Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Wednesday, October 24, 2018

États-Unis: Des colis piégés envoyés à des personnalités importantes de la scène politique



Pour ceux désireux d'entendre la version audible tout en prenant lecture de l’article, cliquez sur  le player sound cloud ci dessous:

Des engins explosifs  ont été envoyés aux domiciles respectifs de l'ancien président Barack Obama, Hillary Clinton à Washington et New York ainsi qu'au studio de la chaîne de télévision CNN, ont déclaré des responsables américains lors d'un point de presse ce 24 octobre.

Cela est survenu deux jours après la découverte d’une bombe au domicile du milliardaire George Soros, dans la banlieue de New York.

Le bureau de CNN à New York a été évacué mercredi matin après qu'un engin apparemment de nature explosive ait été envoyée à sa salle de courrier.

Le président Trump lors de sa déclaration
ce 24 octobre à la Maison Blanche.         
S'exprimant à la Maison Blanche, M. Trump a déclaré qu'il avait été informé par le FBI et qu'une "grande enquête fédérale est en cours".

Le président Donald Trump a aussi déclaré que ces menaces "n'ont pas leur place en Amérique". "La sécurité du peuple américain est ma plus haute et absolue priorité", a-t-il poursuivi ?.

"En ces temps, nous devons juste nous unir. Nous devons nous rassembler et j’envoie un message très clair, sans équivoque, à savoir que les menaces ou les actes de violence politique n’ont pas leur place en Amérique."

Les officiels de la ville de New York
lors de leur point de presse.             
Le commissaire de la police de New York, O'Neill, a déclaré lors d'un point de presse à New York ce mercredi matin que les forces de l'ordre contactaient de manière proactive les personnes pour s'assurer que les autres salles de courrier "respectent le protocole approprié".

Le FBI à New York a déclaré qu'il était au courant des suspects colis et que son groupe de travail conjoint contre le terrorisme contribuait à l'enquête.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a qualifié ces tentatives d’attentats  d'actes de terrorisme qui comptent saper notre presse libre et nuire physiquement aux dirigeants de ce pays".

"A tous les responsables publics, à toutes les affiliations partisanes - n'encouragez pas la violence, n'encouragez pas la haine, n'encouragez pas les attaques contre les médias, vous pouvez être en désaccord mais vous devez faire preuve de respect."a dit le maire

A qui ces colis ont-ils été envoyés ?

Les colis ont été adressés à l'ancien président Obama, à l'ex-secrétaire d'État Clinton et à l'ancien directeur de la CIA, John Brennan.?
Les autres personnalités politiques visées par cette attaque.
Les forces de l'ordre enquêtent sur des colis supplémentaires suspects adressés à la représentante démocrate Maxine Waters et à l'ancien procureur général Eric Holder. Les colis adressés à M. Obama et à 
Mme Clinton étaient destinés à arriver à leur résidence.

L'agent spécial du FBI, Bryan Paarman, a déclaré aux journalistes que le dispositif destiné à Brennan avait été envoyé via la salle du courrier de CNN.

L’un des colis envoyés mentionnait le nom de l’ancienne présidente du Comité national démocrate, Debbie Wasserman Schultz, comme étant celle qui l’avait expédié.

L'un des colis destiné à CNN qui a été
montré à la Presse.                             
Le colis destiné à M. Holder a été envoyé à une adresse incorrecte et renvoyé au bureau de la membre du Congrès à Sunrise, en Floride, selon les médias américains.

John Brennan devait apparaître sur CNN mercredi soir pou un show, rapportent des médias américains. Brennan, collaborateur assidu du réseau, est un critique ardent de Trump depuis son avènement au pouvoir. Il a fait connaître que lui et sa famille « vont bien. »

Hillary Clinton lors de sa déclaration à
Coral Cables (Miami).                          
"C'est une période troublante", a déclaré Hillary Clinton lors d'une déclaration à la presse depuis Coral Cable à Miami. 

"C'est une période de profondes divisions et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour unifier notre pays. Nous devons également élire des candidats qui tenteront de faire de même".

Une porte-parole d’Obama a refusé de commenter l'incident et a référé les journalistes à la déclaration des services secrets.

Dans une déclaration, Mme Waters a remercié les forces de l'ordre et a déclaré qu'elle "condamnait sans équivoque tout acte de violence et de terreur".

Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche,de son côté a condamné les "tentatives d'attaques violentes" contre des personnalités publiques.

Dans un tweet de suivi, elle a ajouté que la condamnation de la Maison Blanche " est en rapport certainement avec les menaces proférées à la fois contre CNN et contre des fonctionnaires actuels ou d'anciens fonctionnaires".

Jeff Zucker , président de CNN  lors de
sa remarque au studio de CNN.            
Mais le président de CNN Worldwide, Jeff Zucker, a critiqué le président et Mme Sanders dans une déclaration ce mercredi après-midi.

"Il y a un manque total et complet, à la Maison Blanche,d 'appréhension de la gravité de la situation,  vu la poursuite de leurs attaques répétées contre les médias", a-t-il déclaré.

"Le président, et en particulier la secrétaire de presse de la Maison Blanche, devraient comprendre que leurs mots sont importants. Jusqu'à présent, ils n'ont montré aucune compréhension de cela."

Le président a répété en plusieurs occasions  que les journalistes étaient "les «ennemis du peuple".
Dans une déclaration commune, les démocrates Nancy Pelosi et Chuck Schumer ont également déclaré que les propos du président "sonnent creux jusqu'à ce qu'il renie ses déclarations qui cautionnent les actes de violence".

Le fils aîné du président américain, Donald Trump Jr, qui a reçu un colis suspect à son domicile à New York plus tôt cette année, a tweeté: "En tant que personne dont la famille a été directement victime de ces menaces par courrier, je condamne quiconque l'a fait, sans distinction de parti ou d'idéologie . "

Sa soeur, Ivanka Trump, a également condamné les "actes de violence", alors que la Première Dame Melania Trump les a qualifiés de "lâches", ajoutant "je condamne fermement tous ceux qui choisissent la violence".

Notons que tous ceux qui ont reçu ces colis piégés, à l’approche des élections "mid-terme" le 6 novembre prochain sont pour la plupart des membres du parti démocrate. Une affaire à suivre!

Par: Herve et Carl Gilbert

Saturday, September 8, 2018

Barack Obama : "Donald Trump est un symptôme, le symptôme de la peur"

L'ancien président des États-Unis, Barack Obama, lors d'un discours dans
l'Illinois le 7 septembre 2018.                                                                             
The full transcript here...

L'ancien président américain, qui se fait discret depuis son départ de la Maison Blanche, a prononcé un discours sévère à l'égard de son successeur lors d'un discours à l'université de l'Illinois, deux mois avant les élections de mi-mandat. 

C'est un petit événement aux Etats-Unis. Barack Obama, qui se fait discret depuis son départ de la Maison Blanche, a prononcé un discours très politique à l'université de l'Illinois, vendredi 7 septembre. L'ancien président a eu la dent dure contre son successeur, Donald Trump, au centre d’une nouvelle affaire depuis la publication d'une tribune anonyme d'un membre de son administration dans le New York Times.

"Donald Trump est un symptôme, le symptôme de la peur", a notamment lancé Barack Obama, dénonçant avec force le comportement des républicains qui soutiennent l'actuel président sans réserve et n'ont pas le cran pour défendre "les institutions qui font que notre démocratie fonctionne".

"Ces élections sont les plus importantes de ma vie"

"Qu'est-il arrivé au Parti républicain ? Ils creusent le déficit, minent nos alliances et discutent avec l’ex-patron du KGB !", a-t-il lancé dans ce discours marquant son retour en pleine lumière dans le débat politique. 

Barack Obama a vivement dénoncé l'idée selon laquelle "tout ira bien parce qu'il y a des gens au sein de la Maison Blanche qui, secrètement, ne suivent pas les ordres du président".

Evoquant les élections de mi-mandat du mois novembre, l'ex-président de 57 ans a enjoint les démocrates à "voter car notre démocratie en dépend". "Ces élections sont les plus importantes de ma vie. Je sais que j’ai déjà dit cela mais cette fois c’est vrai !", a-t-il ajouté dans un discours passionné, très largement applaudi.

“La plus grande menace pour notre démocratie n'est pas Donald Trump (...) c'est l'indifférence, le cynisme.”

Le 44e président des États-Unis a clairement l'intention de s'impliquer dans la campagne pour soutenir les démocrates dans les élections à venir. Il sera en Californie samedi et dans l'Ohio jeudi pour soutenir les candidats de son camp.

Lors d'un meeting, Donald Trump a ironisé sur le discours de son prédecesseur en déclarant s'être "endormi en le regardant".

Barack Obama a aussi estimé que les États-Unis devaient rétablir « l'honnêteté et l'honorabilité » au sein du gouvernement. « Ce ne devrait pas être une question partisane de dire que nous n'exerçons pas de pression sur le procureur général ou le FBI pour utiliser le système judiciaire afin de punir nos adversaires politiques, ou pour demander explicitement au procureur général de protéger les membres de son propre parti contre des poursuites, à l'approche d'une élection. »

« Je n'invente pas ça. Ce n'est pas hypothétique », a-t-il dit

L'intégralité du discours de Barack Obama le 7 septembre 2018

Ce discours de Barack Obama donne un avant-goût de la rhétorique qu'il devrait adopter tout au long de l'automne. Samedi, l'ancien président ira appuyer des candidats démocrates de la Californie lors d'un événement dans le comté d'Orange, une région plutôt conservatrice de cet État où les républicains risquent de perdre plusieurs sièges en novembre.

Selon un conseiller de Barack Obama, les activités de campagne de l'ancien président se poursuivront jusqu'en octobre.

Sources combinées

Saturday, September 1, 2018

L’Amérique rend hommage à John McCain



De Barack Obama à George W. Bush, en passant par sa fille Meghan, les hommages au défunt sénateur républicain ont sonné comme un désaveu en creux de l’Amérique de Donald Trump.
John McCain l’avait voulu ainsi. Atteint par un mal qu’il savait incurable, le sénateur républicain de l’Arizona, décédé le 25 août, candidat malheureux à l’investiture républicaine de 2000, puis à l’élection présidentielle de 2008, avait souhaité que ses adversaires d’alors, George W. Bush et Barack Obama, se chargent d’un hommage qui transcende les tranchées partisanes et rappelle les Etats-Unis à leurs valeurs.
La famille du sénateur John McCain  devant la cathédrale
lors de l'arrivée de la dépouille mortelle .                              
Dans le même esprit, il avait également fait savoir que le président des Etats-Unis, Donald Trump, auquel il s’était durement opposé, ne serait pas le bienvenu dans la cathédrale de Washington, samedi 1er septembre, avant que sa dépouille ne soit inhumée, dimanche, dans l’intimité dans le cimetière de l’académie navale d’Annapolis (Maryland).
Alors que le pays est la proie de divisions fiévreusement attisées par le locataire de la Maison Blanche, la cérémonie de samedi s’est transformée en défense vibrante de « l’Amérique de John McCain » qui, selon la fille du disparu, Meghan McCain, « n’a pas besoin d’être grande à nouveau », le slogan de campagne du milliardaire en 2016, « parce qu’elle l’a toujours été ». Une tirade accueillie par des applaudissements, rares en pareille circonstance.

Obama incisif
Assurant que son père lui avait conseillé de montrer combien elle était « forte »au moment de s’exprimer depuis la chaire de la cathédrale de Washington, elle s’est montrée encore plus limpide. « Nous sommes réunis ici pour pleurer la grandeur de l’Amérique, pas la rhétorique bon marché d’hommes qui ne s’approcheront jamais du sacrifice qu’il a volontairement donné, ni son appropriation opportuniste par ceux qui vivaient dans le confort et les privilèges », a-t-elle dit, rapprochant le sort de l’ancien prisonnier de guerre au Vietnam (McCain) de celui qui avait évité à cette époque la conscription (Trump) avant de dénier à John McCain le statut de héros pendant sa campagne présidentielle en 2016.
L'ancien président américain Barack Obama rend hommage
à son adversaire de 2008 lors de la cérémonie funéraire.         
Son prédécesseur républicain George W. Bush (2000-2008), opposé à M. McCain lors de la primaire de 2000, a quant à lui rappelé qu’il « reconnaissait toujours que ses opposants étaient malgré tout des patriotes et des êtres humains ». « Il aimait la liberté avec la passion d’un homme qui a connu son absence », a-t-il poursuivi, en référence à la captivité de l’ancien pilote de chasse au Vietnam. Sur le chemin de la cathédrale, le cortège funèbre a fait halte brièvement au Monument aux anciens combattants du Vietnam, où sa veuve, Cindy McCain, a déposé une gerbe à la mémoire des soldats tombés durant la guerre.

Ni Trump ni Palin
La semaine d’hommages à John McCain suit un ordonnancement qu’il avait lui-même décidé. Mort le samedi 25 août à 81 ans dans son Etat de l’Arizona, après une année de combat contre un cancer du cerveau, il avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas que Donald Trump assistât à ses obsèques. Pas plus que Sarah Palin, sa colistière de l’élection présidentielle perdue de 2008, dont il écrit dans le dernier tome de ses Mémoire regretter  le choix.
Aux yeux de ses amis, républicains comme démocrates, John McCain incarnait une tradition politique radicalement opposée à celle de Donald Trump. « Héros américain », fils et petit-fils d’amiraux, il fut prisonnier et torturé pendant la guerre du Vietnam, avant d’entamer une carrière de trente-cinq ans au Congrès.
« L’Amérique de John McCain n’a pas besoin de retrouver sa grandeur »
Meghan McCain lors de son éloge à la cathédrale
Donald Trump était donc le grand absent du jour à la cathédrale de Washington. Il a dépêché à la cérémonie son plus proche collaborateur, le général John Kelly, ainsi que son ministre de la défense, Jim Mattis, et son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton. Pendant la cérémonie, il a joué au golf dans l’un de ses clubs, avant de multiplier les tweets sans aucun rapport avec le sénateur.
Dans son discours d’hommage à son père, Meghan McCain n’a pas mâché ses mots envers ceux qui l’avaient critiqué, visant en creux l’actuel locataire de la Maison Blanche : « Nous sommes rassemblés pour célébrer la mort de la grandeur américaine, la vraie, et non pas la rhétorique bon marché de ceux qui ne s’approcheront jamais du sacrifice auquel [John McCain] a consenti. » « L’Amérique de John McCain n’a pas besoin de retrouver sa grandeur car l’Amérique est toujours grande », a-t-elle ajoutée, en référence au slogan trumpien « Make America Great Again » (« rendre à l’Amérique sa grandeur »).
L’hommage de 10 000 personnes
L’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger, 94 ans, ainsi que des amis parlementaires de John McCain, se sont également exprimés lors de cette cérémonie organisée à la cathédrale de Washington, qui est à la fois le siège du diocèse épiscopalien et l’un des plus grands édifices religieux du pays. Parmi les porteurs du cercueil de John McCain, grand critique du régime de Vladimir Poutine, figurait aussi l’historien et dissident russe Vladimir Kara-Murza.


Meghan McCain délivrant son hommage à la Cathédrale de Washington
Vendredi, plus de 10 000 personnes étaient venues s’incliner devant sa dépouille lors d’une première cérémonie d’hommages au Capitole, marquée par la présence, digne et stoïque, de sa mère Roberta McCain, 106 ans, au côté de sa veuve Cindy McCain, et de leurs sept enfants.

L’ancien sénateur et ancien pilote de chasse sera inhumé dimanche lors d’une cérémonie privée à l’Académie navale d’Annapolis, non loin de Washington, dont il fut dans les années 1950 un élève turbulent et indiscipliné, se signalant déjà par son anticonformisme et son franc-parler.

Sources combinées:


Monday, August 27, 2018

Le maverick sénateur américain John McCain est mort

Sénateur John McCain
(1936-2018)

Il était soigné depuis juillet 2017  pour un glioblastome, une forme de cancer très agressive avec un très faible taux de survie.

Le sénateur de l’Arizona John McCain, pilote blessé et torturé pendant la guerre du Vietnam où il fut emprisonné pendant plus de cinq ans; candidat malheureux à la Maison Blanche et figure non-conformiste de la politique américaine, est mort le samedi 25 août à quelques jours de son 82e anniversaire, après treize mois de lutte contre un cancer du cerveau. Il avait 7 enfants.

Les réactions ont afflué  dans les minutes suivant l’annonce du décès pour saluer la mémoire de ce monument républicain, qui s’est fâché avec beaucoup de monde y compris au sein de sa famille politique, mais dont le dévouement patriotique était reconnu par tous.

"John et moi venions de générations différentes, avions des origines complètement différentes, et nous nous sommes affrontés au plus haut niveau de la politique", a déclaré l’ancien président démocrate Barack Obama, qui l’avait battu à l’élection présidentielle de 2008.

"Mais nous partagions, malgré nos différences, une fidélité à quelque chose de plus élevé, les idéaux pour lesquels des générations entières d’Américains et d’immigrés se sont battus et se sont sacrifiés".
 Le président Donald Trump, qui était en conflit avec le sénateur républicain, a tweeté un court message de condoléances, sans un mot sur la carrière et la vie de l’homme.

"Mes condoléances et mon respect le plus sincère pour la famille du sénateur John McCain. Nos cœurs et nos prières sont avec vous !", a écrit M. Trump.
 "Homme de profonde conviction"
A l’inverse, la plupart des élus et anciens élus américains ont publié un communiqué dans les minutes suivant l’annonce du décès, l’ancien président George W. Bush saluant par exemple un "homme de profonde conviction et un patriote au plus haut degré".

L’ancien président démocrate Bill Clinton a lui aussi salué la mémoire de John McCain, soulignant qu’"il avait souvent mis de côté l’appartenance partisane» pour servir la nation.
Et un autre démocrate, Al Gore, vice-président sous Bill Clinton, est allé dans le même sens. 

"J’ai toujours admiré et respecté John" parce qu’il œuvrait toujours à "trouver un terrain d’entente, aussi difficile que ce soit", a-t-il dit.

Pour le sénateur républicain Lindsey Graham, «l’Amérique et la Liberté ont perdu l’un de leurs plus grands champions».

Le héros de la guerre, John MacCain
a accompli de grands sacrifices à son
pays.                                                 
John McCain, fils et petit-fils d’amiraux, a d’abord été pilote de chasse, engagé dans la guerre du Vietnam où il fut blessé et emprisonné pendant plus de cinq ans.  Il fut torturé par ses geôliers, et deviendra au cours de sa carrière politique un farouche opposant à la torture, dénonçant la CIA pour ses pratiques d’interrogatoires «musclés» sous la présidence de George W. Bush.

Après son retour aux États-Unis à la fin de la guerre du Vietnam, il se fait élire à la Chambre des représentants, puis est élu sénateur en 1986, un siège qu’il a conservé depuis, sa dernière réélection, en novembre 2016, ayant été la plus difficile, une partie de l’électorat conservateur ne lui ayant pas pardonné d’avoir critiqué Donald Trump.

Franc parler
Il a longtemps cultivé l’image d’un républicain indépendant au franc parler, mais il échoue aux primaires républicaines en 2000 face à George W. Bush. En 2008, il emporte cette fois l’investiture de son parti, mais perd face à Barack Obama.

Il était ensuite resté au Sénat, sa deuxième maison depuis plus de trente ans. Il avait été un des partisans les plus farouches de la guerre d’Irak et continuait à promouvoir un rôle militaire américain fort à l’étranger, se marginalisant au fil des années dans un parti républicain désireux de se recentrer sur les priorités domestiques.

Dans les années 2010, il a assisté consterné à l’ascension de la mouvance du Tea Party au sein de son parti, qu’il n’a pu contenir. Il défendait inlassablement une hausse du budget militaire, et dirigeait jusqu’à sa mort la commission des Forces armées du Sénat. D’autres causes ont animé sa carrière, notamment la réforme du système d’immigration, ou encore celle du financement électoral.

Les anciens présidents Barack Obama et George W. Bush, un démocrate et un républicain, devraient prononcer des éloges funèbres, à sa demande, selon le New York Times. Plusieurs médias avaient rapporté il y a plusieurs mois que le sénateur avait expressément demandé à ce que Donald Trump ne participe pas.

Dans l'Arizona, son Etat d'adoption, des anonymes ont apporté dimanche des fleurs devant sa permanence parlementaire à Phoenix, ainsi que devant la maison funéraire où sa dépouille repose.

"Nous voulions rendre hommage à un grand patriote américain, un grand héros américain", dit l'un d'eux, Michael Wilson.

"Quelle épopée", avait écrit le sénateur dans des mémoires publiés en mai. "J'ai vécu de grandes passions, vu des merveilles, j'ai fait la guerre et contribué à la paix. Je me suis fait une petite place dans l'histoire de l'Amérique et l'histoire de mon époque", écrivait-il.

"Patriote", "héros", "combattant", "non conformiste": les hommages rendus par l'ensemble de la classe politique du pays avaient pour point commun la carrière de l'homme au service de la nation. John McCain était l'un des rares élus du Congrès célèbres hors des frontières des Etats-Unis. De l'Europe au Pakistan, nombre de dirigeants étrangers ont salué sa mémoire.


Depuis l'annonce du décès de John McCain, les internautes sur les réseaux sociaux partagent en nombre cette séquence d' octobre 2008, quand le sénateur était en campagne contre le futur président des États-Unis, Barack Obama.

Alors en meeting à Lakeville dans le Minesota, John McCain s'était livré à une séquence de questions-réponses avec ses soutiens. L'un d'entre eux, une femme, avait alors pris la parole et avait lancé : "Je ne peux pas faire confiance à Barack Obama (...) c'est un arabe ".
L'enterrement, dans l'intimité familiale, aura lieu dimanche au cimetière de l'Académie navale d'Annapolis, à une heure à l'est de Washington. C'est là qu'il suivit sa formation de pilote de la marine, et qu'il rencontra l'ami à côté duquel il sera enterré, l'ancien amiral Chuck Larson.

Sources combinées 


Sunday, January 22, 2017

Marches des femmes à travers le monde pour protester contre Donald Trump

Par Herve Gilbert
Plus de deux millions de personnes ont participé à la Marche des Femmes aux Etat-Unis
Plus d'un million de manifestants, surtout des femmes, ont défilé aux quatre coins des Etats-Unis ce 21 janvier, au lendemain de l’investiture de Donald Trump comme 45e président. Au-delà des frontières américaines et ailleurs, dans plusieurs grandes villes de la planète des dizaines de milliers de femmes se sont aussi rassemblées. Jamais depuis 40 ans un président des États-Unis n’a suscité une telle défiance à sa prise de fonctions. Cette Marche des femmes, depuis le National Mall de la capitale fédérale comme partout ailleurs entend contrer les propos machistes que Trump a tenus avant ou durant sa campagne électorale.
Whoopi Goldberg portant son bonnet rose
Bonnets roses sur la tête, en réponse  à la casquette rouge flanquée du slogan  « Make America Great Again » arborée par les pro-Trump  durant l’inauguration , ces manifestantes  revendiquent tous azimuts, témoignant de l’ampleur de l’inquiétude de la population américaine. Ces opposantes au nouveau président ne manquent pas d'humour. Ces bonnets roses  s'appellent le « Pussy Hat », « le chapeau chat ». Un jeu de mot sur les propos très vulgaires sur les parties génitales tenus par Donald Trump en 2005 qui s'était vanté "d'attraper" les femmes "par la chatte".
Des vedettes étaient présentes, comme le cinéaste Michael Moore,  la militante des droits civiques Angela Davis, les chanteuses Alicia Keys, Madonna, Anne-Marie Capomacico, Katy Perry. L'actrice Scarlett Johansson a lancé  lors de ce rassemblement : « Président Trump, je n'ai pas voté pour vous, mais je respecte votre élection, et je voudrais avoir le coeur de vous soutenir, mais tout d'abord, je souhaite que vous nous souteniez. » Scarlett Johansson promet d'être vigilante, d'autres intervenantes étaient plus agressives, comme l'actrice Ashley Judd. Je suis une « sale bonne femme. » La comédienne reprend l'insulte adressée à Hillary Clinton par Donald Trump lors d'un débat et la chanteuse Madonna engage à la résistance. « La révolution commence ici. Et nous n'avons pas peur. »
Près d'un demi-million à Los Angéles..
Outre Washington, sur  la vaste esplanade en face de laquelle le milliardaire a justement été intronisé 45e président des Etats-Unis la veille, plus de 650 rassemblements  se sont déroulés dans des dizaines de grandes villes américaines. Des manifestations record, comme à Chicago, Seattle, Boston, Austin ou Los Angeles où plus d'un demi-million de personnes ont manifesté.
Cette Marche de femmes contre l'arrivée de Donald Trump  à la Maison Blanche ont eu lieu à travers le monde, notamment à  Paris, Sydney, Londres, à Berlin ou encore à Rome et à Genève mais aussi à Nairobi ou Tokyo. A Tel Aviv, près d'un millier d'Israéliens, en grande majorité des femmes, ont manifesté près de l'ambassade des Etats-Unis
Donald Trump et Mike Pence, deux noms omniprésents sur les affiches, à l’exemple de celle disant « Trump et Pence, deux petits hommes faibles qui utilisent la haine et la peur pour diviser ce pays ».
Depuis le Lincoln Memorial, l'endroit même où Martin Luther King (qui aurait fêté son 88ème anniversaire le 15 janvier 2017 s'il n'avait été assassiné en avril 1968) a tenu son fameux discours « I have a dream » en 1963, jusqu’à la Maison Blanche. Leur rêve à elles : que leurs droits ne soient pas bafoués. Et que le harcèlement sexuel ne devienne pas une norme, qui permette d’être élu à la tête des Etats-Unis.
Marcher pour les Américaines est une vieille habitude : au début du 20ème siècle, elles battaient le pavé pour obtenir le droit de vote. Le premier défilé du genre rassembla 8000 pionnières. Ce qui allait déjà bien au delà des espérances de ces manifestantes. Une vraie gageure à une époque où ne sévissaient pas les réseaux sociaux. Elles obtiendront satisfaction sur ce point, sept ans plus tard, par le 19ème amendement le 18 août 1920...

Comment le président Trump  ressent-il cette défiance au premier jour de son mandat ? On peut donc s'attendre à des comparaisons en termes de mobilisation, d'autant plus que Donald Trump n'a réussi à rassembler qu'environ un tiers de la foule qui avait acclamé Barack Obama en 2009, selon  une estimation  d’un expert cité par le New York Times. C’est une mobilisation record à l’échelle mondiale, un message clair adressé au président Trump.  Cette « Marche des femmes », témoigne à elle seule de la fracture de la société américaine.

Par Herve Gilbert

Friday, January 20, 2017

L'ère Obama à la Maison Blanche a pris fin ce 20 janvier 2017


Les huit années de Barack Obama à la Maison-Blanche
Les huit années de Barack Obama à la Maison-Blanche s'achèvent ce vendredi 20 janvier 2017. C'était en 2008. Le 4 novembre , Barack Obama était élu 44e président des Etats-Unis face au républicain John McCain. Après huit années à la Maison-Blanche il céde le pouvoir ce 20 janvier au républicain Donald J. Trump. Barack Obama est «le premier homme de couleur  à avoir dirigé une puissance mondiale depuis l'abolition de l'esclavage.» Ses huit années à la Maison Blanche auront été marquées par quelques beaux succès, mais aussi de nombreux échecs, en raison des freins imposés par le Congrès républicain.  
Mais qu'en reste-t-il ? "Haïti Connexion Culture" a listé  quelques réalisations,  comme la mise en place de l'Obamacare, la légalisation du mariage homosexuel, ainsi que la main tendue à Cuba, après plus d'un demi-siècle de crise diplomatique.. Un bilan en demi-teinte, nécessairement. Car n'oublions pas que Barack Obama n'a disposé de la majorité aux deux chambres du Congrès que pendant deux courtes années sur huit…

L'heure est au bilan pour le président démocrate.

Obamacare, interventions en Lybie et en Irak, Guantanamo, chômage...
 «Un homme charmant et élégant pour certains», «un homme de grand charisme» pour d’autres, «une attitude sincère, un comportement moral exemplaire».ll est jeune, il est beau, il est noir et porte le mot « espoir » en bandoulière avec l'ambition de changer le monde.  Ses discours, son programme et son style  ont ému, fait rire, fait vibrer voire fait rêver. C'est d'abord la personnalité de Barack Obama, après huit années de présidence. «Cet homme et sa femme ont magnifiquement incarné les valeurs américaines et l'American dream», L'élection de Barack Obama en 2008 est un événement historique. Il est le premier président noir à emménager à la Maison-Blanche. Coïncidence étonnante, son investiture tombe le lendemain du 80e anniversaire de la naissance de Martin Luther King, figure de la lutte des Noirs-Américains pour l'égalité civique aux États-Unis. Sur l'esplanade de trois kilomètres qui relie le Capitole au Lincoln Memorial, deux millions de personnes se pressent pour vivre cet événement historique. Les meilleures places se revendent au marché noir, au point que le Sénat est contraint de promulguer une loi pour interdire ce trafic. Dans son discours, Barack Obama marque sa rupture avec les années Bush qui ont terni l'image des États-Unis dans le monde. Il se réclame des idéaux d'Abraham Lincoln, père de la nation, et propose au monde musulman «une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels». Parmi ses propositions phares: le retrait des troupes en Irak, en Afghanistan et la fermeture de Guantanamo.
L'Obamacare, «une révolution aux États-Unis»
Parmi les actions du président, c'est l'Obamacare, une assurance santé universelle promulguée en 2010. C'est la réforme sociale la plus emblématique des deux mandats de Barack Obama au terme d'intenses débats parlementaires. Elle instaure une «assurance santé universelle», sans pour autant créer d'assurance santé obligatoire à l'exception des enfants. En réalité, ce n'est pas un système de santé public qui a été créé, mais un système où l'État subventionne les familles modestes qui n'ont pas accès aux soins du privé. Ce n'est donc pas la création d'une Sécurité sociale à l'américaine. Après quelques problèmes de mise en place, et notamment de gros bugs informatiques, vingt millions d'Américains ont aujourd'hui souscrit à une assurance-maladie privée grâce à cette réforme.
Une politique étrangère «désastreuse»
Sur le plan économique, des internautes se félicitent des bons chiffres du chômage. «L'économie américaine est à 3% de croissance, le chômage à 5% après la crise de 2008, la plus épouvantable depuis 1929», mais on tient toutefois à souligner que ces bons résultats ont un coût: «La dette a explosé en huit ans. Les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux.»
Prix Nobel de la paix en 2009, Barack Obama est en revanche vivement critiqué sur sa politique étrangère, notamment sur ses interventions au Moyen-Orient. On qualifie même cette politique de «désastreuse.» «Le départ prématuré d'Irak a permis à Daech de se développer», selon certains observateurs. L'armée américaine est intervenue «dans sept pays différents» en huit ans. Autre épine dans le pays du président: Guantanamo. Barack Obama s'était engagé à fermer la prison située à Cuba. «Il a dû en perdre les clefs».
Le 2 mai 2011, la mort d'Oussama Ben Laden
Un an avant les présidentielles de 2012, Barack Obama remporte une victoire majeure: il annonce la mort de Ben Laden. Ennemi ultime des États-Unis depuis les attaques du 11 Septembre, le chef d'al-Qaïda était traqué sans relâche depuis plus de dix ans. «Justice est faite», commente le président des États-Unis alors que des scènes de liesses spontanées éclatent dans les grandes métropoles américaines. Le terroriste a été tué dans sa résidence d'Abbottabad, une ville pakistanaise à une cinquantaine de kilomètres au Nord d'Islamabad. Il y avait été localisé depuis le mois d'août précédant l'attaque. Une semaine avant l'intervention, Barack Obama donne son feu vert aux Navy Seal qui finissent par l'abattre.
Le 18 décembre 2011, le retrait des dernières troupes américaines en Irak
Près de neuf ans après le lancement de l'opération «Irak Freedom», le dernier soldat américain quitte le sol américain le 18 décembre 2011. Barack Obama s'est fait élire en promettant qu'il mettrait fin à une guerre qui aura tué 4474 soldats américains, blessé 32.000 autres et tué entre 104.000 et 113.600 Afghans. Le Pentagone a alloué près de 770 milliards de dollars dans cette guerre déclenchée en 2003 par George Bush sans l'aval de l'ONU pour trouver des armes de destruction massives qui n'existent pas. En réalité, les Américains gardent une présence bien réelle en Irak, du fait de l'émergence du groupe Etat islamique qui menace le pays. Après la débandade de l'armée irakienne en juin 2014 à Mossoul, suivie de la débâcle de Ramadi, les Etats-Unis vont même renforcer leur présence au sol. L'administration américaine envisage la création d'une nouvelle base militaire dans la province irakienne d'Anbar, et confirme l'envoi de centaines de militaires pour entraîner et conseiller les forces irakiennes dans leur combat contre le groupe Etat islamique.
Le 7 juin 2013, l'affaire Snowden
Réfugié en Russie depuis bientôt trois ans, Edward Snowden est associé au plus grand scandale diplomatique de l'histoire récente des Etats-Unis. Le 7 juin 2013, cet ex-employé de la NSA révèle l'existence de Prism, un vaste programme de surveillance mondiale mené par les services de renseignements américains. Il permet à la NSA d'intercepter les messages des internautes du monde entier en accédant aux serveurs des géants du Web comme Wicrosoft, Yahoo!, Apple, YouTube, Facebook ou Skype. Il ressort par la suite que Prism a également servi à espionner les responsables de l'Union européenne, mais aussi le téléphone portable d'Angela Merkel. Ces révélations déstabilisent profondément Barack Obama, obligé de nier avoir eu connaissance des ces écoutes, ce qui laisse penser qu'il ne tient pas ses services de renseignements. L'ampleur du scandale met en péril l'élaboration d'un traité Transatlantique, un vaste accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Europe dont les négociations devaient commencer en juillet 2013.
D'autres révélations similaires vont émailler les années Obama. La plus grave reste l'affaire des «câbles diplomatiques»: dans la nuit du jeudi au vendredi 2 septembre 2011, Wikileaks publie pas moins de 250.000 câbles diplomatiques américains. On y apprend que les Etats-Unis savent pertinemment que les donateurs saoudiens sont les principaux soutiens financiers des groupes extrémistes sunnites comme al-Qaïda, avant même la naissance du groupe Etat islamique. On y découvre aussi que les diplomates américains en poste aux Nations unies sont priées d'espionner leurs collègues afin d'obtenir «toute information biographique et biométrique», leurs «empreintes digitales, photographies faciales, ADN et scanners de l'iris», sans oublier les numéros de leurs cartes de crédit, mots de passe Internet et tout autre détail privé qu'ils pourraient obtenir. On y apprend en outre que Nicolas Sarkozy est décrit comme le président français «le plus pro-américain depuis la Seconde Guerre mondiale».
En septembre 2014, mise en place de la coalition contre Daech
Pour combattre le groupe Etat islamique, les Etats-Unis forment une coalition internationale qui mène des frappes aériennes en Irak et en Syrie. Washington mène 80% de ces frappes. Parallèlement, quelque 3500 soldats américains sont déployés en Irak et une cinquantaine en Syrie. Sur le terrain, ils font de la collecte d'informations, coordonnent les forces locales et aident à la précision dans les raids aériens. Aujourd'hui, près de soixante pays, majoritairement européens, mais aussi du Golfe ou du Maghreb, participent aux frappes coordonnées par les Etats-Unis. Par l'élaboration de cette coalition, Barack Obama a repris l'initiative sur le dossier syrien, après avoir fait aveu de faiblesse. En août 2013, il renonçait en effet à frapper le régime de Bachar el-Assad qui a fait usage d'armes chimiques dans la banlieue de Damas. Alors que la France lui demande de prendre part à des frappes de rétorsion, il fait finalement volte-face.
Un an plus tard, c'est au tour de la France de renoncer à suivre les Etats-Unis en limitant ses frappes sur l'Irak seulement. En septembre 2015, Paris infléchit sa position et accepte finalement de bombarder la Syrie. Reste que la Russie mène des frappes en Syrie sans se coordonner avec la coalition. Au risque de créer de graves incidents diplomatiques, comme le 24 novembre 2015, où deux chasseurs turcs ont abattu un avion russe à la frontière turco-syrienne. L'incident provoquera une grave crise diplomatique entre Moscou et Ankara, pays membre de l'Organisation du traité Atlantique nord (Otan), mettant à mal l'idée d'une grande coalition unique voulue par les Etats-Unis, et relancée par la France depuis les attaques du 13 novembre.
Le 14 juillet 2015, accord sur le nucléaire iranien 
Après quatorze ans de négociations infructueuses et un blocus international qui a laissé l'économie iranienne exsangue, un accord sur le nucléaire est finalement signé le 14 juillet 2015. C'est l'une des principales victoires de la politique étrangère de Barack Obama. Le texte doit garantir la nature pacifique du programme nucléaire iranien et ouvre la voie à une normalisation des relations économiques et diplomatiques de Téhéran avec la communauté internationale. Barack Obama a pesé de tout son poids pour faire aboutir l'accord. Dans un discours retransmis dans le monde entier, même en Iran, il le qualifie «d'occasion à saisir» pour normaliser les relations avec Téhéran. L'accord provoque l'ire des pays du Golfe, mais surtout d'Israël. Alors que les républicains du Congrès se sont promis de le faire capoter, Barack Obama parvient à réunir 42 sénateurs démocrates derrière lui, ce qui lui donne la possibilité d'empêcher la majorité sénatoriale républicaine de bloquer le texte.
Le 17 décembre 2015, les Etats-Unis renouent avec Cuba


Obama rencontre Raùl Castro à Cuba le 22 mars 2016
L'une des grandes victoires diplomatiques de Barack Obama reste la normalisation des relations diplomatiques avec Cuba. En 1961, l'opération calamiteuse de la baie des Cochons provoquait l'une des plus graves crises de la guerre froide qui mènera à la rupture des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba, accompagnée d'un embargo américain contre le l'île castriste. Cinquante-quatre ans plus tard, Barack Obama s'adresse aux Cubains en disant: «Somos todos americanos», «Nous sommes tous Américains». Ce coup diplomatique spectaculaire est la conséquence de la libération réussie d'Alan Gross, un ancien contractuel américain de l'agence de développement USAID qui était retenu sur l'île depuis 2009. D'autres échanges de prisonniers sont négociés, dont un officier de renseignement américain détenu depuis vingt ans, contre trois agents cubains.
Le 6 janvier 2016, Obama restreint la vente d'armes à feu
Ce pourrait être le dernier grand combat de son second mandat. Lors de ses vœux en janvier, Barack Obama fait du contrôle des armes à feu une urgence nationale. Une quinzaine de tueries ont émaillé ses deux mandats. En octobre 2015, la folie meurtrière d'un adolescent dans un campus universitaire de Roseburg dans l'Oregon fait dix morts et sept blessés. Le jour même, le président Obama déclare vouloir «en finir avec cette routine». Pour passer outre l'hostilité du Congrès, il opte pour la promulgation de décrets, tout en assurant préserver le sacro-saint second amendement qui protège la possession d'armes. Dans le détail, les décrets prévoient la généralisation des contrôles des antécédents judiciaires et psychiatriques d'un futur possesseur d'arme. Jusqu'ici, les ventes lors de foires itinérantes et les achats en ligne échappaient à ces contrôles. Par ailleurs, tout vendeur sera tenu de détenir une licence. Les textes prévoient aussi un renforcement des aides aux malades mentaux, ainsi qu'un meilleur recensement des armes volées. Pour appuyer son propos, le président rappelle que chaque année, quelque 30.000 personnes trouvent la mort par armes à feu aux États-Unis.

Le couple Obama:  l'excellence de la prestance
Peut-être que l'on se souviendra surtout du style Obama. De l'élégance de ce couple glamour et sexy, comme on n'en avait pas vu à la Maison Blanche depuis Kennedy. La gracieuse Michelle Obama a su, elle aussi, jouer sa partition de «first lady» à merveille. Une bouffée d'oxygène, après les années Bush, étriquées et austères, à l'odeur de renfermé.
Obama a apporté de la fraîcheur, de l'humour, de la décontraction au sommet de l'État, sans pour autant y perdre son autorité ou son prestige. On devine qu'il y a derrière tout cela un grand talent de communication, mais on peut préférer ce style-là à celui d'un bateleur de téléréalité par ailleurs milliardaire.

Le couple Obama a apporté de l'élégance  à la M. B
Barack Obama aura été un symbole. L'accession à la présidence des États-Unis d'un Afro-Américain, quarante ans après l'assassinat du pasteur Martin Luther King, a pu sonner comme la revanche des noirs, dans ce pays toujours hanté par ses démons racistes.

Après huit années passées à la Maison blanche, Barack Obama laisse les clés d'une Amérique qui a surmonté la crise, mais qui n'a toujours pas chassé ses vieux démons, comme le racisme ou le port d'armes.

En tout cas, voilà une trajectoire originale, pour un garçon qui était un parfait inconnu quelques années avant son élection : impensable dans notre Hexagone où les candidats à la magistrature suprême sont toujours des vieux briscards de la politique.


Par : Herve Gilbert

Sources de référence : lefigaro.fr,  LADEPECHE.fr