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Sunday, April 26, 2015

L'héritage culturel du Népal réduit à des tas de gravats

SÉISME — Le violent séisme qui a frappé samedi [25 avril 2015] le Népal et fait plus de 2000 morts a également détruit le centre historique de Katmandou, dévastant son héritage culturel.
Le séisme a atteint 7,9 degrés sur l'échelle de Richter
 et a été ressenti dans certaines régions de l'Inde.       
Dans le cœur historique de Katmandou, des temples et statues édifiées entre les 12ème et 18ème siècles ne sont plus que des tas de gravats. Les spécialistes redoutent que l'immense héritage culturel népalais n'ait le plus grand mal à se remettre du séisme.

Sous l'effet du puissant tremblement de terre survenu samedi 25 avril, la tour historique de Dharhara, l'une des attractions touristiques majeures de la capitale sur la place du Durbar, s'est effondrée.

Des neuf étages de cette tour blanche dotée d'un escalier en spirale de 200 marches et surmontée d'un minaret de bronze datant du XIXe siècle, ne restent que des décombres.

«Je venais d'acheter mon billet pour visiter la tour et je me trouvais sur sa base quand j'ai ressenti une secousse», raconte Dharmu Subedi, 36 ans, dans son lit d'hôpital à Katmandou.«En l'espace de quelques minutes, la tour s'était écroulée. Il y avait peut-être plus de 100 personnes à l'intérieur», a-t-il dit.

Tentative d'évaluation
L'Unesco tentait d'obtenir des informations afin d'évaluer avec exactitude l'étendue des destructions, tant aux palais de Patan et de Bhaktapur, d'anciens royaumes de la vallée de Katmandou que dans la capitale même.

«Nous pensons que les places historiques du Durbar à Katmandou, Patan et Bhaktapur ont été gravement endommagées», explique Christian Manhart, représentant de l'Unesco pour le Népal. Ces places du Durbar constituent les centres urbains des trois villes avec leurs palais, leurs temples et leurs espaces publics.

«Plusieurs temples se sont effondrés. Deux temples de Patan se sont entièrement écroulés et pour la place du Durbar de Katmandou, c'est pire», ajoute-t-il. «Pour l'instant, nous évaluons la situation et collectons les informations. Toutes les agences de l'Onu ont reçu des demandes d'aide du gouvernement» népalais, dit-il.

Naissance de Bouddha
L'Unesco cherche aussi à savoir si le site de Lumbini, là où Bouddha est serait né il y a plus de 2600 ans, un endroit classé au patrimoine mondial de l'humanité, a également été touché. Lumbini est situé à environ 280 kilomètres de Katmandou.

Pour le spécialiste P.D Balaji, il n'est pas évident que les monuments puissent être reconstruits. «Ce que je peux dire c'est qu'il s'agit d'une perte irrémédiable pour le Népal et le reste du monde», dit M. Balaji, qui dirige le département d'histoire et d'archéologie de l'Université de Madras.

«Une restauration complète ne sera pas possible compte-tenu de l'étendue des dégâts sur les sites historiques», a-t-il ajouté. En 1833 et 1934, après «deux tremblements de terre catastrophiques», certains monuments de la vallée de Katmandou avaient pu être reconstruits, relève toutefois l'Unesco.

Source: Le Matin de la Suisse (Photo de Boudha affichée par HCC)


Plus d'un millier de morts après un violent séisme au Népal 

 








Tuesday, April 21, 2015

Encore une performance extraordinaire de la chanteuse d'Opéra Kettia Cherenfant !

par: Herve Gilbert herve.gilbert@...

Samedi soir 17 Septembre 2011, la chanteuse d'Opéra soprano Kettia Cherenfant s'est surpassée une fois de plus prouvant ainsi à la communauté haïtienne du centre de la Floride son grand talent de chanteuse d'opéra au cours d'un grand concert à l'Holiday Inn Hôtel à Major Boulevard Orlando Florida auquel plus de 500 personnes participaient.

Kettia Cherenfant
Le récital de Kettia Cherenfant s'intitulait "Night of Peace" Nuit de Paix qui coincidait avec son 21ème anniversaire de mariage. Ce spectacle comprenait des prestations de plusieurs artistes parmi lesquels on trouvait le fils de Kettia, Sébastien Cherenfant, la chorale «End Time Choir» ainsi que Gary Lebrun et un groupe de musiciens-accompagnateurs dont Grégory David, Raynald et Luc D.

Kettia s'est présentée sur scène après l'entracte dans une longue robe rose à paillettes et a débuté la soirée sur un air contrastant, frédonnant en guise d'introduction "laisse ma main prendre ta main" de Mireille Mathieu, alors qu'elle se baladait dans la salle avec plusieurs invités dans le public. Cette note a apporté une vraie détente pour un début de spectacle où tout le monde a repris ensemble ce refrain.

Kettia qui, depuis plus de huit ans, nous présente des concerts annuels au centre de la Floride a une fois de plus donné l'occasion a chacun de reconnaître aussi le talent accompli de son fils Sébastien qui tout comme elle a brillé samedi soir telle une superstar sur le podium.

Kettia chantant en duo avec son fils Sébastien
D'un répertoire vaste, Kettia a chanté tantôt en duo avec son fils tantôt en "single" interprétant diverses mélodies en langue latine, française,anglaise outre de magnifiques œuvres classiques d'Andrew Loyd Webber's Requiem, Saint Thomas Aquinas, Johann Sébastian Bach, Les Contes d'Hoffmann et Georges Bizet. Il s'agissait encore une fois d'une grande performance parmi d'autres réalisées antérieurement de son palmarès. Le concert a duré plus de deux heures et demie d'horloge. L'artiste a émerveillé l'auditoire avec un magnétisme sur scène hors pair.  Elle a fait montre d'une voix puissante et bien projetée. Le timbre de sa voix dans ses différentes interprétations a fasciné le public. Excellent soprano dont l'aigu a fait pâmer d'aise les mélomanes les plus avertis de la salle. Elle nous a offert des moments élégiaques de toute beauté durant sa performance. Pour en finir, disons qu'elle est une cantatrice de renom disposant d'une voix exceptionnelle et possédant toutes les qualités d'une grande chanteuse d'opéra.

Kettia sur le podium lors de la première entracte
Kettia Cherenfant a chanté une bonne demi-douzaine des grands airs classiques les plus célèbres du théâtre lyrique et, de chacun, a donné une interprétation pleinement convaincante à tous les égards. Elle a pris une voix sombre de mezzo et esquissa les gestes appropriés dans Pie Jesu; a coloré de son riche spinto l'air de Panis Angelicus composé par Saint Thomas Aquinas avec la chorale «End time Choir» , a mimé en le chantant chaque mot de l'Air de Habanera (l'amour oiseau rebelle ), et finalement nous a émus en planant sur le plus exquis tous les états d'âme que traversent les oiseaux dans la Charmille . Un vrai spectacle de feu qui a emporté tout le monde.

Ouvrons ici une parenthèse pour dire qu'actuellement une grande ombre flotte sur les cantatrices classiques partout à travers le monde. En Haïti il ne semble plus y avoir de chanteuses d'opéras d'une aura suffisante pour être considérées comme des véritables divas. Elles n'y sont pas nombreuses : en fait on peut les compter sur les doigts, et très peu ont connu des succès comme Nicole Saint Victor, Marie-Josée Lord (Canadienne d'origine haïtienne).


A rappeler que Kettia Cherenfant, originaire du Cap-Haitien, est infirmière de profession et détient une licence en Communication Mass Média et est diplômée de la haute couture. Elle a commencé sa carrière musicale très tôt, à l'âge de huit ans, à l'Eglise Adventiste du Cap-Haïtien. Elle a étudié environ 3 ans avec le professeur de musique Elizabeth Hammer ici à Orlando. 


Kettia et son Mari Serge Cherenfant

Durant sa belle carrière artistique, elle a participé à plusieurs festivals à travers l'Amérique et a présenté des concerts un peu partout à New York, Miami, Boston, Canada. Elle a connu un succès immense lors de son spectacle à l'auditorium adventiste au Champ de Mars à Port-au-Prince (Haïti) en 2009 où plus de 2500 personnes avaient fait le déplacement. Elle a une voix d'un timbre radieux et cristallin, écrivent certains en décrivant ses prestations vocales. Elle a sorti deux disques (Golden Voice et les Airs d'Antan) et compte faire paraitre bientôt un CD qui regroupera certains de ses airs classiques interprétés en concert.


Ce 17 septembre, Kettia a fait une très forte impression sur les spectateurs. La flamboyante Kettia Cherenfant ne cesse d'impressionner par la richesse de son talent, son charisme et son attractive personnalité. Nous lui souhaitons du succès continu et espérons la voir un jour décrocher un titre dans "American Got talent" ou "American Idol".

Good Job Kettia ! Tu es l'une de nos fiertés haïtiennes en terre étrangère. A quand le prochain concert ?


Herve Gilbert herve.gilbert@... , Orlando, FL, ce 18 Septembre
2011 (Haïti Connexion Network).


How great thou art with Kettia Cherenfant

Sunday, April 19, 2015

Le nom des habitants de nos communes

Ou
S’il faut appeler un chat, un chat…

Par :Louis J. Auguste, MD
Louis J. Auguste, MD
Le langage est cet instrument merveilleux qui permet d’établir un lien bidirectionnel entre une entité,  physique ou spirituelle, une idée c’est-à-dire une évocation mentale et un médium pour l’exprimer et permettre de partager cette représentation intellectuelle avec l’autre.  Ce langage peut être musical ou graphique.  Alors, cette expression, comme par exemple dans le domaine artistique, peut offrir une variété infinie.  Pour l’illustrer, nous n’avons qu’à nous référer à tous les tableaux peints à travers les siècles, dans tous les pays, utilisant le cubisme, l’impressionisme, l’art abstrait, la peinture naïve ou autre, mais tous visant à célébrer “ la Femme.”  Cette liberté d’expression s’étend aussi dans le domaine de la linguistique, quoique ce soit à un niveau plus limité.  L’idée par exemple de faire passer un liquide de la bouche à l’estomac en passant par le pharynx et l’œsophage peut s’exprimer par les mots: avaler, boire, ingérer, etc.…  

Le nombre de mots exprimant une certaine entité est parfois utilisé par les linguistes pour définir les préoccupations principales d’une culture donnée.  Sans prétendre être un linguiste, je peux offrir en guise d’illustration le nombre de mots décrivant l’organe génital de la femme dans notre Créole haïtien. Je laisse au lecteur le soin de les énumérer.  Cependant la linguistique nous enseigne aussi que chacun de ces mots s’associe à une connotation particulière qui rend le mot unique dans sa capacité d’exprimer une idée. Bien que « entendre » et « écouter » évoquent une activité perceptive de l’ouïe, le puriste nous dira que “écouter” en fait c’est entendre en prêtant attention.
 
Haïti, un pays d'une rare beauté, à découvrir
Il en est de même pour la provenance des individus qui pour une raison ou pour une autre revêt une importance particulière dans leur dossier démographique ou biographique.  Est-ce une expression de patriotisme ou de chauvinisme? Je ne saurais le dire.  Cependant, il est clair que même de nos jours, l’homme du Sud des Etats Unis d’Amérique pense avoir très peu en commun avec le Yankee du Nord et n’hésite jamais à souligner son origine.  Encore une fois, la raison de cet antagonisme n’est pas le focus de notre discussion.  Néanmoins, au cours des ans, le puriste s’est évertué à identifier proprement les habitants de différentes régions du globe.  Si par exemple, le citoyen de la France ou de l’Italie s’appelle français ou italien, par contre ceux de la Principauté de Monaco s’appellent “Monégasques” et ceux de Madagascar s’appellent “Malgaches.”  Etant Haïtien, naturellement, j’ai été préoccupé pendant longtemps par l’appellation spécifique des habitants de chacun des coins et recoins de notre île.

Haïti est un pays où le paysage et la verdure ne font point défaut
Je crois déjà entendre la réponse de certains de mes compatriotes qui sans aucune hésitation me diront que c’est très facile.  Il suffit d’ajouter “ien” au nom de la ville ou du village et tout est réglé.  N’est-ce pas qu’on dit : «Port-au-Princien,”  “Gonaïvien,” “Jacmélien ” etc.…  Mais pas si vite, je dirais.  On ne dit pas “Capiens” ou “Pétionvillien.”  Bah! Diront-ils. Qu’à cela ne tienne! C’est ou bien “ien” ou “ois.”  Nous savons que c’est Capois et Pétionvillois.  Ah! Ah! Et ceux de Léogâne? Diront-ils, les noms se terminent toujours  en “ien”, “ois”, ou “ais.” Ainsi, on a résolu le problème des Léoganais et des Ranquittais.  Et le tour est joué! Mais pas si vite, les adjectifs en “iens” (30%), ceux en “ois” (31%) et ceux en “ais” (24%) ne représentent en tout que 85% des noms des différents citadins ou villageois d’Haïti.  Pour le reste, il faut faire appel au latin pour savoir que Croix vient de Crus, Crucis, que Plaine vient de Campus, Campi et Plaisance de Placere (plaire). Alors on saura que l’habitant de la Croix des Bouquets est un “Crucien,”  que celui de la Plaine-du-Nord est un Campinordais et que celui de Plaisance est un Placentin.   

La carte d'Haïti

Dans d’autres cas, il faut évoquer le passé historique de la commune pour comprendre par exemple que Fort-Liberté, du temps de la colonie, s’appelait “Fort-Dauphin”, de sorte que nonobstant que la guerre de l’indépendance a été gagnée par nos aïeux en 1804, l’habitant de Fort-liberté est encore un Fort-Dauphinois.  Un anachronisme qui n’est pas sans me rappeler que jusqu’en 1904, l’on jouait encore la Marseillaise à l’occasion des fêtes officielles du gouvernement ! Pour le reste, il me semble que les géographes se sont assis un jour autour d’une bouteille de Barbancourt ou de « bois-cochon » et après plusieurs coups, ils ont laissé libre cours à leur imagination.  L’individu qui a eu la chance ou le malheur de naitre à Anse- à -Foleur est un Anse- à -Folois.  Si on est né à Bonbon, on est un Bonbonnais.  Je me suis demandé pourquoi pas un Bonbon.  Fort heureusement, le citoyen de Moron a été baptisé un Moronnais…  Ils n’ont pas cependant fait la différence entre les habitants de Saint-Louis du Nord et Saint-Louis du Sud, puisqu’ils s’appellent tous Saint-Louisiens. Cependant mon favori est le suivant : l’habitant de Grand-Gosier est un … Pélicanais. Cette découverte m’a valu un éclat de rire bien sonore.  Je connais très bien notre oiseau marin portant ce nom, mais tout de même… Pélicanais!!!  Cette quête s’est avérée plutôt compliquée, certainement plus compliquée que notre Créole ou le problème peut se résoudre si facilement par l’expression “moun” suivi du nom de la ville: moun okap, moun senmak, moun tigwav, etc..’ Mais le français n’est-il pas plus imagé!
Au hasard de ma mémoire, je rappellerai aux intéressés que Fabre Nicolas Geffrard était un Ansa-Velais, Louis Jean-Jacques Acaau était un Aquinois, le colonel Demosthène Calixte un Fort-Dauphinois, Dumarsais Estimé un Verrettien, Benoit Batraville un Mirebalaisien, Othello Bayard un Cayen, le général Léon Cantave un Maïssadien et le Dr. Guy Theodore un Pignonnais.

Nous attachons ci-après la liste exhaustive de toutes les communes d’Haïti et le nom de leurs habitants, pour que désormais nul ne l’ignore. 

Le Nom des Habitants des Communes Haïtiennes

Départements
Arrondissements
Communes
Noms des habitants
OUEST
Port-au-Prince






Léogâne



Croix-des-Bouquets





Arcahaie


La Gonâve
Port-au-Prince
Delmas
Carrefour
Pétion-ville
Kenscoff
Gressier

Léogâne
Petit-Goâve
Grand-Goâve

Croix-des-Bouquets
Thomazeau
Ganthier
Comillon
Fonds-Verrettes

Arcahaie
Cabaret

Anse-à-Galets
Pointe-à-Raquette
Port-au-Princien
Delmassien
Carrefourois
Pétionvillois
Kenscoffien
Gressierois

Leoganais
Petit-Goâvien
Grand-Goâvien

Cruciens
Thomazelais
Ganthierois
Comillonais
Fonds-Verrettien

Archelois
Cabaretains

Ansois
Pointe-à-Raquettois
Nord
Cap-Haïtien




L’Acul-du-Nord



Grande Rivière du Nord


Saint Raphael






Borgne


Limbe


Plaisance
Cap-Haïtien
Quartier-Morin
Limonade

L’Acul-du-Nord
Plaine-du-Nord
Milot

Grande Rivière du Nord
Bahon

Saint Raphael
Dondon
Ranquitte
Pignon
La Victoire

Borgne
Port-Margot

Limbé
Bas-Limbé

Plaisance
Pilate
Capois
Morinois
Limonadien

Aculois
Campinordais
Milotien

Rivanordais
Bahonnais

Raphaelois
Dondonnais
Ranquittais
Pignonnais
Victorien

Borgnelais
Port-Margotien

Limbéens
Bas-Limbéens

Placentin
Pilatois
Nord-Est
Fort-Liberté



Ouanaminthe



Trou-du-Nord



Vallières
Fort Liberté
Ferrier
Les Perches

Ouanaminthe
Capotille
Mont-Organisé

Trou-du-Nord
Sainte-Suzanne
Terrier-Rouge
Caracol

Vallières
Carice
Mombin-Crochu
Fort-Dauphinois
Ferrois
Perchois

Ouanaminthais
Capotillais
Mont-Organais

Truvien
Suzannais
Terrier-Rougien
Caracolois

Vallerois
Caricien
Mombinois
Centre
Hinche




Mirebalais



Lascahobas


Cerca-la-Source
Hinche
Maissade
Thomonde
Cerca-Carvajal

Mirebalais
Saut d’Eau
Boucan-Carré

Lascahobas
Belladère
Savanette

Cerca-La-Source
Thomassique
Hinchois
Maissadien
Thomondois
Carvajalais

Mirebalaisien
Saudelais
Boucan-Carreen

Lascahobassien
Belladerois
Savanecien

Cerca-la-Sourcien
Thomassiquois
Nord-Ouest
Port-de-Paix




Saint-Louis du Nord

Môle Saint-Nicolas
Port-de-Paix
La Tortue
Bassin-Bleu
Chansolme

Saint-Louis du Nord
Anse-à-Foleur

Môle Saint-Nicolas
Baie de Henne
Bombardopolis
Jean-Rabel
Port-de-Paisien
Tortugais
Bassin-Bleen
Chansolmien

Saint-Louisien
Anse-a-Folois

Moliens ou Molois
Baie-de-Hennois
Bombardopolitain
Jean-Rabelien
Artibonite
Gonaïves



Gros-Morne


Saint-Marc



Dessalines




Marmelade
Gonaïves
Ennery
Estère

Gros-Morne
Terre-Neuve
Anse-Rouge

Saint-Marc
Verrettes
La Chapelle

Desalines
Petite-Rivière de l’Artibonite
Grande Saline
Desdunes

Marmelade
Saint-Michel de l’Attalaye
Gonaivien
Ennois
Esterien

Gros-Mornais
Terreneuvien
Anserougien

Saint-Marcois
Verrettien
Chapellois

Dessaliniens
Rivartibonitiens
Saliniens
Desdunien

Marmeladiens
Saint-Michelois
Sud-Est
Jacmel




Belle-Anse



Une adaptation de Haïti Connexion Culture...

Friday, April 10, 2015

Flash-back sur la ville de Jérémie avec l'historien Georges Corvington

Une adaptation de Haïti Connexion Culture
     Jérémie! ville coquette qui fascine par son rayonnement.    
Le Département de la Grand'Anse occupe la partie nord de la grande presqu'Ile du Sud. Sa population actuelle approche les 700,000 habitants pour une superficie de 3,308.99 km2 (Rapport IHSI, Institut Haïtien de Statistiques - 1998). Les principales productions du département sont le café, le cacao, le caoutchouc. On y trouve également de vastes plantations de figues-bananes. L'arbre a pin et l'arbre véritable constituent les denrées alimentaires de base de la population.

La pèche est l'une des principales activités économiques du département. L'étang de Miragoâne est connu pour la richesse de sa flore et de sa faune. On y trouve treize variétés de poissons et toutes sortes d'oiseaux aquatiques comme la poule d'eau, le héron et la bécassine. Les montagnes de ce département sont connues pour avoir servi de refuge aux esclaves marrons durant l'époque coloniale.
JEREMIE
Chef-lieu du département de la Grand’Anse.

La cartographie de Jérémie
Vers 1673, les boucaniers établis dans la région de Nippes, poursuivant l’exploration de la partie sud de Saint-Domingue, parvinrent à une haie qu’ils appelèrent, en raison de sa largeur, Grande Anse. Appellation qui fut transmise au territoire qu’elle baignait et au grand cours d’eau qui le traversait. Installés d’abord sur la position limitée aujourd’hui par les rivières Voldrogue et la Grande Rivière, et qu’on désigne encore sous le nom de Vieux Bourg, les boucaniers, dont beaucoup d’entre eux pratiquaient la pêche, abandonnèrent peu à peu le Vieux Bourg, dont il ne subsiste que le cimetière, et s’établirent au lieu-dit Trou Jérémie, mieux protégé des vents, et qui tenait cette dénomination d’un pêcheur de ce nom qui y avait pris gîte. C’est sur ce lieu qui jouissait d’un climat sain et salubre et d’un cadre merveilleux que le gouvernement français porta son choix pour la fondation d’une nouvelle ville dont le tracé s’effectua au cours de l’année 1756.

Jérémie et ses contrastes



Vue aérienne de la ville de Jérémie
Jérémie, qu’on atteint plus commodément par avion que par la voie maritime ou la voie terrestre, est bâtie en demi-cercle aux pieds des hautes collines verdoyantes du Bas Fond Rouge, dernières rampes orientales de la chaine des Castaches. Les maisons s’étagent en gradins, sur le flanc des collines.

La ville est formée de deux zones bien distinctes : la Basse Ville et la Haute Ville et, les jouxtant, le Vallon du Fond Augustin. La partie basse est peu étendue et ne comporte que quelques rues. Elle est le siège d’un trafic commercial intense et varié. La Haute Ville est un plateau de forme rectangulaire, allonge du nord au sud. S’y sont établis, les bureaux administratifs, les tribunaux, la police, la prison, l’hôpital. Contrairement aux rues de la Basse Ville, longues et étroites, celles de la Haute Ville sont larges et praticables en toutes saisons.

Cité administrative de Jérémie à Bordes
Au-delà de la Haute Ville, s’étendent deux grands quartiers résidentiels : Bordes et Rochasse. De spacieuses et confortables villas agrémentées d’admirables jardins et ombragées d’arbres aux riches frondaisons s’y succèdent. Parmi elles, l’Evêché, d’une architecture simple et fonctionnelle. De là, on contemple, sur fond bleuâtre de l’immense océan, le panorama de la blanche cité piquetée du teint rouge de quelques toitures. Dans la banlieue, Sainte-Hélène offre le spectacle de ses maisonnettes sordides ou vit une population laborieuse mais démunie.
Les maisons de la basse ville 
Sauf à la Grand’ Rue ou s’alignent des édifices à arcades d’une belle prestance, la plupart des immeubles de la Basse et de la Haute Ville sont du style classique des anciennes maisons coloniales. Ils sont de plus en plus remplacés par des immeubles en béton, pas du meilleur goût. A la rue Saint-Léger subsistent encore quelques maisons de style gingerbread relevées de touches créoles.

Vue partielle de la place Dumas
Deux places publiques s’offrent à la détente des Jérémiens. La plus ancienne et la plus étendue, la place d’Armes ou place Alexandre Dumas, au cœur de la Haute Ville, est ornée de beaux jardins, d’arbres aux ramures vigoureuses et d’une jolie fontaine métallique à bassin surmontée d’un poupon joufflu et datant de 1861. On y remarque la statue en pied de Goman, leader de la résistance paysanne des années 1809-1820., inaugurée en aout 2003, et le buste en bronze d’Alexandre Dumas père.
L’autre place, jadis très affectionnée des Jérémie, la place de La Pointe, sur la langue de terre qui s’avance sur la mer, a aujourd’hui perdu tout le charme qui avait fait sa célébrité.

L'éblouissement baie de Jérémie, objet de tant d'attention
« Dans cette riche symphonie qu’est Jérémie, écrit le poète Timothée Paret, la mer est l’instrument dominant ». Hélas, cette mer de saphir qu’on aime tant admirer, devient parfois dangereuse quand, de décembre à mai, le nordé (corruption de vent du Nord-est) se met à souffler.

Le port est peu protégé et seul le côté nord offre un mouillage plus ou moins sûr en raison de la profondeur de ses eaux. Dans la baie, aucun abri contre les vents capricieux. Les récifs qui affleurent au nord-est rendent périlleux ce secteur de la baie. Pendant l’hivernage, les raz de marée qui se forment ne constituent un danger que pour les embarcations qui se sont laissé surprendre. En revanche, comme tout le sud d’Haïti, le département de la Grand’ Anse est très vulnérable aux ouragans, dont la saison s’étend de mai à novembre.

Jérémie  et sa région ne comptent pas beaucoup de plages, mais, celles qui existent sont un attrait pour les yeux … et les baigneurs : plages de Gommier, de la Guinaudée est sur la Grande Cayemitte, l’île la plus importante de l’archipel des Cayemittes aux 59 îlots, émergeant du canal de la Gonâve, face à Jérémie, la superbe plage d’Anse Blanche.

L'Anse d'Azur  au rivage doré et aux eaux turquoises 
L’Anse d’Azur, à quelques kilomètres de la ville, est la plus réputée des stations balnéaires de la région jérémienne. Le rivage de sable doré que surplombent des rochers abrupts ou de petites falaises tapissées de lichen ou de lierre, côtoie une mer toujours bleue.

La rivière de la Grand’ Anse qui prend sa source dans la chaîne de la Hotte, occupe, grâce à l’apport de nombreux affluents, au volume de son débit et à la longueur de son cours, la troisième place en importance après l’Artibonite et les Trois-Rivières de Port-de-Paix. A son embouchure, à l’est de la Basse Ville, une profusion d’oiseaux aquatiques prend leurs ébats. Jérémie s’enorgueillit du beau pont suspendu érigé en 1949 à l’entrée de la ville et qui relie les deux rives de la Grand’ Anse. Les rivières de la région sont réputées pour leur limpidité et font les délices des excursionnistes.
Ce qui capte l’attention quand on parcourt la campagne jérémienne, c’est la luxuriance de la végétation et la verdure qui s’étale partout : verdure des plantations, des paysages. Au nombre des campagnes les plus visitées et les plus prisées, Buvette, la Passe, la Digue, Kanon, la Source, Testas-sur-Mer, tiennent la première place.

 Thomas Alexandre Dumas
L’habitation Madère, une des plus pittoresques d’Haïti, située dans la section communale de la Basse Guinaudée, est le lieu où naquit, le 25 mars 1762, Thomas Alexandre Dumas, père de la lignée des Dumas. Les sites de la Guinaudée sont prodigues en panoramas merveilleux et grandioses.

L’environnement de la ville est pauvre en cavernes dignes d’intérêt. La grotte la plus importante, la Voûte Laforest, du nom de l’habitation où elle se trouve, s’élève en arcades à 45 pieds de haut. De bizarres stalactites et stalagmites s’y profilent. L’accès est difficile et l’humidité incommodante.

Des fortifications de l’époque coloniale, il ne reste que des ruines. Au morne Bergenier, qui domine la rade, s’élevait la Batterie d’Estaing. Sous l’administration haïtienne, elle devient le Fort Télémaque. Plus près de la ville, dans le voisinage des anciennes casernes de l’armée, la Batterie de l’Anse avait pour mission de surveiller l’entrée du port. Sur le promontoire de la Pointe, se dressait le Fort La Pointe qui croisait ses feux avec ceux de la Batterie d’Estaing. De sa nombreuse artillerie, seuls ont survécu quelques canons presque enfouis dans le sol et qui servent aujourd’hui de sièges aux promeneurs et le « Madan Brise », grosse pièce de 90, installée dans le fort en 1869, par Brice Ainé, chef du 1er corps d’armée du Sud en guerre contre Salnave.

Anaise Chavenet et Ketly Mars posant sur le canon du fort de
Marfranc lors de leur tournée  au festival national  de la poésie
 
Répondant aux vœux de Dessalines d’ériger des places fortes pour contrer toute tentative d’agression étrangère, Martial Besse éleva sur une position apparemment inexpugnable, à 25 minutes de Jérémie, le Fort Marfranc. Quelques spécimens de canons, héritage de l’Occupation britannique, s’y trouvent encore. Le général Laurent Férou, héros de l’indépendance, y repose depuis 1806. Si l’on excepte le Fort Salomon, assis sur un monticule à l’entrée de la ville, construit par Salnave, restauré par Salomon, et qui n’est qu’un blockhaus, le Fort Marfranc est semble-t-il, le seul ouvrage fortifié d’importance à avoir été édifié dans la région, après le départ des Français.

La pêche est l'une des activi
tés économiques de Jérémie
Les principales productions agricoles de la région jérémienne sont le café, le cacao, la figue-banane, l’arbre à pain, l’arbre véritable et le vétiver. Les activités industrielles se concentrent sur la production du miel, de la cire d’abeille, de l’alcool et sur la préparation des peaux de bœufs et de chèvres. La pêche se classe parmi les activités économiques les plus intenses de la zone.

Sur ce territoire fertilisé par l’abondance des pluies, s’épanouit une grande variété d’arbres fruitiers. En ce qui concerne la mangue, on n’en compte pas moins de 22 espèces différentes, et parmi les plus renommées, la saraphine, le zabricot, la cannelle et le camphre. L’igname de France, le couche-couche, le beurre frais, le fromage à la crème, le sirop miel sont excellents. Le « konparet  », la friandise spécifique de la Grand’ Anse, est apprécié de tous.

La fontaine de Ti-Amélie
s'est asséchée, mais ses lar
mes ne cesseront de couler
.

La ville de Jérémie  jouit d’un climat des plus agréables et des plus sains. Jamais de fortes chaleurs. En été, l’air se renouvelle, grâce à une brise constante. Cette même brise rafraîchit l’atmosphère en hiver et entretient une température comparable à celle du printemps des pays de la zone tempérée.

La vie religieuse est animée par l’Eglise Catholique et de nombreuses confessions protestantes, dont la plus ancienne est l’Eglise Wesleyenne. Sur la place Dumas, se dresse l’église paroissiale qui, avec l’érection de la Grand’ Anse en diocèse, en 1972, est devenue cathédrale. L’actuel édifice remplace l’ancien temple incendié en 1874. En 1879, un crédit de 30.000 gourdes voté par les Chambres permit de mettre en train sa reconstruction. Les travaux ne prirent fin qu’en 1901. Dédiée à Saint Louis, roi de France, l’église de Jérémie est remarquable par ses robustes contreforts et par la superbe rosace qui rayonne sur sa façade. Depuis quelques années a été entamée, proche de l'Evêché, la construction d’une nouvelle cathédrale de forme circulaire qui promet d’être imposante.
Alix Félix, fondateur
de Radio Grand'Anse
Dans le domaine culturel, de grands efforts sont accomplis pour annihiler les retombées négatives encore perceptibles des malheureux événements de 1963. Cette campagne est principalement conduite par l’Eglise Catholique, les sectes protestantes et l’Alliance Française … De nombreux bars, restaurants, discos, un centre culturel, propriété de l’Evêché, un terrain de sport, le parc St Louis, permettent aux habitants de se détendre et de sortir de leur isolement.

La Cabane offre une vue panoramique
sur l'océan ou sur le jardin
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De petits hôtels, « de qualité acceptable », accueillent les visiteurs. Parmi eux, La Cabane, l’Hôtel des Trois Dumas, l’Auberge Inn, Le Bon Temps, tous dans le quartier résidentiel de Bordes.

Trois faits majeurs ont marqué l’histoire de Jérémie : le siège de la ville par les Piquets en 1869 et par l’armée gouvernementale en 1883, et les Vêpres jérémienne  de 1963 qui sonnèrent le massacre de familles bourgeoises, par représailles pour la participation de certains des leurs à l’insurrection anti-duvaliéristes du groupe Jeune Haïti.

Malgré ses malheurs, la capitale de la Grand’ Anse est restée une ville cordiale et hospitalière, d’un charme captivant. Redeviendra-t-elle cette « cité des Poètes » ou cette « Athènes d’Haïti », titres dont elle s’était réclamée dans le passé, pour avoir donné naissance à d’illustres fils, tels que Linstant de Pradine, Edmond Paul, Edmond Laforest, Etzer Vilaire ?... La renaissance qui s’est amorcée ravive les espoirs.

La distance de Jérémie à Port-au-Prince est de 224 kilomètres.

Édition et  adaptation: Herve Gilbert

Source de référence :Georges Corvington
Georges Corvington 





Les amis de la place Dumas de Jérémie sous le soleil de la Floride !