Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Friday, October 8, 2021

La face cachée de Martine à l’ombre de Jovenel



Par: Max Dorismond  & Herve Gilbert

Les secrets de famille racontés par la rue, peuvent ne pas vous effaroucher outre mesure. Mais quand ils sont dévoilés  par un élément direct du clan, on  retient son souffle  et on écoute d’une façon sacerdotale, car rien dans le récit n'inspire le doute vu le lien de sang qui lie le rapporteur avec l’historique. Toutefois, quand l’argent d’un côté, la politique, la jalousie, la pauvreté et la rancœur de l’autre s’y confrontent, on se trouve mélangé, face contre terre, dans une véritable gargote à enclaver dans un cadre ficelé.

Tout ceci, pour rappeler que le frère ainé de Jovenel, à l’émission de « Matin Débat » n’a pas ménagé sa belle-sœur. On l'a entendu  maugréer à belle dents en mettant  à nu l’ex-couple présidentiel. Tout y passe, la sœur, le père. La carte géographique des Moïse a été étalée dans toute sa laideur sur la place publique, au point de demander, « Quelle est la dette réelle de ce pays envers Baron Samedi ».

Rien ne nous étonne, quand, dans une famille, la réussite financière de l’un peut enclencher la jalousie de l’autre, si le chanceux avait tendance à oublier l’époque où tous les frangins dormaient dans le lit de la misère. 

Or, il paraît que dans la famille, Jojo n’avait nullement la main soyeuse qui avait tendance à s’engluer dans la colle au fond de sa poche, tant la hargne du frère aîné fut lancée sans parachute. De la politique, le frérot en a soupé de cet homonyme. Il est pratiquement le frère de l’autre, mais il ne fut qu’un numéro dans la rue, au point de sortir le moins possible. Nul ne le voit, ne l’interpelle ou ne le dévisage : il est pauvre, vraiment pauvre. Il n’a jamais fréquenté le Palais de son petit frère.

On comprend assez bien sa frustration. Dans notre pays, certains vont jusqu’à changer leur acte de naissance, à maquiller leur nom pour être  l'équivalent de celui qui coiffe le fauteuil présidentiel.

Nous avons pour anecdote l'histoire d'un certain « Estime », sous le gouvernement de Dumarsais Estimé, dans les années 46-50. Ce malheureux Estime, un pauvre professeur, qui picotait à qui mieux mieux dans le quotidien, jugea utile d’ajouter un accent aigu sur la lettre « e » final de son pseudopatronyme. Armé d’audace, il se présenta au palais, et usait d'arrogance avec les soldats de la sécurité, ouvrait  les portes à sa guise parce qu’il se croyait être un «Estimé»

En jouant très bien son rôle dans son propre film, il  avait fini par décrocher un bon  job. À la chute du président, résultant d'un coup d'État , un sergent l’apostropha de son vrai nom. Estomaqué, il est désarçonné, surtout qu’il avait maille à partir avec ce dernier. Une première gifle le ramena sur terre. Quand une seconde allait s'abattre sur l’autre joue, il déclara : « Oh Seigneur sauvez-moi, gade  kote  yon ti aksan tegi metem ».

En revenant à notre Gabriel Moïse, on est tombé des nues, de découvrir qu’il a vécu hors du pouvoir qui fut tout près et pourtant si loin. Quelle leçon peut-on tirer de ce roman surréaliste dans un pays où la misère s’écrit en lettres majuscules?  

Ce que Mr Moïse n’a pas souligné par exemple,  en tant que frère aîné, c’est sa participation dans l’éducation du petit frère, comme c’est courant chez nous, quand le plus âgé doit se départir de ses rêves au profit de la marmaille. Aucun souvenir de ce type ne fut rapporté par le plaignant. Cependant, s'il s'avère réel, Jovenel  a commis une royale bévue en l'oubliant sur le pavé.

Toutefois, l’amour fraternel étant encore présent, l'accusateur, protégeant son frangin, dénigre l’ex-première dame pour avoir érigé un mur infranchissable entre le président, sa famille et ses alliés. Il est « en maudit » contre Martine, au point de douter de la mort du frère dont il n’a jamais vu le cadavre avant son inhumation.

Scandale de palais ou scandale familial. Le plaignant a déblatéré de long en large dans toute sa vomissure. Mais, à bien y réfléchir, si par hasard la présidence était briguée par Martine, cette incartade n’aurait aucun impact sur sa campagne. Ce roman serait considéré comme un feuilleton à l’eau de rose, car toutes les familles en ont soupé de ce bouillon de culture. Il n’y a rien là pour fouetter une mouche. 

D’ailleurs nous avons en mémoire la  récente saga de Mary Trump avec son oncle Donald. Les mots salaces lancés par la nièce pour dénigrer le président des États-Unis ne l’ont dérangé d’un iota. C’est le côté surprenant de la politique. Rien ne doit nous étonner.

Max Dorismond & Herve Gilbert

L'interview de Gabriel Moïse sur Matin Débat

Friday, July 23, 2021

Éloge funèbre de Martine Étienne MOÏSE aux funérailles de son Époux, SEM Jovenel MOÏSE, assassiné le 07 Juillet 2021

    « Nous avons perdu une bataille mais pas la guerre » a lancé Martine Moïse indexant ce qu'elle appelle les oligarques corrompus.                                 
                                 
 
Au nom de toute la famille Présidentielle, j’aimerais vous remercier du plus profond de mon cœur de votre présence parmi nous pour rendre un dernier Hommage à mon mari Jovenel MOÏSE. La famille vit ces moments avec beaucoup de difficultés et d’émotions.

Faire le déplacement jusqu’ici pour nous soutenir, pour dire adieu au Président de la République, est une marque de sympathie qui procure force et courage à toute la famille et l’aide à surmonter ces épreuves.

Quand j’ai rencontré Jovenel Moïse, cet homme qui allait devenir mon mari et le père de mes enfants, ses professeurs, camarades, amis et connaissances le décrivaient comme un esprit brillant, inventif et créatif ; un être passionné et déterminé, une personne sympathique, enjouée, dotée d’un grand charisme ; un jeune homme réservé mais tellement généreux.

Martine Moïse devant le cercueil de son mari

Ce jeune homme m’a charmée et séduite. Il m’a conquise. Il a gagné mon cœur et depuis, nous avons décidé de construire un seul et même avenir. Nous avons choisi de ne faire qu’un seul et même être. Il est devenu ma chair et mon sang coulait dans ses veines. Il est devenu mon hymne et moi son orchestre.

Ce jeune homme passionné, cet entrepreneur à succès, mon Jovenel Moïse, a toujours cherché à faire plus, à faire mieux. Il ne voulait pas fermer les yeux sur les conditions de vie de ses parents, de ses frères et sœurs qui ont  dû travailler rudement pour faire son éducation.

Pour en avoir été longtemps une victime, il connaissait bien les vices de ce système pourri et injuste dont personne avant lui n’a voulu parler. Ce système auquel peu avant lui ont voulu s’attaquer.

 Alors un jour, il a décidé de se porter candidat à la magistrature suprême de l’État. De mettre la main à la pâte, d’intégrer le système pour le combattre. Et depuis ce jour, j’ai dû me familiariser à entendre parler de cet homme que je connais si bien en des termes dont je ne connaissais pas l’existence.

Mon Jovenel a été traité de tous les noms que peuvent faire inventer la haine de soi et le dégoût que suscite le reflet de soi dans ceux qui nous ressemblent. Sous l’anonymat des réseaux sociaux ; derrière la toute puissance des micros et la pointe de stylos vendus à prix d’or ; cachés sous des titres ronflants dont ils s’affublent, experts ès mensonges, consultants en générations de problèmes, techniciens du chaos, politiciens miséreux et si misérables, chacun s’est voulu plus créatif que l’autre.

Des soldats  montent la garde devant le cercueil

J’entendais des adjectifs associés au nom de mon bien-aimé et j’avais du mal à m’imaginer que la folie du pouvoir, la vulnérabilité économique, le vant vid, l’envie pouvait conduire à autant de méchancetés.

Mais on s’y était préparé. La famille savait que le combat de Jovenel Moïse nous vaudrait toutes les turpitudes.

Ce à quoi nous n'étions pas préparés, ce à quoi je n'étais préparée c’est de me tenir debout aujourd’hui pour prononcer l’éloge funèbre de mon époux. C’est me réveiller un matin et ne pas voir Jovenel à mes côtés.

Comment accepter l’idée de ne plus entendre ta voix, tes rires, de ne plus te toucher, de ne plus entrelacer mes doigts aux tiens ? Comment t’imaginer partir quelque part sans moi, sans tes enfants ?

 C’est un cauchemar dont je n’arrive pas encore à me réveiller ! C’est une situation à laquelle tu ne nous avais pas préparée !  Ta femme, tes enfants, tes petits enfants, tes sœurs, tes frères, tes neveux et nièces, cousins et cousines, tes amis, tes collaborateurs, ton peuple ! Nous sommes là ce matin à faire quoi ? Te rendre un dernier hommage ? Faire ton deuil ? Tu ne nous as pas préparé à cela !

Je me souviens encore de toi me disant que tu veux partir les mains propres et pures. Mais tu ne pensais pas partir sans avoir pu nous faire tes adieux. Tu ne pensais pas partir mutilé, désarticulé !

 Tu as été sauvagement assassiné, toi qui as toujours renoncé à la violence ! Tu as toujours prêché le pardon, la réconciliation, le tèt ansanm ! On a comploté contre toi, te condamnant à mourir dans la barbarie et la cruauté!

 Toi si indulgent envers les autres, tu as connu la haine ! Ils t’ont jeté leur venin pour assassiner ton caractère. Toi toujours si loyal envers tes proches, tu as été abandonné et trahi.

Ton assassinat a mis à nu leur haine, leur laideur et leur lâcheté.

Quel crime as-tu commis pour mériter un tel châtiment, toi, dont le plus grand péché a été d’aimer ton pays. Défendre les plus faibles, les plus vulnérables, les opprimés, les sans-voix contre l’avarice des uns et la cupidité des autres, est-ce un crime ?

Vouloir libérer l’État des griffes d’oligarques corrompus, est-ce un si grand méfait ? Pourquoi vouloir électrifier son pays provoque autant de haine et de violence ? Quand combattre la corruption est-il devenu un délit ? Pourquoi vouloir démocratiser le crédit est un péché ? Comment lutter pour l’égalité des chances d’accéder à la fonction publique est devenu condamnable ?

Sœurs et frères, Haïtiennes et Haïtiens, si vous croisez les bras et  regardez faire les bourreaux, le sang ne cessera de couler. Aujourd’hui, c’est Jovenel Moïse. Demain, ce sera elle, ce sera lui, ce sera moi, ce sera nous.

Les rapaces courent encore les rues. Leurs griffes et leurs crocs ensanglantés sont encore à la recherche de proie. Ils ne se cachent même pas. Ils sont là à nous regarder, à nous écouter, espérant nous faire peur. Leur soif de sang ne s’est pas encore étanchée.

Mais Jovenel Moïse nous a montré le chemin. Il nous a ouvert les yeux. Alors ne laissez pas se verser en vain le sang de votre Président. Crions justice ! Crions justice ! Crions justice !

Nous ne voulons  ni vengeance, ni violence. La violence amène la violence répétait souvent le Président Jovenel. Nous ne céderons pas non plus à la peur. La peur engendre la peur disait-il toujours.  Nous allons les regarder droit dans les yeux comme, Jovenel Moïse les aurait fixés. Et nous allons leur dire que c’est assez !

Frèm, Sèm, Ayisyen, Ayisyèn kap viv nan 4 kwen peyi a ak nan diaspora, ou menm ki vi n sipòte fanmi an nan moman difisil sa,

Nou diw mèsi anpil. Prezans ou ban nou fòs ak kouraj pou n ka kenbe. Yo asasinen Jovenel Moïse, men yo pa ka asasinen ni vizyon l, ni ide l yo, ni rèv li genyen pou peyi sa. Nou pèdi yon batay, men nou pa pèdi lagè. Lit la poko fini. Jovenel pap lage nou nan wout. Li te deja montre nou chimen an. E l ap kontinye akonpanye nou jiskaske nou rive, menm si chimen an long.

Jovenel mon amour, mon compagnon, mon ami, mon autre moi, que vais-je devenir sans toi  ? Comment me résoudre à vivre sans toi ?  Ces pleurs qui inondent mon cœur, ces larmes dans lesquelles mon âme se noie, quand viendras-tu les sécher ?

Je ne peux te faire mes adieux. Alors je te dis au revoir Jovenel. Pars avec tout l’amour que je te porte. Les valeurs que tu nous a inculquées à tes enfants, à moi, à la jeunesse de ton pays continueront d’exister de générations en générations.

 Pars en paix mon amour ! Pars avec le sentiment du devoir accompli ! Laisse ton âme reposer en paix ! Nous nous chargerons du reste !

Martine Moïse