Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Thursday, February 11, 2021

Assaut du Capitole: un exposé choc de l’accusation au procès de Trump

Des policiers hurlant de douleur, des élus terrifiés, des assaillants menaçants : les procureurs démocrates ont diffusé mercredi des images parfois à la limite du soutenable pour souligner la violence inouïe de l’assaut sur le Capitole, qui vaut à Donald Trump d’être jugé au Sénat pour « incitation à l’insurrection ».

Mêlant des extraits de caméra de surveillance, parfois inédits, aux vidéos mises en ligne par les émeutiers, ils ont rappelé aux cent sénateurs, à la fois juges, jurés et témoins de ce procès historique, qu’ils avaient eux-mêmes échappé de peu « au pire ».

Les élus démocrates de la Chambre des représentants, chargés de porter l’accusation contre l’ancien président, ont aussi replacé l’assaut dans le contexte de la croisade post-électorale de Donald Trump qui a toujours refusé de concéder sa défaite face à Joe Biden.

« Le président Trump n’a pas été le témoin innocent d’un accident », comme ses avocats le suggèrent, mais il « a abandonné son rôle de commandant-en-chef pour devenir l’incitateur-en-chef d’une dangereuse insurrection », a lancé Jamie Raskin, qui supervise cette équipe.

Le coup de force sanglant de ses partisans, au moment où le Congrès certifiait la victoire de son rival, n’est pas survenu « dans le vide » : « la hargne de la foule a été attisée pendant des mois par Donald Trump », a renchéri Joaquin Castro.

Installé en Floride, l’ancien magnat de l’immobilier a refusé de témoigner. Mais sa voix n’a cessé de retentir dans l’hémicycle de la chambre haute du Congrès, où ses accusateurs ont projeté de nombreux extraits de ses discours enflammés, reproduit ses tweets incendiaires, cité ses propos les plus polémiques.

« Le grand mensonge »

Même s’ils ont peu de chances de convaincre deux tiers des sénateurs de le déclarer coupable — le seuil fixé par la Constitution —, les démocrates entendent marquer l’opinion lors de ces audiences retransmises en direct dans tous les États-Unis.

« Le grand mensonge » : c’est ainsi qu’ils ont décrit la longue campagne de désinformation sur l’élection présidentielle entretenue par le 45e président américain qui a répété pendant des semaines, sans preuve, qu’il avait été victime de fraudes électorales massives.

Après l’échec de ses plaintes en justice et de ses multiples pressions sur les agents électoraux des États-clés, « le président Trump s’est retrouvé à court d’options non violentes pour se maintenir au pouvoir », a estimé l’élu Ted Lieu.

Il s’est alors tourné vers « des groupes qu’il a cultivés pendant des mois », comme le groupuscule d’extrême droite Proud Boys, dont plusieurs membres se trouvaient parmi les assaillants du Capitole, a ajouté sa consœur Stacey Plaskett, en rappelant que le président les avait appelés, en octobre, à « se tenir prêts ».  

Et le 6 janvier, il a appelé ses partisans à manifester à Washington. « Battez-vous comme des diables », a-t-il lancé à la foule, juste avant l’intrusion dans le temple de la démocratie américaine.

« Cible dans le dos »

Affirmer que l’ex-président pourrait être responsable des violences d’un « petit groupe de criminels » qui l’ont « absolument mal compris » est « tout simplement absurde », avaient insisté ses avocats par écrit lundi. En soulignant qu’il les avait « exhortés à rester pacifiques ».  

« On a vérifié les 11 000 mots de son discours, le président n’a utilisé le terme “pacifique” qu’une seule fois, contre plus de 20 “se battre” », a rétorqué mercredi l’élue Madeleine Dean.

Pire, selon Mme Plaskett, il a désigné à la vindicte son propre vice-président Mike Pence, qui avait refusé de stopper la certification du résultat des élections, ou la cheffe des démocrates à la Chambre, Nancy Pelosi.

Il « a mis une cible sur leur dos et la foule a fait intrusion dans le Capitole pour les chasser », a-t-elle lancé, en montrant des images d’une potence érigée face au bâtiment, de manifestants appelant à « pendre » Mike Pence, d’autres appelant, menaçant, « Naaancy, Naaancy… » dans les couloirs du Congrès.  

Horizon judiciaire chargé

Leur exposé des faits a été salué par le sénateur républicain John Thune. « Ils ont fait un bon travail pour souligner les liens… pour remonter le temps », a-t-il déclaré à des journalistes lors d’une interruption de séance.

« Tout l’été, les gens ont fait ce genre de choses », a toutefois minimisé son confrère Roy Blunt, en référence aux grandes manifestations antiracistes qui, parfois, ont été émaillées de violences.  

Donald Trump reste très populaire dans une partie de l’électorat et exerce encore une forte influence sur le parti républicain.  

Si une poignée de sénateurs du « Grand Old Party » se sont dits prêts à le condamner, et que certains lui ont imputé une responsabilité dans l’attaque, il semble peu probable que 17 joignent leur voix aux démocrates pour le déclarer coupable, et in fine le rendre inéligible.

L’audience a été ajournée en début de soirée. L’accusation reprendra son exposé jeudi, avant le tour de la défense qui disposera également d’un maximum de deux jours.

Même si Donald Trump est acquitté, comme il y a un an lors de son premier procès en destitution, son horizon judiciaire restera chargé : en plus des investigations sur ses affaires menées à New York, une procureure de Géorgie a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête sur les pressions qu’il a exercées sur des responsables électoraux de cet État-clé.

PAR ELODIE CUZIN ET CHARLOTTE PLANTIVE
AGENCE FRANCE-PRESSE



Sunday, March 26, 2017

Le juge de Miami ne rejetera pas les accusations contre l'ex-chef rebel haïtien Guy Philippe

Cet article publié originalement par Miami Herald a été traduit en français par Haïti Connexion Culture

Guy Philippe
Un juge fédéral de Miami a rejeté la motion visant à annuler l’acte d'accusation de trafic de drogues contre Guy Philippe, personnage important d’Haïti qui y a été arrêtée  par des agents américains le 5 janvier dernier, peu de jours  avant son assermentation  comme  Sénateur.

La juge du district américain Cecilia Altonaga a reproché aux autorités fédérales de n’avoir pas  déployé  un effort constant pour incarcérer Philippe depuis son inculpation à la fin de l’année 2005, mais  a stipulé cependant que les procureurs n’on pas  violé son droit constitutionnel à un procès rapide parce que l’accusé n’avait respecté sa promesse de se rendre aux autorités.

La juge a également constaté que Philippe, 49 ans, en sa qualité d’élu officiel en Haïti , ne bénéficiait  pas d’immunité contre les poursuites judiciaires avant son arrestation ,  vu qu'il n'avait pas été  encore assermenté.

Cette semaine, Altonaga a reporté le procès fédéral de Philippe pour un mois, jusqu'au 1er mai, proposant ainsi un moratoire à l’accusé  et à ses  avocats qui devront alors l’informer si Philippe envisage  de plaider coupable  avant le 17 avril. Elle a expliqué le retard dans le  procès en raison  du fait que les procureurs ont récemment obtenu du FBI des cassettes (“tapes”) ayant la voix de l’accusé   et qui datent de plus de 20 ans.

Avant son élection comme sénateur haïtien, Philippe était  plus connu en tant qu’un commandant de la police nationale qui avait mené une rébellion pour provoquer la chute de l'ancien président  Jean-Bertrand Aristide. L'année suivante, l'ancien fonctionnaire de police avait été inculpé dans un acte d'accusation scellé à Miami pour complot en vue d’importer de la cocaïne colombienne via Haïti aux États-Unis et le blanchiment de paiements illicites aux trafiquants.

Dans sa décision, la juge a constaté que, pendant qu'il était sous accusation, Philippe "avait eu  des communications directes avec des fonctionnaires américains, au cours desquelles il leur avait promis qu'il était un« homme de  parole et qu’il se rendrait.”  Mais il  a renié cette promesse ayant même fui à pied alors qu’il était poursuivi par les autorités américaines et haïtiennes. "

La juge a noté que Philippe n’ a attendu que le lendemain de son arrestation pour faire valoir son droit à un procès rapide.

«Le gouvernement n'avait  fait aucun effort significatif au cours de ces nombreuses années pour amener M. Philippe au procès», a écrit son avocate, Zeljka Bozanic, dans la requête de renvoi.

L'avocate de Philippe a soutenu que le délai du procès est «déraisonnable» parce que plus de onze ans s'étaient écoulés depuis le dépôt de l'acte d'accusation.

Mais sa motion a ignoré les diverses tentatives américaines d'appréhender Philippe pendant cette période, et les efforts détaillés par le  Miami Herald et d'autres médias. La requête n'a pas non plus reconnu le délai de 70 jours pour un procès rapide. L'horloge a commencé à marquer seulement après la première comparution du défendant dans la cour fédérale le 6 janvier.

Bien qu'elle ait finalement pris parti avec les procureurs fédéraux, le juge a fait des reproches aux autorités américaines de n’avoir pas déployé un effort constant pour capturer Philippe au cours des 11 dernières années – malgré les  10 tentatives.

"Un décompte plus ou moins exact confirme le fait que le gouvernement n'avait rien fait pour localiser et arrêter le prévenu pendant 91 mois - plus de 7 ans des 11 années en question", a écrit Altonaga dans sa décision. "Et pendant une partie de ce temps, l’accusé semble avoir été facilement accessible: en 2006 à l'ambassade des États-Unis [à Port-au-Prince], et en 2007, quand il menait campagne pour la présidence d'Haïti.

Depuis son arrestation, Philippe, qui a plaidé non coupable, est détenu au centre de détention fédéral de Miami.

Philippe est le 82e ressortissant haïtien à être extradé pour crimes,  a déclaré l'ancien ministre de la Justice d'Haïti, Camille Edouard Jr, lors d'un talk-show politique sur une radio trés cotée en Haiti.


La résolution du Sénat haïtien condamnant «énergiquement» son arrestation et son extradition n'a aucun poids selon le juge de Miami, et elle a  rejeté l'affirmation de Philippe faisant accroire  qu’il avait droit à l'immunité en raison de son statut de sénateur. Altonaga a noté que le jour de son arrestation,  Philippe était un sénateur-élu et "n’ayant pas  d'immunité de poursuite judiciaire".

Traduction :  Haiti Connexion Culture