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Thursday, April 30, 2020

La pandémie et le dilemme des dieux

Le Pape, seul dans la tempête sur la Place St-Pierre pour les Pâques de 2020.


Par Max Dorismond
Si je vous déclare qu’on a déjà dénombré 2700 dieux dans le monde, allez-vous me croire? Eh bien! C’est une réalité. D’autres parlent de beaucoup plus encore. Dans ce festival des divinités, au début de l’annonce de la pandémie, les fanatiques de chaque religion se mettaient en tête que le jour « J » était arrivé. Ils commençaient par se frotter les mains d’aise et jubilaient déjà à l’idée d’être sauvés, bien avant le voisin d’à côté. Égoïsme, quand tu nous tiens! Mais quand ils réalisèrent que c’était du sérieux, que les pasteurs, les prêtres d’Italie, les fous d’Allah, les ultra-orthodoxes, les vaudouisants et tutti quanti, tombaient comme des mouches, ce fut le temps pour ces détenteurs de la « juste vérité » de s’ouvrir aux thérapies introspectives et aux remises en question.


Une Secte en plein coeur de New York
La réalité derrière les ultra-orthodoxes

En effet, le virus est imprévisible. Aucune divinité ne peut l’apprivoiser. Un pasteur américain l’a payé de sa vie pour l’avoir défié en s’appuyant sur son dieu. L’unique opportunité de l’Homme, pour le désarçonner, « réside dans l’Homme lui-même et sa Science », comme nous l’a rappelé le Dr Jean Fils-Aimé. En attendant, le croyant abasourdi, déboussolé, se croise les doigts et se résigne en silence.

Funérailles en Italie de 67 Prêtres décédés du Covid-19 
Hier, on écrirait : « prier en silence ». Mais, ces jours-ci, l’Homme se retrouve dans une nouvelle dimension, et le verbe « Prier » prend ici une autre tournure. Il n’est qu’une flûte vide, sans essence, que le cher disciple hésite à emboucher, pour le moment, car, son espérance est mise à rude épreuve. Ce rêve, qui avait aiguisé sa patience dans la recherche de l’absolu, cette pulsion de vie, qui l’envoûtait et le faisait vibrer, bat de l’aile. Face à cet état de fait, des questions lancinantes viennent hanter son quotidien, à savoir s’il ne s’était pas fait rouler par plus intelligent que lui.

En fait, ce virus pervers, invisible à l’œil, attaque le corps, en fait de même, quant à l’esprit. Il vient chambarder l’ordre des choses et demain ne sera plus comme hier. Ces dieux tout-puissants, qui avaient offert leur parapluie à tout croyant, se cachent et n’osent plus se montrer. Entretemps, le parasite, dans toute sa puissance, triomphe et impose sa loi : c’est le confinement planétaire!

Nul ne peut prétendre que les mécréants tombent et que les purs survivent. Non! Sans discrimination aucune, le virus aveugle frappe sans discernement, surtout les plus vieux,  ces hommes d'honneur, ces batisseurs de nations, qui rencontrent la mort  prématurément, dans la soilitude, loin de leurs proches.

Nous voilà face à la réalité, la réalité indélébile. Au nom de toutes ces déités, nous avions divisé le monde pour carburer à l’outrance et à la provocation. D’autres se font exploser dans l’horreur pour se faire récompenser au ciel par un troupeau de vierges dédiées. Selon le désir d’un autre dieu, les Nègres d’Afrique ont été mis en esclavage et forcés de se christianiser dans la violence. Des métaphores ont été inventées de toutes pièces pour conforter la croyance de certains analphabètes. Et, par aveuglement, ces derniers appliquent, même dans l’injustice et dans la terreur, les obligations de ces lois sadiques au rythme de leurs interprétations erronées.

Image de la guerre de Cent Ans
Que de sang versé au nom de la prédominance, au nom de la fabulation: les croisades, la guerre de Cent Ans, les guerres de religion. Que de crimes ont été commis au nom de ces sacro-saintes lois. Des décapitations retentissantes! Des humiliations de toutes sortes! Des buchers collectifs dressés sur les places publiques! Ceux ou celles qui ont erré sur le chemin de la rectitude religieuse ont fait les frais de ces croyances présomptueuses. Seulement dans le trio islamo-judéo-chrétien, pour ne citer que cette clique, les drames sont légion. Sur les fondements de l’hypocrisie, leurs penseurs ont érigé tout un monde mythique, au nom d’un pouvoir personnel, et par ricochet, ils sont bien conscients de leurs turpitudes qui s’amoncellent dans des scandales à tiroirs.

Chaque groupe, se réclamant d’un dieu mesquin et égoïste, se voit déjà le meilleur, l’élu. Quand l’heure de la fin sonnera, il sera le premier à accompagner son divin maître sur le char céleste pour entrer en triomphateur au royaume des cieux. De faux rêves, de fausses attentes dérivées de la mauvaise interprétation des métaphores prescrites et surtout, de certains intérêts mesquins, que le fabuliste Jean de La Fontaine avait cyniquement soulignés dans « Le corbeau et le renard ».

Le Pape François sur la place St-Pierre  le 27 mars 2020 lors
d'un  extraordinaire "Urbi et Orbi" en réponse à la pandémie
du coronavirus qui fait ses ravages dans le monde.   
             
Au Vatican, le site officiel de la chrétienté, le Pape, à genou tout seul sur la Place Saint-Pierre, précaution oblige, regarde dans le vide, sans un mot. Il vient de se frotter à l’impuissance de sa barque dans cette tempête imprévue. Et cette prétentieuse Rome qui pensait posséder la clé du bonheur de l’humanité. C’est vraiment attristant, un symbole de défaite, un attribut du désespoir. Ce silence étouffant nous envoie une image d’impuissance qui veut tout dire: nous nous sommes trompés d’histoires, de rêves et de perspectives.

C’est le même constat pour ce groupe de fanatiques israéliens, tels que les ultra-orthodoxes. Ils se prenaient pour les plus choyés parmi les élus et ont payé assez chèrement leur entêtement parmi les victimes de la covid-19, tant ils ne respectaient pas le confinement en fréquentant la synagogue pour s’adresser quotidiennement à leur dieu, qui n’a rien vu venir.

Visite de l'intérieur de la Kaâba

Quant à la Mecque, on regarde le vide autour de la Kaaba, habituellement grouillant de monde, que, selon la légende islamique, chaque musulman devrait visiter une fois dans sa vie pour embrasser son dieu. Les intégristes ou radicaux ont même ralenti la cadence des punitions de masse (tueries à l’aveugle).

Une poupée en porcelaine
Chez les adeptes du dieu vaudou, c’est le sauve-qui-peut. La poupée de porcelaine immergée, rescapée dans la rivière aux fins de sauver le monde, a perdu de son aura en ces jours perturbés. Du verbiage! De la pure mystification!

Aujourd’hui, cette pandémie vient de sonner le glas de la fausseté. Le roi est nu. Finies, ces conneries de conte de fées! Terminées, ces balivernes à dormir debout! Stoppées, ces hypocrisies collectives à géométrie variable! Bannis, ces rassemblements, qui appauvrissent les moins fortunés, pour enrichir, en fin de compte, la grosse majorité des preachers, qui tablaient hier sur la toute-puissance divine, sur l’amour sans fin de ce père adorable et adoré. Cessez le radotage, la fumisterie et l’escroquerie!

Le monde de demain ne sera plus le même. À chacun sa spiritualité propre. À chacun sa foi. Elle est unique et indivisible. La preuve vient de s’écrire, en noir et blanc, que nul ne peut s’offrir le ciel en interpellant un quelconque dieu. Le siècle des miracles est révolu.

S’il faut conclure par l’absurde, sauf la science et une fusée d’Elon Musk2 peuvent vous y emmener. Mais, pour y parvenir, il faut avoir les mains pleines de fric. Le prix du billet ne sera pas à la portée des petits croyants. Or, c’est là le paradoxe étonnant du quotidien : apparemment, seuls un prédateur, un mafioso ou un criminal, pleins aux as, peuvent se payer ce voyage touristique tentaculaire.

Par conséquent, aucun dieu ne viendra nous chercher. Nous sommes, de préférence, condamnés à nous instruire pour fortifier scientifiquement notre environnement aux fins de nous protéger contre le prochain virus qui sera pire que le Covid-19 d’aujourd’hui. Car, tel que démontré, l’Homme est son propre dieu. Nul besoin de chercher plus haut et plus loin! Nul besoin surtout de l’imposer à l’autre!

Finalement, le drame dans toute cette calamité, c’est que demain, les plus inaptes, croyant faire fausse route, risquent d’emprunter une direction encore plus dangereuse. En effet, s’il faut en croire le philosophe Raphaël Enthoven, « La religion, confrontée à une catastrophe, dégénère en superstition ». Et nous en sommes vraiment là!
  
Max Dorismond


Note:
1 – Kaaba : C’est le lieu le plus sacré de l’islam, situé dans l’enceinte du Masjidal-Haram (La Mosquée sacrée) à la Mecque. C’est tourné vers la Kaaba que les musulmans accomplissent leurs prières quotidiennes, n’importe où ils se trouvent dans le monde. Selon la tradition, il y aurait deux Kaaba distinctes, l’une terrestre pour les hommes et l’autre pour les anges. (Src. : Wikipédia)

2 – Elon Musk : Ingénieur et entrepreneur né en Afrique du sud, naturalisé américain en 2002. Musk déclare que les objectifs de ses compagnies, SolarCity, Tesla et SpaceX tournent autour de sa vision de changer le monde et l’humanité. Ses buts incluent de réduire le risque de l’extinction humaine en créant une vie multi-planétaire par l’établissement d’une colonie humaine sur Mars.

3- Urbi et Orbi : expression latine et religieuse signifiant "A la ville de Rome et au monde entier" et tirée des vers d'un poète romain, Ovide, pour qualifier les cérémonies religieuses. Elle est par la suite étendue à la religion catholique et désigne la bénédiction prononcée par le Pape à Pâques et à Noël où il s'adresse à sa ville, Rome, et à l'univers entier.

4- La fable « Le corbeau et le renard »  de J. de La Fontaine est une parodie contre l’Église, où l’auteur met les fidèles en garde: «Apprenez que tout flatteur / Vit aux dépens de celui qui l’écoute » 

Friday, November 1, 2013

Fête des Guédés : Tradition Vaudou et Esprit d’Halloween

English Translation is available
Par:Herve Gilbert herve.gilbert@gmail.com

La Fête des Guédés, célébrée les 1er et 2 novembre en Haïti et dans la diaspora, est une manifestation emblématique de la religion vaudoue en Haïti. Dans la mythologie vaudoue, les Guédés incarnent les esprits de la mort et de la résurrection. À cette occasion, les fidèles organisent des cérémonies pour honorer les esprits représentés par divers « Barons » : Bawon Samedi, Bawon Cimetière, Bawon Lacroix, Bawon kriminel, ainsi que « Grann Brijit », épouse de Bawon et première femme enterrée au cimetière.

Scènes de guédés au cimetière
Les vaudouisants vénèrent un dieu créateur lointain et insaisissable nommé Bondyé. Comme Bondyé n’intervient pas directement dans les affaires humaines, les fidèles se tournent vers un panthéon d’esprits subordonnés, appelés * “lwa”, serviteurs de Bondyé. Chaque lwa veille sur un domaine spécifique de la vie, leurs personnalités diverses et changeantes incarnant les multiples facettes des aspects qu’ils régissent. Dans leur quotidien, les vaudouisants entretiennent des liens personnels avec les lwa par des offrandes, la création d’autels et d’objets de dévotion, et en participant à des cérémonies élaborées mêlant musique, danse, possession et autres rituels.

Le rituel d'un prêtre  du vaudou  devant
 le symbole  
Vèvè  
dessiné autour 
du  *poteau-mitan  du 
péristyle
.
  
Le vaudou présente une diversité de pratiques à travers Haïti et au sein de la diaspora haïtienne. Par exemple, dans le nord d’Haïti, le lave tèt (« laver la tête ») ou « kanzwe » peut constituer la seule forme d’initiation, comme c’est également le cas en République dominicaine et à Cuba. En revanche, à Port-au-Prince et dans le sud, les adeptes pratiquent les rites de « kanzo», qui comportent trois grades d’initiation : kanzo senp, si pwen, et asogwe, cette dernière forme étant la plus courante en dehors d’Haïti. En général, le vaudou conserve une orientation conservatrice, respectueuse de ses racines africaines, même si les informations provenant de livres ou d’internet peuvent parfois sembler contradictoires. Il n’existe aucune autorité centrale, aucun « pape » dans le vaudou haïtien ; comme le dit un adage populaire, « chaque mambo et houngan est à la tête de sa propre maison ».

La diversité du vaudou haïtien s'exprime aussi à travers les multiples sectes en dehors du Sèvi Ginen, telles que le Makaya, le Rara, et diverses sociétés secrètes, chacune possédant son propre panthéon d’esprits distinct.

Chaque guédé manifeste à leur façon
Le vaudou trouve ses origines au XVIIIe siècle dans la colonie d’esclaves française de Saint-Domingue, où les pratiques religieuses africaines étaient sévèrement réprimées, et les esclaves étaient forcés de se convertir au christianisme. Les pratiques du vaudou contemporain restent étroitement liées au vaudou ouest-africain tel qu’il est pratiqué par les peuples Fon et Ewe. Par ailleurs, le vaudou intègre des éléments et symboles d’autres cultures africaines, incluant ceux des Yorubas et des Bakongos, ainsi que des croyances des Taïnos. Enfin, il est enrichi par des influences spirituelles européennes, notamment le christianisme catholique, la mystique européenne, la franc-maçonnerie et diverses autres traditions religieuses.

Des pèlerins en transe à la cascade de Saut d'eau
 un 16 Juillet, jour de la fête de Mont-Carmel. 
   
Cette célébration traditionnelle donne lieu à des moments d’exaltation intense. Dans les rues, les vaudouisants exécutent des danses avec des gestes érotiques parfois provocants, consomment du vinaigre, mangent des piments et profèrent des paroles audacieuses et souvent crues. Ces comportements incarnent les caractéristiques de Guédé, une figure emblématique du panthéon vaudou que des ethnologues haïtiens considèrent comme héritée de la période précolombienne.

Les couleurs jouent un rôle important dans l’esthétique des manifestations en l’honneur des Guédés. Les teintes traditionnelles sont le noir et le violet, tandis que le costume de Guédé Nibo se distingue par le noir, le mauve et le blanc. Guédé Nibo est respecté en tant que protecteur des morts-vivants.

Des adeptes qui viennent manifester leur foi

Un temple vaudou haïtien, appelé «hounfò», est le lieu des cérémonies. Après une à deux journées de préparation durant lesquelles sont disposés des autels, les offrandes rituelles sont préparées, incluant notamment des volailles et d’autres mets. Un service vaudou commence par une série de prières et de chants en français, suivie d’une litanie en créole et en langaj (langue sacrée d’origine africaine), énumérant les saints européens, les esprits africains, et les lwa honorés par la maison. Cette séquence, nommée « Pryè Ginen »(prière africaine), est un hommage solennel à tous les grands esprits du hounfò. Après plusieurs chants introductifs saluant Hounto, l’esprit des tambours, viennent les chants dédiés aux esprits spécifiques, à commencer par la famille Legba et les esprits Rada. Le service marque ensuite une pause avant d’entamer la partie Petwo, qui se termine par les chants dédiés à la famille des Guédés.


Une prêtresse dessinant un vèvè de "Grann Brigitte
"
Le Vévé, ou Vèvè, est un symbole graphique que les prêtres et prêtresses du vaudou dessinent autour du poteau-mitan, en utilisant des poudres variées telles que farine, cendre, craie ou herbes broyées. Dessinés au sol, les Vévés forment des schémas complexes et harmonieux, constitués de figures géométriques énigmatiques dont seuls les initiés comprennent la signification. Art éphémère par essence, le Vévé s'efface au fil des offrandes et des danses rituelles. Chaque Vévé correspond à un lwa, intégrant les symboles stylisés associés à cet esprit spécifique. Par exemple :
Damballah Wèdo est représenté par deux serpents formant un triangle autour d’une croix.

Ogou Ferraille se manifeste par un sabre positionné au centre d’un triangle.

Papa Legba est symbolisé par une croix ornée d’une canne.

Baron Samedi est associé à une croix sur un autel ou une tombe, entourée de deux cercueils.

Feu Max Beauvoir lors d'un rituel,  est considéré
comme étant le chef suprème du Vaudou en Haiti.
 
Ainsi, l’apparition d’un Vévé signale la présence d’un lien vaudou spécifique. Cependant, ce graphisme sacré n’a pas de vocation purement illustrative ; sa nature éphémère implique sa disparition durant les offrandes et les danses du rituel.

Lors des chants rituels, les participants croient que les esprits viennent visiter la cérémonie en prenant possession des fidèles, s’exprimant et se manifestant à travers eux. Lors de ces cérémonies, la famille des individus possédés par les lwa est considérée comme bénéficiaire de leur présence. Dans ces moments, le mambo ou houngan peut renforcer le lien avec les esprits par des actions symboliques. Par exemple, si un esprit réclame du champagne, un participant averti peut toutefois choisir de décliner. La structure des cérémonies varie selon le style du prêtre ou de la prêtresse, oscillant entre des formes solennelles et d’autres plus spontanées.

Une chèvre est immolée en considération de certains motifs
Dans un rite solennel, chaque esprit est accueilli par les initiés, offrant des lectures, des conseils et des remèdes à ceux en quête d’aide. Plusieurs heures plus tard, à l’aube, les derniers chants se font entendre, les invités quittent les lieux et les hounsis, houngans et mambos épuisés peuvent enfin trouver le repos.

Les célébrations des Guédés rassemblent des participants de toutes origines sociales, des couches populaires aux classes moyennes. Certains pratiquants vivant à l’étranger sont résolus à ne pas manquer ce rendez-vous annuel. Cependant, la participation explicite des membres de la bourgeoisie haïtienne demeure incertaine. Une partie de cette classe préfère commémorer la Toussaint dans le respect strict des traditions catholiques.

 Un documentaire sur le vaudou haïtien
  


Lwa : dieux dans le panthéon vaudou
Autre regard sur le vaudou haïtien
  
Dans le vaudou, *le poteau-mitan ou potomitan constitue le cœur du hounfò, ce péristyle autour duquel dansent les initiés, ou hounsis (adeptes). Autour de ce pilier de bois, les fidèles déposent leurs offrandes, tandis que des vévés sont tracés à même le sol, marquant la présence sacrée de cet axe vertical qui symbolise la communion avec les esprits (lwa), les défunts et les divinités. Le poteau-mitan représente ainsi un pont entre le monde des vivants et celui des morts, une passerelle mystique reliant l’homme à l’invisible.

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