Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

Monday, February 17, 2020

Fabienne Colas, une Haïtienne adulée au Canada

EMBA 2021, reconnue comme l'une des 100 femmes les plus influentes au Canada par WXN - EMBA McGill - HEC Montréal : un MBA pour dirigeants et entrepreneurs  

Fabienne Colas est reconnue comme l'une des
100 femmes les plus influentes au Canada selon
EMBA McGil - HEC Montréal.                            
Voilà ce que je ne cesse de répéter assez souvent pour sensibiliser les décideurs de chez-nous :  « Sé sot ki bail, imbécil ki pa ramassé ». Lorsqu’un pays ne sait quoi faire de ces citoyens intelligents, il les laisse partir.  Et les autres les reçoivent et s’en servent à coeur joie. C’est exactement ce qui est arrivé avec cette dame autant électrisante que charismatique qu’est Fabienne Colas.

J’avais découvert Mme Colas, dans le film Barikad. Elle crevait le petit écran avec un talent inné, naturel. On eut dit Denzel Washington. J’ai été la voir au théâtre à Montréal. Vraiment, je ne m’étais pas trompé d'histoire, au point d’éprouver un certain désir de faire un papier sur elle. Les festivals de l’été à Montréal ou à Toronto, c’est du tonnerre: Festivals de jazz, de musique du monde. Même Tabou Combo avait son estrade. Les salles de cinéma et de concert sont remplis à craquer. Les touristes affluent de partout. Le centre ville de Montréal est étourdissant. 

Or, avec une affaire de viol et d’attentat à la pudeur, de leur maître à tout faire dans ce domaine, un certain Gilbert Rozon, les festivités avaient perdu de leur lustre depuis plus de deux ans. Pendant ce temps, reconnue  comme l’une des 100 femmes les plus influentes du Canada en 2019, dans la catégorie art, sports et divertissements, Mme Colas brillait de tous ses feux dans les festivités et activités communautaires (Voir la vidéo ci-jointe). Ces deux provinces ne pouvaient souffrir d'un déficit touristique. C’est très rentable pour les villes. Quoi faire!

Remarquant la pertinence d’un tel talent en cette dame venue des îles, le Québec ou plutôt le Canada, n’avait pas à passer par 4 chemins, pour la garder sous ses verrous. Les deux plus grandes Universités du pays ont sauté sur l’occasion pour la perfectionner et « Voye l monte ». « Se sòt ki Bay, enbésil ki pa ramase ». Félicitations ma chère compatriote.

Haïti n’avait rien à lui offrir. Au lieu d’investir en elle et dans son tourisme, ils préféraient arrondir leurs poches. C’est un fait du destin, les génies naissent de siècle en siècle, le Canada ne saurait la laisser entre les griffes de l’Oncle Sam.  Mc-Gill, l’équivalent dans le monde de l’Université Harvard et Oxford, plus l’Université de Montréal (HEC), lui déroulent le tapis rouge avec une bourse de 50 000,00$ pour une maîtrise. C’est le summum. 

Chère madame, profitez de l’occasion pour suivre la flamme de votre passion, car la passion c’est la musique qui fait danser la vie. Félicitations!
       
Max Dorismond

Sunday, February 16, 2020

Litige autour de l'héritage du Maestro Issa El-Saieh

                      

Déclarée d’utilité publique par l’administration Moïse pour la reconstruction du lycée Jean-Jacques Dessalines détruit par le tremblement de terre de janvier 2010, Jean-Emmanuel El-Saieh se bat pour empêcher l’Etat haïtien d’entrer en possession de son terrain situé à l’avenue du Chili à Port-au-Prince. La visite mercredi du président de la République sur le domaine le révulse et dénonce le caractère unilatéral de la décision de l’exécutif. Le Nouvelliste a été visiter la propriété.

Très boisée avec un gingerbread à trois niveaux à l’extrémité, cette propriété d'El-Saieh se situe dans un endroit relativement calme dans les hauteurs de l’avenue du Chili à Port-au-Prince.  Le gingerbread est actuellement habité par plusieurs familles et l’espace abrite aussi un shop de ferronnerie  avec la permission de Jean-Emmanuel El-Saieh, un homme de troisième âge d’origine palestinienne. « Ma famille est en Haïti depuis 150 ans », a précisé Jean-Emmanuel El-Saieh, qui a reçu Le Nouvelliste jeudi matin dans sa galerie d’art fréquentée par des peintres de renommée internationale. La galerie d’art n’est pas concernéee par la déclaration d’utilité publique.  

Très remonté contre les autorités, Jean-Emmanuel El-Saieh estime que le chef de l’État n’avait pas le droit d’entrer sur sa propriété sans être invité. « Il s’agit d’un vol et ça ne passera pas », a-t-il fulminé sous le regard inquiet de sa femme d’origine israélienne. « Le président Jovenel Moïse ni personne d’autre n’ont aucun droit sur mon terrain », a-t-il rappelé.
La propriété en question fait l’objet d’un conflit datant de 2005 entre Jean-Emmanuel El-Saieh et sa sœur. Selon Jean-Emmanuel El-Saieh, dans le cadre de ce conflit, l’État devait envoyer deux experts pour faire l’évaluation du terrain. « L'État n’a jamais fait ça. Les autorités n’ont même pas la décence d'appliquer la loi qu’ils sont censés représenter. Je ne sais pas qui conseille Jovenel Moïse, il est innocent. Le président et le pays sont pris en otages par des bandits légaux », a-t-il lancé, l’air furieux.
Jean-Emmanuel El-Saieh a fait savoir que la volonté de son père, avant sa mort, était la construction d’un musée et d’une institution d’art en sa mémoire sur le terrain déclaré d’utilité publique. Selon lui, l’argent pour la construction de ce musée estimé à 18 millions de dollars est déjà disponible et son fils n’attend que le dénouement du conflit pour lancer les travaux.
La visite du président de la République mercredi sur le terrain n’a fait que soulever encore plus l'ire de Jean-Emmanuel El-Saieh. Il a dénoncé le fait que lors de la visite du président sur sa propriété, les agents de l’USGPN ont frappé son fils, le peintre de renommée internationale Tom El-Saieh  avec leur arme et bousculé sa femme. « Mon fils est actuellement à l’hôpital », a-t-il souligné. Selon lui, la photo sur les réseaux sociaux montrant lui et le chef de l’Etat dans une étreinte ne traduit nullement la réalité du moment.
Jean-Emmanuel El-Saieh n’est pas en mesure de préciser la quantité de terre déclarée d’utilité publique pour la reconstruction du lycée Jean-Jacques Dessalines. Cependant, il a souligné au Nouvelliste que cette décision ne concerne pas «El Saieh Gallery», située dans la même zone.
Il a fait savoir qu’il n’a jamais été signifié par la DGI de la déclaration d’utilité publique dont est frappée sa propriété. Ainsi, il ne va pas vouloir accepter de l’argent en contrepartie pour son terrain. Son avocat, a-t-il souligné, est en charge du dossier. « Il n’y a pas d’entente à l’amiable possible. Il n’y a pas d’autre solution ! Sortez de chez moi ! », a-t-il lancé.
Lors de sa visite cette semaine sur les lieux accompagné du ministre de l’Education nationale, le président de la République avait déclaré : « Et nos frères dont les pères sont en Afrique, n’auront-ils donc rien ? », reprennant les propos de Jean-Jacques Dessalines. Jovenel Moïse a réaffirmé sa volonté de reconstruire le lycée Jean-Jacques Dessalines sur cette propriété déclarée d’utilité publique.
Le chef de l'État fait savoir que l’État va dédommager les propriétaires du terrain qui, selon lui, peuvent toujours faire ce que de droit…
Le ministre de l’Économie et des Finances, Jouthe Joseph, a annoncé que d’ici la semaine prochaine, l’État dédommagera les propriétaires du terrain.
Si Jean-Emmanuel El-Saieh dit n’avoir pas été mis au courant de l’arrêté présidentiel déclarant d’utilité publique sa propriété à l’avenue du Chili, le directeur du domaine de la DGI a affirmé avoir écrit aux propriétaires du terrain. « Ils ont légalement répondu à l’État et ont déposé leurs titres de propriété à la Direction générale des impôts (DGI) », a fait savoir Raymond Michel.
La direction de l’enregistrement a la responsabilité de vérifier l'authenticité des titres, a indiqué Raymond Michel.  Après vérification, dit-il, le dossier sera acheminé au CPA afin de trouver une entente avec la famille propriétaire pour l’expropriation.
M. Michel a souligné que l’État n’a pas encore mis le terrain en chantier. « Il faut exproprier le propriétaire d’abord avant de démarrer les travaux », a-t-il précisé évoquant la loi du 5 septembre 1979. L’État commencera le chantier après le paiement. Toutefois cela ne veut pas dire que le projet sera bloqué s’il n’y a pas d’entente, a-t-il précisé. S’il n’y a pas d’entente, le dossier sera transféré au tribunal qui décidera, a nuancé le directeur du domaine de la DGI.
Selon M. Michel, des membres de la famille propriétaire contestent la déclaration d’utilité publique tandis que d’autres membres de cette même famille engagent les voies légales…

Thursday, February 13, 2020

La maison familiale d'Issa El Saieh, légendaire musicien haitien, saisie pour devenir un énième lycée à Port-au-Prince.

Issa El Saieh, légendaire musicien haïtien

Dans ce pays où il semble que les réflexions de nos dirigeants passent à travers leur trou de cul, ils ont chié encore une fois d’une bêtise monumentale sous le couvert de leur slogan dénigrant et indécent de "ti rès la pou pèp la", le reste c’est pour le peuple. Ah oui dans ce cas précis ce slogan est très approprié, car une fois toutes nos valeurs et patrimoines détruits au profit du pouvoir, il n’en restera effectivement que le reste, "ti rès la a rete pou pèp la".

La nouvelle qui fait la une des réseaux sociaux ce matin, est le fait que l’état ait saisie la demeure familiale de notre légende Issa El Saieh pour en faire un Lycée ! Des lycées à Port au Prince nous en avons assez ! Le problème n’est pas, à Port au Prince, un manque de lycée mais le manque de qualité de l'éducation. Au lieu de bâtir un énième lycée, occupez-vous plutôt de la formation des professeurs dans les lycées actuels...de leurs salaires de misère...Occupez-vous de convertir les lycées qui existent pour les rendre plus modernes et plus propres. 

Isa El Saieh Orchestra & Herby Widnaier (1956)
Issa El Saieh, est connu pour avoir introduit le Jazz dans la musique haïtienne dans les années 40 et 50. Il fut l’un des premiers à introduire le rythme vodou dans les musiques populaires en Haïti. Il avait aussi le don de découvrir des talents ; tels que Jacques Gourgue, André Pierre, André Normil, Jacques Chery, Seymour Bottex, Alexandre Grégoire parmi tant d’autres. Je suis certaine que la plupart de ces noms sont aussi inconnus pour vous, mais heureusement les férus de musique en Haïti gardent encore ces légendes dans leurs cultures orales. 

Dans tout pays normal, cette demeure serait considérée comme étant un patrimoine culturel, on aurait pu la transformer en école de musique ou en musée de musique de préférence et on aurait ainsi honoré les œuvres, les contributions et la mémoire d’Issa El Saieh à la musique Haïtienne. Mais non, nous nos légendes et héros ne valent rien s’ils ne datent pas de l’ère de l’indépendance. Car, l’excuse avancée dans cette saisie est que le lycée portera le nom de Jean Jacques Dessalines, car Jean Jacques Dessalines mérite un lycée nommé pour lui ! Je n’en disconviens pas, mais Jean Jacques Dessalines, mérite-t-il un lycée construit sur le terrain familiale d’Isaa El Saieh et sur ses propres mérites ? Isaa El Saieh mérite-t-il de voir sa maison familiale détruite par des buldozers ? Et nous ? Méritons-nous d’assister sans broncher à la destruction d’une autre partie de notre histoire ? 

La maison d’Elvis Presley est un centre d’attraction touristique aux USA ainsi que celle de Michael Jackson. On ne détruit pas son patrimoine culturel ! On le protège, on le remet en état, on le valorise !
La plupart de nos légendes musicales en Haïti sont méconnues de nos jeunes, parce que nous ne préservons pas notre patrimoine culturel, parce que nous ne valorisons pas le travail des artistes (ou autres d’ailleurs), nous sommes des imbéciles ! 

Quand allons-nous comprendre l’importance du patrimoine Culturel et Historique de ce pays, autre que les forts tels que la Citadelle ? Chaque année nous perdons un peu plus de notre identité de peuple, les premières éditions de nos écrivains se trouvent où ? Les pièces de monnaies d’antan ? Notre acte d’indépendance ? Nos danses ? Nos recettes ? Notre religion ? Et l’histoire de nos légendes dans tous ces secteurs ? Les connaissons nous ? Tout cela c’est notre patrimoine culturel, tout fait partie de notre identité en tant que peuple, en tant que nation !

Nos jeunes aujourd’hui n’ont aucun sentiment d’appartenance car la majorité de notre patrimoine est passée sous silence et oubliée, quand elle n’est pas carrément dénigrée au profit des cultures étrangères ! 

Nous devrions être tous offensés et offusqués de cet affront porté à Isaa El Saieh et à sa mémoire. Nous devrions tous dire NON! nous n’acceptons pas cet état de fait ! Non... trop, c’est trop ! Non à l’abus de pouvoir ! Non à la destruction de nos patrimoines ! 

©Muriel Vieux
13 Février 2020

Citoyen André Michel ,la politique est l'art du possible.

Me André Michel, leader politique

Par:Ricot Jean-Louis

Message au citoyen André Michel : Citoyen André Michel ...la politique est l'art du possible . Vouloir tout ou rien en matière politique  est la pire des options du politicien. On se souvient rarement des mauvais perdants. Les extrémistes inspirent rarement confiance , parce qu'ils sont l'expression de l'intolérance et de la cruauté .

Vous souvenez vous de Robespierre et de Danton ?  ILs étaient les deux vrais chefs de la révolution française .  Danton était de tendance modérée et savait au moins qu'il appartenait à ce monde imparfait . Certainement si par moment il se montrait ferme face aux contre révolutionnaires et  la famille Royale ; pourtant il était loin d'être le bourreau de la France . Tandis que Robespierre était plutôt du genre extrême et parce qu'il était appelé l'incorruptible , il s' imaginait que cette seule vertu suffisait pour prétendre à tous les droits et particulièrement celui d'envoyer qui il veut à l'échafaud ! 

Depuis le début de cette crise politique et jusqu'à ce jour , je vous observe avec une rare attention et beaucoup de méfiance . Je ne vois rien en vous et dans votre style de leadership qui puisse m'obliger à reconnaître   les qualités essentielles d'un  vrai leader . A noter que dictature et leadership sont deux choses totalement différentes et à ne pas confondre . Le dictateur ...c'est toujours un politicien intolérant , rusé , cruel et qui s'imagine qu'il a toujours raison. L'opinion des autres ne compte pas pour lui. Et malheur à celui qui oserait se mettre en croix sur son chemin . Cela dit , il est toujours plus enclin à faire plus de mal que de bien à son pays . Robespierre était ce genre d'individu et il se prenait toujours pour le sauveur de la France . Que de malheureux innocents ce chien enragé n'avait il pas envoyé à l'échafaud pour un simple écart de langage ou une apparente opposition à ses tendances extrêmes !  Et savez vous une fois de plus comment il a terminé sa course folle ou sa quête pour le " pouvoir absolu " ? À l'échafaud tout comme son lieutenant et chien enragé Saint juste ! 

Maintenant voyons ce que c'est que " leadership " .
Leadership ...c'est la capacité d'influencer dans le sens du bien . C'est cette maturité politique qui pousse le chef à se douter de ses capacités réelles , à faire preuve de modestie et de courage pour admettre qu'il ne sait pas tout , qu'il a besoin de s'entourer dans chaque domaine des meilleurs cerveaux et de solliciter en tout temps leur conseil pour mener à bon port la barque nationale . Et quand il a le sentiment d'avoir bien fait , il n'hésite jamais à remercier son équipe  d'avoir été là pour lui dans des moments difficiles . Le pouvoir dans son approche ou l'art de gouverner n'est jamais personnel. Et dans chacune de ses décisions,il prend toujours toutes sortes de précautions pour avoir les meilleures informations avant de trancher .  Si le cabinet ministériel peut se permettre d'agir avec désinvolture ;  le leader , lui, ne peut pas se permettre d'échouer . En matière politique ....le chef est toujours seul face à ses décisions. 

Maintenant revenons à vous et analysons votre style de leadership ? Dites moi ....croyez-vous sincèrement que vous pouvez mieux faire que Jovenel Moïse ? Si oui ...ne croyez vous pas que la diplomatie de la chaise vide est toujours le réflexe du mauvais perdant ? Certainement si vous vous croyez meilleur à Jovenel Moïse , commencez d'abord par mettre aux voix votre leadership .En d'autres termes ...faites de votre mieux pour obtenir un mandat clair des membres de votre mouvement pour forcer la main à Jovenel Moïse . Mieux encore ....dites à ce président mal aimé et soupçonné de corruption qu'un partage du pouvoir est absolument nécessaire pour ramener la paix et la tranquillité dans le pays . En conséquence , s'il est sincère et veut le bien du pays , qu'il choisisse le premier ministre et certains membres du cabinet dans les rangs de l'opposition . C'est à ce moment seulement que vous pourrez porter Jovenel Moïse à dévoiler son jeu ou ses  intentions réelles . Et à ce moment là , le pays ne manquera de voir plus clair dans le jeu de Jovenel . 

Mais crâner jour et nuit que vous ne voulez pas vous asseoir avec lui sous prétexte qu'il est corrompu et criminel par dessus le marché, me laisse cette seule impression   que vous n'êtes pas encore prêt pour faire face aux responsabilités du pouvoir . Et savez vous que vous faites en réalité la bonne fortune de Jovenel Moïse à travers votre refus systématique de s'asseoir avec lui pour négocier ?  Bien sûr que Jovenel Moïse n'est pas idiot . Il ne faut pas le sous-estimer. IL veut battre l'opposition à travers le jeu de l'épuisement politique. Bien sûr qu'en faisant le travail pour lequel il a été élu tout en donnant l'impression qu'il veut négocier sans vraiment négocier , il vous aura piégé politiquement parlant en créant dans l'imaginaire de la population qu'il est ce chef incompris qu'une opposition opportuniste et intransigeante veut demolir à tout prix . La politique, Citoyen André Michel,  est un métier pas comme les autres . Celui qui aspire à être conducteur de peuple se doit de savoir que la politique est un sport cruel et que le mauvais perdant est toujours amer . La politique est le problème de tous et le problème de tous est un problème politique . Si vous voulez vraiment remporter la victoire ....renoncer des aujourd'hui à cette attente irréaliste , laquelle consiste à demander avec obstination la démission du chef de l'État . Vouloir tout ou rien en matière politique , c'est l'art des stupides ou la stratégie  des mauvais perdants . Tandis que la cohabitation même difficile avec un adversaire politique astucieux , c'est l'art des grands stratèges qui veulent demeurer en scelle ! L'avenir politique appartient toujours à ceux qui savent attendre. L'insigne du pouvoir n'est pas le pouvoir . Le pouvoir est en réalité ce qui est réel .Et sa légitimité prend toujours sa source dans le consentement de la majorité de la nation !

Wednesday, February 12, 2020

« Yo pa ka bare nou » : Le Kidnapping est une affaire d’État

Plus de 76 gangs armés sont recensés en Haïti  selon un rapport officiel.

« Pourquoi tout ça ? Pensez-vous vivre éternellement et en toute quiétude après avoir détruit un pays et tout un peuple ? Aucune manipulation de l’opinion publique ne peut éviter la réalité du temps. (Michael Lucius, IGPNH assassiné, posté le 26 Novembre à 1h 47pm).

Notre compatriote Obed Remy eut à dire: « On ne fait pas de la politique avec des armes. Elle se fait plutôt qu’avec des idées et un projet de société ! » Avec les bandits dits légaux en Haïti, la politique se fait avec les armes et la violence. Michel Joseph Martelly vit à Miami depuis tantôt trois ans et il a déjà activé une puissante machine pour faire du lobbying pour son retour au pouvoir en 2022. Nous retrouvons au sein de cette équipe des gens que nous considérons comme des « bon moun » ; je suis sidéré. Nous ne prenons jamais le temps pour observer, analyser et comprendre. Comment comprenez-vous qu’un individu comme Daniel Supplice pouvait se retrouver à côté de Michel Martelly en 2010 au moment où il allait se lancer en politique même quand il savait qu’il n’était pas fréquentable ? Comment comprenez-vous que la société haïtienne ait pu cautionner que Michel Martelly puisse invectiver une personnalité comme Liliane Pierre Paul qui a tout son mérite, malgré ses faiblesses comme humain à tout bout de champ? Liliane Pierre Paul est la seule journaliste à avoir compris le message subliminal de Michel Martelly dans son tube « Bandit Légal » et qui a osé le dénoncer comme parrain mafioso. A son retour en Octobre 1994, Jean Bertrand Aristide avait récupéré la structure de la milice VSN qu’avait laissé François Duvalier. C’est ainsi que vous avez pu voir qu’un ancien Tonton Macoute est devenu lavalassien. Au sein des Forces Armées D’Haïti, certains haut-gradés avaient intégré le gang d’Aristide et ont contribué à démanteler cette force publique qui violait les droits de la population, mais qui ne devrait pas être annihilé parce qu’un pays ne peut pas fonctionner sans une force pouvant sécuriser ses frontières. La bandilégalisation d’Haïti a suivi son cours sans déranger les soit disant forces vives de la nation qui sont de véritables complices. Les soit disant intellectuels de ce pays l’ont livré en pâture à l’ignorance, à l’abjection et à la mafia internationale et locale.

Sweet Micky ( Carnaval 2020)
Quand Michel Martelly déclare que : « Yo pa ka bare nou » , il s’exprime clairement et insinue beaucoup de choses. En 2010, quand Sweet Micky avait sorti le tube « Bandit Légal », nous avions ri et quelques mois plus tard, il allait déclarer sa candidature à la présidence avec ce chant thème ; et il a dirigé le pays pendant cinq années comme un parrain de la mafia. Cette semaine, je vais relire le roman « Le Parrain » de Mario Puzo pour mieux appréhender ce qui se passe dans le monde et en Haïti. En Octobre 2012, lors du Congrès de la Diaspora tenu à l’OEA, j’avais déclaré en présence de Daniel Supplice, Ministre des Haïtiens Vivant à l’Etranger d’alors que nous avions des voleurs, des kidnappeurs, des dealeurs de cocaïne et des assassins au pouvoir en Haïti 

(https://www.youtube.com/watch?v=xNg6ZnvoMGQ). Certains croyaient qu’ils pouvaient me rendre sourd et muet, mais grâce à mon Dieu et mon Sauveur Jésus-Christ, je suis toujours là et je parle avec ma voix de stentor. Michel Martelly est loin d’être un imbécile. Le type était informateur de la DEA pendant une vingtaine d’années. Durant les trois années de coup d’Etat (1991-1994), il faisait partie des Ninjas, ce groupe d’assassins qui livraient bataille avec les milices lavalassiennes. Vous ne le savez peut-être pas, de 1991 à 1994, il y avait une lutte armée en Haïti (affrontement entre des gangs armés). Durant la nuit, nous avions pu entendre dans les CB radios, des conversations des Ninjas et des miliciens lavalassiens.

Le carnaval de Sweet Micky 2020, une campagne pré-électorale


En choisissant le slogan : « Yo pa ka bare nou » pour sa méringue carnavalesque, Michel Martelly envoie un message subliminal à ses gangs et ses « attachés » un peu partout à travers le pays. Tout est déjà en place pour un retour de Sweet Micky au pouvoir ; mais c’est bien compté et mal calculé : Sweet Micky peut ne pas vivre pour voir le 7 Février 2022. Michel Martelly doit se rappeler de sa consultation avec ce voyant dans le Nord qui avait prédit son avènement au pouvoir et qui lui a dit ce que sera 2022 en Haïti. Il est regrettable que ce soient des frères et sœurs haïtiens animés de l’appât du gain qui choisissent sciemment de terroriser la population. Depuis Juillet 2019, j’écris peu et je m’abstiens de participer à certains débats publics sur la gouvernance salamique en Haïti. Je ne veux pas perdre mon temps à donner vie à de la pourriture. Nous avons le devoir de déblayer le terrain pour faciliter la construction de la nouvelle Haiti, Hayti. Le kidnapping est une activité rentable en Haïti et les kidnappeurs sont patentés. J’avais eu une série de conversations sur Facebook avec un ancien DGPNH d’Aout à Octobre 2012 parce que je voulais comprendre ce phénomène, et il m’avait tout expliqué. Il ne pouvait pas me niaiser, mais après m’avoir tout dit, il m’a bloqué. Ceux qui se disent experts en sécurité en Haïti sont pour la plupart des bluffeurs et nombre d’entre eux font partie des gangs spécialisés dans le kidnapping, la contrebande, la vente d’organes et le trafic humain. Mon père fut ancien militaire cantonné aux Casernes Dessalines ; lorsque je l’eus montré les conversations que j’avais eues avec cet ancien responsable de la PNH, il fut abasourdi : Un DGPNH n’a pas plus d’autorité qu’un Louveteau même quand il est censé être un chef de gang légalisé.

Certains gangs armés disent avoir été armés par des poli
ticiens proches du pouvoir ainsi que du secteur privé...  
La montée en flèche du kidnapping en Haïti ces jours-ci est une affaire d’Etat, un règlement de compte politique entre politiciens ; un moyen pour des hommes d’affaires de se faire une santé économique après les pertes de profits engendrées par le pays lock ; un moyen pour Jovenel Moise, Michel Joseph Martelly et même certains chenapans de l’Opposition politique de prendre leur revanche sur le peuple affamé qui crie sa douleur depuis tantôt deux années. Il ne faut pas oublier que plus d’une centaine de bandits qui travaillaient au Parlement sont sans emploi ; ils font ce qu’ils savent faire le mieux : mentir, rançonner et tuer. Haïti a des ennemis puissants et ils sont méchants. Pa okipe pyès endividi k ap mache bay konferans sou kesyon sekirite, yo konnen gang yo, yo konnen moun ki sèvo gang yo, sèvo kidnaping lan ; e genyen k ap travay pou gang yo. Nous sommes confrontés à un problème de sécurité nationale qui ne date pas d’aujourd’hui. Depuis le 7 Février 1986, une nouvelle guerre est déclarée contre les progressistes de ce pays, et ces derniers refusent de comprendre ce message simple de notre compatriote Argousto Hilaire, jeune étudiant : « Nous sommes plus nombreux que ceux qui kidnappent et tuent les nôtres. Si l'on se mettait tous ensemble pour les combattre à la place de l'État qui se complaît dans le silence? La force n'est pas toujours du côté de ceux qui portent des armes; elle est parfois, et même souvent, du côté de ceux qui s'unissent, s'allient contre leur ennemi commun. Donc, la force est dans l'union. L'union fait la force! »

Nous nous gardons de faire des prescriptions puisque nous savons que le problème est complexe et que les solutions ne peuvent être discutées sur la place publique. Je dis aux bandits politiques que personne ne peut prendre le pouvoir avec l’argent sale et travailler pour le bien du peuple. Salamiser Haïti est la mission de tous les chenapans qui nous ont dirigés d’Octobre 1806 à aujourd’hui. Comme l’avait si bien dit le regretté Michael Lucius : « Aucune manipulation de l’opinion publique ne peut éviter la réalité du temps. » Nous avons un pays prêt à exploser et un bon matin, les Haïtiens fous furieux mettront le feu à tout ce qui représente le pouvoir politique, économique et la répression systématisée. Je vois des jours sombres pour ce pays ; mais je ne pleure pas vu que je sais que le temps du renouveau viendra. Comment dire à un jeune de ne pas sortir faire du sport parce qu’on kidnappe des gens ? Comment dire à un jeune de ne pas aller à l’Université parce que les bandits opèrent dans la ville sans peur d’être inquiétés? Comment dire à un père et une mère de famille qui doivent ravitailler dans les rues pour nourrir leurs enfants de ne pas sortir de chez eux? Je l’ai dit et je le redis : Prosper Avril, Jean Bertrand Aristide, Michel Joseph Martelly, Jocelerme Privert, Jovenel Moise sont les pires ennemis de la nation haïtienne en ce moment. Ceux qui croyaient que les hâbleurs de l’opposition travaillaient pour le peuple finissent par se rendre compte qu’ils sont à la même enseigne que les immoraux sodomites, trafiquants de cocaïne et assassins qui nous dirigent depuis ces quarante dernières années.

L'insécurité en Haïti:un véritable complot contre le peuple
Aujourd’hui, les chefs de gangs ont droit à la parole plus que le citoyen lambda qui propose une nouvelle mentalité pour une Haiti Nouvelle. Il est impératif d’avoir de nouveaux acteurs politiques en Haïti qui pourront embrasser cette conception de la politique du Pape Jean Paul II : « La politique est l’utilisation du pouvoir légitime pour atteindre le bien commun de la société, bien commun qui, comme l’affirme le Concile Vatican II, se concrétise dans « l’ensemble des conditions qui rendent possible pour les hommes, les familles et les groupes un accomplissement d’eux-mêmes plus plénier et plus aisé. » L’activité politique doit donc s’exercer en esprit de service. Mon prédécesseur Paul VI a affirmé à juste titre que « la politique est une manière exigeante de vivre l’engagement chrétien au service des autres. » Le Vatican prescrit de bons remèdes, mais leurs prélats sont de mauvais docteurs. Nous n’avons plus de leaders religieux dignes de ce nom au pays; le peuple périt, faute de guides consciencieux et capables.

Le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyen Van Thuan a écrit : « Heureux le politicien qui a une haute idée et une profonde conscience de son rôle. Heureux le politicien dont la personne reflète la crédibilité. Heureux le politicien qui travaille pour le bien commun et non pour son propre intérêt. Heureux le politicien qui reste fidèlement cohérent. Heureux le politicien qui réalise l’unité. Heureux le politicien qui s’engage dans la réalisation d’un changement radical. Heureux le politicien qui sait écouter. Heureux le politicien qui n’a pas peur. » Les Haïtiens croient mordicus que rien ne changera et cette conception vient d’un matraquage de la presse qui fait la promotion d’assassins à cravate, de dilapidateurs de fonds publics, de criminels notoires et de la corruption. Le phénomène de « machann mikwo » exacerbe cette culture de la violence. Le salut de ce peuple n’est ni entre les mains des politiciens, ni entre les mains des différentes élites qui ont franchi le point de non-retour dans les pratiques mafieuses. Le salut de ce peuple est dans la capacité de ceux qui sont sincères, qui souffrent et qui sont des bien-pensants de se mettre debout comme un seul homme ou une seule femme pour dire non à l’inaptocratie et au banditisme légalisé. Le kidnapping qui est une affaire d’Etat peut être déraciné dans le pays et une autre Haiti Nouvelle est possible. Embrassons une mentalité nouvelle, et créons-la ! « La ville vivra ! Il est temps d’entamer l’explication à répéter mille fois, la Parole infatigable destinées à suggérer graduellement au bon sens collectif un nouveau mode de pensée, à lui inculquer une mentalité nouvelle. Commençons à propager la nouvelle Parole ! » (Ludovic Comeau Jr., Bâtisseurs du lendemain ».

Kerlens Tilus 02/10/2020
Snel76_2000@yahoo.com
Tel : 631-639-0844

Josaphat-Robert Large, dans un nuage à New York

Josaphat-Robert Large, peinture en exposition permanente
 au KEPKAA à Montréal, un don du poète à cet Institut de   
 promotion du  créole au Québec.                                             
Par: Mérès Weche
Josaphat-Robert Large, dit Bobisson, fut poète, essayiste et photographe. Cependant, en me voyant peindre Émile Roumer et Frankétienne d’une manière peu photographique, il m’avait demandé de lui en faire une qui irait sinon jusqu’à la caricature, du moins sans trop grande fonction de représentation figurative. Cette requête m’a été faite à Jérémie au cours d’un bref séjour littéraire chez le Père Jomanas Eustache à Numéro-Deux. En ce lieu, il ne pouvait ne pas évoquer avec moi les sentiments de révolte qui l’ont fait quitter Jérémie trop tôt. On regardait à l’horizon se lever le soleil dans une rougeur qu’il captait tout de suite de sa caméra, pour être plus tard objet de poésie. La voix de Guy-Marie Louis le sortait brusquement de son double extase, car il fallait descendre tout de suite en ville pour l’ouverture du Festival.

C’était à l’occasion des préparatifs, à Port-au-Prince, de cet événement annuel en Grand-Anse, que Jean-Pierre Alcindor et moi parlions de cet ami commun qui chérissait d’un même front la poésie et la photographie. Voici que dix ans plus tard un texte très évocateur de Nadine Magloire vient réveiller de vifs souvenirs partagés dans des révélations les unes plus inédites que les autres. Ainsi me vient à l’idée de rendre publique ce portrait de lui qu’il voulait davantage artistique, allant même jusqu’à la déformation, mais assez allusive pour le faire reconnaitre. Je l’ai peint dans un nuage de New-York où il a passé le plus clair de sa vie d’exilé. Poète révolutionnaire, il fut pourtant très sensitif face aux beautés de la nature qu’il captait sur le vif, de son œil de poète et à l’aide de sa caméra de photographe.

Mérès Weche

Friday, February 7, 2020

Des avocats marrons dans la dérive institutionnelle d’Haïti



Par Max Dorismond








Telle une bombe fumigène lancée sur le web, les conclusions d’une recherche sur les écoles de droit dans mon pays ont réellement chiffonné certains camarades de la diaspora. Mais, pour moi, il n’y a rien d’étonnant. J’appréhendais déjà pareil résultat, c’était à prévoir. Tant que le nivellement par le bas occupe le haut du pavé, nous n’avons d’autre choix que de produire des cancres en quantité pour engendrer encore plus d’abrutis ad vitam aeternam. C’est mathématique!

Retenez bien vos chaises! Selon les résultats de cette étude surprenante, parue fin janvier 2020, de « Justice Sector Strengthening Program » (JSSP), de concert avec la Fédération des Barreaux d’Haïti (FBH), commanditée par USAID, nous voici avec 61 institutions d’enseignement du droit, dont 26 écoles et facultés privées, avec 322 professeurs, dont 8% n’ont pas de diplômes et 97% n’ont décroché aucun doctorat. Et pourtant, nous ne sommes plus au temps du Roi Salomon! Nous ne nous sommes pas trompés de siècle!

J’ai souvenance encore d’un article sur un Canadien extraordinaire, l’ancien premier ministre Jean Chrétien, qui avait dirigé tous les ministères du gouvernement de son pays avant d’occuper le poste numéro un. Il n’était pas un communicateur électrisant, à la P.E. Trudeau, son mentor. Mais il avait son charisme propre. Frondeur, fonceur, plaisantin, c’était sa marque de commerce.

À la question, comment avait-il procédé pour cheminer à travers toutes ces institutions, sans se casser la margoulette? La réponse fut percutante et sans appel : « Il a été diplômé en droit. Le droit mène à tout ».

En effet, selon les spécialistes, ce sont les études les plus complètes dans un cycle universitaire. Elles ne sont pas à la portée de tous en regard de la somme des matières élaborées à emmagasiner. Le diplôme de droit fait de son titulaire un esprit supérieur et très utile à une nation. Ceci étant dit, on comprend la raison de cette investigation et le cri d’alarme des chercheurs qui se sont penchés sur ce dossier. Au lieu d’être d’utilité publique, le droit devient synonyme d’une atrophie récurrente dans le développement d’Haïti.

Depuis cette lecture, je m’amusais à rechercher le background de tous les politiciens électrisants sur la scène internationale. Mes découvertes m’avaient laissé sans voix. De Barack Obama aux divers sénateurs et congressistes américains ou élus européens, ce fut une révélation du tonnerre qui me confirme, que le droit mène à tout. En fait, 70% d’entre eux possèdent un doctorat en droit, 15%, un Fellow 1, d’une grande université connue.

En principe, « le droit est défini comme l'ensemble des règles qui régissent les rapports sociaux et la conduite de l'homme en société ou, de façon plus exacte, l'ensemble des règles imposées aux membres d'une société pour que leurs rapports échappent à l'arbitraire, à la violence des individus et soient conformes à l'éthique dominante 2 ». Voilà pourquoi cette étude du JSSP m’avait laissé perplexe, quand la formation des cadres de mon cher pays est laissée entre les mains de charlatans ou de faussaires.

Comment en sommes-nous arrivés là?
La notion d’inégalité, le mépris du laissé pour compte et le syndrome du colonisé,  jouent un rôle déterminant dans la psyché collective et perpétuent ce type de situation. Le paysan, le nerf de la guerre dans un pays à 100% agricole, est honni, l’artisan dévalorisé. Haïti se définit comme un pays hors norme, où le grade demeure un facteur déterminant, une carte de visite. Tout le monde se définit par son titre, comme facteur identitaire. Cette tare héréditaire et tendancieuse cache à la fois, un rêve de pouvoir, un désir de respect, d’acceptation et, surtout, une opportunité pour s’accrocher au passage de  l’ascenseur social.

L’individu qui fut directeur d’un organisme, il y a de cela 50 ans, se fait encore appeler : « Direk », le nom éponyme. Un président sans diplôme se déclara agronome. Un autre, aujourd’hui, se définit comme ingénieur, etc… Vivre sans un titre, en Haïti, laisse une impression de nudité, comme un ver de terre.
           
Aujourd’hui, les doctorats sont à la mode, tout le monde se fait appeler Docteur. Le fonctionnaire qui a participé à titre d’auditeur, à une séance de formation d’un mois, dans une université d’outre-mer, s’approprie le titre de Dr. à son retour. Docteur de tout, docteur des eaux et des étoiles, etc… d’où la prolifération des fausses dénominations, le cumul des faux résultats, la multiplication des accidents et des drames humains, l’acceptation de l’imposture, de la tolérance, de la paresse et de la dérive de la nation sur un océan d’escroquerie.
           
Dans mon livre, « Des mots pour conjurer nos maux », vous trouverez à la page 93, le texte « La saga des faux diplômes, un fléau qui dérange » et vous pourrez mesurer le fondement du résultat de cette étude en rapport à la faiblesse des institutions judiciaires de chez-nous. Le népotisme aidant, chacun peut placer son père et son beau-père à la place désirée, pourvu que le titre d’un diplôme factice vienne supporter les devoirs de sa charge. La bombe a éclaté au cours de cette dite recherche. La stupéfaction est nulle et non avenue pour l’observateur.
           
Et pourtant, nous avons connu des juges et des avocats de renom chez-nous. Ce n’est pas sorcier. Avec le nivellement par le bas, des dernières décennies, il fallait faire amende honorable et épouser la doctrine de l’heure en jouant à l’idiot. Sinon, ton chien est mort.

À un certain moment de la durée, les parents n’encourageaient plus leurs enfants à fréquenter la faculté de droit, sous peine de finir avec un uniforme bleu et un foulard rouge. Ce judicieux conseil me fut prodigué, la veille de mon départ de Jérémie pour mes études à Port-au-Prince, par un brillant avocat, feu Me. Christian Caze, un grand ami de mon père.
           
Or, comme le pays allait de plus en plus mal, avec la culture du « dégagé pa péché », chacun s’est permis d’ériger sa propre petite école, « son p’tit business ».
           
J’ai en mémoire l’anecdote d’un concitadin analphabète, qui, handicapé suite à un accident de travail aux USA, décida de rentrer au pays. Pour faire fructifier le magot reçu en guise de dédommagement, il rêva d’investir dans un restaurant de sa région natale. Avant toute chose, il s’avisa de demander conseil à un cousin sur place. Ce dernier, qui connait le terrain, lui suggéra d’investir de préférence dans l’activité la plus rentable de l’heure en Haïti : une école, une université, par exemple. Donc, attendez-vous à retrouver sur votre route, un de ses bouffons, qui viendra, un jour, vous entretenir de : « Ti Univèsité pal la ». (sa p’tite université à lui).
           
Ainsi, comme des champignons, le pays est parsemé de myriades d’écoles et d’universités, à confondre les plus sceptiques. 90% d’entre-elles fonctionnent à l’envers de l’esprit de la connaissance, avec seulement l’intention de siphonner les plus pauvres. Aucun gouvernement n’ose les confronter aux fins d’une évaluation. Chacune, d’une manière ou d’une autre, est protégée par un ou des sicaires. Par conséquent, qu’on ne s’avise point à freiner le désordre établi, si on désire gouverner dans la paix. C’est la loi de la jungle.

Patientez – Haïti a rendez-vous avec l’histoire et l’espérance
À la lecture de l’article, qui traitait de cette recherche, j’ai expédié un courriel au Professeur Samuel Pierre, le fondateur du GRAHN 3, avec ce titre de panique : « ISTEAH 4 au secours ». Heureusement, sa réponse hâtive m’a rafraîchi les méninges, à savoir que ISTHEA a déjà pris en charge cette discipline. Depuis septembre 2019, ISTEAH offre officiellement des programmes de maîtrise et de doctorat en sciences juridiques et son 2ème docteur diplômé en droit, le DR. Jean Hudson, se révèle être l’un des chercheurs mentionnés dans l’étude en question. Il était juste temps pour faire rayonner la lumière crue du bon sens en faisant triompher l’intelligence collective pour extirper de certains subconscients ces comportements fossilisés.

Je peux éclater d’optimisme, puisqu’il existe au moins une lueur d’espérance à l’horizon, tant qu’il existera des institutions bienveillantes à l’instar de GRAHN. Osons espérer qu’aucune insinuation malveillante ou aucun coup tordu ne vienne bousiller l’avenir de cette formidable fondation, face à la malheureuse évidence, quant à la supériorité du nombre de cancres par rapport à celui des instruits. Car, il faut toujours garder à l’esprit le brûlant constat du célèbre professeur Leslie Manigat, à l’effet « qu’il y a une lutte sourde et constante contre l’intelligence dans ce pays 5 ».

Programme d’études en sciences juridiques d’ISTEAH : https://www.isteah.edu.ht/index.php/rss/304-programmes-d-etudes-en-sciences-juridiques


Max Dorismond


Note – 1 : Fellow : ce titre se rencontre dans le monde académique, les institutions universitaires ou sociétés savantes ou professionnelles…  Les fellows font partie d'un groupe de chercheurs qui coopèrent dans la poursuite de leur recherche. Les fellows peuvent aussi comprendre des professeurs invités, des chercheurs postdoctoraux ou des doctorants. (Src.: Wikipédia)
Note – 2 : Src. : Le Droit : (Wikipédia).
Note – 3 : GRAHN : Groupe de Réflexions et d’Actions pour une Haïti Nouvelle
Note – 4 : ISTEAH : Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d’Haïti
Note – 5 : Réf. : « En Haïti le savoir est un crime et un péché » de F. L. Manigat.