Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Monday, November 21, 2016

Yole Dérose – Le temps de lui dire merci

Yole Dérose ou l'esthétique de l'âme humaine
Loin du train-train quotidien, délaissant l’oisiveté et le repos bien mérité du week-end, La communauté haïtienne et leurs amis s’étaient donnés rendez-vous, le dimanche 30 octobre dernier, au Miami-Dade County Auditorium, où plusieurs voix de la musique haïtienne  en communion avec « Haïti, Cœur de femme », s’étaient associées pour rendre un hommage bien mérité à cette icône de la musique de chez-nous, Yole Dérose. Du nord au sud de l’Amérique, le public ne se fit pas prier. Les amis sont venus de partout et même d’Haïti  pour remplir la salle dans toute sa capacité. Sous des parures festives, les spectateurs s’étaient dépensés en toilette pour rendre un hommage bien mérité à leur artiste fétiche. 

Yole et Ansy Dérose (1985)
En effet, au temps où les soubresauts politiques recouvraient de leur nuage sombre le destin du pays, Yole et Ansy Dérose étaient les seuls bras charitables qui pouvaient apporter un peu de baume à leur cœur endolori. Leur voix les rassurait et leurs chansons servaient de refuge aux esprits tourmentés. Comme hier encore, ils s’en souviennent et ils s’en souviendront toujours. Ils n’oublieront jamais le trésor de leur présence et de leur générosité. En cette heure bénie, du 30 octobre 2016, ce fut, pour eux et leurs congénères, la moindre des choses, en profitant de cet instant mémorable, pour lui dire : mille fois, Merci.

Les stars de Haïti Coeur de Femme
Au cours de la soirée, notre Yole nationale, la fondatrice des « Productions Yole Dérose » a reçu une plaque d’honneur de Joseph Smith, le maire de la ville de North Miami. Elle a également reçu les clés de la ville de Miami pour sa riche contribution à la culture haïtienne des mains du Commissionner haïtien Jean Monestime. La United Haitian Artists lui a décerné le  prix  « Achievement Award» en guise de récompense pour ses apports à la culture haïtienne. Elle est, selon Carole Demesmin, la deuxième personne à l’avoir mérité.

Dans un auditorium rempli à craquer, les voix sublimes des haïtiennes, des beautés à damner un saint ont chanté Haïti sous toutes ses couleurs. Tout y passait, les chansons folkloriques et classiques ont transporté le public sur le chemin des souvenirs. Les flots bleus, les fleurs  tropicales et les feux de l’amour en guirlande multicolore étaient venus parfumer le parterre qui en réclamait encore et encore.

Pour mettre le lecteur dans le feu de l’action, nous ne pouvons passer outre l’énumération de ses voix mélodieuses qui avaient, telles des fleurs autour d’un cadeau, pour le plaisir des yeux, offert cet enchantement à l’esprit humain, juste à les entendre : Ce fut les chanteuses : Nadège Dugravil, Rutschelle Guillaume, Tamara Suffren, Marodie Pierre, Renette Désir, Stéphanie Bigord et Annie Alerte, accompagnées du maestro Fabrice Rouzier (keyboard), de Nicky Christ à la guitare et de Wesner St-Louis (Ti Wès) à la percussion. En accrochant le soleil d’Haïti sur un pan de la nuit floridienne, les jeunes chanteuses ont notamment allumé les feux des souvenirs dans les interprétations de : Haiti mwen renmen (Lionel Benjamin), Planté Manyòk (Carole Demesmin/Jean-Claude Martineau), Ban m yon ti limyè (Manno Charlemagne), Solèy levé (chanson folklorique), Imamou (BoukmanExperyans), Nougenfòs (Martha Jean-Claude), et Nous gouvernerons la rosée (Toto Bissainthe/Ralph Trouillot). En fin de spectacle, ce fut l’apothéose quand le chœur des femmes entonna avec brio la fameuse chanson de l’immortel Ansy Derose « Nou vlé ». Ce fut un grand moment de nostalgie et d’émotions. 

Emeline Michel
Nous ne pouvons passer sous silence La femme-flamme, la grande Emeline Michel. Elle a loué l’abnégation et la générosité de Yole qu’elle qualifie de visionnaire, de créatrice et de révolutionnaire ; une femme qui met tout son cœur dans tout ce qu’elle fait. « Merci de tes rêves fous, Yole». La voix envoutante d’Emeline a fait frémir la nuit. La musique a coulé à flot. Un véritable récital. 


Le spectacle « Haïti Cœur de femme » conçu par les Productions Yole Dérose et présenté par United Haitian Artists a vendu, si on peut dire,  à Miami une autre image d’Haïti. Il a peint une Haïti différente de celle dont les images peu reluisantes tournent en boucle dans les médias américains à chaque catastrophe. Les invités ont regagné leur patelin avec le tableau d’une autre Haïti, une Haïti belle, mystérieuse, dotée d’une culture et d’artistes extraordinaires.  « Haïti n’exporte rien, on nous envoie tout ; la seule chose que l’on peut exporter, ce sont nos artistes, notre musique, notre culture», a pour sa part souligné le maitre de cérémonie, Clarens Renois. N’en déplaise à Dieu et au diable : c’est une évidence.


Revivons une de nos vidéos (archives) de  notre Yole Dérose



Par: Haïti Connexion Culture
Contributeurs: Renée Alexis, Max Dorismond
Renée Alexis
Max Dorismond






Herve Gilbert