Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Monday, December 23, 2013

Deux jolies vidéos en votre honneur à l'occasion de la fête de Noël !



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Paix et amour en ce beau jour de Noël!  "Le cœur est rempli de désirs et de rêves qui colorent la vie et qui lui enlèvent toute monotonie! Puisse cette fête accomplir les plus beaux désirs, et puisse-t-elle revêtir toutes les couleurs du vrai bonheur!" Chaque moment passé avec les êtres chers est indispensable à notre épanouissement et à notre bonheur. La fête de Noël est une belle occasion pour vous manifester tout notre attachement,... et souhaiter que se réalisent tous vos désirs pour la nouvelle année!  Nous profitons pour remercier tous ceux qui contribuent à faire de la page des Amis du livre  un endroit agréable pour partager le savoir, les nouvelles de notre pays ainsi que des échanges dans des domaines variés. Sans vos contributions et votre participation, le groupe ne serait pas si prolifique dans ses échanges. Le Comité de l’Administration de Haiti Connexion Network : Dr. Carl Gilbert, Gigi Darbouze Gilbert, Herve Gilbert, Fernande Gilbert, Max Dorismond, Pégie la Présentatrice, et Emmanuelle Gilles , vous souhaitent un joyeux Noël et une heureuse année 2014. 
 Emmanuelle Gilles a conçu cette vidéo en votre honneur. 
 
 
Un remerciement spécial à tous nos amis qui nous ont supporté à travers leur participation fidèle sur ce réseau.  Nous leur en sommes reconnaissants.  Nous vous souhaitons tous nos meilleurs vœux pour la saison de Noël et pour le nouvel an. Joyeuses Fetes!

Des chansons françaises  & créoles de Noël  de chez nous
Avec Haiti Connexion Network 
 
 L'équipe d'Haïti Connexion Network


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AND
Happy new year graphics

Sunday, December 22, 2013

Le monde musical haïtien est en deuil .


Hervé Casséus

Le monde musical haïtien et les milliers de fans de l’Orchestre Tropicana d’Haïti viennent de perdre Hervé Casséus, ancien pianiste et keyboardiste de la Fusée d’Or Internationale d’Haïti. Hervé nous a quittés le 16 décembre dernier à New York, à l’âge de 70 ans. Selon les premières informations, il aurait succombé à des complications cardio-vasculaires.


Hervé Casséus faisait partie de la première génération de l’Orchestre Tropicana d’Haïti, fondé le 15 août 1963. Prenons un instant pour retracer le parcours de ce claviériste qui a su explorer les multiples facettes de son instrument pour s’imposer comme un véritable virtuose.


Avec l’arrivée de l’orgue Hammond dans les églises dans les années 1970, suivie par la vague des pianos électriques et des synthétiseurs électroniques Korg, Roland, Yamaha et Casio dans les années 1980, Hervé Casséus a figuré parmi les pionniers qui ont enrichi cet instrument d’une touche percussive et colorée, marquant profondément les groupes de "jazz" en Haïti.

Cinna O Charles (Ti Blan) Maestro

Musicien très doué, que ce soit en tant que pianiste, organiste ou keyboardiste, Hervé a œuvré pendant près de quatre décennies au sein de cet orchestre mythique. Il y a insufflé son style unique, caractérisé par des envolées transcendantes et des improvisations inoubliables. Ses prestations sur des morceaux emblématiques tels que Ti Jocelyne, Limonade, Randevou Chanpèt, Yolande, Angélique, Gason Total, entre autres, témoignent de son rôle fondamental dans le succès de Tropicana.


Son doigté hors pair et son style original ont permis d’imposer le clavier dans la musique populaire haïtienne, avec un phrasé florissant et une subtilité harmonique et mélodique remarquables. Hervé Casséus a ainsi laissé une empreinte indélébile dans les compositions musicales de ce célèbre orchestre.


Qui pourrait oublier les bals champêtres du Tropicana, à Camp-Perrin, à Limonade,ou encore un réveillon du 31 décembre au Djumbala Night Club ? Dans ces moments magiques, Hervé, au clavier, faisait virevolter ses doigts agiles, entraînant les danseurs dans un tourbillon de rythmes à couper le souffle. Ces souvenirs restent gravés dans nos cœurs, témoins d’une époque d’or, bien avant que l’insécurité ne vienne amoindrir la vie nocturne en Haïti. Pendant plus de 50 ans, l’Orchestre Tropicana d’Haïti a su combler des millions de mélomanes.


Soliste d’une grande maestria, Hervé Casséus vous emmenait au septième ciel avec son clavier, ses ballades poétiques et ses improvisations brillantes. Son style varié et dense a marqué des morceaux inoubliables comme Ti Jocelyne, Limonade, Superstition, Ti Dadie, Doux Tropic, Pran Pasyans, Ti Zo, Labadie se yon Paradi, et Madanm.


Hervé était un improvisateur à l’imagination fertile, doté d’une grande capacité euphonique. Il a apporté une contribution remarquable au succès de Tropicana avec un timbre coloré et une parfaite maîtrise des deux mains, sublimant chaque note avec une harmonie magistrale. Compositeur et arrangeur talentueux, il fut aussi un maître incontesté du synthétiseur.


Haïti Connexion Network et ses membres profitent de cette occasion pour rendre un dernier hommage à ce vénéré musicien. Ils adressent leurs sincères condoléances à la famille du défunt, à l’Orchestre Tropicana d’Haïti, au Club Tropic de Kissimmee, Florida, et plus particulièrement à Emmanuel Desamours, Harry Duval, Gaby Manigat, Garry Dorcin, Parnel Leconte, Yves Dubique, Fito Marcelin et Henry Claude Richard, ainsi qu’à tous les amis et proches touchés par la disparition d’Hervé Casséus.


Hervé Gilbert herve.gilbert@gmail.com

English Version


Redécouvrons  Hervé  au clavier dans "Gason Total", une oeuvre marquante

des années 90

Sunday, December 15, 2013

NOTRE QUÉBEC À NOUS TOUS


Lettre ouverte à Andrée Ferretti
Linguiste-terminologue
Madame,
Robert Berrouët-Oriol
J’ai lu avec tristesse votre brûlot intitulé « Dany Laferrière : le modèle parfait de l'anti Québécois » daté du 13 décembre 2013 et paru sur le site Independantes.org[1] .
Ce brûlot, qu’aurait volontiers signé Adrien Arcand et Joseph Ménard, Jean-Marie Le Pen, Éric Zemmour et tous ces croisés de la « pureté de la race » ténors d’une montée en puissance de l’extrême droite européenne et qui, timorés, ont récemment comparé Christiane Taubira, ministre de la Justice de la France, à un singe friand de bananes, ne fait pas honneur aux Québécois avec lesquels je vis en harmonie depuis mes années Cegep, il y a de cela quarante hivers…
Votre brûlot, Madame, campé sur les précaires béquilles du mépris et de la haine de l’Autre, est une violente et mortifère insulte infligée à la fois aux Québécois dits de très ancienne souche, aux Haïtiens ayant ici pris racine dans notre hospitalière « québécitude » comme aux Haïtiens vivant en Haïti. Dans votre empressement à néantiser l’Autre, à dévaloriser en l’excluant un écrivain, Dany Laferrière, accueilli et adopté par des dizaines de milliers de lecteurs Québécois, toutes origines confondues, dans votre empressement à outrager et à déshumaniser l’Autre, l’Haïtien, celui qui peine sur une île de tragédies, vous vous êtes enfermée dans une « insanitude » nationaliste de repli schizophrénique sur soi et, en un compulsif et pusillanime déni de réalité, Madame, vous taisez l’essentiel, ce qui ici au Québec nous éclaire et nous unit.

Ce qui nous éclaire et qui nous unit, c’est précisément ce sentiment d’un destin commun, d’un patrimoine linguistique donné en partage par l’Histoire et porté par l’éthique de la parole poétique, l’éthos de la littérature comme lecture différenciée du monde. Gaston Miron l’avait très bien compris lui qui, dès les années 1960, autour des poètes du groupe « Haïti littéraire » (Phelps, Legagneur, Morisseau, Laforest, etc.), exilés par la sanglante dictature de François Duvalier, accueillait au resto-bistro Le Perchoir d’Haïti, en compagnie de Paul Chamberland et de l’avant-garde littéraire d’alors, un neuf regard sur la modernisation du Québec --notre Québec à nous tous-, celui que nous contribuons fièrement à bâtir depuis cinquante ans, celui que nous entendons laisser à nos enfants pures laines crépues. 
Sachez le voir, Madame, nous ne sommes ici ni des passants, ni des visiteurs, ni des profiteurs : aux côtés des Québécois de toutes origines, et dans toutes les régions de la Belle Province, nous avons su transformer la douleur de l’exil en un enracinement constructif aux racines identitaires multiples mais convergentes. Nous avons contribué à moderniser le Québec --notre Québec à nous tous--, par nos compétences, nos savoir-faire, nos talents et les énergies créatrices de plusieurs générations dans les hôpitaux, les écoles et commissions scolaires, dans l’industrie du taxi, dans la finance et le commerce, dans l’enseignement et la recherche universitaire, etc. À défaut de pouvoir lire le réel autour de vous, lisez Madame, lisez le magnifique et fort instructif livre dirigé par le polytechnicien d’origine haïtienne Samuel Pierre, « Ces Québécois venus d'Haïti [1]»… Lors, vous conviendrez avec moi, Madame, s’il vous arrive parfois d’être honnête au plan intellectuel, qu’il est tout à fait cohérent, en phase avec ce réel, que pareille énergie créatrice s’exprime également dans le champ littéraire et que des écrivains haïtiano-québécois remportent des prix prestigieux et de hautes distinctions.

« Depuis son Haïti natale, entre la Floride et la France, Dany Laferrière  n’a toujours été que de passage au Québec » dites-vous : mais à vouloir exiler du Québec le nouvel Académicien auquel vous déniez son appartenance à notre commune société, à vouloir oblitérer l’apport des Haïtiens à la modernisation du Québec, votre parole est-elle crédible, aujourd’hui, tandis qu’elle s’accouple à votre compulsif souci de déshumaniser  l’Autre, l’Haïtien, celui qui vit et peine sur son île de tragédies ? Je vous cite dans le texte, dans la violence toute nue de votre factum : « Autrement dit, il  [Dany Laferrière] est d’un peuple libre qui n’a aucune notion de la résignation, qui n’éprouve aucun sentiment d’infériorité à vivre aux crochets de la charité universelle, sachant d’instinct qu’il est une source de richesse pour les organisations qui président à ses incessants besoins de renflouement. Mieux, d’un peuple qui se soucie comme de sa première chemise du regard que pose le monde sur lui. » Qu’est-ce à dire ?

On aurait pu croire, par le nom que vous portez, qu’Andrée Ferretti --philosophe et romancière connue mais n’ayant reçu à ma connaissance aucune distinction littéraire, suivez  mon regard--, est une rescapée des blouses brunes de Mussolini originaire de la Sicile mais égarée au Québec de l’an 2013… On aurait pu croire qu’Andrée Ferretti ne fait que réactualiser les idées violemment anti-juives et fascistes à l’œuvre chez le Céline écrivant ses « Bagatelles pour un massacre » et « L’école des cadavres »… Cela n’aurait que partiellement expliqué l’acerbité borgne de votre propos, la haine et le mépris que vous exprimez lorsque vous traitez les Haïtiens de mendiants qui vivent « aux crochets de la charité universelle ». Mais il ne faut pas perdre de vue que vous, la French Canadian devenue nationaliste-indépendantiste, qui portez un patronyme italien, vous êtes pourtant née Bertrand dans une famille très modeste et combien nécessiteuse du Québec des années 1930, le Québec rural du Parti national social-chrétien (PNSC, groupuscule fasciste) d’Adrien Arcand et de Joseph Ménard où le pain de l’instruction, sinon le pain tout court, se faisait parfois rare… La haine et le mépris de l’Autre que vous exprimez dans votre pasquinade, on l’a compris, est d’abord et avant tout la haine, le mépris et le rejet de vote milieu d’origine, de tous les symboles de votre première vie et que vous rappellent de manière lancinante les conditions de vie actuelles de la majorité du peuple haïtien. Haine de l’Autre couplée à la haine hallucinée de soi, Hanna Arendt, philosophe rescapée, elle, des camps nazis, nous l’a bien montré… En réalité Andrée Ferretti, confrontée à vos peurs, au «  rejet fasciné que suscite en nous l'étranger » (Julia Kristeva, « Étrangers à nous-mêmes », Fayard, 1989), vous êtes la rescapée d’un « nationalisme » frileux et arriéré, un « nationalisme » agraire et passéiste prêché par le Ralliement créditiste du Québec durant les années 1970 - 1980. Alors je vous le rappelle, l’Histoire a montré que les nationalismes mono-identitaires et passéistes de tous bords, en Europe, ont pris langue avec le nazisme, couvé et déclenché la Seconde Guerre mondiale et activement participé au génocide des Juifs. L’Histoire a également montré que le pseudo-nationalisme de François Duvalier, profondément démoniaque sous couvert d’indigénisme, a conduit à la construction de la plus infernale machine terroriste et de destruction massive qu’a connu Haïti, faisant de cette île, livrée à la fureur kleptocrate d’un « fascisme tropical » (René Depestre), une prison béante et sanguinolente avec son cortège de plus de 50 000 victimes. Haïti en porte encore aujourd’hui de douloureuses stigmates, elle réclame justice et réparation dans l’actuel procès du nazillon Jean-Claude Duvalier revenu au pays par la grâce concertée des pays « amis » d’Haïti, dont le Canada…

Qu’à cela ne tienne : Andrée Ferrarri, en traitant les Haïtiens de mendiants qui vivent « aux crochets de la charité universelle », vous vous privez d’une instructive visite dans les campagnes haïtiennes où vous auriez pu constater que les paysans (60% de la population) travaillent durement et dans la dignité, loin de cette prétendue « charité universelle » dont ils ne connaissent guère l’onction salvatrice, et encore moins les miracles et les mirages, voire les « progrès ». Vous semblez vouloir confondre l’agenda des puissances dites « amies » d’Haïti qui programment et assurent le non-développement du pays de concert avec les pouvoirs d’État erratiques et prédateurs de l’après 1986. Vous semblez prendre pour acquis que la corruption généralisée dans les plus hautes sphères de l’État haïtien, la vassalisation et le mercenariat du système judiciaire haïtien, les dérives totalitaires et la posture de mendicité de l’actuel Exécutif néo-duvaliériste Martelly-Lamothe sont une fatalité condamnant Haïti à vivre « aux crochets de la charité universelle »… À l’inverse, ils sont très nombreux ceux qui assument qu’Haïti, première république nègre dans le monde, qui a su se défaire des chaînes de l'esclavage en mettant en déroute la plus puissante armée coloniale et esclavagiste du 19e siècle, saura rééditer cette épopée en brisant les chaînes de la corruption, de l'injustice, de l'impunité et de la pauvreté, savamment entretenues par la communauté internationale « amie » réunie maintenant dans un « Core group » dont le Canada est un membre très actif. Et je précise que portant sans états d’âme vos œillères à l’aune du mépris et de la condescendance, vous oblitérez, Madame, le long et patient combat de la société civile haïtienne contre l’impunité et pour l’établissement d’un État de droit, ainsi que le sacrifice de générations successives de jeunes qui n'ont jamais baissé les bras. En réalité, vous vous trompez tout en nous trompant, à fois sur la marchandise et sur son emballage. Haïti est un pays vivant qui, malgré les vicissitudes qui suscitent votre feinte mais arrogante pitié que nous rejetons fermement, éblouit par sa magie créatrice et la vigueur de ses tracées littéraires.  En ces lieux uniques, le Québec et Haïti se ressemblent davantage que vous ne le pensez. Qu'un fils natif d'Haïti et adoptif du Québec soit aujourd'hui auréolé d'une immortelle couronne n'arrive pas par hasard. Alors, Madame, votre baladine poutine goûte le rance –pardon, goûte la xénophobie à la sauce fasciste… Et Gaston Miron aurait certainement rétorqué que mal inspirée, la philosophe Andrée Ferretti ne représente guère le sentiment de la majorité des Québécois, toutes origines confondues, ceux qui aujourd’hui habitent et construisent de conserve notre Québec à nous tous.

Je partage entièrement l’indignation du poète Jean Royer qui, ce même 13 décembre 2013 sur Facebook, avec dignité et pour l’honneur de tous les Québécois que révulsent vos propos xénophobes et profondément insultants, vous répond sereinement. Avec hauteur, avec grandeur, il vous dit ceci : « J'ai une grande peine de lire cette chronique d'Andrée Ferretti, philosophe et militante. Ici, elle est une idéologue, une Québécoise recroquevillée sur elle-même, sur nous-mêmes, complexée, comparant sa culture à une autre culture (le contraire du concept « interculturel », refusant un migrant comme son frère québécois. Voilà tous les symptômes du Québécois incapable de se voir dans le monde, s'affirmant dans son propre vide identitaire. Je veux faire aussi remarquer que, si Dany Laferrière a reçu le Grand Prix littéraire de la Ville de Montréal et le Prix des Libraires, il n'a été reconnu par AUCUNE de nos institutions québécoises, surtout pas notre Académie des lettres. Il n'est pourtant pas « anti-québécois », puisqu'il a adopté Montréal comme ville où vivre (ce qui n'est pas contradictoire avec le fait de voyager à Haïti, Paris ou quelque ailleurs dans sa vie littéraire). »

Au moment où le Québec cherche difficilement à recoudre son vivre ensemble dans l’actuel débat, parfois erratique et réducteur, sur la « Charte des valeurs québécoises », le libelle d’Andrée Ferretti peut être vu, paradoxalement, comme un défi à relever. Le défi de cultiver ce qui nous rassemble, celui de combattre l’obscurantisme qui couve sous l’insolente et déshumanisante braise de votre « nationalisme » arriéré, passéiste, et qui pratique l’exclusion de l’Autre. En définitive, comme dans le poème de Gaston Miron, seule la lumière nous est rassembleuse.

Montréal, le 14 décembre 2013 

Bien à vous,
Robert Berrouët-Oriol

[1] « Ces Québécois venus d'Haïti – Contribution de la communauté haïtienne à l’édification du Québec moderne».  Presses internationales Polytechnique, Montréal, 2007.
 [NDLR : Originaire d’Haïti, Robert Berrouët Oriol, linguiste-terminologue, poète et essayiste, est l’auteur de la première étude théorique portant sur « Les écritures migrantes et métisses au Québec » (Ohio 1992). Son livre « Poème du décours » (Éditions Triptyque, Montréal 2010), finaliste en 2010 du Prix du Carbet et du Tout-Monde, a obtenu en France le grand Prix de poésie du Livre insulaire Ouessant 2010. Coordonnateur et coauteur du livre de référence « L’aménagement linguistique en Haïti: enjeux, défis et propositions » (Éditions du Cidihca, Montréal, février 2011, Éditions de l’Université d’État d’Haïti, Port-au-Prince, juin 2011), il a fait paraître fin 2013 aux Éditions Triptyque de Montréal « Découdre le désastre suivi de L’île anaphore ».]

Nouvel article :  

« Note complémentaire du linguiste Robert Berrouët-Oriol au sujet de « l’affaire Andrée Ferretti »



A propos de Andrée Ferretti

Andrée Ferretti
Femme politique et écrivaine québécoise, elle fut l'une des premières femmes à adhérer au mouvement indépendantiste québécois en 1958. Vice-présidente du Rassemblement pour l'indépendance nationale, elle représenta la tendance la plus résolue du parti. Pour Andrée Ferretti, « qui ne fait pas l'indépendance, la combat ». "À écrire comme on s'arme pour lutter contre la domination, écrire des textes politiques ou un roman, c'est pour moi les deux faces d'une seule et même médaille, c'est toujours une expression nécessaire de mon engagement dans la conquête d'une plus grande liberté."
Voir tous les articles de Andrée Ferretti

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Saturday, December 14, 2013

LA BELLE AMOUR HUMAINE

LA BELLE AMOUR HUMAINE
Nelson Mandela peint en acrylique sur toile par l'écrivain Mérès Weche

Par: Mérès Weche wechemeres@yahoo.com
Á la publication, en 1957, de son œuvre “ La Belle amour humaine”, le célèbre écrivain haïtien, Jacques Stephen Alexis, disait : « Tel est mon premier vœu pour 1957. Aimons et ayons confiance un peu plus en l’homme de partout, c’est-à-dire en nous-mêmes et que cela se traduise dans nos actes comme dans nos œuvres ». Il sera mort assassiné, les yeux crevés, en 1964, par les sbires de François Duvalier.
Entretemps, en Afrique du Sud, Nelson Mandela croupissait dans les geôles de l’apartheid, à Robben Island, pour s’être révolté contre le carnage perpétré à l’encontre de 69 opposants au système, qui manifestaient pacifiquement. 
Á sa libération, 27 ans plus tard, le 11 février 1990, il fera sienne la « Belle amour humaine », en s’exprimant de la sorte : « J’ai combattu la domination blanche. J’ai combattu la domination noire. J’ai chéri l’idée d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivent ensemble en harmonie et sur un pied d’égalité. C’est un idéal pour lequel je vis et que j’espère atteindre. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ».

Nelson Mandela est si multiple, qu’il est diversement interprété par des artistes du monde. Sa personnalité exceptionnelle m’a inspiré cette œuvre d’art.
Acrylique sur toile, d’une grandeur de 16’’ X 20’’, cette peinture réalisée, à la fin du mois d’octobre 2013, pour lui rendre hommage, traduit toute sa ferveur à transformer l’Afrique du Sud en une terre de liberté. Tout le continent africain y est représenté sous la forme d’une amulette qu’il porte en médaillon sur son buste de Gorée (l’Île sénégalaise de la Maison de l’esclave), laissant apparaitre en blanc « la porte du non retour », et montrant en rouge l’Afrique du Sud á la fine pointe du continent.

La poignée de main au haut du tableau symbolise l’un des plus grands rêves nourris par Madiba, au cours de ses vingt-sept ans d’incarcération, dont les trois-quarts á l’ile perdue de Robben: unifier l’Afrique du Sud par la réconciliation de ses deux principales entités ethniques longtemps demeurées inconciliables : le Blanc et le Noir.

Mérès Weche wechemeres@yahoo.com
Montréal (Québec)

Wednesday, December 11, 2013

L'hommage du monde et le discours d'Obama aux funérailles de Nelson Mandela !


Par : Hervé Gilbert herve.gilbert@gmail.com
 Version Anglaise  Version créole disponible




Stade Soccer de la cite de Soweto
Mardi 10 Décembre 2013, au stade Soccer de la cité de Soweto, des dizaines de milliers de Sud-Africains et des centaines étrangers ont afflué en masse pour  dire adieu à Nelson Mandela. Une centaine chefs d'Etat et de gouvernement y ont assisté, avec des dizaines de personnalité du monde de la culture et des arts, tous unis par l'admiration et le respect pour saluer la mémoire du père de la «Nation arc-en-ciel».
Président Barack Obama
Cette cérémonie historique, retransmise en direct par plusieurs grandes chaines de Télévisions au monde entier, a commencé peu après 11 heures (heure locale), légèrement retardée à cause de la pluie. Elle a duré plus de 3 heures d’horloge.


La poignée de main historique entre
Barack Obama et Raul Castro.        
Des moments forts que le président Barack Obama a marqués d’un discours qu’il convient d’appeler le discours de Soweto. A la tribune d’honneur, le président américain a prononcé un vibrant hommage, après avoir salué son homologue cubain Raul Castro. Ce discours et cette poignée de main, une première depuis 1959, resteront sans aucun doute comme les moments forts de cette émouvante cérémonie.
La foule était parfois joyeuse et parfois triste durant
cette cérémonie en mémoire de Nelson Mandela.      
Des paroles et des actes. Grâce à un discours et à une poignée de main historique, le président Barack Obama s'est érigé en superstar de l'hommage planétaire rendu ce mardi à Nelson Mandela, décédé le 5 décembre 2013 à l'âge de 95 ans,  au stade Soccer de la cité de Soweto (Afrique du Sud).Devant une foule de dizaine de milliers de personne et un parterre sans précédent de grands dignitaires de ce monde, le président américain a salué un "géant de l'histoire" et en a profité pour fustiger les trop nombreux dirigeants qui se disent solidaires du combat de Mandela pour la liberté mais ne tolèrent pas l'opposition de leur peuple".

Graça Machel, la veuve de Mandela
Autant dire que Robert Mugabe, le président du Zimbabwe peu connu pour sa philanthropie, ou les représentants du régime chinois, régulièrement dénoncé par les défenseurs des droits de l'homme, ont dû sentir leurs oreilles siffler. Raul Castro, le président cubain, se trouvait également dans la ligne de mire. Sauf que le frère de Fidel a eu le droit à une poignée de main d'Obama avant son discours. Une première entre les deux pays depuis 1959 .


Winnie Mandela, la seconde épouse
de Nelson Mandela.                          
Longuement acclamé par la foule, 

Obama a comparé Mandela à Gandhi 
et à Martin Luther King, ces «grands
libérateurs du XXe siècle» qui ont
 donné une «voix aux sans-voix». 
Madiba m'a rendu meilleur, il fait ressortir ce qu'il y a de meilleur en  nous», a avoué celui qui préside aux destinées des Etats- Unis depuis 2008. Il a achevé son discours d'un peu moins de vingt minutes en citant Invictus, le poème favori de l'ancien chef d'Etat sud-africain :  «Je suis maître de mon destin, je suis capitaine de mon âme, a-il dit.Et quelle belle âme ! Que dieu bénisse l'âme de Mandela et que dieu bénisse le peuple d'Afrique du Sud 
 l'intégralité du discours vibrant  de Barack Obama !
"C'est un extrême honneur d'être présent aujourd'hui pour célébrer une vie sans pareil !" Il est difficile de faire l'éloge de toute personne, de trouver les bons mots pour exprimer les événements et les dates qui font une vie. Mais l'essence, les joies, les moments privés, les qualités uniques qui illuminent une âme sont inexprimables. Il est encore plus difficile de le faire pour un géant, pour une personnalité historique qui a motivé des millions de gens.

C'est un garçon qui a connu la Seconde Guerre Mondiale, qui a grandi loin des couloirs politiques et qui est pourtant devenu l'un des plus grands libérateurs du XXème siècle. À l'instar de Gandhi, il a créé un mouvement de résistance et donné une voix à ceux qui étaient opprimés. Il a souffert d'un emprisonnement brutal, il a été en prison pendant les années de Guerre froide et en sortant de prison, pareil à Abraham Lincoln il a su réunir son pays au risque de le diviser, il a préservé la liberté pour les générations à venir.

Et cela ne s'est pas simplement manifesté par son élection mais également par sa volonté d'abandonner le pouvoir lorsque son mandat s'est achevé. Le diapason de sa vie et ses réussites sont immenses et l'on se souviendra de lui comme d'une icône. Sereine, souriante et détachée des choses quotidiennes. Mais Madiba n'aurait pas aimé que l'on fasse de lui un portrait aussi factice...

Madiba au contraire aurait insisté pour que l'on partage ses peurs, ses doutes, ses erreurs au même titre que ses victoires. "Je ne suis pas un Saint, à moins qu'un Saint soit quelqu'un qui persévère" avait-il dit. L'imperfection est humaine, c'est exactement ce qu'il avait voulu dire.

C'était un fils, un père, un mari, un ami. C'est pour cela que nous avons pu apprendre tellement de lui et que nous continuons, car rien de ce qu'il a réussi à faire n'était écrit. Il laisse une trace dans l'histoire car il a lutté, car il était persévérant, car il avait la foi. Il nous a laissé un héritage qui ne s'inscrit pas seulement dans les livres d'histoires mais aussi dans nos vies.
Il avait hérité de son père un entêtement de bon aloi et une persévérance qui a été importante. C'est un combat puissant qui a rallié des indignations et les rages de millions de personnes.
Madiba a su dompter sa colère et il a partagé son désir de lutte, ses stratégies d'action, a permis à des hommes et des femmes de s'élever au nom de la dignité et de la liberté. Il a accepté les conséquences de ses actions, il savait qu'en s'opposant à la justice il aurait un prix à payer.

"J'ai chéri l'idéal d'une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait ensemble en harmonie et avec des chances égales. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre et que j'espère accomplir. Mais si nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir", avait-il dit.

Il savait rendre sa soif de connaissance contagieuse. Au sein de son mouvement et même parmi les personnages qui s'opposaient à lui. Mandela a montré que l'action et les idées pourtant ne suffisent pas. Si justes que ses idées soient il faut qu'elles soit inscrites dans la loi. Il savait adapter ses idées aux circonstances pratiques. En toutes circonstances, il était pugnace, inflexible et c'est pour ça qu'il a su négocier une libération face à l'Apartheid.

Il n'était pas seulement le chef d'un mouvement, c'était un homme politique adroit. Fidèle à sa vision de lois qui protègent les minorités ainsi que les sud-Africains. Enfin, il a su comprendre ce qui unissait les hommes. Il y a un nom à cela : Ubuntu.

C'est un nom qui résume ce que l'on avait de meilleur. C'est la reconnaissance de liens qui unissent les hommes, qui créent une intégrité humaine. C'est en partageant et en s'adonnant aux autres que l'on devient soi-même.

On ne sait pas si c'était une notion qu'il avait depuis toujours ou une notion à laquelle il est parvenu après des années de détention, mais c'est quelque chose qu'il a su mettre en pratique en invitant à sa table ses geôliers. Il a su faire d'une tragédie de famille une arme contre le Sida, il était l'incarnation de cet Ubuntu. C'est Madiba et cette notion qui ont permis de libérer les opprimés et les oppresseurs. La réconciliation n'est pas l'ignorance d'un passé mais l'inclusion, la compréhension du passé, de la vérité.

Il a changé les faits, il a également changé les cœurs. Pour le peuple de l'Afrique du sud, pour ceux qu'il a inspirés, pour tous ceux là, c'est un moment de deuil mais également un moment où l'on célèbre une vie héroïque. C'est aussi un temps d'introspection : il faut que nous nous posions ces questions ! Comment vais-je appliquer ces préceptes dans ma vie ? C'est une question que je me pose moi aussi, en tant qu'homme et en tant que président.
En Afrique du sud comme dans tous les pays du monde, nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Ses victoires doivent être suivies d'un travail, qui doit tout être aussi important.
Aujourd'hui dans le monde entier, il y a encore des gens qui sont persécutés, pour leur affection, pour leur apparence, pour leurs croyances. Cela se passe encore aujourd'hui. Nous aussi devons agir au nom de la justice, pour la paix. Beaucoup ont assumé cet héritage de Madiba, beaucoup prétendent être solidaires de sa lutte mais ne tolèrent pourtant pas le changement.

Trop d'entre nous se réfugient encore dans l'indifférence. Aujourd'hui, nous devons nous poser la question : comment promouvoir la liberté, la justice, les droits humains, comment faire cesser les guerres, les conflits ? Il n'y a pas de réponses à ces questions. Mais pour cet enfant qui est né à l'époque de la Première Guerre Mondiale, il n'y avait pas non plus de réponse.

Mandela nous a montré que l'on pouvait choisir un monde qui était fondé sur l'espoir et les opportunités. Nous ne reverrons plus cette lumière qu'il était. Mais je veux dire à tous les jeunes d'Afrique du sud et aux jeunes du monde entier : vous aussi pouvez vous inspirer de sa vie pour construire la votre !

J'ai appris de Nelson Mandela, j'ai appris des conflits qui ont agité ce beau pays. Cela m'a éveillé pour faire face à mes responsabilités, envers moi-même et les autres, cela m'a mené jusqu'ici.

Madiba m'a rendu meilleur, il fait ressortir ce qu'il y a de meilleur en nous. Maintenant que ce grand libérateur nous a quitté, maintenant que nous revenons vers les nôtres et que la vie reprend son cours, inspirons-nous de sa force, cherchons à avoir la même largesse d'esprit que lui. Et lorsque les ténèbres descendent sur nous, lorsque l'avenir brillant semble s'éloigner à grands pas, il faut se souvenir de lui, de ses années passées dans sa cellule. Se souvenir de Madiba qui a toujours gardé sa foi, son endurance."
Le président américain achève son discours vibrant citant Invictus, le poème favori de Nelson Mandela : "Je suis maitre de mon destin, je suis capitaine de mon âme", avait-t'il dit. Et quelle belle âme ! Que Dieu bénisse l'âme de Mandela et que Dieu bénisse le peuple d'Afrique du sud !"

Vidéo du discours de Barack Obama au stade de Soweto
 
Version Anglaise
Sources :CNN, Le Parisien 
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