Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Thursday, April 26, 2018

Président Emmanuel Macron exprime sa vision du monde au Congrès américain

Emmanuel Macron s'exprime devant le Congrès américain

Au dernier jour de son voyage aux États-Unis, Emmanuel Macron s'est exprimé mercredi devant un Congrès visiblement conquis. L'occasion d'aborder, sans Donald Trump, des sujets tels que le climat, le commerce international ou l'Iran.
L'ESSENTIEL
Dix-neuf standing-ovations. C'est peu dire qu'Emmanuel Macron   a été chaudement reçu par les 535 membres du Congrès américain, mercredi. En l'absence de son homologue américain, séparation des pouvoirs oblige, le président français a exposé sa vision du monde et de l'avenir dans un discours en anglais d'une cinquantaine de minutes, durant lequel il a notamment pu aborder des sujets tels que l'Iran, le climat ou le spectre d'une guerre commerciale avec les États-Unis. Comme la veille lors de sa conférence de presse commune avec son "ami" Donald Trump, Emmanuel Macron a aussi souligné la coopération historique, et plus nécessaire que jamais selon lui, entre les deux pays. Avec, à chaque fois, quelques formules prêtes à l'emploi.
"L'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire"
Une bruyante standing ovation de la part des membres
du Congrès lors de sa déclaration sur l'Iran.                  
C'est l'un des gros dossiers qui agitent la communauté international ces derniers jours. Plus encore depuis que le duo Trump-Macron a annoncé mardi leur intention de “travailler” ensemble sur ce nouveau texte censé, à plus ou moins long terme, remplacer l'actuel accord sur le nucléaire iranien.
"Notre objectif est clair : l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire. Pas maintenant, pas dans cinq ans, pas dans dix ans. Jamais", a martelé le chef de l'État français, qui s'exprimait au Capitole 58 ans jour pour jour après le général de Gaulle. "Mais cette politique ne devrait jamais nous mener à la guerre au Moyen-Orient. Nous devons garantir la stabilité, respecter la souveraineté des États, y compris celle de l'Iran, qui est une grande civilisation. Ne produisons pas les erreurs du passé dans la région. Ne créons pas nous-mêmes de nouvelles guerres", a-t-il averti, alors que le président américain a déjà posé la date du 12 mai comme ultimatum à ses alliés européens pour qu'ils "remédient aux terribles lacunes" du texte de l'accord. 
"Nous ne pouvons pas nous en débarrasser, pour autant, il est juste de dire qu'il ne couvre pas la totalité des préoccupations. Il ne faut pas l'abandonner si nous n'avons rien de plus solide à proposer en remplacement. La France ne se retirera pas de l'accord, car nous l'avons signé", a encore répété Emmanuel Macron. 
"Un jour, les États-Unis rejoindront l'accord de Paris"
Là encore, la dissension est profonde entre les deux chefs d'État. Regrettant le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le réchauffement climatique,Emmanuel Macron s'est cependant dit certain que Washington finira par le ratifier."Il n'y a pas de planète B", a-t-il notamment affirmé en répétant son désormais célèbre slogan "Make our planet great again", détournement du slogan de campagne de Donald Trump.
« Il n’y a pas de planète B » : ce qu’il faut retenir du discours de Macron devant le Congrès américain
"Certains considèrent qu’il est plus important de protéger l’industrie que de relever le défi du changement climatique. Il faut trouver une transition douce pour aller vers une économie plus respectueuse de l’environnement", a-t-il encore prôné devant les applaudissement nourris du Congrès, et plus particulièrement des élus démocrates, debout à chaque allusion au climat.
'Une guerre commerciale entre alliés n'est pas cohérente"
Décidément adepte des effets de style, le locataire de l'Élysée s'est aussi lancé dans une longue anaphore en "je crois" - "Je crois à ces droits, à ces valeurs, je crois que nous pouvons lutter contre l’ignorance par l’éducation, (…) Je crois à l’action concrète (…), Je crois à la libération de l'individu (…) Je crois à l’utilité à et la force des marchés… Une façon d'avertir à nouveau les États-Unis sur les risques de guerre commerciale si Donald Trump décide effectivement d'imposer de Nouvelles taxes douanières sur l’acier er l’aluminium. 
"Nous avons besoin d'échanges commerciaux équitables et libres. Une guerre commerciale qui opposerait des alliés ne serait pas cohérente (...) Cela ne mènera qu’à la destruction des emplois, à l’augmentation des prix et c’est la classe moyenne qui paiera au bout du compte... Nous réglerons nos différends par la négociation à l’OMC (Organisation mondiale du commerce, ndlr) et par des solutions coopératives. Nous avons nous-même écrit ces règles, nous pouvons les compléter", a-t-il plaidé devant les 100 Sénateurs et les 435 Représentants réunis. Sur ce point, la France et l'Europe seront fixés le 1er mai, date de l'exemption de ces taxes pour l'UE.
Et Emmanuel Macron de multiplier, comme à la tribune des Nation-Unies en septembre dernier, les appels à "un multilatéralisme fort" plutôt qu'à l'isolationnisme et le protectionnisme.
"En 1778, Voltaire et Benjamin Franklin se sont embrassés sur les joues. Cela vous rappellera peut-être quelque chose…"
Alors même que les discussions entre Emmanuel Macron et Donald Trump ont parfois été difficiles, à l'image de ces points de désaccords évoqués plus haut, le président français s'est aussi attaché à détendre l'atmosphère à plusieurs reprises. "En 1778, Voltaire et Benjamin Franklin se sont rencontrés à Paris", a-t-il notamment lancé au début de son discours. "Ils se sont enlacés en se prenant dans les bras et se sont embrassés sur les joues... Cela vous rappellera peut-être quelque chose…", a-t-il glissé sourire aux lèvres, en référence aux nombreux gestes amicaux - et physiques - échangés avec le président américain, qui ont tant surprise outre=Atlantique , autant qu'ils ont fait rire l'assemblée mercredi.
Puis Emmanuel Macron, quelques dizaines de minutes plus tard, d'adresser un nouveau clin d'œil au président américain : "Nous devrons lutter contre le virus des “fake news”. Vous savez à qui je dois cette expression “fake news”, n’est-ce pas ?", a-t-il lâché devant un Congrès riard.
Revivez le discours (en anglais) de Macron devant le Congrès américain
"Ce sont nos valeurs que les terroristes détestent"
Accueilli par une bruyante standing ovation de plus de trois minutes, certains élus criant même "Vive la France !", Emmanuel Macron a par ailleurs longuement insisté sur les liens tissés entre les deux pays au cours de l'Histoire, comme Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy l'avaient fait avant lui devant le Congrès.
Du marquis de La Fayette au poète américain Alan Seeger, engagé au service de la France en 1914 et mort en juillet 2016, en passant par Franklin Roosevelt, Simone de Beauvoir, Charles Hemingway ou encore François-René de Chateaubriand, Emmanuel Macron n'a cessé d'afficher les valeurs et l'Histoire communes entre la France et les États-Unis qui ont connu "plusieurs tragédies ces dernières années". "Ce sont nos valeurs que les terroristes détestent". "Le 11 septembre 2001, de nombreux Américains ont perdu la vie tragiquement. Depuis cinq ans, notre pays a souffert d’attentats terroristes. Nous n’oublierons jamais ces victimes innocentes. C’est un prix atroce à payer pour la liberté, pour la démocratie. Et c’est pourquoi nous sommes ensemble en Syrie et au Sahel pour lutter ensemble contre ces groupes terroristes, et pour détruire ces terroristes. "
Et de conclure en français, avant de filer pour débattre devant des étudiants : "Vive les États-Unis d’Amérique, longue vie à l’amitié entre la France et les États-Unis, vive la France, et vive notre amitié". De quoi s'offrir, sans surprise, une dernière standing-ovation.
Sources : Europe 1, C-Span

Wednesday, March 1, 2017

Les cinq points essentiels du discours de Donald Trump face au Congrès

Le président américain Donald Trump lors de son premier discours de politique générale devant le Congrès, au Capitole à Washington, le 28 février 2017.                                                                                                                                                           
Plus présidentiel que jamais, Donald Trump a tenté de livrer mardi soir devant le Congrès un message d’espoir et d’optimisme. Sans pour autant lever les inquiétudes et l’imprécision autour de son agenda politique.

1) Son meilleur discours

«J’ai le sentiment que ce soir, Donald Trump est devenu président des Etats-Unis». La réaction de Chris Wallace, l’une des figures de la chaîne conservatrice Fox News, quelques minutes après le discours du président, illustre la performance réalisée par ce dernier devant le Congrès. Républicains comme démocrates, Donald Trump a pour une fois mis tout le monde d’accord : ce discours est sans conteste le meilleur de sa présidence. Sans doute aussi le meilleur depuis son entrée dans la course à la Maison Blanche, il y a près de deux ans.

Melania Trump, la première dame des Etats-Unis
Sur la forme d’abord : voix calme, regard déterminé mais apaisé, Donald Trump n’a que très rarement dévié du discours préparé et lu sur téléprompteur. Un discours très présidentiel, sans dérapage, expurgé de ses attaques récurrentes contre les médias et de ses fanfaronnades sur sa victoire contre Hillary Clinton. Sur le fond ensuite : le ton très sombre de son discours d’investiture, au cours de laquelle il avait dépeint une Amérique en plein «carnage», a laissé place à une vision plus optimiste. «Je suis ici ce soir pour délivrer un message d’unité et de force, et c’est un message délivré du fond du coeur. Un nouveau chapitre de la grandeur américaine débute. Une nouvelle fierté nationale déferle sur notre pays», a-t-il lancé dès les premières secondes de son intervention.

Yvanka et son époux Jared Kushner
Avec un lyrisme très inhabituel, Donald Trump a prononcé quelques phrases que Barack Obama «l’intello» n’aurait pas reniées. A l’image de cette tirade de fin : «Nous avons besoin de trouver le courage de partager les rêves qui emplissent nos coeurs. La bravoure pour exprimer les espoirs qui agitent nos âmes. Et la confiance pour transformer ces espoirs et ces rêves en action. A partir de maintenant, l’Amérique sera portée par nos aspirations et non accablée par nos peurs. Inspirée par le futur et non soumise aux échecs du passé. Guidée par notre vision et non aveuglée par nos doutes».

2) Main tendue… sans succès

A plusieurs reprises, Donald Trump a tendu la main vers les élus démocrates. «Pourquoi ne pas joindre nos forces ? Démocrates et républicains devraient travailler ensemble et s’unir pour le bien de notre pays, et pour le bien du peuple américain», a-t-il lancé. «Le temps des combats futiles est derrière nous», a-t-il ajouté un peu plus tard, dans une volonté de rassembler une nation profondément divisée, notamment sur sa personne. Dans la salle, les démocrates lui ont pourtant réservé un accueil glacial.
A quelques rares exceptions près, les élus du parti d’opposition sont restés assis, visages fermés, bras croisés, pendant que l’autre moitié de l’hémicycle, occupée par les élus républicains, applaudissait à tout rompre. Pour marquer leur désaccord profond avec le président, une quarantaine d’élues démocrates étaient vêtues de blanc, couleur symbolisant la défense des droits des femmes. Dans un ultime désaveu, la plupart des démocrates ont quitté les bancs du Congrès sans applaudir aussitôt après la fin du discours, laissant les républicains offrir au président une dernière «standing ovation». Cette rupture avec la tradition, symbole de la profondeur des divisions, n’a pas échappé à Donald Trump.

3) Un moment poignant

Cela restera comme le moment fort de ce discours, le seul où démocrates et républicains ont affiché leur unité. Comme le veut le tradition, le président avait invité plusieurs personnes à assister à son discours. Parmi elles : Carry Owens, la veuve de Ryan Owens, soldat des forces spéciales tué fin janvier dans une opération américaine contre Al-Qaïda au Yémen. «Ryan est mort comme il a vécu : un guerrier et un héros, combattant le terrorisme et protégeant notre nation», a d’abord lancé Donald Trump. L’assistance s’est levée pour applaudir Carry Owens, assise à la droite d’Ivanka Trump, la fille du président.

Carryn Owens (à gauche de Yvanka Trump)
Alors que le raid suscite la controverse en raison de la mort de Ryan Owens mais aussi de nombreux civils, dont des enfants, le président a assuré ensuite que l’opération avait été, selon le Pentagone, «une grande réussite ayant fourni de grandes quantités de renseignements vitaux». Puis Donald Trump a ajouté : «l’histoire de Ryan est gravée dans l’éternité». La salle s’est à nouveau levée pour rendre un hommage appuyé à Carryn Owens. Les yeux parfois levés vers le ciel, la jeune femme blonde a été submergée par l’émotion. L’ovation a duré près de deux minutes. Un moment touchant conclu par une étonnante remarque improvisée du président : «Ryan regarde depuis là-haut, vous le savez, et il est très content car je crois qu’un record vient d’être battu», a-t-il dit en référence à la longueur des applaudissements. Chez Donald Trump, l’ancien animateur de télé-réalité obsédé par la gagne et les audiences n’est jamais bien loin.

4) Le diable se cache dans les détails

Quelques heures avant son discours, Donald Trump avait confié à des journalistes qu’il était prêt au «compromis» sur le sujet sensible de l’immigration. D’après CNN, le président américain aurait laissé entendre qu’il n’était pas opposé à la régularisation d’une partie des quelques onze millions de personnes vivant aux Etats-Unis en situation irrégulière. Cette apparente inflexion politique avait été accueillie avec scepticisme par les démocrates, avec attention par les républicains modérés et avec une certaine consternation chez les plus conservateurs, catégoriquement opposés à toute régularisation.
Ceux qui espéraient des détails lors du discours au Congrès ont été déçus. Certes, Donald Trump a esquissé les contours d’un système d’immigration «basé sur le mérite», prenant l’exemple du Canada et de l’Australie. Les Etats-Unis doivent «abandonner le système actuel d’une immigration peu-qualifiée», a-t-il lancé. Certes, il a dit croire qu’une «réelle réforme positive de l’immigration» était possible, à condition de se concentrer sur l’emploi des Américains, la sécurité et le respect des lois. Confiant, il a même appelé démocrates et républicains à «travailler ensemble» sur ce sujet. L’hypothèse semble toutefois très peu probable. Et hormis ses promesses répétées de construire «un grand mur» avec le Mexique et d’expulser les «membres de gangs, les trafiquants de drogue et les criminels», il a été plutôt avare en détails.

Pour le reste, Donald Trump a réitéré ses engagements de campagne : remplacer Obamacare par quelque chose de «moins cher» et «meilleur», réduire massivement les impôts, renforcer l’armée, éradiquer l’Etat islamique, investir 1000 milliards de dollars dans un vaste plan de rénovation des infrastructures. Tout cela a un coût et sur la question du financement, Donald Trump est toujours resté discret. La bataille s’annonce rude avec un Congrès républicain largement allergique à la dépense publique.

5) Rassurer les alliés

Donald Trump a peu parlé de politique étrangère. Mais il a prévenu : sur la scène diplomatique, aussi, ce sera l’Amérique d’abord. «Mon travail, ce n’est pas de représenter le monde. Mon travail, c’est de représenter les Etats-Unis d’Amérique». Une phrase sortie tout droit du manuel nationaliste et protectionniste de son conseiller Steve Bannon. Alors qu’il avait qualifié l’Otan «d’obsolète», loué le Brexit et prédit la désintégration de l’Union européenne, Donald Trump a cherché à rassurer. «Nous soutenons fortement l’Otan», a-t-il dit, tout en répétant que les alliés des Etats-Unis «au sein de l’Otan, au Moyen-Orient ou dans le Pacifique» devaient «remplir leurs obligations financières» et «payer leur juste part du coût» des opérations militaires.

Après avoir soufflé le chaud et le froid ces derniers mois, critiquant l’interventionnisme militaire américain tout en s’entourant de militaires et en proposant une hausse historique de près de 10% du budget du Pentagone, Donald Trump a tenu à répéter qu’il n’était pas belliciste. «Nous savons que l’Amérique se porte mieux lorsqu’il y a moins de conflits», a-t-il insisté. «L’Amérique est disposée à trouver de nouveaux amis, à forger de nouveaux partenariats, lorsque nos intérêts partagés s’alignent. Nous voulons l’harmonie et la stabilité, pas la guerre et le conflit. Nous voulons la paix, partout où elle peut être trouvée», a conclu Donald Trump.


Source: Liberation.fr