Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Thursday, July 13, 2023

La rétro-ingénierie de l’Histoire d’Haïti

Rétro-ingénierie : analyse visant à détailler les caractéristiques de nos échecs
 

Par Max Dorismond




Tannés d’être la risée ou les souffre-douleur des médias, nos congénères s’interrogent et remuent ciel et terre pour trouver un point d’appui aux fins d’accrocher la nation en perdition dans sa chute vertigineuse vers le néant. Presque tous se sont attelés à la tâche, mais j’adore l’approche de notre ami Eddy Cavé qui a opté de préférence pour la déconstruction de l’histoire, en remontant aux origines à la recherche du roseau manquant. Ce que je qualifie de rétro-ingénierie (ou Reverse-engineering en anglais).          

Même si l’expression devient à la mode aujourd’hui, elle n’est pas nouvelle. On la retrouvait au niveau scientifique depuis les débuts de la civilisation. On la rencontrait pour la première fois chez les Romains. Elle se définit par « l’étude d’un produit ou d’un système existant dans le but de déterminer son fonctionnement et la manière dont il a été conçu » (Larousse). Dans notre cas, elle englobe la décomposition de l’histoire en ses éléments. 

Par un travail de titan effectué en se référant à plus de 90 auteurs, Cavé a brassé la cage en profondeur pour émerger avec des conclusions fort appréciées,  consignées dans son dernier best-seller, paru sous le titre : « Haïti: Extermination des Pères fondateurs et Pratique d'exclusion ». 

Il a passé au peigne fin tous les documents. Chaque virgule a été soumise à son analyse. Par exemple, pour toucher du doigt la forme d’ostracisme qui règne dans les mentalités, notre compatriote a bien décortiqué cette expression, retenue dans l’acte de l’indépendance, se référant au « pays qui nous a vus naître ». On percevait déjà, dans ce « nous », l’exclusion de tous ceux qui sont nés en Afrique et désignés sous le pseudonyme de « bossales ». Et pourtant, ces deux entités, bossales et créoles, s’étaient coalisées pour vaincre Napoléon.  

Déjà, les signes préjudiciables de l’inimitié collective y étaient greffés. Ces appellations indélicates qui soulignent aux traits rouges la négation radicale d’un frère de combat, dans un monde soumis à une violence inouïe, ne confèrent aucune assurance. En méprisant l’humanité de l’autre par manque de jugement, en foulant au pied sa dignité par imbécillité, comme au temps révolu, les survivants de la géhenne s’étaient donné rendez-vous avec la discorde, au lieu de s’atteler à une dynamique de création. 

Dans cet ouvrage arrivé à point nommé, dans une atmosphère de perturbation généralisée, où tous s’interrogent sans trouver la réponse adéquate à leur angoisse, Cavé ne s’est pas contenté de ressasser la petite histoire que le vaincu avait concoctée pour les « negroes ». 

À la recherche de la cause de notre naufrage après une si singulière victoire, son flair d’écrivain l’a conduit aux premiers jours de la naissance du pays nouveau, pour déconstruire le narratif connu et remonter la piste des 37 Pères fondateurs (26 mulâtres et 11 noirs), qui avaient porté la jeune nation aux fonts baptismaux. Dans les faits, « la disparition violente (assassinat, empoisonnement, etc.), de 16 des principaux signataires de l’acte de l’indépendance dans les 13 premières années du nouvel État, la scission du Nord, puis du Sud, confirmeront le désenchantement des parties et l’ampleur du malaise » (page 177), qui en disent assez long sur la division chronique laissée en héritage pour le malheur de la collectivité. 

D’entrée de jeu, il nous informe sur les ravages de l’exclusion sociale opérée dans le système par des décisions malicieusement élaborées depuis le début et jusqu’à présent. À preuve, il a noté pour nous, les remarques en 2019 de l’envoyé spécial du Brésil en Haïti et ex-chef de bureau de l’OEA à Port-au-Prince, Ricardo Sientenfus, lors d’une importante conférence à Paris sur les facteurs fondamentaux de la crise permanente haïtienne dont l’exclusion est un des freins principaux. 

« Si l’ascension sociale, soutient-il, dans toute société a pour facteur déterminant le mariage, l’éducation, le travail, que sais-je, en Haïti, elle est déterminée à l’avance à l’intérieur des cercles très restreints » (page 10).L’analphabétisme demeurait un autre vecteur de subordination. Dans l’arrière-pays, aucune école n’avait été érigée, tandis que le français demeurait la langue officielle. Tout était planifié à dessein. Dans la lorgnette des profiteurs, il fallait vivre en colons et rattacher la horde des noirauds à la terre. Dans les faits, « seule la couleur du maître avait changé ». 

En effet, ces pseudos privilégiés n’avaient nullement cessé leur pratique d’exclusion contre la masse, au point d’empoisonner la vie des éléments nouvellement libres. Cette particularité avait fait école et s’était imbriquée dans la culture populaire, depuis le début, et jusqu’à présent. Les formules les plus connues étaient : « l’exclusion des affranchis par les blancs; des noirs par les affranchis ». Après la victoire, elles s’étaient concrétisées avec la mise au rancart « des Bossales par des Créoles et vice-versa; des femmes par les hommes; des protestants et des vaudouisants par les catholiques ». Ce trait socio-culturel, si bien incorporé, a accouché après 1986 du slogan : « Makout pa ladann » et la Constitution de 1987 a flirté avec le refrain : « Dyaspora pa ladann ». Avant 1946, c’était : « Nèg nwè pa ladann » et durant les années terribles de Duvalier : « Milat pa ladann » (page 13). Où cette vanité débridée, cette stupidité démesurée nous a-t-elles conduits? Cherchez l’erreur!   

Ainsi, pour contrecarrer ce mal incurable qu’est le mépris érigé en système, le fonctionnement dans l’illégalité devient un art, la corruption, une culture, l’émigration, un dernier recours, et la politique pour s’enrichir le plus vite possible, une passerelle. « D’où la multitude de politiciens, qui s’entredéchirent, et la pléthore de partis politiques sans base populaire que nous connaissons aujourd’hui ». Donc, toutes les nuances d’exclusion, ou presque, ont été accouchées sur ce sombre tableau, pour expliquer les raisons de cette crise innommable et cette haine indicible entre frères de sang. 

En conséquence, sans un virage historique à 180 degrés, Haïti ne connaîtra jamais la rédemption. Telle est ma conclusion!           

Max Dorismond

Saturday, March 27, 2021

PEUPLE HAÏTIEN! ENTENDS MON CRI...


Par Odette Roy Fombrun

Arrêtons d’assassiner notre pays!

C’est vrai que le peuple est à bout. C’est vrai qu’il a perdu confiance en tous ses dirigeants, Exécutif, Législatif, Judiciaire, Secteurs politiques, économiques, sociaux. Il faut lui offrir au plus vite les voies et moyens de sortir de cette misère ignoble. Misère inadmissible vu que notre pays est le plus riche de la Caraibe ayant une histoire unique.

Mais, il faut aussi et surtout que ceux qui se disent être des nationalistes, comme Moise Jean-Charles, André Michel, Schiller Louidor et bien d’autres, arrêtent de jouer à ce jeu ANTI-NATIONALISTE parce qu’il mène tout droit à la destruction pure et simple du pays.

Il nous faut savoir :

Qui sont ces étrangers qui vendent des armes aux Haïtiens ?

Qui sont ceux qui les importent et les distribuent aux gangs ?

Qui a financé les journées des 6-7 juillet et finance celles d’aujourd’hui, jetant au chômage des milliers de travailleurs, mettant l’économie en lambeaux ?

JEUNESSE DE MON PAYS

Ne faites pas le jeu des fossoyeurs de la nation. Réclamez haut et fort vos droits.  Faites-le, pancartes en main, mais pas en détruisant et en pillant. Il est temps de déposer les armes pour nous mettre, tous ensemble, à construire cette nation.

J’ai 101 ans et j’ai assisté à bien des renversements de gouvernements sans lendemains meilleurs. Le renvoi pur et simple du Gouvernement, du Président et des Chambres Législatives n’est pas la solution au problème de la misère chronique.  Cela fait beaucoup d’années que j’assiste aussi à la politique des Grandes Puissances : diviser pour régner en vue d’atteindre des buts cachés.  Aujourd’hui l’un de ces buts serait de prouver au monde que nous sommes ingouvernables ? Est-ce à cause de la position stratégique d’Haïti ou son « supposé » pétrole ? Est-ce à des fins d’hégémonie dans la lutte Est-Ouest comme ça se joue ailleurs dans le monde ? C’est à voir et à comprendre.

MONSIEUR LE PRESIDENT, MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, SENATEURS, DÉPUTÉS, MAGISTRATS

Vous avez fait fausse route ! A moins d’avoir en mains une alternative valable et viable, je prends la liberté de vous recommander d’adhérer à la bonne proposition exprimée par toutes les Chambres de Commerce et d’Industries du pays réunies, la CCI, qui offre une voie de sagesse, de dialogue et de participation ou nul n’est exclus. Comme stipulé, il est indispensable que des personnalités honnêtes et crédibles représentant les différents secteurs de la vie nationale y compris de la diaspora, soient appelées à conduire les travaux devant aboutir à un nouvel accord de gestion et une nouvelle vision de l’Etat, efficace et transparente.             

Oui, en signe de bonne foi, tout doit être mis sur la table y compris les mandats de tous les élus. Parallèlement, conjointement et en urgence, vous avez la responsabilité de prendre les dispositions indispensables et à impacts immédiats pour l’apaisement social, l’arrêt du gaspillage des deniers publics et le règlement du problème des gangs qui terrorisent la population. Différemment, je ne vois pas comment vous pourrez aller de l’avant ; encore moins dans un pays en ruines, des partis politiques divisés et une jeunesse perdue et hostile.

En avant donc pour la Mobilisation citoyenne et les Assises nationales pour sortir le pays du désastre.

PEUPLE HAITIEN, GOUVERNANTS ET GOUVERNÉS !

Il n’y a pas d’autre voie que la rencontre et le dialogue dans une Konbite Nationale, inclusive, honnête et transparente !

JEUNESSE DE MON PAYS

Continuez la bataille du PetroCaribe, dans l’ordre et la discipline. Elle est indispensable pour tracer l’exemple et redonner sa place aux vertus citoyennes, à la moralité, au respect du bien public.

Il faut aussi, en toute urgence, réclamer les fonds du Sénateur Bautista bloqués par le Trésor américain, parce que, sans aucun doute, ils proviennent des fonds détournés du PetroCaribe et appartiennent à Haïti.

VIVE UN PEUPLE PRET A CONSTRUIRE!

VIVE LA PAIX ET LA CONCORDE!

Retrospective sur l'Histoire d'Haïti au 20è siècle 

Sa nou dwe konnen sou Istwa Peyi Dayiti





Thursday, March 14, 2019

Hommage à Dantès Bellegarde

Dantès Louis Bellegarde, Secrétaire d’État à l’Instruction Publique sous l’occupation américaine. Il créa la fête de l’université instituée par la Loi du 4 août 1920. En Introduisant le concept de "Nationalisme Éducatif", Dantès Bellegarde donna à l’Université la responsabilité d’être la "Gardienne du Drapeau". Son engagement auprès du peuple haïtien le conduira à dénoncer l’occupation militaire américaine à la Société des Nations. En 1920, il fut nommé à la cour internationale de justice de La Haye. Il fut président honoraire au second congrès Pan-Africain. Ministre désigné à Paris, délégué d’Haïti à la Société des Nations, à Genève, au Vatican, ces diverses tribunes lui permettaient de critiquer l’occupation américaine. À cette époque, les discours de Bellegarde sont considérés comme des chefs-d’œuvre de l’art oratoire et de la diplomatie. Il est honoré en 1922 par le gouvernement français en lui reconnaissant le titre de “Commandeur de la Légion d’honneur”. Il retourne en Haïti en 1936 et redevient Directeur de l’École Normale Supérieure. Chargé de missions à Washington en 1946 et en 1957, il sera appelé à représenter Haïti dans le cadre de rencontres internationales. Il sera aussi professeur invité à l’Université d’Atlanta et dans d’autres institutions internationales. Dantès Louis Bellegarde meurt à Port-au-Prince le 16 juin 1966, une année après la mort de son épouse, Cécile Savain Bellegarde. #PROFILEAYITI #AyitiPam!