Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Showing posts with label marche du Lincoln Memorial. Show all posts
Showing posts with label marche du Lincoln Memorial. Show all posts

Sunday, January 22, 2017

Marches des femmes à travers le monde pour protester contre Donald Trump

Par Herve Gilbert
Plus de deux millions de personnes ont participé à la Marche des Femmes aux Etat-Unis
Plus d'un million de manifestants, surtout des femmes, ont défilé aux quatre coins des Etats-Unis ce 21 janvier, au lendemain de l’investiture de Donald Trump comme 45e président. Au-delà des frontières américaines et ailleurs, dans plusieurs grandes villes de la planète des dizaines de milliers de femmes se sont aussi rassemblées. Jamais depuis 40 ans un président des États-Unis n’a suscité une telle défiance à sa prise de fonctions. Cette Marche des femmes, depuis le National Mall de la capitale fédérale comme partout ailleurs entend contrer les propos machistes que Trump a tenus avant ou durant sa campagne électorale.
Whoopi Goldberg portant son bonnet rose
Bonnets roses sur la tête, en réponse  à la casquette rouge flanquée du slogan  « Make America Great Again » arborée par les pro-Trump  durant l’inauguration , ces manifestantes  revendiquent tous azimuts, témoignant de l’ampleur de l’inquiétude de la population américaine. Ces opposantes au nouveau président ne manquent pas d'humour. Ces bonnets roses  s'appellent le « Pussy Hat », « le chapeau chat ». Un jeu de mot sur les propos très vulgaires sur les parties génitales tenus par Donald Trump en 2005 qui s'était vanté "d'attraper" les femmes "par la chatte".
Des vedettes étaient présentes, comme le cinéaste Michael Moore,  la militante des droits civiques Angela Davis, les chanteuses Alicia Keys, Madonna, Anne-Marie Capomacico, Katy Perry. L'actrice Scarlett Johansson a lancé  lors de ce rassemblement : « Président Trump, je n'ai pas voté pour vous, mais je respecte votre élection, et je voudrais avoir le coeur de vous soutenir, mais tout d'abord, je souhaite que vous nous souteniez. » Scarlett Johansson promet d'être vigilante, d'autres intervenantes étaient plus agressives, comme l'actrice Ashley Judd. Je suis une « sale bonne femme. » La comédienne reprend l'insulte adressée à Hillary Clinton par Donald Trump lors d'un débat et la chanteuse Madonna engage à la résistance. « La révolution commence ici. Et nous n'avons pas peur. »
Près d'un demi-million à Los Angéles..
Outre Washington, sur  la vaste esplanade en face de laquelle le milliardaire a justement été intronisé 45e président des Etats-Unis la veille, plus de 650 rassemblements  se sont déroulés dans des dizaines de grandes villes américaines. Des manifestations record, comme à Chicago, Seattle, Boston, Austin ou Los Angeles où plus d'un demi-million de personnes ont manifesté.
Cette Marche de femmes contre l'arrivée de Donald Trump  à la Maison Blanche ont eu lieu à travers le monde, notamment à  Paris, Sydney, Londres, à Berlin ou encore à Rome et à Genève mais aussi à Nairobi ou Tokyo. A Tel Aviv, près d'un millier d'Israéliens, en grande majorité des femmes, ont manifesté près de l'ambassade des Etats-Unis
Donald Trump et Mike Pence, deux noms omniprésents sur les affiches, à l’exemple de celle disant « Trump et Pence, deux petits hommes faibles qui utilisent la haine et la peur pour diviser ce pays ».
Depuis le Lincoln Memorial, l'endroit même où Martin Luther King (qui aurait fêté son 88ème anniversaire le 15 janvier 2017 s'il n'avait été assassiné en avril 1968) a tenu son fameux discours « I have a dream » en 1963, jusqu’à la Maison Blanche. Leur rêve à elles : que leurs droits ne soient pas bafoués. Et que le harcèlement sexuel ne devienne pas une norme, qui permette d’être élu à la tête des Etats-Unis.
Marcher pour les Américaines est une vieille habitude : au début du 20ème siècle, elles battaient le pavé pour obtenir le droit de vote. Le premier défilé du genre rassembla 8000 pionnières. Ce qui allait déjà bien au delà des espérances de ces manifestantes. Une vraie gageure à une époque où ne sévissaient pas les réseaux sociaux. Elles obtiendront satisfaction sur ce point, sept ans plus tard, par le 19ème amendement le 18 août 1920...

Comment le président Trump  ressent-il cette défiance au premier jour de son mandat ? On peut donc s'attendre à des comparaisons en termes de mobilisation, d'autant plus que Donald Trump n'a réussi à rassembler qu'environ un tiers de la foule qui avait acclamé Barack Obama en 2009, selon  une estimation  d’un expert cité par le New York Times. C’est une mobilisation record à l’échelle mondiale, un message clair adressé au président Trump.  Cette « Marche des femmes », témoigne à elle seule de la fracture de la société américaine.

Par Herve Gilbert

Wednesday, August 28, 2013

Le discours « I have a dream » de Martin Luther King .

Qu'est devenu le rêve de Martin Luther King, 54 ans après ?

Le 28 août 1963, Martin Luther King  prononçait son célèbre discours " I have a dream" à Washington, devant 250.000 personnes sur les marches du Lincoln Memorial, Washington D.C


Dr. Martin Luther King

Il y a cent ans, un grand américain, qui jette sur nous aujourd'hui son ombre symbolique, a signé la Proclamation d'émancipation. Cet arrêté d'une importance capitale venait porter lumière, comme une phare d'espoir, aux millions d'esclaves Noirs marqués par les flammes d'une injustice foudroyante, et annonçait l'aube joyeuse qui allait mettre fin à la longue nuit de la captivité. Mais un siècle plus tard, nous devons faire le constat tragique que les Noirs ne sont pas encore libres. Un siècle plus tard, la vie des Noirs reste entravée par la ségrégation et enchainée par la discrimination. Un siècle plus tard, les Noirs représentent un ilôt de pauvreté au milieu d'un vaste océan de prospérité matérielle.


         
Un siècle plus tard, le Noirs languissent toujours dans les marges de la société américaine, des exilés dans leur propre terre. Alors nous venons içi aujourd'hui pour dramatiser notre condition effroyable. Nous venons à la capitale de notre nation pour demander, en quelque sorte, le paiement d'un chèque. Quand les architectes de notre république écrivirent les textes magnifiques de la Constitution et de la Déclaration d'Indépendence, ils signèrent un billet à l'ordre de chaque américain. C'était la promesse que chacun serait assuré de son droit inalienable à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Il est aujourd'hui évident que l'Amérique a manqué à cet engagement quant à ses citoyens de couleur.


Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, l'Amérique à passé au peuple Noir un chèque qui revient marqué "sans provisions". Mais nous ne saurons croire que la banque de la Justice a fait faillite. Nous ne saurons croire qu'il n'y a plus suffisamment de provisions dans les grands coffres d'opportunité nationaux. Alors nous venons exiger paiement contre ce chèque, paiement sur demande des richesses de la liberté et de la sécurité que procure la justice. Nous venons également à cet endroit sacré pour rappeler à l'Amérique l'urgence absolue du moment. Ce n'est pas le moment de prendre le luxe de laisser calmer les esprits, ni de nous laisser endormir par une approche gradualiste. Il est temps de quitter la vallée sombre et désolée de la ségrégation pour prendre le chemin ensoleillé de la justice raciale. Il est temps d'ouvrir les portes de l'opportunité à tous les enfants de Dieu.

Il est temps de tirer notre nation des sables mouvants de l'injustice raciale jusqu'au rocher solide de la fraternité. Que la nation ne tienne pas compte de l'urgence du moment, qu'elle sous-estime la détermination des Noirs, lui serait fatal. Cet été étouffant du mécontentement légitime des Noirs ne prendra fin qu'à l'arrivée d'une automne vivifiante qui amènera liberté et égalité. L'année 1963 n'est pas une fin, mais un début. Ceux qui veulent croire que les Noirs seront satisfaits seulement de s'exprimer avec force auront un fâcheux réveil si la nation revient aux affaires habituelles comme si de rien n'était. L'Amérique ne connaîtra ni repos ni tranquilité tant que les Noirs ne jouissent pas pleinement de leurs droit civiques. Les orages de la révolte continueront à secouer les fondations de notre pays jusqu'au jour où la lumière de la justice arrivera. Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, qui sont sur le point de franchir le seuil de la justice. En luttant pour prendre notre juste place, nous ne devrons pas nous rendre coupables d'actes injustes. Ne buvons pas de la coupe de l'amertume et de la haine pour assouvir notre soif. Nous devons toujours conduire notre lutte dans un haut souci de dignité et de la discipline.
Pour le lire en français sous-titres regardez dans la vidéo ci-dessous.
 
Nous ne pouvons pas laisser notre protestation créative dégénérer en violence physique. Encore et encore, nous devons atteindre ce niveau exalté où nous opposons à la force physique, la force de l'âme. Le militantisme merveilleux qui a pris la communauté noire ne doit pas nous amener à nous méfier de tous les Blancs, puisque beaucoup de nos frères Blancs, on le voit par leur présence içi aujourd'hui, se sont rendus compte que leur destin est lié au nôtre, et que leur liberté dépend étroitement de la nôtre. Nous ne pouvons pas marcher seuls. Et quand nous marchons, nous devons jurer d'aller toujours de l'avant. Nous ne pouvons pas faire demi-tour. Il y en a qui demandent aux fervents des droits civiques, "Quand serez-vous satisfaits?" Nous ne saurons être satisfaits tant que nous ne pouvons pas laisser nos corps fatigués se reposer dans les motels des routes ni les hôtels des villes. Nous ne saurons être satisfaits tant que les Noirs ne peuvent bouger que d'un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne saurons être satisfaits tant qu'un Noir en Mississippi n'a pas le droit de voter et qu'un Noir à New York ne voit rien pour lequel il peut voter. Non, non-nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons satisfaits que le jour où la justice se déchainera comme les eaux, et que la rectitude sera comme une fleuve puissante. Je ne suis pas sans savoir que certains d'entre vous arrivent ici après maintes épreuves et tribulations.


Certains d'entre vous viennent directement des cellules étroites de prison. Certains d'entre vous viennent des régions où votre quête pour la liberté vous a laissés meurtris par les orages de la persécution et renversés par le vent de la brutalité policière. Vous êtes les véterans de la souffrance créative. Persévérez dans l'assurance que la souffrance non-méritée vous portera rédemption. Retournez au Mississippi, retournez à l'Alabama, retournez à la Géorgie, retournez à la Louisiane, retournez aux ghettos et quartiers pauvres de nos villes du Nord, en sachant que cette situation, d'une manière ou d'une autre, peut être et sera changée. Ne nous complaisons pas dans la vallée de la désespoir.
 
Martin Luther King Jr à Washington le 28 Août 1963. Le discours donne encore des frissons. Il a beau avoir 50 ans, il n'a pas perdu en intensité et en émotion. Le 28 août 1963, devant le Lincoln Memorial, à Washington, Martin Luther King s'adresse à une impressionnante foule en prononçant à plusieurs reprises "I have a dream".


Je vous dis aujourd'hui, mes amis, que malgré les difficultes et les frustrations du moment, j'ai quand même un rève. C'est un rève profondement enracinée dans le rève américain. J'ai un rève-qu'un jour, cette nation se lèvera et vivra la vrai signification de son croyance: "Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux." J'ai un rève-qu'un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité. J'ai un rève-qu'un jour même l'etat de Mississippi, un désert étouffant d'injustice et d'oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice. J'ai un rève-que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère. J'ai un rève aujourd'hui. J'ai un rève-qu'un jour l'état de l'Alabama, dont le gouverneur actuel parle d'interposition et de nullification, sera transformé en un endroit où des petits enfants noires pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme freres et soeurs. J'ai un rève aujourd'hui. J'ai un rève-qu'un jour, chaque vallée sera levée, chaque colline et montagne sera nivellé, les endroits rugueux seront lissés et les endroits tortueux seront faits droits, et la gloire du Seigneur sera révélée, et tous les hommes la verront ensemble. Ceci est notre espoir.


C'est avec cet espoir que je rentre au Sud. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordances de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, être emprisonnés ensemble, nous révoltons pour la liberte ensemble, en sachant qu'un jour nous serons libres. Quand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront chanter avec un sens nouveau cette chanson patriotique, "Mon pays, c'est de toi, douce patrie de la liberté, c'est de toi que je chante. Terre où reposent mes aïeux, fierté des pélerins, de chaque montagne, que la liberté retentisse." Et si l'Amérique veut être une grande nation ceci doit se faire. Alors, que la liberté retentisse des grandes collines du New Hampshire. Que la liberté retentisse des montagnes puissantes du New York. Que la liberté retentisse des hauts Alleghenies de la Pennsylvanie! Que la liberté retentisse des Rockies enneigées du Colorado! Que la liberté retentisse des beaux sommets de la Californie! Mais pas que ça-que la liberté retentisse des Stone Mountains de la Georgie! Que la liberté retentisse des Lookout Mountains du Tennessee! Que la liberté retentisse de chaque colline et de chaque taupiniere du Mississippi!

Que la liberté retentisse! Quand nous laisserons retentir la liberté, quand nous la laisserons retentir de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque état et de chaque ville, nous ferons approcher ce jour quand tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs et Gentils, Catholiques et Protéstants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir, "Enfin libres! Enfin libres! Dieu Tout-Puissant, merci, nous sommes enfin libres!"

Son discours de seize minutes - point culminant de la marche vers Washington pour le travail et la liberté - électrise des centaines de milliers d'anonymes venus de tous les Etats-Unis.                                                      
Haiti Connexion Culture