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| Adrien Jean décédé le 14 Juillet 2026 à Boucherville,Canada |
C’est ainsi que le jour « J » de Adrien est
arrivé après une longue maladie, laissant sur le carreau, ses garçons :
Mac-Arthur, Roudy et leurs épouses respectives, ses petits-enfants, dont
Allison son adorée, son frère Otello, ses sœurs : Alourdes et Manina, ses
nièces et surtout sa conjointe éplorée, Marie Josée, dont il m’avait chanté, la
douce attention qui lui faisait chaud au cœur, tout au long de sa lutte
acharnée contre la fatalité.
Devant cet incommensurable chagrin, pour y apporter un peu de baume,
j’ai l’insigne honneur de vous parler en peu de mots de ce grand ami, de cet
intellectuel de belle eau, que la ville de Pétion-Ville (Haïti), pourrait
s’enorgueillir d’avoir mis au monde.
Adrien avait étudié le droit en Haïti et les sciences financières à
l’Université du Québec à Montréal, pour couronner une carrière au gouvernement
de la Belle Province.
Brillant causeur, très bien articulé, doté d’une mémoire phénoménale, il
pouvait vous entretenir des sujets extrêmement complexes et laborieux au point
que ses interlocuteurs s’interrogeaient, à savoir, s’il ne manquait pas une ou
deux virgules à leur propre culture. Au bureau, c’était le même scénario. À
midi, tout le monde voudrait aller dîner avec Driang. À l’hôpital, sa conjointe
Marie-José en fut témoin. Tous les médecins et infirmières du Protocol de
Recherche étaient en pamoison devant le côté charmeur du malade. Avec regret
ils ont déploré son départ prématuré. Adrien appartenait à cette race d’hommes qui ne laissent que
des sentiments favorables dans le cœur de tous ceux qui le fréquentaient.
À
propos du Protocole de Recherche du CHUM (Centre Hospitalier de l’Université
de Montréal), quand il m’avait annoncé que cette institution allait mettre fin
à la recherche, car, sa maladie était incurable, j’étais en état de choc et je
cherchais mes mots pour lui dire que ce n’est pas la fin. Il m’avait brusquement
coupé la parole, pour me dire « Ti mal, c’est un terme qu’il adore, pour
clore une conversation… Ti mal, va doucement, le cas de l’un n’est point celui
de l’autre. Pour moi, c’est fini, point-bar. Stoïquement, il avait accepté sa
fin.
Depuis
lors, je ne pouvais plus retenir mes larmes. Et c’est dans ce contexte qu’il avait
décidé plus tard, d’envoyer à José, à ses enfants, à ses amis proches et à moi,
ce texte élogieux au plan éducatif : « L’école de la vie »,
dont je vous laisse un paragraphe annonciateur : Confucius disait :
« veux-tu apprendre à vivre pleinement, apprends d’abord par accepter
la mort ». Cette phrase peut sembler rude, mais au fond, elle remet
tout à sa place. Accepter que nous allions partir, ce n’est pas renoncer à
vivre, c’est au contraire comprendre que le temps est précieux, que chaque
présence compte, que chaque parole peut laisser une trace, que chaque geste
peut consoler et qu’une vie n’est pas grande parce qu’elle impressionne, mais
parce qu’elle aime.
Aujourd’hui, mon cher frère et grand ami, tu nous as dit au revoir pour passer de l’autre côté du mystère. Alors, je ramasse tout ce qui me reste de courage et de force pour demander à la famille de ne pas faillir à la perte de ce « Poto mitan » que tu fus. Les yeux levés vers le ciel, nous conserverons encore l’espoir de vivre pas trop loin de toi. L’hommage que nous te rendons aujourd’hui, malgré son parfum de regret, demeure à n’en pas douter, un hymne à l’amitié la plus sincère et la plus virile. C’est le rejet du défaitisme et le triomphe du condamné qui regarde dans les yeux les faiseurs de destin. Il s’agit d’un témoignage qui confond dans un même élan de respect et d’amitié tous ceux qui ont eu le privilège de te connaitre. Ton image agitera pendant longtemps nos jours chaque fois que nous aurons à penser à nos dialogues, de même qu’à la précocité de ta disparition. Tu resteras dans nos souvenirs un virtuose de l’authenticité.
Bonne route vers cette Éternité qui te tend les bras avec l’empressement d’une mère attentionnée et miséricordieuse. Toutes mes sympathies à ta famille que tu as tant aimée.
Max Dorismond

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