Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Monday, January 31, 2022

L'invasion russe en Ukraine.

Y aura-t-elle une invasion russe en Ukraine ou non ?

Tout semble prévoir dire non. Car, au début, avec cette armada de soldats aux frontières de l'Ukraine, cette invasion apparaissait résolue, certaine et imminente. Mais, ayant perdu son momentum avec les déclarations de représailles rapides, écrasantes de l'occident, le risque d'invasion est devenu désormais, moins probable. Le président Poutine pensant vouloir rééditer son action en Crimée, et dans les territoires de l'Ukraine annexés par les sympathisants russes, s'est heurté cette fois-ci devant une coalition déterminante et menaçante de l'occident. Et Poutine est peut-être l'un des plus grands stratèges politiques du monde contemporain, mais il sait que la Russie de nos jours n'est plus l'ancienne Union soviétique. Elle est devenue, qu'on le veuille ou non, un État de second ordre avec un démographie de moins de 150 millions, très en dessous de celle il y a 40 ans et une économie en défaillance. Oui, elle a encore une force militaire toujours capable de faire peur et d'envahir tous les petits pays satellites autrefois membres du Soviet Suprême, mais comment pourrait-elle aujourd'hui entretenir une telle occupation, quand l'occident tient autour d'elle un embargo économique presque total. 

Maintenant, Poutine pris dans ses propres stratégies, ses propres filets, fait des pirouettes pour s'en défaire sans dommages et sans perdre de prestige et devant les russes et devant le monde entier. Mais, c'est certain, tôt ou tard, il va payer pour ce mauvais coup. 

Jean Mathurin

Le président Macron et son homologue russe Vladimir Poutine

Le président français Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine se sont entretenus de la situation en Ukraine lors d'un nouvel appel téléphonique, a annoncé lundi l'Elysée dans un communiqué.

"Les deux présidents accueillent favorablement les avancées positives en format Normandie, et souhaitent tous deux poursuivre le dialogue dans ce cadre pour une mise en oeuvre des Accords de Minsk relatif à la situation dans le Donbass", précise l'Elysée.

Les deux dirigeants ont discuté des garanties de sécurité demandées par Moscou et sont convenus d'envisager une rencontre en face-à-face, a indiqué de son côté le Kremlin.

Selon l'Elysée, une telle rencontre entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine n'est pas exclue mais aucune date n'a été fixée à ce stade.

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine s'étaient déjà entretenus par téléphone vendredi. Le président russe avait réitéré sa demande de garanties de sécurité de la part des Etats-Unis et de l'Otan, soulignant qu'il ne souhaitait pas une escalade des tensions.

(Reportage de Michel Rose à Paris et Vladimir Soldatkin à Moscou; version française Camille Raynaud, édité par Tangi Salaün).

Sources combinées

Thursday, April 26, 2018

Président Emmanuel Macron exprime sa vision du monde au Congrès américain

Emmanuel Macron s'exprime devant le Congrès américain

Au dernier jour de son voyage aux États-Unis, Emmanuel Macron s'est exprimé mercredi devant un Congrès visiblement conquis. L'occasion d'aborder, sans Donald Trump, des sujets tels que le climat, le commerce international ou l'Iran.
L'ESSENTIEL
Dix-neuf standing-ovations. C'est peu dire qu'Emmanuel Macron   a été chaudement reçu par les 535 membres du Congrès américain, mercredi. En l'absence de son homologue américain, séparation des pouvoirs oblige, le président français a exposé sa vision du monde et de l'avenir dans un discours en anglais d'une cinquantaine de minutes, durant lequel il a notamment pu aborder des sujets tels que l'Iran, le climat ou le spectre d'une guerre commerciale avec les États-Unis. Comme la veille lors de sa conférence de presse commune avec son "ami" Donald Trump, Emmanuel Macron a aussi souligné la coopération historique, et plus nécessaire que jamais selon lui, entre les deux pays. Avec, à chaque fois, quelques formules prêtes à l'emploi.
"L'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire"
Une bruyante standing ovation de la part des membres
du Congrès lors de sa déclaration sur l'Iran.                  
C'est l'un des gros dossiers qui agitent la communauté international ces derniers jours. Plus encore depuis que le duo Trump-Macron a annoncé mardi leur intention de “travailler” ensemble sur ce nouveau texte censé, à plus ou moins long terme, remplacer l'actuel accord sur le nucléaire iranien.
"Notre objectif est clair : l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire. Pas maintenant, pas dans cinq ans, pas dans dix ans. Jamais", a martelé le chef de l'État français, qui s'exprimait au Capitole 58 ans jour pour jour après le général de Gaulle. "Mais cette politique ne devrait jamais nous mener à la guerre au Moyen-Orient. Nous devons garantir la stabilité, respecter la souveraineté des États, y compris celle de l'Iran, qui est une grande civilisation. Ne produisons pas les erreurs du passé dans la région. Ne créons pas nous-mêmes de nouvelles guerres", a-t-il averti, alors que le président américain a déjà posé la date du 12 mai comme ultimatum à ses alliés européens pour qu'ils "remédient aux terribles lacunes" du texte de l'accord. 
"Nous ne pouvons pas nous en débarrasser, pour autant, il est juste de dire qu'il ne couvre pas la totalité des préoccupations. Il ne faut pas l'abandonner si nous n'avons rien de plus solide à proposer en remplacement. La France ne se retirera pas de l'accord, car nous l'avons signé", a encore répété Emmanuel Macron. 
"Un jour, les États-Unis rejoindront l'accord de Paris"
Là encore, la dissension est profonde entre les deux chefs d'État. Regrettant le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le réchauffement climatique,Emmanuel Macron s'est cependant dit certain que Washington finira par le ratifier."Il n'y a pas de planète B", a-t-il notamment affirmé en répétant son désormais célèbre slogan "Make our planet great again", détournement du slogan de campagne de Donald Trump.
« Il n’y a pas de planète B » : ce qu’il faut retenir du discours de Macron devant le Congrès américain
"Certains considèrent qu’il est plus important de protéger l’industrie que de relever le défi du changement climatique. Il faut trouver une transition douce pour aller vers une économie plus respectueuse de l’environnement", a-t-il encore prôné devant les applaudissement nourris du Congrès, et plus particulièrement des élus démocrates, debout à chaque allusion au climat.
'Une guerre commerciale entre alliés n'est pas cohérente"
Décidément adepte des effets de style, le locataire de l'Élysée s'est aussi lancé dans une longue anaphore en "je crois" - "Je crois à ces droits, à ces valeurs, je crois que nous pouvons lutter contre l’ignorance par l’éducation, (…) Je crois à l’action concrète (…), Je crois à la libération de l'individu (…) Je crois à l’utilité à et la force des marchés… Une façon d'avertir à nouveau les États-Unis sur les risques de guerre commerciale si Donald Trump décide effectivement d'imposer de Nouvelles taxes douanières sur l’acier er l’aluminium. 
"Nous avons besoin d'échanges commerciaux équitables et libres. Une guerre commerciale qui opposerait des alliés ne serait pas cohérente (...) Cela ne mènera qu’à la destruction des emplois, à l’augmentation des prix et c’est la classe moyenne qui paiera au bout du compte... Nous réglerons nos différends par la négociation à l’OMC (Organisation mondiale du commerce, ndlr) et par des solutions coopératives. Nous avons nous-même écrit ces règles, nous pouvons les compléter", a-t-il plaidé devant les 100 Sénateurs et les 435 Représentants réunis. Sur ce point, la France et l'Europe seront fixés le 1er mai, date de l'exemption de ces taxes pour l'UE.
Et Emmanuel Macron de multiplier, comme à la tribune des Nation-Unies en septembre dernier, les appels à "un multilatéralisme fort" plutôt qu'à l'isolationnisme et le protectionnisme.
"En 1778, Voltaire et Benjamin Franklin se sont embrassés sur les joues. Cela vous rappellera peut-être quelque chose…"
Alors même que les discussions entre Emmanuel Macron et Donald Trump ont parfois été difficiles, à l'image de ces points de désaccords évoqués plus haut, le président français s'est aussi attaché à détendre l'atmosphère à plusieurs reprises. "En 1778, Voltaire et Benjamin Franklin se sont rencontrés à Paris", a-t-il notamment lancé au début de son discours. "Ils se sont enlacés en se prenant dans les bras et se sont embrassés sur les joues... Cela vous rappellera peut-être quelque chose…", a-t-il glissé sourire aux lèvres, en référence aux nombreux gestes amicaux - et physiques - échangés avec le président américain, qui ont tant surprise outre=Atlantique , autant qu'ils ont fait rire l'assemblée mercredi.
Puis Emmanuel Macron, quelques dizaines de minutes plus tard, d'adresser un nouveau clin d'œil au président américain : "Nous devrons lutter contre le virus des “fake news”. Vous savez à qui je dois cette expression “fake news”, n’est-ce pas ?", a-t-il lâché devant un Congrès riard.
Revivez le discours (en anglais) de Macron devant le Congrès américain
"Ce sont nos valeurs que les terroristes détestent"
Accueilli par une bruyante standing ovation de plus de trois minutes, certains élus criant même "Vive la France !", Emmanuel Macron a par ailleurs longuement insisté sur les liens tissés entre les deux pays au cours de l'Histoire, comme Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy l'avaient fait avant lui devant le Congrès.
Du marquis de La Fayette au poète américain Alan Seeger, engagé au service de la France en 1914 et mort en juillet 2016, en passant par Franklin Roosevelt, Simone de Beauvoir, Charles Hemingway ou encore François-René de Chateaubriand, Emmanuel Macron n'a cessé d'afficher les valeurs et l'Histoire communes entre la France et les États-Unis qui ont connu "plusieurs tragédies ces dernières années". "Ce sont nos valeurs que les terroristes détestent". "Le 11 septembre 2001, de nombreux Américains ont perdu la vie tragiquement. Depuis cinq ans, notre pays a souffert d’attentats terroristes. Nous n’oublierons jamais ces victimes innocentes. C’est un prix atroce à payer pour la liberté, pour la démocratie. Et c’est pourquoi nous sommes ensemble en Syrie et au Sahel pour lutter ensemble contre ces groupes terroristes, et pour détruire ces terroristes. "
Et de conclure en français, avant de filer pour débattre devant des étudiants : "Vive les États-Unis d’Amérique, longue vie à l’amitié entre la France et les États-Unis, vive la France, et vive notre amitié". De quoi s'offrir, sans surprise, une dernière standing-ovation.
Sources : Europe 1, C-Span

Wednesday, April 25, 2018

Emmanuel Macron aux États-Unis pour une visite d'État


Le président français a été reçu en grande pompe lundi soir par son homologue américain à Mount Vernon, dans la demeure historique de George Washington.

Arrivé aux États-Unis, lundi soir vers 19 heures avec son épouse Brigitte, Emmanuel Macron a été accueilli par l'ambassadeur de France Gérard Araud et le chef du protocole américain pour une visite de trois jours. Mais avant de se rendre à la Maison-Blanche pour rencontrer le couple Trump, le président français s'est offert une visite impromptue à Washington. Cette promenade improvisée s'est principalement axée autour des monuments historiques de la capitale. Accompagné de son épouse, le chef de l'État a visité le célèbre monument Lincoln, à l'effigie du seizième président des États-Unis, profitant de cette balade pour s'octroyer un petit bain de foule, serrer la main de passants et poser pour des selfies.

Les deux couples présidentiels arrivent dans la demeure
historique de Georges Washington à Mount Vernon.         
Ambiance champêtre et chic. Quelques heures plus tard, les deux couples ont atterri devant Mount Vernon, la demeure historique de George Washington, pour un dîner à quatre. Et les délicats accords d'une joueuse de harpe habillée comme au XVIIIe siècle n'ont pas suffi à couvrir le bruit des hélicoptères. Pas de repas en terrasse ni de vue bucolique sur le fleuve Potomoac pour les dirigeants et leurs épouses, puisque le vent a obligé les convives à dîner à l'intérieur, dans une ambiance néanmoins champêtre et chic, faite de nappes blanches et de bouquets de roses.

L’hélicoptère descend lentement dans un ciel gris strié de blanc. Emmanuel Macron et Donald Trump, suivis de leurs épouses, s’extirpent de l’appareil et foulent la pelouse impeccablement tondue de la propriété du premier président américain, George Washington, à Mount Vernon, au sud de la capitale fédérale. C’est dans ce manoir du XVIIIe siècle surplombant le fleuve Potomac, considéré comme « la demeure historique la plus importante d’Amérique », selon l’Elysée, que M. Trump a voulu recevoir son hôte pour un dîner privé, lundi 23 avril, au premier soir d’une visite d’Etat qui doit durer trois jours.

En 2014, Barack Obama avait accueilli François Hollande à Monticello (Virginie), la demeure du plus francophile des Pères fondateurs américains, Thomas Jefferson. Pour M. Macron, Donald Trump a préféré la maison de Washington, où est encore conservée une clé de la forteresse de la Bastille, offerte par le marquis de La Fayette au premier président des Etats-Unis. « Cette clé est le trait d’union entre nos révolutions », souligne un conseiller du président français, qui devait évoquer ce symbole mardi 24 avril à la Maison Blanche.

Sur la pelouse, Emmanuel Macron, qui maîtrise bien l'anglais, affiche sa proximité avec le milliardaire. Les deux hommes plantent un chêne issu d'une forêt du nord de la France où sont tombés 2 000 Marines américains durant la Première Guerre mondiale. C'est le cadeau du président français pour honorer le lien historique des deux pays. Auparavant, échappée impromptue pour une visite au monument dédié à Abraham Lincoln, haut lieu du tourisme américain. Bain de foule garanti. Devant la statue du 16e président des États-Unis, un message : malgré la réticence des Français envers Donald Trump, la longue amitié entre les deux pays doit se poursuivre. Dernière étape : l'hélicoptère Marine One se pose à 40 kilomètres de la capitale. Dîner privé dans la demeure historique du premier président des États-Unis. Donald Trump veut offrir un traitement de marque au président français. 

L'arrivée de Macron à la Maison Blanche

Les choses sérieuses ont débuté que dans la journée de mardi, avec plusieurs réunions de travail à la Maison-Blanche en présence de son homologue américain. En attendant, Emmanuel Macron et son épouse ont été reçus à Washington, affichant devant les photographes leur complicité avec le couple Trump.

Trump et Macron lors de la cérémonie de bienvenue à la
Maison Blanche le mardi 24 avril.                                      
« Cette visite est très importante dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui, avec beaucoup d’incertitudes, beaucoup de troubles et parfois beaucoup de menaces », a déclaré le chef d’État français à son arrivée sur la base aérienne d’Andrews, rappelant que « les États-Unis comme la France ont une responsabilité toute particulière ». « Nous sommes les garants du multilatéralisme contemporain, et je crois que nous avons, à travers ces échanges, beaucoup de décisions à prendre et à préparer », a-t-il insisté.

C'est la première visite officielle d'un chef d'État à la
Maison Blanche depuis l'élection de Donald Trump.
« Nous avons une relation très spéciale parce que nous sommes tous les deux des dissidents du système », avait déclaré M. Macron à la chaîne Fox News juste avant sa visite. Mais cette bonne relation personnelle n’empêche pas des divergences persistantes sur l’Iran, le commerce international ou le climat, même si ce dernier point ne devrait être qu’à peine abordé. Pour la presse américaine, la visite d’Emmanuel Macron constitue un « moment de vérité » à l’approche de deux échéances internationales cruciales : le 1er mai sur l’expiration de l’exemption des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, puis le 12 mai sur l’accord nucléaire iranien que Donald Trump menace d’abroger. Ces thèmes seront au centre des discussions lors des entretiens entre les deux chefs d’Etat le 24 avril dans le bureau Ovale.

Macron dépose un baiser sur la main de Melania Trump
lors de la cérémonie de bienvenue sur la pelouse de la
Maison Blanche le 24 avril.                                           
« Est-ce que cet accord est parfait ? (…) Non », soulignait M. Macron sur la chaîne conservatrice à propos de l’accord sur le nucléaire iranien, rappelant toutefois « qu’il n’y a pas de meilleure option ni de plan B ». Paris veut proposer à Donald Trump un accord complémentaire, entre pays occidentaux, notamment sur le programme balistique de Téhéran, qui réponde à ses inquiétudes. Mais nul ne sait si ces propositions suffiront à faire évoluer le président des États-Unis.

Lors d’un entretien avec le président français Emmanuel Macron à la Maison Blanche,  Le président américain Donald Trump a averti ce mardi 25 avril que l’Iran aurait « de plus gros problèmes » s’il relance son programme nucléaire.

Donald Trump a déclaré « qu’il ne serait pas si facile pour eux de relancer » le programme nucléaire. « Ils ne vont pas redémarrer quoi que ce soit. S’ils le redémarrent, ils auront de gros problèmes, plus gros que jamais auparavant », a-t-il affirmé. Quant à la possibilité de rester dans le cadre de l’accord sur le projet nucléaire iranien (JCPOA), M. Trump a indiqué que l’accord était « fou, ridicule et n’aurait jamais dû été passé ».

Melania Trump et Brigitte Macron posent  durant une visite à
la salle d'Art à Washington. (Photo AFP).                                
L’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien ou Plan d’action global conjoint (JCPOA) est un accord international conclu le 14 juillet 2015 entre l’Iran, l’Union européenne et six grandes puissances mondiales, à savoir la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Allemagne. L’Occident s’est engagé à lever ses sanctions contre l’Iran en échange de l’arrêt de ses recherches en matière de développement de l’arme atomique. En janvier, le président Trump a établi un délai de 120 jours pour les législateurs américains et les signataires européens de cet accord afin d’en corriger « les terribles défauts ».

Autre dossier crucial, l’augmentation des taxes de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium, dont sont néanmoins provisoirement exemptés le Canada et le Mexique, ses deux partenaires du traité de libre-échange nord-américain, mais aussi l’Europe jusqu’au 1er mai. « On ne fait pas la guerre à ses alliés », avait déclaré Emmanuel Macron, espérant que l’Union européenne sera définitivement soustraite à cette augmentation des tarifs douaniers.


Les deux couples présidentiels  saluent la foule d'un
balcon lors de la cérémonie de bienvenue.              
"Nous avons beaucoup de décisions à prendre". "Nous, les États-Unis comme la France, avons une responsabilité toute particulière (...), nous sommes les garants du multilatéralisme contemporain. Nous avons beaucoup de décisions à prendre", avait auparavant déclaré le président français dans une brève allocution en anglais, puis en français, en descendant de son avion vêtu d'un costume sombre.

Amitié inattendue. Mais l'amitié inattendue entre les deux présidents que séparent plus de 30 ans et des positions souvent aux antipodes sera mise à l'épreuve les jours suivants, quand démarreront les discussions de fond. Le président français espère en effet infléchir son hôte, qu'il a en janvier qualifié d’imprévisible", sur plusieurs sujets de discorde.

En premier lieu il veut le convaincre de maintenir l'accord sur le nucléaire iranien, que Donald Trump envisage de rompre. Il cherchera aussi à le persuader de laisser ses troupes en Syrie et d' exempter  l'UE de taxes douanières sur l'acier et l'aluminium. Pour préparer le terrain, Emmanuel Macron a énuméré ses arguments dimanche sur Fox News, chaîne que regarde assidûment son hôte.
Emmanuel Macron & Donald Trump s'adressent aux
médias près du bureau ovale de la Maison Blanche.
Alors que le chef de l'État français est aux Etats-Unis pour trois jours, la presse américaine pointe le jeu de séduction entrepris par Emmanuel Macron. Qui, pour l'instant, n'a que peu de gages en retour.

Les médias américains n'ont que ce paradoxe au bout de la plume : comment donc Emmanuel Macron et Donald Trump, qui ont non seulement 31 ans d'écart mais aussi des divergences politiques fortes, se retrouvent-ils à multiplier les signes d'amitié et les photos officielles côte à côte ? Alors que le président français est le premier chef d'État accueilli en grande pompe par Donald Trump depuis l'élection de ce dernier, pour une visite officielle à Washington qui doit s'achever mercredi soir, la presse outre-Altlantique se penche sur la stratégie du marcheur. Et décortique notamment la cour assidue qu'il fait au président américain pour tenter de le faire changer d'avis sur certains sujets.

Mise en terre d'un chêne au côté sud de la Maison Blanche
Vers des changements concrets de la politique américaine ? Mais est-ce que cette "offensive de charme soutenue", pour reprendre les termes du New York Times, fonctionne ? La radio NPR souligne que "l'enjeu [de la visite à Washington] est probablement plus grand pour Macron que pour Trump car le leader français aura besoin de montrer que sa relation étroite avec Trump produit des résultats". "La vraie question, c'est de savoir si leurs affinités de style et la camaraderie que les deux présidents ont développé conduit à des changements de politique concrets et substantiels de la part de Washington", explique Jeffrey Rathke, ancien directeur de la communication de Barack Obama.

Macron a gagné un voyage à Washington. Mais à part ça, il ne reçoit que peu en échange de sa cour. 

Les couples présidentiels traversent la pelouse du
Manoir de Mount Vernon dans l'état de Virginie où
le premier président américain a vécu.               
Des résultats "mitigés". Et de changements concrets, il n'est pas encore question, estiment unanimement les médias américains. "Macron a gagné un voyage à Washington. Mais à part ça, il ne reçoit que peu en échange de sa cour", note le New York Times, pour qui le résultat est "mitigé". Auprès de la radio NPR, Jeff Lightfoot, du think tank Atlantic Coucil, spécialisé dans les relations internationales, confirme que Macron a "beaucoup investi dans cette relation, mais le fait qu'il puisse influencer Donald Trump n'est pas clair". Le New York Times prend l'exemple des frappes coordonnées en Syrie. "Lorsque Macron a publiquement dit qu'il avait convaincu Trump [d'intervenir], la Maison Blanche l'a rapidement contesté", rappelle le quotidien. Dans le magazine Time, François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation de la Recherche Stratégique, estime quant à lui que "la probabilité que Trump change d'avis sur l'Iran est faible".
Macron "pas naïf". Néanmoins, il n'est pas question pour Emmanuel Macron de se montrer trop optimiste. Pour les médias américains, il est au contraire le dernier recours. "De l'avis de tous les partenaires européens de Macron, si un compromis peut être trouvé avec Trump sur l'Iran, il est l'homme pour obtenir cet accord", souligne le Washington Post. Pour le New York Times, "personne ne devrait confondre l'attention que porte Macron à Trump avec une authentique amitié masculine. Macron fait des critiques sélectives de Trump, comme pour signaler clairement aux Français qu'il n'est pas naïf".

Macron et Trump après la mise en terre d'un chêne,
cadeau du président français.                                 
Macron aura une bonne note pour avoir essayé, ce qui n'est pas une mauvaise chose."Macron aura une bonne note pour avoir essayé". Quant à échouer sur, notamment, le dossier iranien, cela pourrait ne pas être totalement dévastateur pour le président français. "Ce serait une opportunité en or de tester son leadership sur la scène internationale", croit savoir le Washington Post. "Macron aura une bonne note pour avoir essayé, ce qui n'est pas une mauvaise chose", abonde François Heisbourg dans les colonnes du Time. Et ce même magazine de poursuivre : "en réalité, Macron pourrait quitter Washington mercredi soir avec peu ou pas de résultat concret à rapporter à la maison, la visite sera quand même vue comme un succès. Tout simplement parce qu'elle aura servi à donner de Macron l'image de l'un des leaders les plus importants de la scène mondiale." Pour François Heisbourg, "ça ne fait jamais de mal d'être vu comme le type qui peut parler à tous les grands mecs du quartier. Et Macron est probablement le seul chef d'Etat européen qui peut vraiment s'en targuer." "Reste à savoir si tout le monde voit les choses de la même façon", conclut le Time.

Sources combinées : Europe 1, AFP, NPR France 24

Discours de Donald Trump et Emmanuel Macron lors de la cérémonie d'accueil



Tuesday, May 9, 2017

Brigitte et Emmanuel Macron, de l’amour impossible au couple présidentiel

Emmanuel Macron a fait monter son épouse sur scène pour célébrer sa victoire en tête du premier tour, le 23 avril.
Le couple Macron sur scène  le 25 avril lors de la victoire au 1er tour 

À 39 ans, Emmanuel Macron est devenu le plus jeune président de la Ve République et le premier à conduire à l’Élysée une Première Dame de vingt-quatre ans son aînée. Parcours d’un couple atypique qui intrigue et fascine.

Il a 15 ans, elle en a 39. Il est lycéen, elle est professeure de français et de latin au lycée jésuite La Providence d’Amiens. Nous sommes au début des années 1990, sur une scène de théâtre à Amiens. C'est le début de l'incroyable histoire d'amour et de pouvoir entre Brigitte Auzière et Emmanuel Macron. Le jeune lycéen participe à l’atelier-théâtre animé par la prof de lettres. Pour la représentation de fin d’année, il apparaît grimé en épouvantail dans la pièce La Comédie du Langage de Jean Tardieu. « Ah que c’est bon de renaître », déclame-t-il en écartant les bras et en levant les yeux au ciel.

Dans les rangs du public, Brigitte Auzière est séduite par la prestance de l’adolescent. «J’ai trouvé sa présence sur scène incroyable», se souvient-elle dans le documentaire Macron, la Stratégie du météore réalisé par Pierre Hurel.

Brigitte et Emmanuel se rapprochent encore plus lorsqu’ils décident d’adapter une pièce d’Eduardo de Filippo et de la mettre en scène ensemble. Cette collaboration dure des mois. «Nous nous parlions de tout. L’écriture devint un prétexte. Et je découvris que nous nous étions toujours connus […] Nous étions tous deux inséparables malgré des vents contraires», raconte Emmanuel Macron dans son livre Révolution. Il tombe amoureux d’elle, elle est «subjuguée par son intelligence». Deux amants contrariés prêts à triompher de tous les obstacles : l’histoire débute comme une comédie de Molière.

«Ce n’était pas un ado»
Tous deux sont natifs de la capitale picarde, tous deux vivent dans un quartier huppé. Brigitte née Trogneux a grandi dans une famille bourgeoise de chocolatiers ; les parents d’Emmanuel Macron sont médecins. De l’union de Brigitte avec le banquier André-Louis Auzière sont nés trois enfants : Sébastien, Laurence et Tiphaine ; aîné d’une fratrie de trois, le jeune Macron est dans la même classe que Laurence, la fille de sa future épouse.

«Il n’était pas comme les autres, toujours avec les profs, toujours avec plein de livres. Ce n’était pas un ado. Il avait un rapport d’égal à égal avec tous les adultes», rapporte Brigitte Macron dans le documentaire de Pierre Hurel consacré à son époux.

Madame Auzière coache cet élève surdoué, passionné de littérature, qui rêve de devenir écrivain. Elle le pousse à passer le concours général de français et le présente à un concours d’éloquence organisé par le Rotary Club. Il remporte les deux avec succès.

«Je reviendrai et je vous épouserai!»
Mais les parents d’Emmanuel Macron mettent fin à l’idylle naissante. Ils souhaitent que leur fils gagne Paris pour continuer ses études. Le départ est précipité par la rumeur qui enfle : on voit souvent le jeune homme sonner au domicile des Auzière. Dans la ville de province, ça ne passe pas. Le bruit monte aux oreilles d’André-Louis d’Auzière, le couple se déchire, l’adolescent de 16 ans prend la fuite
.
Avant de partir, il déclare sa flamme à sa professeure de théâtre. « Vous ne vous débarrasserez pas de moi, je reviendrai et je vous épouserai ! », lance-t-il à la manière du héros stendhalien, Julien Sorel, qui promet d’arracher Madame de Rênal aux bras de son mari.

Comme il l’écrit sans son livre, Emmanuel Macron est «porté par l’ambition des jeunes loups de Balzac». Lycée Henri-IV, hypokhâgne, khâgne, Sciences-Po, l’ENA : seule Normale Sup’ manque à son parcours. Par deux fois, l’étudiant échoue au cours d’entrée de la prestigieuse institution. «Il faut croire que je n’étais pas fait pour ça», relativise-t-il des années plus tard. «La vérité est que je ne jouais pas le jeu. J’étais trop amoureux pour préparer sérieusement le concours. Le cœur et la raison sont incompatibles.»

Son premier amour l’appelle chaque jour, continue de lui prodiguer des conseils et de relire ses ébauches de roman. Elle divorce en 2006 et demande sa mutation à Paris au lycée jésuite Saint-Louis de Gonzague. «Petit à petit, il a vaincu toutes mes résistances. Avec patience», avoue celle qui est redevenue Brigitte Trogneux.

Leurs amours demeurent clandestines jusqu’au jour où le jeune énarque décide de présenter sa compagne à ses amis lors du mariage du petit-fils de Simone Veil. La différence d’âge entre les deux amoureux fait jaser les futurs hauts fonctionnaires, qui, selon les auteures des Macron, se gaussent de «cette quinqua pas super distinguée» au bras de leur camarade.

«Ne rien céder au conformisme»
de son épouse Brigitte                                                             
Pour faire taire les sarcasmes, Emmanuel Macron décide d’officialiser leur union en 2007 par un mariage au Touquet, station balnéaire du Pas-de-Calais où est située la villa familiale des Trogneux.

Il est facilement adopté par les enfants de sa femme, comme le raconte Tiphaine, la plus jeune fille de Brigitte Macron, à BFMTV : «Quand il a décidé qu’il allait se marier avec ma mère il est venu nous voir pour nous faire part de sa décision. C’est un acte fort, il est quasiment venu nous demander sa main»

Emmanuel Macron et Brigitte Macron ont conscience que leur couple n’est pas «normal» mais ils «ne se vivent pas dans la différence», expliquent les auteures du livre Les Macron. Au fil des couvertures de magazine, ils peaufinent leur image : celle d’une famille moderne, où Emmanuel Macron tient à 39 ans le rôle de jeune père des trois enfants de Brigitte et de très jeune grand-père de ses sept petits-enfants.

«Emmanuel a pris sa place naturellement dans la famille, sans brusquer les choses. Quand je sortais trop tard, il m’engueulait gentiment en me disant: 'Sois cool, ta maman s’inquiète'. Mes copines le trouvaient beau gosse, il y était insensible. Brigitte et lui sont soudés comme personne», déclare Tiphaine Auzière, qui a fait activement campagne pour son beau-père.
«Notre famille, c’est mon socle de vie, mon rocher. Notre Histoire nous a inculqué une volonté tenace de ne rien céder au conformisme, lorsque l’on croit avec force et sincérité», écrit Emmanuel Macron dans Révolution.

«On ne travaille pas bien quand on n’est pas heureux»
L’influence de Brigitte Macron dans la construction intellectuelle du candidat à l’élection présidentielle est décisive. La professeure de lettres conduit ses pas dans le monde des livres que lui avait ouvert sa grand-mère. Stimule son esprit critique aiguisé au contact du philosophe Paul Ricœur. Le présente à des personnalités de la culture et des médias : Pierre Arditi, Erik Orsenna, Stéphane Bern, François Berléand…

Mais elle se défend d’être son Pygmalion. «Personne n’influence Emmanuel», assure-t-elle dans Les Macron. Leur relation semble fondée sur une stricte égalité et réciprocité. «On a un fonctionnement de couple qui intrigue. Emmanuel et moi, on part du principe que c’est mieux à deux. Et comme c’est dur, on partage. Moi je trouve ça beaucoup plus sympa que d’être disjoints. J’aurais du mal à vivre autrement», révèle Brigitte Macron.

Omniprésente, elle suit son homme comme son ombre. Lorsque son mari est nommé ministre de l’Économie en 2014, elle emménage à Bercy. Puis, en juin 2015, elle se met en congé de l’Éducation nationale pour «se consacrer à plein-temps à son mari et aux siens».

Lors d’un reportage réalisé pour le Supplément de Canal +, la caméra capture une réunion de travail au ministère de l’Économie et des Finances. Autour d’une table, des conseillers ; à droite d’Emmanuel Macron, l’indispensable Brigitte. «Mon épouse n’est pas dans mon cabinet, elle n’est pas payée par le contribuable français», tient à préciser le jeune ministre qui souligne qu’elle passe néanmoins beaucoup de temps avec lui car «son avis [lui] importe» et qu’ «on ne travaille pas bien quand on n’est pas heureux».



«Un regard bienveillant mais critique»
Après la démission de son mari du gouvernement, Brigitte Macron participe activement à la création du mouvement En Marche ! Et voit les projecteurs se braquer sur elle brutalement. Une semaine après la création du mouvement En Marche ! le 6 avril 2016, elle accorde une interview à Paris Match : leur rencontre, leur famille, le nom de leur chien, elle se livre sans filtre. «Une bêtise», juge Emmanuel Macron. Pas facile de passer des coulisses à l’avant-scène. De peur qu’elle ne trébuche en pleine lumière, l’équipe du candidat encadre de près les déclarations de sa moitié à la presse.

Devenu la coqueluche des magazines, le couple, à qui la porte-parole d’En Marche ! Laurence Haïm conseille de se mettre en scène «comme les Obama», est aussi la cible de nouvelles rumeurs.

Brigitte Macron se dit «blessée» par les ragots qui prêtent à son époux une relation amoureuse avec Mathieu Gallet, le patron de Radio France. Une rumeur démentie publiquement par Emmanuel Macron lui-même.

Les Macron doivent également endurer les railleries des commentateurs et des humoristes au sujet de leur différence d’âge. Des plaisanteries aux accents sexistes, lassantes et éculées : «une cougar à L’Élysée», «Barbie sénior» «grand-mère sait faire un bon café»…
Durant la campagne, Brigitte n’endosse pas de rôle politique officiel : aucun siège au sein des comités politiques, pas de place dans l’organigramme d’En Marche !, pas de bureau au QG de campagne du candidat.

Mais elle est la conseillère indispensable à l’équilibre de son compagnon. «S’il ne la voit pas pendant une heure, il l’appelle», observe François Patriat, sénateur ex-PS et soutien d’Emmanuel Macron. Elle relit ses discours, l’aide à poser sa voix, débriefe ses meetings avec lui.

«Elle porte sur lui un regard bienveillant mais critique, elle ne lui laisse rien passer, elle est très cash. Elle n’hésite pas à lui dire ‘ton livre me tombe des mains’, ‘tu utilises des mots trop compliqués’», se souvient la journaliste de Gala Candice Nedelec.

Elle se rend également aux rendez-vous qu’il ne peut pas caser dans son agenda. Rencontre les associations. Discute avec des membres de la société civile. Lors des déplacements sur le terrain, Madame Macron est appréciée pour son empathie et sa simplicité. «C’est une femme très drôle, qui aime la vie, qui aime rire, une accompagnante active qui a son mot à dire. C’est tout sauf une potiche», confie Candice Nedelec.

«Elle aura son mot à dire»
Le couple s'embrasse sur scène lors de la victoi
  re au premier tour le  25  avril dernier                
Au soir de la victoire d’Emmanuel Macron au premier tour, le couple célèbre la victoire ensemble devant les sympathisants d’En Marche ! rassemblés Porte de Versailles. Un homme et une femme qui se tiennent par la main, s’enlacent et s’embrassent sur scène, comme une répétition en prévision du sacre du dimanche 7 mai. Emmanuel Macron adresse alors un message de remerciement à sa conjointe, «toujours présente et encore davantage, sans laquelle je ne serais pas moi».

Caroline Pigozzi, journaliste à Paris Match qui a interviewé plusieurs fois Brigitte Macron, juge que «c’est une femme qui sait où elle va. C’est une femme de caractère. C’est une femme de pouvoir pour l’homme qu’elle aime, pas du tout pour elle. Elle ne veut pas se mettre en première ligne.»

Quelle Première Dame Brigitte Macron sera-t-elle ? Lors d’un meeting le 8 mars au théâtre Antoine à Paris, le candidat d’En Marche ! avait esquissé le rôle public que tiendrait sa femme s’il accédait à l’Élysée : «elle aura à ce moment-là ce rôle, cette place, cette exigence, pas dissimulée, pas derrière un tweet ou une cachette».

«Elle aura son mot à dire sur ce qu’elle veut être […] Elle aura une existence, elle aura une voix, elle aura un regard. Elle l’aura dans l’intimité à mes côtés comme elle l’a toujours eu, mais elle aura un rôle public parce qu’il en est ainsi et c’est une attente», a-t-il encore détaillé sur TF1 le 27 avril. Les Français l’ont compris, ils devront compter avec Brigitte, «la part non négociable» de leur nouveau président

Source de référence :Ouest-france.fr