le clair sur ce sujet en matière de sexologie. Jusqu’à présent les données d’ordre biologique ou génétique ne sont pas du tout rassurants et sont quand même biaisés. On est même arrivé à la conviction que le phénomène est plutôt multifactoriel(biologique, psychodynamique, social). En attendant d’aboutir à un vrai essai de compréhension du phénomène de l’homosexualité, l’hétérosexuel doit user de beaucoup de prudence et de compassion dans son attitude envers l’autre qui est homosexuel. Puisque la liberté de l’un finit là où commencent les droits de l’autre. Pour bien des gens la sexualité prend l’allure d’un besoin primaire, comme le boire , le manger et le dormir. Pour ma part, ce qui rend la sexualité à ce point dominante, c’est que loin d’être une source exclusive de plaisir, elle se prête encore et surtout à d’autres fonctions privilégiées de l’être humain, comme par exemple l’urgence impérative de combler des besoins psycho-affectifs fondamentaux.

Article soumis par un  contributeur de Haiti Connexion Culture.

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