Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Tuesday, February 23, 2021

Haiti: la fabrique des "shitholes"

Happée par la spirale de l’indigence, Haïti vient d’accélérer sa chute dans le gouffre de cette indicible médiocrité politique qui s’est déconfinée depuis le tremblement de terre 2010. 35 ans après l’éclaircie du 7 février 1986, c’est un sombre crépuscule qui a ressurgi à l’horizon.

Jeudi 18 février 2021 

Par Erno Renoncourt
Putride, enfumée, la nuit se couche sur Haïti sans que le soleil de la justice ait pu briller. On dirait que le tremblement de terre de janvier 2010 a fait remonter des entrailles de la terre toutes les ordures qui y étaient enfouies. Dans un lieu ayant connu quelque 5 siècles de barbarie en servant comme territoire d’expérimentation des atrocités des puissances occidentales, il ne peut émaner de ces ordures que des effluves répugnants et écœurants. C’est donc logique que les vautours prennent possession de ce lieu déshumanisé. Là où passe l’occident, il ne reste que tribulations et désolation.

Et comme il devait en advenir, le 7 février 2021, d’un tour de main, dictatorialement orienté et diplomatiquement soutenu, l’indigence, prédite depuis longtemps, a foudroyé Haïti. Un seul homme, à lui tout seul, concentre désormais entre ses mains tous les pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire et criminel. En conséquence, les transplants artificiels de la démocratie, dont on nous a vanté les vertus par des projets de restauration de l’État de droit, financés à coup de milliards de dollars, volent en mille fragments pulvérisés. Du seul fait de sa totale servilité aux réseaux financiers mafieux nationaux et internationaux, le « nègre banane », de son nom de code, est investi, de manière absolue, des pleins pouvoirs pour assurer la refondation des institutions totalitaires. Les greffons démocratiques n’ont pas fait long feu.

Ainsi l’ont décidé les diplomates occidentaux, ces éternels fossoyeurs de la dignité des peuples qui ne pensent pas qu’un peuple noir, pauvre et descendant d’esclaves africains puisse être véritablement titulaire de droits humains et disposer d’institutions démocratiques de qualité. Conséquemment, plus besoin de faux semblants, de système judiciaire indépendant, d’organes administratifs transparents, d’institutions de bonne gouvernance. Fini le temps des transplants institutionnels. C’est le temps déconfiné des passe-droits ! Sentant son heure venue, la dictature laisse tomber ses masques. Victoire pour l’indigence !

Et enfin prend forme le rêve du PHTK de garder le pouvoir pour les 50 prochaines années. Plus de doute, la destination finale est enfin connue : retour à la case dictatoriale ! Une percutante reculade dont l’onde de choc violente foudroie comme une hécatombe la communauté ‘‘droit de l’hommiste’’ et les réseaux culturels haïtiens. Une communauté de pleureuses qui, à force de vivre aux dépends de la communauté internationale, n’a plus aucune marge d’autonomie et de dignité pour organiser une riposte intelligente contre cette indigence déconfinée. De fait, la victoire de l’indigence en Haïti n’est que le résultat des failles culturelles et des médiocrités collectives qui ont érodé les fondations de la démocratie. Si la dictature a ressurgi, c’est parce qu’elle a su se frayer un chemin dans le vide laissé par ces failles qui relient les deux piliers de l’édifice national. Au sommet, il y a l’insignifiance et l’indignité des groupes dominants ; et à la base, il y a l’impuissance et la débrouillardise adaptative des masses.

De l’indignité à l’impuissance

En effet, désarmés et pris au piège de leur insignifiance et de leur indignité, les réseaux haïtiens de la culture et de l’intelligence disent leur incompréhension. C’est avec incrédulité que le brillant écrivain Lyonel Trouillot demande : « Comment la représentante du secrétaire général des Nations unies a-t-elle pu avaliser la folie dictatoriale de Jovenel Moïse ? Comment les ambassades et les institutions internationales ont-elles pu accorder leur soutien à cette folie meurtrière[1] ? ».

Violemment secouées par l’onde de choc de la résurgence de la dictature, les élites culturelles haïtiennes, en particulier celles qui se veulent théoriquement progressistes et virtuellement de gauche, se réveillent de leur tranquille inertie. Comme d’étonnants voyageurs, ayant perdus le nord démocratique, ces élites se découvrent orientées dans le sens de l’effondrement. Apeurées, elles lancent des SOS qui résonnent comme des cris d’agonie et des chants de détresse vers un monde[2], pourtant, sinon, méprisant, du moins, indifférent envers la cause haïtienne.

Et comme toujours, c’est la base qui encaisse le plus violemment le choc. Impuissante face à un destin continûment défaillant, toute une population, majoritairement noire et pauvre, se retrouve désespérée, désengagée et spectatrice de son effondrement. Pour cause, on ne lui a pas appris à exiger mieux. On a même encouragé sa débrouillardise adaptative comme une résilience alors qu’elle tue son intelligence collective. Et au final, aveuglée par l’enfumage de ceux qui sont au-dessus d’elle dans la hiérarchie sociale, empêtrée dans une chute vertigineuse, la population haïtienne bascule insouciante vers sa déshumanisation. Puisque l’obscurité aveuglante empêche ceux qui tiennent les projecteurs de repérer les nœuds des fils qui forment le boulet plombant l’évolution de la population, une grande partie de celle-ci se résigne à danser sur le thème de son agonie plutôt que de comprendre ce qu’il lui arrive. Mpa konn kilè la fin du mond, kitem pran plezi mwen[3].
De la culture en folie à la folie dictatoriale
Comment pourrait-il en être autrement ? On a tant vanté la patience du peuple haïtien qu’on a inventé pour lui la résilience comme intelligence adaptative. Ainsi, la talentueuse écrivaine Yanick Lahens pense que l’adaptation du peuple haïtien à ses malheurs est due à son « infinie patience[4] ». Énoncé avec un tel lyrisme, difficile de ne pas voir dans ce postulat une vertu à magnifier. Une célébration d’autant plus irresponsable et dangereuse qu’elle se greffe sur une immense faille culturelle profondément ancrée dans la mémoire collective et portée comme un hymne à la survie, même au péril de la dignité : Pito nou lèd nou la[5]. Et c’est cette indolente tranquillité dans la laideur que les stratèges de la défaillance ont transformé en porte dérobée pour entretenir l’errance du collectif haïtien. C’est donc, sous le poids de sa propre errance et de son auto-aveuglément qu’Haïti maintient sa trajectoire de défaillance.

D’une pierre, les malins ont fait deux coups : Enfumer la conscience des élites locales par les subventions, les gratifications et la corruption et pervertir le leadership national. En livrant le pays à une économie criminalisée, en amadouant les élites culturelles avec des prix littéraires, en transformant les élites socioprofessionnelles en portefaix des agences internationales et laquais des ONG, les stratèges du chaos ont réduit les capacités cognitives du peuple haïtien en augmentant son inertie. Il en résulte cette impuissance qui a permis à la médiocrité politique de triompher.

N’est-ce pas l’inertie qui explique la chute des corps ? N’est-ce pas la lenteur (lourdeur) de la pensée qui empêche à l’esprit d’être suffisamment vif et tranchant pour déjouer les pièges de la gravité ? N’est-ce pas la tranquillité de la conscience qui fossilise les supports mémoriels (capacité de s’indigner) de l’intelligence collective et empêche à un peuple de libérer la charge « enthalpique » (énergie interne) de sa dignité ?
Pour alerter sur ces faiblesses culturelles, certains ont tenté depuis des années de mettre l’errance haïtienne en équation. Des centaines de réflexions et d’analyses ont été produites et partagées pour faire ressortir les variables qu’il fallait surveiller et sur lesquelles il fallait agir pour inverser la trajectoire de la défaillance. Mais, on a préféré étouffer les mots de cette insolence qui rappelaient la pesanteur des maux de l’indigence. Ici, les gens de culture sont des gens de voyage. Ils n’ont de disponibilité que pour voguer dans les contrées peuplées d’errances et de légendes d’ailleurs pour mieux dire « les contes de la folie ordinaire ». Ils ne vivent que d’évasion, d’abstraction, d’aliénation et de subventions. Leur monde ne connait pas les revendications pour la justice, les coups de gueule contre les médiatisations irresponsables des projets douteux d’innovation technologique, les colères contre les arnaques des projets foireux en éducation.

Quand les colères de la rue montent en contre bas pour dénoncer les tourments d’un quotidien miséreux, il y a toujours la chorale, constituée des intellectuels faussaires, des éditorialistes subventionnés, des voix centenaires, des génies littéraires, qui répond en contre haut, dans les salons culturels, avec leurs mots heureux, mais combien creux : PAP Jazz, Festival des fleurs, Carnaval, TechSummit, Livres en folie, Rara en folie, Tafia en folie, Rabòday en folie.

Ici, les gens cultivés n’ont pas de déboires. Ce sont des gens de bien, heureux ils vivent toutes les saisons en transit. Entre ambivalence et jouissance, ils n’ont pas le temps pour les engagements sociétaux, politiques et éthiques. Ils sont trop couverts de subventions étrangères pour s’intéresser pleinement aux institutions haïtiennes. Massifs et ‘‘pansifs’’ par le soutien de leurs réseaux d’accointances, ils ne peuvent plus penser dans la dignité ni même militer pour une effective efficacité. D’ailleurs chacun trouvant son intérêt dans ce système inégalitaire, il n’y a pas lieu de le remettre en question. Et tant qu’à faire, mieux vaut disséminer l’aliénation pour mieux augmenter l’impuissance. Une aliénation qui a pleinement transpiré dans les aberrations des diners en blanc où le beau monde d’Haiti sortait ses habits blancs de laine ou de soie pour se restaurer en plein air, au coude à coude avec les ordures.

N’en déplaise à monsieur Trouillot, il est temps de faire le bilan de ce que ces activités culturelles ont apporté à l’apprentissage démocratique haïtien. En quoi ont-elles rendu plus exigeant le peuple haïtien dans la défense de ses droits et de sa dignité ?  En quoi la culture, si expressivement épanouie, pendant ces 34 dernières années, a-t-elle renforcé les institutions démocratiques haïtiennes ?  Avons-nous appris à travailler avec plus de rigueur et de méthode ? Avons-nous fait une plus grande place pour la vérité, le courage et l’intégrité ? Avons-nous veillé sur les intérêts nationaux en sachant résister aux financements internationaux qui ont permis à certains de réussir si bien leur progression sociale ?

N’est-il pas malencontreux de ne pas pouvoir trouver, pendant cette même période, où toute la culture a été en folie, une seule faculté de droit, un seul organisme de droits humains, une seule association socioprofessionnelle, une seule association culturelle, un seul parti politique qui s’est mis debout pour exiger un audit indépendant sur les projets d’assistance internationale ? notamment ceux du renforcement de l’État de droit qui ont si bien fait errer la stratégie nationale de gouvernance. Pourtant des citoyens compétents et intègres ont cherché à mobiliser une partie de la société sur les dysfonctionnements judiciaires haitiens. Hélas, leurs alertes ont été ignorées, puisque leur démarche n’a pas été subventionnée et dictée par le blanc.

Qu’il est douloureux de voir monsieur Trouillot s’embourber dans une lecture romanesque de la démocratie haïtienne en demandant comment les étrangers ont-ils pu avaliser une telle folie dictatoriale ? Une question d’une puérilité déconcertante. Puisqu’en 2015 déjà, un article paru sous le titre Haïti a besoin de nouvelles élites laissait voir l’issue fatale que monsieur Trouillot dénonce aujourd’hui. L’auteur de l’article écrivait « qu’en imposant à Haïti Michel J. Martelly en 2010, les tuteurs et les élites économiques d’Haïti ont envoyé un message facilement décodable à Haïti : si les conditions économiques le permettent et le rendent nécessaires, ils seront prêts à rétablir l‘esclavage pour maintenir […] leurs intérêts[6] ». 

Hélas, cette alerte n’avait pas été prise au sérieux. Pour cause, en Haïti c’est la parole du blanc ou celle qu’elle subventionne, pour ses succès, qui est médiatisée et qui est relayée. En effet, tandis que monsieur Trouillot déversait, dans les colonnes du Nouvelliste, son lyrisme touchant, certes à fleur d’indignation contre les velléités dictatoriales du PHTK, le même journal, dans lequel il est un des rédacteurs, ne ratait pas une occasion pour célébrer l’idolâtrie que voue la jeunesse haïtienne à Martelly[7], louer les talents managériaux de Jovenel[8]. Et pis encore, le journal a eu le culot de célébrer en 2015 le succès de 29 ans de démocratie par la seule tenue des élections[9]. Si l’ONU ordonne aujourd’hui qu’il faut aller aux élections sous le contrôle des gangs, avec un conseil électoral de vendus et de malfrats, avec une justice corrompue et sous tutelle, c’est parce que les grands médias haitiens ont réduit l’exercice de la démocratie à son minimum indigent : changer le personnel politique sans rien changer.

C’est bien un patron de presse qui avait écrit sur Twitter que si les médias haitiens ne sont pas aussi critiques envers le PHTK en 2018 qu’ils l’étaient avec Lavalas en 2004, c’est parce que le contexte n’est pas le même et que chaque média se réserve l’opportunité de critiquer ou pas un gouvernement. Entre les lignes, vous aurez compris le message : la presse haïtienne ne défend réellement aucune valeur démocratique. C’est seulement dans les contextes politiques effervescents et de déstabilisation créés par le blanc que les médias puisent la tonalité critique de leur stratégie éditoriale. Une critique qui, du reste, n’est jamais gratuite puisqu’elle s’inscrit comme opportunité d’affaires. Voilà qui nous pousse à la question qui fâche : comment les gens de gauche et les progressistes qui ont occupé, de 1987 à 2020, presque toutes les avenues de la culture, de l’éducation, des organismes de droits humains, des médias, des associations de médias, ont-ils pu laisser ressurgir la dictature sous sa forme la plus médiocre ?

Ensemencer la dignité pour reconquérir la souveraineté
Sans avoir la prétention de détenir toutes les réponses à cette question, je peux néanmoins proposer des pistes en lien avec la culture. De toute évidence, l’effectivité des valeurs démocratiques dans un pays ne dépend pas de la bonne volonté de l’assistance et de la diplomatie étrangères. Un pays ne peut atteindre son rayonnement démocratique que si ses réseaux éducatifs et ses foyers culturels, dans leur rayonnement, font une large place à la promotion de ces valeurs. Or, le rayonnement culturel haïtien a été obscurci par une lourde indigence pendant ces 34 dernières années. Sous le leadership des gens de gauche et des progressistes, dans les universités, dans les réseaux culturels, dans les organismes de droits humains, dans les médias, dans les projets de développement, il n’y a pas eu de grande disponibilité pour l’intelligence, le courage, l’intégrité et la vérité. Tout a été dévoyé par un clientélisme malsain, lequel a favorisé copinage, coquinage, accointances, allégeances, redevances, opportunisme et marronage. Autant de ferments culturels corrosifs incompatibles avec la démocratie. Autant de vecteurs d’indigence qui ont nourri la corruption et servi de passerelles pour refonder cet Etat de passe-droit aujourd’hui triomphant.

Tous ceux et toutes celles qui ont essayé de faire vivre la dissidence de la pensée critique ont été désignés comme des hérétiques à abattre. On les a traités de conflictuels, on a vu en eux des gens qui voulaient paraitre, on a pris ombrage de leurs efforts de production, on les a traités d’aigris parce qu’ils ont dénoncé les succès précaires qui menacent la cohésion nationale, on a accueilli leurs analyses avec mépris et indifférence, leurs réflexions ont été désignées comme  « intellectualistes » parce qu’intégrant l’intelligence et l’humanisme comme supports d’une PoÉthique capable de remettre sur pied la dignité par la provocation.

Voilà le contexte culturel qu’Haïti doit, avec courage, diagnostiquer, restructurer, pour faire germer l’écologie des valeurs démocratiques sans avoir à suppléer la communauté internationale. Voilà qui nous permet de dire à Monsieur Frederic Thomas qu’il y a d’autres moyens de faire partir Jovenel Moise que par la pression de la communauté internationale : Si Haïti, dans cette majorité écrasante, qui semble rejeter la dictature, se met debout pour résister, désobéir, s’insoumettre et enflammer de colères intelligentes les foyers obscurs qui soutiennent l’indigence, ce n’est pas seulement Jovenel Moise qui partira. Car, pour peu que cette flamme allumée continue d’irradier l’horizon du shithole, ce sera l’aube d’une saison de dignité ensemencée pour reconquérir la souveraineté nationale. Et c’est sans doute ce que craignent et veulent empêcher ceux qui veulent que ce soit le blanc qui intervienne pour faire partir Jovenel Moise et imposer du même coup un autre nègre de service plus sympathique sur les mêmes structures indigentes.

N’en déplaisent aux talents haïtiens qui vivent dans les paradis occidentaux et se contentent d’utiliser leur aura d’immortel pour vendre l’exil comme unique utopie du succès dans un shithole, Haïti n’est pas un pays sans chapeau. Ce n’est qu’un pays où les têtes qui portent les chapeaux n’ont ni la verticalité pour se tenir debout ni la dignité pour bien les porter.
Erno Renoncourt

17/02/201

Saturday, August 1, 2020

Kleptocratie – Comment les milliards ont-ils laissé Haïti? Part - 1

La American Express Centurion Card – Le top des cartes.

Dans cet article, j’avais attiré l’attention de mes congénères sur la valse des millions qui sortent en chantant de chez pour aller faire du ski dans les Alpes Suisse. Vos actuelles interrogations vont y trouver certaines réponses en rapport au scandale qui secoue la communauté haïtienne de Montréal.


Par Max Dorismond

À constater les balises mises en place par le « Système » pour contrôler la circulation de la monnaie, partout dans le monde, on se met à rêver sur les tours de passe-passe ingénieux des filous pour déplacer facilement cette masse d’argent au su et au vu de tous, sans qu’il n’y ait une alerte internationale, une preuve physique, une arrestation rocambolesque d’un des multiples acteurs de ce coup fumant qui a généré des millionnaires à la tonne et pour la vie sur notre île.

Pour en avoir le cœur net, pour ne pas me laisser subjuguer par ce cauchemar récurrent, je me suis mis à la recherche des technicités existantes dans les entourloupettes bancaires pour le plaisir des lecteurs, en me basant sur un proverbe de chez nous qui nous rappelle que : « Si pat gen sitirè, pa ta gen volè ». (Sans un facilitateur le voleur n’a pas de repères).

Mes trouvailles n’ont peut-être aucun rapport avec Haïti, mais, au moins, elles vous offrent l’occasion de vous promener dans les méandres des réseaux des détournements de fonds quand certains secrets bancaires ont été sciemment divulgués au public. Ces preuves indirectes ne vous laisseront point sur votre faim. Elles auront le mérite d’étaler sous vos yeux le jeu maléfique de ces croque-mitaines à col blanc, toujours prêts à nous traiter de "shit-hole".
Je me suis promené dans tous les paradis fiscaux, de l’Europe jusqu’en Amérique du Sud pour assouvir cette curiosité. Je me suis cantonné surtout en Suisse où certains acteurs avaient laissé la porte grande ouverte pour le bénéfice des curieux.

Comment la Suisse est-elle devenue la tirelire du monde?
Au départ, pour mieux saisir la « sainte » vocation de la Suisse, épluchons un peu l’histoire. Nous devons admettre sans ambages qu’hier encore, l’Europe s’avérait le continent le plus violent de tous les temps. De nature belliqueuse avec leurs guerres intestines à n’en plus finir, les Européens s’entredévoraient comme des petits minables, dans des rixes interminables : de Vercingétorix, de la Rome antique, en passant par le délitement de la Yougoslavie en 2001, par l’émergence de la Bosnie-Herzégovine et le reste, jusqu’à la Géorgie en 2008.

Tous les grands crimes, les pires violences et les multiples génocides connus du monde avaient, pour origine et pour cadre, ce continent : Les croisades, la guerre de Cent Ans, l’effacement des Indiens d’Amérique, la Traite négrière, l’esclavage, les deux grandes guerres, l’exploitation à outrance de l’Afrique, s’il ne faut citer que ceux-là… Toutes sortes d’artifices ont été imaginés pour contrer les ardeurs et les ambitions des princes et des rois de cette place, d’où les mariages consanguins entre têtes couronnées pour former des alliances stratégiques aux fins d’éviter cet étripage mutuel entre voisins et consanguins.

Avec de pareilles assertions, vous vous posez la question à savoir pourquoi la Suisse ne fut presque jamais en guerre? Elle est d’une neutralité proverbiale. Mais c’est une neutralité artificielle, faite sur mesure, en arrondissant les angles de l’histoire. Ce qu’on recherche dans la finalité d’une guerre, on le lui confie sur un plateau d’or, à titre de gardien.

Les belligérants se sont entendus pour avoir au moins un coin neutre où déposer leurs richesses, leurs butins, sous peine de sanctions globales par tous les récipiendaires, à l’encontre du malin qui oserait s’en accaparer. D’ailleurs quel insensé aurait bombardé sa propre richesse. Ils sont agressifs, mais nullement bêtes. C’est ainsi que La Suisse fut choisie entre toutes. Ce coffre-fort à ciel ouvert pour truands, que personne n’ose outrager, deviendra officiel en 1685 lorsque le roi Louis XIV révoqua l’édit de Nantes qui résulta en l’illégalité du protestantisme en France. Ce qui contribua à la persécution généralisée de ses adeptes : d’où le sauve-qui-peut.

Avant de prendre la fuite vers des cieux plus cléments, la fortune, les bijoux, les tableaux et les autres artéfacts des riches protestants avaient trouvé refuge dans les coffres suisses. Ce qui créa un boum financier dans ce pays où tous les résidents se découvraient une nouvelle vocation dans le gardiennage de l’argent des fuyards, de l’argent de toutes tendances, de toutes provenances et de toutes origines. Des banques étaient créées de toutes pièces pour profiter de la manne. La neutralité de la Suisse s’avéra la norme. Le secret bancaire devint sacerdoce.

Et la tradition continue. En 1934, juste avant la 2e Grande Guerre, la loi fédérale suisse sur les banques fut incorporée à la constitution nationale, qui conféra par son article 47, une « valeur supra légale » au secret bancaire blindé, si bien que, par tradition, l’éventuel déposant, qui veut cacher son magot, le confie avec l’idée que « Déposer son argent dans les banques suisses, c’est comme aller conter ses péchés directement au Pape » *1.

La discrétion est devenue une affaire d’État. Dans la réalité, tous les pays récoltent les fruits de leur agriculture. Pour la Suisse, c’est tout autre. Selon le sociologue genevois, Jean Ziegler, « elle ne possède aucune matière première, ni de ressources naturelles et n’a aucun accès à la mer ». Cependant, elle ne récolte que de l’argent à toutes les saisons. Au début du XXIe siècle, on compte plus de 134 banques privées dans la seule ville de Genève, soit un ratio d’une banque par quartier.

Les Juifs persécutés y ont laissé toute leur fortune avant de prendre la fuite. Les fascistes de l’Europe en faisaient autant avec les biens spoliés, tels : les fonds des banques pillées, les tableaux de grands maîtres dans les musées, même les dents en or escroquées sur les cadavres des Juifs assassinés y trouvaient un casier secret où se reposer en douce, en attendant la fin de la guerre. En ce sens, il était toujours bruit que la Suisse était de mèche avec les Allemands.

Les contrebandiers, les escamoteurs de l’impôt, les terroristes… tous les délinquants du monde possèdent un compte à numéro en Suisse ou dans d’autres paradis fiscaux. Avec ces banques noires, nous avons, devant nous, la preuve que le paradis se trouve sur terre et non au ciel comme le prétend le christianisme.

L’an 2000, les murs du secret bancaire suisse se lézardent
Comme un tremblement de terre, un ancien cadre de la plus grande banque helvétique, UBS*2, par écœurement, s’est mis à table. Ce fut un tsunami dans le monde bancaire. Une bonne partie du fameux secret a été révélée au grand jour et le système en a pris pour son rhume.

Bradley C. Birkenfeld, un américain, gérant de patrimoine, responsable de plusieurs grands dossiers de fonds cachés dans cette banque, dans des comptes à numéro, a décidé de révéler ce qui fut le plus sacré dans le système fédéral suisse, le nom de milliers de citoyens américains (19000), qui ont joué à cache-cache là-bas, avec des revenus non déclarés. Ce qui a permis au fisc de l’Oncle Sam (IRS) de ramasser des milliards de dollars d’impôts éludés. En plus de passer deux années et demie en prison dorée pour y avoir participé, mais en tant que lanceur d’alerte, Birkenfeld a reçu, de ses congénères le 27 août 2012, une récompense, tenez-vous bien, de 104 millions de dollars, pour empocher finalement, un chèque net d’impôt de 75 816 958,40$, un record Guinness non dépassé jusqu’à présent.

Max Dorismond Mx20005@yahoo.ca
Par Max Dorismond



NOTE
1 – SRC : « Le Banquier de Lucifer » de Bradley C. Birkenfeld
2 - UBS est une société de services financiers dont les sièges sont à Zurich et à Bâle, en Suisse C'est la plus grande banque de gestion de fortune dans le monde, avec 68000 employés et des actifs financiers investis de 3 607 milliards de francs suisses en 2019. Ses activités principales sont les activités de banque privée, banque d’investissement et de gestion de fortune.

Friday, April 12, 2019

Donald Trump - Les shit hole et l’Intelligence Artificielle (IA)


Par Max Dorismond




À la vue de ce titre, et l’état dans lequel végète notre île, le lecteur aura à s’interroger sur le rapport étonnant entre l’intelligence artificielle et Haïti, un pays ankylosé dans le brouillard de l’évolution naturelle des choses, une nation qui a raté toutes les révolutions modernes, agricoles, industrielles, informatiques, et que sais-je! Je comprendrai assez bien son scepticisme. Mais le jeu en vaut la chandelle. Je l’invite à me suivre dans mon analyse.

Aujourd’hui, nous nous trouvons à la croisée de deux révolutions : la technologie de l’information (l’Infotech) et celle de la biotechnologie (la Biothec), dont le jumelage, à force de prouesses algorithmiques1, vient de placer l’humanité entière devant un dilemme inattendu : l’Intelligence Artificielle (IA). C’est un domaine dans lequel nous sommes totalement dépassés, et de très loin, par des robots, capables d’apprendre plus vite que nous, d’agir plus rapidement que nous, avec, à la clé, la possibilité de fabriquer leur propre modèle à l’infini, sans rechigner, sans se fatiguer.

Soulignons entre autres, que les raisons de ces réflexions et recherches avaient, pour origine, une troublante interrogation qui n’a jamais cessé de hanter mon esprit depuis l‘insolent coup de gueule de Donald Trump, lors de l’épisode des « shit hole » contre certains pays du Sud, (de l’Afrique, de l’Amérique latine et des Caraïbes), qu’il a outrageusement humiliés, lors d’une saute d’humeur incontrôlable, sa marque de fabrique.

Je ne pouvais, jusqu’ici, m’expliquer cette insultante rebuffade publique d’un chef d’État, d’un pays hyper puissant par rapport à d’autres, les plus négligeables parmi les négligés, qu’il ne porte pas dans son cœur. De pareilles expressions peuvent se retrouver, par accident, sur les lèvres de n’importe quel officiel, en circuit fermé. Je n’en disconviens pas. Mais, de là à crier sa rage, face aux caméras, il y a loin de la coupe aux lèvres. Pour ce, depuis lors, je me suis attelé à la tâche de trouver la raison de cette déraison, quitte à perdre la notion du temps.

Les robots sont prêts à nous remplacer dans nos usines.
D’entrée de jeu, parlant de l’IA, je dois vous annoncer, cher lecteur, que le travail que vous effectuez, aujourd’hui, n’existera peut-être pas sous sa forme actuelle dans vingt ou vingt-cinq ans. D’ailleurs, le penseur Jean-Jacques Servan Schreiber, dans ses brillantes analyses et synthèses dans son bestseller, « Le Défi Mondial », publié en 1981, avait traité de la notion de la disparition des emplois bien rémunérés avec l’exemple des robots qui fabriquaient déjà de A à Z, depuis le début des années 70, les automobiles Toyota, au Japon. Il prétendait depuis cette époque, que nous nous dirigions tout droit vers une société de loisirs, où les robots étaient prêts à nous remplacer dans nos usines. C’était l’ancêtre de l’IA. Sans omission, tout au long de cet ouvrage, il prenait en compte, d’une façon obsessionnelle, le devenir du Tiers Monde avec l’arrivée de cette nouvelle méthode.

Partant du régime de l’intelligence artificielle, (IA), ce futur appréhendé par J.J. Servan Schreiber est bien palpable dans notre quotidien.  Tout, et absolument tout, sera effectué par une machine intelligente, en un mot, un ordinateur, un robot, ou mieux, par d’autres appareils hyper sophistiqués qui dépassent l’entendement. Plusieurs exemples assez édifiants nous apportent cette surprenante preuve. La triste histoire de la disparition, dans les années 80, de la compagnie Kodak est assez éloquente.

Le système libéral dans lequel nous évoluons est arrivé au bout de son rouleau. Anesthésié par des décennies de succès, il ne voyait pas venir cette transformation radicale. L’adversaire est de taille. Il n’est pas idéologique, mais bien scientifique. Pour nos leaders internationaux, l’apocalypse est pour bientôt. Ils doivent penser à la refondation du Monde. D’autres paramètres devraient être réinventés de toutes pièces pour faire face à la musique. Certains penseurs ont même évoqué la révision de la théorie économique de Karl Max pour éviter le chaos à venir. D’autres vont jusqu’à déclarer que Marx avait amplement raison. Sauf qu’il fût en avance d’un siècle sur son temps.

En effet, selon l’écrivain futuriste, Yuval Noah Harari, dans son récent bouquin : 21 leçons pour le XXIème siècle, ce fut le branlebas général sur terre, le 7 décembre 2017. Un ordinateur de Google, connu sous le nom de Alpha Zéro, est parvenu à dominer et battre en 100 parties d’échec, (28 gains, contre 72 nuls, 0 défaite), un autre ordinateur (Stocfish 8) qui avait accès à des siècles d’expériences humaines accumulées aux échecs, ainsi qu’à des décennies d’expérience informatique et de pratiques compilées dans ses entrailles. Stocfish avait déjà battu les meilleurs joueurs d’échec au monde.  « Il était capable de calculer 70 millions de positions par seconde, contre 80 000 pour Alpha Zéro, auquel ses créateurs n’ont jamais enseigné la moindre stratégie. Alpha Zéro utilisait plutôt les tout derniers principes de l’apprentissage automatique pour s’entraîner aux échecs en jouant contre lui-même ». Son succès repose sur un algorithme légèrement différent. « C’est une version plus générique » (Voir la note 2, ci-dessous pour plus de détails)

En combien de temps Alpha Zéro a étudié ses stratégies pour vaincre Stockfish : 4 heures! 4 petites heures! Donc, face à ce stupéfiant exploit d’un  logiciel imaginatif, d’un ordinateur capable d’apprendre, de gérer de par lui-même une masse astronomique d’informations, de les synthétiser pour pondre la meilleure des décisions et emporter la mise, l’homme s’interroge! Ahuri, il vient de découvrir qu’il n’est plus maître de l’Univers. Son unique atout, demeure, pour le moment, l’absence de conscience, d’émotion et de sentiment d’une machine capable de se reproduire. Souhaitons qu’elle ne puisse en avoir dans le futur pour que nous soyons toujours en contrôle. Autrement, notre chien est mort3.

Donc, en ce fatidique 7 décembre, tout a été remis en question. Bienvenue aux imprimantes 3D qui confectionnent presque tout, sur mesure. De ta chaussure à ta maison, il n’y a qu’un contacteur à presser, et le tour est joué. Des robots qui fabriquent d’autres robots pour fabriquer encore plus de robots intelligents, c’est comme un jeu de Lego. Des machines ou logiciels qui fabriquent ce qu’on veut sans se fatiguer. Des robots qui labourent nos champs et convertissent l’agriculteur en gestionnaire de production. Les voitures autonomes ne sont plus de la fiction. Elles décorent déjà nos autoroutes. Plus tard, l’école sera entièrement virtuelle. Les grands centres universitaires, avec des salles de classe à l’infini, n’auront plus leur raison d’être. Le centre d’enseignement sera réduit à la grandeur d’un téléphone cellulaire. L’interaction entre l’étudiant et son professeur virtuel carbure aux clics d’une souris. Et ce, 24hr/24.

Ces machines intelligentes sont les réels bénéficiaires des algorithmes, ce processus logique permettant la résolution de tout problème en programmation. Ces derniers, sont en mesure d'optimiser leurs calculs au fur et à mesure qu'ils effectuent des traitements.

Voir cette vidéo, « Projet NEOM – 5G : Notre mort programmée » pour voir exactement où nous en sommes : https://youtu.be/1gKY628VCeY

Plus près de nous, dans les restaurants Mc-Donald, par exemple, les serveurs sont en voie de disparition. Leur nombre a été radicalement réduit. Le client prépare lui-même son menu sur un clavier ou sur un panneau robotisé. Et il est servi sans avoir le temps de dire merci. Dans les grandes chaînes de distribution, telles que Walmart ou Cotsco, certaines caisses automatiques, sans caissier, s’occupent du client et lui remettent sa marchandise, moyennant une preuve de paiement.  

Les penseurs devraient se presser. Il est minuit moins cinq. La vision d’un chômage systémique effraie. L’homme n’était pas né pour l’oisiveté seulement. Ni pour quémander non plus. Son ADN n’a pas été modifié en ce sens. Les préceptes sociaux devraient être revus et corrigés. La civilisation risque de payer un prix fort. Quoi faire?

Pour le moment, les leaders du monde occidental jouent avec la notion d’un salaire de base universel pour tous. En réalité, dans les pays développés, cela existe déjà sous toutes formes d’appellation : allocation familiale, social welfare aux USA, bien-être social, assurances salaires, assurance maladie, assurance chômage, divers services sociaux gratuits, etc... Ils ont été plus loin encore dans leur vision du futur. Vu que c’est une petite élite qui, demain, va posséder  tout l’argent du monde, en produisant exclusivement à coût nul, sera-t-elle prête à partager ce butin entre tous pour ce salaire providentiel?

Hormis les grandes économies qui redistribuent, déjà, une partie du gâteau à une fraction de leur population, il faut revoir de fond en comble le système libéral, le libre échange, le libre commerce, l’exploitation à outrance de l’Afrique, etc... Tout sera remis en question. Or, l’horizon d’un monde entièrement robotisé, selon les prévisionnistes, c’est pour l’année 2050!

En définitive, que deviendra le Tiers-Monde avec ses milliards d’affamés et de chômeurs, qui seront vite classés comme des entités inutiles? À la mention de ces arguments, vous commencez à saisir, assez bien, la raison du renforcement de l’Espace Shengen4 en Europe. Vous comprenez maintenant pourquoi Trump tient coûte que coûte à son mur. Voyez-vous aussi la résurgence du Klu-Klux-Klan, des groupes Néo-Nazi et le thème non équivoque de sa campagne : Make America great again. (MAGA).

Devinez aussi dans quel contexte, après avoir assisté à un briefing5 officiel sur l’état du monde, au lendemain de son investiture, notre surprenant Donald, exaspéré, s’est laissé emporter par la déception. Lui, qui voit en chaque chômeur, un paresseux, un parasite à écrabouiller. Comment envisager qu’il pourrait récompenser « des crétins » avec ses propres sous ou avec les profits générés par les affaires florissantes des riches de ce monde? De là à prononcer son verdict malodorant, le fameux « trou de merde », il n’y a qu’un pas.

Le futurologue Noah Harari en a fait mention dans son bouquin, en se demandant, si les contribuables des pays développés étaient prêts à payer un salaire aux  « chômeurs des pays de merde » (page 58). Or du train où vont les choses en Haïti, au Venezuela, en Amérique du Sud, en Afrique, au Moyen-Orient, etc…, Trump, ne caresse-t-il pas le rêve d’emmurer les États-Unis, une fois pour toutes, en prévision des invasions barbares?

Toutefois, le moment est venu de déshabiller les hypocrites qui nous martèlent, à longueur de discours soporifiques, leurs valeurs libérales et démocratiques, tels que: l’égalité, les droits inviolables et inaliénables de la personne humaine, sans y croire, sans une once d’humanité. Nous sommes acculés à faire preuve de clairvoyance, de prévoyance et d’intelligence pour éviter le chaos annoncé, à l‘ère du Big Data, à l’approche du 5G. Étant tous, partie intégrante du village global, citoyens de « pays de merde » ou non, serrons-nous les dents pour faire face à l’opéra.

Max Dorismond

           
Note -1 : Algorithme : C’est une suite finie et non ambiguë d’opérations ou d'instructions permettant de résoudre une classe de problèmes. (Src. : Wikipédia)
Note – 2 : Apprendre à partir de rien

News sur les échecs | Jouer aux échecs en ligne: Intelligence ...

…… Rappelons que la précédente mouture, AlphaGo Zero, avait prouvé au mois d’octobre dernier sa capacité à mettre KO toutes les intelligences artificielles championnes de Go en seulement 40 jours. AlphaZero repose sur un algorithme légèrement différent. « C’est une version plus générique », indique l’équipe de DeepMind dans son article. Elle n’a donc pas été conçue spécifiquement pour gagner au Go mais à n’importe quel jeu combinatoire. Avec toujours une configuration informatique très particulière puisque la société dispose d'une énorme capacité de calcul avec seulement 4 TPUs, des processeurs conçus pour les programmes d'apprentissage automatique. Comme pour AlphaGo Zero. 
La méthode reste également la même. « Il s’agit de recourir à de l'apprentissage par renforcement non supervisé, c’est-à-dire à partir de rien », nous fait observer Tristan Cazeneuve, professeur à l'Université Paris Dauphine et expert en intelligence artificielle. Au lieu de se nourrir de millions de parties jouées par des humains pour en tirer des enseignements et imiter les coups les plus brillants, l’idée est de progresser « tabula rasa », c’est-à-dire uniquement en expérimentant et en jouant contre soi-même. Avec les règles des jeux pour seul postulat de départ. Src : Chess & Strategy _ L’actualité internationale du jeu d’échec.

Note – 3 : Expression québécoise qu’on peut traduire en créole par :  « ka nou grav » ou « chin mangéw »

Note – 4 : Espace Schengen comprend les territoires des 26 États européens — 22 États membres de l'Union européenne, et 4 États associés, membres de l'AELE — qui ont mis en œuvre l'accord de Schengen et la convention de Schengen signés à Schengen(Luxembourg), en 1985 et 1990. L'espace Schengen fonctionne comme un espace unique en matière de voyages internationaux et de contrôles frontaliers, où le franchissement des frontières intérieures s'effectue librement, sans passeport, sans contrôle. (Src. : Wikipédia)

Note – 5 : Briefing : réunion d’information, de définitions des objectifs

Friday, January 19, 2018

Donald Trump – Comme la nature fait bien les choses…

Des Haïtiens en grand nombre, des Latinos, des  Africains, des Américains ,
pancartes en mains  protestaient à West Palm Beach (Floride), le 15 janvier
2018 contre les propos racistes et xénophobiques de Trump.                       

Par Max Dorismond
 Timeline

Autant en emportent l’ignorance et l’idiotie! À seulement y penser, on se désole à l’idée qu’un cancre puisse se permettre de divaguer comme le cœur lui en dit. L’incompétence et la crétinerie résultent de la nuit de l’esprit. Si on ne s’entoure de chandelles pour éclairer nos pensées, on risque d’accoucher sans ambages, de surprenantes idées saugrenues. Point n’est besoin de répéter à satiété les mêmes rengaines que nos émotions mises à fleur de peau nous ont inspirées et dictées au gré du scandale. Transcendons la médiocrité pour chevaucher à contre courant dans une démarche réflexive à l’envers du décor pour mieux appréhender, en répétant Edouardo Galeano, « cette insolence nègre qui continue de contrarier les âmes blanches ».

Les Haïtiens crachaient leur colère, tout le long du pont
lors du passage du cortège de Trump.                             
Le monde s’est révolté. Tout a été dit. Aucun qualificatif injurieux n’a été exempté pour décrire cet hurluberlu de président. Pour ne pas entonner les mêmes refrains, je me cantonne dans un autre volet pour signifier cette idée qui me taraude l’esprit depuis la crise de la merde, mieux connue  sous le célèbre « Shithole countries » de l’éléphant à la crinière jaune.

En effet, je me suis surpris à deviser sur le sort qu’aurait connu le monde, si, par hasard, Donald Trump était président des États-Unis dans les années 40, durant la deuxième guerre mondiale. Sans surprise, Hitler aurait gagné cette dernière haut la main. Jamais, au grand jamais, Trump n’aurait bougé le petit doigt pour sauver l’Europe de la géhenne. C’est dans sa nature, il brûle d’un désir insatiable de se lier à des puissants de ce monde qui n’en ont cure des droits de l’homme, tels, les Poutine, Xi Jinping, Duterte, Erdogan, Al-Sissi, etc… Naturellement, il se serait plutôt associé, comme Mussolini de l’Italie, et Hiro Hito du Japon, à l’ogre allemand et attaquerait l’Amérique du sud, les Antilles, Haïti en premier.

La  grande communauté haitienne de la Floride y était
cette fois-ci. (Cliquer sur les photos pour les  agrandir)
Ainsi, il aurait érigé des millions de chambres à gaz, à l’instar du mur mexicain, son éternelle obsession, pour griller tout ce qui n’était pas de la race aryenne et caucasienne. Même les Juifs, auxquels il s’attache aujourd’hui, en feraient les frais à cause de leur origine et de leur faciès. Je les vois déjà, ces fours crématoires aux longues cheminées fumant du Noir, du Latino, du bronzé, dans l’atmosphère du Nouveau monde.  Les deux Néron, celui de l’Amérique, et celui de l’Europe, heureux de leur plan de décoloration épidermique historique, pour le bonheur de l’humanité aryenne, « la race des races », se congratuleraient en  jouant du violon, ou au golf, au son des crépitements des corps démembrés de tous ceux qui n’ont commis qu’un unique crime, celui de ne pas naître blancs. Autant en emporte la bêtise humaine. Nous l’avons vraiment échappé belle.

Ah! La nature fait si bien les choses et ne laisse rien au hasard du chemin.

Un état de fait et l’inquiétude des riches.
Des  centaines de manifestants haïtiens marchant vers
le pont de Mar-A-Lago le lundi 15 janvier pour montrer
leur désapprobation à Trump à l'encontre de ses propos
Quand la merde enrichit les nations et conduit à notre déchéance, quand, au fond du baril, il ne reste que des déchets, il est facile, très facile, pour les prédateurs de nous traiter de haut. Par rapacité et concupiscence, ils ont dévié, bousillé l’avenir de tous les nègres de la terre. Par égocentrisme, ils nous ont dépouillés jusqu’à l’os. À la naissance de notre jeune nation, par mesquinerie, ils nous ont égorgés, volés, ruinés jusqu’au dernier centime. Par un racisme crasseux, ils nous vouent à la géhenne. Du haut de leur mépris, ils nous dévisagent à l'aune de leur nez.

Non, non, et non encore, aujourd’hui surtout, je ne vais condamner aucun de mes frères nègres, qu’ils soient d’Afrique ou d’Haïti. Suis aveugle pour cette fois. Ce n’est plus le temps de l’autoflagellation. Je ne veux point jouer à ce jeu là. Les plus stupides des deux camps ne sont pas de notre côté. Les nouveaux maîtres du monde parlent à dessein pour nous inviter à prendre notre trou, pour nous culpabiliser et continuer sans vergogne leur escroquerie éhontée. Jamais, je ne lancerai la première pierre à mes frères. Ils sont tous l’objet de cette exploitation innommable depuis bien avant la naissance du monde moderne. Certains actes de leur couardise, telle la corruption débridée, s’ils en sont, résultent des conséquences de cet atavisme grégaire découlant de leur pressurage à outrance. Ce sont des effets collatéraux. D’ailleurs, c’est sur leur dos, leurs larmes et leur sang que la richesse du monde a pris son envol. Aujourd’hui, ils sont de la merde! Soit! Ce sont les conséquences du pillage effréné, du génocide abject. La nature a horreur du vide. Il a été rempli.

Le cortège présidentiel, en route vers l'aéroport de Palm
Beach, a traversé des centaines de manifestants haïtiens
qui criaient leur indignation contre ses propos.               
Trump s’est trompé d’Histoire en maquillant les mots. Les créateurs de merdiers devraient être ces psychopathes qui ne jurent que par le dieu dollar. Ces assoiffés d'espèces sonnantes et trébuchantes, qui foutent le bordel partout de par le monde, pillent les continents, créent la désolation, la misère, la mort, la division et la haine partout où leurs intérêts le commandent. Je connais trop bien l’histoire de ces hypocrites à sourire de serpent à sonnette pour me laisser ravaler au rang de merde. Ils ont juré de nous abêtir, pour mieux nous complexer, nous affaiblir à dessein; pour mieux nous sucer, nous désubstantialiser jusqu’à assécher nos âmes. 

Les manifestants brandissaient des drapeaux haïtiens et
chahutaient le cortège de Trump lors de son passage.    
Frères, ressaisissons-nous. Reprenons nos sens, ramons au même rythme, le combat ne fait que commencer. Serrons-nous la ceinture face à ces vampires. Ils nous rapetissent pour mieux nous ankyloser, nous geler et nous avaler une nouvelle fois sans aucun effort. Leur digestion sera assurée, sans aucune entrave, si nous ne cherchons pas à rester en croix au travers de leur gosier.

De toute façon, même s’ils nous traitent de moins que rien, au tréfonds de leur âme et conscience, ils savent pertinemment qu’ils nous doivent tous une chandelle. Et ils sont condamnés, coûte que coûte,  à payer leur dette le jour venu, malgré leur intimidation. C’est le moins qu’on puisse dire.

Comme des mort vivants, les surexploités déferlent par vagues successives sur leur territoire. Surpris, ils s’énervent et deviennent schizophrènes. Ils n’ont encore rien vu. Les pauvres réclament leur dû et veulent partager l’usufruit. L’Histoire a une mémoire. N’essayez pas de la détourner. N’essayez pas de nous endormir. Nous n’avons pas encore sommeil. Et nous n’aurons jamais sommeil tant que ce contentieux demeure latent. On les emmerde!

Toutefois, la transhumance des peuples sur-rançonnés de par le monde est irréversible. Nul ne peut l’arrêter. Néanmoins, considérons la mauvaise note de Trump comme un bourdonnement de mouches effarouchées dans une bouche puante, un chatouillement accidentel qui amuse nos aisselles sans  jamais flétrir nos cerveaux. Gardons l’espoir!

Max Dorismond
Mx20005@yahoo.ca


VENEZUELA REPONSE A TRUMP -  HAITI SERA TOUJOURS UN MODELE POUR L'AMERIQUE

Tuesday, January 16, 2018

L’Occident et le Côté Circulaire de Notre Trou du Cul

Dans ses aboiements démentiels auxquels il est accoutumé, Trump qualifie l’Afrique de shithole, c’est-à-dire, trou du cul. Et, côté africain, tout le monde s’indigne. Mais l’intelligence accueille en toute sérénité cette affirmation, qui est plus proche d’une description que d’une distorsion abusive de la réalité.

La vérité, disent les positivistes, est une correspondance de l’affirmation avec les faits. De ce point de vue, que celui qui pense que Trump ne dit pas la vérité lève le doigt. L’homme réprime si peu ses instincts et fait si peu usage de sa raison pour appeler un chat un chat. Mais sous l’impulsivité naïve d’un aboyeur de vérités crues, remarquons qu’il est plus sélectif qu’il n’en donne l’air. Par exemple Trump n’a jamais dit qu’Israël est une nation criminelle ; ou que les Allemands ont une âme nazie. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Et Trump, malgré ses excès et ses libertés de langages choquants, le sait mieux que quiconque.  Ceux qui ne nous aiment pas nous destinent les vérités qu’ils  préfèrent, à l’exclusion de toutes les autres.

Les Etats-Unis sont ils une nation qui respecte la dignité humaine ? Il n’y a qu’à voir le sort des Noirs dans ce pays depuis plusieurs siècles pour s’en faire une idée. Sont-ils une nation qui respecte la justice et la vie humaine ? A cet égard, éloquent est son palmarès criminel à travers l’histoire, comme le bombardement des populations du Vietnam  au napalm, ou l’utilisation de la bombe atomique contre les Japonais alors que l’ennemi allemand, qui avait l’avantage d’être de race blanche, en avait été épargné. Ne parlons même pas de guerres plus récentes qui se mènent contre les Arabes pour mettre à l’aise et en sécurité Israël un dans Proche-Orient usurpé d’autorité,  et que toutes sortes de prétextes mensongers justifient, sans excuser les centaines de milliers de morts qu’elles occasionnent dans le silence général des média occidentaux.

Il y a donc aussi des vérités à dire sur l’Amérique et l’Occident. Mais Trump le soi-disant diseur de vérité n’en dit rien. Au contraire, de sa bouche de rogomme, on n’entendra que des choses élogieuses et radieuses sur l’intelligence, la supériorité et l’élection divine de l’Amérique blanche. Mais outre la sélectivité de ces vérités trompétées, c’est surtout la mauvaise foi qui préside à leur énonciation qui blesse le bât.

En effet, historiquement au moins 60% des malheurs de l’Afrique,  loin d’être d’essence congénitale comme se plaît à l’insinuer le discours raciste, résulte de la violence et de la prédation extérieure des Blancs. Oui, nous sommes un trou du cul façonné en large partie par l’Occident chrétien. Et notre condition de trou du cul, que nous ne devons pas nier, relève d’un cercle vicieux. L’occident contribue activement à faire de nous un trou-du-cul puis pour cacher son forfait, embouche la trompète pour dire que le trou du cul est inhérent à notre nature et résulte d’un défaut congénital. 
C’est ça le côté circulaire de notre condition de trou du cul !

Après l’esclavage et le colonialisme, nous avons bien eu des dirigeants courageux et intelligents qui étaient prêts à sortir l’Afrique de l’ornière de l’aliénation et la mettre sur la voie de l’autonomie, de la conscience de soi et du progrès. Mais un tel programme n’était pas dans l’intérêt de l’Occident pour qui  l’Afrique est un continent-objet que Dieu a créé pour pallier à ses insuffisances, combler ses propres manques, comme le cheval est créé pour que l’homme ait une monture rapide ou une force de trait. Aussi, n’écoutant que la voix de ses intérêts, l’Occident impérialiste s’est  mis à éliminer régulièrement et/ou politiquement nos dirigeants les plus éclairés. Les Lumumba, les Sékou Touré, les Sankara, les Olympio, les Nyobé, les Boganda, les Kabila, les Kadhafi, les Mandela, les N’Krumah, les Gbagbo, etc…

A leur place, il a  mis les chiens couchants, gardiens et protecteurs de ses intérêts. Et une fois qu’ils ont réussi à atteindre leur objectif, par cette violence à la fois implacable et retorse, pince sans rire le plus dément de leur dirigeant nous traite de trou-du-cul.

Sans exonérer la responsabilité des Africains, il y a dans ce trou-du-cul dont Trump qualifie les Africains et les Haïtiens,  un aspect circulaire que l’Occident doit assumer. Et tant que l’Occident se refusera à prendre sa place dans le cercle vicieux de notre trou du-cul alors la vérité de Trump ne serait qu’une vérité tronquée.

Adenifuja Bolajie

Sunday, January 14, 2018

TRUMP S'EST TROMPÉ MAIS... "À QUELQUE CHOSE MALHEUR EST BON "

Par:Me Maurice CELESTIN-NOEL
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Donald TRUMP s'est grandement trompé et sur Haïti et sur l'Afrique.Son manque de culture ou pour mieux dire son ignorance ne lui a pas permis d'avoir accès à des faits historiques qui lui imposeraient un langage tout autre à parler d'Haïti et de l'Afrique. En tant que Président, au lieu de s'enfoncer dans des niaisages, dans des enfantillages, dans de la "M" dans laquelle il se retrouve jusqu'au cou par sa déclaration idiote et insolante, s'il prenait le temps de faire des lectures sérieuses et enrichissantes, il aurait su que Haïti est la première République noire du nouveau Monde. Qu'Haïti, ce peuple singulier, par la détermination et l'imprévisibilité de ses enfants dans l'action a mis en déroute les troupes de Napoléon BONAPARTE tant redoutées à l'époque.

Donald Trump à la Maison Blanche le 11 janvier 2018
Si Donald TRUMP savait lire, il aurait su ce qui se passe actuellement en Afrique. Comme tous les Présidents dignes du nom, il serait renseigné sur la nouvelle voie sur laquelle s'engagent les peuples africains. Comme eux, il serait informé sur la prise de conscience des chefs d'État africains et leur détermination à avoir en main le destin de leur pays, à gérer dorénavant leurs ressources eux-mêmes. Loin de lancer des inepties à la face du monde et de se faire ridiculiser, une fois de plus, pour ses bizarroïdes, il se serait mis en réflexion avec ses conseillers pour savoir quelle politique adopter en vue de nouvelles relations avec la nouvelle Afrique. Il saurait que L'UNION AFRICAINE est une réalité. Une réalité qui réclame de Nouvelles approches.

Donald TRUMP s'est grandement trompé en se mettant en tête qu'à la place des vaillants bras haïtiens, salvadoriens et africains, il recevra des norvégiens, des suédois, de niveau universitaire. À vouloir le croire, il s'enfonce le doigt dans l'œil jusqu'aux orteils. Ces civilisés ne viendront certainement pas aux États-Unis exposer leur esprit d'élite qui pourrait s'effriter au contact de cet énergumène qui confond NORWAY et NO WAY, qui n'est même pas capable de réciter une phrase de l'hymne national de son pays, véritable "master gaffe" qu'il est.

Donald TRUMP s'est profondément trompé... MAIS... À QUELQUE CHOSE MALEUR EST BON. Donald TRUMP traite Haïti, le Salvador et les pays africains de "pays-latrines", de pays "fosses d'aisancef". Ses balivernes, ses propos absurdes, son pauvre vocabulaire ordurier ont fait que son crachât lui est retourné sur le nez. Les critiques pleuvent et viennent de toutes les directions. Même des membres de son parti. Tous les secteurs condamnent ses propos irréfléchis et racistes. Il est considéré comme un homme de bas niveau, inapte, incapable de diriger un pays de l'envergure des États-Unis. Une honte nationale, un amuseur publique qui alimente le ridicule américain. Son fort est d'opposer la colère, les crises de nerfs à son incapacité à résoudre les problèmes même les plus simples.
Donald TRUMP a traité Haïti, de "pays-latrines", de pays "fosses d'aisance". C'est choquant, c'est insultant et cela fait vraiment mal. Ces mots sortis de sa bouche infecte et insolante sont de nature à créer un grave conflit diplomatique. Mais venant de lui je recommanderais à ce qu'Haiti lui exprime son mépris. Un mépris souverain. TRUMP est un cas perdu. Tout le monde le sait. Mais en toute chose, bonne ou mauvaise, il y a toujours un petit côté positif. Le côté positif dans ce qui est arrivé est en supplément à ce que disent d'autres voix. Tout le monde est choqué, blancs comme noirs. Les biens pensants sont secoués et expriment ouvertement et vertement leur colère, leur indignation. Ils sont nombreux , les haïtiens à rechercher les responsables de cet affront, de ce camouflet reçu en pleine face par le peuple haïtien. Tous ils s'accordent à reconnaître que les vrais et premiers responsables sont nos dirigeants qui excellent dans l'art de mal gouverner et surtout dans l'art de voler en compromission avec leurs acolytes corrupteurs et corrompus du secteur des affaires sans oublier les représentants arrivistes de la classe moyenne vivant dans l'indignité. J'en conviens, et je partage leur idée, leur point de vue. Cependant, ils sont tellement nombreux à abonder dans ce sens que je voudrais éviter d'aller sur ce sentier battu en reprenant les mêmes arguments. D'ailleurs ce n'est pas le moment de s'attarder sur les causes. Elles sont connues de tous. Je viendrai de préférence, aux fins de surenchérir, avec l'aspect MENTALITÉ. Une mentalité à changer. 
Beaucoup d'haïtiens se croient différents des autres. Et les critères de différenciation sont nombreux. Le pouvoir économique en est un. Les qualités intellectuelles ou mieux la scolarisation en est une autre. Mais l'appartenance sociale et les teintes épidermiques sont les principaux. Plus on a la couleur de la peau qui rappelle celle des blancs, plus on se croit supérieur. Plus on se croit autoriser à mépriser les déshérités du sort que l'on appelle péjorativement " zoulous, " "nèg nwa" "nèg bwa" " nèg santi fò " etc...
À côté de la question de mentalité qui est un réel frein à l'union de la population, union indispensable à une concentration de forces au sein du corps social, il y a surtout l'absence d'une volonté à saisir les opportunités. Du moins de bien les utiliser. Que d'opportunités avons nous ratées? N'allons pas trop loin. Bornons nous sur la lisière de la fin de l'occupation américaine. Nous sommes sortis d'une occupation féroce et dégradante. Cette fin de férule nous a t-elle unis? NON. Elle nous a conduit de préférence vers une pseudo-apartheid. L'élan anti LESCOT a renversé cet ordre inacceptable et le soleil a brillé des rayons de l'estimisme. Le peuple haïtien avait repris goût à la vie et s'illusionnait même. Les bottes de Paul Eugène MAGLOIRE rapidement ont piétiné cet espoir de quelques mois et c'était l'ère du militarisme qui nous a conduit vers le duvalierisme infernal. Le peuple haïtien a subi dans le silence et la résignation ces années amères et finalement la conscience nationale s'est réveillée d'un sursaut surprenant. La lutte pour le départ de Jean Claude DUVALIER était générale. Nombreux des partisans du régime rentraient dans la bataille. Au COURRIER, l'hebdomadaire de Jean L. THEAGENE, je me souviens, puisque je faisais partie de l'équipe, on recrutait des "plumes" tenues par des mains qui pourtant travaillaient dans la cuisine de Jean Claude DUVALIER. Tout pour dire que le gouvernement était moribond au point qu'on avait l'impression que même Jean Claude DUVALIER ne voulait plus de son pouvoir. Le pays debout comme un seul homme a forcé Le Président à vie, disons de préférence, le Président "mort vivant" à décamper et à prendre le chemin de l'exil.

Nous avons fait 86. Une belle opportunité. Mais grosse tempête dans un petit verre d'eau. Feu de paille. Bamboche démocratique qui a abouti à la catastrophe lavalassienne. Le pédant Jean Bertrand ARISTIDE a utilisé le pouvoir pour construire sa richesse et enfoncer le peuple dans la misère et la division. Nouvelle opportunité manquée. Opportunité perdue. Débâcle. Incertitude. Ingouvernabilité. Descente aux enfers. Égarement. Entre temps, vint le terrible tremblement de terre de 2010. Une excellente occasion pour l'haïtien de solidariser dans le malheur. La cloche de l'union nationale avait sonné. On croyait dur comme fer qu'enfin les fils du pays saccagé qui avaient essuyé leurs larmes chacun sur l'épaule de l'autre allaient trouver un terrain de fraternité mais il n'en fut rien. Comme il n'en fut rien suite à la grande marche anti sida qui avait fait trembler le BROOKLYN BRIGDE DE NEW YORK CITY.

N'en sera-t-il encore rien de ce crachât lancé sur le visage de tous les haïtiens indistinctement, sans considération de couleur, de classe sociale, de richesse, par Donald TRUMP? Je suis impatient de voir l'union indéfectible que va créer le propos injurieux, vexatoire, blessant, humiliant, raciste, négrophobe sorti de la bouche infecte du Président américain et adressé au peuple haïtien. Administré avec rage par le KU KLUX KLAN Donald TRUMP. Verra-t-on nos blancophiles reprendre leurs mêmes vielles habitudes, de rabaisser les pauvres gens qu'ils considèrent comme leurs esclaves? ou donneront-ils enfin une chance à ces frères et sœurs laborieux ayant le sens de la solidarité familiale. Ces pauvres frères et sœurs obligés d'aller dans tous les coins de la terre chercher paisiblement du travail afin de nourrir leurs enfants, leurs parents, leurs parentés laissés en Haïti, terre de misère et de "grands écarts sociaux". Auront-ils un jour un point d'appui chez eux ? Ils ont tout chez eux pour se créer un havre de paix, de joie et de vivre heureux. Mais malheureusement les gloutons nantis s'accaparent de toutes les richesses qu'ils partagent avec l'étranger et refusent tout aux enfants de leur grand-mère qui croupissent dans la misère noire.

Pauvre peuple malchanceux! Pourtant quand l'opportunité lui est offerte, il fait des miracles. Aux États Unis, il excelle dans le travail bien fait. Il se distingue par sa force de travailler. Il a le sens de la propriété. Il a appris à la classe moyenne américaine à devenir propriétaire et ne pas demeurer locataire toute sa vie. Je suis persuadé que si on offre un point d'appui à ce vaillant peuple, comme disait ARCHIMEDE, il soulèvera le monde, il fera des miracles.
Que cette nouvelle opportunité offerte par Donald Trump soit exploitée à fond. Qu'elle soit un bon motif de réconciliation et d'union pour notre peuple vivant trop longtemps dans la division. En frères ennemis.


Me Maurice CELESTIN-NOEL - LECHAPEAUTEUR