Discours d'Etzer Vilaire à la mémoire des héros de l'Indépendance, de Charlemagne Péralte... 

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Monday, November 4, 2024

Maurice Léonce : La Mémoire de Jérémie s'éteint à 103 Ans

Maurice Léonce 
10 septembre 1921 - 4 novembre 2024

Par Herve Gilbert

Ce lundi 4 novembre, la ville de Jérémie perd l'un de ses plus précieux trésors avec le décès de Maurice Léonce, doyen de notre communauté, à l'âge vénérable de 103 ans. Maurice Léonce n’était pas seulement un témoin privilégié d'un siècle d'histoire, mais aussi un pilier de sagesse, un modèle de résilience et de vitalité, défiant le passage du temps avec une allure et une vigueur qui forçaient l'admiration.

Né le 10 septembre 1921, Maurice Léonce avait célébré son 103e anniversaire cette année et s’était récemment uni par les doux liens du mariage avec sa jeune épouse. Il portait son âge avec une allure sportive, demeurée presque intacte jusqu'à la fin. À Jérémie, il était le dernier témoin d'une époque révolue, la mémoire vivante d’une ville ayant vu défiler tant de figures marquantes.


Footballeur de renom à l’échelle nationale, Maurice Léonce a laissé une empreinte durable dans les annales du football haïtien. Dans les années 50 et 60, au parc Saint-Louis de Jérémie, il s’illustrait comme un virtuose du ballon rond, un maître du jeu, éblouissant ses compatriotes et affrontant avec brio les sélections les plus redoutables du championnat national.

Sa vie a été marquée par une profonde dévotion pour sa ville natale, qu'il a aimée et servie avec un engagement inégalé. Pour Jérémie, Maurice Léonce incarnait la mémoire d'un passé riche en valeurs, un pont entre les générations, et un modèle de ténacité face aux épreuves. En plus d'être une figure de proue dans le monde du sport , il était aussi le dernier poète de sa génération.


« Le génie n’a qu’un siècle, après quoi il faut qu’il dégénère », écrivait Voltaire. Mais Maurice Léonce, qui, jusqu’à 103 ans, est demeuré vigoureux et fort, semble avoir défié cette maxime de l’homme de Ferney. En lui, le passage du temps n’a jamais terni ni sa vitalité ni son esprit.


Aujourd'hui, nous honorons son parcours exceptionnel, son esprit bienveillant, et sa contribution inestimable à notre communauté. Que le souvenir de Maurice Léonce continue de rayonner et de nous inspirer. Puisse la flamme de ses valeurs, qu'il a su transmettre à travers les générations, continuer d'éclairer Jérémie.


Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l'ont aimé et respecté.Puisse-t-il trouver la paix éternelle qu'il mérite, et que Jérémie garde à jamais vivante sa mémoire


Herve Gilbert


Thursday, September 9, 2021

Isnard Douby, l'icône du System Band s'est éteinte.

Isnard Douby, maestro du System Band 

Par Hervé Gilbert

Le monde musical haïtien est en deuil, Isnard Douby, l'icône du System Band est décédée  des complications de l’infection de Covid-19, avons-nous appris.

Diabétique, ayant attrapé le virus le mois d'avril dernier, Douby a pris un tournant pour le pire: il ne respirait plus par lui-même. Il avait été hospitalisé en Floride, puis placé sous respirateur artificiel pendant un long temps. Ce jeudi 9 Septembre 2021, le Maestro est parti vers l'au-delà,  à l'âge de  72 ans, soit deux jours après son anniversaire de naissance.

Isnard Douby, maestro, chanteur du groupe musical System Band a marqué toute une génération avec ses nombreux hits.

Maestro Isnard Douby

Formé au lycée national de Pétion-ville, Isnard Douby a débuté sa carrière musicale comme trompettiste dans le trio des cuivres du groupe musical des Frères Déjean en compagnie de ses anciens camarades Fred et André Déjean. Lors du  voyage avec ce groupe, en 1979, il décida de rester à New York, puis fonda le System Band . Mais il dut délaisser  cet instrument sous les recommandations de son médecin après  avoir subi une opération  chirurgicale, alors qu'il était  trompettiste et chanteur de sa bande musicale.


Comme chanteur, le Maestro Douby a eu beaucoup de succès avec sa belle voix nasillarde concordant avec le System Band. Ceci durant plus de quarante ans à travers des tubes comme Anita, Baton Moise, Vacances, “lage kò w”, “ou fè m rele”, beeper,  chagrin d'amour, Inosan, Viagra, César, Chay Fanmi, etc. Ses morceauxi ont fait danser tout un monde dans les boîtes de nuit tant en Haïti qu'à l'étranger avec son compas "Makiavel" converti plus tard en "konpa karamèl-siromyèl".


Savourons Baton Moise du System Band


C'est une grande légende de la musique populaire haitienne qui s'en va. Isnard était un chanteur très talentueux. Il s'est fait remarquer par ses mélodies et ses compositions épicées du folklore haïtien. Les mélomanes se souviendront longtemps encore de ce troubadour très habile et de ce  compositeur de charme qui a laissé un patrimoine musical très riche pour la  postérité.

Isnard représente aussi avec ses pairs des Frères Déjean, l'un des modernisateurs du Compas direct,  définitivement les pionniers d'une autre tendance musicale en Haiti durant les décennies 70-80


La disparition  d'Isnard Douby  nous laisse avec beaucoup de chagrin à Haiti Connexion Network.


Nous présentons nos condoléances à ses enfants, son épouse Jeanne,  ses petits-enfants, aux musiciens du System Band, ses fans, et à tous les parents et amis que ce deuil affecte.


Isnard , tu nous as quittés, mais ta musique te survivra encore longtemps  à travers des générations.


Herve Gilbert




Saturday, July 31, 2021

Jacob Desvarieux, l’un des piliers du groupe Kassav, est décédé à l’âge de 65 ans

Jacob Desvarieux
21 Novembre 1855 - 30 juillet 2021

En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, en Haïti, dans l'Hexagone, sur le continent africain, dans tous les pays où ce grand artiste de la musique s'est produit avec le Kassav, anonymes et personnalités politiques, artistiques saluent la mémoire de Jacob Desvarieux. Le monde perd une légende, un immense artiste. Atteint du Covid-19 et hospitalisé depuis plusieurs jours, Jacob Desvarieux est décédé ce vendredi 30 juillet à l’àge de 65  ans.

Guitariste, chanteur, compositeur et co-fondateur de Kassav’, Jacob Desvarieux est aussi à l’origine du titre phare du Zouk : “Zouk la sé sèl médikaman nou ni”qui a donné naissance à ce style musical..Âgé de 65 ans, Jacob Desvarieux est décédé au CHU de Guadeloupe. Mi-juillet dernier, il avait été plongé en coma artificiel après avoir contracté le Covid-19. 

Jacob Desvarieux
Un sourire communicatif, une gentillesse naturelle, une modestie exceptionnelle, Jacob Desvarieux était un artiste unique au parcours atypique. C’est à l’âge de dix ans qu’il avait commencé à se familiariser avec la guitare. Sa mère Cécile Desvarieux -très importante dans son parcours- lui avait offert cet instrument. Il aurait préféré un vélo.

Né le 21 novembre 1955 à Paris, Jacob Desvarieux est parti quelques mois après sa naissance pour la Guadeloupe, l’île d’origine de sa mère. Puis direction la Martinique où avec sa mère, ils ont été chassés par le cyclone Dorothy. Leur maison avait été complétement détruite. Cécile Desvarieux a alors été placée par le Bumidom chez une famille bourgeoise dans l’Hexagone au Vésinet pour y effectuer toutes les tâches ménagères. Le petit Jacob a alors été mis en pensionnat. A cette époque, lui et sa mère regardaient souvent une revue dénommée Bingo, "le mensuel d’actualité au rythme du monde noir". Cécile Desvarieux avait envie de découvrir l’Afrique. Elle a donc décidé de s'envoler avec son fils pour le Sénégal et d'y vivre pendant deux ans.

Au Sénégal

C’est au Sénégal que Jacob Desvarieux a appris à jouer de la guitare avec ses voisins. L’un d’entre eux sera plus tard le bassiste de Youssou N'Dour. Ce premier séjour en Afrique a marqué à jamais le musicien qui plus tard aura grand plaisir à venir s’y produire avec Kassav’. Après le Sénégal, Jacob et sa mère sont revenus en France, à Marseille. C’est là qu’adolescent, il a rejoint un groupe de rock, les Bad grass. Progressivement, il a lâché le lycée pour devenir arrangeur. La passion de la musique était trop forte. Jacob Desvarieux a fait le choix de « monter » à Paris où les opportunités étaient plus nombreuses à l’époque. Ce n’était pas encore le succès, mais le musicien avait réellement trouvé sa voie.

La création de Kassav

En 1979 à Paris, Jacob Desvarieux a fait une rencontre déterminante. Un musicien guadeloupéen tenait à le rencontrer pour lui parler d’un projet un peu fou. Pierre-Edouard Décimus voulait en effet créer un groupe qui revienne aux sources de la musique antillaise et qui soit mondialement connu. Il avait même le nom en tête : Kassav’ en référence à la galette de manioc en créole.

Pierre-Edouard Décimus avait déjà monté Les Vikings, un groupe qui lui avait valu des moqueries de la part de touristes. Il se disait que le nom de son groupe n’était "pas terrible" et ne voulait pas reproduire la même erreur. Pierre-Edouard Décimus a embarqué Jacob Desvarieux dans l’aventure. Ils ont enregistré ensemble un premier album Love and Ka dance puis sont partis à la recherche d’autres musiciens sur la même longueur d’onde.

Kassav’ s’est constitué petit à petit et dès le départ Jacob Desvarieux en était l’un des piliers avec les frères Décimus, Pierre-Edouard et Georges. Puis les Martiniquais Jean-Philippe Marthély, Jocelyne Béroard, et Jean-Claude Naimro ont rejoint le groupe ainsi que les Guadeloupéens Patrick Saint-Eloi et Claude Vamur. En 1984, Jacob Desvarieux a composé en Haïti un tube légendaire : Zouk la sé sèl médikaman nou ni. C’est cette chanson qui a donné son nom à la musique de Kassav’ : le zouk. Georges Décimus avait écrit les paroles. Aimé Césaire a même repris cette phrase Zouk la sé sèl médikaman nou ni dans l’un de ses discours.  

Premier Zénith

En 1985, Kassav’ a fait son premier Zénith à Paris. La salle était remplie : 80 000 personnes en liesse. Jacob Desvarieux était fier de rappeler que ce succès s’était produit sans aucune promotion. Le groupe s’est ensuite lancé dans une tournée en Afrique avec son lot de galères, "pas plus qu’ailleurs" insistait Jacob Desvarieux. Un producteur avait « oublié » de payer des nuits d’hôtel. A Luanda en Angola, en pleine guerre civile, Kassav’ avait chanté devant 90 000 personnes. 

Lors du premier carnaval tropical de Paris en 1986, 250 000 personnes étaient venues applaudir Kassav’ à Vincennes.  Un triomphe. Et puis le groupe a commencé à faire des concerts dans le monde entier. Notamment en 1989, Kassav’ est le premier groupe noir à se produire en URSS à Leningrad, l’ex-Saint-Pétersbourg.  La même année en 1989, le groupe a joué devant 500 détenus à la prison de Fleury-Merogis. Rien ne pouvait arrêter le zouk. Jacob Desvarieux appréciait cette vie de nomade. Il en a fait des tours du monde ! Le guitariste ne s’est jamais lassé de ses communions avec le public à travers la planète.

Syé bwa

Kassav’ a enchaîné les tubes dont le fameux Syé Bwa. Le clip avait été tourné à Kinshasa de manière totalement improvisée. Au fur et à mesure des albums, la voix si particulière de Jacob Desvarieux s'est imposée. Il n’avait pas vraiment imaginé devenir un jour chanteur, mais son timbre grave et singulier a séduit. Le groupe Kassav’ a eu des coups durs comme le départ de Patrick Saint-Eloi en 2002 ou encore le divorce avec Sony, mais à aucun moment selon Jacob Desvarieux le groupe a tangué. A tel point qu’il n’a jamais songé à larguer les amarres et mener une carrière en solo.

Au fur et à mesure de sa carrière, Jacob Desvarieux a eu de plus en plus de propositions dans le cinéma. Il n’a jamais couru après, mais il se voyait mal tout refuser. Lui qui a toujours dénoncé le manque d’acteurs noirs dans le cinéma français. Dès 1992, il avait incarné le musicien Isidore dans Siméon, le film d’Euzhan Palcy. Des années plus tard, grâce à une agent rencontrée à Dakar lors d’un défilé de mode, il s’est retrouvé embarqué dans le tournage des deux premiers épisodes de la série américaine The young pope avec Jude Law. Il a ainsi joué le rôle d’un cardinal africain et n'a pas manqué un seul épisode de cette série qui l'a captivé.

Une santé fragile

En 2009, Jacob Desvarieux a eu de gros soucis de santé. Dialysé pendant un an, il avait souffert le martyre, mais avait choisi de continuer à jouer sur scène. Il ne voulait  surtout pas renoncer à faire de la musique et avait fêté en beauté les 30 ans de Kassav’ le 16 mai 2009 au Stade de France. C’était alors le premier groupe français à avoir rempli l’enceinte sportive. Jacob Desvarieux avait pu être finalement être greffé d’un rein en 2010 et se disait en avril 2021 « rajeuni de dix ans ».

Généreux et bosseur, Jacob Desvarieux aimait faire partager son expérience. Il n’avait aucun mal à donner des interviews dans lesquelles il aimait raconter sa fabuleuse carrière. Ce fut le cas en 2019 à la veille du concert des 40 ans de Kassav’.

Ce concert des 40 ans avait rassemblé 40 000 fanatiques de Kassav’ au Paris La défense Arena. Le groupe n’avait rien perdu de sa vigueur et avait communié pendant trois heures avec son public. Jacob Desvarieux aimait aussi jouer avec des artistes plus jeunes tels qu’Admiral T ou Passi. En 2019, il avait participé au clip Chat Ka Tété Rat dans lequel Admiral T revisitait avec brio la chanson du Guadeloupéen Robert Loyson, grande figure du gwoka.

Le musicien avait toujours plein de projets. Il avait profité des confinements pour souffler un peu et composer. Malgré ses problèmes de santé, il n’avait aucune envie de raccrocher. Le public l’appréciait énormément et nous aussi.

Sources Combinées

Herve Gilbert





Friday, May 28, 2021

Maxime Roumer - Une perte irremplaçable pour Jérémie

Maxime Roumer
12 mai 1950 - 27 mai 2021
                       

La communauté jérémienne ainsi que celle de la Grand'Anse viennent de perdre une de ses grandes figures en la personne de l’ancien sénateur Maxime Roumer, décédé de la Covid-19 dans la nuit du 27 mai 2021 à l’âge de 71 ans. C'est une nouvelle qui a couru comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux hier soir. Personne ne s'attendait à une telle tragédie

Maxime Roumer, l'homme politique, l'ancien sénateur, le patriote, le citoyen engagé nous a quittés! C'est terrible! C'est tout ce qu'il nous restait comme le dernier rempart de la ville assiégée par la misère,  l’incompétence et l’absence des institutions. Devons-nous hisser le drapeau blanc face à cette débacle. Car, l’espoir s’est envolé définitivement pour la Cité.

C'est une grande perte pour la Grand’Anse, les étudiants de l'Unoga et ceux de l'école technique avec qui il travaillait pour l'enrichissement de l'agriculture de la zone. 

Cette nouvelle du départ de Maxime vient de frapper de plein fouet, tous les compatriotes de l'intérieur comme de l'extérieur, qui suivaient avec respect et enthousiasme ses nobles initiatives et ses accomplissements qui étaient destinés à mettre la région sur la voie de la rédemption. Quelle perte pour ce coin éloigné !

En attendant d'offrir un mémorial à cet illustre disparu, tout le staff de Haïti Connexion Network et moi, renouvelons nos condoléances les plus sincères à tous les membres et proches de la famille que cette disparition a plongés dans le deuil.

Nos condoléances s'étendent spécialement à nos amis Leopold, Patrick, Michel, Guy  Sary, Philippa Roumer  ainsi qu' à la  diaspora jérémienne.

Pour le staff: Herve Gilbert

Herve Gilbert