Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Thursday, August 10, 2023

France – Fini le temps de la prédation aveugle!

L'Afrique - le cauchemar qui enlève le sommeil à Macron
 


Par Max Dorismond


 



France! Ô France! Le temps passe et s’efface mais, pour toi, c’est le statu quo. Rien n’a changé. Pour vivre au-dessus de tes moyens, tu pilles, tu voles, tu assassines surtout les plus faibles. Je sais bien que tu fais partie de l’Europe, qui fut, par le passé, le continent le plus sauvage par ses prédations et ses pillages. Mais, s’il te plaît, dépose le marteau, l’Afrique n’est plus un clou, la victoire de la force ne saurait être toujours au rendez-vous. Ne sois pas le dernier des Mohicans! 

Le Mali, la Guinée, le Burkina Faso et, maintenant, le Niger te défient, en dégommant, sans coup férir, tes marionnettes. Le monde, nullement étonné, appréhende une réaction violente de ta part, vu la perte de tous les avantages qui t’échappent, l’espace d’un cillement. Réfléchis avant d’envoyer tes bombardiers. L’exploitation de l’autre ne saurait être éternelle. Il doit y avoir une fin. Et c’est maintenant. L’Afrique n’entend pas rire! 

Par ricochet, plusieurs nations ne te voient point dans leur plan, pour avoir chambardé l’ordre établi en escroquant les plus faibles sans remords, en amplifiant une immigration hors de contrôle, résultant de ta couardise en Libye, ayant conduit à l’assassinat du colonel Kadhafi et à la déstabilisation du Sahel. Au moment venu, malgré leur hypocrisie, elles te laisseront tomber. 

Nous l’avons perçu aujourd’hui dans les commentaires cinglants de la première ministre italienne, Giorgia Meloni à propos du Niger. (voir la vidéo). Tu as franchi les limites de l’acceptable au point de vue humanitaire. Ne vous êtes-vous jamais posé la question à savoir : pourquoi les djihadistes avaient-ils surtout ciblé l’Hexagone? 

La conférence: où est de Gaulle ? Absent !

Eh France! Chère France, la victoire ne te sourit plus depuis belle lurette! En faisant le tour de l’histoire, nous avons la preuve, dans les temps moderne, que tu as perdu plus de guerres que tu en as gagnées. La France héroïque, dont parle la rue, réside dans la littérature et dans le rêve des poètes. Souviens-toi de la débandade à Waterloo le 15 juin 1815, de la déculottée reçue aux mains des esclaves d’Haïti en 1803, de ta déroute surprenante en un mois devant l’armée d’Hitler en mai 1940, de l’obstination humiliante des trois puissances alliées qui refusaient de voir figurer De Gaulle dans la photo de la Conférence de Yalta, en février 1945, le portrait mythique des vainqueurs de la seconde grande guerre1, évoquant le destin des vaincus. Nous n’avons pas oublié la dégelée que tu as reçue à la guerre d’Indochine, les Vietcongs déterminés t’ayant foutu une raclée historique à la bataille de Diên Biên Phu, qui consolida ta défaite totale le 13 mai 1954 et, plus récemment, la résistance hors norme de la Syrie de Bachar el-Assad, face à tes ambitions, etc… 

En un mot, cette France, qui effarouchait et menaçait les plus faibles de l’Afrique, n’impressionne plus grand monde aujourd’hui. Face à une jeunesse instruite, bien imbue de l’exploitation démesurée de son continent, des abus sans commune mesure, des assassinats de 21 des présidents qui avaient osé s’opposer à tes desiderata, le temps est venu pour toi de choisir entre une guerre contre un continent entier et le risque de te retrouver sur le banc des renégats. 

Tous les autres colons d’autrefois avaient accepté de mettre bas les masques depuis les années 60 pour octroyer leur indépendance aux damnés de la terre. Toi, tu utilises les techniques les plus déroutantes pour arnaquer tes anciens sujets avec des astuces malhonnêtes, comme les oreilles de singe dénommées Franc CFA, le support militaire bidon, le droit de préemption ou droit de premier refus sur toute nouvelle matière première découverte, le remboursement pour Bienfaits coloniaux reçus, une réminiscence de l’indemnité qu’ Haïti avait dû payer durant plus de 100 ans. 

Hier encore, L’Allemagne dédommageait la Namibie, son ancienne colonie, pour exactions subies, en s’excusant au passage. France! Ô France! as-tu déjà pensé un jour à épeler ces deux simples mots : réparation et regret? 

À titre d’exemple contraire, je me permets de rapporter le cas du Botswana, une colonie britannique, très pauvre, qui avait découvert sur son territoire, une mine de diamant, quelques mois avant de signer son acte d’indépendance en septembre 1966. L’Angleterre la laissa partir, sans imposer quoi que ce soit sur sa nouvelle richesse. Dans ton cas, tu aurais sauté à la gorge de cette minuscule nation! 

Aujourd’hui, le Botswana demeure un exemple de réussite aux yeux de tous. Il exploite et contrôle ses pierres précieuses, sans interférence étrangère. Il n’est chapeauté par personne et se développe sans contrainte, sans armée anglaise dans ses talons, sans intrusion néocoloniale dans ses affaires. Aucun terroriste, aucun assassinat de président, aucun coup d’État ne colorent son horizon. Un film «A United Kingdom» a été réalisé en 2016 pour magnifier cette réussite. On peut le visionner en français sur Youtube. 

Dans le cas de la France, qui contrôle encore ses anciennes colonies, c’est le dénuement assuré. Si vous avez la chance, comme moi, de visiter ces places, vous allez tomber des nues. À part la Martinique qui demeure une contrée chanceuse avec un air d’opulence, en raison des Français qui s’y incrustent en masse, toutes les autres incarnent une vision tiers-mondiste où la misère crasse a élu domicile. La France vit au-dessus de ses moyens et rêve en couleur. Elle possède des territoires d’outre-mer, juste par folie de grandeur. 

En conclusion, ce triste constat m’autorise à penser que les anciennes colonies françaises sont condamnées à la précarité, à moins de l’émergence de nouveaux Spartacus, à l’instar de Toussaint Louverture ou de Dessalines. On peut toujours rêver! 

Max Dorismond

  – NOTE —

1 — La France n’a tout simplement pas été invitée à Yalta. Symboliquement, le pays n’est donc pas considéré comme un vainqueur. Un revers cinglant pour le général de Gaulle, qui espérait redonner à la France son rang de grande puissance en se plaçant en position d’arbitre entre les Alliés américains et britanniques d’une part, et les Soviétiques d’autre part. Amer, il ruminera, dans ses "Mémoires de guerre": Qu’on s’abstint de nous inviter me désobligeait sans nul doute, mais ne m’étonnait aucunement." (Src. : Journal L’OBS du 16 juillet 2015 par Renaud Février).

Friday, May 12, 2017

Quand Farida Nabourema d’Afrique sort ses griffes…

Par Max Dorismond

Farida Nabourema
Vous croyez connaître toutes les horreurs de l’esclavage en référence à vos lectures passées.  Détrompez-vous. Le texte ci-dessous, une réponse de Farida Nabourema, 24 ans, à la jeune députée du Front national,  Marion Maréchal-Le Pen, aussi, 24 ans, ne vous laissera pas indifférent.

Lors d’une interview télévisée en décembre 2013, la députée française, nièce de Marine Le Pen, a eu à déclarer que : « Dans nos colonies, nous n'avons jamais appliqué l'Apartheid. On peut en faire une fierté ». Il n’en fallait pas plus pour piquer au vif, la jeune togolaise, Farida Nabourema. Elle a extrait de ses souvenirs un texte époustouflant de vérité pour apporter une leçon d’histoire à la belle Maréchal qui doit sans doute la remercier de tout son cœur.

Après sa lecture, une lancinante question viendra troubler votre quiétude, à savoir : « avions-nous été colonisés par des chiens enragés ? ». En effet, vous aurez la certitude qu’on vous avait caché toute la réalité de la souffrance de vos ancêtres, tant les faits révélés sidèrent. Et pourtant, selon ce que nos historiens nous avaient décrit, nous demeurons avec la nette impression que la colonisation française en Haïti fut une excursion de santé dans les campagnes de chez-nous au temps des mangues au mois de mai. Tandis que, en Afrique, c’est bien écrit dans le texte, la férocité des cruautés qu’avait enduré les nègres aux mains des Français, les poussèrent à prendre la fuite dans les colonies anglaises pour prier ces derniers de les accepter comme leurs esclaves. L’option du choix de la moindre des deux souffrances. Hélas ! Cette logique dépasse notre entendement. C’est un très long texte. Il sera sectionné en deux parties pour vous permettre de vaquer à vos occupations.
            Bonne réflexion.
MD.

Droit de Réponse à Marion Maréchal Le Pen

Par Farida Nabourema

Mlle Marion Le Pen, je souhaiterais avant tout vous informer que la France ne possède plus de colonies à moins que vous ne désigniez par-là la Corse ; ce dont je doute. Depuis de nombreuses années que je tombe à chaque fois par hasard sur les déclarations des membres de votre parti le Front National, et plus précisément de ceux de votre famille à savoir votre grand-père Jean-Marie Le Pen et votre tante Marine Le Pen, je n’ai jamais jugé bon de répondre aux multiples inepties que vos proches ont tendance à pondre. Mais cette fois, suite à votre déclaration incongrue qui sans nul doute affiche votre ignorance béante de ce pays que vous prétendez représenter à l’Assemblée Nationale, j’ai décidé de vous répondre car je n’ose pas croire que vous êtes une imbécile pour vous répondre par mon silence comme j’en ai pris l’habitude avec votre tante Marine. Mlle Marion Le Pen, par cette déclaration "Dans nos colonies, nous n'avons jamais appliqué l'Apartheid. On peut en faire une fierté » que vous aviez faite sur BFM TV le 16 Décembre dernier lors d’une émission au cours de laquelle vous sembliez rendre hommage à Nelson Mandela, ce monsieur que votre « papy Jean Marie » traitait affectueusement de «terroriste » dans les années 80, vous ne m’avez point choqué car je sais que la France dans laquelle vous aviez grandi ne vous a jamais apprise dans ses écoles, les horreurs qu’elle a commises dans ses anciennes colonies. Vous êtes de cette génération à qui la France ment et à qui la France cache son linge sale que vous avez pourtant le devoir de laver afin de réduire le degré de haine et de dégoût que ressentent ceux-là que votre pays dont vous êtes si fière, a humiliés, déshumanisés, torturés, exploités, opprimés, réprimés et continue de martyriser.

Comment pouvez-vous laver le linge sale de votre chère France si durant toute votre vie, les gens comme votre grand-père qui avaient soutenu l’Apartheid ont passé leur temps à vous faire croire que la France n’a fait qu’aider les « autres » à se « civiliser ». Oui, la civilisation de la sauvagerie et de l’avilissement !

Marion Le Pen
Mlle Le Pen, à 24 ans, vous êtes la plus jeune député de la France et étant votre cadette de quelques mois seulement, je peux donc conclure que vous et moi sommes de la même génération et pourrai alors dire qu’à cet âge et avec le poste que vous occupez, vous devriez connaître la vraie histoire de votre pays la France. Si et seulement si vous eûtes fait preuve de moins de paresse intellectuelle en ne vous contentant pas que des histoires que vous racontent « Papy Jean-Marie » mais hélas ! Je vais donc vous rendre un très petit service en parcourant avec vous quelques-unes des politiques de la France dans ses anciennes colonies qui étaient pies que l’Apartheid en Afrique du Sud.

Avant tout, laissez-moi vous rappeler que vos ancêtres font partie de cette espèce d’êtres humains qui ont jugé noble d’acheter, de vendre d’opprimer et de massacrer d’autres êtres humains. Le Code Noir qui désigne l’ensemble de textes juridiques codifiant la vie des esclaves noires dans les anciennes colonies françaises (Indes françaises) est ordonné par le roi Louis XIV en 1685. Dans ce code, l’un des rois les plus adulés des « français de souches » comme vous Mademoiselle, a tout simplement animalisé les Noirs (pratique que des membres de votre partie telle qu’Anne-Sophie Leclerc continuent) et dénigré d’autres peuples pour le simple fait que ceux-ci avait une couleur de peau ou pratiquaient une religion différente de la vôtre . L’article 1er du Code Noir nous dit : « Voulons que l'Édit du feu roi de glorieuse mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles ; se faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d'en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. »

Le Code Noir chère Mlle Le Pen est le fondement même des systèmes de ségrégation raciale et raciste comme l’Apartheid et l’on peut dire que les Boers d’Afrique du Sud se sont inspirés de la cruauté de vos ancêtres pour établir une version beaucoup plus diluée du Code Noir en Afrique du Sud. De la même manière que les Noirs étaient interdits de se regrouper durant l’Apartheid. Le Code Noir stipule dans son article 16 : « Défendons pareillement aux esclaves appartenant à différents maîtres de s'attrouper le jour ou la nuit sous prétexte de noces ou autrement, soit chez l'un de leurs maîtres ou ailleurs, et encore moins dans les grands chemins ou lieux écartés, à peine de punition corporelle qui ne pourra être moindre que du fouet et de la fleur de lys. Et, en cas de fréquentes récidives et autres circonstances aggravantes, pourront être punis de mort ».

En Afrique du Sud, bien que les Noirs fussent extrêmement sous-payés, ceux-ci recevaient quand même une compensation aussi infime soit elle pour leur travail et avaient le droit d’exercer certaines petites activités commerciales. Mais dans l’article 18 du Code Noir Mlle Le Pen, il est dit ceci : « Défendons aux esclaves de vendre des cannes de sucre pour quelque cause et occasion que ce soit, même avec la permission de leurs maîtres, à peine du fouet contre les esclave, de 10 livres tournois contre le maître qui l'aura permis et de pareille amende contre l'acheteur ». Car vos ancêtres voulaient absolument éviter que les Noirs ne disposent de ressources financières qui risqueraient de leur permettre d’acheter leur liberté à leurs maîtres comme c’était le cas dans certaines colonies britanniques et portugaises.

Dans les anciennes colonies françaises, les esclaves ne pouvaient même pas rêver acheter leur propre liberté. Durant la période de l’esclavage, de nombreux historiens révèlent que plus d’un million de Noirs ont été massacré dans les colonies françaises seules. Vous me répondrez peut être que la République Française et plus précisément la 5ème République du héros Charles De Gaulle n’a rien à avoir avec cette France esclavagiste. Et bien c’est vrai ! Votre 5ème République Française est pire que la France de Louis XIV : elle est la France de la barbarie pure et simple. Mlle Le Pen, serez-vous toujours fière de votre chère France en apprenant que celle-ci a massacré froidement et sans remords 120 mille camerounais en trois ans, de 1959 à 1962 pour le simple fait que ceux-ci ont réclamé leur droit le plus inaliénable qui est celui de l’auto -détermination ?

Je n’invente pas les chiffres car c’est le journaliste du Monde André Blanchet qui le dit suite à ses enquêtes alors que les camerounais quant à eux parlent de plus de 200 milles morts. En Algérie, il fut question de 700 mille morts durant cette guerre coloniale que la France niait jusqu’en 1999 et qu’elle désignait affectueusement par « événements d’Algérie ».

Au cours de la guerre d’Algérie, la France de De Gaulle avait créé des camps de concentration qu’elle avait rebaptisé « camp d’internement » dans lesquels elle torturait et abattait sauvagement les arabes qu’elle y emprisonnait. Des milliers de jeunes filles pour la plus part des adolescentes ont été arrachées à leurs parents qui furent exécutés et réduites en esclaves sexuelles que les soldats français que votre 5ème République a fièrement décoré plus tard, violaient passionnément et collectivement. Certaines des survivantes raconteront plus tard qu’elles étaient violées par au moins 100 soldats en une seule journée. De nombreuses tombèrent enceinte et eurent des «enfants sans père » qu’aujourd’hui vos camarades appellent amicalement « la racaille ».
 
Marion Marechal-Le Pen est la
nièce de Marine Le Pen.          
Mlle Le Pen, comparer l’Apartheid aux bestialités de la France dans ses anciennes colonies est comme comparer une gifle à une décapitation. Loin de moi l’intention de minimiser les exactions du régime de l’Apartheid contre les Noirs d’Afrique du Sud ou encore moins de justifier l’Apartheid mais il est important que je vous apprenne que votre France dont vous êtes si fière fut et continue d’être l’une des puissances impérialistes les plus cruelles de l’histoire de l’humanité. Dans mon pays le Togo, durant la conquête coloniale, les soldats français ont coupé les deux pouces à l’aide d’une hache, aux guerriers de l’ethnie Konkomba qui résistaient à l’occupation française munis leurs arcs et flèches. Mlle Le Pen, s’il vous est difficile d’imaginer la douleur que ces milliers d’hommes ont ressentie, je me propose de vous faire cette expérimentation mais malheureusement j’ai peur d’abîmer vos maigres doigts qui n’ont sûrement jamais tenu une houe et un coupe-coupe de leur existence.

C’est avec ces outils rudimentaires que des millions d’Africains ont cultivé des centaines de milliers d’hectares de force pour épargner la famine à votre peuple avant, pendant et après les deux guerres mondiales et la crise économique de 1929 qui ont rendu la France plus pauvre et plus féroce et qu’elle ne l’était déjà .Votre pays la France a établi après l’abolition de l’esclavage et bien entendu du Code Noir, un autre code cordialement appelé « Le Code de L’Indigénat ». Ce code qui fut adopté en Juin 1881 et imposé aux peuples des colonies françaises en 1887, « distinguait deux catégories de citoyens : les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français (les indigènes). »

Ce complexe de supériorité qui régente votre peuple et que votre parti ne cesse de témoigner à travers ses discours provocateurs vous donne le droit d’appeler les autochtones des pays que vous êtes partis piller, des « indigènes ». Ce code de l’indigénat réduisait de nouveau les Noirs à l’esclavage ; rebaptisé en « travaux forcés ». Dans les anciennes colonies françaises, les Noirs devaient travailler de force pour la France sans compensation aucune. Certains avaient le devoir de cultiver le café, le cacao, le coton et autres produits agricoles qui ne peuvent jamais germer sur votre pauvre sol français. D’autres devraient quant à eux construire les chemins de fer et les wharfs qui devraient permettre à la France d’exporter les produits qu’elle volait aux colonies et d’autres enfin, devraient servir les administrateurs de colonies comme hommes de chambres, cuisiniers, vaguemestres, coursiers etc. La punition était les coups de fouet, l’amputation, ou la mort pour ceux qui voulait résister à la bestialité française.

Entre 1908 et 1909, plus de 1500 « infractions » au Code de l’Indigénat ont été réprimées au Congo-Brazzaville seul et « en 1928, Albert Londres journaliste au Petit Parisien » découvre que la construction des voies ferrées ou les exploitations forestières provoquent un nombre effroyable de morts parmi les travailleurs africains du Sénégal au Congo et dans son article il écrira ceci : « Ce sont les nègres des nègres. Les maîtres n'ont plus le droit de les vendre. Ils les échangent. Surtout ils leur font faire des fils. L'esclave ne s'achète plus, il se reproduit. C'est la couveuse à domicile. »

La répression dans les colonies françaises était si aiguë que des millions de personnes ont fui leurs villages pour s’installer dans les colonies britanniques. Robert Delavignette haut fonctionnaire, directeur de l’Ecole de la France d’outre-mer et spécialiste des questions coloniales a rapporté la migration de plus de 100,000 Mossis de la Haute Volta (actuelle Burkina Faso) à la Gold Coast britannique (actuel Ghana). Le journaliste Albert Londres quant à lui, révéla aussi que plus de 600,000 personnes ont fui les colonies françaises d’Afrique de l’ouest vers la Gold Coast et plus de 2 millions ont fui les colonies d’Afrique centrale et une partie de l’Ouest vers le Nigeria qui était aussi une colonie britannique. La barbarie inouïe des colonisateurs français était insupportable aux « indigènes » qui ont préféré la domination britannique à la domination française. Ne dit-on d’ailleurs pas « qu’entre deux maux il faut choisir le moindre ? »

Cependant, notez-bien Mademoiselle que la cruauté de cette France dont vous êtes si fière ne s’est pas arrêtée là. Afin de combler le vide dans ses colonies que les populations désertaient du faite de sa répression intense, la France « exportait » de force, comme des troupeaux, les Africains d’un pays à un autre pour les faire travailler dans ses plantations. Des milliers de personnes ont été parachutées de la Cote d’Ivoire à la Centre Afrique, du Sénégal au Congo et j’en passe. Et quand ces dernières se sont décidées à obtenir leurs liberté de la France et à mettre fin à leurs exploitation, domination, oppression et répression, la France les a massacré comme au Cameroun, en Algérie ou encore au Madagascar ou plus de 100,000 Malgaches ont été massacrés par les soldats français suite à leur soulèvement en 1947.

Mlle Le Pen, je peux écrire 1000 tomes d’un livre d’1 million de pages chacun pour vous relater la politique nauséabonde de votre chère France dans ses anciennes colonies. Je peux également passer des années à réciter les exactions commises par votre adorable France dans ses anciennes colonies qui surpassent de très loin ce que les Noirs d’Afrique du Sud ont connu avec les Boers. Je peux peindre du sang des dizaines de millions personnes que la France a bombardées, fusillées pendues, trempées dans le l’acide, brûlées vif, décapitées, enterrées vivant, chacun des millions de murs en France et toujours manquer de place pour y peindre les larmes qu’ont fait coulé et continue à faire couler votre France dans ses anciennes colonies.

Et pour finir, notez pour votre gouverne que les Mandela de ces anciennes colonies à savoir Toussaint Louverture, Sylvanus Olympio, Ruben Um Nyobé, Barthélémy Boganda, Félix Moumié, Outel Bono, Modibo Kéita, Marien N’Gouabi, Ali Soilih, Mahamoud Harbi Farah, Germain Mba, Aline Sitoé Diatta, Thomas Sankara pour ne citer que ceux-là ont été exécuté par cette France dont vous êtes si fière. Ne venez surtout pas Mademoiselle remuer le couteau dans notre plaie qui refuse de guérir parce que des ignares se permettent à chaque fois de débiter des sordidités comme vous le faites.

Source : Farida Nabourema

Wednesday, November 30, 2016

Haïti : Quand une mine d’or signifie la mise à mort d’une nation !

Haiti a du pétrole, de l'or et de l'iridium

Au cours d’une émission de radio en Floride, un ami me rappela à brule-pourpoint que les Occidentaux exterminèrent les premiers habitants d’Haïti, les Indiens dits Indiens par Christophe Colomb, pour pouvoir mieux voler leurs richesses minérales, particulièrement de l’or. Ensuite, la publication de l’article de l’ « Associated Press » sur la découverte de l’or en Haïti, gisement estimé à plus de 20 milliards de dollars, nous prend à la gorge. Une révélation pareille donne à la fois des sueurs froides aux patriotes haïtiens et du grincement de dents aux exploiteurs occidentaux. Les richesses minérales ont été toujours à la base de beaucoup de génocides de l’histoire. Ainsi, l’extermination des Arawaks/Taino, les natifs d’Haïti. D’après des sources espagnoles de l’époque, ils étaient des millions en Hispaniola. En 1507, un recensement fit état de 60.000 Indiens restant, après 24 ans, soit en 1531, ils étaient réduits à une poignée de 600. Aujourd’hui, il n’en reste que des vestiges archéologiques.  Un tel constat révèle la cruauté impitoyable des conquistadores. Ce fut la première expérience barbare liée directement à l’exploitation de l’or à laquelle les habitants d’Haïti firent face, c’était au 16e siècle. L’or s’achemine vers L’Europe et  les natifs, vers le néant.

Haïti n’a pas beaucoup de chances quand il y a « ruée vers l’or ». D’après l’historien J.A. Rodgers, Toussaint Louverture, dans sa quête de libération pour ses frères en Afrique, rêvait d’y retourner. Une fois là-bas, il entendait empêcher le commerce des noirs qui se pratiquait à grande échelle. Ainsi, il confia beaucoup de franc-or à Mr Stephen Girard, un capitaine de bateau américain d’origine française, qui mouillait fréquemment dans la rade de Port-au-Prince, un ami à lui. L’objectif de cette entreprise, toujours selon Mr Rodgers, fut d’accumuler une forte quantité d’or pour pouvoir  matérialiser financièrement son projet contre la traite négrière. La valeur de cet or  fut estimée à plus de 6 millions de dollars américains. Tout ceci est reporté dans le livre : « 100 Amazing facts About The Negro ». Après l’acte vil de Napoléon qui piégea Toussaint Louverture et l’envoya en France, Stephen Girard décida de conserver l’or pour lui-même au lieu de le remettre aux enfants et à la femme de celui-ci après son internement à Fort-de-Joux, en France. A rappeler ici, que la femme de Toussaint fut humiliée, torturée atrocement par les bourreaux de Napoléon à la recherche de l’or caché du mari. 

En 1812, Stephen Girard fut l’homme le plus riche des États-Unis d’Amérique. Quand en 1813, le gouvernement américain était au bord de la faillite et risquait de perdre la guerre face à l’Angleterre. Ne pouvant collecter les 10 millions de dollars requis, Stephen Girard, à lui seul, prêta 5 millions de dollars au gouvernement, soit la moitié de ce dont il avait besoin. Donc, la richesse volée de Stephen Girard d’Haïti fut mise au service des États-Unis lui permettant de gagner la guerre cruciale contre l’Angleterre, la dernière. Ensuite, il construisit « Girard Collège » à Philadelphie, d’où aucun homme ou femme de peau noire n’était admis. Il fallut attendre jusque dans les années 70 pour que le gouvernement impose l’accès au collège à tout un chacun, sans tenir compte de la couleur de leur peau.
En 1914, les Américains envahirent le pays. Ils firent un hold Up à la banque de la république d’Haïti et emportèrent la réserve d’or nationale.  Ils occupèrent le pays pendant 19 ans. Aujourd’hui encore, l’or de « Tonton Nord » se trouve toujours dans les réserves stratégiques fédérales des États-Unis d’Amérique.
Un explorateur se tient près du puits d'une mine datant
du XVIè siècle. Photo:Florida Museum of Natural History

Dans ce contexte particulier de crise économique aiguë, l’or s’impose mondialement comme le moyen le plus sur de conserver la richesse. Parce que tout est instable. Les secteurs clés de l’investissement-comme l’immobilier qui générait rapidement d’énormes profits et les stocks sont en lambeaux. L’or est actuellement le refuge privilégié des nantis. Cela explique que l’once d’or coute plus de 2000 dollars américains sur le marché international. En une année, il a subi une augmentation de 15%. Voilà dans quel contexte de grande convoitise qu’est arrivée la découverte de l’or en Haïti. D’abord, considérons les réserves d’or mondiales pour permettre de comprendre le danger qui guette Haïti.

Le Canada qui assure les explorations minérales sur le terrain en Haïti depuis 2006, à travers la compagnie EMX, affiche un certain retard sur la liste des pays détenteurs d’or. Le Canada est en 80e position avec seulement 3.4 tonnes de réserve. Donc, dans un contexte économique et financier mondial pareil, ce pays a besoin de beaucoup d’or pour renflouer sa réserve. D’ailleurs,  il n’est pas le seul, d’autres géants économiques emboîtent le pas aussi. Les États-Unis qui contrôlent la plus grande réserve d’or de la planète, en première position avec 8133,5 tonnes, s’activent beaucoup aussi sur le marché de l’or. A noter que, les États-Unis prirent des 1933 un arrêté l’« executive order 1602 » mettant hors la loi tout citoyen susceptible de posséder de l’or. Seul le gouvernement fédéral fut autorisé à en garder. Pour préserver plus de 12 milliards de dollars en or, Franklyn D. Roosevelt a ordonné la construction à Fort Knox, Kentucky, du coffre-fort  le plus sécurisé au monde jusqu’à nos jours. Le « United States Bullion Depository », il est placé en plein cœur de l’un des plus grands camps militaires du pays. Il est surveillé jour et nuit par plus de 30.000 soldats appartenant a : « l’aéroport militaire de Godman», « 16th régiment de cavalerie », « Bataillon du génie », l’« Equipe de combat de la 3eme brigade », la «  1ere division d’infanterie »…sans oublier : « United States Mint Police », des systèmes d’alarme, des caméras de vidéo, des hélicoptères apaches, des véhicules blindés de transport de troupes …On parle même de minage à intervalle de certains tronçons conduisant au bâtiment. Donc, l’or, contrairement à la croyance populaire a une importance supérieure à l’admiration illusoire que fait miroiter un bracelet, une bague ou une chaine…


A Lakwe, dans le nord d'Haïti, l'orpailleuse extrait des
sacs de glaise dans un puits, elle espère trouver de l'or
Haïti,  ce même bout de terre qui absorba le sang tout chaud de ces milliers innocents Indiens, hommes, femmes et enfants, aujourd’hui excite également  l’appétit mercantile des empires. Cette fois, la république d’Haïti est habitée par des hommes et femmes noirs, originaires de l’Afrique. Ces mêmes individus qui remplacèrent les premiers habitants exterminés, il y a six siècles de cela. Ils sont plus de dix millions. Eux, les Haïtiens, qui fondèrent une nation sur ce bout de terre au prix de hautes luttes et de sacrifices ultimes sont dans le point de mire  de ces mêmes exterminateurs au 21e siècle.
  Ils sont de retour !
 Ils sont du même sang !
 Ils viennent de l’Europe !
Le Canada et les États-Unis remplacent respectivement  l’Espagne et l’Angleterre; c’est-à-dire, la même fresque épidermique de Caucasiens aux yeux bleus/verts qui se disent issus d’une race supérieure. Perpétuellement, avec la même rapacité, c’est-à-dire la même soif ardente de voler et de tuer pour s’accaparer de tout. Toujours l’identique stratégie de diviser pour mieux régner : tribaliser la nation en parachutant un valet au pouvoir et morceler tout un continent par zones d’intérêts. Le trio infernal, États-Unis/France/Canada, à  l’instar de celui du 15e siècle-le trio France/Angleterre/Espagne, se prépare pour le deuxième grand pillage d’Haïti, voir l’extermination de ceux qui résistent.
A l’heure de l’alerte du grand drame humain se joue la tragédie de la « chronique d’une mort annoncée ». Beaucoup de penseurs estiment qu’il faut exorciser les peuples victimes de l’histoire. En  leur enlevant leur innocence. Il faut les réveiller de ce profond sommeil injecté par l’ordre mondial sur mesure. C’est l’heure de grands réquisitoires et de véhémentes dénonciations. Sinon, c’est la défaite qui  nous consumera. Cette fois, il faut anticiper l’histoire pour l’imposer a notre humanité. Elle est trop cruelle envers nous, dirait l’auteur de « Les Veines Ouvertes de L’Amérique ». Il faut arrêter les tours et contours meurtriers de l’histoire. Cette dualité de bourreaux et victimes, agresseurs et proies touche à sa fin. Que l’or d’Haïti soit la sépulture des exterminateurs des Indiens.


Christophe Colomb et ses hommes ont souvent échangé
des babioles et des cloches contre des pépites d'or.      
Il y a six siècles de cela, les occidentaux firent disparaitre toute une classe d’hommes et de femmes. Il n’y avait pas eu de transition entre les Arawak/Tainos, les premiers habitants d’Haïti, et les noirs arrachés de leurs royaumes africains. Cela signifie que l’Ile d’Haïti avait vécu le premier nettoyage ethnique de l’hémisphère occidental. 
En écoutant le documentaire audio de « Ayiti Je Kale », on a l’impression que le peuple, appuyé par ses intellectuels progressistes, se prépare déjà à la résistance nationale. Le gouvernement actuel, par son manque de légitimité, est appelé a ne pas négocier aucun contrat avec « EURASIAN », « NEWMONT » etc, les principaux pillards internationaux des mines. D’ailleurs, Dieuseul Anglade, un ancien directeur général du bureau des mines, a déjà exhorté les autorités actuelles dans ce sens, et je cite : «  Je leur ai dit de laisser les minerais sous terre les générations futures pourront les exploiter ». La nation d’Haïti est condamnée à ne pas manquer cet autre rendez-vous. Celui-là est fondamental parce qu’il s’agit des ressources naturelles nationales du pays.
Hugo Chavez, en commentant sa dernière visite en Haïti devant le parlement vénézuélien tout de suite après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, a avoué avoir vu dans le pays des « Portes de l’enfer habitées par des anges noirs ». Donc, le moment est venu de briser ses portes de l’enfer en utilisant nos propres ressources et combattre le grand capital financier international toujours prêt à piller. Sans pourtant ignorer la complexité de la situation globale du pays.
A Lakwe dans le nord d'Haïti, cette orpailleuse espère
trouver de l'or dans cette eau boueuse.                     
Nous faisons face à un appareil d’état vassalisé au profit de l’intérêt économique, politique et social des pays, curieusement autoproclamés « amis d’Haïti ». Cette réalité me renvoie étrangement en 1929 quand le commandant des US marines en Haïti, Mr John Russel, expliqua que Louis Borno, président d’alors d’Haïti, « n’a jamais pris une seule décision sans me consulter au préalable». En 2012, tous les pouvoirs d’état sont assujettis. Le président et sa femme sont de nationalité américaine et considérée comme les chouchous de Bill Clinton, ex-président des États-Unis. On a un chef de gouvernement, Laurent Lamothe, qui regarde tout comme une marchandise. Il est un multi millionnaire dans le domaine de la télécommunication, qui voit profit en tout et partout. Les parlementaires haïtiens, à part quelques exceptions notables se font tristement célèbres dans des scandales financiers et politiques en permanence. Le pouvoir judiciaire est totalement acquis à la cause de l’exécutif. En face d’une réalité aussi décevante, la défense de l’intérêt national tombe automatiquement sous la responsabilité directe des citoyens.
D’abord, en considérant le caractère valet de l’exécutif et puéril du législatif, il est impérieux qu’ils n’engagent pas le pays dans des accords avec des compagnies étrangères pour l’extraction de l’or. Ce déficit de confiance doit être résolu avant de penser à l’utilisation des mines nationales. Pour cela, il faut avoir des hommes politiques patriotes aux affaires, pour éviter que soit gaspillée cette chance ultime. D’où l’importance des élections à venir.
Par :Joël Léon

Friday, August 5, 2016

C'EST LA FAUTE A VOLTAIRE

 
Par Rodrigue ADRIEN rodrigueadrien33@gmail.com
Nos ancêtres pensent depuis le siècle des lumières ayant vu l’éclosion d’idées rédemptrices des valeurs humaines. La révolution haïtienne est fille de la révolution française dont les idées directrices étaient en gestation chez Descartes, Voltaire, Rousseau, Kant, Montesquieu et autres. Nous ne pensons pas d’hier, la diffusion des lumières dans les abysses où l’on a confinés l’homme pendant longtemps remonte au 18e siècle, l’époque annonciatrice de toutes les révoltes menant à la liberté pleine et entière. La liberté n’est pas qu’un concept,c’est une réalité pour l’homme moderne revendiquant la vie autrement. L’homme moderne est celui dont les idées ont accouché le nouveau monde. La réalité d’aujourd’hui résulte du rêve suscité par le constat de l’absurde de la condition humaine. C’est en vue du sens et de la clarté à l’horizon que l’homme se dénoue des chaînes de la caverne pour penser le possible. La découverte du vrai est un pas vers la libération de l’esprit dont la finalité est la déconstruction de ce qui est en vue du pas-encore.

Ø Nous devons notre progrès aux agissements des anciens pour l’obtention des droits constructeurs d’humanité, des lois édificatrices des institutions en vue du maintien de l’ordre républicain et de la propagation des lumières dans les couloirs où s’éteignent les valeurs rédemptrices, de dignité, demounité et de liberté. La révolution française est universelle, du fait même qu’elle a permis aux esclavagisés et marrons de se ressaisir pour embrasser la cause de la liberté, l’égalité et la fraternité, humainement défendue pendant les deux siècles écoulés. C’est aussi la faute à Toussaint Louverture d’avoir préparé les esprits au soulèvement créateur de liberté et de paix. Ayant pris goût au sel de la liberté, les esclavagisés c’est-à-dire ceux-là réduits en situation d’esclavage  et de révolte, ne sont pas restés sur leur faim. Ils ont marché jusque vers les hauteurs pour combiter et mijoter les recettes préparatrices de la révolution ayant accouché l’Haïti libre, laïque, et démocratique dont la gestion a conduit au carrefour devant être encore traversé afin de trouver le chemin vers nous-mêmes.

Ø  C’est la consolidation des acquis de la révolution de 1804, de la déconstruction de la structure étatique, d’une refondation de la nation, que naîtra le nouveau bureau dont la mission est de redécouper l’espace physique, redéfinir les concepts empruntés de l’occident pour construire le nouveau système. Les Haïtiens se sont égarés de la route historiquement tracée, mais ils n’ont pas encore perdu de vue le chemin vers eux-mêmes. Il suffit d’un pas vers l’entente et la réconciliation pour que l’horizon vers l’ordre, la démocratie et le progrès s’éclaircisse. Le PANORAMA rêvé se construit en se désenchantant avec le paysage désuet, chaotique et décadent. C’est en projetant un autre regard sur nous-mêmes qu’on s’implante le nouveau décor.

Ø C’est en déconstruisant qu’on construit, en redéfinissant qu’on définit, en questionnant qu’on répond. Le plus difficile à faire est la démarche visant le rassemblement des valeurs et des forces du Lakou en vue de la synergie transformatrice des idées de changement en gestation depuis le mouvement 46 et la relance de 1986. L’échec constaté dans nos actions concluantes s’explique de notre incapacité à composer avec nos amis d’outre-mer et nos frères du territoire pour donner forme au nouveau contenu haïtien. 
      
    Le manque de méthode et de vision concertée et partagée sur la réalité haïtienne, la carence de rigueur et de discipline dans l’application de la théorie et de l’exécution du projet, l’économie de l’audace et de la pertinencenous acculent à nous river au superficiel au lieu d’oser nous dépasser pour arriver à l’essentiel. L’incertitude caractérise la gouvernance démocratique et laïque, dans le cas précis d’Haïti. Dans ce climat, la stabilité politique et la pérennité économique ne peuvent être que consensuelles. La croissance est périssable, malgré les aléas programmés par la conjoncture. Si les protagonistes se résolvent à mutualiser leurs efforts et à converger leurs projets, on ne peut s’attendre qu’aux exploits. C’est la mauvaise foi, le manque de vision et le manque de respect pour les gouvernés qui provoquent l’incertitude dans le paysage politique haïtien.

Ø  C’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Toussaint Louverture, plus près de nous la faute aux instigateurs du mouvement 46 et les protagonistes de la relance de 1986, notamment ceux-là dont les idées ont influencé et préparé les esprits d’aujourd’hui : « Jean-Bertrand Aristide, Leslie François Manigat, Gérard Pierre Charles,Laënnec Hurbon, Leslie Péan, Michèle Duvivier Pierre-Louis, Judy C. Roi, Camille Chalmers, Jean claude Bajeux, Micha Gaillard, Bérard Cénatus, Marc L. Bazin, Suzy Castor, Victor benoît, Serge Gilles, Pierre Buteau, Yves Dorestal, Lionel Trouillot et tous les artistes, penseurs et combitistes de la génération montante. Quels autres noms correspondants aux visages de héros ou d’avant-gardistes  calqué sur l’imaginaire conjoncturé par nos besoins pour nous inspirer et nous conduire vers l’autre chemin de l’itinéraire tracé par nos prédécesseurs, les circonstances aidant. Nos actions concorderaient à notre ascension, si nos rêves étaient à la dimension de notre parcours légendaire dans l’histoire mondiale. Les élites et nos amis et frères sans frontières, ayant l’aval des masses nécessiteuses, ont la légitimité de décision du prochain tournant historique, économique et politique en anticipant par l’application d’une nouvelle recette en vue d’un autre horizon où convergent les visions de ceux du nord et du sud pour la reconfiguration de l’état-nation arc-en-ciel. De ce brassage, naîtra indubitablement l’haïtien authentique, visionnaire, honnête, sérieux à même de cogiter, de transcender et de construire au lieu de liquider au gré des données dictées par le quotidien.


Ce texte m’a été inspiré par des amis européens


A l’institut Français d’Haïti en Décembre 2014

Par Rodrigue ADRIEN rodrigueadrien33@gmail.com

Illustrations: HCC