Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Tuesday, June 30, 2015

BARNAVE GILBERT:UN PILIER DE MON INTELLECT

Par Jacques Saint-Surin
Jacques Saint-Surin
“It takes a village to raise a child”, on le répète, aux Etats-Unis, depuis la publication du livre d’Hillary Clinton, portant ce titre. « Il prend un village pour élever un enfant ». Proverbe africain qui faisait la pratique dans les mœurs haïtiennes d’antan.

Cependant, ce temps est bien révolu, de nos jours. Je me souviens du temps de mon enfance où le voisin et même le mendiant de la rue avait droit de cité dans l’élévation d’un enfant de Jérémie. Toute dérive d’adolescent trouverait la réprobation immédiate d’un ainé, qu’il soit riche ou pauvre, paria, goujat ou mentor. Ce qui fut la norme acceptée et respectée, par tous, comme un contrat social.

En fait, il fut de coutume dans ma ville natale, au temps de mon enfance, de recevoir une raclée d’un voisin, pour une quelconque déviation de bonne conduite. Ce qui était rare. Mais acceptable, en cas d’erreurs graves, que souvent, les enfants coupables marchandaient pour le silence à leurs parents. L’indignation de ces derniers serait verte et sujette à une seconde fessée, en plus d’autres sévères punitions et privations de loisirs.

Barnave Gilbert (21 Février 1913 - 25 Novembre 2004)
Tout ce récit est pour faire mention d’un personnage jérémien qui fut l’un de mes mentors. Barnave Gilbert ! Il fut le père de Carl et Herve Gilbert, fondateurs de cette media électronique. Mes entremises, avec ce Directeur d’une institution scolaire de Jérémie, puis Inspecteur délégué au Département de l’Education Nationale, furent terrifiantes, un après-midi de vendredi de décembre. Je me souviens bien de notre échange, mais pas tellement de la contravention malencontreuse qui m’eut mis en face de cet homme stoïque et intolérant des mauvaises mœurs.

Maitre Barnave Gilbert m’avait pris, en flagrant délit d’une mauvaise dérive. Alors je pensais négocier mon forfait, par une astuce, contre son silence, il m’a fait réaliser la plus grande bêtise de mon enfance. J’ai vraiment indigné et insulté « Me Gilbert  », qui m’a tiré et pincé l’oreille.

- « Petit con ! » me criait-il, avec horreur, tout en poursuivant : « Tu oses m’offrir un pot de vin. Tu ne vas pas m’entrainer dans tes petites combines. Je ne me mêle jamais des magouilles. Je vais, de ce pas, avertir tes parents de ton insolence ».
C’était, pour mon esprit sacro-saint et ultra religieux, la fin du monde. Dans ma conscience, tournoyaient tous les reproches immondes de la terre.

- « Comment ai-je pu commettre une si odieuse stupidité », me renvoyait l’écho de la voix rageuse de mon bon ange gardien, résonnant dans ma tête, avec remords.
C’était la saison de Noel. Je fus très noté, depuis l’âge de 7 ans, pour la production de mes cartes de Noël, prisées par tous, à cause de leur originalité artistique et surtout à cause de mon âge. J’ai eu l’audace de proposer à cet homme intègre de la ville une « proposition de magouilleur ». Je ne pouvais pas croire de lui avoir proposé une douzaine de cartes de Noël « GRATIS ! », pour son silence.

Je l’ai bien regretté. Ses remontrances furent plus sévères qu’une bastonnade. Il est des mots, dans la Cité des Poètes, qui tuent mieux qu’un coup de poignard au cœur.
Ce jour-là, j’ai pu enrichir mon vocabulaire de ces terminologies étranges à ma connaissance d’adolescent : « combine, magouille » et de l’expression « pot de vin ». J’ai eu réellement honte lorsque j’en eus demandé la définition à ma mère. Il me fallait lui donner les circonstances auxquelles j’avais fait la connaissance de ces mots. Car ce serait, alors, une atrocité de péché mortel que de mentir à ma propre mère.

Tout est bien qui finit bien. Quelques jours après, je sortais de la messe de dimanche avec mon père et ma mère, et fis la rencontre nerveuse avec Me Barnave Gilbert. Mon cœur palpitait comme le rythme trépidant des tambours d’une savane africaine. Mon ventre hurlait d’une attaque soudaine de diarrhée.

- « Encore cet homme qui va me rendre la vie dure ! » me répétai-je, de mon for intérieur.

Cependant, il n’en fut rien qu’un simple et chaleureux coup de main de convivialités… Avec cette mention honorable :

- « Je suis fier de toi, mon fils », en hommage élogieux à une médaille d’honneur accroché à ma poitrine. Je venais juste d’en être décoré pour être le « premier de ma classe ».

Je fus gonflé d’orgueil, depuis lors.
Ah ! Ces grands piliers de mentors Jérémiens  qui m’ont façonné ! Et dont je suis si fier.
Chicago, le 28 juin 2015

Sunday, June 28, 2015

Obama appelle l'Amérique à la lucidité sur le racisme ou les armes

Barack Obama a appelé vendredi l'Amérique à la lucidité, sur le racisme comme sur les armes à feu, dans un discours au rythme enlevé qu'il a conclu en entonnant le chant chrétien "Amazing Grace", repris avec ferveur par des milliers de personnes.

Président Obama a invité ses concitoyens à ne pas éluder 
 les vérités qui dérangent et chante  "Amazing Grace" à la  
 fin de la cérémonie.                                              
Mettant en garde son pays contre la tentation de se laisser de nouveau "glisser dans un silence confortable" après la fusillade dans laquelle neuf noirs ont péri sous les balles d'un jeune partisan de la suprématie blanche, le président américain a invité ses concitoyens à ne pas éluder "les vérités qui dérangent".
Au coeur de la ville meurtrie de Charleston (Caroline du Sud), le "pasteur président", comme l'a surnommé l'un des intervenants, a rendu hommage au pasteur Clementa Pinckney, figure de la communauté locale, "un homme de Dieu, un homme qui croyait à des jours meilleurs".
Cette terrible tragédie "nous a permis de voir là où nous étions aveuglés", a lancé M. Obama évoquant à de très nombreuses reprises la grâce de Dieu.
Président Obama saluant la famille du Pasteur Clementa 
"Trop longtemps, nous avons ignoré le chaos que les armes à feu provoquent dans notre pays (...) Trop longtemps, nous avons ignoré la façon dont les injustices du passé continuent à façonner le présent", a lancé le premier président noir de l'histoire des Etats-Unis dans un discours aux accents de "preacher".
- "Douleur trop longtemps ignorée" -
Evoquant les poches de pauvreté dans certains quartiers noirs, les inégalités devant la justice ou encore les restrictions au droit de vote dans certains Etats, M. Obama a appelé à ne pas s'en tenir seulement à quelques "gestes symboliques".
Très attendu sur ce sujet, il a aussi évoqué "la douleur trop longtemps ignorée" provoqué par la drapeau confédéré chez tant de nos concitoyens.

Avec ses treize étoiles rouges, blanches et bleues, ce drapeau est le symbole de l'héritage du Sud pour ses partisans, et celui du racisme, de l'esclavage et de la théorie de la suprématie blanche pour ses détracteurs.
Le gouverneur de l'Alabama a  ordonné le retrait du drapeau
 confédéré controversé qui flottait devant le parlement de cet 
 Etat.                                                                                        
"Bien sûr, ce n'est pas un drapeau qui a provoqué ces meurtres", a reconnu M. Obama. "Mais nous devons admettre que ce drapeau a toujours représenté plus qu'une fierté ancestrale", a-t-il dit, soulignant qu'il était pour beaucoup "symbole d'une oppression systématique".
"Ce qui est vrai pour le Sud est vrai pour toute l'Amérique", a conclu le président américain, très longuement applaudi. Il devait rencontrer dans l'après-midi les familles des neuf victimes de Dylann Roof, jeune homme de 21 ans arrêté peu après la fusillade.
"Quelqu'un aurait du prévenir ce jeune homme: il voulait déclencher une guerre raciale, mais il a choisi le mauvais endroit le début de la cérémonie John Bryant, évêque de l'African Methodist Episcopal Church. !", avait lancé dès
-"Tué à l'église"-
De nombreux élus du Congrès, démocrates comme républicains, mais aussi l'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton, candidate à l'élection présidentielle de 2016, étaient présents lors de cette cérémonie à l'université de Charleston. Cette dernière est située à quelques dizaines de mètres de l'église Emanuel où, depuis le drame du 17 juin, des inconnus continuent à déposer fleurs, bougies et ballons.
"Cher papa, je sais que tu as été tué à l'église et que tu es parti au paradis. Je t'aime !", avait écrit Malana, la plus petite des deux filles du pasteur, dans le programme de la cérémonie.
Dès l'aube, de longues files d'attentes s'étaient rapidement formées.
"Je voulais absolument être là", expliquait, très émue, Rose Marie Manigault, 66 ans, arrivée sur place peu après 5H00. "Nous avons besoin d'être ensemble".
Vue générale de la salle de l'université de Charleston où le
président Obama a tenu son discours, le 26 Juin 2015.     
"Beaucoup de choses se sont déjà passées depuis cette tragédie", soulignait de son côté Mary Lee, 56 ans, "fière" que la gouverneure républicaine de Caroline du Sud, Nikki Haley, se soit prononcée pour le retrait du drapeau confédéré qui flotte devant le Parlement local. "Cela aura un impact sur les mentalités", jugeait-elle.
Dès jeudi, nombre d'anonymes avaient commencé à converger vers Charleston pour les premières obsèques, d'autres étant prévues tout au long du weekend.
Il y a deux ans et demi, après la tuerie de l'école primaire de Sandy Hook, dans laquelle 20 enfants avaient trouvé la mort, M. Obama avait déjà été amené à prononcer un discours dans un pays sous le choc d'une fusillade sanglante.
Egrenant, la voix brisée, les noms des 20 enfants tués dans leur école, il avait appelé l'Amérique à changer, pour que "ces tragédies prennent fin".
Quatre mois plus tard, le Sénat enterrait une réforme qu'il appelait de ses voeux pour renforcer les vérifications d'antécédents judiciaires et psychiatriques pour les achats d'armes à feu.
Le président américain semble désormais sans illusions sur la possibilité d'une avancée législative sur ce thème avant son départ de la Maison Blanche, en janvier 2017.

Source:  AFP


Vidéo du Président Obama pronconçant son eulogie aux funérailles de Clementa Pinckney



Sports: the women in tennis

LONDON (AFP) - 
Recent Wimbledon women's singles champions ahead of the 2015 tournament which starts at the All England Club on Monday:

2014: Petra Kvitova (CZE)







2013: Marion Bartoli (FRA)










2012: Serena Williams (USA)






2011: Petra Kvitova (CZE)








2010: Serena Williams (USA)










2009: Serena Williams (USA)
2008: Venus Williams (USA)
2007: Venus Williams (USA)
2006: Amelie Mauresmo (FRA)










2005: Venus Williams (USA)
? 2015 AFP

Sunday, June 21, 2015

Déclaration du maire de New York sur les Haïtiens et Dominicains d'origine haïtienne en République dominicaine.

Bill De Blasio
Maire de New York
Suite à la décision du gouvernement  dominicain d’expulser ipso facto  sans autre forme de procès  des centaines de milliers dominicains d’origine  haitienne dans le cadre du jugement controversé 168-13  rendu par la cour dominicaine  au cours de l’année dernière, le maire de New York   Bill De Blasio a réagi fortement ce mercredi 17 Juin  contre ces expulsions et a publié les déclarations suivantes  en anglais et en espagnol sur le site de la mairie de New York dont nous vous donnons lecture de  notre traduction en francais en bas.


"Je suis extrêmement préoccupé par l’éventuelle  expulsion forcée  ce soir de centaines de milliers de personnes en République dominicaine, dont de nombreux enfants. Je lance un pressant  appel au  gouvernement dominicain à respecter les droits fondamentaux garantis à toutes les personnes, y compris les Dominicains d'origine haïtienne, en vertu du droit international. Je demande  aussi au gouvernement dominicain d'éviter les erreurs inévitables, les dangers d’une telle humiliation et l'enlèvement par la  force des personnes de leurs maisons. Parmi les personnes les plus touchées par cette action seront celles d'origine haïtienne nées en République dominicaine qui sont injustement dépouillées de leur nationalité et  de leur statut juridique, simplement à cause de leur origine. La Déclaration universelle des droits de l'homme stipule que la nationalité est un droit fondamental de tous les individus. En tant que maire d'une ville fière de la présence d'immigrants parmi nous, un refuge de la grande diaspora dominicaine et haïtienne, nous restons soudés par les droits humains universels , et  espérons voir une résolution compatissante et humaine à cette situation alarmante ".

Traduction : Hervé Gilbert

Bonne Fête des Pères (Par Fernande Gilbert)

Pour la célébration de la fête des Mères en mai dernier, Fernande Gilbert était présente, avec son charmant et poétique verbe pour rendre hommage à ces vaillantes femmes qui du matin au soir piochent la vie pour venir aux besoins de leurs enfants. Pour la fête des Pères, Fernande est encore en plein dans cette célébration pour dire avec des mots bien choisis ce que nous voudrions dire à nos pères qui,  autant que nos mères, mènent la bataille quotidienne en vue de changer pour le meilleur nos vies d'enfants.

A mon père!  

Tout  comme le lion est le roi des savanes
Toi aussi Papa, tu es le souverain de notre cabane.
Je  ne subsisterais pas sans ton amour de père,
Toi l’homme qui as jeté son dévolu sur ma mère,
 Je dois te célébrer papa, toi à qui je ressemble.
Quelle dualité divine des gènes qui s’assemblent!

Mes yeux et paupières reflètent les tiens,
Mon nez et mes lèvres justifient nos liens.
Ta force de caractère me fascine intensément,
Et ton amour paternel me magnétise fortement.
Je t’honore papa, toi qui as esquissé ma beauté.
Oui, toi, l’auteur de cette naturelle affinité.

Dès ma naissance, j’ai grandi sous ta protection;
Tes yeux n’échappaient pas à mes innocentes actions.
Tes mains tendues toujours prêtes à me retenir.
Près de toi, point de soucis; oh éternel souvenir!
Pourquoi ne pas te fêter, toi qui faisais sauter mon  coeur.
Quand ta voix d’homme me recommandait à l’honneur!
 
Toi l'ouvrier travaillant sans répit à la hâche.
Tu  restes aussi le donneur du pain sans relâche.
Ta  présence me fait croire que je vis sous le toit d’un roi.
Oh! Quel bonheur de vivre avec toi sans effroi.
Pourquoi ne pas te fêter, toi, qui prêches l’amour et la  gloire.
Ton dogmatisme m’imprègne en face de la victoire.

D’un ton rassurant, tu atténues toujours mes fantasmes d’enfants
Encore une raison qui m’inspire à t’apprécier éternellement!
Tes interdits m’ont appris à développer mon identité.
Mais tu t’enchantes gaiement quand je comprends la réalité.
Oh! toi révant de me voir gravir  le plus haut sommet
Vouer à un avenir prometteur fut toujours ton seul souhait!

Eternel ami trouvant la solution à mes difficultés.
Tu es ma sommité ! et je te respecte pour ta loyauté.
Si  maman représente ma source nouricière,
Toi  papa, tu m’as appris à connaitre mes frontières.
J’ai intégré le monde adulte grâce à ton sacré amour.
Puisse ta santé rester impeccable dans tes vieux jours!
Que Dieu dans sa misèricorde te bénisse toujours!


 Fernande Gilbert fernande.gilbert@gmail.com
19  Juin 2015
All Rights Reserved ©

Saturday, June 20, 2015

Humour: Par Castro Desroches - Les Je et les Enjeux du Candidat Malheureux

Par : Castro Desroches*  
Il y a ceux qui se regardent dans la glace et ne voient rien derrière la pipe. Rien…sinon qu’une épaisse bouffée de fumée rose qui flotte entre l’Être et le Néant. Tout Haïtien lettré, qui se respecte assez, devrait avoir dans son curriculum vitae, au moins deux titres de noblesse : poète et candidat…malheureux. Ne serait-ce que par prétention littéraire…mal placée. Autrement, il risque d’avoir le cœur gros. De développer un sérieux complexe…d’infériorité et de passer à la postérité pour un couillon ou un rastaquouère. Je parle ici en connaissance de cause...
     En toute bonne foi, il convient de signaler que le titre de Président d’Haïti est devenu encore plus attirant depuis l’avènement du flamboyant…Sweet Mimi, connu également sous le sobriquet de…Michel Martelly. Après son passage à la première Magistrature de l’Etat, il sera difficile de faire mieux dans le domaine de la politique spectacle. Que dis-je, pire ! Je m’y perds. Enfin, vous comprenez…
     « A la tête de l’État, je ne veux effrayer personne… Durant mon mandat, le sérieux et la crédibilité seront à l’honneur. » Vaste éclat de rire ! Savourons en slow motion ces mots si délicieux. Encore Sweet Mimi ? Non, il s’agit cette fois de l’intello F...Brutus qui est tombé sur la tête sur les marches de…l’Investiture. Il vient d’abandonner…volontairement une sinécure à la Primature pour se lancer allègrement dans la course électorale. Chances de succès….0.19% des voix. Je ne sais pas ce que je donnerais pour…acqué/rir une portion de cette potion magique qui rend Brutus si…euphorique.  
     « C’est de l’individualisme. Chaque candidat se voit président. Ils ont exposé la présidence à la banalisation. » Il s’agit cette fois de Dieuseul Desras Simon, ancien président de la Chambre, protestant avec véhémence contre la multiplication des candidatures.  Individualisme ? M. Dieuseul est bien placé pour en parler. Il est lui-même candidat…malheureux aux prochaines élections présidentielles.   
     Comme un aimant géant, les élections attirent toutes sortes…d’éléments.  Des gens qui comme Desras croient dur comme fer dans leur…raz de marée électoral. Parmi ces honorables citoyens, on compte : des criminels en cavale, un tenancier de borlette, des…intellectioules en mal de paraître, un ancien militaire qui pue encore le…kaki et qui se décide enfin à prendre un bain de foule, des pasteurs impénitents, et j’en passe.
Il y a ceux qui vont aux élections comme à un rendez-vous galant avec un être cher qu’on n’a pas vu depuis cinq ans. Il y a ceux qui participent parce qu’ils prennent l’humour très…au sérieux. Il y a ceux qui vont aux élections pour blanchir des billets verts. Il y a ceux qui essaient de tuer le temps en attendant la récolte des…bananes roses. Il y a ceux qui participent aux élections présidentielles pour faire acte de présence. Il y a les lunatiques, les illuminés qui croient candidement en leur…étoile. Il y a ceux qui se soupçonnent d’être populaires…en chatte peinte. Il y a ceux qui sont les seuls à se savoir…présidentiables. Il y a ceux qui participent pour confirmer une fois pour toutes l’étendue de leur impopularité. Il y a ceux qui participent pour faire un peu d’exercice…mental. Il y a ceux qui se…foutent carrément de la tête des gens. A commencer par leur propre tête. Il y a ceux qui s’enfouissent la tête dans le sable pour éviter de regarder la réalité dans…le Blanc des yeux. Il y a les corps…gaillards qui cherchent une maladie. Il y a ceux qui veulent trouver un remède définitif  au razeurisme chronique. Ceux qui veulent se faire une nouvelle santé financière. Ceux qui cherchent une…saine distraction dans la raison du plus fou. Il y a ceux qui veulent distribuer la sainte cène à l’intérieur du…palais. Il y a ceux qui veulent pisser dans la Seine en compagnie de François Hollande. Il y a ceux qui nagent à reculons. Ceux qui font la planche à billets. Ceux qui nagent à…contre-courant. Il y a ceux qui participent aux élections pour apporter de l’eau au moulin des…humoristes. Il y a ceux qui se jettent dans la compétition comme une bouteille à la mer. Ceux qui veulent être les dauphins de Sweet Mimi. Ceux qui veulent changer Petra Nemcova en…Petra Caribe. Il y a ceux qui sont en…bandition. Ceux qui se caressent dans le sens du poil. Il y a ceux qui…dégoûtent. Il y a ceux qui refusent de…tomber aux oubliettes. Il y a ceux qui veulent donner une apparence de…normalité à leur statut de criminels endurcis. Il y a ceux qui participent une fois et qui retournent gentiment dans l’anonymat qu’ils n’auraient jamais dû laisser. Il y a ceux qui participent parce qu’ils ne peuvent pas ne pas y être. Il y a ceux qui…sans qui, les élections n’auraient pas d’essence ni de saveur. Il y a ceux qui se prennent pour de vrais…Sauveurs. Il y a ceux qui aiment radoter …sérieusement. Il y a ceux qui vont aux élections parce…que c’est plus fort…qu’eux. Il y a ceux qui croient au…troisième tour. Il y a ceux qui,  comme Charles Henri Baker et le pasteur Chavannes Jeune, persistent dans l’obtention des scores calamiteux. Il y a ceux qui…sans qui, l’humour resterait figé, à l’article de la mort.
     Candidat en pyjama, je viens de recevoir par…la poste la longue liste de mes compétiteurs dans la course électorale. Est-ce qu’il me manque une feuille ? Non, la liste est là, au grand complet. Ils étaient 70 et sont passés à 58. 58 candidats prêts comme Moi à prendre possession du corps…électoral. Poser sa candidature, c’est faire le premier pas. C’est manifester sa fringale  d’amour pour un corps électoral parfois…frigide. Un corps qui se fout des yeux doux et qui réclame carrément son liquide en…argent. Certains candidats en arrivent même à dépenser toute une fortune pour recevoir en échange …l’aumône d’une promesse.
     58 candidats ? Il n’est pas donné à n’importe quel pays du monde d’avoir autant de gens compétents. Il n’est pas donné à n’importe quel pays d’avoir autant de citoyens aussi soucieux du bien-être…collectif. 58 compatriotes qui ne demandent pas mieux que d’être appelés…Excellence et de nous amener, malgré nous, vers les lendemains qui…chantent.  
     Évidemment, il y a eu le hic des éjections…précoces pour cause de décharge. Les pleurs, le nez qui coule, le mauvais sang, les grincements de dents, les rêves brisés en mille et miettes morceaux, les menaces de…mot à peine voilées, les chantages sur le…maître chanteur, les appels à la Communauté Internationale pour venir mettre l’Ordre dans le désordre.
     Au grand dam des partisans de…Sissi Impératrice, le président Sweet Mimi a affirmé avoir été indifférent à la candidature de sa propre femme. Fidèle à sa réputation de garçon…volage, il a jeté son dévolu sur un jeune entre/preneur qui répond au…doux nom de Jovenel Moïse. Un planteur de bananes originaire de…Trou du Nord. C’est avec des mots très peu ambigus  qu’un jeune journaliste du Nouvelliste a présenté ce nouveau venu de…l’arène politique : « La relation d’amour qui lie Jovenel Moise avec la banane est unique…Pareille symbiose entre le règne animal et le règne végétal constitue presqu’un défi pour la nature. »  Qui dit mieux ? Rien à ajouter. Sinon que…pour Sweet Mimi, la récolte sera belle.
     Pourtant le Pénitencier National est là qui attend avec impatience ses prochains locataires…  

 Par Castro Desroches  castrodesroches@haitalternative.org
Castro Desroches

Tuesday, June 9, 2015

La naissance d'un génie et d'un immense espoir pour l'humanité

Jack Andraka
Il s’appelle Jack Andraka  et on le dit descendant d’esclaves ottomans.  Ce jeune de 16 ans a inventé un détecteur de cancer en 5 minutes dès les premier stades de la maladie. Andraka a perdu un être cher à 13 ans, à cause d’un cancer du pancréas.  Il s’est consacré à la recherche et a découvert un senseur qui coûte 3¢.  Les laboratoires ont refusé de l’appuyer car ça ruinerait l’industrie pharmaceutique millionnaire dans le domaine du cancer.  Une seule université avalisera sa découverte.

Ce jeune homme donne de l’espoir à une multitude. Mais pour les laboratoires, cela signifie la fin des profits. À 16 ans seulement, cet étudiant américain de niveau secondaire a inventé un détecteur de cancer en seulement 5 minutes.

Sa découverte  pourrait changer la vie de millions de personne mais c’est aussi une menace pour l’industrie pharmaceutique qui accumule des millions de profits en rapport avec cette grave maladie.

À la mort de son proche, on a dit à Jack que le cancer du pancréas ne pouvait être détecté que lorsqu’il est trop tard pour le traiter, ce qui l’a motivé à faire des recherches à partir de sites Internet courants.

Un test prometteur pour le cancer du pancreas…
Et 3 ans plus tard, il a découvert une façon «rapide, simple et efficace» de détecter cette maladie mortelle qui, grâce à son invention, pourrait être neutralisée.  À partir d’information compilée de Google et de Wikipédia, Jack a étudié les 8 000 protéines présentes dans le sang jusqu’à ce qu’il réalise que l’une d’elles, la mésothéline, se développe très tôt chez les personnes qui souffrent d’un cancer du pancréas.

«Après ma découverte d’une des milliers de protéines (mésothéline) dans le sang des cancéreux, j’ai utilisé des anticorps et les ai entretissé dans un réseau de nanotubes de carbone afin d’obtenir un indicateur qui réagit uniquement à la dite protéine» a-t-il expliqué en se présentant devant le Festival des Grands Esprits.
Son invention est un senseur de papier qui coûte 3¢, capable de détecter en 5 minutes 3 types de cancer : ceux du pancréas, de l’ovaire et du poumon.
Mais le plus surprenant de tout, c’est qu’il coûte 26 000 fois moins et qu’il est 168 fois plus rapide.  De plus, cette méthode est 400 fois plus sensible que les méthodes actuelles en plus de ne pas être invasif.

Mais son plus grand avantage encore, c’est qu’«on peut détecter le cancer dès le début, alors que la personne a presque 100% de chances de survivre, et jusqu’à présent, les résultats sont justes dans 90% des cas de cancer» a-t-il affirmé.  «Et ce sera de même pour les cancers des ovaires et des poumons» a-t-il ajouté.  Et, dépendant de l’anticorps, cette même invention pourrait utiliser une protéine différente pour détecter l’Alzheimer, d’autres formes de cancer et même le VIH.

Sans surprise, il lui a été très difficile de trouver un laboratoire qui accepterait de poursuivre ses recherches.  Il a en a approché 200 et tous ont refusé sauf un, l’Université Johns Hopkins, qui a décidé de l’aider à le développer.

Comment le test de Jack Andrak travaille

Cette découverte pourrait ruiner l’industrie millionnaire du cancer.  Son invention est maintenant au stade de l’obtention du brevet, ce qui pourrait prendre plusieurs années, mais le jour où elle sera approuvée, ça marquera toute une révolution de la science médicale.

En outre, durant la conférence, le jeune homme a insisté sur le point que la science ne devrait pas être un luxe, mais un droit humain fondamental, «le droit d’accès à l’information doit être à la portée de tous, non seulement à ceux qui ont les moyens de payer», a-t-il affirmé.

Sa découverte s’est mérité le prix Gordon E. Moore de du Salon international de la Science et de l’Ingénierie de Intel et le prix Smithsonian du Génie américain;  il est le plus jeune orateur de la Société royale de Médecine des États-Unis.  Cette reconnaissance est sans aucun doute tout-à-fait méritée.

Friday, June 5, 2015

Charles Aznavour. A 91 ans, il sort son 51e album

Aznavour. « Ça m’amuse follement d’être le plus vieux ! »
Recueilli par : Michel Troadec

Charles Aznavour aura 91 ans dans quinze jours et il donne toujours des concerts à travers le monde pour présenter un 51e album placé sous le signe de la nostalgie.

Charles Aznavour
Un disque entraînant, vivant, comme lui, toujours vert, prompt à répondre même s'il est parfois dur d'oreille… Il est monté pour la première fois sur scène à 9 ans, ce qui lui permet d'afficher quatre-vingt-deux ans, ce qui lui permet d'afficher quatre-vingt-deux ans de carrière ! Raison de plus pour l'écouter…
Vous vous rendez compte que c'est votre 51e album ?

Et il se trouve que je l'aime cet album. Je vous assure que je ne dis pas ça à chaque fois ! C'est une question de chansons. Quand elles sont trop loin les unes des autres, quand les thématiques sont trop éloignées, ça m'embête un peu. Ce qui n'est pas le cas ici.
C'est une question d'inspiration ?

Je suis bien obligé d'accepter le mot inspiration, qui n'est pas un mot vrai pour moi, car je suis un méthodique. Je me mets devant une table de travail, avec une feuille blanche, et je me dis : « Maintenant, tu vas écrire une chanson ». Je peux rester longtemps ainsi, ça ne me fatigue pas du tout. Jusqu'au moment où, parmi les idées qui me passent à travers la tête, l'une se dégage. Je l'écris. Et là, commence un travail entre le puzzle et les mots croisés. Tant que ce n'est pas fini, je ne mange pas, je ne bois pas.

Chez vous, la musique vient après ?

Toujours. Je n'ai écrit que deux chansons sur de la musique. La première fois, c'était sur du Purcell (il la fredonne). La deuxième, c'était La plus belle pour aller danser (pour Sylvie Vartan). J'avais trouvé le titre. Il me plaisait. C'est ce titre qui a amené le texte. Il se trouve qu'il tombait bien sur la musique.

Écrire de nouvelles chansons vous paraît indispensable ?

Bien sûr. D'abord, parce que je ne me vois pas sur scène en interprétant juste de vieilles chansons. Je veux bien être un chanteur âgé mais je ne veux pas être un auteur vidé. Les nouvelles chansons fortifient les anciennes. Si je dois arrêter quelque chose, ce ne sera pas l'écriture mais la scène.

Qu'est ce qui est important dans une chanson ?

L'entrée et la sortie. Parce que c'est là qu'est l'inspiration, l'imagination. Au centre, on peut se contenter de faire un bon travail. C'est important de le dire. Pour que les jeunes générations puissent voir si ça leur convient aussi.

Vous avez dit qu'en France, c'est le texte qui compte avant tout ?

Dans une émission de la BBC, on m'a demandé quelle était la différence entre la chanson chez eux et chez nous. J'ai répondu que ce n'était pas difficile : eux, c'est la musique, nous, c'est le texte. Même si nous savons aussi composer de jolies mélodies, nous n'avons pas inventé la rumba, ni le jazz… Et eux ne nous ont pas encore prouvé qu'ils avaient des auteurs importants. Tout le monde ne peut pas écrire Avec le temps !

Vous avez un faible pour Johnny Hallyday…

On se voit avec Johnny. Dans mon prochain album, j'aimerais chanter un duo avec lui, que j'ai déjà écrit. Un texte très dur. Je voudrais qu'on soit deux à le dire. Si ça lui plaît, il me discutera peut-être la musique, mais pas le sujet.

Quel est votre quotidien ?

Simple comme bonjour. Je me lève tôt. J'écris ou je joue du piano. Pendant des heures. Même si ça ne produit pas. C'est une hygiène de vie. Ensuite, on déjeune en famille. On adore ça. Dans l'après-midi, il m'arrive de regarder un film ou deux. Le soir, je me mets au lit de bonne heure. Je lis. Et je travaille aussi quelque chose pendant une bonne demi-heure, par exemple une langue étrangère. Je n'ai pas de mémoire. Si je n'avais pas fait ça, je n'en aurais plus du tout.

Vous ponctuez ce quotidien de concerts un peu partout dans le monde ?

Oui, récemment Saint-Pétersbourg, Moscou. Bientôt à Madrid, puis Amsterdam en Hollande et la Russie à nouveau.

Vous aimez cette vie ?

Je suis un gitan moi, un titi parisien du voyage.

La solitude vous fait peur ?

Non, je l'aime. Quand je suis face à moi-même, je me connais mieux, je me porte mieux, je me comporte mieux. J'ai construit Aznavour en connaissant mes lacunes, mes difficultés.

J'imagine que ça vous paraît extraordinaire de donner encore des concerts à plus de 90 ans ?

Ça m'amuse follement d'être le plus vieux. J'ai été longtemps le plus jeune de la Sacem. Disons plutôt que je ne serais pas le plus vieux. Je serais le plus âgé…

Vous pouvez être fier de votre vie ?

Non, je ne suis pas fier de moi. Je suis content de moi et de ce que j'ai fait. La fierté, c'est par exemple si on est beau. C'est moins important.

Qu'aimeriez-vous qu'il reste de vous ?

Il ne restera rien. Je ne crois pas à la postérité. Les gens de cette génération me connaîtront. Mais après…

Repères

1924 : Naissance à Paris, de parents arméniens
1946 : Il est remarqué par Édith Piaf
1960 : Il chante « Je m'voyais déjà », refusée par Montand
1961 : Il écrit "Retiens la nuit" pour Johnny
1963 : Il chante à New York
1989 : Sa chanson "Pour toi Arménie" est un succès
1996 : Il pousse la carrière de la chanteuse Lynda Lemay
1997 : César d'honneur pour sa carrière au cinéma
2009 : Nommé ambassadeur d'Arménie en Suisse
2015 : 51e album "Encores" (Universal)