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Sunday, March 8, 2020

JE VOUS EMBRASSE FEMMES DE MA COMMUNAUTÉ DES NOIRS

JE VOUS SALUE, FEMMES DU MONDE


JE VOUS EMBRASSE FEMMES DE MA COMMUNAUTÉ DES NOIRS


Par Mireille Jean-Louis

Mireille Jean-Louis
À l’occasion de cette journée dédiée aux droits des femmes un peu partout sur la planète, je lève mon chapeau à nous toutes les femmes, pour notre courage et notre détermination à rendre notre monde meilleur.
Alors que nous luttons constamment pour que nos enfants et particulièrement nos jeunes filles et nos jeunes femmes soient en sécurité, c’est souvent un proche qui vole leur innocence et même leur vie.
Nous livrons bataille à un système, à une société qui refusent de nous venir en aide quand nous sentons, voyons et palpons l’épée qui pend sur notre tête.
Nos proches ne nous croient pas, le corps policier nous demande des preuves que nous sommes incapables de produire, nos amis pensent que nous sommes devenues paranoïaques ou folles même, alors que nous et nos bourreaux savons que la menace est bien présente et réelle.
En cette journée de réflexion, de mobilisation, du décompte des enjeux, des problématiques et des gains réalisés dans le monde par et pour les femmes, je nous salue.
Femmes de mon pays Haïti, femmes de ma communauté des noirs éparpillées un peu partout dans le monde, je vous embrasse très fort.
Celles de mon pays, Haïti ne savent plus comment se battre contre l’insécurité, les viols, la misère et tout le reste...

Et pourtant ces femmes-roseaux continuent de lutter et continuent d’espérer en un lendemain meilleur pour le pays, pour elles et pour leurs enfants.
Nous sommes nombreuses à faire fonctionner les différentes sphères de notre société d’accueil, pourtant nous sommes sous-représentées et même oubliées lors de  représentations et manifestations visant à souligner cette journée.
Dire que nos jeunes filles et nos jeunes femmes ont besoin de modèles pour s’épanouir et avancer.




Beaucoup de nos jeunes, qui ont vu le jour de l’autre côté du fleuve ne connaissent que leur terre, le Québec, mais elles continuent de réclamer le nom de leur pays.
En emploi, nous sommes surveillées plus que les autres, épiées même, nos différences culturelles s’appellent problèmes de comportement, sans oublier que certains ont de sérieux problèmes de comportement, peu importent leurs origines.
On nous exige plus d’efforts que les autres parce que nous n’avons pas la bonne couleur de peau. Pourtant nous sommes sans aucun doute, de rudes et consciencieuses travailleuses.
Beaucoup ont mis du temps à se former en allant chercher un diplôme dans le domaine qui les passionne, mais doivent se contenter du boulot que le reste de l’équipe ne veut pas, quand elles ne peinent pas en vain à trouver un emploi, parce qu’elles sont « des femmes noires ».
Certaines font face au chantage, à l’intimidation, au cyber-intimidation très insidieux, visant à ruiner leur vie, leur réputation et leur équilibre psychologique.
Souvent elles se battent seules contre des mains invisibles, ces anonymes qui leur lancent des flèches enflammées au jour le jour en arborant un masque différent.
Elles se font passer pour ce qu’elles ne sont pas et ne seront jamais, pour avoir commis la seule faute de croiser le chemin d’un pervers et manipulateur.
Nombreuses ont comme prison leur maison, pour bourreau leur partenaire, n’ont pas de voix, pas le courage de dénoncer ou de sauver leur peau, sont contrôlées à outrance, surveillées, manipulées, piétinées, violées et pointées du doigt.
Elles ont tellement honte de ce qui leur arrive, finissent des fois par croire que ce sont elles le problème, résignées, attendent leur jour fatidique ou jettent la serviette, abandonnant rêves, enfants, famille et amis dans la culpabilité de n’avoir rien vu venir.
À nous toutes, femmes hésitantes, pleines de doutes, fortes, courageuses, femmes-roseaux, continuons la réflexion. Continuons d’avancer pour rendre notre monde plus sécuritaire pour nos jeunes filles, nos femmes en devenir.
Continuons d’éduquer nos petits garçons, les hommes de demain leur apprenant le respect des femmes.Rééduquons nos hommes en les montrant le bien-fondé du respect et des droits des femmes.
Impliquons-les dans la lutte. Nous n’y arriverons pas sans eux. Nous aurons toujours besoin d’eux.

Arrêtons de nous tirer les uns sur les autres pour des peccadilles qui n’en valent pas la peine et qui ne méritent pas notre regard.
Celles qui ont peur de dénoncer leur bourreau, je vous encourage et vous dis, c’est la meilleure journée pour le faire et pour demander de l’aide.
Parlez à un proche. Nous, dans la communauté des noires, nous sommes si fières que nous n’aimons pas demander de l’aide, nous n’aimons pas étaler nos problèmes, « les linges sales se lavent en famille » disons-nous comme on nous a appris à le dire et à le faire.
Mais nous devons savoir distinguer les écueils propres aux relations de couple et l’installation du cycle infernal de la violence dans la vie d’un couple.
Votre sécurité est plus importante que tout le reste. Sans votre équilibre, impossible de donner de l’amour, de la tendresse à vos petits bouts de choux.Impossible de prendre soins d’eux et de leur donner le modèle dont ils ont besoin pour grandir, s’épanouir et prendre leur place.
Courrez chercher de l’aide.Ne vous en faites pas même si la personne qui vous aide va raconter aux quatre vents vos confidences, foutez-vous-en !
C’est le meilleur moment de briser à jamais l’étau de la violence autour de vous, c’est le jour de pousser votre cri de liberté de femme.
C’est la journée pour commencer à marcher la tête dans le vent et les deux pieds bien ancrés sur terre !
Bonne journée des droits à nous toutes, femmes!

Pivoine MJL
2020-03-07

#Pivoine_MJL


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