Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Wednesday, April 22, 2026

Hommage à Louis Marcel Laviolette : Un cœur sans frontières et un Bienfaiteur

Louis Marcel Laviolette 

Aujourd’hui, nous prenons le temps pour honorer la mémoire de Louis Marcel Laviolette, un pionnier, un homme dont sa vie fut une véritable leçon d’altruisme, de solidarité humaine et d’engagement envers sa communauté. Pour beaucoup d'entre nous, Marcel n'était pas seulement un ami ; il était le patriarche de notre groupe des "just come" des années 70. Grâce à sa générosité, de nombreux Grandanselais ont pu trouver un point d’encrage pour s’établir et s’épanouir au Canada.

Un Phare pour les Nouveaux Arrivants

L'appartement du 2072 St Hubert reste, dans nos souvenirs, le symbole de cet accueil inconditionnel. Nous gardons en mémoire son courage et sa détermination, notamment lors de ses discussions houleuses avec M. Dupont, le propriétaire du 2072 St Hubert pour défendre le droit des nouveaux arrivants à trouver un refuge.

Le Sacrifice d'un "Bon Samaritain"

Marcel incarnait véritablement la figure du Bon Samaritain. Sa bienveillance ne connaissait pas de limites : il n'a pas hésité à encaisser son propre fonds de retraite d’enseignant pour venir en aide à un compatriote dont l'école de conduite était en péril. Ce geste de sacrifice pur illustre parfaitement son bon cœur et sa prédisposition naturelle à porter le fardeau des autres.

Une Vie de Foi et de Combat

Bien que le chemin n'ait pas toujours été facile et que la chance n'ait pas toujours souri à ses décisions, Marcel a mené "le bon combat" avec une intégrité exemplaire et une bienveillance éternelle. Son dévouement était le reflet d'une foi chrétienne profonde qui l'a guidé tout au long de son existence.

Nous sommes à jamais reconnaissants envers Marcel pour sa bienveillance et son âme généreuse. Son héritage de fraternité continuera de briller dans le cœur de tous ceux qu’il a aidés.

Aujourd'hui, alors que Marcel, le bras droit, entame son dernier voyage, nous trouvons du réconfort dans l'idée qu'il obtiendra enfin le salut de son âme, cet aboutissement spirituel qu'il a tant mérité. Repose en paix, cher ami et bienfaiteur. Ton héritage de solidarité continuera de vivre à travers nous tous.

Michel Decoste

    Ottawa

Friday, April 17, 2026

Risque de répétition de l’accident mortel à la Citadelle du Roi Henri

« Un cri de granit hurlé au sommet des monts... :  « Jamais plus l’esclavage »
 

Par Max Dorismond 

Harry Dorismond Ing. 

Partout sur la terre, les jeunes rêvent de refaire le monde, de défier l’interdit, en un mot, de tenter le diable. Aller danser tout près des étoiles à 1000 mètres d’altitude, qui n’aimerait pas capter dans son cellulaire cet exploit insolite d’avoir caressé la lune. 

Ce serait fantastique, en guise de souvenirs, de partager avec leurs multiples correspondants sur les réseaux sociaux, la sensation de vibrer en chœur au rythme lascif d’un Konpa Direct, dans les nuages parfumés d’essence d’arbres au sommet de la Citadelle Laferrière, à Milot en Haïti. 

Hélas, l’intention ou le rêve était sensas, mais la mort a coupé court à cette agape fraternelle : plus d’une vingtaine de jeunes ont laissé leur peau, suite à un regrettable accident dû à l’incompétence des autorités. 

Personne ne le souhaite, mais à écouter les réseaux sociaux avec leur cortège d’inepties nous conter les causes de l’accident imputé à la vengeance des esprits des morts dans les catacombes de la Citadelle, on se revoit déjà devant une deuxième hécatombe. Cela donne froid au dos. Plusieurs invoquent le dérangement des esprits des « lwa Ginen », enterrés dans ce lieu historique, et leur vengeance pour avoir été troublés dans leur éternité. Divers supposés « Hougans », sur les réseaux sociaux, ont même proposé de refaire le chemin à l’envers en invitant le public à retourner là-haut et présenter ses excuses aux esprits froissés ou détournés pour calmer leurs courroux.

Le manque d’instruction ou le désir de gagner une certaine notoriété a invité ces chevaliers de l’apocalypse à induire tout un pays en erreur, surtout de jeunes esprits, à réitérer l’évènement pour demander pardon. 

C’est vraiment triste! Pourtant, une simple recherche sur Google, mon dieu, pourrait nous rassurer sur les causes de ce fatal accident! 

Réunir approximativement 1000 personnes dans un espace partiellement fermé, à 1000 mètres d’altitude, constitue au départ un facteur de risque majeur. À cette hauteur, l’air contient déjà moins d’oxygène, (soit 11%). Sans ventilation adéquate, le CO2 ou dioxyde de carbone expiré par la foule s’accumule tandis que l’oxygène disponible diminue. C’est ce manque d’oxygène, combiné à l’excès de CO2 qui a provoqué une hypoxie, soit l’asphyxie de plusieurs personnes, et la panique acheva le tableau : C’est le sauve qui peut! Voilà l’explication de l’accident. Ce n’est l’œuvre ni d’Agwe, ni de Bawon Lakwa, etc… 

En effet, un adulte au repos expire 0,3 litre de CO2 par minute. Donc, 1000 personnes expirent 300 Ltr de CO2 pour la même durée ou 18000 Ltr à l’heure. D’où l’accumulation rapide du dioxyde de carbone dans cet espace partiellement fermé. Ce phénomène entraîne : somnolence, mal de tête, respiration plus rapide, nausée, vertige, essoufflement sévère, confusion, perte de conscience et… la mort. 

Afin de prévenir de tels drames, nul besoin de faire intercéder les loas. Il est impératif de respecter les normes de ventilation de 30m3/h d’air neuf par personne pour tout rassemblement en milieu confiné. 

Au-delà de 800 mètres d’altitude, un calcul de capacité adapté et la présence de détecteurs de CO2 sont fortement recommandés. Tout évènement doit faire l’objet d’une évaluation préalable des risques liés à la qualité de l’air.

Haïti étant ce qu’elle est, « un Koté », un lieu où tout le monde rêve de devenir président sans programme. Tous, indistinctement, se voient déjà! Les Hougans cités ci-haut ne sont pas en reste. En quête de visibilité, Ils prétendent pouvoir calmer les malins esprits de la Citadelle.

Toutefois, trêve de comédie, nous suggérons ardemment à l’ISPHAN (Institut de Sauvegarde du Patrimoine Historique et Artistique National) de remédier à cet état de fait en faisant respecter les spécifications scientifiques, car, les imbéciles ne sont pas loin. Il (ISPHAN) ne saurait si bien servir!

 Max Dorismond

Harry Dorismond Ing.


Wednesday, February 11, 2026

Adieu à Serge FOUCAND

Serge Fourcand
 

Je ne peux me retenir d’ajouter ma voix à celle de la famille même si je ne sais vraiment quel hommage rendre à ce professeur dont l’amitié magistrale m’a encouragé et orienté depuis les Hautes Études Internationales d’Haiti jusqu’au terme de sa vie à Montréal.

Serge, esprit vif et perçant, d’un charisme indéniable, a donné son temps et son savoir à la jeunesse de son pays avec une immense générosité. Un prof qui se sentait responsable de demain et comptable devant les générations à venir. Cet homme du monde des idées avait aussi une enviable puissance de travail.

Enfin, un Haïtien tout court, un homme du peuple haïtien en familiarité avec tout ce qui a trait aux mœurs populaires, aux traditions du pays, au folklore. Serge Foucand une source inépuisable d’émerveillement, une source irremplaçable de connaissance. Ce me fut un inestimable privilège de l’avoir rencontré.

Nous avons vécu de bonnes années d’amitié. On a eu de joyeuses parties de rire. J’ai été témoin de moments splendides de sa vie dont la famille est le centre de gravité. Je le savais qu’il n’allait pas bien, allongé sur un lit, soumis au déclin et à la maladie mais l’annonce de son décès m’a atteint avec une effroyable soudaineté. Depuis, le temps me parait pesant. Je ne cesse de penser à cet homme qui a une essence, une histoire, une structure, une humanité. De tels hommes s’épanouissent, s’évanouissent. Ils ne disparaissent pas, ils continuent. Adieu Serge et merci pour tant de marques d’affection.                                                                                                                         

PIERRE M. Smith

Montréal 7 février 2026

Wednesday, January 28, 2026

Dieudonné Larose : hommage à une voix majeure de la musique haïtienne

Dieudonné Larose

Par Hervé Gilbert

Dieudonné Larose s’en est allé. Avec lui disparaît une voix, mais demeure une présence : celle d’un artiste dont le timbre, la sensibilité et la conscience résonneront encore longtemps dans la mémoire collective haïtienne. Figure majeure de la musique populaire haïtienne, il sut transformer le quotidien en poésie et les blessures collectives en mélodies porteuses d’espérance. 

Sa voix, immédiatement reconnaissable, portait l’âme d’Haïti. Elle chantait l’amour et l’absence, la lutte et la dignité, la nostalgie et l’espoir. À travers ses chansons, Dieudonné Larose accompagna des générations — dans les festivals, les bals populaires — jusqu’à la diaspora, lors de soirées festives où sa musique demeure un lien vivant entre l’exil et la terre natale. 

Il fit ses débuts au sein du Shoogar Combo, notamment lors du carnaval Pigeon, avec entre autres une chanson à succès dédiée à « maman », avant de rejoindre le DP Express, où il marqua durablement les esprits avec Gran Nana. Ces expériences forgèrent son identité artistique et affirmèrent une présence scénique déjà remarquable.

C’est toutefois au Canada, avec le groupe Missile 727, qu’il s’imposa pleinement. Des titres comme Mandela, Guerre mondiale, Jolie Minou, Rasanble ou Limbé s’inscrivirent durablement dans le paysage musical. Accessibles et profonds, ces morceaux révélèrent un artiste engagé, capable de rassembler sans jamais renoncer à la lucidité. 

Au-delà de la voix et de l’engagement, Dieudonné Larose imposait aussi une signature visuelle rare. Styliste de fait, il était son propre couturier, dessinant lui-même ses costumes de gala avec un sens aigu du détail et du protocole. Sur scène, son élégance n’était jamais ostentatoire : elle relevait d’une discipline, d’un respect du public et de l’art. Il demeure l’un des rares artistes haïtiens à avoir élevé l’habillement au rang de langage scénique, toujours impeccablement vêtu, maîtrisant l’allure comme la posture. Cette rigueur vestimentaire accompagnait une présence magnétique : dès qu’il apparaissait, la salle s’animait, et les refrains de ses chansons, connus de tous, étaient repris en chœur. À cet instant précis, Dieudonné Larose cessait d’être un simple interprète pour devenir une véritable icône de la musique haïtienne, à la fois élégante, populaire et profondément respectée. 

Avec Mandela, chanson devenue un hit à une époque où Nelson Mandela était encore emprisonné, Dieudonné Larose inscrivit la musique populaire haïtienne dans une dimension historique et panafricaine. L’œuvre dépassa le simple divertissement pour devenir un acte de solidarité internationale, rappelant qu’Haïti demeure attentive aux combats pour la liberté et la justice à travers le monde. Ce message fort lui valut plusieurs distinctions et plaques d’honneur sur le continent africain. 

C’est dans cette continuité mémorielle que s’inscrit la vidéo de Mandela, publiée il y a dix-sept ans sur ma chaîne YouTube, où l’on voit Dieudonné Larose, aux côtés du groupe Top Vice, lors d’une prestation en Martinique. Plus qu’une simple archive, ce document témoigne de la portée caribéenne et universelle de son œuvre, ainsi que de la force intacte de l’artiste sur scène. 

Au-delà du chanteur, c’est une conscience culturelle que nous perdons. Sur scène comme dans ses textes, Dieudonné Larose captivait son public tout en dénonçant, avec courage et éloquence, les inégalités sociales. Il fut bien plus qu’un interprète : une voix de contestation, un messager, à l’instar de Bob Marley. 

Haïti et sa diaspora pleurent l’un de leurs fils les plus sensibles. Mais son départ n’est pas un silence. Ses chansons demeurent comme des repères et des archives vivantes, témoins d’un peuple qui continue de se raconter à travers la musique. 

À sa famille, à ses nombreux enfants et petits-enfants à travers le monde, à ses proches, à ses compagnons de scène et à tous ceux que sa voix a touchés, nous adressons nos plus sincères condoléances. Dieudonné Larose n’est plus parmi nous, mais il ne nous quitte pas. Par son art, il entre dans l’éternité. 

Hervé Gilbert