Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Wednesday, March 2, 2022

En Ukraine la vie des Noirs ne compte pas

Il n'y a qu'un seul coin de terre qui est vôtre

Par Max Dorismond 

La spécification géographique dans le titre ci-dessus est nulle et non avenue, si on veut se situer dans la psyché du blanc. Il faut voir l’entièreté et non une entité telle l’Ukraine. Dans la poésie émanant de l’environnement, dans le romantisme jouissif de la tendresse des corps, le racisme est muet, mort et enterré, l’espace d’un instant. Mais quand la vie est réellement en jeu, l’instinct grégaire, ou l’instinct animal de l’homme, surgit des bas-fonds de l’inconscient pour exposer sa vraie couleur, sa vraie nature, que le temps avait artificiellement anoblie pour meubler les impressions dans le vivre ensemble. 

Ce qu’on vient de constater en Ukraine, à la frontière de la Pologne, se révèle un enseignement magistral de l’agir de la race blanche, face à l’autre. Imaginons-nous au temps des dinosaures… la nature dans sa mutation sauvage se déchaîne et c’est le sauve-qui-peut. La sainte paix du monde de la préhistoire est chamboulée dans son essence, les éléments se fracturent, les tonnerres, les volcans incandescents enflamment tout, c’est le branle-bas de combat. Les mastodontes, dans leur fuite, écrasent tout pour sauver leur carcasse. C’est la furie sauvage. Dans leur décampement désordonné, ils sont aveugles, et les plus petits éléments sont écrabouillés. Ils ne font pas de quartier. C’est le chacun pour soi. Une race doit survivre, celle du plus fort. Et, à la fin des fins, aucun n’a survécu. L’histoire ne retient que leurs noms, leurs empreintes et leurs squelettes, objets d’études des archéologues. 

Il n’y a aucune différence avec la présente panique en Ukraine, au moment où j’écris ces lignes. Pas de place pour les Nègres, les Indiens et les Arabes! Les bus, les trains, c’est pour les caucasiens aux yeux bleus. Idem à la frontière polonaise. Ne me demandez pas de m’émouvoir pour ces égoïstes! Comme les dinosaures, rien ne garantit qu’ils seront vivants demain; l’instinct animal, seul, leur dicte leur comportement.

Cet effrayant constat doit demeurer une leçon pour tous les Nègres du monde. Cette façon d’ouvrir nos bras au premier caucasien venu mérite d’être revisitée. D’ailleurs, notre gentillesse et notre naïveté légendaires nous ont déjà coûté des siècles d’exploitation sous les formes les plus abjectes. En conséquence, le colon a morcelé notre continent-mère en petites tranches de gâteau à distribuer aux «civilisés» (hic). Le temps est venu pour l’Africain de comprendre qu’il n’a été que le dindon de la farce à être bouffé à satiété. Réveillons-nous, frèreset sœurs! 

Aujourd’hui, la terre s’étrangle dans ses émotions quand elle constate cette automutilation entre les frères de race de l’Europe de l’Est. Avons-nous déjà entendu une telle clameur au dépeçage de l’Afrique? Jamais, au grand jamais! Avons-nous déjà entendu l’un des leurs dire un jour à la France : «basta, c’est assez, libérez une fois pour toutes les 14 pays africains que vous dépecez sans vergognepour vous assurer un semblant de bien-être?». Regardez la Libye! «Elle ne paie pas de mine aujourd’hui». Avez-vous décelé même une complainte des membres de l’Union européenne (UE) ou de n’importe quel autre forum politique à propos de cette destruction ciblée? Jamais! Les exemples sont légion. On pourrait remplir une encyclopédie noire avec les dénonciations de ces sévices vécus par les races «dites inférieures». 

Ne devons-nous pas faire nôtre cette leçon de choses, cette notion existentielle, que l’Européen ne vit que pour sa propre race? Pour lui, que vous soyez Noirs, jaunes ou beiges, vous êtes des Nègres, point barre! Cessons notre gentillesse proverbiale. Nous venons de le découvrir dans son naturel. Cessons de lui ouvrir nos bras, de lui montrer nos dents au premier salut. 

Toutefois, pour rééditer J. de La Fontaine, «ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés1». Néanmoins, nous devons nous souvenir de ces soldats polonais, de l’armée de Napoléon Bonaparte, en 1803, qui avaient viré casaque pour embrasser la cause des esclaves noirs de Saint-Domingue. Leurs descendances demeurent jusqu’à nos jours, d’authentiques Haïtiens. 

Tout n’est pas donc perdu!

 Max Dorismond


 Note

1 — «Les animaux malades de la peste» de Jean de La Fontaine

Saturday, January 30, 2021

La vie durant la Covid-19 et la peur d'être « Noirs / Bruns » en Amérique


Par Herve Gilbert

Après l’assassinat de Georges Floyd aux mains de quatre policiers blancs durant l’été de l’année dernière, Haïti Connexion Network a invité quelques-uns de nos jeunes « Haitian-American » à se pencher en quelques minutes sur l’histoire des « Noirs et Bruns » en Amérique. Oui, l'histoire des Noirs en Amérique, c'est l'histoire de l'Amérique. Et bien des fois ce n'est pas une belle histoire. Qu'est ce que la vie représente d'être « Noir ou Brun » aux États-Unis? 

Pour la circonstance, on a fait appel à nos jeunes universitaires évoluant dans plusieurs champs et à plusieurs endroits aux États-Unis et au Canada pour qu’ils viennent nous parler un peu de leur vécu quotidien  face à cette crise systémique. Malgré des signes d’avancées importants, les inégalités ethniques et raciales sont toujours très présentes sur le marché du travail américain et canadien selon les panélistes. En comparaison avec les « Blancs », les Afro-Américains ont deux fois plus de chances d’être au chômage, et lorsqu'ils ont un emploi, leurs revenus sont inférieurs de près de 25 %. De nombreuses raisons peuvent expliquer cette différence marquée: par exemple les normes culturelles sur le lieu de travail et les discriminations ethniques à l’embauche. 

La violence contre les « Noirs ou Bruns » était une pandémie bien avant l'épidémie de COVID-19. Les causes sous-jacentes ne sont pas le virus lui-même ou la crise économique qui en résulte, mais plutôt un déséquilibre de pouvoir et de contrôle. Aux États-Unis, l’épidémie de la Covid-19 a déjà fait près de 400 000 victimes en moins d’une année. Sans surprise, les Américains les plus touchés par cette maladie sont les minorités les plus pauvres. Mais ce qui interpelle vraiment, c’est le nombre impressionnant d’Afro-Américains contaminés par le virus. Les Afro-Américains sont particulièrement vulnérables face à l’épidémie du coronavirus, car ils ont plus de probabilité d’occuper des emplois mal payés, qui ne peuvent pas être effectués en télétravail et n’offrent ni assurance maladie ni indemnités en cas d’absence pour maladie. 

Tout cet effort de HCN pour rassembler ce bel échantillon de jeunes a été effectué dans le but de ‘colorer’ le passe-temps de son auditoire. Écouter les nouvelles à la télé, c’est bien, mais entendre parfois la voix de nos jeunes générations est encore mieux. Grâce à leurs réflexions sur les sujets de l’actualité, la pertinence de leurs réactions, les visuo -spectateurs auront l’occasion de mieux appréhender les expériences de ces jeunes qui au cours d’ un débat chacun d’eux y apporte son point de vue. Voilà pour notre auditoire, l’occasion de se faire une opinion plus réaliste de la vie des jeunes Noirs aux États-Unis.

Herve Gilbert


Life during Covid-19 and the fears of being Black/Brown in America

ou cliquez sur le lien suivant:

https://www.youtube.com/watch?v=lDPsnKE96CU&ab_channel=HerveGilbert