Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Sunday, October 10, 2021

Théodore Beaubrun, alias Languichatte Débordus - Un géant dans l'art haïtien


Théodore Beaubrun une perte pour le théâtre haïtien 

30 Juin 1998 - 30 Juin 2021, 23  ans depuis que Languichatte Débordus est décédé - Théodore Beaubrun naquit à Port - au - Prince le 26 Décembre 1918, il est l'aîné d'une famille de cinq enfants . Théodore est le fils de Mr Chardavoine Beaubrun et de Mme Clémence Michel. IL est le père de Septs enfants. De sa première femme, il a eu trois enfants, il a conçu trois autres avec sa deuxième femme Ginette Beaubrun et un autre fils naturel.

- Théodore Beaubrun de son vrai nom dit Languichatte Débordus son nom d'artiste a fait ses études primaires au Petit Séminaire Collège Saint Martial et ses classes secondaires au Lycée Alexandre Petion, d'abord au Collège Tippenhauer, il a suivi les cours privés d'Antoine Vieux et a obtenu son diplôme de bachelier. Dès lors, il commençait à faire son grand saut dans la vie. Sa plus grande passion était le folklore. En 1938, à l'âge de vingt, il réalisa son premier sketch " Languichatte Avocat". Au commencement de 1940 il a embrassé la carrière d'enseignant qui n'a pas duré longtemps. Au cours de cette même année, il intégra le groupe folklorique nommé " L'heure de l'art haïtien " fondé par Clément Benoit.

Théodore Beaubrun (1942)
- En 1942 il fit ses premiers pas sur la scène Théâtrale en fondant sa propre troupe et présenta alors sa pièce intitulée " Languichatte se Marie". Le 25 Décembre 1944, il publia son propre journal humoristique dénommé " Le Rasoir " qui a cessé de paraître en1960. En 1947, il partit pour les États - Unis, où il fonda avec d'autres acteurs du terroir, une troupe folklorique, qui assurait la présentation du pays dans différentes rencontres culturelles en terre étrangère. En 1954 il devint le second directeur général du théâtre de verdure, il occupa ce poste jusqu'en 1957. Cette fonction lui a permis, de participer à divers festivals internationaux, dans le pays comme: l'Espagne, la Grèce, et les États - Unis. IL obtient en Espagne le premier prix folklorique : les États - Unis lui décernèrent à titre honorifique un certificat au grade de " Colonel". Dans les années 65 et 66, il se produisait sur les écrans de Télé -Haiti qui émettait alors sur la chaîne cinq. C' etait l'unique chaîne de télévision qui existait à l'époque au pays. IL racontait des blagues, il jouait des sketches et chantait des chansons, en commençant par immortaliser son célèbre pantalon trois quarts. IL fumait alors la cigarette Banda, en faisant de la publicité pour cette marque qui n'existe plus

- C'est ainsi que à la fin des années 60 et au début des années 70, il commençait à présenter au ciné Rex Théâtre certaines de ses pièces les plus connues à l'époque telles que " Ti Zoute " et Languichatte se Marrie "

-En 1972, il produisit son premier disque accompagné de l'orchestre Septentrional, au faite de la gloire " Un refrain " que tout le monde connait " Languichatte Lague'm En Ba, moin mandé yo kote pain nou "

- IL présentait à l'époque aussi beaucoup de publicités pour les marques et les maisons suivantes" Step- over shoes, Souliers Spic, Déodorant Landais, Énergétique et Ovaltine, Ciano Fils, Ok Dio césa mim, Magic Dry Cleaning, la maison Wilfrid Justin, Elias Casis, Legros Viau, Chez Bata, et Tennis Olympique ect.....

C'est ainsi le 27 Mai 1978 sur la scène de Brooklyn College la communauté haïtienne de New York lui a décerné, par l'entremise de la Haitian American Independent Talents Inc. Un magnifique trophée comme" Le plus grand acteur haïtien de tous les Temps.

Théodore et sa femme Ginette (Mélanie) Beaubrun

- En 1982, il commençait sur les écrans de la TNH sa série " Languichatte au 20 eme Siècle" telle que " Disco Chatte " En interprètant la chanson de Carl Douglas " Kun Fu Fihgt Thing" disant " Every Body Was Kung Fu Fight Thing " et lui à sa façon disait " Nou konin Tout moune kon fou ". Puis Languichatte Boxeur "

Le 24 Avril 1982, il présentait au Rex Théâtre sa comédie " La vie nan New York " . En 1988, il présente son premier long métrage au ciné Capitol " Founerailles ". Et en aucun cas, nous ne pourrions jamais oublier, le grand apport avec lui apportèrent dans Toutes ses représentations théâtrales des acteurs de très haut calibres, depuis 1980 jusqu'à 1989, à l'instar de :

- Ginette Beaubrun - Melanie-

- Marjorie Beaubrun - Nola -

- Théodore Beaubrun Junior - Banabe -

- Marie André Jeudy- Manman Toute - regrettée disparue -

- Louis Antoine Renel Delsoin - Azibe - décédé le 13 Mai 1999-

- Yoly Bazil - Lolotte -

- YANICK Abraham - Clarinette -

- Reynald Delerme - Baba-

- Herold Nau - Jacky -

- Wilson Pierre Lus - Georges -

- En 1990 - il devait discontinuer ses activités, à cause de la maladie de Parkinson. IL est mort le 30 Juin 1998 pendant la Coupe du monde qui se déroulait en France.

- IL est décédé à l'âge de 80 Ans et il a été enterré le 7 Juillet 1998.

Théodore Beaubrun, a tenu haut le flambeau de l'art haitien dans le Théâtre ou le folklore, sur les scènes des plus grandes villes du monde : New York - Washington - Boston - Philadelphia - Miami - Kentucky- Porto- Rico - Montréal - Ottawa - Paris - Rome - Madrid et Athènes ect....

- Théodore Beaubrun, Notre Molière haïtien, reste et demeure l'un des plus grands artistes haïtiens, le plus populaire, l'un de nos plus féconds dramaturges . Notre Languichatte National est Donc immortel. Le roi est mort, vive le roi.

- Antony lamothe animateur de l'émission de la Belle Époque -

- Un grand remerciement au Dr  Michelson Marcelo -


Friday, October 8, 2021

La face cachée de Martine à l’ombre de Jovenel



Par: Max Dorismond  & Herve Gilbert

Les secrets de famille racontés par la rue, peuvent ne pas vous effaroucher outre mesure. Mais quand ils sont dévoilés  par un élément direct du clan, on  retient son souffle  et on écoute d’une façon sacerdotale, car rien dans le récit n'inspire le doute vu le lien de sang qui lie le rapporteur avec l’historique. Toutefois, quand l’argent d’un côté, la politique, la jalousie, la pauvreté et la rancœur de l’autre s’y confrontent, on se trouve mélangé, face contre terre, dans une véritable gargote à enclaver dans un cadre ficelé.

Tout ceci, pour rappeler que le frère ainé de Jovenel, à l’émission de « Matin Débat » n’a pas ménagé sa belle-sœur. On l'a entendu  maugréer à belle dents en mettant  à nu l’ex-couple présidentiel. Tout y passe, la sœur, le père. La carte géographique des Moïse a été étalée dans toute sa laideur sur la place publique, au point de demander, « Quelle est la dette réelle de ce pays envers Baron Samedi ».

Rien ne nous étonne, quand, dans une famille, la réussite financière de l’un peut enclencher la jalousie de l’autre, si le chanceux avait tendance à oublier l’époque où tous les frangins dormaient dans le lit de la misère. 

Or, il paraît que dans la famille, Jojo n’avait nullement la main soyeuse qui avait tendance à s’engluer dans la colle au fond de sa poche, tant la hargne du frère aîné fut lancée sans parachute. De la politique, le frérot en a soupé de cet homonyme. Il est pratiquement le frère de l’autre, mais il ne fut qu’un numéro dans la rue, au point de sortir le moins possible. Nul ne le voit, ne l’interpelle ou ne le dévisage : il est pauvre, vraiment pauvre. Il n’a jamais fréquenté le Palais de son petit frère.

On comprend assez bien sa frustration. Dans notre pays, certains vont jusqu’à changer leur acte de naissance, à maquiller leur nom pour être  l'équivalent de celui qui coiffe le fauteuil présidentiel.

Nous avons pour anecdote l'histoire d'un certain « Estime », sous le gouvernement de Dumarsais Estimé, dans les années 46-50. Ce malheureux Estime, un pauvre professeur, qui picotait à qui mieux mieux dans le quotidien, jugea utile d’ajouter un accent aigu sur la lettre « e » final de son pseudopatronyme. Armé d’audace, il se présenta au palais, et usait d'arrogance avec les soldats de la sécurité, ouvrait  les portes à sa guise parce qu’il se croyait être un «Estimé»

En jouant très bien son rôle dans son propre film, il  avait fini par décrocher un bon  job. À la chute du président, résultant d'un coup d'État , un sergent l’apostropha de son vrai nom. Estomaqué, il est désarçonné, surtout qu’il avait maille à partir avec ce dernier. Une première gifle le ramena sur terre. Quand une seconde allait s'abattre sur l’autre joue, il déclara : « Oh Seigneur sauvez-moi, gade  kote  yon ti aksan tegi metem ».

En revenant à notre Gabriel Moïse, on est tombé des nues, de découvrir qu’il a vécu hors du pouvoir qui fut tout près et pourtant si loin. Quelle leçon peut-on tirer de ce roman surréaliste dans un pays où la misère s’écrit en lettres majuscules?  

Ce que Mr Moïse n’a pas souligné par exemple,  en tant que frère aîné, c’est sa participation dans l’éducation du petit frère, comme c’est courant chez nous, quand le plus âgé doit se départir de ses rêves au profit de la marmaille. Aucun souvenir de ce type ne fut rapporté par le plaignant. Cependant, s'il s'avère réel, Jovenel  a commis une royale bévue en l'oubliant sur le pavé.

Toutefois, l’amour fraternel étant encore présent, l'accusateur, protégeant son frangin, dénigre l’ex-première dame pour avoir érigé un mur infranchissable entre le président, sa famille et ses alliés. Il est « en maudit » contre Martine, au point de douter de la mort du frère dont il n’a jamais vu le cadavre avant son inhumation.

Scandale de palais ou scandale familial. Le plaignant a déblatéré de long en large dans toute sa vomissure. Mais, à bien y réfléchir, si par hasard la présidence était briguée par Martine, cette incartade n’aurait aucun impact sur sa campagne. Ce roman serait considéré comme un feuilleton à l’eau de rose, car toutes les familles en ont soupé de ce bouillon de culture. Il n’y a rien là pour fouetter une mouche. 

D’ailleurs nous avons en mémoire la  récente saga de Mary Trump avec son oncle Donald. Les mots salaces lancés par la nièce pour dénigrer le président des États-Unis ne l’ont dérangé d’un iota. C’est le côté surprenant de la politique. Rien ne doit nous étonner.

Max Dorismond & Herve Gilbert

L'interview de Gabriel Moïse sur Matin Débat

Monday, October 4, 2021

Pandora Papers : un méga riche du pays le plus pauvre de la région – et son palais de Miami


 PAR KEVIN G. HALL ET JACQUELINE CHARLES

MIS À JOUR LE 04 OCTOBRE 2021 09:51 AM 

Traduit de l’Anglais, par Kerlens Tilus 

Lorsque la succession de Jeffrey Epstein a dû vendre des actifs pour indemniser les victimes et couvrir les frais de justice, l'homme d'affaires haïtien à la retraite Gilbert Bigio était l'homme avec l'argent. Il a acheté la berline Mercedes Maybach du financier en disgrâce à Paris pour une somme modique d'environ 132 000 $.

La vente est enterrée à la fin d'un document de 418 pages rendant compte des finances du domaine au troisième trimestre 2020. Rien n'indique comment et pourquoi l'homme considéré comme l'un des plus riches sinon le plus riche d'Haïti a su s'emparer du char d'Epstein pour une bonne affaire. (Les modèles les moins chers d'aujourd'hui commencent à 185 000 $.)

Bigio, 86 ans, est un courtier en pouvoir bien connu dans les cercles politiques haïtiens. Lorsque les Haïtiens parlent des familles qui dirigent le pays, les Bigios reviennent invariablement.

Une nouvelle et massive fuite mondiale de documents secrets sur les sociétés écrans offshore montre à quel point son empire s'étend loin - et comment la riche élite des Caraïbes a masqué pendant des décennies sa fortune et protégé ses actifs par le biais de sociétés écrans offshore qui pointent vers des comptes bancaires suisses.

Surnommée les Pandora Papers, la fuite concerne plus de 11,9 millions de documents provenant de 14 fournisseurs mondiaux de services offshore – des sociétés ou des cabinets d'avocats qui créent des entités offshores, souvent avec des structures de propriété obscures et complexes. Collectivement, les Pandora Papers montrent comment les riches élites du monde entier protègent, cachent même leur fortune.

Il existe des raisons légitimes de rechercher l'anonymat fourni par une société écran. Le secret peut empêcher un vendeur d'augmenter le prix si l'acheteur est une célébrité, faciliter le processus d'une fusion en cours ou permettre à un particulier de minimiser légalement ses obligations fiscales. Mais les entités offshores peuvent également bloquer entièrement les revenus des autorités fiscales, cacher de l'argent volé et masquer les profits des drogues illicites qui peuvent être détournés pour corrompre les représentants du gouvernement et les forces de l'ordre.

Gilbert Bigio et son fils Reuven
            

Bigio a pris sa retraite en tant que PDG du groupe GB en 2018, et est souvent qualifié de milliardaire, mais vient du pays le plus pauvre de l'hémisphère. C'est une nation déchirée par les tremblements de terre, la corruption, la violence des gangs et l'assassinat horrible du président cet été.

Les Pandora Papers montrent que les Bigios, parfois résidents de Miami, ont utilisé des offshores dans plusieurs paradis fiscaux et ont transféré des richesses à Miami et en Suisse.

QUI SONT-ILS?

Avec son fils Reuven, 48 ans, Gilbert Bigio contrôle le groupe GB qu'il a fondé en 1972. La portée du conglomérat s'étend à l'ensemble de l'économie haïtienne, de la fourniture de matériaux de construction et de carburant à l'offre de produits de première nécessité comme l'huile de cuisson et la nourriture. Il s'est également diversifié du côté dominicain d'Hispaniola.

GB Group, qui possède des bureaux dans la ville Tony d'Aventura en Floride, a construit au cours de la dernière décennie le terminal à conteneurs privé de Port Lafito et la zone de libre-échange d'Haïti. Une grande partie de ce qui est acheté, vendu ou consommé en Haïti est susceptible de toucher un coin de l'empire Bigio.

Malgré cette emprise sur l'économie haïtienne, Bigio préfère opérer en coulisses. Il n'est considéré comme un allié d'aucun politicien, parti politique ou diplomate ayant travaillé en Haïti au fil des ans. La famille, sanctionnée par les États-Unis dans les années 1990, refuse majoritairement les entretiens.

 « Ce n'était pas un grand nom quand j'étais ambassadeur », se souvient Pamela White, qui a été envoyée des États-Unis en Haïti de 2012 à 2015 et y a occupé un poste junior de 1985 à 1990.

En Floride, les Bigios ont vécu derrière des barrières protectrices dans la zone la plus exclusive, Indian Creek Island. Ils ont bénéficié de la protection des agents de police locaux qui assurent 24 heures sur 24 la porte d'entrée de la communauté insulaire privée.

Les registres de propriété montrent que leur maison est détenue au nom de deux sociétés : Agro Products and Services, enregistrée en Floride, et Porpoise Investments Ltd., une société écran enregistrée sur l'île de Man, une dépendance autonome de la Couronne britannique à faible imposition en la mer d'Irlande.

L'adresse d'Indian Creek apparaît également sur une société associée au petit-fils de Bigio, Ignacio. La maison de huit chambres et d'une superficie de 8 881 pieds carrés a été construite en 1996 et vendue à l'époque pour 4 550 000 $. C'est près de l'endroit où Ivanka Trump et son mari Jared Kushner auraient construit leur manoir, bien que le couple puissant surnommé « Javanka » n'ait jamais confirmé ou nié l'achat. Crooner Julio Iglesias possède également plusieurs propriétés sur l'île d'élite.

Les Bigios ne sont pas les seuls Haïtiens éminents trouvés dans les Pandora Papers.

Il y a Rudolph Boulos, dont la société pharmaceutique Pharval a été impliquée en 1996 dans une transaction commerciale qui a conduit à l'empoisonnement par inadvertance d'enfants haïtiens avec des médicaments contre la toux, contaminés par un solvant utilisé dans l'antigel. Au moins 30 enfants sont morts. L'ingrédient contaminé est venu de Chine dans des fûts vendus par des fournisseurs européens, et un segment « 60 minutes » en 1999 a mis en lumière le fait que personne n'a été inculpé. Sur sa page LinkedIn, Boulos se décrit comme un conseiller du Sénat haïtien. Il est en fait un ancien sénateur mais a été démis de ses fonctions parce qu'il était également citoyen américain. 

Et il y a Roger Jaar, un éminent homme d'affaires basé à Miami qui, comme Bigio et d'autres élites, s'est enrichi à l'époque des dictatures d'Haïti mais a quitté Haïti au début des années 90. Jaar, un important embouteilleur de boissons non alcoolisées, et son frère Raymond ont conjointement des sociétés écrans qui remontent à la fin des années 1980, parmi les dossiers les plus anciens des Pandora Papers.

Ni Rudolph Boulos ni Roger Jaar n'ont renvoyé d'e-mails demandant des commentaires.

La vaste gamme de participations de la famille Bigio et des entreprises trouvées dans les Pandora Papers – liées à de nombreux paradis fiscaux offshore dans les îles Vierges britanniques, aux Bahamas et au Panama et certaines à des comptes bancaires suisses – fait que le clan Bigio, riche mais discret, se démarque.

"Je dirais que les structures qu'ils ont créées, la complexité qu'ils ont créée, le choix des lieux, les pays par lesquels ils déplacent l'argent soulèvent toutes sortes de drapeaux rouges et créent d'énormes problèmes pour le pays hôte, dans ce cas, Haïti », a déclaré Gary Kalman, directeur américain de Transparency International, une organisation non gouvernementale anti-corruption, prévenant qu'il ne connaissait pas tous les détails des avoirs offshore de Bigio.

Bigio n'a pas été reconnu coupable, inculpé ou autrement accusé d'un crime.

Le Miami Herald et l'Organized Crime and Corruption Reporting Project ont tenté de joindre les Bigios de fin août à octobre. Ils ont appelé et envoyé des courriels, des télécopies et des lettres demandant une entrevue ou un commentaire. Il n'y a pas eu de réponse.

POURQUOI EST-CE IMPORTANT

Haïti porte le titre ignominieux de pays de l'hémisphère occidental avec les niveaux les plus élevés d'inégalité des revenus. Cela rend encore plus notable la richesse de la famille Bigio, au moins en partie cachée derrière des sociétés écrans offshore. Les barons des affaires d'Haïti, décrits par les diplomates américains dans les années 1990 comme l'élite moralement répugnante - MRE en abrégé - ont construit leur richesse en établissant et en contrôlant des monopoles sur les importations, et ont été accusés de profiter du chaos et du dysfonctionnement en Haïti tout en offrant des investissements limités dans programmes sociaux pour la majorité pauvre.

« Le résultat de la fuite des richesses d'Haïti est dévastateur », a déclaré Kalman. Le Fonds monétaire international l'a dit dans son rapport d'avril 2020 sur Haïti, son plus récent. Le FMI a noté que de 2015 à 2020, Haïti a perçu des recettes fiscales équivalant à 13% de la taille de son économie globale, seuls le Panama et le Venezuela en percevant moins. Les États-Unis, en comparaison, étaient en moyenne de 24,5% en 2019.

L'incapacité de collecter des recettes fiscales limite ce qu'Haïti peut dépenser pour lutter contre la pauvreté. Le FMI a établi un lien direct entre les élites et les inégalités de revenus. « Cela est lié à une concentration des ressources entre les mains d'un petit mais puissant groupe d'élites, dont beaucoup ont dominé des secteurs entiers de l'économie haïtienne » depuis l'époque de la dictature, selon le rapport.

C'était une référence aux élites qui, selon le FMI, "ont obtenu des droits de monopole dans des industries clés et des licences d'importation exclusives pour les principaux consommables" par le dictateur Jean-Claude Duvalier, qui a régné de 1971 à 1986.

POURQUOI OFFSHORE ?

Une explication possible de l'utilisation de l'offshore par la famille Bigio est peut-être que la fortune familiale a été immobilisée il y a des décennies lorsque le département du Trésor a gelé ses actifs dans les banques américaines en 1991. C'était une réponse générale à un coup d'État militaire brutal qui a brusquement mis fin au premier mandat du Président élu Jean-Bertrand Aristide. Ces sanctions, contre plus de 200 riches Haïtiens qui étaient présumés soutenir le coup d'État, ont été levées par l'administration Clinton en 1994.

Les dossiers du ministère de la Justice sur le lobbying étranger montrent que Bigio a embauché le cabinet d'avocats Powell, Goldstein, Frazer & Murphy et le cabinet de relations publiques APCO en 1992 pour tenter d'inciter l'administration Clinton à résoudre les problèmes liés à son visa américain. Le document montre que l'un des avocats affectés à l'effort était Stuart Eizenstat, qui en 1993 est devenu l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne.

 La véritable croissance de la richesse de la famille Bigio semble être intervenue après la deuxième éviction d'Aristide de gauche, en 2004, après quoi plusieurs clans haïtiens riches ont vu leur fortune s'envoler astronomiquement. Les Bigios se sont depuis étendus à l'énergie en Haïti et en République dominicaine, aux télécommunications et plus récemment à un terminal portuaire privé.

Les Pandora Papers offrent un prisme unique à travers lequel voir la richesse croissante de la famille Bigio, dont l'origine, selon les entretiens antérieurs de Gilbert et du site Web du groupe GB, remonte au début des années 1900, grâce à une société d'égrenage et de négoce de coton. Dans les années 1970, l'aciérie familiale fait encore plus fortune.

Un autre homme d'affaires haïtien à succès, à condition de ne pas être identifié pour pouvoir s'exprimer librement, a déclaré que Gilbert Bigio est « un homme d'affaires avisé ». « Il prend soin de ses ouvriers mais les licenciera aussi en un clin d'œil. Il n'est pas grossier, et il n'est pas bon marché.

Les Bigios sont célébrés dans les publications juives pour avoir préservé la seule Torah de l'île, le rouleau de la Bible hébraïque. Les sites Web haïtiens radicaux, souvent en proie à l'antisémitisme, les décrient comme faisant partie d'une classe dirigeante à la peau claire qui contrôle les richesses du pays majoritairement noir.

Cette distinction occupe une place importante dans toute conversation sur Haïti et ses inégalités de revenus, a averti Vicki J. Huddleston, ambassadrice américaine à la retraite dans deux pays africains qui a travaillé en Haïti dans les années 90 et à nouveau de 2013 à 2015.

"Cette minuscule minorité blanche ou blanchâtre contrôle les ressources du pays", a-t-elle déclaré dans une interview en août, avant de sortir de sa retraite pour un poste temporaire en Afrique. "Ils contrôlent les ressources, et ils ne sont pas très doués pour les remettre dans le pays."

Le site Web du Groupe GB met en évidence un don de terrain prévu de 6 millions de dollars pour construire un hôpital universitaire et un organisme de bienfaisance familial appelé Fondation Monique et Gilbert Bigio Inc., créé pour promouvoir le développement communautaire, l'éducation et les soins de santé. Elle est enregistrée en tant que société de Floride et n'apparaît pas dans les registres fédéraux en tant qu'organisation à but non lucratif 501c3, comme le font généralement les organismes de bienfaisance. On ne sait pas pourquoi la famille a constitué un organisme de bienfaisance, et la question a été posée dans les courriels sans réponse.

AU COURS DES ANNÉES

Les premiers documents de Pandora sur les Bigios montrent la formation en 2001 d'une société appelée Lockver Investment Inc. dans les îles Vierges britanniques, avec des services fournis par le puissant cabinet d'avocats offshore panaméen Aleman, Cordero, Galindo & Lee ou ALCOGAL.

En 2006, les documents montrent des avocats d'ALCOGAL travaillant pour le compte de Bigio avec le bureau de Miami de l'institution espagnole Banco Santander. Un autre document de 2010 donne procuration à l'épouse de Gilbert Monique et à son fils Reuven pour ouvrir et gérer un compte bancaire suisse auprès de Banco Santander (Suisse).

Leur fille Laurence a travaillé en tant que vice-présidente exécutive du groupe GB mais n'apparaît pas dans les sociétés offshores ni dans les Pandora Papers.

D'autres documents montrent que Lockver semble avoir été utilisé plus tard comme une société holding à travers laquelle la famille a pris à un moment donné une grosse participation dans la société de téléphonie mobile Digicel Haiti International. Les Bigios ont utilisé plusieurs fournisseurs offshores au fil des ans. 

Un document de l'un d'entre eux, Overseas Management Company (OMC), révèle des détails sur Grupo Premier Enterprises Corp., une société écran des îles Vierges britanniques créée en avril 2007 en tant que société holding pour les investissements en République dominicaine.

L'objectif déclaré de la société, selon le document, était de gérer les revenus d'investissement d'une entreprise de carburant. Il répertorie à la fois le père et le fils comme ayant la double nationalité, avec des passeports haïtien et français, et les deux sont répertoriés comme des personnes politiquement exposées, ou PPE.

C'est une classification réservée aux clients qui sont soit des politiciens, soit leurs proches, et en tant que tels, ils sont censés faire l'objet d'un examen et d'une sélection plus approfondis pour s'assurer qu'ils ne détiennent pas d'argent pour d'autres ou ne corrompent pas les gouvernements. À l'époque du tremblement de terre dévastateur de 2010 en Haïti, Reuven a été consul honoraire d'Israël en Haïti, un poste occupé auparavant par son père.

Gilbert a déclaré que la famille Bigio remonte aux Juifs syriens qui sont arrivés en Haïti à la fin des années 1800. La famille a maintenu des liens étroits avec Israël et a fourni des terres qu'elle possède au gouvernement israélien pour installer des hôpitaux et d'autres aides en Haïti après le séisme de 2010.

L'EXPANSION DANS LE PÉTROLE

Les Pandora Papers montrent qu'en mars 2011, les Bigios ont enregistré une autre société dans les îles Vierges britanniques appelée LRY Investments Limited. Le mari, la femme et le fils ont été nommés administrateurs. Un autre document d'ALCOGAL, conçu pour dresser le profil des avoirs de la famille, ne les répertorie plus comme PPE et décrit la source des fonds de manière générique comme des « fonds liés aux entreprises ».

À la fin de la même année, GB Group a racheté les activités de commercialisation de carburant et de carburéacteur de Chevron en Jamaïque, qui opéraient sous le nom de Texaco là-bas ainsi qu'en République dominicaine et à Saint-Martin. À l'époque, les Bigio et un partenaire en coentreprise possédaient déjà ce qui avait été les opérations en Haïti de Royal Dutch Shell. Le site Web du groupe GB montre que les Bigio contrôlent toujours les opérations énergétiques dans les trois pays sous le nom de Texaco.

Une déclaration sous serment de 2019 également trouvée dans les documents de Reuven Bigio parle d'une société appelée Lafito Free Zone Holdings Ltd. L'objectif de la société, selon les documents, est de recevoir des dividendes, des distributions, des cadeaux personnels et des économies du terminal portuaire et de la zone franche de la famille en dehors de Port-au-Prince. 

Les Bigios ont inauguré le terminal à conteneurs et la zone franche en 2012, achevant les travaux et ouvert en 2015. Les Bigios possèdent également Lafito Logistics Holding Ltd., qui est enregistrée aux Bahamas. Une feuille de calcul de Banco Santander dans les Pandora Papers décrit les actions en justice engagées en faveur de Monique et Gilbert, montrant qu'en plus des comptes bancaires suisses, le couple a utilisé des fiducies compliquées, des documents juridiques qui désignent les droits de succession et les obligations de protéger les actifs.

Pays avec peu de capacité à collecter des impôts, Haïti manque d'expertise pour faire appliquer ses lois fiscales, et encore moins pour comprendre les fiducies complexes pour protéger les revenus utilisés par ses élites, dont beaucoup possèdent des passeports d'autres pays des Caraïbes ou du Moyen-Orient. « Comment devient-on milliardaire en Haïti ? », a demandé l'ambassadeur White, qui accueillait occasionnellement l'élite financière d'Haïti dans sa résidence diplomatique. Une façon est de sortir votre argent d'Haïti. 

« Presque tous ont des maisons à Miami, New York, France. Ils voyagent tout le temps », a-t-elle déclaré. 

Chercheur Herald Monika Leal a contribué de Miami. 

Kevin G. Hall a commencé le projet Pandora Papers en tant que journaliste d'investigation pour le Miami Herald et a continué le travail en tant que rédacteur en chef pour l'Amérique du Nord pour le projet de rapport sur le crime organisé et la corruption. 

Les Pandora Papers sont une collaboration mondiale entre le Miami Herald et le Consortium international à but non lucratif des journalistes d'investigation. Si vous aimez le journalisme comme celui-ci, veuillez faire un don à l'ICIJ pour le soutenir.

Pandora Papers En savoir plus Cette histoire a été initialement publiée le 4 octobre 2021 à 7h30.

https://www.miamiherald.com/news/nation-world/world/americas/haiti/article254361683.html

 

Sunday, October 3, 2021

Martine Moïse est-elle le nouveau joujou de la République ?

Martine Moïse

 

Par Max Dorismond 

Au bord de l’explosion, Haïti se cherche. L’image du corps en passoire du défunt président dérange. La Nation, soudée dans l’humiliation, le chagrin et la colère, crie justice, mais cette dernière est lente à chausser ses patins sans égard aux attentes du moment. L’impatience, étant mauvaise conseillère, elle déborde de la marmite des criminels, qui s’activent pour ajuster le couvercle afin d’éviter la commotion appréhendée. Il n’y a aucune chance à prendre. 

C’est un peuple à surprises quand il est traqué. Les Européens avaient goûté royalement à sa médecine, il y a de cela plus de deux cents ans. Ne jouant point au hasard du dé, les malandrins veulent toujours détenir un coup d’avance sur sa libido, sinon ils sont faits à l’os, à l’ère du totalitarisme numérique. Telle est la raison de l’utilisation du parapluie de la première dame ! 

Pour perpétuer le pillage du pays sous toutes les formes, les stratèges d’hier avaient extrait de leurs goussets le crédule Jovenel, surfant sur une image folâtre venue tout droit du ciel : terre, eau, soleil, une trilogie simpliste à faire valser les macaques et à abêtir la masse qui carbure à l’espoir. 

Martine Moïse à Jérémie le samedi 2 octobre

L’exaspération pousse aujourd’hui certains leaders d’opinion à exiger de l’action. Les clowns affamés et bien armés qui jouent aux apprentis «bandi légal» risquent de se prendre au sérieux. La patience est à bout. La misère criante s’avère le carburant d’un cocktail explosif. Les commanditaires sont inquiets. Le pays se dirige, droit devant, vers la catastrophe annoncée. Un nouveau Rwanda est à craindre. Que faire? 

Triste dans sa douleur, soignant ses blessures à l’âme, et perdue dans ses réflexions, Martine Moïse, la veuve éplorée, est appelée à la rescousse des maîtres du jeu, débordés sur leur gauche, tentant de calmer les ardeurs d’un peuple décidé à se faire justice lui-même. Pour cela, pianotant sur la diversion, ils préfèrent jouer avec le réel sur le terrain de la fiction pour temporiser, en attendant demain. 

On la déplace en jet privé, entourée d’une sécurité composée d’étrangers en uniforme pour éblouir la galerie. Martine, percluse de remords, joue malgré elle, avec un faux sourire, le théâtre à cinq sous, tous frais payés d’avance. En une journée, affaiblie et désinvolte, la pauvre débarque au Cap-Haïtien, pour se retrouver, en quelques heures, en safari sur les sentiers de la Grand-Anse, dans le sud du pays, suivie par une flotte de VUS, à l’image de la reine d’Angleterre en visite. 

Sa santé peut-elle résister à ce rythme infernal pour sécuriser les criminels inquiets qui ne savent à quels saints se vouer? Or, à la cadence à laquelle se déroule l’enquête, tout le monde s’attend à du «jus de tomate». Sauf que la rage de la rue les indispose et fait craindre le pire. Donc, la présence de l’épouse éplorée servira de baume pour endormir les désespérés. Faute de président, on leur présente la «veuve écarlate!» 

Sera-t-elle candidate, le jour venu? Mystère et boule de gomme! Nul ne sait quelle sera la réaction des éternels opposants, sans conviction, qui piaffent dans les couloirs en s’accrochant prestement aux poignées du coffre-fort national. En attendant, tel un drap léger et fragile, l’ombre de Martine recouvre timidement le ciel de l’île, pour éviter toute entrée de courant d’air malsain, porteur de virus explosifs. 

Propulser la veuve flétrie au-devant de la scène est-il un risque à prendre? Voyez-vous, la vengeance d’une femme blessée n’est pas à dédaigner. Bien des exemples dans l’histoire sont déjà édifiants. Mais quand on est assiégé, tous les coups sont tentants pour éviter de se retrouver « échec et mat ». 

Comme assurance tous risques, les commanditaires gardent à l’esprit l’image du dépeçage vécu par Martine, lors du découpage sans vergogne du corps de son mari, à titre d’effet persuasif, pour la tenir en laisse, en cas de rêve de représailles. Le message est sans équivoque pour attiédir certains penchants romantiques, sauf si elle est suicidaire. Malgré tout, nul ne peut jouer au maître des horloges du temps sans être béni des dieux! 

En attendant, elle joue le jeu. Le film vient juste de commencer! Pour répéter notre Maurice Sixto national : « Achetons-nous, une « carte pelouse » et une chaise basse pour regarder le match ». Il y a de quoi rêver, les yeux ouverts. 

Max Dorismond

La tournée de Martine à Jérémie

https://youtu.be/MiOo3TaQP9U





Sunday, September 26, 2021

Les Gangs armés invités à s’accaparer du Palais National…

Une île qui a perdu sa boussole et ne sait plus où jeter l'ancre
 

Par Max Dorismond

Voilà, le mal est fait! La finalité que tous appréhendaient vient d’être concrétisée sur les ondes de l’émission « Matin Débat », en ce vendredi 24 septembre 2021, par un animateur du nom d’Esaüe César (voir la vidéo). De crise en crise, les Haïtiens en avaient marre de patauger dans les méandres de la délinquance, de la déliquescence, de la misère inhumaine d’une nation ravagée par la violence et sa sœur jumelle, la peur, d’une île qui a perdu sa boussole, sans savoir exactement où jeter l’ancre. 

Tous les adjectifs sont utilisés pour accuser les dirigeants et les aspirants dirigeants qui caressent tous un rêve commun : piller la caisse du pays. L’animateur les épingle comme des « Gangs à cravate », « Gangs de la presse », « Gangs à paletot » ou « Bandits à costume » qui ne sont que des voleurs, nullement différents des Gangs armés de la rue qui déstabilisent la nation. 

Sans ambages, et sans nuances, dans une crise délirante, telle une plainte de fin du monde, sur un ton éruptif, M. César, jouant au prophète de l’apocalypse, s’est affranchi des interdictions morales et contextuelles, pour inviter les Izzo, les Tilapli, les BBQ, les Crisla et Cie, à cesser les palabres et à s’emparer, une fois pour toutes, du Palais national, car la similitude entre eux et ceux qui détiennent la bride ne souffre d’aucune nuance. 

Son exaspération a trouvé tout d’abord sa source et son inspiration dans la déchéance et le discrédit des institutions du pays. En tête de liste, une cinquantaine de gangs des bas-fonds de Port-au-Prince, lourdement armés, venus des périphéries de la capitale, s’occupaient de la circulation sur la Grand’rue, ce vendredi 24 septembre. Ils invitaient les voitures à pénétrer dans les zones de non-droit, à Martissant, tandis qu’à 20 mètres, des policiers également armés, à bord de deux blindés, assistaient à la scène dans une totale indifférence.

Une autre source d’agacement est l’humiliation de nos congénères, parqués à la frontière du Rio Grande (Mexique/USA), qui font la une de tous les médias du monde sans ébranler nos dirigeants. La vie est devenue intenable en Haïti, malgré la résilience proverbiale de ce peuple. Les politiciens de tout poil et de tous horizons, hyper riches, et en transit au pays, arborant un air d’autosatisfaction dans leurs VUS blindées, ont poussé l’animateur à sortir de son cadre objectif pour lancer cette surprenante invitation et offrir un micro à ces Robins des bois nationaux. C’est un choix discutable tant par sa singularité que par sa frivolité. Mais, il fallait s’y attendre! 

À bien réfléchir, entre les « Gangs à paletot » du pouvoir et les Gangs de la rue, sans tordre la perception de la réalité, y’a-t-il une différence ? De prime abord, on serait tenté de comprendre le ras-le-bol de l’animateur Esaüe César. Privé de tout, évoluant dans la déchéance suprême, happé par la spirale de la faim, le pauvre de la rue est un oublié, un laissé pour compte, qui n’a d’autres recours que la délinquance ou emprunter la route de l’exil vers l’Amérique du sud pour entreprendre un pèlerinage hasardeux, à travers la jungle de la cordillère des Andes, au risque de se faire dévorer par les crocodiles, dans l’espoir d’arriver, après mille tourments, dans ses dernières illusions, à la frontière des USA, pour se faire attraper au lasso par les cow-boys du Far-west de l’armée américaine. 

De l’autre côté, un autre groupe, à moitié analphabète, occupant soit le pouvoir, soit les couloirs de l’opposition, mène le pays à sa ruine, car il ne cherche autre chose que l’arche d’argent qui doit lui garantir le bien-être d’un exil doré en pays étranger. Ce comportement de bandits légaux, de pilleurs de nation, de contrebandiers, a contribué à l’assassinat crapuleux du président Jovenel Moïse, un autre bouffon, un autre bon à rien qui ne méritait point cependant une telle fin. 

L'invitation de "Matin Débat" aux chefs de gangs

Donc, les « Gangs à costume » à la recherche des espèces sonnantes et trébuchantes n’hésitent pas à tuer, sans rien gérer. Les Gangs de la rue kidnappent, assassinent, handicapent le pays pour exorciser leur vie de chien. On se trouve en face d’un dilemme criant, faute d’un choix exhaustif. Tout le monde appréhendait cet appel du pied. Il est arrivé clairement sur les ondes d’un marchand d’opinions, sans surprise, car le pays en a vraiment ras-le-bol. 

Si un Crisla, un Barbecue ou un Lanmô san jou devient président, comment serait notre futur? C’est la question à un million de dollars pour laquelle on cherche encore une réponse. Attendons demain : « La guê avêti pa tiyé kokobe »! Le mot d’ordre est lancé sur les ondes de « Matin Débat » par le chef de gangs Crisla, par ses mots chargés de troublantes espérances : « Si nèg geto met têt ansanm nap fè mèvèy ». En fait, ils se voient déjà au pouvoir! 

Espérons que ces « bruits de sapate » resteront sans effets et que la frange saine de la société saura accoucher d’une solution éclairée pour nous tirer de l’horreur de la nuit, pour le bien-être de la majorité, à ce carrefour dangereux de la vie nationale! 

Max Dorismond



Friday, September 24, 2021

Daniel Foote, ce diplomate Américain qui porte en lui les valeurs Américaines

L'émissaire américain en Haïti Daniel Foote a démissionné de sa fonction.


Par: Jean Rico Louis

Daniel Foote ,ce diplomate Américain qui porte en lui les valeurs Américaines et Ami d'Haïti.

Ce diplomate Américain est le porte parole du peuple haïtien souffrant et incompris auprès de l'administration Biden.

IL a au moins une conscience et ne veut point être complice de cette politique de déportation des haïtiens vers ce pays déchiré par toutes sortes de conflits politiques et où survivre est un miracle quotidien.

IL est cette lumière de Dieu qui chasse les ténèbres de toutes cruautés nées des préjugés raciaux et qui semble dire au peuple Américain ceci: souvenez-vous que vous aviez été tout comme le peuple haïtien des réfugiés auparavant , et que c'est Dieu qui vous a permis de trouver le repos et la vie sur cette terre que vous considérez aujourd'hui comme vôtre ou la terre promise.

La seule différence entre vous et le peuple haïtien aujourd'hui ,est que vous aviez eu des leaders prévoyants pour vous inspirer et aider à bâtir ce pays que vous appelez depuis toujours vôtre, tandis le peuple haïtien n'en a pas.

Alors ...soyez ses leaders tandis qu'il est orphelin et en difficulté par dessus tout.

Ce peuple incompris et rejeté par certains pays du monde pour toutes sortes de raisons , aurait pu être une grande nation si, au lendemain de son indépendance , toutes les forces esclavagistes du monde ne s'étaient liguėes contre lui pour avoir osé être libre en renversant le système d'esclavage cruel ou inhumain.

Dieu n'est ni sourd ni aveugle . IL fait toujours grâce aux nations généreuses qui volent au secours d'autres peuples en difficulté et victimes de la cruauté des uns et des autres .

L'histoire d'Haïti est une légende humaine écrite par des hommes au caractère indomptable , à la dernière bataille de Verrières en 1803 sur les forces esclavagistes de Napoléon Bonaparte , l'ex bourreau sanguinaire de l'Europe.

Haïti n'a jamais été une menace pour personne.

Bien au contraire ! Ce peuple a toujours été un amant de la liberté tout comme les États unis d'Amérique . Et au cours de son existence, sa seule passion a toujours été également : voler au secours de tout peuple victime d'oppression.

Voilà le point commun que ce pays a en partage avec les États unis d'Amérique , aujourd'hui reconnu comme leader du monde libre !

Toutes nos félicitations à Monsieur Foote pour sa compassion et la défense des droits du peuple haïtien souffrant auprès de l'administration Biden. Le peuple haïtien se souviendra longtemps encore de vous et de votre sens indéniable de générosité !

Que la grâce de Dieu vous accompagne partout où vous vous serez retrouvé sur cette planète pour imprimer dans la conscience universelle les valeurs Américaines.

Jean Rico Louis

Thursday, September 23, 2021

Le gâchis et l’incompétence du gouvernement de Joe Biden

Daniel Foute,l'envoyé spécial de Joe Biden en Haïti a démissionné

La crise des migrants haïtiens est un tel gâchis que l'envoyé de Biden vient de démissionner

L'envoyé spécial du président Joe Biden pour Haïti a brusquement démissionné dans une déclaration virulente contre la décision de l'administration Biden d'expulser des dizaines de migrants haïtiens à la frontière sud des États-Unis. 

Le diplomate de carrière Daniel Foote n'a été désigné comme l'envoyé spécial de Biden pour Haïti qu'à la fin du mois de juillet, mais il a écrit dans une déclaration accablante qu'il ne peut pas soutenir le traitement "inhumain" des réfugiés par l'administration. Les autorités américaines ont expulsé plus de 500 Haïtiens au cours de la semaine écoulée après que des réfugiés ont installé un camp de fortune sous un pont à Del Rio, au Texas. 

Dans une déclaration rapportée par Yamiche Alcindor, correspondante de PBS, Foote n’est pas passé par quatre chemins. Il a déclaré qu'il démissionnait "avec effet immédiat", soulignant au passage : "Je ne serai pas associé à la décision inhumaine et contre-productive des États-Unis d'expulser des milliers de réfugiés haïtiens et d'immigrants illégaux vers Haïti, un pays où les fonctionnaires américains sont confinés dans des enceintes sécurisées en raison du danger que représentent les bandes armées qui contrôlent la vie quotidienne." 

L'administration Biden a été condamnée de tous les côtés sur l'échiquier politique pour sa gestion de l'afflux de migrants haïtiens à la frontière cette semaine – où dans un incident choquant et humiliant en début de semaine, qui a fait le tour du monde, on remarqua des agents de la Border Patrol poursuivant des migrants en fuite à cheval, comme autrefois au Far-West. 

Les images controversées de gardes-frontières poursuivant les
migrants et brandissant de longues rênes comme un fouet.      

Foote en profite pour souligner que : "Notre approche politique d'Haïti reste profondément défectueuse, et mes recommandations ont été ignorées et rejetées, quand elles n'ont pas été retouchées pour projeter un récit différent du mien. Le peuple haïtien... ne peut pas supporter l'afflux inhumain de milliers de migrants de retour qui manquent de nourriture, d'abri et d'argent sans que cela ne se termine par une tragédie humaine supplémentaire, alors évitable." 

Un fonctionnaire anonyme du département d'État a confirmé au Miami Herald que Foote avait présenté sa démission, en disant : "Nous le remercions pour les services qu'il a rendus à son pays et au peuple haïtien". Un deuxième fonctionnaire a déclaré au journal que Foote avait "cherché à obtenir un mandat plus large et des responsabilités de supervision, ce que nous ne pensions pas être approprié ou prudent à ce moment-là."           

Note de Haïti Connexion Culture: « La soupe est chaude à la fin. Tout le monde essaie de sauver leur peau. Les fonctionnaires du Département d’État se trouvent coincés dans leurs p’tits souliers. La Maison Blanche a qualifié les scènes d’horribles. Il a fallu un brave pour dire ce que le monde entier pense tout bas. C’est de l’anarchie pure quand le racisme n’a plus de limite ». Les vidéos et images de gardes-frontières américains à cheval poursuivant des migrants (et brandissant de longues rênes comme un fouet) près du fleuve Rio Grande au Texas ont suscité la controverse à travers la planète.