Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Thursday, November 11, 2021

Rêvons simplement en couleur - Un modèle africain dans nos rêves

C’est le seul temps où on n’a ni devoir ni obligation

Par Max Dorismond 

Quel ne fut mon étonnement de voir la liste des 46 compatriotes qui ont pris l’avion pour aller à la COP26, la conférence sur le climat à Glasgow en Écosse, où même une petite photo de l’île des Caïmites dans le Grand-Sud, à moitié submergée par les flots, ne sera exhibée pour sensibiliser les invités. Aucun lutrin ne fut offert à nos représentants pour prononcer un seul mot, pas même l’onomatopée HA, pour Haïti. Et pourtant, ils étaient 46. Quarante-six noirauds dans la pièce d’à côté! Mais quel vent les a poussés aussi loin de leur île? Gaspillage, quand tu nous habites! 

À voir la liste de ces 46 touristes en environnement qui ont débarqué de l’avion, les Glasvégiens étonnés ont dû se dire que cette gentille petite île est sans doute la plus propre au monde, un petit paradis, tant ses citoyens sont des passionnés du climat. Sa cohorte ne ratera pas une virgule de la COP26. Pauvre de nous! 

Pour un pays qui se cherche, pour un coin qui s’interroge sur son devenir, en ces temps très durs où le vide institutionnel se fait le plus sentir, où l’urgence en la demeure interpelle, le Premier ministre Ariel Henri a-t-il succombé à la pression de ses employés pour éviter d’être «jovenélisé» à son tour? Je le comprends, même pour un per diem1, certains n’hésiteraient point à utiliser des Colombiens pour l’envoyer en visite chez St-Pierre. Donc, pas de petits jeux à la roulette russe. Ce sont, ironise-t-il, des environnementalistes. On les emmène tous! « Venez, il y aura des per diem pour tout le monde » Et tournant la tête, il marmonna  entre ses dents : « Nou pa vinn chanje peyi ici pou pèsonn!». 

L’assassinat de feu le président trop exigeant est-il un handicap permanent pour Haïti? Oui et non! De prime abord, certaines ardeurs seront refroidies. C’est dans la nature des choses. Mais, à l’autre extrême, il existe des hommes déterminés que la pression répugne, que le danger attire naturellement : ce sont des révolutionnaires nés pour défier la mort, pour braver les interdits. 

Dans la même lignée, nous côtoyons aussi chez nous des gens allergiques à la corruption, de super compétents, de super intelligents qui pensent vraiment pays, mais qui rasent les murs et ne veulent se commettre pour l’instant. Laissons au temps le temps de s’en charger. 

En attendant, jouons au devin en rêvant un peu : imaginons que le hasard, qui arrange souvent très bien les choses, nous arrive avec un congénère qui s’est mué en brave pour tenter le diable. Des deux mains, je l’encouragerais à suivre les traces de ce président africain qui vient d’être terrassé le 22 mars écoulé, par une crise cardiaque, le Dr John Pombe Joseph Magufuli, qui dirigeait la Tanzanie. 

Nous savons habituellement comment se terminent les mandats de ces élus. Point n’est besoin de pérorer dessus, ce n’est pas du chinois pour nous. La France à elle seule en a refroidi 23. Ce qui n’a pas empêché pour autant Paul Kagamé d’humilier l’Hexagone et placer le Rwanda au rang des pays les plus évolués, après un sauvage génocide provoqué. Il en fut de même pour ce Magufuli reconnu par ses pairs comme le plus grand, le plus honnête des présidents africains en ce début du XXIè siècle. Il avait imposé le respect. «C’est un combattant de la corruption» selon les mots du dirigeant sud-africain Cyril Ramaphosa. C’est un phare. 

Ainsi, j’offre Magufuli comme modèle, au prochain élu sciemment choisi par « légitimité populaire », et non par les aiguillons des Américains, pour conduire notre nation hors des sentiers de la stupidité, de la gabegie, des tordages de bras, etc. Pour comprendre cette recommandation, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous pour écouter, réfléchir et espérer : https://youtu.be/isym_qrN968 

 Max Dorismond


NOTE

 1 – Per diem : Expression latine très utilisée dans l’administration haïtienne. « Elle désigne l’indemnité prévue pour rembourser les frais quotidiens assumés par une personne en déplacement dans l’exercice de ses fonctions ». (Banque de dépannage linguistique).

Sunday, October 3, 2021

Martine Moïse est-elle le nouveau joujou de la République ?

Martine Moïse

 

Par Max Dorismond 

Au bord de l’explosion, Haïti se cherche. L’image du corps en passoire du défunt président dérange. La Nation, soudée dans l’humiliation, le chagrin et la colère, crie justice, mais cette dernière est lente à chausser ses patins sans égard aux attentes du moment. L’impatience, étant mauvaise conseillère, elle déborde de la marmite des criminels, qui s’activent pour ajuster le couvercle afin d’éviter la commotion appréhendée. Il n’y a aucune chance à prendre. 

C’est un peuple à surprises quand il est traqué. Les Européens avaient goûté royalement à sa médecine, il y a de cela plus de deux cents ans. Ne jouant point au hasard du dé, les malandrins veulent toujours détenir un coup d’avance sur sa libido, sinon ils sont faits à l’os, à l’ère du totalitarisme numérique. Telle est la raison de l’utilisation du parapluie de la première dame ! 

Pour perpétuer le pillage du pays sous toutes les formes, les stratèges d’hier avaient extrait de leurs goussets le crédule Jovenel, surfant sur une image folâtre venue tout droit du ciel : terre, eau, soleil, une trilogie simpliste à faire valser les macaques et à abêtir la masse qui carbure à l’espoir. 

Martine Moïse à Jérémie le samedi 2 octobre

L’exaspération pousse aujourd’hui certains leaders d’opinion à exiger de l’action. Les clowns affamés et bien armés qui jouent aux apprentis «bandi légal» risquent de se prendre au sérieux. La patience est à bout. La misère criante s’avère le carburant d’un cocktail explosif. Les commanditaires sont inquiets. Le pays se dirige, droit devant, vers la catastrophe annoncée. Un nouveau Rwanda est à craindre. Que faire? 

Triste dans sa douleur, soignant ses blessures à l’âme, et perdue dans ses réflexions, Martine Moïse, la veuve éplorée, est appelée à la rescousse des maîtres du jeu, débordés sur leur gauche, tentant de calmer les ardeurs d’un peuple décidé à se faire justice lui-même. Pour cela, pianotant sur la diversion, ils préfèrent jouer avec le réel sur le terrain de la fiction pour temporiser, en attendant demain. 

On la déplace en jet privé, entourée d’une sécurité composée d’étrangers en uniforme pour éblouir la galerie. Martine, percluse de remords, joue malgré elle, avec un faux sourire, le théâtre à cinq sous, tous frais payés d’avance. En une journée, affaiblie et désinvolte, la pauvre débarque au Cap-Haïtien, pour se retrouver, en quelques heures, en safari sur les sentiers de la Grand-Anse, dans le sud du pays, suivie par une flotte de VUS, à l’image de la reine d’Angleterre en visite. 

Sa santé peut-elle résister à ce rythme infernal pour sécuriser les criminels inquiets qui ne savent à quels saints se vouer? Or, à la cadence à laquelle se déroule l’enquête, tout le monde s’attend à du «jus de tomate». Sauf que la rage de la rue les indispose et fait craindre le pire. Donc, la présence de l’épouse éplorée servira de baume pour endormir les désespérés. Faute de président, on leur présente la «veuve écarlate!» 

Sera-t-elle candidate, le jour venu? Mystère et boule de gomme! Nul ne sait quelle sera la réaction des éternels opposants, sans conviction, qui piaffent dans les couloirs en s’accrochant prestement aux poignées du coffre-fort national. En attendant, tel un drap léger et fragile, l’ombre de Martine recouvre timidement le ciel de l’île, pour éviter toute entrée de courant d’air malsain, porteur de virus explosifs. 

Propulser la veuve flétrie au-devant de la scène est-il un risque à prendre? Voyez-vous, la vengeance d’une femme blessée n’est pas à dédaigner. Bien des exemples dans l’histoire sont déjà édifiants. Mais quand on est assiégé, tous les coups sont tentants pour éviter de se retrouver « échec et mat ». 

Comme assurance tous risques, les commanditaires gardent à l’esprit l’image du dépeçage vécu par Martine, lors du découpage sans vergogne du corps de son mari, à titre d’effet persuasif, pour la tenir en laisse, en cas de rêve de représailles. Le message est sans équivoque pour attiédir certains penchants romantiques, sauf si elle est suicidaire. Malgré tout, nul ne peut jouer au maître des horloges du temps sans être béni des dieux! 

En attendant, elle joue le jeu. Le film vient juste de commencer! Pour répéter notre Maurice Sixto national : « Achetons-nous, une « carte pelouse » et une chaise basse pour regarder le match ». Il y a de quoi rêver, les yeux ouverts. 

Max Dorismond

La tournée de Martine à Jérémie

https://youtu.be/MiOo3TaQP9U