Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Saturday, September 9, 2023

Secouer « l’inconscient collectif » pour déjouer la fatalité

L'entrevue interpellative du Dr Samuel Pierre 

Dr Samuel Pierre sur le plateau de Radio-Télé Métropole 

Par Max Dorismond 

Il arrive parfois à l’homme de rentrer dans la mémoire du temps pour être en contact avec lui-même aux fins de faire abstraction du présent, d’où le refus de la situation régnante, surtout si elle travaille au détriment de la collectivité. C’est ainsi que je perçois la vision du Dr Samuel Pierre dans l’entrevue qu’il a accordée à Wendell Théodore, de l’émission Le Point, le 7 septembre écoulé, dans laquelle, il brasse la cage pour réveiller une nation endormie, voguant sur des éléments déchaînés. 

Devant les questions en cascade de l’animateur inquiet, comme le pays d’ailleurs, le docteur ne se fait pas prier et fournit ses réponses encapsulées qui font mouche à tout coup. Résumons-en quelques facettes! 

L’excuse du gouvernement : Comme l’État a fait son mea culpa face à son impuissance à redresser la caravelle en appelant l’International à sa rescousse, le Professeur remercie gentiment ce dernier pour sa franchise, tout en évoquant les deux options suivantes: se renforcer  par l'ajout de nouvelles compétences ou passer  le flambeau aux plus capables. 

Le public rêve en couleur : Devant le peuple ostracisé et médusé qui se conforte dans des spéculations farfelues, telles que les mines de cobalt trouvées à Carrefour-Feuille, pour se donner bonne conscience, Samuel reconnaît le droit  du simple citoyen  de s'illusionner, mais pas aux scientifiques, pas aux élites, qui devraient procéder avec méthode à la recherche de la vérité. Sinon, on se ferme la trappe! 

Le crime organisé : Quand est venu le moment de parler de la sécurité, le scientifique ne se fait pas prier. Il maintient qu’elle est un bien collectif. Par négligence et par individualisme, nous avons laissé le terrain aux gangs de tout acabit qui se sont organisés. Pour lui, c’est sans équivoque, il n’existe aucune différence entre gangs à sapate et gangs à cravate. Ils sont tous les mêmes bandits. Les plus cyniques s’occupent de la politique et pillent la caisse pour se remplir les poches. Le pays demeure un terreau fertile pour les fieffés criminels du monde qui font tous voile vers Haïti. Les éléments sérieux, puisqu’il y en a, qui pouvaient modifier l’ordre des choses, se terrent et vivent comme des zombis. 

Qui est Samuel Pierre : C’est un savant qui fuit la politique comme la peste. Très apprécié au niveau international, les universités du monde entier, les conseils d’administration de plusieurs entreprises de haute technologie, ne savent à quels saints s’adresser pour l’attirer. Il répond toujours : niet! Jalousement, les gouvernements canadiens et québécois veillent au grain. Plusieurs médailles d’honneur et des prix méritoires lui ont été décernés en reconnaissance de services rendus. En référence, je vous invite à lire Wikipédia ou cet article publié sur Le Nouvelliste du 14 juillet 2009, ou sur Haïti Connexion Network, intitulé : Dr. Samuel Pierre, un savant canadien venu d'Haïti 

L’interview : C’est un entretien qui met en évidence l’intelligence de notre scientifique. À part quelques rares congénères de l’intérieur qui possèdent le curriculum du pays à son égal, 95 % des candidats à la présidence n’ont pas le dixième de sa connaissance de la situation. Au contraire, tel un refrain de carnaval, plusieurs vont s’approprier sa démonstration pour meubler leur campagne électorale. Préparez vos magnétophones et vous m’en direz tant. 

En fait, c’est une entrevue hors-série que je vous invite à écouter avec attention. Car le professeur cherche à nous extraire de cette torpeur qui ankylose nos méninges et nous porte à accepter sans rechigner ce mal incurable qui semble sans issue. Le pays se meurt à petit feu, mais Samuel demeure confiant et garde l’espoir d’une éventuelle rédemption.

Max Dorismond





Visionner l'entrevue dans toute son intégralité

Thursday, September 16, 2021

Avant que l’arrière-pays ne se dépeuple entièrement


Par Max Dorismond 

Il n’est pas loin le jour de cette catastrophe annoncée. Depuis 1957, une saignée à blanc des villes de province s’opère dans un silence troublant. Et Port-au-Prince, fondée en 1749 pour 250 000 âmes environ, se remplit à vue d’œil de ces exilés involontaires, au point d’être engorgée aujourd’hui, avec plus de 3 millions de « chrétiens vivants ». C’est à donner le tournis à tous ceux qui s’en soucient. 

Face à cette inconscience collective, nous, de la diaspora, y pensons jour et nuit, avec la sincère intention de corriger la trajectoire incandescente de ce mal incurable, comme si nous regrettons d’avoir donné le signal de départ à la meute. 

Ainsi, nous nous accrochons à toutes les bouées qui ont été lancées en ce sens, aux fins d’une solution imminente, quitte à les dupliquer. Dans cette perspective, nous avons eu l’opportunité d’écouter, via l’électronique, la conférence du Professeur Samuel Pierre, PhD, intitulée « La Cité du savoir en Haïti, un milieu innovant », prononcée cet été à l’Université du Québec à Chicoutimi, en rapport au projet de GRAHN-MONDE (Groupe de Réflexion et d’Action pour une Haïti Nouvelle), lors de la « Francophonie des Amériques ». 

Étant un sympathisant du groupe depuis sa fondation, 8 jours après le terrible séisme de janvier 2010, je suis de très près le moindre progrès dans la réalisation de ce projet titanesque débuté initialement à Génipailler (Milot), dans le nord d’Haïti, et qui tente de retenir chez nous nos jeunes, en leur offrant, par le biais de la connaissance, tous les outils nécessaires pour une vie décente, de sorte qu’ils n’aient plus besoin d’aller quémander, comme nous, outremer. 

C’est une mission échelonnée sur 30 ans qui ratisse très large au niveau humain, avec l’idée de créer un « Nouvel Haïtien » grâce à l’apport d’une nouvelle forme d’apprentissage, misant sur la science, la haute technologie, la créativité, le travail collectif et non sur l’individualisme ou la concurrence, comme par le passé, l’objet de tous nos maux. 

Pour cela, un outil puissant a été créé, c’est l’ISTEAH (Institut des Sciences des Technologies et des Études Avancées d’Haïti), une université virtuelle en ligne avec ses 200 professeurs qui sont, pour la plupart, des bénévoles. On y trouve des Africains, des Américains, des Belges, des  Canadiens,  des Français, des Haïtiens et des Suisses, qui dispensent des cours de maîtrise et de doctorat, à des compatriotes, dont plusieurs sont appelés à préparer « l’Haïtien nouveau », pris en main dès la petite enfance. 

Tout ceci n’est qu’un résumé de ce projet grandiose que nous voulons voir se déployer, se concrétiser aussi dans la Grand-Anse, comme il est déjà inscrit dans le plan de GRAHN-MONDE, sous le nom de PIGRAS (Pôle d’Innovation du Grand Sud). 

Pour vous en convaincre, je vous invite à écouter la « Conférence de Chicoutimi ». Je demeure persuadé que vous serez enchanté de découvrir que, malgré tout, il existe chez nous des hommes et des femmes qui croient encore dans la rédemption de cette île ballottée par des eaux infestées de requins de toutes les couleurs. 

Veuillez cliquer ici:  https://www.youtube.com/watch?v=8ies2krcjrA   



 

Max Dorismond

Saturday, April 24, 2021

Une interview qui transpire un ultime espoir pour Haïti

Le Professeur Samuel Pierre sur le Point de Télé Métropole
 

Par Max Dorismond.

C’est une interview électrisante qui nous arrive avec une vision d’espoir, démontrant que Haïti a encore une dernière chance pour s’en sortir. 

En réalité, la vérité qui sort de la bouche du professeur met à nu la gabegie, l’incompétence de plusieurs années de pouvoir en Haïti. Que les chefs actuels ne rougissent pas trop, car, ils ne sont pas les premiers à contribuer à la déchéance de la nation, à cause de leur ignorance. 

Toutefois, s’ils sont conscients de leur état, s’ils possèdent une once d’humanité, ils devraient du moins, soit démissionné, soit appelé des conseillers de ce type à leur rescousse, pour leur enseigner comment développer un vrai pays, en évacuant les multiples erreurs qui nous entraînent vers l’enfer. 

En fait, certaines lacunes dans notre culture, dans notre éducation ont été énumérées par le Prof. Samuel Pierre. De multiples exemples de réussites d’anciens pays pauvres, tels Taïwan, Singapour, Corée du Sud ont été mentionnés pour l’édification de l’auditeur. Avec un naturel déconcertant, le Prof répond aux questions avec son aplomb et sa compétence hors pair, pour expliquer l’échec national et la correction à y apporter. 

Une entrevue à bâtons rompus qui mérite d’être écoutée. Dans la crise sanitaire qui nous tape sur les nerfs, au moins nous avons une chance de garder l’espoir avec des visionnaires à l’instar du professeur. Toutefois, si vous êtes au pouvoir et par une prise de conscience, vous venez de découvrir après écoute que vous entraînez le pays vers sa perte, ayez le courage de démissionner. Haïti vous saura entièrement gré. 

Bonne écoute :

MaxD

Cliquer ici -->>  Le Professeur Samuel Pierre




Friday, December 4, 2020

Quand il pleut des prix d’excellence sur nos compatriotes

Pr. Samuel Pierre - Lauréat du Grand Prix d’excellence professionnelle 2020 de l’OIQ


Par Max Dorismond

Ne vous arrive-t-il pas parfois de vous réveiller un matin avec l’envie de pleurer le monde, tant les soubresauts de la vie viennent déranger votre quotidien? En ce samedi matin grisâtre, j’ai eu l’occasion, à mon réveil, de parcourir deux sujets qui sont venus me chercher.  Le premier, un éloge funèbre, venu tout droit du cœur d’Eddy Cavé, pour le décès d’un populaire Jérémien, l’inoubliable Joe Bontemps, et le second se révèle être la liste des prix de haute distinction de « L’Ordre des Ingénieurs du Québec » (OIQ), pour ses 100 ans d’existence. Vous vous demandez où est le rapport. Relaxez!

Pour le texte de Cavé, une sorte d'élégie, comme en fait foi mon commentaire que je lui avais laissé en ces quelques mots gentils : « … Mon vieux, tu as su brasser les souvenirs, au point de faire revivre à chaque arrêt du train de la vie, une part de nous, une part de notre âme, que Joe et les autres congénères disparus emportent avec eux… ». 

En effet, à travers sa prose, j’ai eu l’occasion de découvrir ma ville, exposée dans un tableau d’un bonheur contagieux et bucolique, avant le déluge de 1957 et d’autres péripéties : des artistes de renom, des musiciens classiques de talent, une école de musique, la fanfare, de célèbres écrivains et, surtout, un climat social envoûtant dans lequel des hommes d’honneur évoluaient sans nulle pensée morbide de fuir le coin de terre qui les avait vus naître, tant leur paradis leur suffisait. 

Pour enguirlander le décor, Max-Harry, le fils du décédé, avec raison, avait introduit, dans son oraison funéraire, une strophe empruntée au célèbre Charles Aznavour, dans « La Bohème » : « Je vous parle d’un temps, que les moins de vingt… plutôt 40, 50 ans… ne peuvent pas connaître ». Il a frappé en plein dans le mille. Sa valse-hésitation dans la durée a confirmé l’itinérance mémorielle et la beauté du passé de son père adoré. 

Vraiment, ma génération n’avait pas eu le temps et l’occasion de connaître, sous toutes leurs coutures, ces parenthèses enchantées. À notre époque, c’était le black-out social. Le temps semblait s’être enroulé sur son socle. Aucun poète, aucun écrivain majeur n’osait se montrer le museau. Aucun artiste d’envergure, à part notre Malou local, ne vint tenter le diable, de peur d’inciter la suspicion des tontons flingueurs. Fermées les écoles de musique! Barricadés les clubs sociaux! On écrivait dans le noir! À preuve, au cours de l’année 2012, pour illustrer cette période obscure, j’avais mis des mots sur les exactions, les crimes et les vertiges, en bariolant le surnom de ma ville dans un article inattendu : « Jérémie - Ne m’appelez plus jamais la Cité des poètes ». 

À l’époque, toute forme de vedettariat devait arborer un habit de « gros bleu », un chiffon rouge autour du cou et, surtout, prêter le serment d’allégeance à Papa. Un quidam, qui n’avait pas l’intention d’obtempérer, était condamné à rester bouche cousue et à épouser la couleur des murs qu’il rasait en faisant le mort, jusqu’à son départ vers la capitale, sur la pointe des pieds, pour laisser plus tard le pays et se libérer de ces stéréotypes aliénants, dans un enchevêtrement de souffrances. 

Adieu artistes, adieu poètes, adieu créateurs, adieu progressistes, adieu terre natale…. Notre génération mal née était vouée à l’errance. Ces voyages, non désirés, ont permis aux pays d’accueil de nous découvrir, de nous apprécier et d’utiliser notre potentiel dans leur plan de développement. C’est là qu’est venue me surprendre la liste des gagnants de l’Ordre des Ingénieurs du Québec, (l’OIQ). 

Des prix d’excellence pour des congénères perdus à jamais pour Haïti 

Nullement surpris, pour le 1er lauréat des lauréats de la fameuse liste, notre compatriote, le Dr. Samuel Pierre, Professeur titulaire au département de génie informatique et de génie logiciel de Polytechnique Montréal, a décroché la plus haute des distinctions pour les 100 ans de l’OIQ. Mon ami Samuel est déjà honoré par tant d’institutions et tant de pays que je lui ai déjà suggéré, à la blague, « de blinder les murs de sa maison, sinon elle risque d’imploser sous la pression de ses multiples trophées accumulés dans le temps ». 

Et l’Université, la fierté émoussée, s’est empressée de rapporter que : « L’Ordre des ingénieurs a souligné que le Pr. Pierre menait, depuis plus de 30 ans, des travaux novateurs qui ont permis de trouver des solutions originales à des problèmes de grande complexité, par exemple la réduction de l’impact écologique des systèmes infonuagiques. Ces travaux ont été accomplis en collaboration avec des collègues de Polytechnique Montréal et avec des entreprises, des institutions gouvernementales et des administrations municipales. 

L’OIQ a mentionné également que les réalisations du Pr. Samuel Pierre lui ont valu de nombreuses distinctions, dont le « Prix Mohamed El Fasi de l’Agence universitaire de la Francophonie » qui récompense l’ensemble de l’œuvre d’une personnalité dont l’action scientifique a exercé une large influence à l’échelle internationale ». 

Deux autres compatriotes, les ingénieurs Patrick Paultre (Grand Prix d’excellence professionnelle - Université de Sherbrooke) et Suze Youance (Progression des femmes dans la profession – École de technologie supérieure) ont été des finalistes parmi des centaines et des centaines de candidats. 

Entre nous, disons-le tout bas, ces congénères choyés, dorlotés par le pays d’accueil, est-ce pour leurs beaux yeux ou pour leur teint noir qui contraste avec la blancheur de sa neige. Loin de ces puériles pensées, ce qui intéresse avant tout ce dernier, c’est la supériorité de leur esprit, leur ardeur à la tâche, etc… Quitte à ce que, demain, ces nations bénéficiaires se montrent condescendantes pour nous enfumer de leur supériorité surfaite et du mépris, émanant de leur instinct colonialiste, qui reprendra le dessus, en oubliant volontairement que les enfants du « Shit-hole » avaient contribué à les catapulter au palmarès du progrès et de la science. 

Entretemps, chez-nous, l’expression « Esprit supérieur » est bannie du vocabulaire des dirigeants. C’est le népotisme à plein nez… la Familia a une patrie…, le club, les petits amis demeurent le pivot des choix. Et la formule fraternelle vient cimenter le serment du clan : « Grate do m, ma grate do w. Se  kolonn ki batt! ». D’où la fuite des cerveaux de « l’Égypte des pharaons », le corollaire de cet état de fait, qui vient confirmer la cause fondamentale de notre sous-développement chronique. 

Pour les survivants, qui résistent malgré eux, il faut consentir à jouer le jeu du « pwen fè pa », dans une ambiance délétère, qui finira par faire tourner les têtes et susciter des vocations de corrompus de génie. Malgré ce sombre tableau, certains optimistes trouvent encore le courage et la force de penser à la rédemption et à l’émergence d’Haïti, un jour venu. 

Allons donc, amis! Continuons de rêver, les yeux ouverts! Pendant ce temps, les pays d’accueil laissent leurs portes grandes ouvertes pour siphonner nos surdoués sans rien nous offrir en retour. Enbesil ki bay, sòt ki pa ramase!

 

Max Dorismond mx20005@yahoo.ca

 


 

Note 

1 – Le texte de l’Université : https://www.polymtl.ca/carrefour-actualite/nouvelles/le-professeur-samuel-pierre-laureat-du-grand-prix-dexcellence-professionnelle-2020-de-loiq 

2 – Liste des récipiendaires : https://www.oiq.qc.ca/fr/jeSuis/membre/prixDistinctions/Pages/soiree-excellence-prix.aspx



Tuesday, October 6, 2020

Un dernier hommage du Professeur Samuel Pierre à Me Dorval

Les avocats du barreau de Paris durant leur hommage à Me Dorval

À ce brillant esprit, disparu, que le monde a pleuré amèrement, le Professeur Pierre a jugé nécessaire d’apporter sa voix pour souligner ce départ  tout aussi cruel que prématuré. Reconnaissant le génie de ce grand personnage, le Professeur a trouvé des mots électrisants pour saluer sa mémoire, sa compétence, et son éphémère passage au milieu des siens, de son pays qu’il voudrait bien voir évoluer dans le sens de l’histoire.hg

Jusques à quand?

« Me Dorval n’est pas au service de lui-même. Je ne m'appartiens plus, j'appartiens au pays. Je fais le sacrifice de ma vie pour servir le pays. J'aime ce pays. Nous avons une grande histoire ».Tels furent les derniers mots du professeur Monferrier Dorval !

Des propos qui constituent en soi un legs puissant laissé par maître Dorval à ses compatriotes soucieux de changements positifs pour le pays.

Une déclaration de patriotisme à la fois sublime et authentique qui tranche avec l’opportunisme mercantile qui devient de plus en plus la marque de commerce de notre société.

Une prémonition trop vite réalisée et qui a fait perdre au pays un de ses plus brillants esprits.

Mieux encore, une de ces figures, de plus en plus rares au pays, qui a fait de l’intégrité et de l’indépendance d’esprit le fil conducteur de sa pensée et de son action.

Une déclaration qui se termine par un rappel de la grandeur de notre histoire. Une grandeur passée, contrastant tristement avec notre descente aux enfers que nous ne faisons que constater.

Une descente aux enfers qui nous semble sans limites et qu’aucune volonté, quelle qu’elle soit, ne semble capable de freiner.

Un des plus illustres personnages de notre indépendance et de notre histoire, Toussaint Louverture, au moment de sa déportation sur ordre de Bonaparte au fort de Joux où il meurt le 7 avril 1803, avait lui aussi prophétisé ce qui suit:

« En me renversant, on n'a abattu que le tronc de l'arbre de la liberté des Noirs; il repoussera par les racines parce qu'elles sont nombreuses et profondes. »

Pouvons-nous espérer, au regard de ces deux puissantes déclarations datant l’une de 1802 et l’autre de 2020, que Haïti serait à la veille d’une nouvelle ère? Une nouvelle ère de libération, d’émancipation véritable, d’une réelle indépendance avec un réel droit à l’autodétermination et à la prise en main de son destin. La société haïtienne entretient désespérément cet espoir.

Le professeur Dorval rentre désormais dans ce club sélect de patriotes distingués qui ont travaillé toute leur vie pour une Haïti meilleure. Cette classe restreinte de citoyens et de vrais défenseurs de la justice pour tous, qui ont payé de leur vie leur attachement à un État de droit, à un État moderne, à un État qui est à l’écoute de sa population et qui se met à son service. Un État qui protège les faibles et les plus démunis en leur donnant accès aux services de base auxquels ils ont droit, dans la dignité et l’autonomie qui élèvent chaque personne au statut d’être humain à part entière. Au statut d’être libre.

C’était le combat mené par Toussaint Louverture quand il a été déporté en 1802.

C’était aussi le combat mené par Dessalines qui a été assassiné au Pont-Rouge le 17 octobre 1806.

C’était aussi le combat mené par Charlemagne Péralte qui a été assassiné le 1er novembre 1919 près de la Grande-Rivière-du-Nord.

En fait, c’était le combat mené par plusieurs figures progressistes de notre histoire, lointaine et récente, des personnalités qui ont consacré presque toute leur vie à lutter pour l’avènement d’une Haïti meilleure.

Monferrier Dorval est donc de cette lignée de grandes figures de notre histoire qui ont fait le sacrifice de leur vie pour servir le pays en citoyen responsable.******

Jusques à quand allons-nous assister, impuissants, à la destruction de toutes ses vies humaines – innocents pauvres, innocents riches, innocents ni riches ni pauvres – sans pouvoir leur rendre justice ou mettre fin à cette furie mortifère?

Jusques à quand allons-nous assister, impuissants, à l’assassinat de nos héros de tous les temps, dans une parfaite impunité qui fait de chaque personne vivante une proie facile pour les meurtriers sans pitié ni états d’âme?

Jusques à quand allons-nous assister, impuissants, à la transformation du pays en un enfer où l’espoir d’un lendemain meilleur se dissipe de jour en jour pour ses paisibles citoyennes et citoyens?

Jusques à quand allons-nous assister, impuissants, au départ massif de nos jeunes vers des cieux qu’ils anticipent plus cléments, parce que la société haïtienne n’est pas capable de leur fournir un brin de perspective d’avenir?

Jusques à quand allons-nous assister, impuissants, à la méfiance collective qui nous empêche de nous mettre ensemble pour trouver notre voie, un vivre-ensemble qui accepte nos différences, dans le respect des uns et des autres, tout en réduisant les énormes inégalités et l’injustice ambiantes?

Jusques à quand allons-nous assister, impuissants, au sauve-qui-peut généralisé qui nous condamne à l’indifférence envers le sort des personnes en désarroi que nous croisons sur nos chemins et à qui nous refusons toute manifestation d’empathie?

Jusques à quand allons-nous assister, impuissants, à la dictature d’une minorité non inspirée ni inspirante, qui entraine une majorité silencieuse au découragement, à la faillite, au désespoir, à la peur, à l’abandon du pays, en enlevant toute valeur à la vie humaine?

Jusques à quand allons-nous assister, impuissants, à la détérioration de notre image collective, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, comme un pays incapable de se prendre en main et qui s’enfonce chaque jour davantage dans l’anarchie, l’insécurité et la pauvreté?

Jusques à quand allons-nous assister, impuissants, au positionnement d’Haïti comme chef de file mondial des pays exportateurs de talents qui ne sont pas reconnus pour leur mérite, ni promus à cause de leurs compétences, ni valorisés pour leur savoir-être, ni protégés par la terre qui les a vus naître?

Jusques à quand allons-nous accepter, pays pauvres que nous sommes, que les familles investissent massivement dans l’éducation de leurs enfants pour qu’ils aillent, finalement, œuvrer au développement et à l’enrichissement de sociétés plus nanties que nous?

Jusques à quand allons-nous assister, impuissants, aux assauts quotidiens portés à l’État de droit et à la lutte contre l’impunité, quand on sait que c’est la seule façon d’arriver à une société plus juste et plus vivable pour les citoyennes et les citoyens de toutes les classes sociales?

Jusques à quand allons-nous accepter, impuissants, à ce que notre système judiciaire propage l’injustice et entretient l’impunité qui met en danger la vie de toutes les citoyennes, de tous les citoyens, même celle de nos plus éminents juristes?

Jusques à quand allons-nous accepter, impuissants, que les porteurs de lumière soient lâchement abattus afin de maintenir – le plus longtemps possible et le plus grand nombre possible – dans une profonde obscurité qui compromet tout espoir de progrès social?

Jusques à quand allons-nous assister, impuissants, à ce que le rêve du professeur Monferrier Dorval de maintenir Haïti dans la grandeur de son histoire disparaisse avec son départ tout aussi cruel que prématuré?

Jusques à quand?

Samuel Pierre

25 septembre 2020



Thursday, September 24, 2020

Le Dr. Samuel Pierre de passage sur le plateau de Haïti Connexion Network

« … J’aimerais améliorer Haïti. Mais, avec le peu d’intelligence que j’ai, eh bien, j’ai pu observer qu’il n’y a pas beaucoup d’Haïtiens qui ont été présidents et qui ont amélioré cette société. Donc de deux choses l’une : ou tu veux devenir président, auquel cas tu prends la voie qui est presque certaine de ne rien faire pour améliorer ton pays, ou tu prends une voie autre qui t’offre de meilleures chances. J’ai choisi la voie autre » dixit le Dr. Samuel Pierre, suite à une question d’un panéliste. (Voir la vidéo).

Directes et explicites, ses réponses fusent à la vitesse de l’éclair et vous désarçonnent. Voilà le Professeur émérite, le fondateur de GRAHN-MONDE, qui a su fédérer plusieurs centaines de compatriotes et d’étrangers, pour travailler sur un projet de 30 ans, à la métamorphose de ses frères, à tous les niveaux, en des « agents de changement positif », en des éléments responsables, imputables, dotés d’une vision de bien-être pour la collectivité. Le GRAHN, (Groupe de Réflexions et d’Actions pour une Haïti Nouvelle), qui fête ses 10 ans cette année, est un « Think Thank » dédié à changer le destin de notre pays avec la force et le génie de ses fils sans passer par le canal du pouvoir ou de la présidence. La présidence de tous nos maux. 

Quand notre collaborateur, son ami, le bien connu Max Dorismond, nous a proposé de l’inviter, ce fut accepté avec avidité, tant nous voulions tout savoir sur ce personnage haut en couleur, sur lequel Mr. Dorismond avait rédigé un article dans le journal Le Nouvelliste de juillet 2009 : « Dr. Samuel Pierre - Un savant canadien venu d'Haïti ». 

En effet, ce fut vraiment très agréable d’entendre, le célèbre invité décrire ce projet citoyen et surtout de l’ISTHEA, un autre volet de formation en ligne, qu’il offre, via l’internet et sur place en Haïti, sous le chapeau de plus de 200 autres professeurs étrangers et de la diaspora pour former des PhD et des diplômés en maîtrise, aux fins de rehausser le niveau des leaders de demain. C’est le début d’un rêve qu’il caresse depuis toujours, soit : « Construire une Université Haïtienne pour une nation haïtienne de bien-être et de prospérité ». 

Il avait tellement à dire que nous y serions restés suspendus à ses lèvres, la journée entière. Car, en une heure, c’est très peu. Toutefois, veuillez l’écouter dans cette vidéo, tout en caressant l’espoir de le revoir dans un futur pas trop lointain.

 Bonne écoute.

Haïti Connexion Network

Dr. Samuel Pierre de passage sur le plateau de Haïti Connexion Network





Saturday, May 9, 2020

Covid-19 : «L’université en Haïti doit se réinventer », exhorte le professeur Samuel Pierre

Invité à prendre part à une discussion organisée par la Conférence des recteurs, des présidents et dirigeants d’institutions d’enseignement supérieur haïtiennes (Corpuha) autour du thème « L’université haïtienne au temps du Covid-19 : défis, opportunités et perspectives pour la reprise et la reconstruction dans le contexte post-pandémie », le professeur Samuel Pierre, qui dirige le Groupe de réflexion et d’action pour une nouvelle Haïti (Grahn-Monde), croit que le contexte de crise provoquée par le coronavirus montre la nécessité pour l’université en Haïti de se réinventer.  


Le professeur Samuel Pierre
Photo ( Le Nouvelliste )
Le professeur Samuel Pierre a évoqué le contexte très particulier qu’impose cette pandémie affectant la planète entière et constituant une source de préoccupations pour Haïti, comme pour l’ensemble du monde. Pour le spécialiste en réseaux de communication câblés et sans fil, de l’informatique mobile et du téléapprentissage, cette situation nous amène à voir que l’université en Haïti doit se réinventer dans la mesure où nous avons une université qui fonctionne avec des méthodes traditionnelles qui ne tiennent plus la route.
Selon le chercheur haïtien qui dirige le Groupe de recherche en réseautique et informatique mobile (GRIM), ainsi que le Laboratoire de recherche en réseautique et informatique mobile (LARIM) à l’École polytechnique de Montréal (Canada), le modèle traditionnel centré fondamentalement sur l’enseignement de type instruction avec des élèves et étudiants dispensé dans une salle de classe et un professeur en avant et détenteur d’un savoir qu’il diffuse est dépassé. Un tel modèle, selon lui, ne correspond pas à la situation d’aujourd’hui. Il faut faire autre chose, a-t-il soutenu.
Le professeur Pierre estime que la place de l’université doit être au cœur du débat dans la société. « Nous avons des institutions universitaires en Haïti qui sont cantonnées dans l’enseignement traditionnel et qui n’interviennent pas dans le débat public. Les lieux de prise de parole n’incluent pas l’université. Quand cette dernière intervient, c’est pour faire des revendications (quoiqu’elles soient légitimes). Mais ce n’est jamais pour défendre l’intérêt général au sein du milieu universitaire. Les lieux de pouvoir qui sont investis, ce sont des lieux de pouvoir qui ne sont pas exclusivement réservés aux universités… », a observé le professeur, évoquant plutôt la prédominance des débats politiques.
Pour le chercheur haïtien, il manque une parole de science, de fait, de vérité, d’objectivité. Les gens interviennent avec leur parti pris allant, tout à fait, à l’encontre de l’esprit scientifique où l’on essaie de poser les problèmes ou de les résoudre avec une certaine objectivité. Selon le professeur, l’université devrait être ce lieu où l’on articule le débat s'appuyant sur des faits, sur la science pour éclairer la société. L’approche  universitaire, qui a sa place dans les débats, doit être préservée notamment dans l’espace universitaire. 
Si certains estiment que la crise du coronavirus peut être une occasion pour le pays de repartir sur de nouvelles bases, le professeur Samuel Pierre, lui, se veut prudent. Pour lui, le pays avait raté l’occasion en or qui lui était présentée après le séisme  du 12 janvier 2010 pour faire un saut dans la modernité. Mais le comportement des compatriotes haïtiens laisse encore des goûts amers, car ils n’ont pas vraiment profité des moyens qui étaient  placés à leur disposition pour faire avancer le pays. « On ne tire pas les leçons des malheurs qui nous arrivent. Très souvent, on tourne la page sans jamais tirer de leçon, et on continue la vie comme s’il ne s’était rien passé », regrette le professeur Pierre, qui est aussi l’un des responsables de l’Institut des sciences, de technologie et des études avancées d’Haïti (ISTEAH), une institution universitaire qui offre, pour le moment, des programmes de formation en maîtrise et  en doctorat, et qui donne sa formation essentiellement à distance.


Wednesday, May 10, 2017

Samuel Pierre nouveau lauréat de la science francophone

Le lauréat du prix Mohamed El Fasi a été annoncé le 26 avril dernier. Il s'agit d'un Canadien d'origine haïtienne, Samuel Pierre, ingénieur en technologies de l’information et de la communication.
L’ingénieur en technologies de l’information et de la communication, Samuel Pierre, est le nouveau lauréat du prix Mohamed El Fasi. L’annonce en a été faite ce 26 avril 2017 par l’Agence universitaire de la Francophonie, qui délivre le prix tous les quatre ans.
Samuel Pierre, expert canadien d’origine haïtienne, est professeur titulaire au département de génie informatique et génie logiciel de l’Ecole polytechnique de Montréal. Il est également expert pour l’Organisation internationale de la Francophonie depuis cinq ans.
Avant cela, il a suivi à Montréal des études en mathématiques-informatique, en sciences économiques, en génie civil et en génie électrique. Il a déjà été distingué à plusieurs reprises, notamment par l’Institut canadien des ingénieurs. Il est également membre de l’Ordre du Canada.
Par ailleurs, Samuel Pierre est l’un des fondateurs et président du Groupe de réflexion et d'action pour une Haïti nouvelle, dont l’objectif est « de formuler des propositions concrètes aux instances concernées par la reconstruction d'Haïti, en se basant sur des réflexions menées selon une approche participative, en mettant à contribution les expertises et sensibilités disponibles tant à l'intérieur qu'à l'extérieur d'Haïti. »
Le prix Mohamed El Fasi a été créé il y trente ans, en 1987, en hommage à l’un des membres fondateurs de l’Agence universitaire de la Francophonie. Il récompense le travail d’une personnalité marquante des réseaux de la Francophonie, indique l’agence.

Samuel Pierre : s'intéresser aux retombées de la science sur la vie concrète des gens

TV5Monde : Quel est l'objet de vos recherches ?
Le point central de mon travail, dans lequel je suis spécialisé, est la gestion de la mobilité dans les réseaux mobiles. En termes simples, cela signifie que lorsque nous appelons quelqu'un avec un cellulaire, il faut le retrouver là où il se trouve sur la planète, pour pouvoir établir la communication téléphonique. Mon travail de recherche consiste à mettre en place des algorithmes et des protocoles de communication qui permettent de retrouver cette personne-là et d'établir le contact.
A coté de cela, je travaille sur le développement d'applications et de méthodes pour exploiter des infrastructures mobiles, et sur le télé-apprentissage, e-learning en anglais, pour permettre aux gens d'apprendre à distance sur les infrastructures technologiques.
TV5Monde : Que doit vous apporter ce prix ? Il est doté de 15000 euros. Pensez-vous les utiliser pour vos recherches ?
Ce prix souligne mon travail de chercheur, mais couronne l'ensemble de ma carrière et comporte plusieurs aspects. Il y a la recherche, qui est l'aspect le plus important, mais il y en a d'autres comme l'implication, le travail de coopération et de développement... Et je suis très impliqué dans le développement. Je suis le scientifique qui s'intéresse aux retombées de la science sur la vie concrète des gens.
A ce titre, j'ai plusieurs projets, dont l'un qui me tient particulièrement à cœur en Haïti, mon pays d'origine. Il s'agit d'une cité du savoir. C'est un projet très ambitieux où nous voulons, sur un même espace, regrouper un centre d'excellence universitaire et un complexe scolaire avec un centre de la petite enfance ainsi que des écoles primaire, secondaire et d'enseignement professionnel, un secteur de service comprenant un incubateur d'entreprises, une résidence pour les étudiants et pour les professeurs, du service à des entreprises, un centre sportif. Plus un quatrième secteur, agricole.
Ce projet va s'échelonner sur plusieurs années. Il a d'ailleurs déjà démarré et il occupe une bonne partie de mon énergie à la fois physique et mentale.

TV5Monde : Existe-t-il une réalité de la science francophone ?
Pour moi, il n'y a pas une science francophone. Il y a une science tout court, portée par des personnes qui ont des langues d'appartenance très diverses. Si des fois, nous choisissons de publier des articles en anglais, c'est peut-être pour des exigences d'exposition des travaux et d'une meilleure circulation des idées. Mais celles-ci sont portées par des personnes qui sont elles-mêmes porteuses d'une langue.
Dans mon cas c'est le français. Je vais très régulièrement à des conférences où c'est l'anglais qui est la langue d'usage, mais à part les moments de présentation, les échanges se font dans les langues qui conviennent aux personnes. Dans mon cas, c'est le français. C'est donc une combinaison. Il y a des langues d'origine que nous sommes a priori portés à utiliser dans la vie quotidienne. Mais quand vient le moment d'étendre le champ de partage à l'échelle de la planète, nous convenons qu'il y a des langues qui s'y prêtent mieux et nous les utilisons. Elles deviennent des langues d'usage pratique. C'est une commodité pour faciliter la parole à plus d'un nombre.
Source : tv5monde

Wednesday, January 27, 2016

PIGRAN : PROJET ISTEAH GRAND NORD – PREMIERE PIERRE

Odette Roy Fombrun est une citoyenne de grande valeur, ce bel
esprit qui a remis au goût du jour l'esprit amérindien d'Haïti.      
                                                                                                
Forte de ses 98 ans 1/2, madame Fombrun n’a pas pu être physiquement présente sur les lieux pour la première pierre de ce superbe projet.  Mais soyez assurés qu’elle est bien présente parmi nous tant par la pensée que par ma voix. Je vous apporte sa photo pour vous confirmer sa présence parmi nous.

Voici son message.

« Je salue toute l’assistance présente à cette importante cérémonie. Je me réjouissais à l’avance de participer à la pose de cette première pierre tant j’admire les initiatives de ce combattant infatigable qu’est Samuel Pierre.  A vrai dire, il me rappelle un peu moi-même ; est-ce pourquoi je n’hésite pas à lui décerner à mon tour le sobriquet tant apprécié qui m’a souvent été attribué, celui de « coq batay ».  Je dois vous avouer que je continue de mener le combat sans jamais penser à mon age.  C’est d’ailleurs cette omission qui m’avait fait croire que je pourrais être présente à cette cérémonie ; mais la sagesse a eu le dessus en me forçant à changer d’avis et à demander à ma fille de me représenter.

Sans doute, ce titre un peu pompeux de Présidente d’honneur du PIGRAN m’a été attribué à cause de mes 98 ans bien sonnés, mais surtout, je veux le croire, en reconnaissance des luttes menées toute ma vie en faveur de l’éducation.  Et c’est aussi pour la lutte que j’ai menée en faveur du créole en tant que langue nationale que l’Académie Créole m’a attribuée une plaque d’honneur. J’en profite donc pour transmettre mes plus vifs remerciements tant à l’Académie qu’à ce grand éducateur qu’est Samuel Pierre.

A ce lutteur infatigable j’exprime mon admiration pour son courage et sa persévérance. Il avance toujours, en dépit de nombreuses difficultés rencontrées ; difficultés qui sans nul doute auraient pu lui faire baisser les bras.  Mais bien au contraire, ces difficultés semblent fouetter son orgueil car ils les voient comme des DÉFIS à relever et, en fait…. il s’acharne à les relever.
Maquette de la cité du  Savoir et Pose de la première pierre par Samuel Pierre 

Apres avoir monté avec succès l’ISTEAH (Institut des sciences, des technologies et des études avancées d'Haïti), voilà qu’au lieu de s’asseoir sur ses lauriers il décide de poursuivre avec le grand projet PIGRAN à Milot, sur 28 hectares de terre! En effet, ce formidable complexe scolaire comprendra une école maternelle, une école fondamentale, une école secondaire, une école professionnelle, un centre universitaire, des services et résidences, un intéressant centre sportif, et une importante section dédiée au développement agricole et équipée de laboratoire de recherches. Ce sera en fait un complexe modèle dont le succès, je l’espère bien, entrainera sa reproduction successive dans chacun des autres départements du pays. Bien sur, il importera ici que la communauté de Milot, que ce projet va desservir, en soit partie prenante. Qu’elle s’engage à respecter les règles du jeu démocratique et les principes de coopération et de partage du FAIRE ENSEMBLE prônés par le KONBITISME. Evidemment, je ne peux m’empêcher de souhaiter vivement que le gout de la lecture soit inculqué aux enfants des leur plus jeune âge et que l’Education civique y occupe une place de choix dans toutes les étapes de formation du citoyen.  
       
Je cite le PIGRAN : Le PIGRAN  « travaillera en étroite collaboration avec les ministères concernés, les Chambres de commerce, les entreprises et coopératives locales, les écoles et établissements universitaires de la région, constituant ainsi un écosystème socio-économique créateur de richesses et d’emplois pour réduire la pauvreté ». Inutile de vous dire que les perspectives d’impact positif et déterminant sur la pauvreté par la création de nouveaux et nombreux emplois augmentent encore davantage mon intérêt pour ce projet car la Fondation Odette Roy Fombrun, la FORF que je préside et que dirige ma fille, s’investie avec ardeur dans la lutte pour le développement des communautés de l’intérieur par la production de richesses basée sur l’exploitation des richesses naturelles, culturelles et historiques dont Haïti regorge, en particulier le Nord. Sans le développement des communautés de l’intérieur, il n’y aura pas de salut durable pour Haïti.

Il ne fait aucun doute que les progrès de la science et des nouvelles technologies seront définitivement mis à contribution et permettront aux étudiants de pénétrer les plus hautes sphères de l’information et de la formation.  Ils seront à même de suivre à distance des cours et conférences de choix donnés  dans d’autres universités et institutions à l’étranger et d’échanger avec des sommités. C’est l’ouverture illimitée vers le monde extérieur.


Pose première pierre par Samuel Pierre
(Cliquez pour agrandir)
Tout en félicitant le docteur Samuel Pierre pour son audace et sa discipline, son courage et sa ténacité face aux nombreuses embuches que la division de notre monde politique impose aux entrepreneurs de tous genres, je sais que ceci n’est pas l’œuvre d’un seul homme.  Il a fallu la mise en commun de beaucoup d’hommes et de femmes de grande valeur, convaincus et unis autour de lui pour concevoir et construire ce beau rêve, dans l’esprit le plus pur du Konbitisme bâtisseur.  Aussi, je salue chacun de vous en particulier, présents et absents, et vous remercie chaleureusement.            
Je formule donc tous mes vœux de plein succès tout en souhaitant la paix et la stabilité pour  Haïti afin de garantir la réussite sans ambages de ce superbe projet du PIGRAN.  Nous sommes fiers de participer à la pose de cette première pierre si prometteuse.  C’est l’avenir qui s’ouvre pour la jeunesse de notre pays et pour les citoyens de demain qui en sortiront.
Merci et bon travail à toute l’équipe !                           

Odette Roy Fombrun 

 Odette Roy Fombrun, 5 Questions pour Île en île

Thursday, January 14, 2016

Le séisme haïtien, six ans après: docteurs ès Haïti

Samuel Pierre
Le savant canadien venu d'Haïti
Il y a six ans, la terre tremblait en Haïti, entraînant dans la mort 230 000 personnes. Si beaucoup d’organismes internationaux se sont lancés à la rescousse du pays, les Haïtiens –sur place et dans la diaspora – ont aussi mis la main à la pâte de la reconstruction. De Montréal a émergé une université. Largement virtuel depuis deux ans, l’établissement sortira de terre dès demain matin.

Une fois par mois, la professeure Chantale Jeanrie a rendez-vous avec l’avenir d’Haïti. De son bureau de l’Université Laval, elle dirige les travaux de doctorat d’un étudiant de Port-au-Prince. Ce dernier, qui planche sur les problèmes d’alphabétisation dans son pays, sera parmi les premiers titulaires d’un doctorat formés en Haïti par une université conçue à Montréal.

Mise sur pied par un professeur de génie de Polytechnique Montréal, Samuel Pierre, et par un groupe d’amis d’Haïti qui s’est formé dans la métropole québécoise au lendemain du tremblement de terre de 2010, l’Institut des sciences, des technologies et des études avancées d’Haïti (ISTEAH) a vu le jour en novembre 2013.

Première université haïtienne à offrir des formations doctorales dans la Perle des Antilles, aux dires de M. Pierre, l’ISTEAH compte aujourd’hui plus de 190 étudiants. Cette année, les premiers diplômés à la maîtrise recevront leur diplôme. En 2017, ce sera le tour des premiers doctorants.

« Les besoins en éducation supérieure sont décuplés en Haïti. Les étudiants veulent avoir les ressources et les connaissances qui leur permettront de reconstruire le pays. »

— Chantale Jeanrie, professeure à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval et enseignante à l’ISTEAH

Pour le moment, ces ressources manquent cruellement. Même si le pays compte plus de 200 universités, tout juste une centaine de titulaires de doctorat y vivent.
Résultat : l’ISTEAH, à l’exception d’un seul professeur embauché l’été dernier en Haïti, compte sur un réseau de 167 professeurs qui vivent à l’étranger et donnent bénévolement cours et encadrement à coups de séances sur Skype.

Certains de ces volontaires se rendent aussi en Haïti pour de courts séjours. Mme Jeanrie a déjà fait le voyage deux fois et compte le répéter l’automne prochain. « C’est très nourrissant, dit-elle. Surtout quand je suis en contact avec des étudiants qui ont la motivation de changer les choses. »
  
PROBLÈMES ET SOLUTIONS HAÏTIENNES
L’université, largement virtuelle pour le moment, ne le restera pas longtemps. Demain, au lendemain du sixième anniversaire du terrible séisme qui a tué 230 000 personnes, une première pelletée de terre sera soulevée sur un grand terrain de Milot, à 5 km de Cap-Haïtien, la deuxième ville en importance du pays. D’ici 2020 y poussera la Cité du savoir, un grand campus qui vivent à l’étranger et donnent bénévolement cours et encadrement à coups de séances sur Skype.

Certains de ces volontaires se rendent aussi en Haïti pour de courts séjours. Mme Jeanrie a déjà fait le voyage deux fois et compte le répéter l’automne prochain. « C’est très nourrissant, dit-elle. Surtout quand je suis en contact avec des étudiants qui ont la motivation de changer les choses. »

PROBLÈMES ET SOLUTIONS HAÏTIENNES
En 10 ans, Samuel Pierre, qui préside l’ISTEAH, espère voir émerger 1000 experts dans un petit éventail de domaines prioritaires, soit le génie, l’administration des affaires, les sciences de l’éducation et de la santé.

Samuel Pierre a mis sur pied la première
université à offrir sur le sol haïtien des  
formations doctorales.                             
« En Haïti, quand on a besoin de solutions, on fait venir des gens de l’étranger. Le pays n’a pas la capacité de penser ses propres problèmes. On espère remédier à ça. Nos étudiants vont trouver des solutions haïtiennes aux problèmes haïtiens », dit l’ingénieur originaire des Cayes.

L’université, largement virtuelle pour le moment, ne le restera pas longtemps. Demain, au lendemain du sixième anniversaire du terrible séisme qui a tué 230 000 personnes, une première pelletée de terre sera soulevée sur un grand terrain de Milot, à 5 km de Cap-Haïtien, la deuxième ville en importance du pays. D’ici 2020 y poussera la Cité du savoir, un grand campus qui donnera du travail aux nouveaux titulaires de doctorat haïtiens, issus de l’ISTEAH. Ces derniers y deviendront à leur tour professeurs.

Cette approche n’est rien de moins qu’une petite révolution, selon Samuel Pierre, qui constate que l’exode des cerveaux est l’un des plus grands problèmes d’Haïti.

« De 100 Haïtiens qui ont fait des études supérieures, 83 vivent à l’étranger. Haïti a été décapité. Pendant la dictature des Duvalier, les cerveaux ont commencé à quitter le pays, et ça n’a jamais arrêté. »

— Samuel Pierre, professeur de génie de Polytechnique Montréal et fondateur de l’ISTEAH

« Nous devons redonner une tête à Haïti », ajoute le professeur de génie, convaincu qu’en formant des gens en Haïti et en leur offrant un emploi de bonne qualité, le pays a plus de chances de retenir ses cerveaux.

SOUTIEN CANADIEN
Actuellement, le soutien pour le projet est largement canadien. L’ISTEAH est notamment financé par le Centre de recherche en développement international (CRDI), qui a lui accordé un fonds de démarrage de 600 000 $ pour quatre ans.

« Ça nous permettra de nous rendre jusqu’à la remise des diplômes de nos premiers doctorants », dit M. Pierre.

En plus de Polytechnique Montréal, où enseigne Samuel Pierre, l’ISTEAH collabore aussi avec une brochette d’universités québécoises (dont l’Université du Québec à Montréal et l’Université du Québec à Trois-Rivières), françaises et américaines.

Les forces vives derrière le projet essaient maintenant de trouver les fonds pour la construction de la Cité du savoir, un projet de 50 millions sur 20 ans. Les gouvernements sont sollicités, ainsi que la grande diaspora haïtienne, concentrée au Québec et aux États-Unis. « À terme, on veut faire de la Cité du savoir une ville qui contribuera au développement du nord d’Haïti », conclut Samuel Pierre.


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