Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Tuesday, December 24, 2024

JÉRÉMIE DE NOUVEAU EN DEUIL

Par Eddy Cavé,





Ottawa, le 22 décembre 2024

En cette fin d’année 2024 où le pays tout entier tombe graduellement au pouvoir des gangs armés, Jérémie aurait pu laisser l’impression d’avoir été épargnée si le mauvais temps ne s’était pas mêlé de la partie. Les éboulements, les crues des rivières environnantes et le déchaînement des forces de la nature ont vite fait d’emporter ce qui restait d’espoirs en cette saison de grande tristesse. Mais ce n’était pas tout.

Après les lourds bilans du séisme de 2010, de l’année d’épreuves 2017, de la période de la COVID-19 et après la traversée de l’icône Maurice Léonce, Jérémie et sa diaspora se retrouvent de nouveau en train de pleurer cinq figures très attachantes : Jacques Saint-Surin, Éric Alexis, Jean Gérin Alexandre, Jankit Cayemitte et Luce Vincent Marthol. Cinq incarnations d’honorables traditions familiales et régionales qui ont laissé tour à tour leur empreinte partout où ils sont passés. 

Maurice Léonce

De Maurice Léonce, je ne pourrai rien dire de nouveau ni d’original après le concert d’éloges qui a marqué la semaine de son décès. Les multiples hommages dont il a été l’objet et les funérailles grandioses que sa ville lui a données appartiennent aujourd’hui à l’histoire de Jérémie et de toute la Grand ’Anse. Je me contenterai donc de référer mes lectrices et lecteurs aux reportages de Kadhafi Noël, disponibles sur Youtube, et aux pages émouvants qu’Hervé Gilbert a publiées dans son très beau magazine en ligne Haiti Connexion Culture durant la semaine des funérailles. La photo ci-contre de Maurice a été prise par moi à Jérémie en février 2007, au lendemain des funérailles de mon beau-frère, le Dr Jean Martineau.

Les disparus de décembre 2024

Jacques Saint-Surin posant avec Enrico Macias

Commençons avec Jacques Saint-Surin. Poète et peintre de naissance, Jacques était aussi un touche-à-tout capable de remplacer au pied levé n’importe quel membre absent d’une association culturelle ou d’une équipe de travail quelconque. Il a ainsi fait ses débuts dans le journalisme avec les jeunes du périodique Assotor où il s’occupait de typographie et de composition. Son ami d’enfance Hervé Gilbert a rappelé dans les termes suivants une partie des souvenirs l’héritage qu’il a laissé : 

Jacques s’inscrivait au sein d’une fratrie remarquable. Feu Ronald, l’aîné, était un éducateur de renom ; Éric, un passionné du ballon rond, brillait dans le sport ; et Alex, mon camarade de classe et actuel PDG de Radio Méga, s’est illustré dans la radiodiffusion. Ensemble, les frères Saint-Surin partageaient un profond engagement dans le scoutisme, un cadre où se forgeaient leur altruisme et leur esprit de solidarité. Jacques, par son leadership naturel, renforçait ce lien familial et collectif. […]

Jacques ne se limitait pas à la poésie. Son œuvre picturale, en parfaite symbiose avec son écriture, ouvrait des perspectives nouvelles, où les formes et les couleurs dialoguaient avec les mots. Ses toiles, empreintes de profondeur et d’émotion, reflétaient l’âme vibrante d’Haïti et témoignaient de son engagement indéfectible envers son pays. À travers elles, il a légué un patrimoine artistique d’une richesse incomparable (Haïti Connexion Culture, 5 déc. 2024). 

Bien que Jacques ait toujours rêvé de voir Jérémie consacrée comme un des hauts-lieux de la poésie et de l’art en Haïti, c’est à l’étranger, notamment à Chicago, qu’il a donné pleinement sa mesure. Outre son recueil de poésie Entre le ciel et l’abime, il a publié un grand nombre de poèmes sur sa page Facebook et laissé une riche collection de peintures où s’affirment sa grande maîtrise du pinceau, son sens inné des couleurs et du détail, ainsi que sa sensibilité de poète jérémien. On le voit ci-contre à Paris, en compagnie de son idole Enrico Macias (Collection Haïti Collection Culture)

Éric Alexis
Vient ensuite Éric Alexis, économiste formé à l’Université d’Ottawa dans les années 1970 et revenue au pays en 1983 mettre ses connaissances au service de la patrie commune. Il retourna alors à la Banque centrale où il avait fait ses débuts. Je l’y ai retrouvé en 1986, après le renversement de la dictature, puis, en 1997, durant une mission d’un mois remplie à titre de rédacteur-conseil auprès de la Haute direction de l’institution. Compétent, consciencieux, réservé et rude travailleur, Éric ne laissera que de bons souvenirs parmi ses patrons et ses collègues quand il partira dans le cadre d’une opération de restructuration. J’ai su par la suite qu’il faisait le va-et-vient entre Port-au-Prince et la Floride.

Eric Alexis
Photo (Courtoisie de Renée Alexis

Éric a grandi à Jérémie chez son oncle Agnus Alexis qui cumulait les fonctions de notaire et de directeur de l’École professionnelle de La Source. Il était le petit-fils de l’opulent propriétaire terrien Valérius Alexis, plus connu sous le sobriquet de Chabin, qui possédait une grande guildive entre Marfranc et Tessier. Éric appartenait également à la grande famille des René qui a donné, entre autres personnalités de renom, le fiscaliste et ancien sénateur Vallès René; l’ancien Collecteur des Contributions de Jérémie Rochel René; le dynamique fondateur et propriétaire de la compagnie de transport Dieu qui décide Eddy René. Cette nombreuse famille a également donné un grand nombre de personnalités féminines de grande envergure qui ont perdu le nom René par le mariage. C’est notamment le cas de l’économiste Edwidge Lafleur Bayas qui se définit sur sa page Facebook comme « une mordue de politique et de culture et une épicurienne ».

De son premier mariage, avec Bleuette Dimanche, Éric a eu à Ottawa une fille, Béatrice, et un fils, Philippe. J’étais très proche de cette famille et c’est ainsi que j’ai conduit Bleuette à l’autel le jour du mariage. Ma fille Johanne, alors âgée de quatre ans, apporta les bagues des mariés. Le couple habitait alors mon quartier, à Vanier, et je garde un affectueux souvenir de cette époque.

Jean Gérin Alexandre

Ce mois de décembre 2024 a également été marqué par la disparition soudaine, pour moi du moins, de Jean Gérin Alexandre.  Originaire de Beaumont, comme notre ami défunt Mérès Wèche, Gérin a été une des belles figures du journalisme haïtien.  Jusqu’à son décès, le 12 décembre 2024, il était l’un des animateurs de l’émission Matin Caraïbes, diffusée sur Radio Télévision Caraïbes. Il avait été au préalable le directeur de l’Information de cette chaîne.   La dernière fois que je l’ai rencontré, c’était en 2017, un samedi matin où j’allais fiévreusement participer à l’émission très courue Ranmase de Jean Monard Métellus.   Gérin m’avait accueilli avec sa chaleur habituelle et il avait pris le temps de me parler des défis de la profession de journaliste en Haïti. Nous ne nous sommes pas revus par la suite.

Entre Mérès et Gérin, en juin 2011
dans son bureau à Radio Caraïbes

J’ai connu Jean Gérin en 1990 durant ses études en communication à l’Université Saint-Paul d’Ottawa. En novembre de la même année, il partait pour Haïti afin d’aller couvrir, pour la chaîne d’État américaine PBS, les élections qui allaient porter Jean Bertrand Aristide au pouvoir. Il s'acquitta avec brio de sa mission et, dès notre première conversation sur ce sujet, je trouvai qu’il avait tout pour réussir dans le journalisme : une grande curiosité, la maîtrise de la plume, le goût de l’aventure, l’enthousiasme, la curiosité et surtout le courage. Le programme une fois bouclé, il retourna au pays et travailla jusqu’à son décès avec l’équipe de Patrick Moussignac. Une carrière bien réussie, malheureusement écourtée par un destin où les plantes n’ont pas tenu les promesses des fleurs.

Les mauvaises nouvelles continuent

Jean Cayemitte

J’étais encore plongé dans les souvenirs évoqués par ces décès quand m’est parvenue la nouvelle du départ de Jean Cayemitte, que nous appelions affectueusement Jankit dans le village-quartier de Nan Goudwon. Mon père et ma mère l’aimaient comme un fils et, quand vint pour moi le temps d’aller au lycée et d’entrer dans l’adolescence, c’est à lui et à Éric Pierre (Bòs Ko) qu’ils demandèrent de guider mes pas. C’est donc Jankit qui m’a appris à conduire une voiture, à douze ou treize ans, et Éric qui m’a appris à nager, à chasser au « fistibal » et au fusil à plomb. Ils m’ont également initié au plongeon, à la danse, à l’équitation. Sans parler des passe-temps comme les jeux de cartes, le Ludo, les dominos, le foot, etc. Serge Legagneur devait m’initier à la poésie, à la littérature et à la séduction. Paix à leurs âmes.

Jankit

Jankit s’étant orienté très jeune vers la mécanique, il m’a enseigné un tas de petites choses qui m’aident aujourd’hui encore à sortir d’un mauvais pas sur les routes. Je salue bien bas sa mémoire. Et le hasard a fait qu’en entrant à la Banque Nationale en 1962, j’ai été pris en charge par ses deux frères aînés Jojo et Hervé qui m’y avaient devancé. Notre maison n’étant séparée de celle des Cayemitte que par une seule maison, celle des Cadet, j’ai grandi sous l’influence de cette famille comme si j’étais un petit frère. Je garde encore un souvenir ému de Néné, de Wawal, de Ninette, de Liliane et de Tonton Volna,  dont la bonne humeur était proverbiale. Quant à Madan Volna, c’était une perle que le quartier adorait. 

Avec les mariages de Jankit avec Suzelle, d’Hervé avec Cosette, de Liliane avec Énock Bernadel, c’est toute la vie de quartier qui allait se transformer. Jojo épousa la voisine limitrophe Florelle Cadet, tandis que ma sœur Monique, mariée à Jean Martineau, revenait à la maison familiale où naîtront mes neveux Philippe, Patrick (le créateur de Zenglen) et Dominique. La génération d’enfants issus de ces mariages a maintenant franchi le cap de la cinquantaine, et je suis heureux de constater qu’ils sont restés soudés les uns aux autres en dépit de la distance et du temps qui passe.

L’émigration s’est mise de la partie avec l’instauration d’une dictature féroce au pays, la présidence à vie, les persécutions politiques... et, aujourd’hui, la nostalgie.   Sur la photo ci-contre de 1950 où Jankit (dernier à droite, debout) était encore le seul survivant, on revoit Maurice Léonce (debout au milieu); le célèbre gardien de but à casquette Éric Pierre (assis au milieu). À sa droite, Hervé Cayemitte et le superbe athlète Jean Alcide. À sa gauche, l’inoffensif Gérard Guilbaud exécuté durant les tueries de la fin de l’été 1964 et dont le seul crime était d’avoir épousé une des sœurs de Milou Drouin. Derrière lui, un joueur non identifié et l’ancien chef scout Robert Samedy.  Le joueur debout entre Maurice et Jankit est Raymond Girault. La récupération de cette photo m’a plongé au plus profond de la nostalgie de temps des fêtes.    

Une autre perte qui a secoué la diaspora jérémienne en ce mois de décembre 2024 a été celle de Luce Vincent Martol qui vivait à Chicago depuis plus de 50 ans. Svelte et grande de taille dans son jeune âge, Luce était surtout connue comme la fille de Madan Phalante, une centenaire qui a donné cinq enfants au pays, dont  le Dr Pierre Vincent et trois autres filles, Marie, Raymonde,  Évelyne.

Luce avait une fille, Angie, qui a fait une bonne partie de ses études en Haïti et qui s’était fait un point d’honneur d’entretenir à Chicago sa culture et son identité haïtiennes. Une vingtaine d’années après l’avoir rencontrée à New York lors de la première communion d’un des enfants de sa nièce Josie, je me souviens encore de l’impression qu’elle avait faite sur les cousins venus du Canada. Elle était d’une amabilité exemplaire et évitait soigneusement de mélanger l’anglais, le français et le créole, comme on le fait spontanément aux États-Unis…

Les autres sœurs de Luce étaient Éveline, la seule survivante aujourd’hui, Raymonde  et Marie. Décédée elle aussi, Raymonde avait épousé Fritz Bellevue et a eu trois enfants. Quant à Marie, l’aînée de la famille, elle avait épousé Louis Mayas, instituteur comme elle, et elle suivit le chemin tracé par sa mère, Man Pha, en créant une nombreuse famille : trois garçons, Brennard, Lionel et Patrick et quatre filles, Bernadette, aujourd’hui disparue, Jocelyne, Suzie et Josie.  Les liens de famille entre les Cavé, les Vincent et les Mayas étant très étroits, j’ai toujours profité de mes voyages aux États-Unis pour les visiter, tant à Chicago qu’à New York. Je suis donc bien placé pour témoigner du vide que la disparition graduelle de cette longue famille jérémienne crée dans notre diaspora.

En faisant le grand départ à un moment où le pays est engagé dans un processus apparemment irréversible d’autodestruction,  le patriarche Maurice Léonce et nos amis  Jacques Saint-Surin, Éric Alexis, Jean Gérin Alexandre, Jankit Cayemitte et Luce  Vincent Martol  nous invitent à une introspection bien douloureuse. Les six ont vécu en diaspora et trois d’entre eux sont retournés sur la terre natale, où ils ont assisté, impuissants, à la descente aux enfers actuelle.

Un regard vers le passé

Maurice Léonce est peut-être le seul des six disparus de l’automne 2024 à avoir frôlé la réalisation de ses rêves de jeunesse et d’expatrié en donnant aux jeunes de sa ville de grandes possibilités d’avancement et de bonnes raisons d’espérer. Quant à Jean Gérin, le journaliste de combat, et à Éric, l’économiste qui, à la fin des années 1970, rêvait avec moi de développement autocentré sur le campus de l’Université d’Ottawa, ils ont vu s’estomper graduellement leurs rêves d’un avenir grandiose au fil des décennies. Vivant à proximité des « territoires perdus », ils avaient, en cette fin d’année, toutes les raisons possibles de perdre leurs illusions. En outre, ils n’ont même pas eu droit aux soins minimums de santé qui étaient la norme au pays dans leur jeune âge. Ils ont été fauchés pendant la période actuelle de folie où des bandits lourdement armés incendient des marchés publics, des écoles, des lieux de culte et même … des hôpitaux. De quoi se demander si le retour au pays natal a jamais été le meilleur choix sur le long terme.

Les grandes questions du jour

En tournant le dos paisiblement à la patrie commune, n’avons-nous pas tous contribué, en tant qu’expatriés, à la gigantesque débâcle d’aujourd’hui ? N’avons-nous pas laissé le champ libre aux hordes de corrompus et d’incompétents qui se sont succédé au pouvoir après le renversement du régime qui nous a contraint au départ dès les années 1960 ? Nous pouvons répondre de différentes façons à ces questions, sans toutefois avoir de certitudes. Il y  a également lieu de poser les mêmes questions au sujet des tenants de la lutte armée. Qu’ils soient de gauche ou de droite, la plupart de ces irréductibles ont payé de leur vie leurs choix idéologiques ou leur amour de la terre natale. Tandis que certains ont été torturés, exilés ou exécutés dans les prisons des Duvalier, d’autres sont tombés au combat en véritables héros.

Dans l’opposition de gauche, Jacques Stephen Alexis, du Parti d’entente populaire,  Gérald  Brisson, Alix Lamauthe, Raymond Jean-François, Ti- Bob Désir, les frères Adrien et Daniel Sansaricq, du Parti unifié des communistes haïtiens (PUSCH), sont morts en héros. Il en est de même des militants de l’opposition traditionnelle comme Milou Drouin et Marcel Numa exécutés en novembre 1964 à l’entrée du cimetière de Port-au-Prince ou des frères Fred et Renel Baptiste qui ont ouvert, pendant la même année, un front anti-Duvalier dans le Sud-Est. Tous ces combattants sont entrés dans l’histoire en véritables héros, mais, 60 ans après leur disparition brutale, le sacrifice de ces nombreuses vies suscite encore de douloureuses interrogations : Y avait-il alors d’autres options ? Dans l’affirmative, quelles étaient-elles ? Est-ce que la fuite en avant qu’est l’émigration silencieuse de masse est appelée à se poursuivre ?

Jacques Stephen Alexis saluant Mao Tse Toung,Gérald Brisson
à Moscou et Adrien Sansaricq à Cuba dans les années1960

Les décès en cascade survenus en cette fin d’année 2024 sont pour nous une occasion de nous rappeler qu’il y a exactement 60 ans, la guérilla des Treize de Jeune Haïti servait de prétexte à une terrible vague d’arrestations arbitraires et d’assassinats à Jérémie. Il y avait quatre Jérémiens parmi les combattants, Milou Drouin, Marcel Numa, Géto Brière et Gusley Villedrouin, et la répression fut terrible. On se rappellera qu’il n’y avait aucun Sansaricq parmi les rebelles, mais que 13 des 27 personnes exécutées appartenaient à cette famille. Difficile à comprendre au premier coup d’œil.

Milou Drouin       Marcel Numa      Fred Baptiste   

Dans le Sud-Est, l’infiltration des frères Fred et Renel Baptiste à partir de la République Dominicaine donna également lieu à des massacres en série que la population n’est           pas prêt d’oublier. Dans le Nord, les hommes de l’ancien général Léon Cantave à Mont-Organisé et ceux de Butcher Philogène à Ouanaminthe causèrent de lourdes au régime, mais celui-ci eut finalement gain de cause.

Dans le climat d’agitation déclenché par l’infiltration des militants du PUCH après l’exécution sommaire, en juin 1967, de ces 19 officiers, le gouvernement entreprit dans la Grand’ Anse une chasse à l’homme qui fit énormément de victimes innocentes. Outre des opposants réputés et très connus comme l’avocat Alphonse Bazile, Marcel Laforest, Dominique Luc, Jean-Claude Alexandre, Maurice Février, qui ont disparu en prison, de nombreux paysans anonymes ont été passés par les armes. Simplement soupçonnés de complicité avec les communistes ou accusés sans preuves. En 1986, l’évêque de Jérémie, Mgr Willy Romélus Romulus, faisait poser une pierre tombale en leur mémoire au Carrefour Gatineau, dans la paroisse de Guinaudée, lieu des arrestations et des massacres. La dictature a alors frappé beaucoup plus fort qu’en 1963 et en 1964. Que leurs âmes reposent en paix!

Alphonse Bazile  Dominique Luc   Adrien Sansaricq

Pour aucune raison, nous ne devons perdre de vue le fait que Jean Gérin Alexandre et Éric Alexis sont décédés au pays par faute de soins médicaux adéquats et à un moment où l’on incendie des hôpitaux. À un moment où le pays est coupé du monde extérieur pour un lapse de temps indéterminé.

De quoi demain sera-t-il fait?

L’avenir est encore plus sombre aujourd’hui qu’il était quand nous avons déserté et que ces deux amis faisaient le choix de retourner au bercail. Que faire aujourd’hui face à l’effondrement programmé de la nation commune ? J’ai beau chercher, j’ai beau crier au secours et scruter l’horizon, je ne trouve nulle part de raisons valables d’espérer. Je ne vois aujourd’hui aucune issue à ce drame national qui a toutes les apparences d’une conspiration internationale réalisée avec la complicité de puissants acteurs de l’intérieur. Seuls me viennent à l’esprit ces vers de « La mort du loup » où Alfred de Vigny martèle avec force :

Gémir, pleurer prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. » 

***Addendum ***

Paulette Siméon Aly
dans son jeune âge

Le présent article avait déjà été rédigé et distribué quand la nouvelle du décès de Paulette Siméon Aly nous est parvenue. Cette disparition s’ajoute aux malheurs qui ont frappé la diaspora jérémienne au cœur de la période des fêtes de fin d’année 2024. Il était donc impensable pour nous de ne pas l’associer aux réflexions suscitées par cette douloureuse période.

Institutrice de carrière, Paulette était la fille aînée de l’ancien maire de Jérémie  Dante Siméon et de son épouse Lecksinzca Bourdeau. Plus connue sous le sobriquet de Kèkètte, Paulette  était suivie de Wilfrid Siméon, devenu maire è son tour  dans les années 1970, et de deux sœurs, Rosie et Yanick. 

Kèkète laisse dans le deuil son mari Lécène Aly, une fille, Nagela, un fils, Maxèle, et plusieurs enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants.  Ses funérailles seront chantées à l’église Sainte-Béatrice de Laval, au Québec,  le samedi 28  décembre en cours.                                

           


Thursday, December 5, 2024

Jacques St-Surin : L'Adieu à un Monument de la Culture Haïtienne

Jacques St-Surin
 

Par Herve Gilbert 

C’est avec une profonde tristesse que je salue la mémoire de Jacques St-Surin, figure emblématique de l’art et de la culture haïtienne. Poète, écrivain, peintre et visionnaire, il incarnait bien plus qu’un artiste : il était un guide, un porteur d’espoir pour Jérémie, sa ville natale, et bien au-delà. 

Dès son plus jeune âge à Jérémie, Jacques se démarquait par son talent précoce et sa créativité foisonnante. Je me souviens de lui, adolescent, légèrement mon aîné de deux à trois ans, exposant fièrement ses cartes de vœux lors des fêtes de Noël sur la place Dumas. Ces créations, admirées pour leur originalité, révélaient déjà son talent. À cette époque, tout projet artistique ou artisanal de la communauté—qu’il s’agisse d’une banderole ou de maillots pour les festivités—passait inévitablement entre ses mains expertes. Jacques était déjà une référence incontournable, le cœur battant de la créativité locale. 

Jacques Saint-Surin
devant l'hôtel de Paris (2010)
Une courtoisie de Maggy de Coster
C’est au sein du journal Assotor à Jérémie, où il exerçait en tant que typographe et compositeur, que Jacques s’est affirmé comme un passeur de mémoire et un porte-voix incontournable de la culture haïtienne. Son recueil de poèmes, Entre le Ciel et l’Abîme, qu’il a publié en France dix ans de cela s’impose comme une ode poignante à l’histoire et aux traditions d’Haïti, tout en offrant une vision résolument tournée vers un avenir de justice et de reconnaissance identitaire.

À travers sa plume et ses pinceaux, Jacques tissait un pont entre les traditions haïtiennes et une vision universelle de l’art et de l’humanité.Dans l’un de ses articles publiés sur HCC, il partagea une anecdote émouvante tirée de son vécu, dans laquelle il évoquait avec gratitude mon feu père, Barnave Gilbert, qu’il considérait comme son mentor. Ce récit témoignait non seulement de l’influence durable de mon père sur sa trajectoire, mais également de la profonde interconnexion des familles de notre époque, où tout le monde se connaissait et partageait des liens étroits. 

La dernière fois que je l’ai vu remonte à mai 2010, lors d’une commémoration de la fête des Mères haïtiennes organisée par Radio Méga à Miami. Ce jour-là, nous étions assis à la même table, en compagnie de sa mère, Adrienne Marcelin St Surin, alors encore parmi nous. L’atmosphère était chargée d’émotion, amplifiée par les souvenirs que Mommy Adrienne partageait avec tendresse, notamment son amitié et son parcours scolaire commun avec ma propre mère. Ces échanges, empreints de chaleur humaine, m’avaient profondément marqué. 

Photo prise par HG en 2011

Lors de cette soirée dédiée aux mamans haïtiennes, Jacques saisit l’occasion  pour exprimer, avec la simplicité et la profondeur qui lui étaient propres, tout l’amour qu’il portait à sa mère. Je revois encore avec une vive clarté cet instant où, dans un geste empreint de tendresse, il déposa un baiser sur la joue de Mommy Adrienne, un moment précieux que j’ai eu le privilège d’immortaliser avec ma caméra. 

Ce souvenir intime et universel illustre parfaitement la manière dont Jacques incarnait, à travers les gestes les plus simples, les valeurs essentielles de respect, d’amour et de transmission. Au-delà de ses talents artistiques, il portait en lui une humanité profonde, une capacité unique à rapprocher les cœurs et à célébrer les liens qui nous unissent. 

Jacques s’inscrivait au sein d’une fratrie remarquable. Feu Ronald, l’aîné, était un éducateur de renom ; Éric, un passionné du ballon rond, brillait dans le sport ; et Alex, mon camarade de classe et actuel PDG de Radio Méga, s’est illustré dans la radiodiffusion. Ensemble, les frères Saint-Surin partageaient un profond engagement dans le scoutisme, un cadre où se forgeaient leur altruisme et leur esprit de solidarité. Jacques, par son leadership naturel, renforçait ce lien familial et collectif. 

Par ses écrits diffusés sur sa page Facebook Cité des Poètes, Jacques exprimait son rêve d’une Jérémie érigée en haut lieu de l’intellectualité et de l’art. La création d’une Cité des Poètes représentait pour lui bien plus qu’un simple projet : c’était un manifeste, un hommage aux poètes oubliés et aux artistes méconnus des régions marginalisées, une affirmation de l’importance de préserver et de promouvoir la richesse créative haïtienne. 

Jacques ne se limitait pas à la poésie. Son œuvre picturale, en parfaite symbiose avec son écriture, ouvrait des perspectives nouvelles, où les formes et les couleurs dialoguaient avec les mots. Ses toiles, empreintes de profondeur et d’émotion, reflétaient l’âme vibrante d’Haïti et témoignaient de son engagement indéfectible envers son pays. À travers elles, il a légué un patrimoine artistique  d’une richesse incomparable. 

Jacques St-Surin

La disparition de Jacques St-Surin laisse un vide immense. À travers ses œuvres, il continue de célébrer Haïti, d’élever les âmes et d’inspirer le monde. Parmi ces œuvres, je tiens à mentionner avec une profonde gratitude cette splendide peinture de la tour Eiffel et du panorama envoûtant de Paris, qui embellit désormais mon salon. Chaque détail, exécuté avec une finesse remarquable, donne l’illusion d’une photographie prise par un maître de l’objectif. Pourtant, c’est bien de tes mains qu’est née cette œuvre magistrale, déposée sur la toile avec une virtuosité rare. Jacques, ton génie artistique transcende le temps et les mots, et ton œuvre est une véritable ode à la beauté.


Que sa mémoire soit célébrée comme celle d’un bâtisseur de rêves, d’un chantre de l’identité haïtienne, et d’un homme dont l’art a touché les cœurs et marqué l’histoire. Sa lumière, loin de s’éteindre, brille dans l’éternité.

Au nom du staff d'Haïti Connexion Network, nous adressons nos plus sincères condoléances à son épouse Géralde, à ses enfants; à ses frères Éric, Alex, Adrien et leur famille, à la famille Saint-Surin ainsi qu’à tous les proches et alliés éprouvés par cette perte. 

Herve Gilbert


Sunday, January 3, 2016

LES SABOTEURS D'HAITI

« TERREUR EN HAITI » ! 
Jacques Saint-Surin
C’est, du moins, le titre d’une production de la chaine de télévision France 2. Voilà encore, un autre titre, un autre reportage de ces malveillants, qui derrière le badge de l’insolence et du racisme, veulent avoir la prétention de relater des faits de la réalité haïtienne. Réalité que ces reporters de l’ignominie n’en connaissent absolument rien. Du moins, leurs racontars ne reflètent que les séquelles amères de leur rengaine voilée de la défaite honteuse des ancêtres des Jean Marie et Marine Le Pen de la France d’aujourd’hui.

Je viens de voir ce documentaire et trouve que le journaliste est "à 85% ignorant" des réalités d'Haïti tout comme il a déclaré, que le peuple haïtien est "à 85% analphabète", Bien qu'il eut présenté des faits bien concrets et socio-historique de cette période, l’ensemble de sa présentation, manque de probité journalistique et parait être mû par le sensationnalisme… Sinon l’engouement de dénigrer la nation haïtienne et son peuple.
Michel Thoulouse
Pour moi, la vidéo est entachée de cet esprit raciste et perpétuel d’enfoncer d’Haïti et de son peuple dans les ornières des antres du diable. Car la chaine France 2, sa productrice s’intéresse plutôt à montrer le visage « hideux et terrifiant » de l’ancienne colonie de la France, autrefois Saint-Domingue. Le producteur, Michel Thoulouze et le journaliste, Jérôme Bonny omettent de mentionner que cette « TERREUR EN HAITI », titre du documentaire, a commencé en 1697, lorsque l’Espagne a cédé un tiers de l’île « Hispaniola » à France selon le Traité de Ryswick.
Selon Wikipédia : « Au début, France a pensé que l'île était inutile et donc elle a envoyé« les officiers tombés en disgrâce et le trop-plein des prisons du roi  » (Solet). Mais en fait l’île avait les richesses naturelles. Les planteurs [français] sont arrivés et ont commencé les plantations de café et de canne à sucre. Mais il fallait que les planteurs aient des esclaves pour travailler dans les champs. Donc, les bateaux nègres amenaient les esclaves qui viennent d’Afrique (Solet). Et bientôt, elle, avec l’aide des esclaves, est devenue la plus importante colonie de la France, qui s’est appelée Saint-Domingue (« Révolte des Esclaves à Saint-Domingue ») [Fin de citation]
LA RANÇON DE FRANCE QUI A APPAUVRI HAITI

Napoléon Bonaparte
Mentionnons qu’après la défaite honteuse de l’Armée française de Napoléon Bonaparte par les Forces Révolutionnaires de Saint-Domingue, à Vertières, le 18 novembre 1803, la France exigea, de la jeune Nation Noire et Indépendante une rançon de 15 millions de dollars américains. Indemnité, disait Napoléon, pour dédommager les colons français et la France. Ou sinon, elle ordonnerait une force expéditionnaire pour établir un blockhaus d’Haïti pour son invasion éventuelle au cas où elle ne serait pas en conformité avec sa demande. Quelle ignoble escroquerie !

Malgré sa conformité, Haïti a subi le boycottage de son économie par la France, les Etats-Unis d’Amérique, l’Espagne, l’Angleterre, le Portugal, et toutes des puissances esclavagistes de l’époque. Le sabotage de l’économie haïtienne se poursuit encore aujourd’hui par ces éléments obscurs et racistes. De nos jours, ils se cachent derrière la carte de journaliste pour continuer l’action de leurs ancêtres en montrant la pauvreté dans les zones bidonvillisées et la soi-disant « TERREUR EN HAITI ».
Leurs reportages terminés, ils vont se relaxer dans les milieux de villégiatures, se relaxant à l’idée d’avoir, encore une fois, fait des torts à ce peuple haïtien, fier, résilient et valeureux. Evidemment quel touriste voudra voir un pays en guenilles et si délabré? Ils ne parleront point de la beauté naturelle du pays, encore vierge et inexploitée. Tactiques de sabotage moderne pour donner la trouille aux potentiels visiteurs d’Haiti. Le tourisme haïtien, qui fut la principale ressource financière à renflouer le trésor public pour revigorer l’économie jusqu’aux années 60s, a totalement disparu.
L’ANATOMIE DE L’AIDE ETRANGERE A HAITI
A présent, la survie d’Haïti repose, uniquement, sur les plus de 2 milliards de dollars américains que vire la Diaspora Haïtienne en terre étrangère à leurs familles en Haiti. Ensuite, la survivance du pays vient surtout de l’aide économique octroyée à Haïti, par les pays étrangers. Elle y va, souvent, sous forme de prêts à intérêts et de dons en services et équipements. Cependant plus de la plupart de cette aide retourne aux pays des donateurs puisque les termes et conditions, en général, l’exigent. D’autres parts, l’achat des équipements nécessaires à la réalisation de ces projets relatifs aux demandes d’aide ainsi que l’emploi des experts et techniciens est requis de le faire, catégoriquement, aux pays donateurs.

Lorsque la majorité de l’argent eut refait son bonhomme de chemin au bercail de son origine, le reste va au titulaire du gouvernement haïtien, en place et à ses cronies qui s’en remplissent les poches. AVEC LA COMPLICITE DE CES PAYS DONATEURS. Très peu en reste pour payer les travailleurs haïtiens et terminer le projet en question. Voilà, pour ainsi dire, la raison que tous ces projets entamés, en grandes pompes, fanfares et bluff, restent inachevés ou tout simplement abandonnés.
Une grande partie de cet aide va aussi à ces soi-disant missionnaires-touristes étrangers de ces 12 milliers d’Organisations Non-Gouvernementales (communément appelés ONG). Ils ne foutent rien que vivre dans le luxe avec leurs familles aux dépends de l’aide allouée pour améliorer les conditions de vie des Haïtiens démunis. Des sangsues de fortune, quoi! On les voit par vingtaines, remplir les vols aériens en partance pour Port-au-Prince, la capitale d’Haïti
Donc les propagandistes de l’aide étrangère à Haïti ne sont, ni plus, ni moins, que des collecteurs de pots-de-vin à la solde de ces ignobles organisations de malfaisance aux teneurs et tendances maffieuses. La Croix-Rouge Internationale, en complicité avec ses sangsues parasitaires, a collecté plus de 2 milliards de dollars américains pour reconstruire les infrastructures d’Haïti, démolies par le tremblement de terre du 12 janvier 2010. 87% de cette somme ont été subtilisées et détournées à des fins dites « administratives », selon nos sources bien informées. Personne, jusqu’ici, n’a été l’objet d’aucunes poursuites judiciaires.
QUID DES 21 MILLIARDS DE DOLLARS QUE LA FRANCE DOIT A HAITI?
François Hollande a inauguré en Guadelou
pe le 10 Mai 2015,le mémorial ACTE centre
caribéen d'expression et de mémoire de la
traite de l'esclavage.                            

Le président français, François Hollande, en a parlé, dans un discours, lors de son voyage officiel à la Guadeloupe, un territoire d’outremer de la France. Oui, il a reconnu cette dette de son pays à Haïti ; ce qu’il a, publiquement, confirmé, au peuple Haïtien, peu de temps après, au cours de sa visite officielle dans le patrimoine de Toussaint Louverture.

Il a promis que la France restituerait cette somme aux Haïtiens à la faveur d’aides de France à l’éducation de la jeunesse haïtienne. Saperlipopette et Merde, François Hollande! (Juron du Capitaine Hadock en furie dans les bandes dessinées).Les Haïtiens n’ont pas besoin de votre charité, mais  leur argent que la France leur a escroqué. Qui trompe qui, ici. La France doit 21 milliards de dollars américains au peuple haïtien. Ce n’est certes pas de la charité, mais une dette à Haïti. Non de Dieu !
FRANCOIS HOLLANDE EVOQUE LA « DETTE MORALE » ENVERS HAITI
(France TV INFO nous rapporte)


"Quand je viendrai en Haïti [mardi 12 mai], j'acquitterai à mon tour la dette que nous avons." Cette déclaration faite par François Hollande, dimanche 10 mai, à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), lors de son discours d'inauguration du Mémorial ACTe consacré à l'esclavage, a été saluée par des applaudissements. Et elle a immédiatement suscité beaucoup d'espoirs. Mais ils risquent d'être déçus.

LE SABOTAGE D’HAITI

Vos reporters de media projettent souvent le pays de Jean-Jacques Dessalines comme la nation la plus pauvre de l’Hémisphère de l’Ouest, le lieu de l’analphabétisme et la terre de la « terreur » infernale. Je vais vous démontrer comment les colons modernes véhiculent l’état de l’esclavage mentale et virtuelle du peuple haïtien, à travers vos media et lui insufflent l’idée de « peuple inférieur ». Peuple inferieur, qui selon ces saboteurs d’Haïti, n’arrive pas à conduire à bons escients, les destinées d’Haïti.

En passant, sachez qui n’existent pas de pays pauvres, mais des gens demunis vivant au milieu de richesses naturelles innombrables, inexploitees, mal gérées ou tout simplement volées. 
Le général Jean-Jacques Dessalines a gagné la guerre de l’indépendance d'Haïti, Mais cette guerre entre la France et Haïti est devenue une « guerre froide », si vous voulez, sournoise et psychologique. Elle est menée par les saboteurs d’Haïti à langues fourchues, descendants racistes des généraux français Rochambeau, Leclerc et Napoléon Bonaparte qui se sont couverts de tant de honte, à leur défaite, à Vertières, le 18 novembre 1803, devant les forces révolutionnaires des esclaves de Saint-Domingue.

[Intéressant à lire dans Le Monde « La révolution haïtienne, trop longtemps occultée», par Jean-Michel Caroit. 
QUE POURRAIT 21 MILLIARDS DE DOLLARS A HAITI
Jean-Michel Caroit Correspondant de RFI
en République Domincaine et Haïti
 

Beaucoup de choses. L’éducation en ferait une bonne aubaine. Car l’indépendance économique d’un peuple est la résultante de sa solide formation éducationnelle. Ce qui constituerait les bases fondamentales à entériner et à promouvoir un développement durable et prospère.

Faisons un raisonnement logique de ce que 21 milliards de dollars pourraient accomplir en matière d’éducation et de formation de cadres en Haïti. Pour décrocher un diplôme de 4 à 7 ans, allant d’un simple technicien (cycle d’études de 4 ans : $4.000 US) à un doctorat médical ($10.000 US), il faudrait, en moyenne $7.000 US pour les frais d’écolage de chaque étudiant haïtien . Divisons 21 milliards de dollars américains par $7.000, Haïti pourrait éduquer 3millions d’étudiants en l’espace de 4 à 7 ans.
EN CONCLUSION
Monsieur le Reporteur de la « Terreur d’Haïti », je propose à la chaine de télévision France 2 ce projet humanitaire de motiver 21millions de Français à contribuer 1.000 Euros, à raison de 250 Euros par an, en 4 ans, cette dette serait liquidée. Car votre France est en partie responsable des 85% d’analphabètes en Haïti. Pourquoi ne demandez-vous pas à votre patron de France 2 d’organiser un forum au cours duquel vous demanderez à votre gouvernement et au peuple français de restituer cet argent à Haïti pour l’éducation de ses citoyens ?

Si vous n’avez pas le courage d’entreprendre cette démarche descente et juste de probité, alors TA GUEULE ! LAISSEZ-NOUS TRANQUILLE ET ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE !

Jacques Saint-Surin
Chicago, le 2 décembre 2016
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Tuesday, June 30, 2015

BARNAVE GILBERT:UN PILIER DE MON INTELLECT

Barnave Gilbert (21 Février 1913 - 25 Novembre 2004)
Père de Carl et Herve Gilbert  de Haïti Connexion Network


Par Jacques Saint-Surin

“It takes a village to raise a child”, on le répète, aux Etats-Unis, depuis la publication du livre d’Hillary Clinton, portant ce titre. « Il prend un village pour élever un enfant ». Proverbe africain qui faisait la pratique dans les mœurs haïtiennes d’antan.

Cependant, ce temps est bien révolu, de nos jours. Je me souviens du temps de mon enfance où le voisin et même le mendiant de la rue avait droit de cité dans l’élévation d’un enfant de Jérémie. Toute dérive d’adolescent trouverait la réprobation immédiate d’un ainé, qu’il soit riche ou pauvre, paria, goujat ou mentor. Ce qui fut la norme acceptée et respectée, par tous, comme un contrat social.

En fait, il fut de coutume dans ma ville natale, au temps de mon enfance, de recevoir une raclée d’un voisin, pour une quelconque déviation de bonne conduite. Ce qui était rare. Mais acceptable, en cas d’erreurs graves, que souvent, les enfants coupables marchandaient pour le silence à leurs parents. L’indignation de ces derniers serait verte et sujette à une seconde fessée, en plus d’autres sévères punitions et privations de loisirs.

Tout ce récit est pour faire mention d’un personnage jérémien qui fut l’un de mes mentors. Barnave Gilbert ! Il fut le père de Carl et Herve Gilbert, fondateurs de cette media électronique. Mes entremises, avec ce Directeur d’une institution scolaire de Jérémie, puis Inspecteur délégué au Département de l’Education Nationale, furent terrifiantes, un après-midi de vendredi de décembre. Je me souviens bien de notre échange, mais pas tellement de la contravention malencontreuse qui m’eut mis en face de cet homme stoïque et intolérant des mauvaises mœurs.

Maitre Barnave Gilbert m’avait pris, en flagrant délit d’une mauvaise dérive. Alors je pensais négocier mon forfait, par une astuce, contre son silence, il m’a fait réaliser la plus grande bêtise de mon enfance. J’ai vraiment indigné et insulté « Me Gilbert  », qui m’a tiré et pincé l’oreille.

- « Petit con ! » me criait-il, avec horreur, tout en poursuivant : « Tu oses m’offrir un pot de vin. Tu ne vas pas m’entrainer dans tes petites combines. Je ne me mêle jamais des magouilles. Je vais, de ce pas, avertir tes parents de ton insolence ».
C’était, pour mon esprit sacro-saint et ultra religieux, la fin du monde. Dans ma conscience, tournoyaient tous les reproches immondes de la terre.

- « Comment ai-je pu commettre une si odieuse stupidité », me renvoyait l’écho de la voix rageuse de mon bon ange gardien, résonnant dans ma tête, avec remords.
C’était la saison de Noel. Je fus très noté, depuis l’âge de 7 ans, pour la production de mes cartes de Noël, prisées par tous, à cause de leur originalité artistique et surtout à cause de mon âge. J’ai eu l’audace de proposer à cet homme intègre de la ville une « proposition de magouilleur ». Je ne pouvais pas croire de lui avoir proposé une douzaine de cartes de Noël « GRATIS ! », pour son silence.

Je l’ai bien regretté. Ses remontrances furent plus sévères qu’une bastonnade. Il est des mots, dans la Cité des Poètes, qui tuent mieux qu’un coup de poignard au cœur.
Ce jour-là, j’ai pu enrichir mon vocabulaire de ces terminologies étranges à ma connaissance d’adolescent : « combine, magouille » et de l’expression « pot de vin ». J’ai eu réellement honte lorsque j’en eus demandé la définition à ma mère. Il me fallait lui donner les circonstances auxquelles j’avais fait la connaissance de ces mots. Car ce serait, alors, une atrocité de péché mortel que de mentir à ma propre mère.

Tout est bien qui finit bien. Quelques jours après, je sortais de la messe de dimanche avec mon père et ma mère, et fis la rencontre nerveuse avec Me Barnave Gilbert. Mon cœur palpitait comme le rythme trépidant des tambours d’une savane africaine. Mon ventre hurlait d’une attaque soudaine de diarrhée.

- « Encore cet homme qui va me rendre la vie dure ! » me répétai-je, de mon for intérieur.

Cependant, il n’en fut rien qu’un simple et chaleureux coup de main de convivialités… Avec cette mention honorable :


- « Je suis fier de toi, mon fils », en hommage élogieux à une médaille d’honneur accroché à ma poitrine. Je venais juste d’en être décoré pour être le « premier de ma classe ».
Je fus gonflé d’orgueil, depuis lors.
Ah ! Ces grands piliers de mentors Jérémiens  qui m’ont façonné ! Et dont je suis si fier.
Chicago, le 28 juin 2015


Jacques Saint-Surin