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Sunday, September 26, 2021

Les Gangs armés invités à s’accaparer du Palais National…

Une île qui a perdu sa boussole et ne sait plus où jeter l'ancre
 

Par Max Dorismond

Voilà, le mal est fait! La finalité que tous appréhendaient vient d’être concrétisée sur les ondes de l’émission « Matin Débat », en ce vendredi 24 septembre 2021, par un animateur du nom d’Esaüe César (voir la vidéo). De crise en crise, les Haïtiens en avaient marre de patauger dans les méandres de la délinquance, de la déliquescence, de la misère inhumaine d’une nation ravagée par la violence et sa sœur jumelle, la peur, d’une île qui a perdu sa boussole, sans savoir exactement où jeter l’ancre. 

Tous les adjectifs sont utilisés pour accuser les dirigeants et les aspirants dirigeants qui caressent tous un rêve commun : piller la caisse du pays. L’animateur les épingle comme des « Gangs à cravate », « Gangs de la presse », « Gangs à paletot » ou « Bandits à costume » qui ne sont que des voleurs, nullement différents des Gangs armés de la rue qui déstabilisent la nation. 

Sans ambages, et sans nuances, dans une crise délirante, telle une plainte de fin du monde, sur un ton éruptif, M. César, jouant au prophète de l’apocalypse, s’est affranchi des interdictions morales et contextuelles, pour inviter les Izzo, les Tilapli, les BBQ, les Crisla et Cie, à cesser les palabres et à s’emparer, une fois pour toutes, du Palais national, car la similitude entre eux et ceux qui détiennent la bride ne souffre d’aucune nuance. 

Son exaspération a trouvé tout d’abord sa source et son inspiration dans la déchéance et le discrédit des institutions du pays. En tête de liste, une cinquantaine de gangs des bas-fonds de Port-au-Prince, lourdement armés, venus des périphéries de la capitale, s’occupaient de la circulation sur la Grand’rue, ce vendredi 24 septembre. Ils invitaient les voitures à pénétrer dans les zones de non-droit, à Martissant, tandis qu’à 20 mètres, des policiers également armés, à bord de deux blindés, assistaient à la scène dans une totale indifférence.

Une autre source d’agacement est l’humiliation de nos congénères, parqués à la frontière du Rio Grande (Mexique/USA), qui font la une de tous les médias du monde sans ébranler nos dirigeants. La vie est devenue intenable en Haïti, malgré la résilience proverbiale de ce peuple. Les politiciens de tout poil et de tous horizons, hyper riches, et en transit au pays, arborant un air d’autosatisfaction dans leurs VUS blindées, ont poussé l’animateur à sortir de son cadre objectif pour lancer cette surprenante invitation et offrir un micro à ces Robins des bois nationaux. C’est un choix discutable tant par sa singularité que par sa frivolité. Mais, il fallait s’y attendre! 

À bien réfléchir, entre les « Gangs à paletot » du pouvoir et les Gangs de la rue, sans tordre la perception de la réalité, y’a-t-il une différence ? De prime abord, on serait tenté de comprendre le ras-le-bol de l’animateur Esaüe César. Privé de tout, évoluant dans la déchéance suprême, happé par la spirale de la faim, le pauvre de la rue est un oublié, un laissé pour compte, qui n’a d’autres recours que la délinquance ou emprunter la route de l’exil vers l’Amérique du sud pour entreprendre un pèlerinage hasardeux, à travers la jungle de la cordillère des Andes, au risque de se faire dévorer par les crocodiles, dans l’espoir d’arriver, après mille tourments, dans ses dernières illusions, à la frontière des USA, pour se faire attraper au lasso par les cow-boys du Far-west de l’armée américaine. 

De l’autre côté, un autre groupe, à moitié analphabète, occupant soit le pouvoir, soit les couloirs de l’opposition, mène le pays à sa ruine, car il ne cherche autre chose que l’arche d’argent qui doit lui garantir le bien-être d’un exil doré en pays étranger. Ce comportement de bandits légaux, de pilleurs de nation, de contrebandiers, a contribué à l’assassinat crapuleux du président Jovenel Moïse, un autre bouffon, un autre bon à rien qui ne méritait point cependant une telle fin. 

L'invitation de "Matin Débat" aux chefs de gangs

Donc, les « Gangs à costume » à la recherche des espèces sonnantes et trébuchantes n’hésitent pas à tuer, sans rien gérer. Les Gangs de la rue kidnappent, assassinent, handicapent le pays pour exorciser leur vie de chien. On se trouve en face d’un dilemme criant, faute d’un choix exhaustif. Tout le monde appréhendait cet appel du pied. Il est arrivé clairement sur les ondes d’un marchand d’opinions, sans surprise, car le pays en a vraiment ras-le-bol. 

Si un Crisla, un Barbecue ou un Lanmô san jou devient président, comment serait notre futur? C’est la question à un million de dollars pour laquelle on cherche encore une réponse. Attendons demain : « La guê avêti pa tiyé kokobe »! Le mot d’ordre est lancé sur les ondes de « Matin Débat » par le chef de gangs Crisla, par ses mots chargés de troublantes espérances : « Si nèg geto met têt ansanm nap fè mèvèy ». En fait, ils se voient déjà au pouvoir! 

Espérons que ces « bruits de sapate » resteront sans effets et que la frange saine de la société saura accoucher d’une solution éclairée pour nous tirer de l’horreur de la nuit, pour le bien-être de la majorité, à ce carrefour dangereux de la vie nationale! 

Max Dorismond



Friday, September 24, 2021

Daniel Foote, ce diplomate Américain qui porte en lui les valeurs Américaines

L'émissaire américain en Haïti Daniel Foote a démissionné de sa fonction.


Par: Jean Rico Louis

Daniel Foote ,ce diplomate Américain qui porte en lui les valeurs Américaines et Ami d'Haïti.

Ce diplomate Américain est le porte parole du peuple haïtien souffrant et incompris auprès de l'administration Biden.

IL a au moins une conscience et ne veut point être complice de cette politique de déportation des haïtiens vers ce pays déchiré par toutes sortes de conflits politiques et où survivre est un miracle quotidien.

IL est cette lumière de Dieu qui chasse les ténèbres de toutes cruautés nées des préjugés raciaux et qui semble dire au peuple Américain ceci: souvenez-vous que vous aviez été tout comme le peuple haïtien des réfugiés auparavant , et que c'est Dieu qui vous a permis de trouver le repos et la vie sur cette terre que vous considérez aujourd'hui comme vôtre ou la terre promise.

La seule différence entre vous et le peuple haïtien aujourd'hui ,est que vous aviez eu des leaders prévoyants pour vous inspirer et aider à bâtir ce pays que vous appelez depuis toujours vôtre, tandis le peuple haïtien n'en a pas.

Alors ...soyez ses leaders tandis qu'il est orphelin et en difficulté par dessus tout.

Ce peuple incompris et rejeté par certains pays du monde pour toutes sortes de raisons , aurait pu être une grande nation si, au lendemain de son indépendance , toutes les forces esclavagistes du monde ne s'étaient liguėes contre lui pour avoir osé être libre en renversant le système d'esclavage cruel ou inhumain.

Dieu n'est ni sourd ni aveugle . IL fait toujours grâce aux nations généreuses qui volent au secours d'autres peuples en difficulté et victimes de la cruauté des uns et des autres .

L'histoire d'Haïti est une légende humaine écrite par des hommes au caractère indomptable , à la dernière bataille de Verrières en 1803 sur les forces esclavagistes de Napoléon Bonaparte , l'ex bourreau sanguinaire de l'Europe.

Haïti n'a jamais été une menace pour personne.

Bien au contraire ! Ce peuple a toujours été un amant de la liberté tout comme les États unis d'Amérique . Et au cours de son existence, sa seule passion a toujours été également : voler au secours de tout peuple victime d'oppression.

Voilà le point commun que ce pays a en partage avec les États unis d'Amérique , aujourd'hui reconnu comme leader du monde libre !

Toutes nos félicitations à Monsieur Foote pour sa compassion et la défense des droits du peuple haïtien souffrant auprès de l'administration Biden. Le peuple haïtien se souviendra longtemps encore de vous et de votre sens indéniable de générosité !

Que la grâce de Dieu vous accompagne partout où vous vous serez retrouvé sur cette planète pour imprimer dans la conscience universelle les valeurs Américaines.

Jean Rico Louis

Thursday, September 23, 2021

Le gâchis et l’incompétence du gouvernement de Joe Biden

Daniel Foute,l'envoyé spécial de Joe Biden en Haïti a démissionné

La crise des migrants haïtiens est un tel gâchis que l'envoyé de Biden vient de démissionner

L'envoyé spécial du président Joe Biden pour Haïti a brusquement démissionné dans une déclaration virulente contre la décision de l'administration Biden d'expulser des dizaines de migrants haïtiens à la frontière sud des États-Unis. 

Le diplomate de carrière Daniel Foote n'a été désigné comme l'envoyé spécial de Biden pour Haïti qu'à la fin du mois de juillet, mais il a écrit dans une déclaration accablante qu'il ne peut pas soutenir le traitement "inhumain" des réfugiés par l'administration. Les autorités américaines ont expulsé plus de 500 Haïtiens au cours de la semaine écoulée après que des réfugiés ont installé un camp de fortune sous un pont à Del Rio, au Texas. 

Dans une déclaration rapportée par Yamiche Alcindor, correspondante de PBS, Foote n’est pas passé par quatre chemins. Il a déclaré qu'il démissionnait "avec effet immédiat", soulignant au passage : "Je ne serai pas associé à la décision inhumaine et contre-productive des États-Unis d'expulser des milliers de réfugiés haïtiens et d'immigrants illégaux vers Haïti, un pays où les fonctionnaires américains sont confinés dans des enceintes sécurisées en raison du danger que représentent les bandes armées qui contrôlent la vie quotidienne." 

L'administration Biden a été condamnée de tous les côtés sur l'échiquier politique pour sa gestion de l'afflux de migrants haïtiens à la frontière cette semaine – où dans un incident choquant et humiliant en début de semaine, qui a fait le tour du monde, on remarqua des agents de la Border Patrol poursuivant des migrants en fuite à cheval, comme autrefois au Far-West. 

Les images controversées de gardes-frontières poursuivant les
migrants et brandissant de longues rênes comme un fouet.      

Foote en profite pour souligner que : "Notre approche politique d'Haïti reste profondément défectueuse, et mes recommandations ont été ignorées et rejetées, quand elles n'ont pas été retouchées pour projeter un récit différent du mien. Le peuple haïtien... ne peut pas supporter l'afflux inhumain de milliers de migrants de retour qui manquent de nourriture, d'abri et d'argent sans que cela ne se termine par une tragédie humaine supplémentaire, alors évitable." 

Un fonctionnaire anonyme du département d'État a confirmé au Miami Herald que Foote avait présenté sa démission, en disant : "Nous le remercions pour les services qu'il a rendus à son pays et au peuple haïtien". Un deuxième fonctionnaire a déclaré au journal que Foote avait "cherché à obtenir un mandat plus large et des responsabilités de supervision, ce que nous ne pensions pas être approprié ou prudent à ce moment-là."           

Note de Haïti Connexion Culture: « La soupe est chaude à la fin. Tout le monde essaie de sauver leur peau. Les fonctionnaires du Département d’État se trouvent coincés dans leurs p’tits souliers. La Maison Blanche a qualifié les scènes d’horribles. Il a fallu un brave pour dire ce que le monde entier pense tout bas. C’est de l’anarchie pure quand le racisme n’a plus de limite ». Les vidéos et images de gardes-frontières américains à cheval poursuivant des migrants (et brandissant de longues rênes comme un fouet) près du fleuve Rio Grande au Texas ont suscité la controverse à travers la planète.

Wednesday, September 22, 2021

Expulsés du Texas, les Haïtiens en colère et angoissés face aux gangs


Usées par les mois de voyage à travers l’Amérique centrale, les familles haïtiennes expulsées en nombre dimanche oscillent entre la colère du traitement subi aux États-Unis et l’angoisse de vivre à nouveau dans leur pays désormais en proie à la violence des gangs. 

Les États-Unis avaient suspendu les expulsions de migrants haïtiens en situation irrégulière suite au séisme qui avait ravagé la moitié sud d’Haïti, le 14 août, mais le regroupement en quelques jours de plus de 15 000 migrants, dont une majorité d’Haïtiens, sous un pont au Texas a changé la donne. 

En moins de deux heures, trois vols partis du Texas ont atterri dimanche sur le tarmac de Port-au-Prince : jamais les autorités migratoires haïtiennes n’ont eu à gérer un tel afflux.  

À leur descente de l’autobus venu les chercher au pied de la passerelle, les familles ont déversé leur colère et frustration sur les employés administratifs et les photojournalistes, sommés de ne pas prendre d’images.  

« Biden sait bien ce qu’il fait, mais il s’en fiche. Il nous traite, nous et nos enfants pires que des bêtes » hurle une femme, les larmes coulant sur son visage.  

Autour d’elle, quelques hommes acceptent de se confier sur les conditions dans le centre géré par l’administration migratoire étasunienne, à proximité du pont sous lequel ils avaient passé plusieurs nuits.  

Pas de lits ni de douches

« On n’a pas eu de lits pour dormir : on dormait avec seulement une fine bâche plastique pour nous couvrir, alors que l’espace était trop climatisé. Et on dormait à même le sol en béton », témoigne Garry Momplaisir qui a passé cinq jours dans le lieu.  

« On n’a pas pu se doucher. Il y avait des toilettes, mais aucun endroit prévu pour nous laver » ajoute l’homme de 26 ans, expulsé en compagnie de sa femme et leur fille de 5 ans.

Le processus d’enregistrement par les autorités haïtiennes s’éternisant, beaucoup de parents ont profité de l’attente pour donner une toilette sommaire à leurs plus jeunes enfants.

Enfants chiliens expulsés en Haïti

Selon les manifestes des trois vols consultés par une journaliste de l’AFP, près de la moitié des 327 Haïtiens expulsés par les États-Unis dimanche ont moins de 5 ans et sont tous nés hors d’Haïti.  

Car avant d’arriver à la frontière mexicano-étasunienne, ces Haïtiens avaient vécu plusieurs années au Chili et au Brésil, où ils avaient émigré au courant des années 2016 et 2017.

« À Santiago, j’avais un petit commerce, mon mari travaillait. On arrivait à économiser de l’argent : c’est ce qui nous a permis de faire toute la route vers les États-Unis » témoigne une jeune femme qui se fait surnommer Jeanne, refusant de décliner son identité par peur d’être stigmatisée.

Avec Maël, leur fils de trois ans détenteur d’un passeport chilien, Jeanne et son mari ont traversé le sous-continent américain en deux mois, une route migratoire considérée aujourd’hui parmi les plus périlleuses selon les organisations humanitaires.

« C’est une chose inexplicable. Personne ne peut vraiment témoigner de cette horreur », soupire la jeune Haïtienne. « Si j’avais su ce que j’allais vivre, jamais je n’aurais fait ce voyage », frémit-elle, au bord des larmes.

Le couple dit avoir dépensé 7000 dollars américains pour arriver jusqu’au Mexique et 2000 dollars additionnels pour arriver à la frontière texane.

Comme d’autres familles expulsées vers Port-au-Prince dimanche, ils croyaient, à tort, pouvoir bénéficier de l’extension du statut migratoire spécial TPS.  

L’administration Biden a bien étendu l’octroi aux Haïtiens du TPS, destiné aux ressortissants de pays dangereux ou frappés par des catastrophes naturelles, mais uniquement aux ressortissants qui se trouvaient sur le sol américain avant le 29 juillet.  

Ses études en gestion bouclées, Jeanne avait aussitôt quitté Haïti en 2016.

« Si j’avais pu trouver du travail, jamais je ne serais partie. Maintenant la situation du pays a tellement empiré », s’inquiète-t-elle.

PAR:AMÉLIE BARONAGENCE FRANCE-PRESSE

Friday, September 17, 2021

"Lakay se lakay" - On est heureux que chez soi - Martine veut rentrer au bercail

Martine Moïse sur le plateau de WPLG  le 15 septembre 2021

Une traduction de HCC de la version orginale anglaise Newsweek 

 L’ex-première dame d'Haïti, veuve Martine Moïse décide de rentrer en Haïti malgré le danger : "C'est peut-être l'enfer, mais c'est chez nous", a-t-elle soutenu. 

Elle a déclaré qu'elle avait l'intention de rester dans son pays natal, même si la crainte d’une deuxième tentative d'assassinat contre elle, se justifie.

Quel autre endroit ai-je ? a déclaré Mme Moïse lors de l'interview sur WPLG diffusée mercredi soir. C’est chez soi qu’on est le mieux. C'est peut-être l'enfer, mais c'est chez moi."

 

Madame était venue à Miami, en Floride, pour recevoir des soins médicaux suite aux blessures écopées  lors de l’attaque de sa résidence dans la soirée du 7 juillet au cours de laquelle son mari, le président Jovenel Moise a été assassiné. Depuis lors,  elle réside  aux États-Unis , mais était retournée en Haïti pour les funérailles.

 

Elle a subi des blessures par balle aux bras et à la cuisse et d’autres plus graves à la main et à l'abdomen. Elle a quitté l'hôpital le 17 juillet. Ses blessures l’ont handicapée en rendant son coude droit non fonctionnel. Elle portait une attelle au bras droit pendant son interview télévisée. Connaissant le diagnostic, elle a déclaré que son bras droit resterait courbé mais non pliable.

 

Toujours au cours de l’entrevue, elle continue, "Je n'étais pas censée être en vie cette nuit-là. Donc je suis toujours en danger, c'est ce que je pense". 


L’intégralité de l’interview de Martine Moïse sur le Channel10 (WPLG)

 https://www.local10.com/news/local/2021/09/16/watch-martine-moises-full-interview-with-local-10-news/


L'attaque hautement coordonnée par un groupe super entraîné et lourdement armé" s'est produite à 1 heure du matin, heure locale, le 7 juillet, selon le communiqué du Premier ministre par intérim du pays. Au moment de l'attaque, elle et son mari dormaient dans leur résidence privée de Port-au-Prince. 

Martine Moise a déclaré à WPLG (Local 10) qu'elle avait ses propres soupçons quant à l'identité du commanditaire de l'assassinat. Cependant, elle a refusé de nommer quelqu’un pour ne pas interférer avec l'enquête en cours. 

"Le président voulait qu'Haïti soit démocratique", a-t-elle déclaré, en parlant de son défunt mari. "Il voulait en finir avec la corruption qui gangrène le pays jusqu'à l'os. Et vous savez, en Haïti, il y a beaucoup de gens puissants qui baignent dans cette magouille. Donc il s’est créé beaucoup d'ennemis". 

Plus de 40 suspects ont été arrêtés en lien avec l'assassinat, a rapporté l'Associated Press. Les autorités continuent de rechercher d'autres. 

Le 14 septembre, le procureur général d'Haïti a demandé à un juge d'inculper formellement le Premier ministre Ariel Henry dans l'assassinat de l'ancien président. Les enquêteurs ont découvert que Joseph Badio, un des principaux suspects de l'assassinat, a appelé Henry à deux reprises dans les heures qui ont précédé le meurtre du président.

Herve Gilbert

Thursday, September 16, 2021

Avant que l’arrière-pays ne se dépeuple entièrement


Par Max Dorismond 

Il n’est pas loin le jour de cette catastrophe annoncée. Depuis 1957, une saignée à blanc des villes de province s’opère dans un silence troublant. Et Port-au-Prince, fondée en 1749 pour 250 000 âmes environ, se remplit à vue d’œil de ces exilés involontaires, au point d’être engorgée aujourd’hui, avec plus de 3 millions de « chrétiens vivants ». C’est à donner le tournis à tous ceux qui s’en soucient. 

Face à cette inconscience collective, nous, de la diaspora, y pensons jour et nuit, avec la sincère intention de corriger la trajectoire incandescente de ce mal incurable, comme si nous regrettons d’avoir donné le signal de départ à la meute. 

Ainsi, nous nous accrochons à toutes les bouées qui ont été lancées en ce sens, aux fins d’une solution imminente, quitte à les dupliquer. Dans cette perspective, nous avons eu l’opportunité d’écouter, via l’électronique, la conférence du Professeur Samuel Pierre, PhD, intitulée « La Cité du savoir en Haïti, un milieu innovant », prononcée cet été à l’Université du Québec à Chicoutimi, en rapport au projet de GRAHN-MONDE (Groupe de Réflexion et d’Action pour une Haïti Nouvelle), lors de la « Francophonie des Amériques ». 

Étant un sympathisant du groupe depuis sa fondation, 8 jours après le terrible séisme de janvier 2010, je suis de très près le moindre progrès dans la réalisation de ce projet titanesque débuté initialement à Génipailler (Milot), dans le nord d’Haïti, et qui tente de retenir chez nous nos jeunes, en leur offrant, par le biais de la connaissance, tous les outils nécessaires pour une vie décente, de sorte qu’ils n’aient plus besoin d’aller quémander, comme nous, outremer. 

C’est une mission échelonnée sur 30 ans qui ratisse très large au niveau humain, avec l’idée de créer un « Nouvel Haïtien » grâce à l’apport d’une nouvelle forme d’apprentissage, misant sur la science, la haute technologie, la créativité, le travail collectif et non sur l’individualisme ou la concurrence, comme par le passé, l’objet de tous nos maux. 

Pour cela, un outil puissant a été créé, c’est l’ISTEAH (Institut des Sciences des Technologies et des Études Avancées d’Haïti), une université virtuelle en ligne avec ses 200 professeurs qui sont, pour la plupart, des bénévoles. On y trouve des Africains, des Américains, des Belges, des  Canadiens,  des Français, des Haïtiens et des Suisses, qui dispensent des cours de maîtrise et de doctorat, à des compatriotes, dont plusieurs sont appelés à préparer « l’Haïtien nouveau », pris en main dès la petite enfance. 

Tout ceci n’est qu’un résumé de ce projet grandiose que nous voulons voir se déployer, se concrétiser aussi dans la Grand-Anse, comme il est déjà inscrit dans le plan de GRAHN-MONDE, sous le nom de PIGRAS (Pôle d’Innovation du Grand Sud). 

Pour vous en convaincre, je vous invite à écouter la « Conférence de Chicoutimi ». Je demeure persuadé que vous serez enchanté de découvrir que, malgré tout, il existe chez nous des hommes et des femmes qui croient encore dans la rédemption de cette île ballottée par des eaux infestées de requins de toutes les couleurs. 

Veuillez cliquer ici:  https://www.youtube.com/watch?v=8ies2krcjrA   



 

Max Dorismond

Une nouvelle page de l'histoire d'Israël s'est tournée dimanche avec la fin de 12 ans de règne ininterrompu du premier ministre Benyamin Nétanyahou, écarté par un vote de confiance du Parlement à une coalition hétéroclite menée par son ancien allié Naftali Bennett.

Ce changement à la tête du gouvernement est entré en vigueur dès la fin du vote historique : 60 députés ont voté pour la nouvelle coalition, qui va de la droite à la gauche, en passant par l'appui d'un parti arabe, et 59, principalement du parti Likoud de M. Nétanyahou, de l'extrême droite et des partis ultra-orthodoxes, s'y sont opposés.

Et dès l'annonce du résultat, des Israéliens ont célébré dans les rues de Tel-Aviv et Jérusalem, théâtres de manifestations anti-Nétanyahou pendant un an.

Le gouvernement travaillera pour l'ensemble de la population israélienne, y compris la minorité arabe, mais aussi les juifs ultra-orthodoxes qui n'ont aucun élu dans cette coalition, a déclaré au Parlement M. Bennett, chahuté par ses adversaires politiques dont plusieurs ont été expulsés de l'assemblée plénière.

Je comprends que ce ne soit pas un jour facile pour beaucoup aujourd'hui, mais ce n'est pas un jour de deuil, c'est un jour de changement, de changement de régime dans une démocratie. 

Je promets que ce gouvernement travaillera pour l'ensemble du pays, personne ne doit en avoir peur,” a encore assuré M. Bennett.

Aux dernières législatives de mars, le Likoud a terminé en position de tête, mais M. Nétanyahou n'a toutefois pas réussi à rallier une majorité de 61 députés nécessaire pour former un gouvernement.

Félicitations américaines et canadiennes

Le président américain Joe Biden a félicité dimanche le nouveau premier ministre.

Au nom du peuple américain, je félicite le premier ministre Naftali Bennett, le premier ministre par alternance et ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et tous les membres du nouveau gouvernement israélien”, a dit M. Biden dans un communiqué, en disant avoir hâte de travailler avec M. Bennett pour renforcer tous les aspects de la longue et étroite relation entre nos deux pays.

De son côté, lui aussi par voie de communiqué, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a rappelé que le Canada et Israël “sont des amis proches qui partagent des valeurs démocratiques, un long historique de coopération, et des liens très étroits”.

Le chef libéral dit avoir hâte de travailler avec le nouveau gouvernement, notamment dans la foulée de la pandémie de COVID-19.

Succès de la coalition anti-Nétanyahou

Devant l'impasse, le président Reuven Rivlin a demandé au chef alors de l'opposition Yaïr Lapid, de tenter sa chance.

Et ce dernier a réussi in extremis début juin à réunir une majorité en formant une coalition ralliant deux partis de gauche, deux de centre, trois de droite et – fait rarissime – la formation arabe Raam de Mansour Abbas. Le soutien de Mansour Abbas et de Naftali Bennett a été essentiel pour atteindre le seuil de la majorité.

Et pour s'assurer du soutien de M. Bennett, Yaïr Lapid lui a proposé d'être le premier premier ministre, pour deux ans, avant d'enfiler lui-même en août 2023 le costume de chef de gouvernement. Si, bien sûr, cette coalition hétéroclite fragile parvient à rester au pouvoir jusque-là.

Rétrogradé au poste de chef de l'opposition, Benyamin Nétanyahou a averti lui qu'il attaquerait le gouvernement dans l'espoir de revenir au pouvoir rapidement, malgré ses 71 ans et son procès pour corruption, malversation et abus de pouvoir dans une série d'affaires.

Si c'est notre destin d'être dans l'opposition, nous le ferons la tête haute, nous allons faire tomber ce mauvais gouvernement et nous serons de retour pour diriger le pays à notre manière [...] Nous serons de retour bientôt, a-t-il lancé au Parlement, en qualifiant de faible le nouveau gouvernement. 

Devant le siège du Parlement à Jérusalem, des manifestants arborant le drapeau national bleu et blanc serti de l'étoile de David, ont apporté leur soutien à la nouvelle coalition. Sur la place Rabin à Tel-Aviv, des Israéliens se préparaient à une nuit de fête.

Nétanyahou va à la maison. Ce premier ministre est resté là pendant trop longtemps. Il a essayé de changer le système en sa faveur et d'échapper à certains crimes, alors aujourd'hui c'est la fête à Tel-Aviv”, a dit un serveur dans un bar, Jorel Franganti, 24 ans.

L'Iran et la relance économique comme priorités

En présentant au Parlement les grandes lignes de son gouvernement, Naftali Bennett a affirmé que sa coalition ne laisserait pas l'Iran se doter de l'arme nucléaire.

Ce gouvernement commence son travail sous la plus grave des menaces sécuritaires”, a-t-il dit à propos de l'Iran, assurant que son pays se réserverait une liberté totale d'action contre son ennemi juré.

Outre le dossier iranien, ce gouvernement, uni par sa seule volonté de faire chuter M. Nétanyahou, devra trouver un terrain d'entente sur la relance économique post-pandémie, et éviter des sujets sensibles comme la question palestinienne.

Dès son entrée en fonction, la coalition sera confrontée à des défis pressants comme la marche prévue mardi de l'extrême droite israélienne à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël.

Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans l'enclave palestinienne de Gaza sous blocus israélien, a déjà menacé de représailles si cette marche se tenait près de l'esplanade des Mosquées. Dimanche, il a indiqué que le nouveau gouvernement ne change rien à ses relations avec Israël.

En mai, le Hamas avait formulé une menace similaire avant de lancer des roquettes sur Israël, ce qui avait mené à une guerre de 11 jours entre les deux protagonistes.

Source : AFP

Sunday, September 12, 2021

Haïti est plutôt fatiguée de la communauté internationale

Par Dr BARTHÉLÉMY Guibert

Le jeu de la communauté internationale avec Haïti ressemble au jeu du chat qui mange la souris, et le chat félicite toutes les souris qui se sont fait manger et blâme toujours la souris qui s'en est échappée.

Depuis la rédaction de la Bible où la communauté internationale nous a reconnus comme descendants de Scham voués à l'eclavage,  passant par la rédaction du code noir de 1685, la communauté internationale ne nous a jamais bien considérés au rang des humains.

Quand 500 000  nègres ont changé l'ordre mondial esclavagiste voulu et accepté par un millard d'habitants de la planète en 1803, la saveur ne s'envole pas en deux siècles d'histoire. 

C'est cette même communauté internationale qui a pris le contrôle de nos élections, nous a imposé des marionnettes au pouvoir.

C'est cette même communauté internationale qui a déstabilisé nos gouverments légitimes et populaires. Haïti est enfin fatiguée des astuces du clan mafieux des Clinton.

Oui,  nous sommes fatigués des traînées de boues de cette communauté internationale qui veut détruire notre âme Nationale et notre histoire.

Le seul tort que nous avons fait à la communauté internationale, c'est d'avoir remporté la bataille de Vertières, mais depuis,  cette communauté internationale nous combat et nous fait sans cesse du tort.

C'est cette communauté internationale qui nous a isolés au lendemain du premier janvier 1804, qui nous a combattus pour avoir émancipé notre race. Cette communauté internationale nous destabilise depuis plus de deux siècles: elle nous occupe en 1915, massacre nos concitoyens à Marchaterre, humilie notre héro Charlemagne Péralte, profane le tombeau de Dessalines, pille nos réserves en or, exploite et deboise nos forêts, organise des coup d'état sanglants contre notre nation, assasine nos intellectuels sous le prétexte de communisme.....

Cette communauté internationale nous destabilise encore en 2004 en accord avec les hommes d'affaires americano-haïtiens en kidnappant un Président élu, en assasinant nos policiers et en brûlant nos commissariats, rien pour venir imposer la MINUSTAH et pour voler des et des tonnes de nos minerais.....

Honte pour la communauté internationale.

Mort à cette communauté pseudo-internationale.

Haïti a marre de cette communauté internationale pourrie, assassine, corrompue, mafieuse et délinquante.

Il ne faut pas voir Haïti comme une communauté de méchants et la communauté internationale comme une communauté de moutons, du moins c'est une communauté internationale de moutons qui savent manger les lions.

Je n'échangerai ni mon sang, ni mon âme, ni mon esprit et encore moins, l'histoire de ma République d'Haïti,  pour plaire ou complaire l'intellectulaité fausse et irréelle de cette soi disante communauté internationale. 

Je ne partirai pas pour être un ouvrier dans une quelconque nation de cette communauté internationale qui ne chante pas la Dessalinienne, qui n'a pas de choucounes, qui n'a ni Oswald Durand , ni Etzer Vilaire, ni Jean Price Mars. Je resterai et je mourrai sur la terre de la légende, la terre de Capois La Mort, la terre de Lumane Casimir, de Timanno,  de Rosalvo Bobo et de Gouverneur de la Rosée afin d'être veillé et d'être enterré parmi les miens dans la Mecque de la Liberté des Noirs.

Si le feu brûle dans la paille de nos maisons,  il faut savoir que nos incendies sont allumés par les malfaiteurs de la communauté internationale, cachés sous les costumes de diplomates et les tenues de maintien de le paix. Cette communauté internationale allume le feu dans notre nation et se prête ensuite comme pompiers pour les pyromanes.

Les intellectuels de la communauté internationale, loin d'être nos amis, sont de préférence les fossoyeurs du tombeau de notre Nation. Nous devons cesser d'avoir les pieds des noirs haïtiens et la tête des blancs. Nos intellectuels doivent cesser d'avoir un corps national hébergeant une âme internationale.

La comunidad internacional es una vergüenza para Haiti !!!

The international community is a shame for Haïti !!!

                                       18 Mars 2021

Dr Barthélémy Guibert
Neurophysiologiste Clinique
Prof de Neurosciences

Friday, September 10, 2021

Christophe Colomb bientôt détrôné au Mexique


Par Meres Weche 

À l’occasion de la commémoration du 200e anniversaire de l’indépendance du Mexique, la mairesse de la capitale de ce pays, Madame Claudia Sheinbaum, a récemment annoncé, au cours de la célébration de la Journée internationale des femmes autochtones, que la statue de Christophe Colomb à Mexico va être remplacée par celle d’une ``femme olmèque``. Cette sculpture réalisée par le plasticien mexicain Pedro Reyes, est une œuvre réaliste de grande portée historique qui réhabilite en Amérique l’image de la femme autochtone. 

Dans le strict respect du patrimoine national, en dépit de la valeur révolutionnaire de cet acte, la statue enlevée va être placée sous la protection de l’INAH, institut d’anthropologie et d’histoire du Mexique, l’équivalent de l’ISPAN en Haïti. 

À noter qu’un geste pareil a été posé en Haïti, après 1986, mais la statue déboulonnée de force par une populace déchaînée, et fortement abimée, a été longtemps abandonnée dans la cour de la Mairie de Port-au-Prince, balayée par toutes les intempéries.  

En effet, Christophe Colomb, le premier colon de l’Amérique, responsable du plus odieux génocide que le monde ait connu, ne méritait pas tout l’honneur qui lui revenait, au point qu’un ancien territoire autochtone porte son nom. Cependant, sa statue garde une valeur patrimoniale universelle, ne serait-ce que pour figurer dans un musée de l’horreur. 

Il importe de reconnaitre en tout temps la double valeur historique et culturelle d’une telle œuvre dont le destin ne devrait dépendre de l’humeur iconoclaste du populisme.

Mérès Weche

Thursday, September 9, 2021

Isnard Douby, l'icône du System Band s'est éteinte.

Isnard Douby, maestro du System Band 

Par Hervé Gilbert

Le monde musical haïtien est en deuil, Isnard Douby, l'icône du System Band est décédée  des complications de l’infection de Covid-19, avons-nous appris.

Diabétique, ayant attrapé le virus le mois d'avril dernier, Douby a pris un tournant pour le pire: il ne respirait plus par lui-même. Il avait été hospitalisé en Floride, puis placé sous respirateur artificiel pendant un long temps. Ce jeudi 9 Septembre 2021, le Maestro est parti vers l'au-delà,  à l'âge de  72 ans, soit deux jours après son anniversaire de naissance.

Isnard Douby, maestro, chanteur du groupe musical System Band a marqué toute une génération avec ses nombreux hits.

Maestro Isnard Douby

Formé au lycée national de Pétion-ville, Isnard Douby a débuté sa carrière musicale comme trompettiste dans le trio des cuivres du groupe musical des Frères Déjean en compagnie de ses anciens camarades Fred et André Déjean. Lors du  voyage avec ce groupe, en 1979, il décida de rester à New York, puis fonda le System Band . Mais il dut délaisser  cet instrument sous les recommandations de son médecin après  avoir subi une opération  chirurgicale, alors qu'il était  trompettiste et chanteur de sa bande musicale.


Comme chanteur, le Maestro Douby a eu beaucoup de succès avec sa belle voix nasillarde concordant avec le System Band. Ceci durant plus de quarante ans à travers des tubes comme Anita, Baton Moise, Vacances, “lage kò w”, “ou fè m rele”, beeper,  chagrin d'amour, Inosan, Viagra, César, Chay Fanmi, etc. Ses morceauxi ont fait danser tout un monde dans les boîtes de nuit tant en Haïti qu'à l'étranger avec son compas "Makiavel" converti plus tard en "konpa karamèl-siromyèl".


Savourons Baton Moise du System Band


C'est une grande légende de la musique populaire haitienne qui s'en va. Isnard était un chanteur très talentueux. Il s'est fait remarquer par ses mélodies et ses compositions épicées du folklore haïtien. Les mélomanes se souviendront longtemps encore de ce troubadour très habile et de ce  compositeur de charme qui a laissé un patrimoine musical très riche pour la  postérité.

Isnard représente aussi avec ses pairs des Frères Déjean, l'un des modernisateurs du Compas direct,  définitivement les pionniers d'une autre tendance musicale en Haiti durant les décennies 70-80


La disparition  d'Isnard Douby  nous laisse avec beaucoup de chagrin à Haiti Connexion Network.


Nous présentons nos condoléances à ses enfants, son épouse Jeanne,  ses petits-enfants, aux musiciens du System Band, ses fans, et à tous les parents et amis que ce deuil affecte.


Isnard , tu nous as quittés, mais ta musique te survivra encore longtemps  à travers des générations.


Herve Gilbert




Monday, September 6, 2021

UN AMOUR DE ``KOKO``


Par Mérès Weche

Le ``kokoye``, c’est la plus grosse noix au monde. On l’appelle couramment ``noix de coco``, et le jus de coco, différent de l’eau de coco, est largement consommé dans le monde, en mode congelé.


Le cocotier: un palmier élégant réputé pour  ses
multiples usages est une plante tropicale.           
Le ``kokoye`` est tellement en amour avec le soleil qu’on ne voit pas un cocotier pousser dans les zones tempérées de la terre. Cette plante tropicale est si soucieuse de son fruit qu’elle garde son eau bien au fond de son cœur. Ayant choisi le soleil comme source de chaleur, le cocotier est assuré que son ``coco`` ne risque pas d’être altéré au grand air par la froidure du Grand Nord. 

Connait-on chez nous les vertus de ``l’eau de coco``Ɂ En effet, selon des médecins et nutritionnistes, elle est riche en potassium et permet de lutter contre l’hypertension artérielle. Ils lui reconnaissent également des vertus curatives en matière de réduction du taux de cholestérol et de préservation de la santé cardiovasculaire. Pourtant chez nous, de telles valeurs n’empêchent que le ``kokoye`` ait parfois des qualificatifs peu flatteurs. Dans le domaine de l’esthétique, par exemple, il désigne les jambes peu ``alléchantes`` d’une femme, alors que son diminutif, le ``koko`` occupe une place de choix dans l’anatomie féminine, au point de faire tomber bien des hommes.


La noix de coco contient une eau sucrée et   
désaltérante, une source d'hydratation dans 
un environnement dépourvu d'eau douce.
   
En Europe, particulièrement en France, le ``coco`` fait référence à la boite crânienne. Tandis qu’en Afrique et en Amérique - comme dirait le poète Constantin Mayard pour le tambour -, le ``coco`` c’est la chose humaine qui s’imprègne le plus de l’âme nègre.

En dépit de toutes les joies qu'apporte le "kokoye" dans la vie haïtienne, il est si banalisé, après avoir consommé sa chair et son eau, au naturel et dans toutes les recettes, on ne paie pas cher de sa peau dans les tas de détritus à ciel ouvert un peu partout dans Port-au-Prince. Le célèbre conteur Maurice Sixto dans "Léa Kokoye" traduit avec éloquence tout le dédain que "kokoye" peut signifier dans la mentalité haïtienne. Les spécialistes du 'backchat" dans nos institutions publiques ont des critères pour se choisir une secrétaire; en plus d'une belle face et de belles fesses, il est indispensable qu'elle ait de belles jambes sans "kokoye".  À quoi donc servent de tels membres, dits inférieurs par rapport aux bras, qui portent les doigts, indispensables au travail de la secrétaire.


Eh bien, dit un auteur `` Les jambes servent aux hommes à marcher, et aux femmes à faire leur chemin``. En Haïti, effectivement, pour qu’une jeune fille fasse ``son chemin`` dans l’administration publique, il ne faut pas qu’elle soit une ``Léa Kokoye``, telle que décrite par Maurice Sixto.


Pourtant, on aime tous le ``kokoye``, pour son eau et sa chair, mais il recèle tant d’images négatives dans notre inconscient collectif qu’il finit par symboliser dans nos mœurs Haïti même qu’on chérit et qu’on déteste tout à la fois.


Mérès Weche


Thursday, September 2, 2021

Proposition du GRAHN pour héberger victimes du séisme dans le grand Sud

Le dimanche 22 août  2021, le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN-Monde), créé huit jours après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, a tenu une rencontre virtuelle de réflexion portant sur le séisme qui a durement frappé le grand Sud, plus précisément les départements des Nippes, du Sud et de la Grand’Anse. Pendant quatre heures d’horloge et sans arrêt, les participants à cette manifestation patriotique et citoyenne ont échangé sur trois sujets d’importance : une analyse contextuelle du séisme et de ses conséquences sur les populations touchées ; les propositions concrètes pour venir en aide à ces populations qui risquent de s’enfoncer de manière irréversible dans la pauvreté extrême ; les défis de gouvernance auxquels le pays se heurte au cours des 35 dernières années et qui commandent une démarche de rupture pour arrêter cette descente aux enfers.

Une analyse contextuelle du séisme

Ce qui est ressorti clairement de cette analyse, c’est l’extrême vulnérabilité du pays face aux catastrophes naturelles et humaines, causée par un déficit notoire de gouvernance. Une gouvernance chaotique, voire médiocre, qui affaiblit continuellement l’État devenu incapable d’assurer la sécurité des vies et des biens. Dans le contexte du séisme qui a durement frappé le grand Sud, cette inefficacité grandissante de l’État s’est manifestée par son incapacité à faire respecter les lois et les normes de construction existantes. Cette réalité n’est pas différente dans les autres aspects de la vie nationale où des lois existent et ne sont pourtant pas respectées. Pire encore, elles sont violées quelquefois par les personnes qui avaient le mandat de les faire respecter.

Dans le cas des constructions anarchiques érigées sur l’ensemble du territoire haïtien, cela s’est fait dans la plupart des cas dans l’ignorance totale du schéma d’aménagement du territoire lorsque celui-ci existe. Plusieurs maisons sont construites dans des zones à hauts risques de natures diverses : risques sismiques mais aussi d’inondation dans le cas de fortes pluies saisonnières ou d’origine cyclonique. Comment demander à des populations démunies de prendre en compte de tels aléas sans aucun soutien, encadrement technique ou directive des représentants de l’État, dont les mairies ? Respecter des normes existantes exige des moyens financiers dont ne disposent pas toujours les ménages à faible revenu qui vivent dans nos communes et nos sections communales. Ces ménages sont donc obligés d’opérer un arbitrage douloureux entre leur survie à court terme – trouver un toit sous lequel héberger leur famille souvent nombreuse – et l’exigence de sécurité face aux éventuels risques mentionnés précédemment. Des risques qui sont pourtant bien réels !

Des actions concrètes et une proposition phare

Plusieurs propositions concrètes ont été faites pour accompagner les personnes désireuses de reconstruire leurs maisons détruites de manière plus sécuritaire. Une d’entre elles suggère de concevoir et de présenter sous forme de catalogue des maisons modèles prêtes à être construites, qui respectent les normes parasismiques et qui ne nécessitent pas la prise en charge par des professionnels non disponibles dans les régions isolées. Encore faut-il que les terrains sur lesquels ces maisons seront construites ou reconstruites ne se situent pas dans des zones à risque et respectent les règles de zonage ainsi que le schéma d’aménagement du territoire en vigueur. Cela passera certainement par une campagne nationale d’éducation afin de sensibiliser la population au danger de ne pas respecter ces règles. Il faut que l’État soit présent sur tout le territoire national afin de veiller au respect des normes de construction, et ce, de manière indiscriminée et sans complaisance. On a vu des ministres démis de leur fonction parce qu’ils ont voulu faire respecter la législation en vigueur en matière d’aménagement du territoire et de lieux de construction.

Nous le savons toutes et tous : le territoire haïtien est exposé à des risques de cyclones et de séismes, ce qui engendre des catastrophes à répétition qui mettent en danger la vie des populations exposées. Dans le meilleur des cas, les personnes sinistrées font face à des besoins de première nécessité tels l’eau potable, la nourriture, des trousses de premiers soins, des trousses d’hygiène, des abris provisoires, et j’en passe. Pourquoi ne pas aménager dans chaque département au moins un centre d’approvisionnement de secours facilement accessible, parasismique et résistant aux intempéries afin de faire face à la détresse humaine qui fait généralement suite aux séismes, aux cyclones et aux inondations ?

Quand une population a vécu coup sur coup des catastrophes comme le tremblement de terre de 2010, l’ouragan Matthew en 2016 et le séisme du 14 août 2021, elle a subi des traumatismes dont les traces sont le plus souvent invisibles et dont les séquelles se manifestent par des comportements pour le moins anormaux. D’où la nécessité de reconstruire l’être haïtien brisé, traumatisé et souvent en proie à des problèmes de santé mentale non soupçonnés et non pris en charge par la société ni l’État. Il faudrait créer des cellules de travail pour gérer les crises de ce genre, tirer des leçons pour l’avenir et planifier dans la longue durée. Nous devons admettre que le pays est exposé à des aléas sismiques et cycloniques qui doivent faire partie de notre réalité et de notre imaginaire de peuple. Nous devons donc nous préparer mentalement et structurellement à y faire face.

La proposition phare qui a été présentée et discutée à cette rencontre de réflexion demeure celle d’un projet consistant à reconstruire les habitats détruits par le séisme dans les trois départements concernés – Nippes, Sud et Grand’Anse – en respectant les deux exigences minimales suivantes : éviter les zones à risque sismique et cyclonique, et construire dans le strict respect des normes parasismiques et anticycloniques. Évidemment, un tel projet se concentre sur les résidences familiales et n’englobe pas les lieux de culte, les écoles, les établissements de santé, les édifices publics et les entreprises. L’idée en est qu’il faut d’abord héberger de manière convenable et sécuritaire les résidents des milieux touchés afin d’assurer la pérennité de ces communes et sections communales. De toute manière, les infrastructures collectives comme les lieux de culte, les écoles, les édifices publics et les entreprises ne s’érigent jamais dans les déserts, dans les endroits où il n’y a pas de vie, de résidences, de personnes qui y habitent. Néanmoins, un tel projet doit être mené dans le respect d’un plan d’aménagement urbain ou rural qui prévoit de la place pour ces infrastructures collectives.

Pourquoi doit-on faire cela ?

La capitale d’Haïti, Port-au-Prince, a été fondée en 1749 pour accueillir environ 250 000 personnes. Aujourd’hui, près de 3 millions de personnes y vivent ou survivent, avec une pléthore de bidonvilles qui pullulent ici et là dans tous les quartiers huppés ou non qui constituent la grande région métropolitaine. Résultat des flux migratoires qui ont débuté au cours des années 1960 avec les différentes manifestations politiques organisées par le pouvoir en place, des personnes venant des neuf autres départements géographiques du pays ont convergé vers Port-au-Prince et y sont restées dans l’espoir d’une vie meilleure. Ainsi naquirent les bidonvilles autour de la capitale qui n’était pas préparée à recevoir un tel flux migratoire. À cela s’ajoutent l’explosion démographique et la disparition des opportunités liées à l’agriculture dans les milieux ruraux, disparition causée par une ouverture irréfléchie du marché haïtien au commerce international. Les régions ont envahi la capitale qui est devenue progressivement la République de Port-au-Prince, avec les résultats socio-économiques que l’on connaît aujourd’hui : bidonvilles omniprésents, zones de non-droit qui entretiennent la terreur, insécurité généralisée, incivisme devenant mode de vie, rues et ruelles devenues infranchissables et sales, taux élevé de criminalité et de gangstérisme, baisse fulgurante de la qualité de la vie...

Imaginez ce que deviendrait Port-au-Prince si toutes les personnes sinistrées des trois départements, n’ayant plus de résidences dans leur patelin, basculées l’espace de quelques secondes dans la pauvreté extrême, sans perspectives de vie dans leur localité, décidaient de venir s’établir dans la capitale à la recherche de moyens de vivre, de résidence, d’emploi, de perspectives, d’espoir. Cette éventualité constitue une vraie menace pour la capitale qui pourrait avoir à faire face à un afflux sans précédent de migrants en quête d’un mieux-être et fuyant l’extrême pauvreté.

Il y a une recette bien connue des pays qui veulent combattre la pauvreté et relever leur économie, surtout en période de récession économique ou après une catastrophe naturelle ou humaine. C’est la conception et l’exécution de grands projets d’infrastructures dont une des finalités est de relancer l’économie et de créer massivement des emplois. Selon la Direction générale de la protection civile (DRPC), en date du 18 août 2021, « 137 000 familles ont été touchées dans les départements du Sud, de la Grand’Anse et des Nippes. Près de 61 000 maisons ont été détruites et plus de 76 000 ont subi des dommages dans les trois départements les plus touchés, laissant des milliers de personnes sans abri et entraînant un besoin urgent de solutions pour un hébergement d’urgence ». 

Un projet de construction-réhabilitation de 140 000 résidences familiales dans les communes et les sections communales pourrait relancer l’économie de ces régions, créer des dizaines de milliers d’emplois de différentes natures dans ces régions et dans le reste du pays, augmenterait les compétences et le savoir-faire des jeunes techniciens locaux, favoriserait l’émergence de nouveaux consommateurs et de nouvelles entreprises pour répondre aux besoins de ces derniers, appliquerait de manière efficiente la théorie de la percolation souvent perçue comme socle conceptuel du paradigme de l’aide internationale. Ce serait l’occasion de mobiliser les jeunes des écoles professionnelles et des universités de la région dans un mouvement de citoyenneté participative. Bref, il s’agit d’un projet mobilisateur qui emploierait au maximum les ressources locales afin de créer des emplois dans les régions dévastées, de redonner espoir à ces populations en détresse et de permettre aux départements sinistrés de se relever durablement.

Est-ce faisable ?

Sur le plan technique, c’est un projet tout à fait faisable. Les compétences, l’expérience et le savoir-faire sont disponibles au pays et ne demandent qu’à être mobilisés.

Sur le plan économique, les retombées pour l’État sont évidentes : relance de l’économie haïtienne qui est en chute libre depuis au moins les quatre dernières années avec des taux de croissance négatifs et des taux de chômage constamment à la hausse enfonçant ainsi les jeunes dans le désespoir. Il est bien connu que la construction est un secteur important qui contribue grandement à la croissance économique d’un pays, et ceci, de manière quasi instantanée.

Sur le plan financier, l’enjeu est de taille. Il faut trouver les sources et la stratégie de financement. Mais, avant toute chose, quel serait le montant nécessaire ? Le GRAHN est en train de réaliser depuis 2016, à Génipailler, troisième section communale de Milot, dans le Nord du pays, le projet Pôle d’innovation du grand Nord, PIGraN – Cité du savoir, combiné à un autre projet de Village de la Cité du savoir en partenariat avec food For the Poor. Il a donc les prix réels de construction en milieu rural lorsqu’une gestion rigoureuse est pratiquée, pour avoir construit de 2016 à 2021 plusieurs édifices de différentes tailles, dont les prix varient entre 8 000 et 1 million de dollars américains. Forts de ces expériences, en demeurant dans la sobriété et avec un système efficace d’approvisionnement en matériaux surtout locaux, nous estimons grosso modo qu’un minimum de 1,7 milliard de dollars américains serait nécessaire pour réaliser ce projet, sans compter les apports supplémentaires de capitaux provenant des ménages plus aisés aspirant à des maisons plus haut de gamme.

Résidence de gardien dans la Cité du savoir à Génipailler (coût de construction : 8 000 dollars américains)

Bureau d’ingénierie de la Cité du savoir à Génipailler (coût de construction : 25 000 dollars américains)

La nécessité de repenser la gouvernance du pays

Le troisième volet de la rencontre de réflexion du GRAHN portait sur la gouvernance globale du pays au cours des trois dernières décennies. Un des points forts de l’échange qui a été soulevé à plusieurs reprises, c’est la mainmise de forces obscures sur l’État et ses institutions, une sorte d’État dans l’État qui contrôle une bonne partie des sources de revenus de la République, rendant ainsi l’État incapable de fournir des services de base à la population. Cela est à la fois cause et conséquence du désengagement de l’État qui apparaît de plus en plus faible, voire inexistant, en tout cas incapable de faire respecter la loi, de protéger la population contre les atteintes à la vie et à la liberté de déplacement des citoyennes et citoyens à travers le pays.

Tout cela se trouve aggravé par une corruption devenue endémique qui se manifeste au plus haut niveau de l’État mais qui n’épargne aucune couche de la société : pouvoir exécutif avec les différents scandales de détournement et de dilapidation des fonds publics, pouvoir législatif avec des parlementaires qui marchandent leurs prérogatives d’instance de contrôle du pouvoir exécutif, pouvoir judiciaire incapable de rendre la moindre justice et qui entretient consciemment ou non l’impunité. À ce titre, il convient de mentionner que, tout en restant un fléau à combattre vigoureusement, ce n’est pas la corruption en elle-même qui nous inquiète, c’est plutôt la garantie d’impunité dont jouissent les personnes qui l’entretiennent et qui s’y adonnent : corrupteurs et corrompus. Le pays est devenu invivable pour presque tout le monde justement à cause de cette garantie d’impunité. L’enquête se poursuit toujours… sans jamais aboutir ! C’est donc à se demander : À quoi sert un pouvoir exécutif qui ne gouverne pas ? À quoi sert un pouvoir législatif qui ne contrôle pas et qui adopte très peu de lois ? À quoi sert un pouvoir judiciaire qui ne rend pas justice ?

Ces questions donnent à penser que la plupart de nos élus ne sont pas à la hauteur de leurs tâches et des attentes placées en eux, même s’ils ont cette fâcheuse habitude de s’appeler des « hommes d’État ». Et cela n’a rien à voir avec le niveau d’instruction de ces personnes. Cela a plutôt à voir avec leur degré d’intégrité, leur niveau de sens éthique, leur degré de moralité, leur sens des responsabilités envers les électeurs qu’ils représentent, leur degré de patriotisme, leur niveau de compréhension du rôle qui leur est assigné, leur propension à se mettre au-dessus des lois de la République, leur attachement trop fort aux privilèges dus à leur rang sans aucun souci de résultats pour la nation. Il est résulté de tout cela un pays qui a nettement perdu le contrôle de sa destinée, avec une majorité d’institutions devenues inexistantes, dysfonctionnelles ou inopérantes. Voilà donc le résultat de 35 ans d’une transition démocratique qui n’a pas dit son dernier mot !

Puisqu’il faut appeler les choses par leur nom, cet échec collectif n’a pas de quoi nous rendre fiers, même si nous n’avons pas joué de rôle actif dans la gouvernance du pays. Les oppositions politiques doivent au moins reconnaître qu’elles n’ont pas joué le rôle constructif de contre-pouvoir que l’on était en droit d’attendre d’elles au cours des 35 dernières années, avec une capacité de propositions inspirantes et pragmatiques pour la nation. Au contraire, nous avons assisté à un long exercice de dogmatisme et d’intransigeance qui, lui aussi, n’a pas permis d’arriver à un compromis acceptable et nécessaire au déblocage du pays. « Que le pays crève, mais je maintiens ma position. Car je suis convaincu d’avoir raison. » Voilà ce à quoi, impuissant, le pays a assisté, particulièrement au cours des quatre dernières années ! Personne ne veut rien céder à personne… jusqu’à ce que le Blanc débarque et prenne officiellement le contrôle de tout.

Il est vraiment temps que toute cette comédie cesse. C’est la vie de 12 millions de personnes qui est en jeu. La société civile doit sortir de sa léthargie et entrer en scène. Elle s’était remise candidement entre les mains d’armateurs amateurs qui ont conduit le bateau au naufrage dont nous sommes à la fois les témoins et les victimes. Une conférence nationale ou yon chita pale ansanm – appelons-la comme on veut – devient alors incontournable. D’abord comme démarche de thérapie collective pour tenter de vider des contentieux historiques qui fragmentent et fragilisent la société haïtienne, mais surtout pour esquisser les contours d’un projet commun de nation dont nous avons du mal à accoucher. Ce n’est certainement pas là une panacée, mais plutôt une quête de réconciliation du pays avec lui-même en vue d’un nouveau départ vers plus de justice, d’équité, d’éducation, de progrès et de lumière. Après avoir été un apôtre de la liberté des peuples opprimés de l’humanité, nous devons cesser d’être la risée du monde.

Pour conclure : une énième opportunité à ne pas laisser passer

À l’intersection de la physique statistique et de la physique mathématique, la théorie de la percolation étudie les caractéristiques des milieux aléatoires et s’applique notamment en science des matériaux pour formaliser les propriétés d’écoulement dans les milieux poreux. Elle tente de répondre, entre autres, à la question informelle suivante : imaginons que l’on place de l’eau dans un creux au sommet d’un matériau poreux. Quelle est la probabilité qu’il y ait assez de canaux communiquant entre eux pour que cette eau réussisse à atteindre la base de la pierre ?  Transposée dans le domaine de l’aide internationale et dans le contexte du séisme du 14 août 2021, la question pourrait se reformuler comme suit : comment faire pour que l’aide internationale qui pourrait être débloquée au profit des familles sinistrées atteigne la base, c’est-à-dire les nouveaux sans abri du grand Sud ? Il y a là une opportunité, celle de reconstruire sur des bases plus résilientes et plus sécuritaires, trois départements d’un pays très exposé aux risques de catastrophes naturelles. Si nous réussissions ce projet commun, nous reprendrions confiance en nous-mêmes collectivement, ce qui nous permettrait de répéter l’expérience lorsqu’un tel malheur frappera une autre région du pays. 

Une fois de plus, Haïti se trouve à la croisée des chemins, comme elle l’a été déjà dans notre histoire récente en 1986, en 1990 et en 2010. À ces trois occasions, nous avons raté le virage conduisant vers la concrétisation des espoirs que nous avions légitimement nourris. N’ayons pas peur de le dire, ces trois occasions manquées se sont muées en cauchemars pour le pays. Les forces saines du pays en sont sorties exsangues, plus abattues que jamais. Allons-nous perdre une fois de plus cette énième opportunité qui se présente à nous aujourd’hui ?

Déjà se pointent à l’horizon les vieux démons qui nous ont toujours hantés. En particulier celui de la division, mais qui est en fait une éternelle crise identitaire. Après 217 ans d’indépendance acquise dans l’union qui a fait la force, nous semblons ne pas savoir qui est haïtien et qui ne l’est pas, sur fond d’exclusion à peine voilée. « Entèl se milat, Intèl se nèg nwè, Entèl se nèg andeyò, entèl se nèg dyaspora, entèl se Siwo-libanè, entel se Jwif », tout cela entaché chaque fois d’une connotation négative qui demeure source de stigmatisation et qui sert de prétexte d’exclusion. Où est la citoyenneté dans tout cela? Où est l’allégeance à la nation et à la République dans tout cela ? Où est l’exigence du vivre-ensemble dans tout cela ? Où est la quête d’une plus grande justice sociale dans tout cela ? Nous sommes manifestement devant un problème mal posé, ou mieux encore devant une situation qui mérite d’être reproblématisée comme clé d’accès à une société moderne accordant des chances égales à toutes et à tous, sans égard aux origines sociales ou à la couleur de la peau. Voilà un sujet central qui devrait être débattu en toute sérénité et avec hauteur dans une conférence nationale!

Dans la plupart des pays démocratiques où s’est posé ce problème, il a été abordé et résolu grâce à des politiques publiques qui ont été imaginées, conçues et mises en place par des dirigeants résolument animés de la volonté politique nécessaire pour y parvenir. Dans cet ordre d’idées, il y a lieu de mentionner le roman biographique du philosophe français Paul Nizan intitulé Antoine Bloyé, qui aborde ce qu’il appelle « la trahison de classe » et qui soulève la question de savoir comment changer de classe sans trahir les siens et se trahir, comment faire pour que les opprimés d’hier ne deviennent pas les oppresseurs de demain. C’est la responsabilité des élites d’un pays de créer une société qui ne fait pas que reproduire les classes sociales, une société qui favorise la mobilité sociale ascendante en donnant des chances égales à toutes et à tous, et en promouvant le mérite, la compétence, la redistribution, la solidarité et l’empathie.

Pour terminer, il n’est pas superflu de rappeler qu’Haïti est née dans l’oppression et contre l’oppression. Le plaidoyer qui est fait ici est celui d’une citoyenneté ouverte qui bannit toute forme d’oppression, d’où qu’elle vienne, une citoyenneté qui s’accompagne à la fois de droits et de devoirs, une citoyenneté qui deviendrait la base du vivre-ensemble et le socle sur lequel refonder la nation. Ce sont les valeurs promues par le GRAHN dans sa quête d’une « Haïti nouvelle fondée sur le droit, le partage, la solidarité, l’éducation, le respect de l’environnement et le culte du bien commun ».

Samuel Pierre